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Le projet Yamal LNG. Un futur euroBrics?

Total, comme l'on pouvait s'y attendre, exploitera les perspectives de collaboration ouvertes par les accords associant les membres du Brics, notamment la Russie et la Chine. Il démontre, au moins dans son secteur qui est celui du pétrole, ce que pourrait être un euroBrics se développant en ne tenant pas compte des interdits de Washington.
Un article publié par le Wall Street Journal à la date du 23 mars précise, en reprenant les propos du DG de Total Patrick Pouyanné, que celui-ci recherche de la part des banques chinoises un investissement de 15 milliards destiné à compléter le financement du consortium gazier géant Yamal LNG. Ce projet rassemblera 3 investisseurs, le russe Novatek (60 %), Total (20 %) et le chinois China National Petroleum Corp. CNPC (20 %). Total y apporte déjà $27 milliards.

La participation de banques chinoises en partenariat avec Total représentera le plus gros investissement privé chinois dans le monde. Le nom de ces banques n'a pas été encore divulgué. Le financement se fera en euros ou en yuan, excluant le dollar. Les sanctions anti-russes imposées par les Etats-Unies interdisaient a priori le dollar, mais un mix euro-yuan concrétisera une volonté de dédollarisation recherchée par les membres du Brics. Par contre, les sanctions empochent actuellement Total de s'associer au géant russe Lukoil pour explorer les vastes réserves de gaz de schiste dites Bazhenov. Ce ne sera sans doute que partie remise.

Patrick Pouyanné ne s'inquiète pas de la baisse actuelle du prix du pétrole. Total en profitera pour rationaliser ses processus de dépenses. Les banques chinoises devraient par ailleurs participer pour $10 milliards à la contribution de Novatek dans le Yamal ING.

Situé dans l'estuaire de l'Ob pris par les glaces neuf mois par an, le projet Yamal LNG ouvre l'accès aux immenses ressources gazières de l'Arctique russe et inaugure une nouvelle grande route de transport maritime de gaz naturel liquéfié vers l'Europe et l'Asie. Il s'agit de l'un des projets industriels les plus importants de la zone arctique. Il prévoit le forage de plus de 200 puits, trois trains de GNL d'une capacité de 5,5 millions de tonnes chacun, un vaste terminal méthanier et la mise en service - pour la première fois au monde – de 16 méthaniers brise-glace d'une capacité de 170 000 m3.

Cette valorisation pionnière en péninsule de Yamal du champ géant de gaz à condensats de South Tambey consacre la capacité logistique et industrielle de Yamal LNG à maîtriser la production de GNL par grands froids, avec des technologies hautement performantes.

Les environnementalistes, pour leur part, feront une nouvelle fois l'amère constatation que rien n'empêchera l'exploitation des réserves de pétrole et de gaz dans le monde, quelles qu'en soient les conséquences pour le réchauffement climatique. De même, l'arctique, déjà très éprouvée par ce même réchauffement, ne pourra que souffrir de la mise en place de tels projets industriels, quelles que soient les précautions annoncées.

Voir Article du Wall Street Journal

23/03/2015


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