Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser

Faut-il pleurer à l'excès les civils tués à la Ghouta ?

Le 19/02, l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme a annoncé que des bombardements de l'armée de Bashar al Assad sur la Ghouta orientale auraient tué 100 civils dont 20 enfants. La Ghouta est la dernière poche rebelle près de Damas. 400.000 personnes y sont assiégées.

Elle abriterait quelques milliers de djihadistes bien armés. Le gouvernement les accuse de tirer régulièrement des missiles sur Damas. Les bombardements prépareraient une offensive de l'armée syrienne pour reconquérir entièrement la Ghouta.

L'opposition syrienne en exil a dénoncé une guerre d'extermination et le silence international face aux crimes du pouvoir Assad  ». Le coordinateur de l'ONU pour l'aide humanitaire en Syrie, Panos Moumtzis. a déclaré que les bombardements de civils « doivent cesser immédiatement ».

La presse occidentale donne ce jour un grand écho à ces bombardements et aux victimes civiles en résultant. Manifestement elle relaie un point de vue largement diffusé par Washington selon laquelle les Russes sont à la manoeuvre derrière le gouvernements de Bashar al Assad afin d'assurer définitivement la présence russe en Syrie. Avec la Ghouta disparaitrait en effet le dernier territoire dans lequel pourrait encore librement jouer l'influence américaine, influence assortie de l'appui de forces spéciales et la livraison d'armes aux rebelles anti-Assad.

Cette situation conduit à relativiser l'émotion que l'on pourrait ressentir au spectacle de civils fuyant les tirs dans la Ghouta. Il convient d'abord de rappeler que l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme est une pseudo ONG basée à Londres, très influencée par les islamistes et qui répercute fidèlement toutes les informations pouvant nuire à Damas et aux Russes. On ne l'a guère entendue lors de la reprise de Mossoul par une coalition fortement aidée par l'armée américaine et qui avait fait des centaines – ou milliers- de morts.

Au delà de ce point, il est incompréhensible de laisser penser que Damas puisse accepter indéfiniment une poche de « rebelles » de plus en plus nombreux et bien armés à ses portes, dans laquelle les combattants djihadistes chassés du reste de la Syrie viendraient continuer leur combat meurtrier. Il est inévitable que des civils soient tués lors des opérations de reconquête. Il a été rappelé récemment que Churchill avait commandé le bombardement de la ville allemande de Dresde, tuant à 200 à 300.000 civils, alors que l'armée allemande ne s'y trouvait pas. Par ailleurs lors de cette guerre, la Résistance française n'avait jamais reproché aux Alliés les morts de civils résultant de leurs bombardement. La guerre est la guerre. 

Enfin, il est difficile de croire que les 300.000 civils de la Ghouta n'aient pas quelque complicité avec les djihadistes islamistes. Pourquoi, même si ceux-ci sont bien armés, les laissent-ils manœuvrer à l'aise parmi eux. Ce seront il est vrai ces mêmes civils, une fois la Ghouta reprise, qui deviendront de chauds partisans de Bashar al Assad.

Note

Evidemment, nos journaux ne parlent pas des bombardements de Damas par les djihadistes contre lesquels Bashar al Assad s'est décidé à réagir. Il faut que ce soit Sputnik qui le mentionne

* Centre-ville de Damas pilonné: au moins 5 morts et plus de 20 blessés 
https://fr.sputniknews.com/international/201802201035212080-pilonnage-damas-victimes/

 

 

 

20/02/2018


A LIRE AUSSI
Les articles sur les mêmes thèmes
Europe Solidaire