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Et si Vladimir Poutine avait préféré l'Union européenne à la Grèce....

Sur son blog et dans l'article référencé ci-dessous, le spécialiste allemand des relations internationales Jürgen Elsässer s'est demandé pourquoi Poutine, après avoir plusieurs fois échangé des propos chaleureux avec Alexis Tsipras, lui aurait finalement refusé l'aide de 10 milliards d'euros dont la Grèce aurait eu un besoin impératif si elle avait pris le risque de sortir de l'euro.
Les journaux européens et américains n'ont pas manqué de relater cette péripétie. Poutine aurait seulement promis d'accélérer le rattachement d'Athènes à la branche européenne du gazoduc dit Turkishstream qui est actuellement en projet.

Nous avions nous-mêmes écrit ici, et continuons à penser, que la Grèce n'aurait pu prendre la décision courageuse de sortir de l'euro sans un appui déterminé de la Russie et de la Chine, au sein du Brics. Laissée à elle-même elle n'avait aucune perspective durable de survie économique. Au contraire, à terme, l'avenir de la Grèce comme pivot d'un futur euroBrics aurait été très prometteur. Ceci sous réserve bien entendu que les principaux pays européens s'affranchissent de la tutelle des intérêts américains et reprennent des relations normales avec la Russie, concrétisant ainsi les perspectives de coopération stratégique entre l'Europe et l'Eurasie, premier pas dans la réalisation d'un euroBrics de plus en plus évoqué par la littérature. 

On pouvait penser qu'en Allemagne, sinon en France encore trop soumise à Washington, des intérêts industriels et financiers puissants considèrent que compléter une alliance germano-américaine en voie de dépérissement par une alliance germano-russe aux très nombreuses perspectives, seraient une option géo-politique essentielle pour les prochaines décennies. Des contacts ont certainement eu lieu entre Berlin et Moscou concernant les perspectives d'un accord germano-russe dans ce domaine, étendu progressivement à ce qui pourrait être un accord euroBrics. De telles perspectives auraient certainement représenté un cauchemar pour Washington, comme l'a rappelé plusieurs fois George Friedman, de Stratfor. Mais à moins de s'attaquer simultanément à l'Allemagne et à la Russie, qu'auraient pu faire les États-Unis ?

 Nous ne savons évidemment pas quelle importance attache Vladimir Poutine à de futurs coopérations euroBrics. A notre connaissance, il ne s'est jamais publiquement prononcé sur ce point. Mais le peu d'empressement qu'il a mis à aider la Grèce, en permettant son rapprochement avec les Brics, peut apporter un début de réponse. Comme le pense Jürgen Elsässer, la Russie et la Chine n'attacherait guère d'intérêt à soutenir la petite Grèce, si elles devaient à ce prix compliquer leurs relations futures avec l'Europe et avec l'euroland. Elles ont besoin d'une Europe forte susceptible de s'entendre avec elles, afin de proposer l'euro comme une des alternatives au dollar et finalement de réaliser un euroBrics puissant, véritable force capable de s'opposer à l'Empire américain.

Si aider Tsipras à sortir de l'Union avait signifié pour la Russie et la Chine se faire de l'Europe un adversaire déterminé et durable, alors il fallait sacrifier Tsipras. Celui-ci l'a bien compris, d'où l'étrange facilité avec laquelle il a finalement accepté les diktats de la Troïka.

Post Scriptum au 27/07. Sur ce sujet, voir une interprétation un peu différente

http://lesakerfrancophone.net/les-russes-naiment-pas-les-faux-culs/


 Source

Warum China und Russland Griechland nicht helfen
http://alles-schallundrauch.blogspot.de/2015/07/warum-china-und-russland-griechenland.html


 

27/07/2015


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