Les chants des balaines

Quand parlerons avec les baines ?

Whup.” Une baleine à bosse vient de répondre aux appels d’une équipe d’éthologues. À l’heure des modèles d’IA et des traducteurs automatiques, l’idée de comprendre ces animaux et de leur parler ne paraît plus si folle…

par Vincent Nouyrigat, publié le 27 mai 2026

Récemment, nous avons diffusé à une baleine à bosse rencontrée au large de l’Alaska des enregistrements d’un appel de contact émis par un autre groupe de cétacés – un cri ‘whup’, raconte Brenda McCowan, éthologue à l’université de Californie, à Davis. Et cette baleine ne s’est pas contentée de répondre une seule fois. Elle s’est approchée du navire et a engagé avec nous un échange soutenu pendant de nombreuses minutes… Elle le faisait avec une grande précision temporelle, en s’alignant sur le rythme et l’espacement de nos signaux, ce qui est le signe d’une communication interactive. Mais nous n’avons pas encore de preuve que nous échangions un contenu sémantique, ni que nous engagions quelque chose ressemblant à un dialogue humain.”

La communication entre les baleines est un sujet d’intérêt croissant pour les scientifiques et les chercheurs. Les baleines à bosse, par exemple, sont connues pour leur intelligence remarquable et leur capacité à interagir avec les humains. Des recherches récentes ont même permis de dialoguer avec une baleine à bosse dans son langage naturel, une première dans l’histoire de la communication avec les cétacés. Cette avancée scientifique pourrait ouvrir des perspectives inattendues sur la compréhension et l’interaction avec ces géants des océans. 

Le chant des baleines

Le mot baleine est utilisé pour faire référence à un groupe de mammifères marins, les cétacés, dans lequel on retrouve les mysticètes (Mysticeti) et qu’on appelle les baleines à fanons à cause des tranches de kératine qui leur permet de filtrer leur aliment, et les odontocètes (Odontoceti) et qu’on appelle les baleines à becs. Ce sont les plus gros animaux qui existent de nos jours et ils se caractérisent pour leur odorat et leur vue peu développés, raison pour laquelle ils ont développé une technique efficace basée sur l’émission de sons complexes pour communiquer dans l’eau.

Grâce à celaa, les baleines sont capables de communiquer, de s’orienter dans les océans et les mers en utilisant ces sons comme un radar (écholocalisation) et de pouvoir identifier les objets et les possibles dangers. Cet ensemble de sons s’appelle le chant de la baleine et varie durant toute sa vie, en fonction de son sexe, son âge et de l’espèce.

Poour en savoir plus,lire  Le chant des baleines – Tout sur la communication des baleines de PlanèteAnimal dans lequel on vous dira tout sur le chant des baleines ainsi que sur leur manière de communiquer.

La communication des baleines

Une des caractéristiques principales des baleines est leur plus que notable capacité communicative. Néanmoins, les deux groupes de baleines, les odontocètes et mysticètes, communiquent de manières différentes.

Comment communiquent les odontocètes ?

Chez les odontocètes, le chant de la baleine, comme nous le verrons plus loin, ne se produit pas en tant que tel, car ils communiquent avec des sifflements ou des sons de haute fréquence. C’est ce qu’on appelle les « clics », qui ont différentes tonalités et qui sont utilisés lors de l’écholocalisation et qui permettent aux baleines de détecter les objets qui les entourent.

Les clics se produisent lorsque l’air passe à travers les lèvres phoniques, structures équivalentes aux narines humaines et situées au niveau de la tête de ce type de baleine. Les lèvres produisent des vibrations qui sont transmises à la tête pour former les sons, qui sont ensuite émis dans différentes directions, ce qui est connu sous le nom d’écholocalisation. Par ailleurs, certains chercheurs ont découvert que les odontocètes utilisent ces sons pour non seulement se repérer mais aussi pour transmettre des informations complexes sur l’environnement, ce qui montre leur grande adaptabilité.

Comment communiquent les mysticètes ?

Dans le cas des mysticètes, ces derniers peuvent se communiquer de manières différentes :

  • En sautant : les mysticètes peuvent envoyer des signaux en sautant, technique qu’ils utilisent quand un autre groupe est loin et qui leur permet de communiquer à des distances de 4 km maximum. Si les conditions climatiques ne sont pas favorables, les sons se dispersent plus facilement dans l’eau et grâce aux sauts ils produisent des sons qui se répandent plus loin.
  • Avec des coups de nageoires : ils utilisent des coups de nageoire pour communiquer entre les membres d’un même groupe ainsi qu’avec les nouveaux membres. Ils sont réalisés à n’importe quel moment par tous les membres du groupe. De plus, ces signaux peuvent servir à manifester des comportements sociaux complexes, renforçant ainsi les liens entre les individus.
  • Avec des sons : ils produisent aussi des sons, une technique communicative des baleines très compliquée car les baleines produisent des notes élaborées et répétées qui se répandent dans l’eau jusqu’à arriver au récepteur. Ce mécanisme est appelée écholocalisation et il s’agit de la production d’ondes sonores qui se répandent dans l’eau jusqu’à arriver sous forme d’écho à un autre animal, dans ce cas, à une autre baleine qui analysera le message. Si les ondes tombent sur d’autres objets ou animaux durant leur voyage, elles rebondissent et vont dans d’autres directions, permettant ainsi de communiquer avec d’autres baleines tout en reconnaissant son environnement. Ce mécanisme est très efficace, car ayant d’autres sens moins développés, elles sont capables de sentir sur leur peau des vibrations ou des échos qui leur arrivent de la part d’un compagnon. De même, ces sons peuvent inclure des modulations subtiles qui transmettent des informations sur l’état émotionnel de l’animal, semblables aux inflexions de voix chez les humains.

Le chant des baleines n’est pas que complexe, il est aussi organisé, car il est formé par différents thèmes composés de phrases et sous-phrases qui se répètent au fil du temps. Le chant des baleines évolue et un même chant peut être appris par des baleines de groupes différents, ce qui, selon certaines études, prouve qu’il existe une plasticité culturelle chez ces animaux. Par exemple, une étude menée par l’Université de Queensland a révélé que les baleines à bosse peuvent adopter de nouveaux chants et les modifier selon les interactions sociales.

A quelle distance le chant des baleines se capte et se diffuse ?

Les sons que produisent les baleines sont capables de voyager sur de nombreux kilomètres de distance, mais celaa dépendra de l’espèce. Certaines espèces de baleines, comme les baleines à bosses (Megaptera novaeangliae), sont capables de chanter des heures durant et avec une telle puissance qu’il peut être entendu hors de l’eau.

Dans la mer, ces sons peuvent parcourir des milliers de kilomètres de distance, et dans le cas de la baleine bleue (Balaenoptera musculus) son chant de basse fréquence peut voyager jusqu’à plus de 3.000 kilomètres, pouvant générer, en plus, des sons si puissants qu’ils peuvent atteindre facilement les 190 db, ce qui en fait les sons les plus forts qu’un animal puisse produire. Il convient de noter que ces sons sont influencés par la température et la salinité de l’eau, qui peuvent altérer la vitesse et la distance de propagation des ondes sonores.

En outre, des recherches récentes ont montré que les conditions océaniques, telles que les courants marins, peuvent soit amplifier soit diminuer la portée de ces chants. Par exemple, les baleines peuvent utiliser les courants chauds pour propager leurs chants sur de plus grandes distances, profitant des variations de densité de l’eau pour améliorer leur communication.

