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Le conseil de l'Europe souhaite que la Russie puisse à nouveau participer au Conseil

Depuis deux ans, la Russie ne verse plus ses redevances de participation au Conseil de l'Europe, en protestation du fait qu'elle avait été privée de ses droits de vote en 2014 et 2015 sous la pression des Etats-Unis, lui imputant la responsabilité de la guerre en Ukraine.

 Rappelons à ce propos que cette prétendue guerre en Ukraine avait été provoquée par Kiev à la suite des manifestations dites de l'euro-Maïdan suscitées très largement par la CIA.

Le Conseil de l'Europe  est une organisation intergouvernementale instituée le 5 mai 1949 par le  Traité de Londres. Il rassemble 820 millions de ressortissants de 47 États membres. Son objectif n'est pas politique, au sens ou peut l'être le Conseil de Sécurité. Mais il promeut des normes juridiques dans le domaine de la protection des Droits de l'Homme et du renforcement de la démocratie en Europe. Ses activités intéressent tous les domaines de la vie courante, en dehors des questions de défense). Elles ont abouti à l'élaboration d'un grand nombre de normes et conventions destinées à faciliter la coopération entre les membres du Conseil et à renforcer la construction européenne. La Convention européenne des droits de l'homme, et la Cour européenne des droits de l'homme   constituent la face la plus visible de ses activités.

Or il est intéressant d'observer que le Secrétaire Général du Conseil Thorbjorn Jagland, comme le rapporte l'article cité en référence du Financial Times britannique, vient d'indiquer lors de son allocution de départ qu'il souhaitait voir la Russie retrouver ses droits de vote au Conseil, en dépit de la guerre en Ukraine qui se poursuit. Il estime que de même que le fera le Brexit, l'absence de la Russie, puissance européenne, du Conseil, divise dangereusement l'Europe dans des domaines essentiels à la vie citoyenne en Europe. Evidemment le représentant permanent de l'Ukraine au Conseil, Dmytro Kuleba, a protesté en affirmant que l'argument du secrétaire général ne tenait pas, l' Europe pouvant se passer de la Russie, d'autant plus que celle-ci, selon lui, respectait peu les droits de l'homme. Thorbjorn Jagland a répondu que les activités du Conseil intéressent tous les citoyens russes. D'ailleurs Moscou vient d'accepter pour concertation une visite prochaine du commissaire aux droits de l'homme du Conseil Dunja Mijatovic.

Cette déclaration du secrétaire général du Conseil peut paraitre sans grandes conséquences. Elle marque cependant le sentiment de plus en plus répandu parmi les Etats européens concernant le fait que la Russie est un Etat européen et devrait être traitée comme telle. Il est évident que la perspective de voir la Russie se rapprocher de plus en plus de la Chine dans la constitution de ce que l'on nomme un ensemble euro-asiatique joue un rôle important. Dans cet ensemble, les pays européens pourraient ne pas se voir reconnaitre de rôles préférentiels. Ils seraient traités de la même façon, essentiellement, que les autres pays auxquels s'adressera de plus en plus cette entité euro-asiatique. C'est ce que montrent déjà le grand programme chinois d'OBOR (Nouvelle route de la soie). L'Europe n'y est pas considérée en tant qu'entité politique et économique, parce que seule à ce jour l'Italie a décidé d'y participer.

De plus et surtout, les Etats européens ressentent de plus en plus mal la volonté américaine de les séparer de la Russie dans la vie quotidienne. La récente opposition de Washington, que cela ne devrait en rien concerner, à voir les gouvernements européens taxer sur leur chiffre d'affaires réalisé en Europe les GAFAS, ou Grands de l'Internet de l'Internet américain, taxes d'ailleurs d'un montant ridicule au regard des profits licites et illicites qu'ils y font, a pour le moins agacé. Verrait-on Vladimir Poutine intervenir pour faire diminuer les droits de douanes frappant les importations en Europe de produits russes?

Cependant, il ne faut pas se faire d'illusion. La déclaration de bon sens du secrétaire général du Conseil européen ne changera pas grand chose à la phobie anti-russe imposée par Washington à ses dociles alliés du continent européen.

Référence

Bring Russia back in from the cold, says Council of Europe chief

Financial Times https://www.ft.com/content/8158d52a-5496-11e9-91f9-b6515a54c5b1

 

 

08/04/2019


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