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Sur la Défense française

Malgré le peu d'éléments nouveaux concernant la Défense française et les moyens qui lui sont consacrés, le lecteur trouvera ici deux articles récents qui lui sont consacrés, ainsi que notre point de vue sur ce sujet. Déjà souvent exposé ici, il n'est pas inutile de le résumer une nouvelle fois.
L'article ci-dessous, dont nous reprenons de larges extraits, a été publié récemment sur le site Stratediplo, sous le titre  La fin de la défense française. Voir http://stratediplo.blogspot.fr/2017/05/la-fin-de-la-defense-francaise.html

Il nous est difficile d'en identifier clairement l'auteur ni les intérêts qui le motivent. Mais il suffit en ce qui nous concerne d'en apprécier le contenu. Il fait suite à la publication de l'intitulé des Ministres dans le nouveau gouvernement Macron. Celui-ci s'imposera à nous pendant au moins 5 ans, s'il est confirmé par la majorité issue des élections du 18 juin prochain.

C'est donc officiel, la France n'a plus de ministère de la Défense.

 L'évolution de l'intitulé est évidemment logique compte tenu de l'évolution de la fonction. Cela fait vingt ans qu'on le dit, la France n'a plus de défense depuis longtemps. Au niveau de la doctrine l'abandon de la défense date de la stratégie de dissuasion anti-cités, l'absence de défense (militaire et civile) devant assurer tout agresseur potentiel que le gouvernement français n'aurait pas d'autre choix, faute de d'outil de défense, que de vitrifier une partie de la population de l'ennemi en représailles à toute agression majeure. Au niveau des moyens l'abandon de la défense date, plus tardivement, du démantèlement du dispositif de Défense Opérationnelle du Territoire. Au niveau du discours l'absence de posture défensive apparaît clairement à travers les six scénarios d'utilisation des forces armées présentés dans le Livre blanc de 1994. Dans les années quatre-vingt-dix le régime a engagé la France et ses forces armées dans des opérations offensives sur le territoire d'autres pays (en clair des agressions), et dans les années deux-mille il a officialisé cette nouvelle posture, tant par des modifications de la constitution que par des traités internationaux... En fait une véritable glasnost aurait consisté à passer d'un ministère de la Défense à un ministère de ... de la Guerre.

 En matière de stratégie, avant d'être élu Emmanuel Macron avait bien dit qu'à ses yeux les forces armées doivent être capables de défendre l'existence même de la nation, et que c'est la raison d'être de l'armement nucléaire. S'il pense ce qu'il dit, c'est un sérieux rétrécissement stratégique par rapport à son prédécesseur Jacques Chirac qui, préparant le retour de la France dans l'OTAN, avait élargi non seulement les intérêts vitaux de la France (en y ajoutant en particulier la sécurité des approvisionnements et la solidarité avec les alliés) mais aussi la doctrine d'emploi du nucléaire, tant en termes de seuil que de cibles, en contravention d'ailleurs au droit international. Si à partir de 2017 la mission des forces armées, réduites aux capacités nucléaires, est circoncise à la défense de l'existence de la nation, on peut certainement s'interroger sur toutes les circonstances qui, sans remettre en cause cette existence, étaient autrefois justifiables d'une réaction armée (y compris nucléaire) de la France. On peut penser en particulier aux anciennes missions traditionnelles, et fonctions essentielles de l'Etat, comme la souveraineté, l'intégrité du territoire, l'indépendance du gouvernement, la sécurité de la population et des ressortissants, tous devoirs régaliens dont l'Etat n'a été libéré par aucun referendum (qui n'en aurait d'ailleurs pas la légitimité).

 Par ailleurs le titre de ministre des Armées reste encore exagéré. Certes il reste une armée de l'air et une armée de terre, mais en termes d'organisation la France n'a plus d'armées (même au singulier comme dans les années quatre-vingt), ni de corps d'armée, ni de divisions, et ses brigades résiduelles maigrissent à vue de budget, et ne se sont d'ailleurs pas vraiment relevées de la philosophie des "réservoirs de forces", c'est-à-dire des regroupements administratifs au nom martial mais sans réelle vocation à être engagées comme unités organiques constituées. En fait c'est depuis au moins 1995 (voire quelques années plus tôt) que le ministère en charge de réduire les moyens militaires, et de les mettre à la disposition du ministère des Affaires Etrangères, n'est dans les faits plus qu'un secrétariat d'état subordonné au ministère en charge de la diplomatie, et que les véritables hommes d'état à stature internationale se comptent plutôt parmi les ministres des Affaires Etrangères que parmi les ministres de la Défense, en dépit du qualificatif de "ministre d'Etat" encore laissé à ces derniers.

