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La Jordanie, nouveau carrefour de crise ?

Dans la crise générale qui secoue le Moyen Orient depuis des mois, la Jordanie https://fr.wikipedia.org/wiki/Jordanie avait fait peu parler d'elle. Elle était non sans raisons considérée comme une bonne alliée des Etats occidentaux et notamment des Etats-Unis et d'Israël. Elle l'était aussi de l'Arabie saoudite et des Emirats Arabes Unis.

Cependant, elle a peu de ressources en propre. Ce sont surtout les travailleurs jordaniens expatriés dans les pays voisins qui constituent sa source principale de revenu. Par contre elle supporte des dépenses considérables du fait qu'elle sert de couloir de transit entre le monde arabe et la Méditerranée. Ces dernières années elle a hébergé, au moins à titre transitoire, des centaines de milliers de migrants irakiens et syriens vivant à ses frais.

Le Royaume a en fait très largement vécu de prêts du FMI, couvrant le déficit de son secteur public qui atteint actuellement 95% de son PNB. En contrepartie, comme partout ailleurs, le FMI a imposé des mesures d'austérités de plus en plus mal ressenties.

Il en résulte que la Jordanie est le théâtre depuis plusieurs nuits de manifestations contre des hausses de prix et un projet de loi augmentant les impôts, alors que la pression du FMI sur Amman s'accentue pour lui imposer de nouvelles réformes économiques dites «structurelles ». Les syndicats ont appelé à une nouvelle grève nationale le 6 juin en constatant que les négociations avec le gouvernement ont échoué à faire retirer le projet de loi fiscale. Ils font appel à l'intervention du roi Abdallah II en faveur de la population.

Le roi avait auparavant appelé à un dialogue national global sur le projet de loi sur l'impôt sur le revenu. Mais le parlement vient de s'en saisir, ce qui a déclenché des manifestations, parmi les plus importantes des cinq dernières années. Des rassemblements ont eu lieu à Amman et d'autres villes contre ce texte qui prévoit notamment l'imposition de revenus modestes. Ils ont lieu la nuit, en plein ramadan, mois de jeûne musulman durant lequel la vie nocturne est traditionnellement animée. Quelque 3 000 personnes se sont ainsi rassemblées près des bureaux du Premier ministre Hani al-Mulqi, dans le centre de la capitale, jusqu'à 3h30.

Pour calmer le jeu, le roi vient de nommer un nouveau Premier ministre, Omar al-Razzaz ancien membre de la Banque Mondiale. Celui-ci vient d'annoncer sa décision de retirer le projet de loi. Il lui reste à former un nouveau gouvernement.

Autant que l'on sache , Washington qui avait jusqu'ici tenté de former une coalition anti-palestinenne avec la Jordanie, les Etats du Golfe et en sous-mains Israêl, ne laissera pas la Jordanie tomber aux mains d'opposants qui pourraient être tentés de demander un rapprochement avec la Syrie, l'Iran et éventuellement la Russie présente militairement en Syrie. Mais on voit mal pour le moment comment les Etats-Unis pourraient intervenir, alors qu'ils sont déjà engagés sur de nombreux autres fronts dans la région.

Pour plus de détails voir

http://www.atimes.com/article/jordan-in-crisis-as-new-prime-minister-takes-control/

Voir aussi 

http://www.moonofalabama.org/2018/06/us-saudi-pressure-on-jordan-opens-the-way-for-iran.html#more

 

07/06/2018


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