12/O6/2026 Une théorie du Tout

le plus grand casse-tête de la physique moderne. deux « livres de règles » pour décrire l’univers, et ils se détestent cordialement.

D’un côté du ring pn trouve la Relativité Générale d’Albert Einstein. C’est la physique des géants : les étoiles, les galaxies, la lumière qui se courbe. Dans ce monde, l’espace est comme un immense trampoline en caoutchouc, lisse et souple. Si vous posez une planète dessus, le tissu se déforme : c’est la gravité. C’est une théorie « classique », rassurante, où l’on peut prédire exactement où sera la Lune dans mille ans.

De l’autre côté du ring, c’est le chaos de la Mécanique Quantique. C’est le monde des lilliputiens : atomes, électrons, arty perpétuelle. Rien n’est lisse. L’énergie arrive par petits paquets (les « quanta »), les particules se téléportent, sont à deux endroits à la fois, et le futur n’est qu’une probabilité. C’est un monde granuleux, pixelisé et frénétique.

Tant que ces deux mondes restent indépendantstout va bien. . Mais parfois, l’Univers nous force à les mélanger. soit un trou noir : c’est une étoile (donc énorme, domaine d’Einstein) qui s’effondre en un point minuscule (domaine quantique). Soit le Big Bang : tout l’univers compressé dans une tête d’épingle.

La est le problème. Quand les physiciens essaient de combiner les équations d’Einstein avec celles de la quantique pour décrire ces événements extrêmes, la calculatrice cosmique affiche « ERREUR ». Les résultats donnent des « infinis ». Une température infinie, une courbure infinie… En physique, l’infini n’existe pas, c’est le signe que la théorie a planté. Il nous manque une pièce du puzzle : la Théorie du Tout.


Comment marier le tissu lisse d’Einstein avec la mousse bouillonnante des atomes ? C’est le défi du siècle.

La candidate n°1 : La Théorie des Cordes

Pour résoudre ce problème, des physiciens ont eu une idée élégante d’une élégance folle dans les années 70. Et si nous avions tout faux sur la forme de la matière ? On nous apprend à l’école que les électrons sont des petites billes. La Théorie des Cordes dit : « Non, ce ne sont pas des billes, ce sont de minuscules élastiques qui vibrent ».

Imaginez une corde de guitare. Si vous la pincez d’une certaine façon, elle fait un « La ». Pincez-la autrement, elle fait un « Do ». Selon cette théorie, c’est la même chose pour l’Univers. Si la corde cosmique vibre à une certaine fréquence, elle apparaît à nos yeux comme un électron. Si elle vibre autrement, elle devient un photon (lumière). Et si elle vibre d’une troisième façon très spécifique… elle devient un « graviton », la particule de la gravité !

C’est magnifique, car cela unifie tout : matière et forces ne sont que des notes différentes jouées sur les mêmes cordes. L’univers entier devient une immense symphonie cosmique.

Mais il y a un « hic » de taille. Pour que les maths de cette symphonie fonctionnent sans fausses notes, l’Univers ne peut pas se contenter de nos 3 dimensions (haut-bas, gauche-droite, avant-arrière) plus le temps. La théorie exige l’existence de 10 ou 11 dimensions !

Où sont-elles ? Elles seraient « cachées », enroulées sur elles-mêmes à une échelle si petite qu’on ne les voit pas. Pensez à un câble électrique vu de très loin : il ressemble à une ligne (1 dimension). Mais si vous êtes une fourmi marchant dessus, vous découvrez qu’il est cylindrique (2 dimensions). Nous serions trop grands pour voir ces dimensions supplémentaires, qui pourraient d’ailleurs héberger la mystérieuse matière noire qui pèse sur nos galaxies.

La candidate n°2 : La Gravité Quantique à Boucles

Face aux « cordistes », il y a le clan des « bouclistes ». Eux trouvent que la théorie des cordes est trop compliquée avec ses dimensions invisibles. Ils proposent une approche plus radicale : la Gravité Quantique à Boucles.

Leur idée révolutionnaire concerne la scène du théâtre elle-même : l’espace. Pour Einstein, l’espace est continu (comme de l’eau). Pour les bouclistes, l’espace est constitué de « grains », comme du sable. Il existerait une taille minimale absolue en dessous de laquelle l’espace n’existe plus (l’échelle de Planck). L’espace ne serait pas un conteneur vide, mais un maillage, une sorte de cotte de mailles faite de minuscules boucles entrelacées.

C’est un changement de paradigme total. Si l’espace est fait de « pixels » insécables, on ne peut pas le compresser à l’infini. Cela change tout pour le Big Bang. Selon cette théorie, la « singularité » (ce moment où tout plante) disparaît. L’Univers n’a pas émergé de rien. Il existait un univers avant le nôtre, qui s’est effondré sur lui-même. Mais arrivé à la taille des « grains » d’espace, il ne pouvait plus se compresser et a rebondi violemment.

Le Big Bang ne serait donc pas un début, mais un « Big Bounce » (Grand Rebond). Notre univers serait comme un poumon cosmique qui respire : il s’étend, s’effondre, rebondit, et recommence, pour l’éternité.

En Gravité Quantique à Boucles, l’espace n’est pas vide : c’est un réseau géométrique tissé, un peu comme une cotte de mailles.


Comment savoir qui a raison ?

C’est le grand drame de la physique actuelle : ces théories sont mathématiquement sublimes, mais expérimentalement invérifiables pour l’instant. Une corde est si petite que pour la « voir », il faudrait un accélérateur de particules de la taille de la Voie Lactée.

Pourtant, les physiciens ne baissent pas les bras. Ils scrutent le ciel. Les indices pourraient venir de l’espace :

  • Les ondes gravitationnelles, ces vibrations du tissu de l’espace, pourraient garder la trace du « Grand Rebond ».
  • L’analyse ultra-précise de la lumière des étoiles lointaines pourrait révéler si l’espace est « pixelisé » ou lisse.
  • Le télescope James Webb nous permet de remonter le temps pour voir si les lois de la physique étaient différentes à l’aube du monde.

Laquelle de ces théories gagnera ? Ou peut-être qu’une troisième voie, encore inconnue, émergera ? Une chose est sûre : le jour où nous écrirons cette équation, nous aurons, comme le disait Stephen Hawking, « lu dans les pensées de Dieu ».


Le télescope spatial James Webb

De Jay Bennett

Publication 22 mars 2025, 16:52 CET

Sur l’une des vues les plus profondes de l’Univers jamais réalisées, le télescope spatial James Webb montre des milliers d’étoiles et de galaxies. Au centre, l’amas de galaxies distord le trajet de la lumière.

Quand l’Univers était jeune, il y a plus de 13 millards et demi d’années, aucune étoile ne brillait dans les profondeurs du ciel. Nous étions alors en  plein âges sombres, époque où le cosmos était empli d’hélium et d’hydrogène – des gaz qui allaient constituer la matière première de tous les mondes à venir. 

Existait également la mystérieuse matière noire, dont la gravité allait pousser le gaz à se concentrer en structures complexes. Puis, avec l’expansion et le refroidissement ambiant,
une partie de cette matière allait elle-même se concentrer en d’immenses sphères, qui attireraient le gaz. L’augmentation de la pression à l’intérieur de ces halos, comme les astronomes vont les nommer, poussa les atomes d’hydrogène à fusionner, formant ainsi des atomes d’hélium et allumant les premières étoiles de l’Univers primordial. 

