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G20. Questions à suivre

Au sommet du G20 du 4 au 8 septembre à Hanghzou, dans l'est de la Chine, François Hollande est venu avec l'intention d'accélérer le processus de ratification des accords sur le climat, revigoré par l'adhésion de la Chine et des Etats-Unis. Mais il demandera aussi de lutter contre la fraude fiscale internationale et pour les normes sociales et environnementales communes.
Ces propos seront cependant difficilement audibles, face à l'effort déployé par la Chine pour préparer ce sommet. Celle-ci ne vise pas moins qu'à trouver des voies en faveur d'une « économie mondiale innovante, revigorée, interconnectée et inclusive » (c'est à dire n'excluant pas certains pays).

Au sommet, la Chine devrait continuer à demander à mieux participer aux Accords de Bretton Wood, au FMI et à la Banque mondiale. Mais manifestement, pour elle, l'intérêt n'est plus là. 1) Il s'agit d'obtenir des membres du G20 un soutien déterminé à son grand projet de Nouvelle Route de la Soie ( OBOR, One Belt, One Road ) ainsi qu'une participation accrue à la nouvelle Banque Asiatique pour les Investissements dans les Infrastructures (AIIB) qu'elle a mise en place. Nous avons plusieurs fois ici présenté ces projets. Inutile d'y revenir.

Il n'échappera que l'OBOR entre en route de collision avec le maintien du statu quo prôné par Washington, refusant que les pays concernés par l'OBOR s'unissent pour échapper au libre-échange dont ne profitent que les intérêts américains. L'OBOR au contraire, loin de laisser les quelques soixante nations concernées économiquement divisées et potentiellement en conflit, est un projet commun, intéressant potentiellement 4 milliards de personne et 40% de l'économie mondiale. Il en sera aussi des outils d'investissement déjà mis en place, l'AIIB dotée initialement de100 milliards de ressources, le Silk Road Fund (avec 40 milliards) et des organismes tels que la China Development Bank et le China Merchants Holdings International basé à Hong Kong.

D'ores et déjà, des entreprises publiques chinoises rachètent, non sans provoquer la crainte des pays concernés, des ports et des sociétés high-tech en Europe. Des voies ferroviaires permettent de relier Zhejiang à Téhéran en 14 jours, à travers le Kazakhstan et le Turkménistan. Elles devraient être rapidement remplacées par des voies à grande vitesse. Celle-ci s'insèreront dans le projet du réseau dit transEurasien, comprenant un nouveau Transsibérien.

Dans la partie maritime de la Route de la Soie, le projet de 60 milliards mené par le China Overseas Port Holdings sera l'amorce d'un réseau de ports en eau profonde situés à Kyaukphyu en Birmanie , au Bangladesh et au Sri Lanka.

Tous ces projets sont suivis avec attention et intérêts par les membres de l'Organisation de Coopération de Shanghai dont les promoteurs ont été la Russie et la Chine. Certains d'entre eux seront présents ou représentés au G20.

Les réactions américaines

Au G20, les Etats-Unis, menés par Obama, n'oseront sans doute pas s'en prendre directement à ces projets, en rappelant leur déclaration selon laquelle la Chine représente pour eux, au même titre que la Russie, la principale menace mondiale, y compris militaire. Ils feront cependant valoir, dans les couloirs, les difficultés économiques nouvelles qu'impose à la Chine le recul d'un certain nombre de ses industries d'exportation, comme d'ailleurs les nouvelles dépenses qui lui incomberont du fait de la nécessité de remplacer plus vite que prévu ses sources d'énergie fossiles par des énergies renouvelables.

Mais plus ouvertement, ils viennent au G20 pour s'en prendre directement aux dangers que selon Washington font peser sur la Mer de Chine orientale des bases chinoises en cours de construction dans certaines iles. Ils discutent avec les Philippines la mise en oeuvre d'une sorte d'Otan asiatique qui pourrait résulter de l'application d'un traité mutuel de défense datant de 1951. Pékin a insisté pour que cette question ne soit pas discutée au G20. Il a été soutenu en ce sens par le président philippin Rodrigo Duterte qui a demandé que le G20 ne serve pas d'incitation à des conflits, mais à des discussions constructives.

Sur le fond des questions de défense, faut-il rappeler que les bases chinoise en cours de mise en place dans la zone ne pèseront guère en cas de conflit face aux puissants porte-avions accompagnés de leurs groupe de combat que l'US Navy a commencé à déployer non loin de là – sans mentionner le système de missiles THAAD installé en Corée du Sud.

1). Voir Pepe Escobar dans Sputniknews

http://sputniknews.com/columnists/20160831/1044816377/g20-geopolitical-juncture.html


04/09/2016


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