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Réaction rapide aux 25 propositions d'Arnaud Montebourg

Celles-ci ont été présentées par le candidat aux élections présidentielles françaises Arnaud Montebourg le 21 août à Frangy-en-Bresse. Elles sont destinées à renouveler en profondeur le programme du PS et des partis de gauche, en s'ouvrant bien plus qu'actuellement aux objectifs socialistes. Comme chacun a pu s'en apercevoir, elles seront profondément différentes de celles que François Hollande devrait formuler lorsqu'il annoncera vraisemblablement sa candidature.


En voici la liste. Pour chacune d'elles je formule sous ma seule responsabilité une appréciation rapide, étant entendu qu'elles méritent des analyses bien plus approfondies JPB

Croissance :

*  soutien aux Petites et moyennes entreprises (PME), destiné à dynamiser le « made in France ». Ce soutien passerait par l'attribution de 80 % des marchés publics aux PME « pendant une période de huit ans, le temps que la France se réindustrialise ». Il propose également l'investissement de « 10 à 20 % » de l'assurance-vie des Français dans les PME et la remise en place d'un « crédit national », car, selon M. Montebourg, la banque publique d'investissement ne finance que « de façon homéopathique » les projets de développement. Cette « banque d'encouragement au risque » cautionnera « 90 % des emprunts, des crédits aux PME, aux TPE, aux start-ups, aux artisans, aux commerçants ».
Ceci serait justifié si les PME s'engageaient dans des projets industriels et technologiques vraiment innovants, et ne se bornaient pas à créer de nouvelles aides à la personne. Mais pour cela, il faudrait que l'Etat définisse ces nouveaux domaines innovants.


*La rénovation thermique des bâtiments dotés de 100 milliards d'euros sur cinq ans pour « faire repartir fortement les PME du bâtiment et du secteur des travaux publics », de façon à ce que l'écologie devienne le « carburant de la nouvelle croissance ».
Oui


* création d'un « Etat fort », avec la possibilité de « nationaliser temporairement ou partiellement une des cinq grandes banques françaises » pour agir sur l'économie nationale.
Oui Mais il faudra l'imposer à l'UE, et sinon sortir de celle-ci


* Le décret de la « fin de l'austérité », soit l'abandon du plafond de 3 % du déficit public autorisé au sein de l'UE.
Oui. Mais il faudra l'imposer à l'UE, et sinon sortir de celle-ci


Pouvoir d'achat :


* L'annulation des hausses d'impôts de ces cinq dernières années pour les classes moyennes et populaires.
Oui, mais faudra trouver d'autres sources de financement des investissements productifs


* L'accès à la propriété grâce à « une baisse de 50 à 70 % par rapport au prix du marché » pour les locataires de logements sociaux, de façon à faire baisser la charge du prix du logement.C
Ce ne paraît pas essentiel. Il vaudrait mieux construire

Réforme du modèle social :

* La suspension de la directive des travailleurs détachés, un « dumping social à domicile » qui revient selon M. Montebourg à « importer le chômage des autres pays européens ».
Oui. Mais il faudra l'imposer à l'UE, et sinon sortir de celle-ci

* La formation des chômeurs « à un nouveau métier » pendant un an sur les 24 mois d'indemnités chômage, financé par l'argent de la formation professionnelle.
Oui

* L'élection au suffrage universel dans chaque région d'un « commissaire chargé de la réduction du chômage » et de la formation professionnelle.
Oui

Sécurité :

* Le rétablissement du « service national, civil et militaire obligatoire pour six mois » pour tous les jeunes hommes et les jeunes femmes.
Oui, voire un an dans certaines armes

* Le rétablissement d'une « police de proximité ».
Oui, en renforçant les effectifs

Réformes européennes et institutionnelles :

* Le « sauvetage aux forceps de l'Union européenne » en remettant en cause les traités européens sur la base du refus de l'austérité budgétaire et monétaire et de la création d'un « gouvernement économique » de la zone Euro pour « impliquer les citoyens » dans l'avenir de l'Europe.
Oui. Mais il faudra l'imposer à l'UE, et sinon sortir de celle-ci

* La réduction de l'Assemblée nationale de 577 à 350 députés, dont 50 élus à la proportionnelle afin que les partis politiques « exclus de la représentation parlementaire » soient représentés.
Oui

* La réduction du Sénat à 200 membres dont 100 tirés au sort parmi les électeurs, « un par département, afin d'assurer l'entrée de citoyens dans le système politique » et 100 membres du conseil économique, social et environnemental.
Oui

* La fin de l'utilisation de l'article 49-3, « sauf en matière budgétaire ».
Peut-être. A voir


Autres commentaires.
* Lacunes maladroites concernant les grands programmes d'investissement et de recherche scientifique que la France devrait se donner
* Lacunes sur le financement à long terme de ces programmes. Voir la solution, entre autre, des Obligations à durée indéterminée. http://www.latribune.fr/opinions/20101217trib000584098/l-obligation-perpetuelle-solution-pour-les-dettes-souveraines.html
* Lacune majeure concernant les possibilités d'une sortie de l'UE et de l'Euro. (Francexit) Il faudrait au moins proposer de l'étudier



22/08/2016


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