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L'Amérique se prépare à déclencher une guerre nucléaire

Le thème est généralement considéré comme reposant sur des considérations usées jusqu'à l'os. L'Amérique ne déclenchera pas plus de guerre nucléaire aujourd'hui qu'elle ne l'a fait depuis le début de la guerre froide. Ses responsables sont bien conscients, pense-t-on, du risque de destruction mutuelle assurée(MAD) en résultant.
L'on peut cependant s'interroger sur le sens des déclarations récentes du secrétaire à la défense Ashton Carter. Le WSWS, qui comme à l'habitude s'appuie sur des déclarations officiellement prononcées, en dit ceci :  « Le ministre de la Défense américain Ashton Carter a prononcé un discours devant des “missileers” (lanceurs de missiles) sur la base du Global Strike Command (commandement des frappes mondiales) à Minot, dans le Dakota du Sud, lundi, défendant la modernisation massive de l'arsenal nucléaire américain et émettant des menaces belliqueuses contre la Russie. [...] L'axe principal du discours de Carter était la défense de la proposition du plan du Pentagone de 348 milliards de dollars pour reconstruire la “triade” nucléaire de Washington de bombardiers stratégiques, de missiles et de sous-marins. On estime que sur une période de 30 ans, ce renforcement nucléaire drainera la somme de mille milliards de dollars de l'économie américaine. http://www.wsws.org/fr/articles/2016/sep2016/pent-s29.shtml

Première frappe américaine

Le Pentagone parle-t-il pour ne rien dire, ou tout au plus pour drainer mille milliards de dollars au profit du lobby militaro-industriel ? On peut craindre que ce ne soit pas le cas, compte tenu du fait que dans le même temps la perspective d'une première frappe est très sérieusement défendue. Celle-ci est censée détruire d'un coup l'adversaire, sans lui laisser de possibilités de riposte. Mais les experts savent bien que la chose est impossible, compte tenu notamment du nombre des sous-marins nucléaires à charge atomique jusqu'à ce jour indétectables et croisant en permanence dans les océans.

Or l'hypothèse de la première frappe est de plus en plus évoquée à Washington comme une solution nécessaire face à une Russie renouvelant son arsenal militaire. Elle l'est dans les cercles militaires du Pentagone, mais aussi chez un certain nombre de représentants et sénateurs reprenant pour leur compte le vieux thème de la nécessaire destruction de la Russie. Or quel que soit le renforcement des armements russes, les responsables du Kremlin, autant que l'on sache, n'envisagent pas ces armements dans la perspective d'une première frappe. Ils y voient seulement des ripostes à différentes formes d'attaque susceptibles de s'en prendre à la Russie.

 Il est donc rassurant mais aussi inquiétant de voir que Donald Trump, nécessairement bien au courant des réflexions du Pentagone et de la Maison Blanche sur la possibilité d'un recours à une première frappe, vient d'annoncer clairement que dans le cas où il serait élu président, les Etats-Unis abandonneraient officiellement toute idée de First-Strike, inaugurant ainsi une doctrine du No-First-Strike (Voir Antiwar http://original.antiwar.com/justin/2016/09/27/debate-trumps-three-points-peace/)

Or ni Obama, ni à à fortiori Hillary Clinton, ne veulent prendre un tel engagement. Il s'agit d'une raison de plus pour espérer que Donald Trump, malgré tous les reproches que l'on peut lui faire, l'emporte en novembre sur Hillary Clinton. Le monde pourrait échapper en ce cas et grâce à lui  à une destruction assurée.

29/09/2016


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