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Super-collisionneur de particules. Le projet de la Chine

Si la Chine n'est pas détruite d'ici là par une agression atomique provenant des Etats-Unis, et si le programme annoncé tient ses promesses tant en délais qu'en coûts, la Chine devrait être dotée en 2020 d'un super-collisionneur de particules, dépassant largement les capacités de l'actuel Large Hadron Collider (LHC) du CERN européen.

 Ce collisionneur, déjà baptisé Circular Electron Positron Collider (CEPC) devrait avoir 2 fois la taille du LHC. Sa circonférence sera de 80 km. Il assurera dans un premier temps des collisions entre électrons et anti-électrons, puis entre protons, à des vitesses approchant celles de la lumière. Ceci devrait permettre de recréer des conditions de très haute énergie proches de celles ayant immédiatement suivie le Big Bang. Les physiciens espèrent à cette occasion découvrir de nouvelles particules au delà de l'actuel Modèle Standard.

Dans un même tunnel, le collisionneur sera divisé en deux ensembles. Le Circular Electron Positron Collider (CEPC) sera destiné à étudier le boson de Higgs et ses modes de dégénérescence et le Super Proton Proton Collider (SPPC) étudiera les collisions protons-protons.

Un complexe de laboratoires de recherches universitaires et industriels très ambitieux sera créé à cette occasion dans la proximité du futur CEPC. Il devrait pouvoir accueillir des milliers de chercheurs provenant du monde entier. Au delà de la physique des particules, les recherches pourront intéresser une large gamme de disciplines scientifiques. Le site de l'Institut pour la Physique des Hautes énergies montre déjà l'impressionnante gamme de recherches et d'expériences en cours. Le futur CEPC élargira encore les horizons étudiées.

La Chine, première puissance scientifique mondiale?

En termes géopolitiques, il faut nécessairement noter les ambitions de la Chine dans le domaine de la physique comme dans de nombreuses autres sciences. La Chine vise évidemment à dépasser les compétences et moyens déjà considérables accumulés par l'Amérique depuis les années 1950.

Rappelons qu'en matière de collisionneur, les Etats-Unis avaient renoncé à développer un équipement analogue à celui du CERN, devant le coût croissant de leurs dépenses militaires (par exemple au moins 400 milliards de dollars pour le projet d'avion de combat F 35 qui se révèle inutilisable). Il semble qu'ils envisagent de construire un grand accélérateur linéaire (Le LHC est un accélérateur circulaire) à Stanford, mais nous n'avons pas ici de données récentes à ce sujet. Le lieu de construction ainsi que les technologies employées n'ont pas encore été déterminés.

Avec son projet de CEPC, la Chine met aussi en évidence le retard qu'est en train de prendre l'Europe dans ce domaine comme dans de nombreux autres. Aujourd'hui, les Etats européens, montrant un mépris ou une ignorance généralisée concernant l'importance stratégique des sciences, seraient incapables de décider la construction d'un nouveau LHC ou d'un super-accélérateur linéaire, lequel serait pourtant bien utile dans les prochaines décennies.
Si le besoin était confirmé, pourquoi ne pas réaliser un accélérateur linéaire conjointement entre Europe (CERN), Chine et Russie?

On peut penser que les nombreux scientifiques chinois ou d'origine chinoise travaillant dans des laboratoires américains rejoindront très vite leurs collègues chinois dans les nouveaux complexes de recherche annoncés.

Pour en savoir plus

* Institut pour la physique des hautes énergies. Académie des sciences de Chine
http://english.ihep.cas.cn/
 * China plans world's largest supercollider
http://english.ihep.cas.cn/prs/ns/201511/t20151102_155005.html

06/11/2015


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