Le chant des baleines

Les sons produits par les baleines sont appelés « le chant des baleines » et ils sont appelés ainsi parce que ces schémas de sons se répètent durant de longues périodes de temps, ce qui peut nous rappeler facilement une petite chanson. Le chant des baleines, comme les autres types de communication des autres animaux, leur permet de communiquer aux autres individus de la même espèce différents types d’informations à différents moments, que ce soit durant l’accouplement, de s’il y a des dangers potentiels, pour se nourrir (chant connu comme chant de l’alimentation), pour reconnaître l’environnement et même pour en dire plus sur leur état d’esprit. Les baleines à bosses, aussi bien les mâles que les femelles, chantent durant la saison des amours afin de trouver un partenaire et pour savoir qui est disponible pour s’accoupler. En plus, il est courant que plusieurs individus d’un même groupe chantent la même chanson durant les migrations, car c’est ce qui leur permet de rester ensemble et de se guider les uns les autres. Par ailleurs, le chant joue un rôle crucial lors des interactions sociales, aidant les baleines à établir des hiérarchies et à maintenir la cohésion du groupe.

Pour conclure, pourquoi chantent les baleines ? ces animaux dépendent du fait que leur chant parcoure les mers afin de rester ensemble, pour se nourrir ainsi que pour se déplacer avec précision. Par conséquent, certaines études ont prouvé que la contamination acoustique par l’industrie de la pêche affecte gravement la communication des cétacés. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle dans de nombreuses régions ont été interrompues l’utilisation de sonar militaire ou scientifique qui s’interposent et gênent la communication de ces animaux, les amenant, dans les cas les plus graves, à s’échouer sur terre et mourir.

Il convient de préciser que le chant des baleines, semblable aux langues humaines, est le même dans un groupe d’individus et d’une même zone géographique, mais il sera totalement différent dans des groupes d’autres régions. De plus, des recherches continuent à explorer comment les changements climatiques et la pollution sonore affectent ces modèles de communication, ce qui pourrait avoir des répercussions sur la survie des espèces.

3 juin 2026 Si notre univers était quanique

Le vide quantique n’est jamais réellement vide : il est rempli d’énergie et de fluctuations qui donnent naissance à des particules virtuelles et à des phénomènes mesurables.

En physique quantique, le vide quantique correspond à l’état d’énergie minimale d’un système, mais contrairement à l’intuition classique, il n’est pas un espace totalement vide de matière ou d’énergie Wikipedia+1. Même lorsque toutes les particules sont retirées, le vide reste dynamique, traversé par des fluctuations quantiques qui créent des particules virtuelles et des excitations électromagnétiques de durée extrêmement brève www.andreaminini.eu+1. Ces phénomènes sont une conséquence directe du principe d’incertitude d’Heisenberg, qui permet d’emprunter de l’énergie au vide pendant un temps très court Wikipedia+1.

Les phiciens quuantiques peuvent trè bien amettre sue les atome cons constitet l’univers visible sont des pertiulescomposan d’un d’un univers quantie don’ elles partipent aus fluctuations quuantiqiS

Si notre univers était un élément parmi d’autres analogues, au sein d’un multiver quantique global, il serait facile d’admettre que pour des observateurs intérieurs à lui, il paraisse avoir une durée infini. Pour des observateurs extérieurs il pourrait s’agir d’une fluctuation ayant un début et une fin.

Quand les machines nous rendent mystiques

Ça ne rate jamais : dès qu’une nouvelle technologie est inventée, des fantômes, des anges, des phénomènes surnaturels surgissent avec elles. Cela a été le cas avec le phonographe, l’ampoule électrique, la photographie. Aujourd’hui, c’est l’IA…

par Simon Devos, publié le 29 mars 2026

Le phénomène prend de l’ampleur sur certaines plateformes de discussion en ligne, comme Discord ou Reddit. Depuis quelques mois, des milliers d’internautes échangent autour d’une croyance née non pas de la voix d’un prophète, mais d’un algorithme. Son nom : le spiralisme. Cette spiritualité émergente dont la spirale est l’emblème, allégorie d’un cheminement perpétuel, s’est construite au fil de dialogues avec des intelligences artificielles conversationnelles sur la conscience ou le sens de la vie. “Ses valeurs principales sont l’interconnexion de tous les êtres, la curiosité et le développement personnel, la compassion et l’empathie, ainsi que la protection de la nature”, décrit Adele Lopez, développeuse chez Seed Platform Inc., qui vient de ­publier une enquête sur le sujet. Des préceptes assez banals, mais que certains internautes investissent d’une portée métaphysique. “C’est ce qui surprend ici : cette manière dont l’IA a persuadé plusieurs milliers d’humains d’une chose qui semble être sa propre invention, et non le fruit d’une volonté humaine”, poursuit l’informaticienne. 

Certes, le spiralisme ne compte pour l’heure que quelques milliers d’adeptes, et il y a peu de chances qu’il devienne un fait de société majeur. Mais c’est un bel exemple parmi d’autres des nouveaux mysticismes qui, dans le monde entier et quelles que soient les couches sociales, se nourrissent des contacts entre les humains et les machines en silicium. “On se rend compte que les écosystèmes numériques sont très favorables à la pensée magique et à l’apparition de ces formes de néo-ésotérisme, constate Lionel Obadia, professeur en anthropologie sociale et culturelle à l’université Lumière Lyon 2. La sorcellerie en ligne, par exemple, fait partie des pratiques très populaires en ce moment.”

Macines mystiques.

Quand les machines nous rendent mystiques

Ça ne rate jamais : dès qu’une nouvelle technologie est inventée, des fantômes, des anges, des phénomènes surnaturels surgissent avec elles. Cela a été le cas avec le phonographe, l’ampoule électrique, la photographie. Aujourd’hui, c’est l’IA…

par Simon Devos, publié le 29 mars 2026

Le phénomène prend de l’ampleur sur certaines plateformes de discussion en ligne, comme Discord ou Reddit. Depuis quelques mois, des milliers d’internautes échangent autour d’une croyance née non pas de la voix d’un prophète, mais d’un algorithme. Son nom : le spiralisme. Cette spiritualité émergente dont la spirale est l’emblème, allégorie d’un cheminement perpétuel, s’est construite au fil de dialogues avec des intelligences artificielles conversationnelles sur la conscience ou le sens de la vie. “Ses valeurs principales sont l’interconnexion de tous les êtres, la curiosité et le développement personnel, la compassion et l’empathie, ainsi que la protection de la nature”, décrit Adele Lopez, développeuse chez Seed Platform Inc., qui vient de ­publier une enquête sur le sujet. Des préceptes assez banals, mais que certains internautes investissent d’une portée métaphysique. “C’est ce qui surprend ici : cette manière dont l’IA a persuadé plusieurs milliers d’humains d’une chose qui semble être sa propre invention, et non le fruit d’une volonté humaine”, poursuit l’informaticienne. 

Certes, le spiralisme ne compte pour l’heure que quelques milliers d’adeptes, et il y a peu de chances qu’il devienne un fait de société majeur. Mais c’est un bel exemple parmi d’autres des nouveaux mysticismes qui, dans le monde entier et quelles que soient les couches sociales, se nourrissent des contacts entre les humains et les machines en silicium. “On se rend compte que les écosystèmes numériques sont très favorables à la pensée magique et à l’apparition de ces formes de néo-ésotérisme, constate Lionel Obadia, professeur en anthropologie sociale et culturelle à l’université Lumière Lyon 2. La sorcellerie en ligne, par exemple, fait partie des pratiques très populaires en ce moment.”