Émerveillé, j’observe ces prémices de l’aube cosmique à travers des lunettes 3D. Assis face à un projecteur à l’Institut Kavli d’astrophysique des particules et de cosmologie de l’université Stanford, aux États-Unis, je suis du regard des filaments de matière noire qui forment sur l’image un réseau gris fantomatique entre les halos au fur et à mesure que
l’Univers s’étend. Des maelströms d’étoiles venant de naître s’enroulent en spirales au centre de ces derniers pour former les premières galaxies.

Les astronomes Marcia et George Rieke ont joué un rôle clé dans le développement de deux instruments du JWST : la caméra dans le proche infrarouge (NIRCam) et le spectro-imageur dans le moyen infrarouge (MIRI). L’image de fond – des nuages de poussière éjectés d’une étoile en combustion – utilise leurs données.
 

Depuis des décennies, les scientifiques travaillent au récit de l’origine de l’Univers. Mais, l’an dernier, le télescope spatial le plus perfectionné jamais construit a changé la donne. Le James Webb Space Telescope (JWST) a mis au jour d’anciennes galaxies, plus nombreuses et actives que prévu, dévoilant ainsi un prologue frénétique à la saga de l’espace et du temps. 

Le JWST ne peut cependant pas distinguer les premières étoiles, pas encore assez brillantes pour être détectées. Il faudra attendre qu’elles rayonnent pendant quelques millions d’années avant d’exploser en supernovae – une parenthèse à l’échelle du temps astronomique.

« En fait, nous avons un peu ralenti les images, me confie le cosmologiste Tom Abel. Ça va tellement vite. La version complète aurait été constituée de flashes beaucoup plus rapides. » 

Ces flashes, en fait des supernovae nées d’étoiles dont la masse peut atteindre des centaines de fois celle du Soleil, ont généré de nouveaux éléments qui ont transformé l’Univers : oxygène (nécessaire à la formation de l’eau), silicium (à celle des planètes), ou encore phosphore (indispensable aux cellules). Ces premières étoiles ont aussi cassé les atomes d’hydrogène locaux, contribuant à rendre l’espace transparent, moment clé connu sous le nom de « réionisation» . À mesure que la brume se levait, des poches d’astres ont fusionné, formant des agglomérats tourbillonnants toujours plus vastes – dont les premiers éléments de notre Voie lactée. 

Tom Abel a commencé à modéliser la naissance des premières étoiles dans les années 1990, alors que la nature du premier objet astronomique restait une énigme : s’agissait-il d’un trou noir, d’un corps de la taille de Jupiter, ou d’autre chose ? Par ses simulations informatiques, il a contribué avec ses collègues à établir qu’il devait s’agir d’étoiles, nées là où la gravité l’avait lentement emporté sur la pression du gaz. Il pensa alors qu’il n’y avait plus rien à apprendre. 

Puis vint James Webb.

Lancé le matin de Noël 2021, le télescope spatial est maintenant positionné à 1,5 million de kilomètres de la Terre. Son miroir primaire de 6,5 m recouvert d’or capte une lumière qui a traversé l’espace pendant plus de 13 milliards d’années, nous révélant le visage d’alors des premières galaxies.

Les astronomes s’attendaient à détecter des galaxies naissantes. Mais ils ne pensaient pas en trouver autant, ni que cela puisse bouleverser leur compréhension des choses.

L’ étude des galaxies la plus poussée jamais entreprise a débuté en septembre 2022, quand l’équipe internationale du JADES (JWST Advanced Deep Extragalactic Survey) a commencé à braquer le télescope sur des régions du ciel des dizaines d’heures d’affilée. Deux semaines plus tard, elle se réunissait à Tucson, à l’université de l’Arizona, pour discuter des premiers résultats.

Quelque cinquante astronomes se sont entassés dans une salle de classe, certains restant debout au fond de la pièce ou apportant des chaises supplémentaires pour pouvoir s’asseoir le long des murs.

Tous les scientifiques présents scrutaient avec fébrilité sur leurs ordinateurs une mosaïque de centaines d’images fraîchement capturées, partagée quelques jours auparavant. Elle contenait des dizaines de milliers de galaxies et autres objets célestes, et des murmures enthousiastes se faisaient entendre à mesure que les participants s’indiquaient des choses jamais vues jusque-là : des régions remplies d’étoiles en formation, des centres galactiques incandescents où pourraient se cacher des trous noirs, des taches de lumière rougeâtres provenant de galaxies si éloignées que seul le JWST pouvait les détecter. « On était comme des enfants dans un magasin de bonbons », me raconte Marcia Rieke, astronome à l’université de l’Arizona et l’une des responsables du programme JADES.

Dans cette région de la nébuleuse d’Orion, le rayonnement ultraviolet venant d’un amas d’étoiles voisin provoque d’intenses réactions chimiques. Le JWST y a découvert des cations méthyles. Ce composé carboné – encore jamais détecté dans l’espace – facilite la formation de molécules complexes nécessaires à la vie.
 

Contrairement au télescope Hubble, notre précédente fenêtre sur le passé lointain, le JWST observe l’Univers dans l’infrarouge – ce qui en fait un instrument idéal pour capturer les rayons des premières étoiles, émis sous forme d’ultraviolets mais dont les longueurs d’ondes, étirées par l’expansion de l’Univers, se sont ensuite décalées vers le rouge. Plus ce décalage est prononcé, plus la cible est éloignée et donc ancienne.

Marcia Rieke a supervisé les débats avec un mélange de joie et de rigueur, répondant aux questions techniques ou discutant du fonctionnement du télescope. En plus d’être l’une des chercheuses les plus éminentes du JADES, elle est la responsable principale de la caméra dans le proche infrarouge (NIRCam) du JWST – à l’origine de la mosaïque de galaxies source de tant d’émoi. Elle a supervisé la conception de l’appareil de 150 kg, un assemblage de miroirs, de lentilles et de détecteurs permettant d’absorber la lumière de l’Univers et de l’étudier à travers différents filtres. « Ces images sont à la hauteur de toutes nos espérances », souligne-t-elle.

Pour autant, tout ne fonctionne pas parfaitement sur le télescope. Son spectrographe dans le proche infrarouge (NIRSpec) a connu des courts-circuits, qui ont créé des taches claires sur certaines cibles visées. L’instrument a pour fonction de scinder la lumière en spectres, ce qui permet aux scientifiques de reconstituer la composition chimique d’une galaxie et de mesurer précisément son décalage vers le rouge. Si les images de la NIRCam peuvent aider à estimer les distances des galaxies, on a besoin du NIRSpec pour les confirmer. Les courts-circuits ont retardé certaines observations, ce qui fut un mal pour un bien. Car, si les astronomes avaient prévu d’utiliser le NIRSpec pour examiner des objets connus grâce au télescope spatial Hubble, ils pouvaient désormais changer de cibles et s’intéresser aux galaxies tout juste découvertes par la NIRCam. « Nous sommes devenus fous en les traquant dans ces données que personne n’avait jamais vues », me glisse Kevin Hainline, astrophysicien à l’université de l’Arizona.

Une chose que l’équipe ne pouvait pas faire, c’était changer l’orientation du télescope. Par chance, quatre galaxies lointaines se trouvaient dans son champ de vision. Deux d’entre elles, comme le confirmerait le NIRSpec, étaient plus éloignées et plus vieilles qu’aucune autre connue.

