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Le crash boursier chinois et la relance du projet américain de Trans-Pacific Partnership (TPP)

Pièce maîtresse de l'action lancée par Obama et toutes les forces financières et économiques américaines pour imposer leur influence déjà très forte en Asie, le TTP a reçu du Congrès les autorisations nécessaires pour qu'il soit adopté et transformé en loi fédérale.
 Le président a obtenu une procédure dite de négociation accéléré (fast-track) lui permettant de court-circuiter les discussions et éventuelles oppositions parlementaires. Ce traité, qui est le pendant de celui négocié avec l'Union européenne, le TTIP, et dans les mêmes conditions de confidentialité, intéressera l'Australie, Brunei, le Canada, le Chili, le Japon, la Malaisie la Nlle Zélande, le Pérou, Singapour, le Viet-Nam et bien sûr les Etats-Unis. Il est destiné dans un premier temps à contrebalancer l'influence grandissante de la Chine en Asie Pacifique.

Rassemblant des pays culturellement et économiquement disparates sous un cadre réglementaire commun, inspiré du droit américain, il devrait permettre de supprimer leurs divergences en matière de tarifs, droit commercial, brevets, propriété intellectuelle, banque, investissements étrangers... Pour Obama, comme d'ailleurs pour les pays visés, il est considéré comme devant augmenter considérablement l'influence américaine au sein d'une région déterminante au plan géostratégique.

Plus cyniquement, le TTP a été présenté par le sénateur Charles E. Schumer comme capable d'assurer définitivement la domination des Etats-Unis dans l'Asie Pacifique, permettant d'éloigner les pays de la région d'une influence grandissante de la Chine. « Si ce n'est pas nous qui fixons les règles, a dit par ailleurs Obama, ce sera la Chine qui le fera ». Ainsi sera complété au plan économique le « pivot vers l'Asie » décidé il y a quelques mois par la Maison Blanche, et principalement encore militaire.

Certes, ceux des membres de l'ASEAN (Association des nations de l'Asie du Sud-Est) visés directement par le TPP ont affirmé ne pas vouloir choisir entre la Chine et l'Amérique. Cependant le TPP donnera un accès favorisé aux marchés nord-américains, bien plus attirants que ceux proposés par le Chine. Les nouveaux sous-traitants à bas prix des industries occidentales pourront par ailleurs s'y établir librement et sans grandes contraintes réglementaires, ce qu'ils sont de plus en plus découragés de faire en Chine. De même les investissements des multinationales américaines dans les secteurs nouveaux pourront s'y développer librement. .

Difficultés chinoises

En face de cela, la Chine a enregistré dans les dernières années de nombreuses phénomènes diminuant sa compétitivité, baisse des prix touchant ses exportations, baisse de la demande internationale et interne concernant ses produits manufacturés, ralentissement industriel, cout excessif de ses investissements en matière d'infrastructure et d'immobilier. Les autorités de Pékin ont clairement identifié le développement du TPP comme diminuant les avantages concurrentiels de ses productions dans le reste du monde, c'est-à-dire dans plus de 120 pays. Il en résultera aussi une perte d'attirance de ces pays pour le renminbi chinois en tant que monnaie de change internationale susceptible de remplacer le dollar américain.

Cependant, ceci ne devrait pas affecter sensiblement, non plus que durablement, les perspectives de l'Asian Infrastructure Investment Bank AIIB mise en place par la Chine et ayant attiré des participation d'une vingtaine de pays occidentaux - à l'exclusion des Etats-Unis. Le développement de l'Asie est actuellement considérablement freiné par l'absence d'infrastructures ferroviaires et routières à grande distance, dont la réalisation sera l'objectif prioritaire de l'AIIB. Les projets de Nouvelle Route de la Soie (One Belt, One Road) que nous avons longuement présenté précédemment devraient être un important facteur d'intégration régionale. Le TPP ne vise pas cet objectif. Au contraire, il devrait encourager des concurrences éventuellement destructrices entre les pays partenaires.

Même si la Chine risque de souffrir dans les mois prochains des pertes d'entreprises et d'emplois résultant du crash bancaire actuel, on peut penser qu'elle gardera toute son influence structurante en Asie-Pacifique et au sein de Brics.







08/07/2015


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