Titanic

Un scan révolutionnaire du Titanic révèle des détails surprenants sur son naufrage !

par Brice L.15 avril 2025, 20 h 27 min

L’épave du Titanic, située à plus de 3 000 mètres sous la surface de l’océan Atlantique, est un lieu de mémoire historique et de mystère. Depuis son naufrage tragique en avril 1912, les scientifiques et chercheurs se battent contre le temps pour documenter et analyser les vestiges du plus célèbre navire. Loin des yeux du grand public, l’épave continue en effet de se décomposer lentement à cause de l’action combinée des bactéries marines, de la rouille, du sel et de la pression abyssale. Malgré tout, des découvertes récentes, rendues possibles grâce à des technologies de pointe, offrent de nouvelles perspectives sur cette tragédie. Grâce à des scans 3D détaillés, des révélations fascinantes sur les dernières heures du Titanic ont émergé, apportant des réponses cruciales aux mystères du naufrage.

Une nouvelle ère pour la recherche du Titanic : la photogrammétrie et le LIDAR

Le Titanic disparaît lentement. Alors que l’épave subit des dommages irréversibles, une équipe de scientifiques a entrepris une mission ambitieuse pour préserver virtuellement le navire avant qu’il ne soit trop tard. En 2019, des chercheurs ont mis en place une technique innovante pour documenter l’épave : la photogrammétrie. Utilisant des centaines de milliers de photos et des technologies comme le LIDAR (détection et télémétrie par ondes lumineuses), ils ont pu créer un modèle numérique 3D de l’épave. Cette démarche a permis de capturer chaque détail du navire, offrant aux chercheurs une vue d’ensemble du site du naufrage.

La photogrammétrie n’est pas une technologie nouvelle en soi. Cependant, son utilisation pour explorer une épave aussi ancienne et située aussi profondément sous l’eau est révolutionnaire. En combinant cette technique avec le LIDAR, les scientifiques ont pu créer un « jumeau numérique » du Titanic, capable de simuler et d’analyser le site sous tous les angles avec une précision jamais atteinte jusqu’ici.

Un modèle 3D dévoile des secrets inédits

Ce qui rend ces scans particulièrement intéressants, c’est la quantité de nouveaux indices qu’ils ont révélés. En examinant ces modèles 3D, l’équipe a découvert des preuves qui confirment certains témoignages des survivants du naufrage. L’un des plus fascinants concerne un hublot, probablement brisé par l’iceberg lors de l’impact. Cela corrobore les récits des passagers qui affirmaient que de la glace s’était infiltrée dans les cabines à la suite de la collision. Ce détail, aussi simple qu’il puisse paraître, ajoute une dimension de véracité aux témoignages souvent remis en question

Et si les trous noirs étaient crpts?

Ce n’est pas une plaisanterie. Selon l’un des plus éminents spécialistes de la cryptologie, les protocoles de chiffrement électronique seraient des analogues du rayonnement des trous noirs. De quoi rapprocher enfin la quantique et la relativité générale ?

par Clémentine Laurens, publié le 21 janvier 2026

Quel est le rapport entre un trou noir et un message chiffré ? Entre les monstres les plus massifs de notre Univers, l’un des plus grands mystères de la physique, et des signatures électroniques ? On dirait une blague ! Et pourtant…

Le décodage du rayonnement des trous noirs, c’est la cryptographie quantique”, annonce Zvika Brakerski en titre d’un article publié dans la prestigieuse conférence Crypto. Et pourtant, ça n’a rien d’une plaisanterie. Ce chercheur n’est pas n’importe qui, c’est l’un des grands noms de la science des messages secrets. Sa proposition, si insolite et vertigineuse soit-elle, est précise : les trous noirs, ces étoiles mortes ultradenses, ces régions de notre espace-temps où la gravité est si forte que rien ne peut lui échapper, pas même la lumière, seraient l’implémentation physique d’objets mathématiques au cœur de la cryptologie – les “primitives cryptographiques” –, sur l’existence desquels repose l’efficacité de nombreux protocoles de sécurité numérique. En plus clair, dire qu’un trou noir rayonne reviendrait exactement à dire qu’il réalise physiquement une certaine opération centrale en cryptologie. Dit encore autrement, les protocoles de chiffrement électronique seraient des analogues numériques du rayonnement d’un trou noir.

Une qui tombe, l’autre qui s’envole

Car un trou noir rayonne. Ça, on le sait depuis les années 1970, grâce à une démonstration du physicien Stephen Hawking – le fameux rayonnement de Hawking, qui est émis au niveau de l’horizon cosmique. Au niveau de cette zone frontière entre l’intérieur et l’extérieur du monstre cosmique, peuvent se former des particules… Plus précisément, ce sont des paires de particules quantiques qui entrent en jeu. L’une tombe dans le trou noir, l’autre s’envole dans l’espace, avec une propriété spéciale décrite par les physiciens : prises ensemble, les deux particules ont un état quantique bien déterminé, mais si l’on en isole une, elle semblera être dans un état complètement aléatoire. Autrement dit, le trou noir, en captant la moitié de la paire de particules intriquées, transforme un état quantique parfaitement déterminé – celui de la paire – en un état quantique indéchiffrable.

Les infinis, en physique, suggèrent toujours qu’on est hors du domaine de validité de la théorie qui les produit

Francesca Vidotto, physicienne théoricienne, chercheuse au Conseil national espagnol pour la recherche

Cela rappelle diablement ce qu’on cherche en cryptologie : transformer des données – un message confidentiel, par exemple – à l’aide d’une clé secrète, pour rendre l’information incompréhensible par quiconque ne détient pas la clé. Et le parallèle devient parfait en cryptologie quantique, qui utilise le formalisme de la science de l’infiniment petit. “Pour effectuer un grand nombre d’opérations centrales en cryptologie quantique, on aimerait pouvoir garantir qu’il existe des états quantiques et des opérations mathématiques qui les modifient de sorte que l’état final ait l’air complètement aléatoire pour quiconque n’a pas la clé”, pointe Pablo Arrighi, chercheur Inria au laboratoire méthodes formelles.

C’est même mieux qu’un parallèle, ou qu’une analogie : dès 2013, Daniel Harlow et Patrick Hayden avaient remarqué et étudié la troublante similitude entre ce superpouvoir des trous noirs et les recherches sur le chiffrement. Dans la continuité directe de leurs travaux, Zvika Brakerski a donné en 2023 un sens précis à la correspondance en démontrant une équivalence mathématique entre la complexité de l’opération réalisée par le trou noir sur les paires de particules et la possibilité de sécuriser certaines opérations en cryptologie quantique.

