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Rachat de Monsanto par Bayer. Ils ne se cachent même plus

L'on vient d'apprendre cette semaine que Monsanto a accepté son rachat par Bayer pour la somme de $66 milliards. Différentes instances en charge de la défense de la concurrence, aux Etats-Unis et en Europe, doivent encore approuver définitivement l'opération. Mais elle ne sera pas remise en cause.
La nouvelle société contrôlera 25% de la production mondiale de semences et de pesticides. Bayer est la seconde firme mondiale après la suisse Syngenta  pour les industries pharmaceutiques. Elle réalise 17% du marché des produits agrochimiques. Quand à Monsanto, bien connue pour sa production de semences OGM, elle est la première mondiale. Elle détient 25% du marché des semences. Syngenta, quant à elle, a décidé de s'unir avec le chinois ChemChina. Le marché mondial précédemment détenu par six géants, Syngenta, Bayer, BASF, Dow, Monsanto et DuPont le sera désormais par trois seulement.

Comme prévu, différentes organisations représentant les producteurs agricoles se sont élevées contre l'opération. Ce fut le cas de l'US National Farmers Union qui en a appelé au Congrès. On a cependant moins entendu en Europe la FNSEA et son homologue allemand. Néanmoins, elles se disent « préoccupées ».

Ces organisations professionnelles veulent maintenir une certaine concurrence se traduisant sur les prix. Elles affirment par ailleurs rechercher une relative diversification dans les solutions. Ce ne sera évidemment pas le cas du nouveau conglomérat qui inondera le marché de mono-produits, tant en semences qu'en pesticides, en recherchant non leur moindre dangerosité mais les plus grands profits rapportés. Les monopoles une fois acquis, rien ne les empêchera d'augmenter leurs prix.

Du côté des organisations dites écologistes se disant protectrices de la diversité des espèces et de la santé des consommateurs, il faut tendre une oreille attentive pour entendre leurs éventuelles protestations. Quant aux gouvernements ou aux régulateurs européens, ils semblent muets.

Manifestement, ce silence complice était attendu par les responsables de Bayer et Monsanto.. Sans cela, ils auraient pris quelques précautions dans l'annonce de la fusion, présentée au contraire par eux comme un grand succès.

Pourtant l'argument selon lequel face à l'augmentation de la population et la diminution des terres productives, l'usage à grande échelle des produits agrochimiques s'imposera, ne tient pas. Les défenseurs d'une production agricole répartie et diversifiée peuvent faire valoir différentes expériences justifiant le bien fondé de ce véritable choix de civilisation. Mais nul ne les entendra.

17/09/2016


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