Cette simulation détaille la naissance des premières galaxies : des étoiles massives (en jaune) explosent en supernovae qui dispersent des éléments lourds (en bleu et vert). Des galaxies se créent (en haut), en soudant les étoiles et le gaz par leur gravité. La plus ancienne repérée à ce jour par le JWST est JADES-GS-z13-0 (ci-contre), apparue 325 millions d’années après le big bang.

La plus distante, JADES-GS-z13-0, s’était formée juste 325 millions d’années après le big bang. « Dans toute cette folie, je n’ai pas réalisé la portée de ce moment où j’étais assis là, à me dire : “Oh ! C’est la galaxie la plus lointaine que l’homme ait jamais vue !” », raconte Kevin Hainline.

Deux choses sont déjà claires à leur propos : elles sont plus nombreuses que prévu, et étonnamment brillantes pour leur âge. Ces anomalies pourraient être dues au fait que les premières étoiles qui les constituent se sont formées plus facilement qu’on le pensait, ou qu’il y avait plus d’étoiles massives que ce qui était envisagé.

Une des premières galaxies, GN-z11, datant d’environ 440 millions d’années après le big bang, était suffisamment brillante pour que Hubble la repère dès 2016. Le JWST l’a aussi observée et a capté son spectre avec le NIRSpec. « Celle-là a à la fois déconcerté et enthousiasmé tout le monde », note Emma Curtis-Lake, astrophysicienne à l’université du Hertfordshire, en Angleterre, et membre de l’équipe du NIRSpec.

Certains éléments chimiques génèrent des raies d’émission brillantes dans le spectre d’une galaxie, telles des empreintes digitales que laisserait derrière elle la matière galactique. Le spectre de GN-z11 a révélé une quantité étonnante d’azote – ce qui a surpris les scientifiques, incapables d’en expliquer la source. Il est possible qu’une population d’étoiles de Wolf-Rayet, très chaudes et très actives, ait dispersé cet élément via des vents stellaires. À moins que plusieurs étoiles massives soient entrées en collision, libérant de l’azote dans le processus.

GN-z11 pourrait aussi abriter un trou noir supermassif en son centre, ce qui serait remarquable pour cette époque primitive. Il serait « le trou noir le plus éloigné identifié », pointe l’astrophysicienne. Caché, il a été révélé par des raies spectrales qui suggèrent que de la matière se déplace dans une zone dense, tourbillonnant à plus de 1,5 million de kilomètres à l’heure – le genre de chose auxquelles on s’attend près d’un trou noir. Mais comment ce dernier a pu se développer aussi vite, donc tôt, reste un mystère.

La barre rougeâtre qui traverse la galaxie NGC 1300 (à gauche) dirige le gaz vers son centre, y déclenchant une formation rapide d’étoiles. Le télescope spatial Hubble a photographié en détail cette galaxie spirale barrée, dévoilant ce à quoi une galaxie de ce type ressemble aujourd’hui. Le JWST en a trouvé de bien plus précoces, dont celles ci-dessous. « Nous ne pensions pas qu’[elles] pouvaient exister si tôt », note l’astronome Shardha Jogee, dont l’équipe était menée par Yuchen Guo, diplômé en astronomie.

George, le mari de Marcia Rieke, lance, en entrant dans une salle de contrôle servant aussi de kitchenette : « Ce n’est plus comme avant. » Son épouse confirme : « Non, il y a cinq fois plus d’écrans. » Le couple a proposé de me montrer un vieux télescope dans les montagnes, près de Tucson, où ils ont passé une grande partie de leur début de carrière. Tous deux astronomes à l’université de l’Arizona, ils se sont rencontrés en 1972. Le télescope de 1,5 m du mont Bigelow était alors assez récent et servait à cartographier la surface de la Lune. Il est devenu l’un des principaux observatoires dans le domaine naissant de l’astronomie infrarouge. Une sorte d’aïeul du télescope James Webb.

Les Rieke ont contribué à assurer la passation entre les deux instruments. Alors que Marcia supervisait le développement de la NIRCam, George était en charge du MIRI (Mid-Infrared Instrument – pour des mesures dans l’« infrarouge moyen ») du JWST. Restant éveillés des nuits entières, ils ajustaient lentement l’engin pour qu’il garde une cible en vue pendant que la Terre tournait. Aujourd’hui, leurs assistants peuvent faire la plus grande partie de ce travail à partir d’ordinateurs portables. « Une bande de chiffes molles », plaisante George.

Dans les années 1970, le couple a effectué au mont Bigelow quelques-unes des premières observations dans l’infrarouge du centre de la Voie lactée. Les scientifiques tenaient alors cette zone de notre galaxie pour « une collection de vieilles étoiles sans intérêt », se rappelle Marcia. Mais, dans cette lumière infrarouge, des poches de gaz turbulentes accueillant la formation rapide d’étoiles sont apparues. « Tout le tableau en a été changé », note George.

À l’époque, la lumière infrarouge commençait tout juste à être étudiée en astronomie. Le développement de nouveaux capteurs a peu à peu permis de révéler cette immense partie jusque-là ignorée du spectre électromagnétique – allant des rayons gamma aux ondes radio. Le télescope du mont Bigelow a permis de combler une lacune dans l’observation de l’Univers local, et le JWST est ensuite venu compléter notre vision du cosmos lointain.

Mais, pour comprendre vraiment nos origines cosmiques, le télescope spatial ne suffira pas.

Les galaxies lointaines ne sont pas le seul moyen d’en savoir plus sur l’Univers primordial. Des galaxies naines proches contiennent de petites étoiles qui se sont formées très tôt et existent toujours. C’est le cas de la galaxie de Wolf-Lundmark-Melotte (en haut, à gauche, sur une image du VST, le télescope de sondage du VLT, de l’Observatoire européen austral, ou ESO, au Chili). Le JWST en a scruté l’intérieur (voir les images ci-dessous) pour étudier quelques-unes de ces anciennes étoiles à combustion lente – fossiles des époques passées.

Par un matin d’avril, je me suis retrouvé sur un plateau entre des volcans enneigés du désert d’Atacama, au Chili, plissant les yeux dans le soleil. Des tubes en plastique m’apportent un complément d’oxygène, précaution nécessaire quand on rejoint le Grand Réseau millimétrique/submillimétrique de l’Atacama (ALMA), un télescope situé à 5 000 m d’altitude.

Le ciel est d’un bleu plus profond, avec une atmosphère moins dense en molécules risquant de disperser la lumière – un lieu idéal pour l’astronomie. D’où les dizaines d’antennes paraboliques hautes de quatre étages se dressant face à moi, comme autant de sentinelles disséminées sur le plateau andin de Chajnantor. Dans un étonnant ballet, toutes pivotent de conserve quand elles se fixent sur une nouvelle cible.

Observatoire de radioastronomie parmi les plus perfectionnés de la planète, l’ALMA est aussi l’un des rares outils capables de percevoir les galaxies primitives découvertes par le JWST, bien qu’avec une approche différente. Le télescope spatial capte la lumière des étoiles perçant à travers la poussière des galaxies ; tandis que l’ALMA traque la luminosité de la poussière elle-même, chauffée par les étoiles situées à l’intérieur de ces galaxies. « Ces grains de poussière proviennent de l’explosion de supernovae, ce qui permet d’obtenir indirectement des informations sur elles et, partant, sur la première population d’étoiles », explique María Emilia De Rossi, astrophysicienne à l’Institut d’astronomie et de physique de l’espace (IAFE) à Buenos Aires.