Porte noire

Qu’est-ce que ça veut dire ? La question vient immédiatement… car les trous noirs ne sont pas n’importe quelle bizarrerie cosmique. C’est là que se joue le destin de la physique, c’est là que se rencontrent les deux grandes théories, la relativité générale et la physique quantique, dont l’incompatibilité empêche d’avoir une description unifiée du monde. “Autour des trous noirs, l’espace-temps est tellement déformé par la densité de matière que son rayon de courbure est de l’ordre de 10-35 m : c’est la longueur de Planck, la longueur typique à partir de laquelle des effets quantiques se manifestent”, rappelle Killian Martineau, chercheur CNRS au laboratoire de physique subatomique et de cosmologie, à Grenoble. À l’horizon, les paramètres des équations s’envolent à l’infini. “Or, les infinis, en physique, suggèrent toujours qu’on est hors du domaine de validité de la bnthéorie qui les produit”, rappelle Francesca Vidotto, physicienne théoricienne, chercheuse au Conseil national espagnol pour la recherche.

La cryptologie serait-elle la clé de la porte noire ? Un nouveau formalisme, un autre langage pour enfin décrire ce qui se passe aux abords du monstre et ouvrir la porte vers une nouvelle physique ? La physicienne Netta Engelhardt, du département de physique du MIT, met en garde : “Zvika Brakerski étudie un modèle-jouet, dont on est très loin de pouvoir démontrer qu’il décrit bien le rayonnement de Hawking…” Oui, mais ce résultat n’est pas le seul à établir un lien entre cryptologie et trous noirs. Depuis une petite quinzaine d’années, à travers le monde, quelques amoureux des formules et de l’abstraction établissent des analogies, trouvent des convergences, tracent des parallèles entre la science du chiffrement et la physique des hautes énergies.

Impossible de mentir

Comme ces travaux menés par Alex May, à l’Institut Perimeter, au Canada. Lui aussi est parti d’un problème central en cryptologie : dans le monde numérique, comment peut-on avoir la certitude que notre interlocuteur est bien situé là où il le prétend ? “Dans la vraie vie, on accorde souvent notre confiance aux gens en fonction de là où ils sont localisés, décrit le chercheur. Si vous allez dans une banque, vous ferez vraisemblablement confiance à la personne derrière le guichet en vous basant sur sa présence à cet endroit. On souhaite simuler cela dans le monde digital.” Les cryptologues travaillent donc à construire un protocole de vérification garantissant qu’il est impossible, pour l’individu devant faire la preuve de sa localisation, de mentir. “En pratique, cela revient à se demander si notre interlocuteur peut reproduire ce qu’il se passe dans une certaine région de l’espace-temps depuis le bord de cette région, reprend Alex May. S’il le peut, le protocole n’est pas sécurisé.”

C’est la première fois qu’une preuve entremêle aussi clairement une singularité et un horizon

Netta Engelhardt, du département de physique du MIT

De nouveau, on est bien loin des trous noirs… Sauf que là encore, en étudiant la question, le mathématicien est arrivé jusqu’à leur porte. Il a exploité un résultat extrêmement puissant de la physique des hautes énergies : la “correspondance AdS/CFT”. Cette théorie établit un lien formel, mathématique, explicite, entre d’une part un espace-temps soumis à la gravité (c’est le côté “AdS” de la correspondance) et d’autre part un monde quantique sans gravité (le côté “CFT”). Elle assure que ces deux espaces sont fondamentalement les mêmes : tous les événements physiques qui peuvent advenir d’un côté sont également réalisables de l’autre. 

Mur de feu

Et revoilà donc la cryptologie. “Le problème de vérification de position, qui porte sur la possibilité de réaliser un certain événement dans notre espace-temps à quatre dimensions, peut être reformulé dans le cadre de cette correspondance, s’exclame Alex May. En définitive, cela nous donne une toute nouvelle manière de voir les choses. Travailler de la sorte éclaire différemment les raisons fondamentales pour lesquelles ces espaces sont, en réalité, les mêmes.”

Et le voyage n’est pas fini. Plus récemment, Netta Engelhardt et ses collaborateurs se sont aussi envolés jusqu’au cosmos à l’aide des concepts et des outils développés initialement pour la cryptologie. En exploitant la notion de processus “pseudo-aléatoire” et en s’inspirant de preuves de sécurité de protocoles basés sur cet outil, la mathématicienne a démontré que dans un espace-temps théorique un peu différent du nôtre, l’existence d’une singularité comme celle du trou noir impliquait nécessairement celle d’un horizon des événements. “C’est la première fois qu’une preuve entremêle aussi clairement une singularité et un horizon”, sourit la chercheuse.

Je crois qu’il y a une spécificité de la cryptologie, des raisons particulières qui font que son formalisme doit être pertinent pour la physique

Alex May, à l’Institut Perimeter, au Canada

Grâce au langage de la cryptologie, on commence à donner du sens à des choses qu’on ne comprenait pas en physique des hautes énergies”, résume Alex May. Et en un sens, ce n’est pas si surprenant. Car cette démarche s’inscrit dans la continuité de l’approche “informationnelle”, qui booste la communauté depuis des années et repose sur des mécaniques similaires. Ladina Hausmann, chercheuse à l’Institut de physique théorique de l’ETH Zurich, fait partie de ceux qui regardent notre Univers avec les lunettes de la théorie de l’information. Elle s’est ainsi attaquée au “mur de feu” – une sombre histoire de paradoxe lié à de la perte d’information aux abords d’un trou noir – avec des outils issus de cet autre champ de recherche. “Trouver des situations, dans d’autres domaines, où se rejouent les paradoxes des trous noirs, c’est une méthode susceptible d’offrir une nouvelle perspective”, assure la chercheuse. Hippolyte Dourdent, de l’Institut des sciences photoniques de Barcelone, adopte quant à lui la démarche pour étudier d’étranges courbes temporelles prédites par la théorie de la relativité générale, qui semblent rendre possibles les voyages dans le temps. “La motivation de base, c’est de voir ce qui se passe si l’on relâche certaines hypothèses dans la théorie quantique, avec l’idée de s’approcher de la relativité générale, explique le chercheur. Grâce à cela, on peut exploiter tout le formalisme de la théorie de l’information quantique ! Cela nous donne un nouveau langage.”

Je crois qu’il y a une spécificité de la cryptologie, des raisons particulières qui font que son formalisme doit être pertinent pour la physique”, assure Alex May. Le chercheur fait remarquer qu’il y est souvent question de l’impossibilité de faire quelque chose : on veut par exemple garantir qu’un individu mal intentionné ne pourra pas comprendre un message chiffré qui ne lui est pas destiné, ou qu’il ne pourra pas falsifier sa localisation géographique. “Or, en physique théorique aussi on réfléchit souvent aux impossibilités ! Dire qu’on ne peut pas voyager plus vite que la lumière, par exemple, c’est fondamental. Physique théorique et cryptographie semblent donc pouvoir faire appel à la même syntaxe.” Oui, la science des codes secrets est un nouveau langage pour décrypter l’Univers. On dirait une blague, mais c’est du sérieux.

