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MOAB américaine en Afghanistan ...ou pour la Corée du Nord?

L'utilisation très commentée d'une MOAB (Bombe à effet de souffle massif) en Afghanistan par l'armée américaine a servi, selon cette dernière, à perforer des abris profonds creusés par les Talibans. Un nombre indéterminé d'entre eux ont été tués.
En fait, l'Afghanistan ne préoccupe plus guère les Etats-Unis. Chacun comprend que cette démonstration était à destination de la Corée du Nord. De telles bombes peuvent en effet détruire divers ateliers souterrains où celle-ci mène des études en matière d'arme nucléaire et de missiles intercontinentaux.

Trump a déclaré le 13, après l'utilisation de cette bombe: “I don't know if this sends a message to North Korea. It doesn't make any difference if it does or not. North Korea is a problem—the problem will be taken care of.”. En d'autres termes, il menace la Corée du Nord d'une véritable guerre. Celle-ci serait pour le moment conventionnelle, mais l'emploi du nucléaire viendrait immédiatement si Kim Jong-un menaçait d'avoir lui aussi recours à cette arme.

En attendant, les Etats-Unis et la Corée du Sud déploient des dizaines de milliers d'hommes dans des manœuvres militaires considérables (Foal Eagle). Des destroyers américains et un nombre indéterminé de sous-marins lance-missiles patrouillent dans les eaux coréennes. Le porte-avion Carl Vinson et son groupe s'en rapprochent. Des dizaines d'appareils d'attaque américains sont stationnées dans des terrains au Japon et en Corée du Sud. Des bombardiers stratégiques B-1 opèrent à Guam.

Le Japon pour sa part a ordonné à plusieurs de ses destroyers de rejoindre le Carl Vinson. L'Australie semble se préparer à faire de même. Tous les satellites militaires étudient actuellement la Corée du Nord afin d'y identifier des objectifs prioritaires.

David Trump se fait désormais gloire d'être considéré comme un président « imprévisible », autrement dit dont on peut tout craindre. Si une attaque américaine massive venait en riposte d'une agression coréenne du même style, nul n'en trouverait sans doute à redire, même pas la Chine. Mais s'il s'agissait d'une première frappe, comme certains généraux américains le laissent entendre , les réactions seraient différentes. La Chine, la Russie et même sans doute l'Europe, s'indigneraient de ce qui serait indéniablement un premier pas vers une guerre mondiale, éventuellement nucléaire.

Par ailleurs, les Etats-Unis, la Corée du Sud et le Japon prennent-ils en considération les millions de victimes que pourrait produire chez eux une riposte nord-coréenne, fut-elle seulement conventionnelle, notamment à Séoul.

De sa dernière rencontre avec Xi, Donald une Trump semble avoir conclu que celui-ci laisserait faire une attaque américaine contre la Corée du Nord, qui serait d'après les observateurs américains de plus en plus considérée à Pékin comme une alliée embarrassante, voire menaçante. Mais rien n'est moins sûr. Comment la Chine pourrait elle accepter une intervention militaire massive dans une partie du monde qu'elle considère comme faisant partie de son domaine d'influence. Ceci notamment après que Trump ait auparavant multiplié les déclarations agressives à son égard?

* MOAB Wikipedia

https://fr.wikipedia.org/wiki/Massive_Ordnance_Air_Blast_Bomb

Addendum au 15/04/2017

La Russie ne sera pas impressionnée par la démonstration de Trump. Elle vient de rappeler que face à la « Mère de toutes les bombes (MOAB) » américaine, elle dispose d'un « Père de tous les bombes » qui surclasse la MOAB en termes de pouvoir destructeur et de rayon d'action. Elle est considérée comme aussi efficace qu'une petite bombe atomique, sans présenter le danger des retombées radioactives.

Elle repose sur un principe différent, l'effet thermobarique. Au lieu d'être emplie comme la MOAB d'un grand nombre d'explosifs, elle forme au dessus de l'objectif un nuage de poussière explosive. Celle-ci remplit tous les abris, détruisant en explosant toutes les infrastructures et équipements dans un rayon de 300m. La bombe russe a été testée avec succès en 2011 après avoir été larguée par un bombardier stratégique Tupolev TU-160. L'effet thermobarique avait été expérimenté depuis longtemps, mais pas à une échelle telle que celle de la bombe russe


On lira à ce sujet un article de Sputnik.

https://sputniknews.com/politics/201704141052646394-russia-thermobaric-bomb/

Voir aussi Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Arme_thermobarique

14/04/2017


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