L’ALMA a donc orienté ses antennes paraboliques vers certaines des galaxies primordiales. Mais, lors de ses premières tentatives, il n’a souvent pas été en mesure de détecter d’émission de la poussière. Cela pourrait signifier que les galaxies sont encore à un stade embryonnaire et qu’il n’y a pas assez de poussière générée par des explosions stellaires – ou bien que certaines sont en fait plus proches qu’on ne le pensait.

Dans un cas, l’ALMA a toutefois bien détecté une raie d’émission à côté d’une cible du JWST, suggérant que les étoiles de la galaxie ont dispersé leur poussière, ou alors que deux galaxies dans des phases différentes de leur vie sont en train de fusionner.

Mais ces premières tentatives de l’ALMA pour détecter les galaxies découvertes par le JWST n’étaient que des aperçus fugitifs : des observations plus longues sont désormais prévues. Elles pourraient révéler la quantité de poussière et, surtout, le nombre d’éléments lourds produits – témoins du stade d’évolution des galaxies. Lors de ma visite, deux de ses imposantes antennes avaient été démontées à des fins d’amélioration. Bientôt, elles retourneront sur le plateau de Chajnantor et poseront un regard encore plus performant vers le firmament pour s’attaquer aux mystères des galaxies primordiales.

Juin 2006 La révolution quantique




La Révolution quantique est une une 
révolution scientifique apportée par la découverte de la 
physique quantique. Elle trouve son origine dans les travaux de 
Max Planck sur le 
rayonnement du corps noir en 
1900.
Cette révolution implique l’abandon de l’idéal laplacien du 
déterminisme[1]
, et a eu de profondes répercussions épistémologiques.
La physique quantique permet de comprendre le comportement de la matière et de la lumière à très petite échelle, et a déjà révolutionné le 
XX
e
 siècle, en rendant entre autres possibles les technologies telles que les 
ordinateurs ou les 
smartphones, fondées sur le 
transistor, celles fondées sur le 
laser, ou le 
Global Positioning System (GPS) fondé sur les 
horloges atomiques.
La « deuxième révolution quantique », qui cherche à exploiter la 
superposition et l’
intrication des 
états quantiques, pourrait bouleverser notre monde dans les domaines de la 
communication, de l’
informatique quantique, des 
capteurs ou des nouveaux 
matériaux[2]
.
Applications de la deuxième révolution quantique
Julien Bobroff inclut dans ces nouvelles applications :
Les 
horloges atomiques améliorées avec des atomes à très haute fréquence de résonance. Ces horloges ont de nouvelles applications notamment dans les mesures des champs de gravité (par 
dilatation du temps), et une nouvelle définition de la 
seconde et du 
temps atomique international[bob 1]
.
Les 
interféromètres atomiques, permettant une 
navigation inertielle précise pouvant remplacer le GPS, ou de sonder les structures ou mouvements souterrains
[bob 2].
Les 
applications de l’exploitation des centre azote-lacune des 
diamants, et notamment les microscopes magnéto-optiques à diamant, permettant de dresser une carte magnétique très précise, en résolution comme en sensibilité, des matériaux. Cette carte peut mener à des progrès en 
physique du solide. Ces centres permettent aussi de détecter des variations de température, et injectées en nanoparticules dans des cellules cancéreuses, permettent de contrôler finement le réchauffement pour les détruire. Enfin, il est envisageable de créer des sortes de nano-
IRM pour imager des structures très petites comme un 
polymère ou une 
biomolécule[bob 3]
.
L’
informatique quantique[bob 4]
.
La 
simulation quantique[bob 5]
.
La 
communication quantique et la 
cryptographie quantique[bob 6]
.
La Révolution quantique est une révolution scientifique apportée par la découverte de la physique quantique. Elle trouve son origine dans les travaux de Max Planck sur le rayonnement du corps noir en 1900.

Cette révolution implique l’abandon de l’idéal laplacien du déterminisme[1], et a eu de profondes répercussions épistémologiques.

La physique quantique permet de comprendre le comportement de la matière et de la lumière à très petite échelle, et a déjà révolutionné le XXe siècle, en rendant entre autres possibles les technologies telles que les ordinateurs ou les smartphones, fondées sur le transistor, celles fondées sur le laser, ou le Global Positioning System (GPS) fondé sur les horloges atomiques.

La « deuxième révolution quantique », qui cherche à exploiter la superposition et l’intrication des états quantiques, pourrait bouleverser notre monde dans les domaines de la communication, de l’informatique quantique, des capteurs ou des nouveaux matériaux[2].

Applications de la deuxième révolution quantique

Julien Bobroff inclut dans ces nouvelles applications :

11/05/2006. La Chine a besoin de paix entre les Etats-Unis et l’Iran

La Chine réitère son appel aux États-Unis et à l’Iran pour faire cesser l’escalade des tensions© Beyond Walks

Là Chin a besoin de paix au Moyen Orient

La dernière prise de parole de la Chine s’inscrit dans sa position publique répétée sur la crise iranienne : toutes les parties doivent cesser les actions qui aggravent le conflit et revenir à la diplomatie.

Cet appel renouvelé intervient après les frappes lancées par les États-Unis contre des cibles iraniennes de défense aérienne et de surveillance près de Bandar Abbas et de l’île de Qeshm, à la suite d’un incident impliquant un hélicoptère Apache américain et un drone iranien. L’Iran a riposté par des attaques de missiles et de drones contre des sites liés aux États-Unis à Bahreïn, au Koweït et en Jordanie, selon l’AP.

L’inquiétude de la Chine n’est pas seulement rhétorique.

Un cycle direct d’attaques et de représailles entre les États-Unis et l’Iran risque d’entraîner davantage de pays de la région dans la guerre.

Le Golfe est le point de pression

Le détroit d’Ormuz est au cœur des préoccupations de la Chine.

La Chine est un grand acheteur de pétrole du Golfe, et ce détroit reste l’un des principaux goulets d’étranglement énergétiques au monde. Reuters a déjà rapporté que la Chine avait averti qu’un blocus d’Ormuz irait à l’encontre des intérêts de la communauté internationale et avait appelé toutes les parties à la retenue.

Cela explique l’urgence de Pékin.

Un conflit plus large pourrait faire grimper les prix du pétrole, perturber le trafic des pétroliers, augmenter les coûts d’assurance et ralentir le commerce mondial. Même les pays éloignés du Golfe en ressentiraient les effets économiques.

La Chine veut des discussions, pas une guerre plus large

Pékin appelle régulièrement à des pourparlers de paix autour de la guerre en Iran.

En mars, la Chine a exhorté les parties à créer les conditions de « pourparlers de paix sincères et constructifs », selon Reuters.

Cette position sert plusieurs objectifs. Elle permet à la Chine de se présenter comme un acteur diplomatique stabilisateur. Elle protège aussi ses intérêts économiques sans obliger Pékin à devenir un garant direct de la sécurité dans le Golfe.

La Chine a de l’influence sur l’Iran, mais rien n’indique qu’elle veuille assumer militairement cette crise.