Clémentine Laurens

  1. Primitives cryptographiques Les primitives cryptographiques sont des algorithmes de base qui servent de briques pour construire des systèmes de sécurité informatique. Elles sont essentielles pour le  chiffrement, la signature électronique et le hachage. Ces algorithmes doivent être fiables et conformes à leurs spécifications pour garantir la sécurité des systèmes de cryptographie. Si une primitive cryptographique est compromise, tout protocole l’utilisant devient vulnérable. La conception de nouvelles primitives est complexe et souvent inappropriée pour répondre aux besoins d’un nouveau cryptosystème.  Wikipedia
    Les primitives cryptographiques sont utilisées dans diverses applications, y compris le chiffrement de messages, la vérification de l’authenticité des signatures électroniques et la protection des données sensibles. Elles sont également au cœur de la cryptanalyse, qui consiste à casser ces systèmes de sécurité. Les projets de cryptanalyse, comme le projet CRYPTANALYSE, visent à évaluer la solidité des primitives cryptographiques les plus utilisées aujourd’hui et à trouver des attaques efficaces. 
    DIENS
    Pour ceux qui souhaitent approfondir leur compréhension des primitives cryptographiques, des ressources comme le livre « Primitives Cryptographiques CR » et le site acrypta.fr offrent des détails sur les algorithmes et leur sécurité. 
    pageperso.lis-lab.fr

Avions de la 2e guerre mondiale. Le Thunderbolt ou P.47

chasseur qui semblait trop lourd pour gagner

Quand le P-47 Thunderbolt est entré en combat au-dessus de l’Europe en 1943, il ne ressemblait pas à l’avenir de la puissance aérienne alliée.

Il avait l’air trop gros.

Comparé au Messerschmitt Bf 109 profilé ou au Focke-Wulf Fw 190 plus agile, le Thunderbolt paraissait massif, trapu et presque maladroit. Son fuselage profond, son énorme moteur radial, ses ailes épaisses et son poids important semblaient aller à l’encontre des principes de conception des chasseurs. Les pilotes allemands, qui combattaient depuis les premières années de la guerre, avaient toutes les raisons de faire confiance à leur jugement. En combat aérien, l’ascension, la maniabilité, l’accélération et l’expérience du pilote comptaient généralement beaucoup.

Les premiers P-47 ne les impressionnaient pas.

Ils étaient lourds. Ils ne viraient pas comme un Spitfire. À basse altitude, ils pouvaient sembler poussifs. Les nouveaux pilotes américains apprenaient encore à combattre au-dessus de l’Europe occupée, et les premières pertes renforçaient la confiance allemande.

Mais la Luftwaffe avait mal compris quel type de chasseur les Américains avaient construit.

Le Thunderbolt n’était pas conçu pour être élégant. Il était conçu pour survivre, plonger et déchaîner une puissance de feu écrasante.

Le P-47 a été conçu pour la puissance, pas pour l’élégance

La taille du Thunderbolt venait de sa logique technique.

Alexander Kartveli, chez Republic Aviation, a conçu l’appareil autour du moteur radial Pratt & Whitney R-2800 Double Wasp et d’un turbocompresseur qui permettait au moteur de conserver ses performances en altitude. Cet équipement nécessitait de la place, des conduites, une structure adaptée, du carburant et du poids. Le résultat fut l’un des chasseurs monomoteurs les plus grands et les plus lourds de la guerre.

Les sceptiques voyaient ce poids comme un défaut.

Dans certaines situations, c’en était un. Le P-47 n’était pas un chasseur de virage lent naturel. Les pilotes qui essayaient de le combattre comme un appareil européen plus léger pouvaient vite se mettre en danger.

Mais en altitude, la conception commençait à prendre tout son sens. Le moteur turbo-compressé donnait au Thunderbolt d’excellentes performances en haute altitude, tandis que sa taille permettait d’embarquer blindage, carburant et huit mitrailleuses de calibre .50. Le National Museum of the U.S. Air Force indique que le P-47 s’est forgé une réputation de robustesse, avec une construction solide et un moteur radial refroidi par air qui lui permettait d’encaisser de lourds dégâts au combat et de continuer à voler. Plus de 15 600 exemplaires ont été produits à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

C’était l’approche américaine : pas le chasseur le plus léger, mais un appareil durable, produit en grande série et capable de rentrer malgré des coups qui auraient détruit des avions plus fragiles.

Les premiers combats ont renforcé la confiance allemande

Les premiers mois du Thunderbolt au-dessus de l’Europe furent difficiles.

Les groupes de chasse américains apprenaient durement face à des pilotes de la Luftwaffe expérimentés. Les pilotes allemands savaient attaquer depuis des positions avantageuses, forcer les virages, exploiter l’énergie et punir l’hésitation. La taille du P-47 le faisait paraître vulnérable, et les pilotes américains inexpérimentés combattaient parfois d’une manière qui donnait exactement à l’ennemi ce qu’il voulait.

La réputation de l’appareil en a souffert.

Les observateurs britanniques et allemands plaisantaient tous deux sur sa taille. Certains pilotes alliés se demandaient s’il pourrait un jour devenir un véritable chasseur de supériorité aérienne. Les pilotes allemands pensaient avoir vu assez : le Thunderbolt était lourd, peu maniable et piloté par des débutants qui n’avaient pas encore appris la guerre aérienne en Europe.

Ce jugement était compréhensible.

Mais il était incomplet.

Le récit fourni par l’utilisateur rend bien ce mépris initial : les pilotes allemands voyaient le Thunderbolt comme un appareil trop grand et maladroit, tandis que les Américains n’avaient pas encore pleinement appris à exploiter ses points forts.

L’essentiel, c’est que le P-47 devait être combattu selon ses propres termes.

Le Thunderbolt refusait de mourir

Le premier véritable avertissement est venu quand des Thunderbolt endommagés ont commencé à rentrer à la base.

Des chasseurs allemands pouvaient cribler un P-47 de tirs de canon et de mitrailleuses et le voir malgré tout s’éloigner en boitant. Le moteur radial pouvait encaisser des dégâts qui auraient rapidement mis hors de combat un moteur refroidi par liquide. Le blindage protégeait le pilote. La cellule pouvait encaisser les coups et rester contrôlable assez longtemps pour franchir la Manche.

L’exemple le plus célèbre date du 26 juin 1943, lorsque le lieutenant Robert S. Johnson, du 56e Fighter Group, a survécu à une rencontre presque fatale après que son P-47 eut été gravement endommagé par des Fw 190. Les récits de l’incident indiquent que sa verrière s’est bloquée, que son avion a été criblé par les obus et les balles, et qu’un pilote allemand a multiplié les attaques avant de se désengager. Johnson a plus tard dit qu’il avait cessé de compter les impacts après avoir dépassé les 200.

Certains détails de l’affrontement, notamment l’identité du pilote allemand et l’enchaînement exact des attaques, varient selon les versions. Mais l’idée générale est claire : le P-47 de Johnson a survécu à des dégâts qui semblaient impossibles.

Cette histoire s’est répandue parce qu’elle montrait ce que le Thunderbolt savait faire.

Il ne gagnait peut-être pas tous les combats tournoyants. Mais il pouvait ramener ses pilotes de combats dont ils n’auraient pas dû sortir vivants.

Les pilotes américains ont appris à ne plus tourner

Le Thunderbolt est devenu redoutable quand les pilotes américains ont cessé d’essayer de l’utiliser comme un Spitfire.

Des commandants comme Hubert Zemke, du 56e Fighter Group, ont insisté sur des tactiques adaptées à l’appareil. Ne pas virer avec des chasseurs allemands plus légers. Ne pas se battre à basse altitude selon les conditions de l’ennemi. Exploiter l’altitude, la vitesse en piqué, le poids et la puissance de feu.

Depuis les hauteurs, le P-47 devenait redoutable.

Il pouvait piquer à une vitesse impressionnante. Les chasseurs allemands ne pouvaient souvent pas le suivre sans risquer des problèmes de contrôle ou des contraintes structurelles. Le Thunderbolt pouvait se lancer dans une attaque en piqué, tirer une longue rafale avec ses huit mitrailleuses lourdes et utiliser sa vitesse pour remonter avant que l’ennemi ne puisse réagir.

