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A Munich, en fait de sécurité, le danger c'est la Russie

La 54e conférence sur la sécurité 2018 s'est tenue à Munich les 16,17 et 18 février. On trouvera aux liens ci-dessous le résumé des interventions.

Au delà de ces comptes rendus officiels, que pouvons nous en retenir?

L'Allemagne et la France ont laissé entendre – mais pas trop fort – qu'elles souhaitaient se dégager du parapluie militaire américain afin de se doter de forces autonomes. Ceci en sous-entendu parce qu'elles étaient déçues du retrait de Donald Trump et de sa politique inconsistante, face notamment à la prétendue menace russe. Il n'étais donc pas question pour Paris et Berlin d'affirmer que cette menace était une invention des Etats-Unis et que la sécurité n'est en rien menacée par Moscou.

Au contraire les Européens, à commencer par le président allemand Wolfgang Ischinger, ont prévenu que le monde était à la veille d'un conflit international majeur. Ce discours a été repris par le Secrétaire général de l'ONU António Guterres qui a parlé d'une guerre nucléaire imminente. Le Secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a tenu les mêmes propos.

Selon eux, un danger imminent venait de la politique nucléaire de la Corée du Nord, que ni la Chine ni la Russie, ses alliées, ne voulaient arrêter. Au contraire, ils l'ont accusé la Chine ni la Russie de vouloir développer leurs capacités nucléaires – comme si ce n'était pas Washington qui avait relancé la course aux armes nucléaires avec l'affirmation de sa nouvelle Nuclear Posture Review (voir à ce sujet notre article du 5 février)

Comme il fallait s'y attendre, le conseiller national américain à la sécurité H.R. McMaster a prévenu que de multiples conflits allaient éclater au Moyen orient et en Asie du Sud-est, du fait des alliés de la Russie en Syrie, en Irak et au Yémen, agissant par procuration (Proxies, un mot qui fait fortune) pour le compte de Moscou et de l'Iran, ainsi évidemment que la Corée du Nord. McMaster n'a oublié qu'une chose: trente ans de guerre au Moyen Orient ont résulté des interventions belliqueuses américaines.

Il a répété que Bashar al Assad continuait à utiliser des armes chimiques, alors que les agences de renseignement américaines venaient de constater qu'elles n'en avaient pas de preuves.

Dans une intervention le 18, Benjamin Netanyahu a prévenue qu'Israël était prête à se battre sur tous les fronts nécessaires contre l'Iran, plus précisément contre les tyrants de Teheran (tyrants of Tehran... Do not test Israel's resolve.”

Le ministre des Affaires étrangères allemand Sigmar Gabriel a parlé à l'unisson (contrairement au portrait optimiste que nous avions dressé de lui dans notre Rubrique L'Invité du mois »). La Chine et la Russie essayent constamment de miner l'unité de l'Union Européenne. A travers sa Belt and Road Initiative OBOR), la Chine propose une stratégie qui méconnait les valeurs démocratiques occidentales.

Hors des séances plénières cependant, la ministre allemande de la Défense Ursula von der Leyen a prévenu que les Etats européens ne pourraient plus accepter de confier à la seule Otan (c'est-à-dire les Etats-Unis) la défense de ses interêts sécuritaire, notamment en matière de lutte contre le terrorisme, lutte contre le réchauffement climatique et lutte contre la pauvreté. L'Europe demeurera transatlantique, mais elle devra devenir aussi plus européenne. D'où la nécessité d'une Europe de la défense autonome. La ministre de la défense française Florence Parly a dit de son côté que l'Europe devrait seule décider des mesures de défense contre les menaces venant du Sud.

La Première ministre britannique Theresa May, pour sa part, a insisté sur le fait que l'Union européenne ne devait pas considérer que la Grande Bretagne, malgré le Brexit, se tiendrait à l'écart des futures structures de défense européenne. Lorsque l'on sait comment en tous points, depuis la stratégie jusqu'aux matériels militaires, la Grande Bretagne a été et restera un pion au service des Etats-Unis, Theresa May donne la preuve que Washington n'a pas l'intention d'abandonner sa tutelle sur l'Europe.

Références

https://www.securityconference.de/en/

https://www.securityconference.de/en/news/article/what-happened-at-the-munich-security-conference-2018-analyses-and-press-reports/

Voir aussi des chiffres qui n'ont pas été évoqués à la conférence de Munich
https://russia-insider.com/en/sad-old-men-will-attack-russia-munich-security-conference/ri22542

19/02/2018


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