Les dernières frappes font monter les enjeux

Le dernier échange est important parce qu’il implique une action militaire directe des États-Unis et de l’Iran.

L’AP a rapporté que les frappes américaines ont suivi le crash d’un AH-64 Apache après une collision avec un drone iranien près du détroit d’Ormuz, tandis que l’Iran a riposté contre des sites liés aux forces américaines à Bahreïn, au Koweït et en Jordanie.ouverture en direct du Guardian a également indiqué que la Russie et la Chine appelaient à la retenue alors que le conflit s’intensifiait.

Le risque ne se limite pas à une frappe de plus.

Il y a aussi le risque que chaque camp se sente obligé de répondre au dernier coup.

Pékin cherche l’équilibre entre principe et intérêt

Le discours de la Chine met généralement l’accent sur la souveraineté, la stabilité et le refus de l’escalade.

Mais ses intérêts sont aussi très concrets. Pékin a besoin de sécurité énergétique, de voies maritimes ouvertes, de relations stables avec les pays du Golfe et d’une économie mondiale qui ne subisse pas un nouveau choc inflationniste. Les prix du pétrole ont déjà été volatils avec la reprise des combats entre les États-Unis et l’Iran et les craintes de perturbation de l’approvisionnement.

L’appel de la Chine à la retenue est donc à la fois diplomatique et économique.

Plus la guerre s’étend, plus il devient difficile pour Pékin de rester au-dessus du conflit tout en protégeant ses intérêts.

Le test à plus grande échelle

La déclaration de la Chine ne suffira sans doute pas à arrêter le conflit à elle seule.

Mais elle renforce la pression internationale en faveur de la désescalade à un moment où le Golfe devient plus dangereux. Le vrai test est de savoir si Washington et Téhéran peuvent contenir ce dernier échange avant qu’il ne se transforme en guerre régionale plus large.

Pour la Chine, le message est clair : le coût de l’escalade ne restera pas local.

Il se répercutera sur les marchés pétroliers, les voies maritimes, les routes commerciales et les alignements diplomatiques bien au-delà du Moyen-Orient.

Certains pensant que la Chine a besoin de paix en vue d’une future guerre contre les Etats-Unis

Bloquer le Détrot de Béing pour lutter contre le réchaument océanique

de l’Atlan­tique (AMOC). Ce sys­tème de cou­rants océa­niques, essen­tiel à la régu­la­tion du cli­mat ter­restre, est menacé par le réchauf­fe­ment cli­ma­tique. Selon une nou­velle étude publiée dans la revue Science Advances, le blo­cage du détroit de Béring, large d’envi­ron 82 km, pour­rait pro­lon­ger la durée de vie de ce sys­tème.

Le Smith­so­nian explique que les cou­rants méri­diens de retour­ne­ment atlan­tiques (AMOC) agissent comme des convoyeurs d’eau, trans­por­tant les eaux chaudes et salées de sur­face des tro­piques vers l’Atlan­tique Nord, où elles se refroi­dissent, s’épais­sissent et plongent. C’est la prin­ci­pale rai­son pour laquelle l’Europe béné­fi­cie d’un cli­mat rela­ti­ve­ment doux, mal­gré sa haute lati­tude. Les eaux froides retournent ensuite vers le sud, char­gées de nutri­ments essen­tiels à la vie marine. Cepen­dant, des études récentes sug­gèrent que la cir­cu­la­tion méri­dienne de retour­ne­ment atlan­tique (AMOC) s’affai­blit. Avec la hausse des tem­pé­ra­tures, la fonte des glaces du Groen­land libère de l’eau douce dans l’Atlan­tique Nord. Cette dimi­nu­tion de la sali­nité des eaux de sur­face per­turbe la plon­gée des eaux froides, ce qui réduit d’autant la quan­tité d’eau chaude pro­ve­nant des tro­piques.

UNE SOLUTION INSPIRÉE DU PASSÉ GÉOLOGIQU

L’effon­dre­ment de la cir­cu­la­tion méri­dienne de retour­ne­ment atlan­tique (AMOC) pour­rait avoir des consé­quences catas­tro­phiques. Le niveau de la mer mon­te­rait le long de la côte est des États-Unis, les tem­pé­ra­tures chu­te­raient en Europe et les régimes de pré­ci­pi­ta­tions seraient modi­fiés, pro­vo­quant des séche­resses en Europe et en Afrique. D’après une nou­velle

étude menée par une équipe de scien­ti­fiques néer­lan­dais, la construc­tion d’un sys­tème de bar­rages dans le détroit de Béring pour­rait don­ner à la Terre un répit. Ce détroit per­met à l’eau douce de cir­cu­ler de l’océan Paci­fique à l’océan Arc­tique, puis à l’océan Atlan­tique. Les bar­rages entra­ve­raient ce flux, modi­fiant ainsi la pro­por­tion d’eau douce et d’eau salée dans chaque océan.

L’océa­no­graphe phy­si­cien Jelle Soons, de l’uni­ver­sité d’Utrecht et co-auteur de l’étude, a expli­qué à New Scien­tist que l’idée de ce bar­rage lui était venue car, il y a envi­ron 2,6 à 5,3 mil­lions d’années, au Plio­cène, le niveau de la mer était plus bas lorsqu’un pont ter­restre enjam­bait le détroit de Béring. Des recherches anté­rieures ont mon­tré que les cou­rants de retour­ne­ment atlan­tiques étaient plus forts

durant cette période, prin­ci­pa­le­ment grâce à cette bar­rière natu­relle.

DES SIMULATIONS JUGÉES PROMETTEUSES

Soons, en col­la­bo­ra­tion avec Henk Dijks­tra, un autre océa­no­graphe phy­si­cien de l’uni­ver­sité d’Utrecht, a réa­lisé des simu­la­tions infor­ma­tiques pour tes­ter cette hypo­thèse. L’équipe de recherche a constaté que la construc­tion d’un bar­rage lorsque la cir­cu­la­tion méri­dienne de retour­ne­ment atlan­tique (AMOC) est légè­re­ment affai­blie pour­rait ren­for­cer le sys­tème du détroit et lui per­mettre de fonc­tion­ner, même en cas d’aug­men­ta­tion des émis­sions de gaz à effet de serre. Cepen­dant, si l’AMOC est déjà au bord de l’effon­dre­ment, le blo­cage du détroit accé­lé­re­rait le pro­ces­sus de désta­bi­li­sa­tion.

Selon l’équipe de recherche, la construc­tion de trois bar­rages serait néces­saire en rai­son de la pré­sence de deux îles au milieu du détroit de Béring. Le plus long de ces bar­rages mesu­re­rait envi­ron 38 km. Soons a jugé cette solu­tion tech­ni­que­ment réa­li­sable. Il a ajouté que ces lon­gueurs ne dif­fé­re­raient pas signi­fi­ca­ti­ve­ment de celles du bar­rage d’Afsluit­dijk aux Pays-Bas (32 km) ni de la digue de Sae­man­geum en Corée du Sud (33 km). Le bar­rage du détroit de Béring aurait une pro­fon­deur maxi­male de 59 m, à peine supé­rieure à la pro­fon­deur maxi­male de la digue de Sae­man­geum (54 m). Cepen­dant, ces deux ouvrages sont situés dans des eaux côtières rela­ti­ve­ment calmes, et non dans des zones recu­lées sujettes à de forts cou­rants et à la pré­sence de glace de mer.