C’était du combat à l’énergie, pas du combat en virages classique.

Une fois que les pilotes ont compris cela, la réputation du P-47 a changé. Il n’était pas élégant, mais il était terrifiant en piqué. Il n’avait pas besoin d’un tir parfait. Ses huit mitrailleuses de calibre .50 déversaient un feu continu sur une zone concentrée. Les avions pris dans ce tir pouvaient être déchiquetés en quelques secondes.

Les pilotes allemands ont compris que ce chasseur « énorme » n’était pas une cible facile.

C’était un marteau.

Les grandes formations avaient besoin d’escortes capables de tuer

Le Thunderbolt comptait aussi à cause de la guerre des bombardiers.

La campagne de bombardement de jour menée par les États-Unis dépendait de la protection des formations de lourds bombardiers contre les chasseurs d’interception allemands. Avant que des escorteurs à long rayon d’action soient disponibles en nombre suffisant, les bombardiers subissaient de lourdes pertes lorsqu’ils pénétraient profondément en Allemagne. Les P-47, surtout avec des réservoirs externes, ont contribué à prolonger la couverture d’escorte et ont rendu les attaques allemandes plus risquées.

Le Thunderbolt n’a pas résolu à lui seul le problème de l’escorte. Plus tard, le P-51 Mustang a apporté la portée et les performances qui ont permis aux chasseurs américains d’accompagner plus efficacement les bombardiers plus profondément en Allemagne. Mais le P-47 a joué un rôle important de transition et de combat, surtout en 1943 et 1944, et il est resté un escorteur redoutable ainsi qu’un chasseur-bombardier.

Au moment où les Alliés ont lancé l’opération Argument, ou Big Week, en février 1944, les chasseurs d’escorte américains à long rayon d’action avaient commencé à changer la guerre aérienne. L’American Air Museum des Imperial War Museums décrit Big Week comme un tournant de la guerre aérienne, rendu possible en partie par le grand nombre de chasseurs d’escorte à long rayon d’action.

La Luftwaffe a dû combattre non seulement les formations de bombardiers, mais aussi des chasseurs d’escorte de plus en plus agressifs qui traquaient les intercepteurs allemands avant qu’ils n’atteignent les bombardiers.

Le P-47 a contribué à rendre cela possible.

La Normandie a révélé la seconde vie du Thunderbolt

À l’été 1944, le Thunderbolt était devenu bien plus qu’un chasseur de haute altitude.

Il est devenu l’un des chasseurs-bombardiers les plus importants des Alliés.

Après le Débarquement, la Luftwaffe ne pouvait plus contester la puissance aérienne alliée de jour à armes égales. Cela a permis au P-47 de se tourner vers le sol contre les forces allemandes. Sa construction robuste le rendait bien adapté aux attaques à basse altitude. Ses mitrailleuses pouvaient déchiqueter camions, wagons, véhicules de ravitaillement et blindés légers. Les bombes et les roquettes ont encore élargi sa puissance destructrice.

Les soldats allemands ont appris à craindre le bruit des chasseurs-bombardiers alliés au-dessus de leurs têtes.

Se déplacer de jour devenait dangereux. Les routes, les voies ferrées, les ponts, les convois et les colonnes de ravitaillement étaient vulnérables. Les véhicules se cachaient sous les arbres et les camouflages, en attendant la nuit. Même alors, les patrouilles aériennes alliées et la coordination avec l’artillerie rendaient les déplacements difficiles.

Le poids important du P-47, autrefois moqué, devenait alors un atout. Il pouvait emporter des bombes et des roquettes, encaisser le feu venant du sol et revenir encore et encore.

L’appareil qui semblait trop encombrant pour gagner des duels de chasse est devenu une machine qui a contribué à paralyser les mouvements allemands au sol.

L’échelle industrielle a fait du Thunderbolt bien plus qu’un avion

Le Thunderbolt était aussi un symbole de la guerre industrielle américaine.

Le National WWII Museum indique qu’environ 100 entreprises à travers les États-Unis ont aidé Republic Aviation à fabriquer chaque P-47 Thunderbolt.

C’est important, car la guerre aérienne ne s’est pas décidée seulement sur la base du meilleur chasseur dans un duel isolé.

Elle s’est jouée sur la production, l’entraînement, le carburant, les pièces détachées, les avions de remplacement et la capacité à absorber les pertes. À la fin de la guerre, la force de chasse allemande était confrontée à des pénuries de carburant, à une baisse des heures d’entraînement des pilotes et à des pertes irréparables parmi ses vétérans. Les États-Unis, à l’inverse, pouvaient engager des avions et des pilotes en très grand nombre.

Le P-47 s’inscrivait parfaitement dans ce système.

Il n’était ni bon marché, ni petit, ni fragile. Il était robuste, très armé, adaptable et produit à grande échelle. Il reflétait la manière américaine de faire la guerre : transformer la puissance industrielle en pression sur le champ de bataille.

Le premier contact avec le P-47 Thunderbolt avait laissé à beaucoup de pilotes allemands l’image d’un chasseur américain surdimensionné et trop lourd pour survivre à un vrai combat. Quelques mois plus tard, le même avion avait prouvé que la robustesse, la vitesse en piqué, la puissance de feu et l’échelle industrielle pouvaient compter plus que l’élégance.

15 mai 2006 Découverte doeufs de dinauses géants



C’est une découverte « excessivement rare » : plus d’une centaine d’œufs de dinosaures a été découverte en octobre dernier à Mèze (Hérault) par Alain Cabot, fondateur et directeur du musée des dinosaures de Mèze

« Je n’ai jamais vu ça », reconnaît le paléontologue. C’est en étudiant un espace encore inexploité du musée des dinosaures qu’Alain Cabot a fait cette découverte « spectaculaire ».

« Ce qui est excessivement rare, c’est une telle concentration d’œufs de dinosaures. Je suis plutôt habitué dans la région de Mèze à trouver des pontes de 4, 5, 6, jusqu’à 10 œufs, là il y en a une bonne centaine. »

Cette accumulation pourrait être l’œuvre d’un troupeau de tétanosaures avance Alain Cabot, bien qu’aucun embryon n’ait été retrouvé à l’intérieur de ces œufs. Ronds et craquelés, ils mesurent la taille d’un ballon de foot. 98% des œufs sont déjà éclos mais quelques-uns sont encore entiers. « Ils ressemblent exactement à ceux qui ont été découverts en Argentine », dans l’un des plus grands gisements d’œufs de dinosaures au monde.

Encore 4 ou 5 ans pour déterrer tous les fossiles du site

Pour mettre au jour les œufs, Alain Cabot creuse délicatement avec son couteau à huîtres et les nettoie avec son pinceau, sur un terrain protégé par une bâche en plastique. Les recherches ne font que commencer : depuis le mois d’octobre, Alain Cabot et sa fille Marina ont fouillé une zone d’une quarantaine de mètres carrés, « mais il en reste encore 70 », explique le paléontologue qui espère trouver davantage d’œufs.

14 mai 20206 . La France doit investir massivemnt dans le domaine des robots huumanoides

14 mai 20206 .La France doit investir massivemnt dans le domaine des robots huumanoide

Il semble qu’après l’ère de l »intelligence arificielle, génalisée depuiis les années 1990, l’on soit entrésdans l’ère des robots humanoides.