 En réalité, le profil de la personne choisie pour administrer ce qui reste de forces armées peut laisser entrevoir sa mission. Sans écarter la mission de réduction permanente assignée à ses prédécesseurs depuis un quart de siècle (comme à ceux de la précédente avant-guerre), le choix d'une politicienne uniopéenne, experte des institutions supranationales et fermement acquise au fédéralisme, indique que ce n'est pas nécessairement au ministère des Affaires Etrangères français que sera subordonné ce sous-ministère (de facto secrétariat d'état) des moyens militaires. ...

 Emmanuel Macron n'a jamais caché ses intentions ni ménagé ses efforts, tant au ministère de l'Economie que dans ses prises de position personnelles, en vue de la constitution d'un ministère de l'Economie commun aux pays de la zone euro, en contradiction d'ailleurs avec la doctrine libérale contemporaine, enseignée par les agents d'influence des Etats-Unis d'Amérique dans les facultés d'économie du monde entier, selon laquelle la monnaie doit être indépendante du gouvernement, la banque centrale doit être séparée de l'Etat et ce dernier ne doit avoir aucune prise sur la politique monétaire. Le capitalisme socialiste qui domine l'Europe depuis plus de trente ans n'est peut-être pas nationaliste mais il reste indubitablement étatiste, à l'échelon supranational. La constitution de ce gouvernement annonce donc une nouvelle vague de transferts de compétences et de moyens, c'est-à-dire d'abandons de souveraineté, touchant en l'occurrence la diplomatie et les moyens militaires, ces derniers n'ayant d'ailleurs plus ni vocation ni capacité défensive, comme on l'a montré dans le Septième scénario.Voir http://www.lulu.com/fr/shop/stratediplo/le-septi%C3%A8me-sc%C3%A9nario/paperback/product-22330739.html

L'un d'entre nous y a réagi par un message dont nous reprenons ici aussi de larges extraits. Nous souhaitons lui garder  l'anonymat, compte tenu de ses responsabilités passées et présentes dans ce domaine.

Il est exagéré voire malintentionné, d'affirmer que la France n'a plus de défense.

Je conteste  une analyse que le pessimisme  et le manque de base décrédibilisent ( par exemple la méconnaissance du programme Scorpion qui a redonné à l'armée de terre sa structure traditionnelle en Divisions et Brigades) . Il est tout aussi exagéré de dire que la France n'a plus de défense depuis 20 ans. C'est une insulte  aux militaires qui du Mali  au Moyen-Orient assument parfaitement leur mission, les Américains étant du reste les plus éloquents admirateurs  de nos armées .

Il est clair que la chute continue du budget de la Défense pendant une trentaine d'années a réduit considérablement le volume des forces, mais dans une moindre mesure  leurs capacités, que compense il est vrai en partie la modernité des systèmes d'armes ( 1 seul char Leclerc est aussi efficace que 3 Chars AMX30). La situation internationale actuelle se charge de nous  rappeler l'irresponsabilité des dirigeants  de droite ou de gauche, aussi bien en France que globalement en Europe, responsables de ces abandons.

Mais la prise de conscience est maintenant  là, y compris en Allemagne qui a relevé son budget de 8 Milliards d'euros sur 3 ans. Le Président Macron pour sa part ne cache pas son souci de remise à niveau et de modernisation de nos forces  et paraît clairement avoir l'intention d'amener les chefs d'Etat au sein du Conseil Européen à prendre eux aussi des décisions dans ce sens. Les foucades de Trump  et le Brexit  ne peuvent que favoriser un nouvel élan pour une défense Européenne plus responsable et plus capable, ce qui ne réduit du reste  en rien les capacités d'une  défense strictement nationale .