DES RISQUES ENCORE MAL ÉVALUÉS

La solu­tion pro­po­sée par les scien­ti­fiques néer­lan­dais com­porte encore de nom­breux risques. Selon Soons, la sépa­ra­tion des océans Paci­fique et Arc­tique aurait des consé­quences néfastes sur la faune sau­vage, la pêche, le trans­port mari­time et les com­mu­nau­tés qui dépendent du détroit de Béring pour leurs moyens de sub­sis­tance.

« Le blo­cage du détroit pour­rait entraî­ner des chan­ge­ments cli­ma­tiques que nous ne com­pre­nons pas encore plei­ne­ment. Toute inter­ven­tion de cette ampleur doit prendre en compte avec soin les consé­quences impré­vues, en plus des avan­tages atten­dus », a déclaré Jona­than Baker, océa­no­graphe au Met Office bri­tan­nique, à Live Science. Soons et Baker s’accordent à dire que davan­tage de simu­la­tions sont néces­saires pour vali­der la recherche et obte­nir une image plus pré­cise des consé­quences de dif­fé­rents scé­na­rios.

Baker a déclaré : «Le blo­cage du détroit de Béring pour­rait retar­der l’effon­dre­ment dans cer­taines condi­tions, mais n’éli­mine pas le risque poten­tiel, car la Terre conti­nue de se réchauf­fer. La solu­tion la plus fiable pour réduire le rde l’Atlan­tique (AMOC). Ce sys­tème de cou­rants océa­niques, essen­tiel à la régu­la­tion du cli­mat ter­restre, est menacé par le réchauf­fe­ment cli­ma­tique. Selon une nou­velle étude publiée dans la revue Science Advances, le blo­cage du détroit de Béring, large d’envi­ron 82 km, pour­rait pro­lon­ger la durée de vie de ce sys­tème.

Le Smith­so­nian explique que les cou­rants méri­diens de retour­ne­ment atlan­tiques (AMOC) agissent comme des convoyeurs d’eau, trans­por­tant les eaux chaudes et salées de sur­face des tro­piques vers l’Atlan­tique Nord, où elles se refroi­dissent, s’épais­sissent et plongent. C’est la prin­ci­pale rai­son pour laquelle l’Europe béné­fi­cie d’un cli­mat rela­ti­ve­ment doux, mal­gré sa haute lati­tude. Les eaux froides retournent ensuite vers le sud, char­gées de nutri­ments essen­tiels à la vie marine. Cepen­dant, des études récentes sug­gèrent que la cir­cu­la­tion méri­dienne de retour­ne­ment atlan­tique (AMOC) s’affai­blit. Avec la hausse des tem­pé­ra­tures, la fonte des glaces du Groen­land libère de l’eau douce dans l’Atlan­tique Nord. Cette dimi­nu­tion de la sali­nité des eaux de sur­face per­turbe la plon­gée des eaux froides, ce qui réduit d’autant la quan­tité d’eau chaude pro­ve­nant des tro­piques.

UN

Détecter un trou noir

t-il possible de détecter un trou de ver dans notre galaxie ?

La détection d’un trou de ver dans notre galaxie, la Voie lactée, reste un défi colossal. Les scientifiques cherchent des indices indirects, comme des effets de lentille gravitationnelle affectant la lumière des étoiles environnantes. Cependant, la taille et la distance des trous de ver hypothétiques rendent leur observation directe presque impossible avec la technologie actuelle. Les avancées technologiques et les nouvelles méthodes d’observation pourraient un jour rendre cela possible. 

Peut on décter u trou de ver dans notre galaxie?

La détection d’un trou de ver dans notre galaxie, la Voie lactée, reste un défi colossal. Les scientifiques cherchent des indices indirects, comme des effets de lentille gravitationnelle affectant la lumière des étoiles environnantes. Cependant, la taille et la distance des trous de ver hypothétiques rendent leur observation directe presque impossible avec la technologie actuelle. Les avancées technologiques et les nouvelles méthodes d’observation pourraient un jour rendre cela possible. 

Wikiped

L’Homme de Dénisovan et le Saiens

  • hed: 13 May 2026

Enamel proteins from six Homo erectus specimens across China

Nature (2026) Cite this article

Abstract

Homo erectus remains have been found in Africa, Eurasia and Southeast Asia1,2,3, dating back around two million years; however, owing to their age and state of preservation, obtaining informative molecular data from them has proved challenging. Here we successfully extracted and analysed ancient enamel proteins from five male and one female Middle Pleistocene H. erectus specimens from approximately 0.4 million years ago, from the Zhoukoudian, Hexian and Sunjiadong sites. All specimens from all three sites share two amino acid variants. Of these, A253G in AMBN is previously unknown and has not been identified in other human lineages, including H. erectus from Dmanisi (Georgia), Homo antecessor from Atapuerca (Spain), Denisovans, Neanderthals and modern humans. The other variant, AMBN(M273V), has previously been identified in Denisovans, and our evidence now indicates it may have been introduced through populations related to these Middle Pleistocene H. erectus. The regions in the Denisovan genome attributed to super-archaic introgression, some of which later passed to modern humans, are likely to have originated from H. erectus. Late Middle Pleistocene H. erectus may have coexisted with Denisovans in parts of East Asia, where these interactions are presumed to have occurred.

Lhomme de Dénion atait provhe natomiquement, des premiers horéctus

05/ L’Homme de Denisova, ou Dénisovien, est une espèce éteinte du genre Homo, identifiée par analyse génétique en mars 2010 à partir d’une phalange humaine fossile datée d’environ 41 000 ans, trouvée dans la grotte de Denisova, dans les montagnes de l’Altaï en Sibérie (Russie).

Le premier crâne formellement attribué à l’espèce est l’Homme de Harbin, confirmé par deux études génétiques en juin 2025.

L’Homme de Denisova était parfois qualifié, en tant qu’espèce, du nom binominal Homo denisovensis[1], mais le consensus n’est pas encore officiellement fixé. D’autres noms comme Homo longi[2]Homo daliensisHomo mapaensis ou encore Homo tsaichangensis ont été proposés pour nommer des fossiles vraisemblablement de Dénisoviens. Jean-Jacques Hublin estime qu’il aurait vécu durant le Paléolithique moyen en Asie orientale, de la Sibérie à l’Asie du Sud-Est. La présence de cette espèce en Extrême-Orient est à rechercher selon lui parmi des fossiles connus, ce qu’a confirmé l’étude génétique du crâne de Harbin[3].

Les analyses de l’ADN mitochondrial du fragment de phalange ont prouvé en 2010 que les Dénisoviens étaient génétiquement distincts des Néandertaliens et des Hommes modernes. L’analyse ultérieure du génome nucléaire a montré que les Dénisoviens partageaient un ancêtre commun avec les Néandertaliens, et qu’ils se sont hybridés avec les ancêtres de certains hommes modernes (3 à 5 % de l’ADN des Mélanésiens et des Aborigènes d’Australie est issu des Dénisoviens)[4],[5],[6],[7]. De même, ils auraient transmis aux Tibétains un allèle du gène EPAS1 permettant leur adaptation à la vie en altitude.