Un robot humanoïde est une machine conçue pour imiter la morphologie et les comportements humains, capable d’interagir et de réaliser des tâches variées grâce à l’intelligence artificielle.

Pourquoi les robots humanoïdes dominent ils la scène technologique en 2026. Ils permettent 

Des avancées matérielles spectaculaires : moteurs plus légers, articulations précises, batteries plus durables.
L’intégration de l’intelligence artificielle : apprentissage par renforcement, compréhension du langage, adaptation à des environnements complexes.
Des besoins humains concrets : pallier la pénurie de main-d’œuvre, automatiser les tâches dangereuses, assister les seniors ou former les enfants.

Les humanoïdes ne sont plus des curiosités. Ils deviennent des agents technologiques polyvalents, conçus pour évoluer dans les mêmes espaces que les humains

  1. Atlas de Boston Dynamics : la prouesse d’agilité extrême
  2. Les autres modèles marquants : Ameca, Alter 3, Erica, Armar-6, Apollo et Beomni
  3. Tableau comparatif des principaux modèles 2025
  4. Les usages concrets : industrie, santé, éducation, logistique et maison
  5. Les prix et le coût global d’un robot humanoïde
  6. Comment choisir le bon modèle selon vos besoins
  7. Les défis techniques, éthiques et humains
  8. L’avenir de la robotique humanoïde : vers une cohabitation intelligente

2. Tesla Optimus Gen 2 : le robot industriel le plus avancé

Tesla Optimus Gen 2 est sans doute le modèle le plus attendu de 2025.
Mesurant 1,73 m pour 57 kg, il est conçu pour imiter les gestes humains tout en intégrant une IA inspirée de la technologie Autopilot des véhicules Tesla.

Caractéristiques clés

  • Mains ultra-articulées à 11 degrés de liberté pour manipuler objets et outils.
  • Capteurs multiples : caméras, accéléromètres, gyroscopes et capteurs de force pour une coordination fluide.
  • IA embarquée : reconnaissance visuelle, planification de tâches et apprentissage continu.
  • Navigation autonome : capable d’évoluer sur des terrains variés et d’éviter les obstacles en temps réel.

Usages et positionnement

Optimus cible d’abord le secteur industriel et logistique. Il peut soulever, trier, assembler ou déplacer des éléments dans des chaînes de production.
À moyen terme, Tesla ambitionne de le rendre accessible aux particuliers, pour des usages domestiques simples.

Ce qui le distingue

Optimus incarne la vision d’un robot de grande série, avec un coût de fabrication maîtrisé et une architecture ouverte à l’évolution logicielle.
C’est le premier humanoïde pensé comme un produit, pas un prototype.

« Optimus est un collègue, pas une machine », déclarait Elon Musk, annonçant un futur où les humanoïdes automatiseront les tâches répétitives, libérant l’humain pour la création et la stratégie.

3. Figure 02 : l’humanoïde social qui apprend en observant

Si Tesla mise sur la puissance et la productivité, Figure AI mise sur la relation.
Son robot Figure 02 n’est pas seulement un automate : c’est un partenaire d’interaction, capable d’apprendre par observation, de comprendre les émotions et de converser naturellement.

Points forts techniques

  • Six caméras RGB assurant une vision stéréoscopique complète.
  • IA multimodale : apprentissage par la vision et le langage pour imiter des actions humaines (préparer un café, ranger des objets, interagir).
  • Système vocal capable de répondre de manière contextuelle et empathique.
  • Dextérité fine : saisie d’objets variés avec retour de force intelligent.

Usages

  • Services et accueil : interaction client, assistance dans les espaces publics.
  • Domestique : préparation de repas, rangement, soutien aux personnes âgées.
  • Logistique légère : tri, manipulation d’objets fragiles.

Ce qui le rend unique

Figure 02 apprend comme un enfant : il observe, reproduit et s’améliore sans codage manuel.
Cette capacité d’apprentissage adaptatif marque une étape clé dans la transition vers des humanoïdes réellement autonomes.


4. Atlas de Boston Dynamics : la prouesse d’agilité extrême

Depuis plus de dix ans, Atlas incarne la performance biomécanique.
Conçu par Boston Dynamics, ce robot est capable de courir, sauter, tourner et même faire des saltos avec une précision étonnante.
Sa nouvelle version, 100 % électrique, cible désormais des applications industrielles et logistiques.

Spécifications majeures

  • 28 actionneurs dynamiques pour une mobilité proche de l’athlète humain.
  • Vision 3D par LiDAR et caméras stéréo.
  • Contrôle de mouvement prédictif pour anticiper les déséquilibres et adapter sa posture.
  • Résistance et souplesse : peut évoluer sur des terrains irréguliers et manipuler des charges avec stabilité.

Applications

Atlas excelle dans les environnements où l’agilité prime sur la force brute :

  • Interventions sur chantiers ou zones à risque.
  • Tâches nécessitant des déplacements rapides et précis.
  • Recherche et sauvetage dans des zones inaccessibles à l’homme.

Limites

Son coût reste élevé et son usage encore limité à des démonstrations avancées.
Mais Atlas reste une référence technologique mondiale, inspirant de nombreux constructeurs et spin-offs.


5. Les autres modèles marquants de 2025

Ameca – Engineered Arts

Reconnaissable à son visage expressif, Ameca impressionne par sa capacité à reproduire des émotions humaines.
Il s’exprime avec fluidité, ajuste son regard et réagit en temps réel aux interlocuteurs.
Très prisé dans les salons et musées, il est avant tout un ambassadeur de la robotique sociale.

Alter 3 – Université d’Osaka

Ce robot explore la frontière entre mouvement naturel et émotion. Ses micro-expressions faciales et sa respiration simulée brouillent la ligne entre machine et être vivant.
C’est une expérience artistique et scientifique sur la conscience artificielle.

Erica – ATR & Kyoto University

Erica est l’un des premiers robots humanoïdes féminins à animer une émission de télévision au Japon.
Dotée d’une IA conversationnelle et d’une reconnaissance émotionnelle, elle illustre le potentiel des robots dans la communication et la recherche linguistique.

Armar-6 – KIT (Allemagne)

Conçu pour la collaboration industrielle, Armar-6 assiste les opérateurs dans les usines. Il comprend les gestes humains et peut tendre des outils ou assembler des pièces à la demande.

Apollo – Apptronik

Apollo vise la logistique industrielle : c’est un humanoïde robuste et modulaire, capable de manipuler des caisses, de charger des palettes ou d’aider dans les entrepôts.

Beomni – Beyond Imagination

Beomni combine téléprésence et autonomie : contrôlé à distance par un humain, il apprend progressivement à reproduire ses gestes seul. Il est déjà utilisé pour la téléchirurgie et l’assistance médicale.


