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Attentat du Bardo à Tunis. Quelles leçons ?

Le sujet est vaste. Nous ne pouvons prétendre le traiter dans sa totalité. Par ailleurs il ne serait pas productif de se borner à reprendre les commentaires généralement pertinents des médias tunisiens et européens. Limitons-nous à quelques points qui mériteraient évidemment d'être discutés plus longuement mais qui sont à cette heure insuffisamment mis en valeur selon nous.

  • Nous sommes tous tunisiens. Cette formule veut dire, au delà des condoléances, que les djihadistes de Tunis ne sont qu'une variété de ce qu'il faut bien nommer un véritable cancer qui envahit toute l'humanité. Ses composants en sont non seulement l'islamisme (qu'il soit radical ou « modéré », sur le mode turc), mais tous les extrémismes religieux permettant aux instincts les plus destructeurs dont est dotée l'espèce humaine de se déchainer. Parmi ces extrémismes, faudra-t-il compter désormais les fondamentalisme hébraïques, hindouistes et même chrétiens, notamment sous leur forme dite « évangélique » ?

  • A la base de ce déchainement se trouve la volonté des hiérarchies religieuses soutenues par la quasi totalité de ce qu'il faut bien nommer le « pouvoir mâle » dans le monde, celui auquel les « hommes » ne veulent pas renoncer, de bloquer une évolution qui se généralisait dans certaines sociétés accédant à une amélioration des niveaux de vie: égalité entre hommes et femmes, droit à l'athéisme, accès à la démocratie politique, liberté d'expression y compris celle de combattre les religions par la parole.

  • La résistance doit provenir, non d'un appel à d'hypothétiques assistances extérieures, mais du sein des sociétés menacées. Dans les pays arabes, mais aussi en Europe, il appartient aux féministes, aux athées et aux démocrates de s'organiser sous toutes les formes (sauf le recours en retour au terrorisme), pour se défendre d'abord, pour recruter de nouveaux militants ensuite, leur permettant de passer du statut de minorité persécutée à celui de majorité. Concernant la Tunisie, comme ailleurs, les femmes et les libéraux ne trouveront leur salut que dans leur propres forces, et non dans des paroles européennes de soutien.

  • Dans les Etats disposant de législations permettant de lutter contre le fondamentalisme terroriste, les féministes, athées et démocrates ne doivent pas, sous prétexte d'éviter d'éventuelles dérives autoritaires, refuser les textes nécessaires à conduire de telles luttes, ceci notamment dans le cadre de la société de l'information. Il leur faudra admettre aussi le renforcement des moyens de police et de justice permettant de faire appliquer ces textes. Ceci ne veut pas dire démissionner devant de tels moyens, mais au contraire les obliger à tenir compte de la sensibilité d'une société civile s'exprimant de plus en plus sur Internet.

  • Sur le plan des politiques internationales, les féministes, athées et démocrates doivent se battre pour refuser que l'Etat auquel ils appartiennent continue, sous prétexte d'intérêts financiers ou industriels, à coopérer avec les Etats les plus rétrogrades: ceux du Golfe Persique notamment. Mais ils devront aussi dénoncer le double langage de gouvernements tels que ceux des Etats-Unis ou de la Turquie qui soutiennent en sous-main le djihadisme pour mieux protéger leurs intérêts.

  • En ce qui concerne la recherche d'alliés dans le monde, il faudra privilégier les pays qui, sans être parfaitement exemplaires au regard du féminisme, de l'athéisme et de la démocratie, peuvent cependant être considérés comme des défenses contre l'intégrisme religieux et le terrorisme en découlant. Nous pensons en particulier aux pays de BRICS, Brésil, Russie, Chine en priorité.

Rédaction provisoire

19/03/2015


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