Nous n'entendons pas beaucoup le PS ni le gouvernement français, non plus d'ailleurs que les autres partis, s'opposer aux négociations déjà bien engagées par la commission européenne (soutenue par Mme Merkel) et la Maison blanche concernant un grand traité de libre échange transatlantique.
Pourtant ce traité serait, sans exagération, une catastrophe pour les intérêts européens. Il enterrerait définitivement toutes perspectives volontaristes permettant aux Européens de définir une société convenablement régulée par des politiques publiques ambitieuses.
L'article ci-joint du Spiegel montre que les Allemands ne sont pas aussi prêts à céder aux pressions américaines qu'on le croit. Faudra-t-il que des “activistes”, pour reprendre les termes du Spiegel, aille bruler des voitures à Bruxelles et dans les capitales européennes pour faire comprendre à nos “amis américains” que l'Europe n'est pas le Moyen-Orient, un terrain de manœuvre pour des stratégies qui ne favoriseraient qu'un libre-échange à sens unique.
Le discours de l'Amérique est clair: “Importez des produits américains , adoptez nos lois et règlements, alors tout ira bien pour vous”. C''est ce thème qui avait inspiré le Plan Marshall. Les intérêts agricoles européens ont mis cinquante ans à s'en remettre. Va-t-on recommencer de plus belle?