Histoire

Réplique d’une molaire de l’Homme de Denisov Homme de dénisovanhed: 13 May 2026

Enamel proteins from six Homo erectus specimens across China

Nature (2026) Cite this article

Abstract

Homo erectus remains have been found in Africa, Eurasia and Southeast Asia1,2,3, dating back around two million years; however, owing to their age and state of preservation, obtaining informative molecular data from them has proved challenging. Here we successfully extracted and analysed ancient enamel proteins from five male and one female Middle Pleistocene H. erectus specimens from approximately 0.4 million years ago, from the Zhoukoudian, Hexian and Sunjiadong sites. All specimens from all three sites share two amino acid variants. Of these, A253G in AMBN is previously unknown and has not been identified in other human lineages, including H. erectus from Dmanisi (Georgia), Homo antecessor from Atapuerca (Spain), Denisovans, Neanderthals and modern humans. The other variant, AMBN(M273V), has previously been identified in Denisovans, and our evidence now indicates it may have been introduced through populations related to these Middle Pleistocene H. erectus. The regions in the Denisovan genome attributed to super-archaic introgression, some of which later passed to modern humans, are likely to have originated from H. erectus. Late Middle Pleistocene H. erectus may have coexisted with Denisovans in parts of East Asia, where these interactions are presumed to have occurred.

Lhomme de Dénion atait provhe natomiquement, des premiers horéctus

05/ L’Homme de Denisova, ou Dénisovien, est une espèce éteinte du genre Homo, identifiée par analyse génétique en mars 2010 à partir d’une phalange humaine fossile datée d’environ 41 000 ans, trouvée dans la grotte de Denisova, dans les montagnes de l’Altaï en Sibérie (Russie).

Le premier crâne formellement attribué à l’espèce est l’Homme de Harbin, confirmé par deux études génétiques en juin 2025.

L’Homme de Denisova était parfois qualifié, en tant qu’espèce, du nom binominal Homo denisovensis[1], mais le consensus n’est pas encore officiellement fixé. D’autres noms comme Homo longi[2]Homo daliensisHomo mapaensis ou encore Homo tsaichangensis ont été proposés pour nommer des fossiles vraisemblablement de Dénisoviens. Jean-Jacques Hublin estime qu’il aurait vécu durant le Paléolithique moyen en Asie orientale, de la Sibérie à l’Asie du Sud-Est. La présence de cette espèce en Extrême-Orient est à rechercher selon lui parmi des fossiles connus, ce qu’a confirmé l’étude génétique du crâne de Harbin[3].

Les analyses de l’ADN mitochondrial du fragment de phalange ont prouvé en 2010 que les Dénisoviens étaient génétiquement distincts des Néandertaliens et des Hommes modernes. L’analyse ultérieure du génome nucléaire a montré que les Dénisoviens partageaient un ancêtre commun avec les Néandertaliens, et qu’ils se sont hybridés avec les ancêtres de certains hommes modernes (3 à 5 % de l’ADN des Mélanésiens et des Aborigènes d’Australie est issu des Dénisoviens)[4],[5],[6],[7]. De même, ils auraient transmis aux Tibétains un allèle du gène EPAS1 permettant leur adaptation à la vie en altitude.

01/05/2021 Le grand retour de ‘humanité vers la Lune

e 50 ans après Apollo, la NASA s’apprête enfin à ramener des astronautes aux portes de la Lune. Avec Artemis 2, l’agence américaine entre dans une nouvelle phase de son programme lunaire : pour la première fois depuis 1972, un équipage humain va quitter l’orbite terrestre et s’aventurer dans l’espace lointain. Voici le déroulé de la mission historique, étape par étape.

©

Artemis 2 sera la première mission habitée du programme Artemis, dont l’objectif est de réaliser un tour complet de la Lune et survoler la partie ombragée du satellite naturel. Dans le cadre du programme Artemis, l’ambition ultime est d’implanter une base permanente sur la Lune. Pour Artemis 2, quatre astronautes prendront ainsi place à bord de la capsule Orion pour une mission de dix jours : les Américains Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch, ainsi que le Canadien Jeremy Hansen. Leur décollage pourrait avoir lieu dès le mois prochain, le 6 février 2026.

Leur but sera de « confirmer que tous les systèmes du vaisseau Orion fonctionnent comme prévu avec un équipage, dans les conditions réelles de l’espace lointain », résume la NASA. La capsule Orion a déjà été utilisée lors d’Artemis 1 mais avait fait naître des doutes quant à la capacité de son bouclier thermique. Pour le lanceur, Artemis 2 sera propulsée dans l’espace par la fusée SLS, développée conjointement par Boeing et Northrop Grumman.

Déroulé de la mission Artemis 2. Deux phases distinctes sont prévues , déroulé de la missi auoure de la Terrrpremière autour de la Terre puis une seconde autour de la Lune. © NASA

La première phase d’Artemis 2 : une série de tests autour de la Terre

Après son décollage depuis le Kennedy Space Center, en Floride, Orion sera placé en orbite autour de la Terre, où il effectuera deux orbites, dont une très allongée culminant à près de 74 000 kilomètres d’altitude, bien au-delà de l’orbite de la Station spatiale internationale (ISS), située à environ 400 kilomètres. Cette phase demandera une quantité colossale d’énergie à la fusée SLS, pour que l’équipage prenne suffisamment d’altitude et de vitesse. Lors de ces deux révolutions, les astronautes piloteront manuellement le vaisseau Orion lors d’une démonstration deanœuvres de proximité (indispensables à de futurs rendez-vous orbitaux entre plusieurs modules).

Cette première étape dans le déroulé d’Artemis 2 est cruciale. Elle va permettre de tester lesLa première phase d’Artemis 2 : une série de tests autour de la Terre

Après son décollage depuis le Kennedy Space Center, en Floride, Orion sera placé en orbite autour de la Terre, où il effectuera deux orbites, dont une très allongée culminant à près de 74 000 kilomètres d’altitude, bien au-delà de l’orbite de la Station spatiale internationale (ISS), située à environ 400 kilomètres. Cette phase demandera une quantité colossale d’énergie à la fusée SLS, pour que l’équipage prenne suffisamment d’altitude et de vitesse. Lors de ces deux révolutions, les astronautes piloteront manuellement le vaisseau Orion lors d’une démonstration de manœuvres de proximité (indispensables à de futurs rendez-vous orbitaux entre plusieurs modules).

systèmes vitaux du vaisseau, développé d’un côté comme de l’autre de l’Atlantique transatlantique. Tandis que la capsule habitée, le système d’éjection d’urgence et le bouclier thermique sont fabriqués par Lockheed Martin aux États-Unis, le module de service, qui fournit propulsion, énergie et ressources vitales, provient d’Europe. Conçu par Airbus pour l’Agence spatiale européenne (ESA), il a mobilisé un réseau industriel réparti dans onze pays européens, dont la France, l’Italie et l’Espagn Le support-vie, chargé de produire de l’air respirable et d’éliminer le dioxyde de carbone et l’humidité, sera scruté de près. Les astronautes évalueront aussi son comportement lors des phases d’activité intense, mais également pendant le sommeil. La NASA veut s’assurer que ces systèmes sont prêts à soutenir des missions plus longues. Ce sera aussi le moment de donner le feu vert pour le reste de la mission d’Artemis 2, qui entraînera les équipiers là où les humains ne sont plus allés depuis 50 ans : la Lune.

