Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser

Le fin de l'évaluation traditionnelle du PIB ?

Le site chinois French.peopledaily, consacré à des informations en français susceptibles d'intéresser un public francophone, annonce l'adoption prochaine par le Chine d'un indice un nouveau système d'évaluation du Produit Intérieur Brut (PIB) sur la base d'une quarantaine d'indicateurs susceptibles de donnée une vue plus qualitative du développement que celle fourni par le PIB en vigueur dans le monde depuis plusieurs décennies.
« Ce nouveau régime comptable, dont l'introduction a été récemment annoncée par le Bureau d'Etat des statistiques (BES), est un système d'évaluation économique qui ne s'appuiera plus uniquement sur le taux de croissance mais prendra en compte l'optimisation structurelle, la modernisation industrielle, l'innovation, la protection de l'environnement, et l'amélioration du niveau de vie de la population.

Ainsi, plus de quarante indicateurs, comprenant entre autres le ratio de la dette publique par rapport aux recettes budgétaires, la consommation des habitants, le taux d'urbanisation, le ratio des dépenses en recherche et développement par rapport au PIB et la réduction de la pollution, seront publiés régulièrement par le BES. »

On pourra lire, même sans être économiste ou statisticien, la suite de cet article, très éclairant. Certes, en matière statistique, il y a souvent de grands écarts entre les chiffres annoncés et ceux de la réalité économique et sociale. On se souvient des données fournies par le Gosplan en URSS, résultant d'une superposition de déclarations exagérées faites pour complaire au pouvoir. Il n'est pas certain que, même dans la Chine actuelle, les chiffres impressionnants concernant la croissance de ces dernières années n'étaient pas légèrement gonflés. Un retour à une plus grande qualité dans l'évaluation des performances de l'économie sera donc le bienvenu.

En Europe, et particulièrement en France, un nombre de plus en plus grands d'économistes récusent les indicateurs concernant le PIB et la dette publique, manifestement conçues au niveau international sous l'influence du FMI et de la banque mondiale, autrement dit très largement au service des intérêts américains. L'objectif à peine dissimulé est d'écraser les Etats européens sous le poids de statistiques ayant pour effet direct de décourager les investissements publics dans la recherche, les industries de pointe, les services publics et autres activités que Washington et Wall Street voudraient privatiser au bénéfice de leurs entreprises. Le traité de libre échange transatlantique (TAFTA) entérinera cette dépossession.

Il est évident que des évaluations macro-économiques prenant en compte les critères que la Chine voudrait s'appliquer à elle-même feraient des Etats européens, s'ils décidaient d'y recourir, des ensembles bien plus riches en termes comptables qu'ils n'apparaissent aujourd'hui au vu des critères du FMI. Ils seraient donc bien plus coûteux à absorber par les entreprises américaines. En contrepartie, ces nouveaux critères redonneraient courage aux gouvernements et aux acteurs économiques européens, qui se décideraient sans doute enfin à investir, pour le plus grand bénéfice des populations et non des marchés financiers internationaux.

Un des avantages que pourrait apporter un rapprochement de l'Europe avec les pays du BRICS, en l'espèce la Chine, serait que l'euroBRICS se donnerait des objectifs qualitatifs plutôt que quantitatifs, prenant notamment en comptes les « communalités », qualité de l'eau, de l'air, protection de l'environnement, santé publique, qui sont les sacrifiées des compatibilités nationales et internationales actuelles.

Il restera bien évidemment, dans les prochains mois, à vérifier comment le gouvernement de Pékin mettra en oeuvre les bonnes résolutions du Bureau d'Etat des statistiques, notamment en respectant les critères d 'évaluation qu'il se sera donné.

Référence: http://french.peopledaily.com.cn/Economie/n/2014/1008/c31355-8791669.html

Post scriptum.

Ajoutons que le FMI viendrait de reconnaître que la Chine est devenue la plus grande puissance économique du monde, dépassant les Etats-Unis. Le FMI s'appuie sur des indicateurs détaillés dans l'article

Référence
http://www.express.be/business/fr/economy/cest-officiel-la-chine-est-desormais-la-plus-grande-puissance-mondiale/208409.htm



09/10/2014


A LIRE AUSSI
Les articles sur les mêmes thèmes
Europe Solidaire