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Galileo démarre enfin

Le système de géolocalisation spatial européen Galileo, dont la réalisation avait pris un retard de plusieurs années à la suite de dissensions entre les Etats partenaires, vient de franchir - enfin- un pas décisif.

Le premier noyau du système est désormais en place, après que les 4 premiers satellites, indispensables pour obtenir un relevé de position satisfaisant, aient été lancés en 2011 et 2012. En 2013 ont été installés des receveurs à terre permettant d'engager la phase dite de Validation en Orbite (IOV). Le 12 mars 2013, une première opération de positionnement a été conduite avec succès, au « bénéfice » du laboratoire de Navigation de l'ESA à Noordwijk, Hollande. Autrement dit, la localisation obtenue par satellites s'est révélée conforme à la position géographique connue de ce laboratoire.

Depuis des centaines d'essais ont été conduits à travers l'Europe, à partir de véhicules, d'immeubles et même de piétons porteurs de l'emetteur-receveur Galileo. Les résultats en furent satisfaisant. Les points relevés sont exacts dans une fourchette de 8m à l'horizontal et de 9m à la verticale. Dans le cadre de tests conduits au profit du programme de sauvetage, Search and Rescue, opérant pour l'actuel système international Cospas-Sarsat, les appels de détresse simulés, beaucoup plus difficiles à localiser, l'ont été à 77% dans une zone de 2km et à 95% dans une zone de 5km. Les performances s'amélioreront évidemment lorsque le reste des satellites sera mis en orbite.

En 2014, 6 nouveaux satellites s'ajouteront aux 4 actuels, accompagnés des stations au sol correspondantes. Ils seront lancés par 3 vols Soyouz. Si tout se passe bien, le système devrait être déclaré opérationnel fin 2014.

Selon Didier Faivre le directeur du Programme Galileo à l'ESA, Galileo se révèle ainsi équivalent en performances aux meilleurs systèmes GPS en service actuellement. Rappelons que Galileo est le seul programme civil existant, c'est-à-dire n'ayant pas bénéficié des importants crédits militaires obtenus par ses concurrents. Il est financé par la Commission européenne et mis en oeuvre par l'ESA. La question de son utilisation militaire partielle, dans le cadre de l'Europe de la Défense, est actuellement en discussion.Malheureusement, le vaste marché consistant en dizaines (centaines) de milliers d'émetteurs-récepteurs GPS, civils et militaires, utilisés désormais dans la plupart des automobiles, est déjà occupé par des firmes électroniques à très grande majorité non-européenne. Mais il n'est pas de retard qui ne se rattrape, avec la volonté politique de le faire.

Note de Maurice Ronai:

Ce projet stratégique a failli ne jamais voir le jour. L'investissement estimé du programme était supérieur à 3,4 milliards d'euros.
Le financement du programme était prévu initialement  à 1/3 de financements publics  (Union européenne et l'Agence spatiale européenne) et  2/3 de fonds privés (les consortiums Eurely et iNavSat)...
 
Le projet s'est heurté aux rivalités entre États, à la difficulté à choisir un consortium, puis a la volonté d'associer les deux consortiums concurrents.
Plus fondamentalement,  les revenus potentiels  se sont avérés moins importants qu'attendus...
 
Finalement,  en 2007, la Commission européenne et les gouvernements se sont résignés à  un financement public complet.
La quête de rentabilité entrait  en contradiction avec la nature "d'infrastructure fondamentale" des services de localisation.
 
Les Etats Unis avaient réglé ce problème en faisant financer cette « infrastructure fondamentale » par le budget militaire.
 
 
18/02/2014


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