La notion de “défense nationale” ne peut du reste qu'évoluer , puisque la menace est de plus en plus partagée avec nos voisins. De là à penser que la dissuasion nucléaire Française, désormais seule en Europe, pourrait couvrir nos partenaires, c'est une illusion et le Président Chirac l'avait bien constaté. La Défense nucléaire restera strictement nationale dans ce domaine pour encore longtemps, en revanche la défense conventionnelle sera de plus en plus partagée entre les pays européens qui peuvent et veulent aller vers une défense commune. C'est tout le sens de la mal nommée” Coopération Structurée Permanente” du traité de Lisbonne, encore en instance de décision au sein du Conseil Européen.

Au 26/04, nous recevons la réponse ci-dessous de Stratediplo à l'argument de notre correspondant. Nous l'en remercions

Effectivement on peut considérer que le regroupement, il y a quelques mois, de six brigades en deux divisions a rendu à l'armée de terre l'échelon divisionnaire... sur le papier en tout cas, et c'est ce que j'appelle peut-être caricaturalement des "regroupements administratifs au nom martial mais sans réelle vocation à être engagées comme unités organiques constituées". En l'occurrence l'état-major de l'armée de terre planifie et annonce être en mesure d'engager sur un théâtre d'opérations un premier groupement tactique Scorpion (c'est-à-dire un régiment renforcé) en 2021 et une brigade en 2023, donc sous un prochain président, un autre ministre, et sous réserve du respect, pour la première fois depuis qu'elles existent, de deux lois de programmation militaire quinquennale (2014-2019 et 2020-2025). Faute d'annonce, du moins à ma connaissance, de la date à laquelle on envisage d'être en mesure d'engager une division Scorpion en tant que division, je me suis permis d'exclure cet échelon tactique de l'organigramme actuel. En pratique, le regroupement des brigades en deux divisions d'administration a surtout "justifié" la disparition d'une brigade. Autre exemple, en matière de moyens et d'effectifs le regroupement de la maintenance des hélicoptères au sein de l'armée de terre se traduit par une perte équivalente pour la marine et l'armée de l'air, et il en est de même pour les forces spéciales. Les opérations ministérielles consistant à dissoudre une unité "pour mieux répartir les moyens" puis à la recréer cinq ans plus tard "pour mieux regrouper les moyens" alimentent la rubrique rationalisation militaire de la presse, mais leur effet sur l'appareil militaire est plutôt la désorganisation et la démotivation.
 
La "modernité des systèmes d'armes" invoquée par ce critique est un argument théorique de langage qui gagnerait à rester du domaine du langage, sans tentative d'illustration par le (bon) vieux char Leclerc. Sur le plan technique ce char de troisième génération Leclerc développé dans les années quatre-vingt (comparable au T-90) est évidemment supérieur au char de deuxième génération AMX-30 développé dans les années soixante (comparable au T-55). Mais sur le plan tactique un char Leclerc n'est certainement pas équivalent à trois chars AMX-30, d'ailleurs si l'on considère que la manoeuvre est la combinaison du feu et du mouvement l'accroissement de la puissance de feu ne compensera jamais la diminution du nombre d'unités à mobilité autonome. La guerre d'ex-Ukraine démontre tous les jours que la supériorité matérielle, en nombre et en modernité, ne compense pas nécessairement la supériorité humaine, par exemple la motivation de celui qui se bat pour sa survie. Et plutôt que de comparer le char de troisième génération français à celui de la deuxième génération, ou le pistolet-mitrailleur modèle 1949 aux arcs et aux flèches qui lui furent opposés par certains révolutionnaires katangais ou cabindais, il ne serait pas déraisonné de le comparer au char qui commence à équiper le prochain pays que l'on se prépare à attaquer en Europe, en l'occurrence le char de quatrième génération T-14 Armata développé dans les années deux-mille-dix... la "modernité" du char Leclerc en sortirait quelque peu relativisée.
 
Sur un autre plan je me permets de noter qu'en français le Liban, la Syrie et l'Irak appartiennent au Proche-Orient, le Moyen-Orient commençant au monde hindoustani (Pakistan et Afghanistan), distinction certes ignorée de la cosmogonie états-unienne qui, n'ayant pas de proche orient (à moins que ce ne soient l'Europe et l'Afrique du Nord), font démarrer leur Middle-East aux rives orientales de la Méditerranée. Quant à l'opinion selon laquelle les militaires français exécutent, au Mali ou ailleurs hors de France, des missions de défense, j'ai assez exposé ma vision des choses pour me dispenser d'y revenir aujourd'hui ; "pessimiste" et "défaitiste" sont des jugements de valeur auxquels je ne répondrai pas non plus, préférant contester l'opinion de l'autre sur ses arguments.
 