Le support-vie, chargé de produire de l’air respirable et d’éliminer le dioxyde de carbone et l’humidité, sera scruté de près. Les astronautes évalueront aussi son comportement lors des phases d’activité intense, mais également pendant le sommeil. La NASA veut s’assurer que ces systèmes sont prêts à soutenir des missions plus longues. Ce sera aussi le moment de donner le feu vert pour le reste de la mission d’Artemis 2, qui entraînera les équipiers là où les humains ne sont plus allés depuis 50 ans : la Lune.

L’équipage Artemis 2 avec de gauche à droite : les Américains Christina Koch, Victor Glover, Reid Wiseman, et le Canadien Jeremy Hansen © NASA

La deuxième phase d’Artemis 2 : survoler la Lune et revenir sur Terre

Une fois ces vérifications achevées, Orion quittera l’orbite terrestre grâce à une poussée vers la Lune. Attention, la capsule ne se mettra pas en orbite lunaire à proprement dit : elle empruntera plutôt une trajectoire dite de « retour libre », qui l’emmènera autour de la face cachée de notre satellite avant d’être naturellement ramené vers la Terre par la gravité. Un choix volontairement prudent, car en cas de problème majeur, elle garantit un retour automatique vers notre planète, sans manœuvre complexe supplémentaire.

Le spectacle devrait être grandiose. Les quatre astronautes vont s’éloigner jusqu’à environ 7 500 kilomètres au-delà de la Lune d’où ils pourront observer la Terre, à près de 400 000 kilomètres de distance. Comme vous l’aurez compris, il n’est donc pas question pour l’heure de retourner fouler le sol lunaire. Du fait de leur vitesse et de leur trajectoire, ils seront toujours attirés par la Terre, ce qui fait qu’après avoir fait un tour de la Lune, les astronautes « tomberont » de nouveau vers la Terre.

Si tout se déroule comme prévu, Artemis 2 ouvrira la voie à Artemis 3, qui doit acheminer des astronautes jusqu’à la surface lunaire pour la première fois depuis Apollo (en 2027). Pour le lancement d’Artemis 2, l’agence spatiale américaine a tenu une conférence le 10 janvier dernier, dévoilant un nouvel aperçu du calendrier. Plutôt que d’attendre le mois d’avril, il est désormais question d’une large fenêtre de lancement possible, démarrant le 6 février prochain (jusqu’au mois d’avril).

La date finale fixée dépendra de l’état du matériel, de la météo et du calendrier global du programme. Mais une chose est sûre : avec Artemis 2, l’humanité s’apprête à refaire un pas décisif vers la Lune. Cette fois, pour s’y installer durablement.

Note

On saiit que la Chi a dja lancé une mission lunaire non habité. Chinois et Américains vont-ils collaorer.

L’ESA et la  Lune

L’ESA a joué un rôle clé dans la définition de l’avenir de l’exploration lunaire, notamment à travers l’inauguration de LUNA, une installation lunaire analogue qui facilite la recherche et le développement de technologies spatiales dans des conditions réalistes. Cette installation, opérée conjointement par l’ESA et le DLR, est située près du Centre européen des astronautes et servira de base pour les futures missions lunaires, comme le programme Artemis de la NASA. 

European Space Agency


L’ESA a également fixé ses priorités pour les trois prochaines années, avec un budget accru de 22,1 milliards d’euros, incluant des missions vers Encelade, la sixième plus grande lune de Saturne. Cette initiative montre l’engagement de l’ESA à soutenir les États membres dans leurs ambitions spatiales et à contribuer à l’exploration de la Lune. 

Euronews


De plus, l’ESA et Thales Alenia Space ont annoncé le consortium industriel chargé de développer le module lunaire Argonaut, symbolisant une ambition européenne renouvelée pour la Lune. Ce programme vise à affirmer la souveraineté européenne dans le domaine spatial et à disposer de ses propres moyens pour livrer du matériel et des infrastructures sur le sol lunaire. 


Enfin, l’ESA a lancé le programme Moonlight, qui vise à établir un réseau de satellites en orbite lunaire pour fournir des services de communication et de navigation cruciaux pour les missions lunaires. Ce programme représente un pas important vers l’établissement d’une présence humaine durable sur la Lune. 


05/06/2026 Un vent de gaz interstellaire dans la galaxie

05/06/2026 Un vent de gaz interstellaire dans la galaxie

Au centre de la Voie lactée, le trou noir baptisé Sagittarius A* a creusé un cône de gaz long d’environ trois années-lumière. Cette forme est la signature d’un vent, un flux régulier de matière qui s’éloigne du trou noir.

Des astronomes de l’université Northwestern estiment qu’il souffle depuis au moins 20 000 ans. Le résultat comble une lacune qui agaçait les astrophysiciens depuis cinquante ans. La théorie soutient de longue date que tout trou noir avalant activement de la matière doit aussi en rejeter une partie, car l’énergie de ce gaz qui tombe doit bien aller quelque part.

Autour des trous noirs lointains et voraces, ces vents sont évidents.eux. Autour du nôtre, qui se nourrit lentement et discrètement, le signal restait enfoui.

« À moins qu’un trou noir n’existe dans un vide parfait, il doit forcément souffler un vent d’une manière ou d’une autre », explique Mark Gorski, qui a dirigé les travaux. La question n’a jamais été de savoir si le vent existait, mais si quelqu’un parviendrait à le voir.

Pour extraire cette structure ténue du centre galactique encombré, l’équipe a empilé cinq années d’observations de l’Atacama Large Millimeter/submillimeter Array, un réseau d’antennes radio installé dans les Andes chiliennes qui cartographie le gaz froid. L’image obtenue du gaz moléculaire autour de Sagittarius A* est environ 100 fois plus profonde et 80 fois plus nette que tout ce qui existait. On y voit une cavité conique d’environ 45 degrés d’ouverture s’écarter du trou noir, trahissant le gaz balayé. Le même vide apparaît dans des données X d’archives d’un autre observatoire en orbite, ce qui renforce l’idée qu’un phénomène repousse réellement le gaz, et non un artefact d’un seul instrument.

Le vent est évident. Ce n’est pas la bourrasque capable de remodeler une galaxie que déchaînent les trous noirs les plus actifs ; les chercheurs le décrivent davantage comme une brise que comme une tempête. Cette douceur explique en partie pourquoi il a fallu si longtemps pour le repérer, et pourquoi il compte : elle montre que même un trou noir calme et mal nourri laisse une empreinte sur tout ce qui l’entoure.

La prudence reste de mise. La cavité est déduite de la répartition du gaz et de la géométrie qui l’explique le mieux, et non d’une mesure directe de matière en mouvement ; or le centre galactique est l’une des régions les plus difficiles à interpréter du ciel. D’autres explications, comme une vieille onde de choc ou les restes d’une éruption passée, devront encore être écartées à mesure que les données arrivent. Pour l’instant, les auteurs s’appuient sur l’accord entre les images radio et X pour défendre qu’un vent est la lecture la plus simple.

Si elle se confirme, la découverte offre aux astronomes un laboratoire de proximité pour un processus qu’ils étudient habituellement à des millions d’années-lumière. Sagittarius A* se trouve à environ 26 000 années-lumière de la Terre, assez près pour être examiné avec un détail qu’aucune autre galaxie ne permet.

Les résultats ont paru dans The Astrophysical Journal Letters. L’équipe continuera de surveiller la région avec le même réseau, cette fois pour mesurer directement la vitesse du vent et suivre sa portée avant qu’il ne se dilue dans le reste de la galaxie.