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La Grèce, l'Europe et Moscou

Le sujet de l'attitude à tenir à l'égard de la Grèce figurera à l'ordre du jour du Conseil européen de ce jour 19 mars. Attendons le compte-rendu pour commenter ce qui y sera décidé. Néanmoins, les amis de la Grèce ont tout lieu d'être pessimistes.
Les chefs d'Etat les plus favorables au gouvernement Tsipras, comme François Hollande en France, vont sans doute laisser la parole à ces « lumières de l'Europe » que sont devenus Jean-Claude Juncker, président de la Commission, Donald Tusk président du Conseil, Joroen Dijsselbloem, illustre inconnu avant qu'il ne devienne président de l'Eurogroupe, Angela Merkel, Chancelière d'une Allemagne qui, viscéralement, n'a que du mépris pour les Grecs, tout juste bons dans son esprit à fournir des guides de tourisme (il suffit d'écouter le ministre des finances Wolfgang Schäuble) et, dans l'ombre, Mario Draghi, président de la Banque Centrale Européenne.

Aujourd'hui, tous et toute n'ont qu'un objectif. Il n'est pas de nature économique mais politique: mettre à genou politiquement le gouvernement grec, soit en le faisant tomber en dressant contre lui les intérêts les plus conservateurs de son électorat, soit en le convertissant à la « raison », autrement dit aux choix des Européens: toujours moins de secteur public, de services sociaux, de législations protectrices, etc. C'est ainsi que dès avant le Conseil du 19, une obscure fonctionnaire de Bruxelles, directrice des affaires économiques et financières à la Commission européenne, a exigé du gouvernement grec qu'il arrête le processus législatif visant à faire adopter un projet de loi sur « l'urgence humanitaire. », projet dont le principe semblait pourtant avoir été précédemment accepté.

Dans un article précédent daté du 24 février « Grèce, miracle ou capitulation » http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1674&r_id= nous évoquions le rôle utile, pour la plupart des pays européens, qu'aurait la Grèce en acceptant d'essuyer les plâtres en décidant de sortir de l'euro et même de l'Union. Mais ceci, écrivions nous, n'aurait de sens que si la Grèce se rapprochait du BRICS en cours de mise en place, afin d'en recevoir des aides politiques et même financières. Peut-être est-ce à quoi pense Alexis Tsipras, qui prépare pour le 8 avril une rencontre à Moscou avec Vladimir Poutine.

D'ores et déjà, cette perspective semble fortement inquiéter Washington. Le 16 mars, la secrétaire d'État pour les affaires européennes Victoria Nuland (principal agent de la crise ukrainienne) faisait annoncer qu'à l'occasion d'un déplacement à Bruxelles pour participer au Forum Transatlantique du German Marshall Fund (sic) elle se rendrait en Grèce, puis en Slovaquie et en Italie. A Athènes (où elle semble déjà se trouver) elle expliquera certainement à Alexis Tsipras combien il mettrait le « monde libre » en péril en se rapprochant de la Russie et, consécutivement, en sortant de l'Otan. La Grèce, on le sait peu, offre à l'Otan, comme Chypre, de nombreux appuis logistiques bien utiles à l'armée et à la marine américaines.

Comme nous nous le demandions dans notre article du 24 février précité, Syrisa et le gouvernement Tsipras auront-ils le courage de jouer jusqu'au bout la carte russe, ce dont divers Etats européens du sud devraient se réjouir ? Nous verrons. Mais d'ores et déjà, qu'Alexis Tsipras veille bien à sa sécurité. Un attentat, sinon un coup d'état militaire, sont vite arrivés.

En image, un logement "pauvre" à Athènes, aux résidents duquel l'Europe vient d'interdire la possibilité de recevoir quelques centaines d'euros par an (source La Tribune)

19/03/2015


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