L'Europe de la défense n'est pas en construction, elle a été démantelée avec l'Union de l'Europe Occidentale qui, rappelons-le, disposait à la fin du siècle dernier d'instruments de gestion de crise plus avancés que ceux de l'OTAN en Europe ; l'UEO a été démantelée, après incorporation à l'Union Européenne, pour faire de celle-ci le bras armé de l'OTAN en Europe, or non seulement l'OTAN est une organisation offensive mais de plus le traité de l'Atlantique Nord n'a pas la portée défensive qu'avait le traité fondateur de l'UEO, comme je l'ai justement montré dans le Septième Scénario en comparant la teneur de l'article IV du Traité de Bruxelles de 1948 et de l'article V du Traité de l'Atlantique Nord de 1949.
 
Je réfute donc, par les quatre paragraphes ci-dessus, l'accusation de "manque de base" et de "pessimisme" concernant mes propos.
 
Stratediplo

Notre réaction

Peut-être pouvons nous ici rappeler quelques éléments permettant de préciser les raisons nous faisant craindre une « fin de la Défense française ».

Pressions budgétaires

Depuis des années, les gouvernements français ont fait valoir l'impossibilité compte tenu des pressions budgétaires, de consacrer à la Défense le minimum pourtant jugé désormais incompressible de 3% du Produit intérieur brut. Sur ce point les chiffres disponibles précisent les contributions de chacun des Etats du monde. Voir http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/MS.MIL.XPND.GD.ZS

Or il est évident que si des Etats comme la France estimaient devoir faire face pour des besoins vitaux à un accroissement des dépenses militaires, ils trouveraient les crédits, en économisant sur d'autres chapitres. Si en Europe la France n'a pas encore jugé nécessaire de le faire, c'est parce que différents éléments contribuent à faire penser que la nation n'a pas besoin d'une force de défense suffisante. Ces éléments, selon nous, sont les suivants:

Dépendance à l'Amérique

Les Etats-Unis ont toujours persuadé les pays européens membres de l'Otan que cette organisation, encore aujourd'hui financée et contrôlée par eux, suffit à répondre à tous leurs besoins. Ceci parce qu'ils les ont depuis les origines convaincus que le danger majeur était la Russie. Ils ont toujours craint que certains pays, comme la France sous le Gaullisme, affirment vouloir se donner une force de défense indépendante de l'Otan, dont ces Etats conserveraient la maitrise. Le France est désormais rentrée dans le rang, après quelques velléités d'indépendance. Si l'on s'en tient aux informations communiquées, ce n'est pas la participation d'Emmanuel Macron au sommet de l'Otan le 25/05, ni l'entretien qu'il a eu avec Donald Trump, qui changeront grand chose aux relations de la France avec l'organisation.

Certes, depuis son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump revendique bruyamment une plus large participation des membres aux budgets de l'Otan, mais ce n'est pas pour renoncer à leur contrôle quasi absolu de cet organisme. D'ailleurs le lobby militaro-industriel américain ne le souhaite pas, puisqu'il vit très largement des dépenses militaires consenties par le gouvernement fédéral, dans le but de combattre, en tous temps et en tous lieux la « menace » russe. Celles-ci sont approximativement de 700 milliards de dollars annuels. Voir https://www.planetoscope.com/Etonnant/296-depenses-militaires-des-etats-unis.html

On fait valoir que dans certaines zones du monde, notamment le Sahel, la France s'est dotée de moyens militaires non négligeables – d'ailleurs à bout de souffle aujourd'hui. Mais c'est avec le plein accord de l'US Africa Command américain. Celui-ci délègue, notamment à la France, des actions dont ils restent finalement les instigateurs. Les Etats-Unis conservent ce faisant leur contrôle, au service de raisons militaires, mais aussi diplomatiques et économiques. Voir https://www.africom.mil/

Perte progressive d'influence politique des industriels français de défense.

