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L'investissement dans les sciences et les technologies, une chance pour Arnaud Montebourg ?

L'on considère non sans raisons que même dans les démocraties occidentales, les « sans voix », autrement dit le 95% des électeurs que nul n'écoute jamais dans des systèmes politiques verrouillés par la coalition des « dominants », ne pourront jamais se faire entendre. Il semble pourtant que la situation pourrait évoluer progressivement. Deux exemples récents le font espérer.

Il s'agit d'abord de la campagne pour l'élection présidentielle américaine. Donald Trump y sera vraisemblablement choisi par le parti républicain pour y porter ses couleurs. En face de lui, Bernie Sanders, le candidat « socialiste » , concurrence sérieusement Hillary Clinton au sein du parti démocrate. L'un et l'autre s'appuient sur des millions d'électeurs jusqu'ici maintenus dans l'anonymat par les intérêts dominants dans chacun de ces partis. Les programmes de Trump et de Sanders font directement appel au soutien de ces électeurs. Il est facile de dire qu'il s'agit d'un retour au nationalisme et à l'isolationnisme. En fait ils font sous des formes différentes appel, entre autres, à l'investissement productif financé très largement par des ressources publiques, et non par d'anonymes actionnaires délocalisés.

Il en est de même en Grande Bretagne. Actuellement Jeremy Corbin semble au sein du Parti travailliste mobiliser de nombreux électeurs jusqu'ici découragés par l'omni-présence de Wall Street et de la City de Londres.

La menace est prise très au sérieux par l'establishment, des deux côtés de l'Atlantique. Au Royaume Uni, l'establishment tente de démobiliser les électeurs travaillistes en les persuadant que seul l'hyper-libéral Labour traditionnel, représenté jusqu'à très récemment par Tony Blair, peut défendre les intérêts des travailleurs. Aux Etats-Unis, le même establishment tente d'opposer les travailleurs afro-américains que prétend représenter Hillary Clinton, et les blancs pauvres faisant le succès de Donald Trump. Mais cet effort, visant à ressusciter un racisme latent aux Etats-Unis, fera sans doute long feu. Il n'est pas exclu que les travailleurs des deux camps se retrouvent derère Trump, voire derrière un troisième candidat qui l'emporterait sur les deux autres.

En France

En France, il n'existe malheureusement pas encore de candidats aux élections présidentielles de 2017 qui soit capable sur des bases nouvelles de rassembler les voix populaires allant faute de mieux au Front National ou qui rejettent dorénavant le « socialisme » de François Hollande. Les candidats éventuels de l'extrême gauche ne font malheureusement pas le poids. Une place serait donc à prendre entre le FN et le PS. Mais quel homme et mouvement politique capables de s'imposer en moins de 18 mois, pourrait-il d'ici là surgir du néant.

C'est là que l'on pourrait considérer avec intérêt une candidature de Arnaud Montebourg aux présidentielles. Il n'a pas jusqu'ici beaucoup impressionné par une volonté de conquérir le pouvoir en faisant appel à des électeurs nouveaux mobilisés par un programme profondément original. Il faut se rappeler pourtant qu'au gouvernement, en tant que ministre du redressement productif, il avait un temps défendu le développement des investissements publics ou aidés par l'Etat dans tous les secteurs innovants. Notamment le numérique, la robotique, la croissance verte ou les infrastructures nouvelles. Un ou plusieurs fonds d'investissement associant le public et le privé avaient été crées ou envisagés.

Depuis, faute d'appuis gouvernementaux, et en proie à l'hostilité marquée de l'Union européenne et de la Banque centrale européenne, ils ont dépéri. Montebourg s'est replié à titre personnel sur un petit fonds au service de la start-up bretonne New Wind, spécialisée dans un secteur particulièrement d'avenir, l'éolien. Reste cependant de l'aventure Montebourg un grand nombre de projets de recherche et de développement industriel dans les secteurs représentant l'économie scientifique des prochaines décennies, qui pourraient redémarrer avec le soutien efficace d'un nouveau président. Nous faisons souvent ici même allusion aux plus innovants de ces projets. Beaucoup associent d'ailleurs des partenaires provenant des autres pays européens.

L'on voit facilement compte tenu de ce qui précède ce que pourrait être l'argument majeur d'un programme politique proposé par Arnaud Montebourg, programme qui s'opposerait aux politiques des 5% de dominants reprises actuellement par le droite et la gauche réunies. En quelques semaines, s'il le voulait, un tel programme pourrait être finalisé et présentés aux 95% d'électeurs à la recherche d'autres perspectives. Le succès pourrait être foudroyant, à l'exemple de celui actuel de Donald Trump. Quant au problème de financement, il ne se poserait pas. Il suffirait d'augmenter de quelques % la dette de la France, avec en ce domaine une garantie assurée de remboursement en quelques années.

Montebourg se dit socialiste. C'est bien mais il faut proposer le socialisme de demain, reposant sur l'investissement et la recherche, un protectionnisme mesuré et un refus permanent des intrusions américaines à partir de la plate forme qu'a toujours été pour eux l'Union européenne. S'il savait défendre et illustrer cette perspective, en s'appuyant notamment sur les perspectives d'innovation qui dorment dans les placard, il est certain qu'il gagnerait d'innombrables voix, non seulement dans la gauche française mais provenant du Front National. Rappelons que la plupart des soutiens de ce dernier sont des citoyens déçus par l'absence, tant au Parti Socialiste que chez Les Républicains, de toute politique sérieuse d'investissement, seule soutien crédible à la reprise de l'emploi, et seul support possible pour un redressement de la France.

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17/05/2016


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