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Alexis Tsipras, modèle pour l'Europe ou modèle pour Français Hollande? Les deux, mon capitaine.

Ce soir 25 janvier, alors que le succès du parti Syrisa et de son chef Alexis Tsipras est confirmé, une grande question se pose. Ce n'est pas seulement celle de savoir ce que va faire la Grèce, mais aussi celle de savoir ce que va faire la France. Précisons ce point.
Il y a deux ans, beaucoup de ceux qui avaient voté pour François Hollande attendaient de lui, non pas qu'il continue à menacer verbalement « la finance », mais qu'il demande, fort du poids que représente la France, une renégociation des clauses des Traités de Lisbonne et de Maastricht, ainsi qu'une modification des nombreuses décisions communautaires qui, notamment au prétexte d'assurer la stabilité de l'euro et l'équilibre des budgets européens, imposaient une austérité exceptionnellement forte, porteuse de tous les maux en résultant.

Certains commentateurs avaient jugé que, confronté à la volonté de ne rien changer qui animait l'Allemagne et ses allies privilégiés du nord de l'Europe, il n'aurait rien obtenu. Il ne lui serait resté que la possibilité, soit de rentrer bredouille, soit – ce que la majorité des Français n'auraient pas accepté, d'engager une procédure de sortie de l'euro ou même de l'Europe. Mais qui n'ose rien n'a rien. Comme François Hollande n'avait pas osé s'opposer ne fut-ce que marginalement à Angela Merkel, comme il n'avait pas davantage osé s'opposer à Washington qui veillait attentivement à ce que l'Europe, une quasi-colonie, ne s'émancipe pas, il est resté dans la norme des dirigeants européens, contribuant ainsi à enfoncer plus encore qu'auparavant la France et l'Europe du Sud dans les crises sociales et économiques.

Nul ne peut prédire ce soir ce que fera Alexis Tsipras. Tentera-t-il d'affronter les obstacles devant lesquels François Hollande avait capitulé? Disons en tous cas que son discours, soutenu par une majorité d'électeurs, inquiète les institutions et les bien-pensances européennes. Il n'est pas impossible que son programme politique, auréolé du succès électoral de ce soir, serve de modèle à la majorité des pays européens, eux-aussi atteints par les aberrations de la politique de l'Union.

Nous pensons pour notre part qu' Alexis Tsipras devrait aussi servir de modèle à François Hollande. Non seulement son succès d'aujourd'hui pourrait faire regretter à ce dernier la pusillanimité de sa première moitié de quinquennat. Mais Alexis Tsipras pourrait faire plus. Obliger si l'on peut dire François Hollande à répondre durant la seconde moitié de quinquennat aux espoirs qu'il avait déçu durant la première .

Mais répondre comment? D'abord en aidant la Grèce à faire réussir la profonde réforme de l'Union européenne que ce pays pourrait provoquer. Mais aussi à faire de la France, particulièrement bien placée pour cela, un indispensable pont entre l'Europe du Sud et l'Europe du Nord. Il s'agirait d'inciter l'Europe toute entière, Allemagne comprise, à redevenir une puissance unie capable de tenir en toute indépendance sa place dans un monde désormais multipolaire.

25/01/2015


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