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Sommet du G20. Perspectives et résistances.

Le Groupe des vingt (G20) est composé de dix-neuf pays et de l'union européenne dont les ministres, les chefs des banques centrales et les chefs d'États se réunissent régulièrement. Il a été créé en 1999 après la succession de crises financières dans les années 1990. Il vise à favoriser la concertation internationale en intégrant le principe d'un dialogue élargi tenant compte du poids économique croissant pris par un certain nombre de pays, et non représentés dans les autres Groupes plus anciens (G5, G8, G9).
Le G20 représente 85 % du commerce mondial, les deux tiers de la population mondiale et plus de 90 % du produit mondial brut.

Son prochain sommet se tiendra à Hangzhou (Chine) de fin juillet à début août 2016

Projets chinois

Devant l'incapacité des organisations internationales actuelles, ONU, OMC, FMI à organiser une coexistence pacifique et à plus forte raison une collaboration entre les grands blocs politico-économique dominants, les Chinois tentent de faire du G20 la plate-forme politique d'une gouvernance mondiale encore à inventer. Ils feront des propositions précises sur ce thème lors du Sommet de Hangzhou. Comme le G20 n'est pas une structure permanente, il devra se doter d'un secrétariat exécutif chargé de la mise en œuvre de ses décisions. La création d'un tel secrétariat devrait être annoncée en septembre 2016, à la suite du sommet de Hangzhou.

On aurait pu penser que la Chine, devant son incapacité et celle des membres du Brics, à ouvrir les organisations actuelles, notamment OMC, FMI et Banque mondiale à d'autres influences que celle prépondérante, économique et politique, des Etats-Unis, se serait repliée sur des structures internationales propres au Brics et à l'organisation de coopération de Shanghai. Mais ce serait renoncer à toute influence auprès des 2/3 des pays du monde. Ceux-ci sont évidemment soumis au contrôle américain, mais ils le resteront indéfiniment si de nouvelles structures internationales plus ouvertes, notamment aux pays émergents, n'étaient pas mises en place.

Pour la Chine, il devrait être possible, à l'occasion du G20, de fonder de nouvelles institutions où se retrouveraient les anciennes et les nouvelles puissances. Il ne serait pas nécessaire de beaucoup inventer pour ce faire. L'OMC pourrait devenir le « Ministère du Commerce mondial » agissant sous l'autorité du G20, le FMI le « Ministère des Finances mondial », l'ONU l'instance de décision législative. Il semble bien que les Chinois proposeront en ce sens un plan sur 5 ans pour l'organisation d'une gouvernance internationale appuyée sur le G20, organe politique actuellement le plus légitime et le plus représentatif au niveau mondial.

Tout esprit clairvoyant perçoit bien le besoin d'une telle structure, que ce soit au plan de la protection de l'environnement, de la sauvegarde des ressources de la planète, de la mise en place d'une société numérique ouverte, de l'organisation d'une présence pacifique dans l'espace. Sinon, ce sera un repli national généralisé. Non seulement les petits pays en seront les victimes, mais même les pays plus importants. Les problèmes sont globaux et globalisés, en théorie leur règlement est globalisable.

Obstacles quasi insurmontables

Ceci admis, les raisons de ne pas fonder d'espoirs en ce sens, autrement dit de ne rien espérer de concret du G20, sont nombreuses. Jamais les Etats-Unis, actuellement dominants dans les 2/3 du monde, et particulièrement au sein de l'Union européenne, ne se laisseront priver, ne fut-ce que marginalement, des instruments mondiaux leur permettant d'assurer leur puissance, ceci au moment notamment où ils paraissent envisager très sérieusement une guerre avec la Chine. Comment les démocraties européennes, si ce terme a encore un sens, recevront-elles des propositions de gouvernance émanant de la Chine dont il est difficile d'affirmer que celle-ci procède à l'européenne dans le cadre de son évolution interne?

Plus fondamentalement, comment de nouvelles institutions mondiales pourraient-elles se passer du soutien des peuples directement concernés, s'exprimant dans le cadre de procédures démocratiques, élections, référendums ou médias indépendants ? Si une décision pouvait être prise visant à transformer le G20 en une instance démocratique mondiale, ce que l'ONU n'a jamais réussi à devenir depuis sa création, il est facile d'imaginer les obstacles ne fut-ce que pratiques à surmonter.

De plus dans ce cas, le G20 devra faire une place à la centaine de petits pays non encore représentés, et bien présents - certains disent trop présents - à l'ONU. La question ne pourra pas être éludée.

Cependant, nous avons ici signalé les pronostics très pessimistes de certains scientifiques, annonçant à moins d'un véritable miracle, la disparition de l'humanité toute entière d'ici la fin du siècle. Pourrait-on espérer qu'un G20 profondément transformé puisse contribuer à ce miracle?


Références

* Le G20
https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_des_vingt

* Sommet de Hangzou
http://www.g20.org/English/Dynamic/201606/t20160601_2291.html

* Calendrier
http://www.g20.org/English/G20Calendar/201512/t20151231_2098.html

* Sur l'ordre du jour et les enjeux, voir un regard chinois (traduction française)
Chine-info Le sommet qui changera le G20 11/05/2016
http://www.chine-info.com/french/look/20160511/230176.html

* Sur la carte ci-dessus:
Bleu foncé: Pays membres du G20
Mauve: Pays « invités permanents »
Bleu clair: Pays participants en tant que membres de l'Union européenne

17/06/2016


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