On fait valoir que ceux-ci jouissent en France d'une influence considérable. On évoque notamment des programmes dont ne disposent pas les autres pays européens. Ceci notamment dans le domaine des avions de combat (Rafale), des sous-marins (Scorpène) ou du spatial. Mais ces programmes suscitent aux Etats-Unis et même en Europe une hostilité croissante. Les industriels qui les ont pris en charge ne peuvent vivre de la seule demande française. Ils doivent exporter. Or ce faisant, ils se heurtent là encore à une concurrence américaine exacerbée par la crise. Le complexe militaro-industriel américain ne recule devant aucun moyens, loyaux et surtout déloyaux, pour s'imposer. Ceci même en France.

Incapacité de l'Union européenne à conduire à bien des projets industriels et scientifiques européens intéressant la défense.


Citons sans insister les cas de l'Eurofighter, de l'Airbus A400 M et même dans une large mesure les systèmes de navigation par satellites Galileo/EGNOS, essentiels pour une défense européenne ne voulant pas dépendre du GPS américain. Ceci tient notamment à l'incapacité d'arbitrer entre objectifs et intérêts industriels des pays européens impliqués.

Refus de prendre au sérieux l'offensive généralisée du terrorisme islamique

Les organisations islamiques qui se reconnaissent à la source d'actes de terrorisme qui frapperont de plus en plusieurs pays européens (par exemple le récent attentat de Londres) ne sont pas considérées en Europe, non plus d'ailleurs qu'en France, comme une menace majeure. En conséquence, les moyens dévolus aux services de police et aux forces armées luttant contre ce terrorisme restent absolument insuffisants. Ceci ne concerne pas uniquement le renseignement mais le recrutement de milliers de policiers et militaires qui manquent dans ce domaine, et pas seulement en France et

en Grande Bretagne, les plus visées. Les raisons de ce laxisme sont complexes. Certaines sont difficilement avouables mais particulièrement à craindre. Elles concernent notamment le refus des partis politiques et des collectivités locales d'admettre que parmi les millions d'électeurs musulmans, dont chacun cherchent à s'assurer le soutien, un nombre considérable d'ennemis de l'intérieur et de terroristes se dissimuleront désormais.

Certains gouvernements européens croient pouvoir compter sur le relais de l'Otan. Mais la récente déclaration de Donald Trump à Ryad, appelant à constituer un Otan des pays musulmans destiné à lutter contre le terrorisme, est particulièrement éclairante quand on considère qu'il s'est adressé en ce sens à l'Arabie saoudite et alliés sunnites, qui ont toujours financé le terrorisme international au nom de l'Islam wahhabite. Dans le même temps, Trump a renouvelé son intention de s'attaquer à l'Iran chiite, en l'accusant d'organiser partout le terrorisme, ce qui est évidemment faux. Aucune diplomatie européenne, y compris en France, ne s'élève contre ce jeu mortifère.

Dépendance à l'Union européenne

Même si l'UE s'est toujours montrée incapable d'organiser une force de défense européenne ou de financer les budgets nécessaires, la grande majorité des Etats européens continuent de fait à lui faire confiance, faute de vouloir financer une défense efficace au plan national. On peut craindre que ce soit désormais le cas de la France. Malgré les affirmations du président Macron, la composition de son nouveau gouvernement, sur laquelle nous ne reviendrons pas ici, montre que se prépare dans le domaine des affaires étrangères et de la défense, une dépendance accrue à l'Union européenne ou à l'Allemagne. Celle-ci paraît désormais vouloir tenir l'ancien rôle de la France en matière de défense européenne. Nous y reviendrons.

Par ailleurs, malgré certaines tentatives méritoires, provenant de ceux qui voudraient compenser les insuffisances de l'Union européenne en matière de défense par la constitution d'une défense européenne en s'adressant à un certain nombre de pays européens non membres de l'Union, risquent de se heurter à une incompréhension des besoins provenant de ces autres pays. Il n'y a pas de raison de penser qu'ils pourront échapper aux pressions conjuguées des Etats-Unis et de l'islamisme pour faire de grands efforts en ce sens. Mais peut-être sera-t-il prochainement possible d'être moins pessimiste. Si nécessaire, nous en reparlerons ici.

NB. Ce texte ne recueille pas nécessairement l'accord de la totalité des membres de notre comité de rédaction

25/05/2017


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