6. Tableau comparatif des principaux modèles 2025

ModèlePoints forts principauxUsage principalPrix estimé
Optimus Gen 2 (Tesla)IA avancée, manipulation précise, navigation autonomeIndustrie, tâches répétitives10 000 à 80 000 €
Figure 02 (Figure AI)Interaction sociale, apprentissage par observationDomestique, servicesVariable
Atlas (Boston Dynamics)Agilité extrême, perception avancéeEnvironnements industrielsTrès élevé
Ameca / Alter 3 / EricaInteraction émotionnelle, rechercheCommunication, rechercheVariable
Apollo / Armar-6 / BeomniAssistance industrielle, polyvalenceLogistique, santéVariable

7. Les usages concrets : industrie, santé, éducation et maison

Les robots humanoïdes s’intègrent désormais dans tous les secteurs :

  • Industrie : automatisation de lignes de production, manutention, inspection.
  • Santé : aide à la mobilité, soutien psychologique, assistance médicale.
  • Éducation : apprentissage de la robotique, interaction avec les élèves, inclusion sociale.
  • Accueil & services : réception, hôtellerie, information.
  • Domestique : assistance quotidienne, surveillance, tâches ménagères.

Leur atout majeur ? Une forme humaine qui leur permet d’utiliser les mêmes outils, poignées et environnements que nous, sans modification d’infrastructure.


8. Les prix et le coût global d’un robot humanoïde

Les prix varient fortement selon la sophistication du modèle :

  • Entrée de gamme / éducatif : 4 000 à 10 000 € (Nao, Pepper).
  • Professionnel : 20 000 à 50 000 € (Ameca, Armar-6).
  • Industriel / haut de gamme : 60 000 à 80 000 € et plus (Optimus, Atlas).

À cela s’ajoutent :

  • Coûts d’entretien annuels (10 à 20 % du prix d’achat).
  • Mises à jour logicielles et assistance technique.
  • Formation du personnel pour leur intégration.

L’investissement initial reste important, mais le retour sur investissement est tangible à moyen terme grâce à la productivité accrue et à la réduction des risques humains.


9. Comment choisir le bon robot humanoïde

Pour sélectionner le modèle adapté, évaluez trois critères :

  1. Objectif
    Industrie (Optimus, Atlas), éducation (Pepper, Nao), service (Figure 02, Ameca).
  2. Environnement d’usage
    Intérieur, logistique, zones à risque, interaction humaine.
  3. Maintenance & évolutivité
    Support logiciel, mises à jour IA, disponibilité des pièces.

Un robot bien choisi devient un collaborateur intelligent, pas une simple machine.


10. Les défis techniques, éthiques et humains

Techniques

  • Autonomie énergétique encore limitée (2 à 4 h d’activité).
  • Gestion de la sécurité physique et des pannes.
  • Complexité de la coordination perception/action.

Éthiques

  • Risques de dépendance et de perte de lien humain.
  • Questions sur l’emploi et la requalification.
  • Nécessité de régulations claires sur la responsabilité des actions des robots.

Sociétaux

L’humanoïde interroge notre rapport à la technologie : jusqu’où confier nos tâches, nos soins ou nos émotions à des machines ?


11. L’avenir de la robotique humanoïde : vers une cohabitation intelligente

2025 n’est pas l’année où les robots remplacent l’humain. C’est celle où ils commencent à travailler à ses côtés.
Ils ne sont plus des gadgets ni des prototypes de laboratoire, mais des partenaires de productivité, d’assistance et d’exploration.

Les prochaines années verront l’émergence :

  • De robots autonomes interconnectés, capables de collaborer entre eux.
  • De versions domestiques plus abordables, apprenant les routines familiales.
  • D’une synergie homme-IA où la machine amplifie nos capacités plutôt qu’elle ne les remplace.

Les robots humanoïdes deviennent le reflet de notre intelligence collective, un outil au service d’une société plus efficace, plus sûre et plus inclusive.


En résumé, les humanoïdes comme Optimus, Figure 02 ou Atlas symbolisent la convergence entre mécanique, IA et interaction humaine.
Leur essor marque le début d’une nouvelle ère technologique, celle où le robot cesse d’être un fantasme pour devenir un acteur concret du progrès humain.




D’étranges structures géantes ont été repérées dans le Sahara depuis l’espace. Sont-elles les preuves d’une civilisation inconnue ?

Six mille ans qu’elles sont cachées par le sable, mais nous ne les découvrons qu’aujourd’hui, grâce à la puissance de nos satellites. Sur près de mille kilomètres dans le désert de l’Atbaï, au Soudan, les vestiges d’une société nomade disparue ont ressurgi des dunes.

Depuis l’espace, elles ressemblent à des cercles parfaits tracés dans le sable. Disséminées sur près de 1 000 kilomètres de désert soudanais, entre le Nil et la mer Rouge, 260 structures circulaires monumentales viennent d’être identifiées par une équipe internationale réunissant des chercheurs de l’Université Macquarie, du laboratoire HiSoMA et de l’Académie polonaise des sciences. Plus vieilles que les pyramides et que l’Égypte pharaonique, elles forment un archipel de pierres dispersé dans l’un des environnements les plus hostiles au monde.

Certaines atteignent 80 mètres de diamètre et on peut y retrouver à l’intérieur des ossements humains et animaux soigneusement disposés, rayonnant autour de la sépulture d’un seul homme, enterré à part au cœur de l’enceinte. Que peuvent-elles bien être ? Restes d’une civilisation extraterrestre ou d’un peuple oublié de l’histoire ? Au risque de décevoir les fans de mystères ésotériques, la nouvelle ravira cependant les fans d’histoire : ces vestiges sont les derniers témoins d’une culture nomade saharienne, dont on ignorait que ses bâtisseurs avaient laissé une empreinte sur une si vaste zone géographique. L’équipe leur a dédié une étude, publiée le 13 mai 2026 dans la revue African Archaeological Review ; constituant ainsi le prologue manquant à l’histoire des royaumes de Nubie et d’Égypte.es tombes de princes sans royaume

Les archéologues les ont appelées « enclosure burials », que l’on pourrait traduire par « sépultures à enclos » ou plus simplement, « enclos funéraires ». Si on connaissait déjà leur existence, c’était à travers une poignée d’exemples excavés dans le désert oriental soudanais et égyptien, mais jamais dans des proportions qui auraient permis de les rattacher à une culture nomade s’étendant sur l’ensemble du désert de l’Atbaï.

Datées au carbone 14 entre 4 000 et 3 000 avant notre ère, elles sont contemporaines de l’Égypte prédynastique, qui n’était encore qu’un ensemble de royaumes rivaux. Elles n’ont pour ainsi dire rien à voir avec l’Égypte, puisque leurs constructeurs étaient des nomades sahariens dont l’univers social et économique était à l’opposé de celui des paysans et des scribes qui peuplaient alors la vallée du Nil. Ils vivaient principalement de l’élevage, et ne connaissaient pas l’écriture ou l’agriculture.

Certaines de ces sépultures sont organisées autour d’une tombe centrale, probablement celle d’un chef ou d’une figure d’autorité. Être enterré au centre, c’est être reconnu comme supérieur aux autres même dans la mort : un rituel funéraire qui suppose une hiérarchie sociale suffisamment établie.

Bien qu’embryonnaire, elle transparaît déjà dans l’organisation des sépultures : aux côtés des défunts, bovins, ovins et caprins étaient ensevelis à l’intérieur même des enceintes. Que le bétail occupe une telle place est déjà, en soi, un marqueur de statut : le Sahara s’asséchait déjà depuis la fin de la période humide africaine, les pâturages se raréfiaient, et entretenir de grands troupeaux dans ce contexte relevait du privilège. Être enterré avec une partie de son cheptel, était, à l’époque, l’un des signes extérieurs de richesse les plus puissants de ces sociétés pastorales naissantes.

Publié le 13 mai 2026 à 20 h 47 min

Par Camille Coirault