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Moscou et la République Populaire de Lugansk (RPL)

On situe mal en France les deux Républiques populaires dite auto-proclamées de Lugansk et de Donetsk. Toutes deux se situent à l'Est de l'Ukraine. Dès le coup d'état dit aussi Révolution de Maïdan par lequel en février 2014 le gouvernement de Victor Ianoukovytch pro-russe avait été chassé pour être remplacé après divers péripéties par Petro Porochenko, totalement dans la main de Washington, ces deux territoires très largement peuplés de russophones, avaient décidé de faire sécession.

S'en est suivi une longue guerre, dite guerre du Donbass, ayant fait plus de 10.000 morts de part et d'autres. Aujourd'hui, la guerre s'est très largement calmée, mais des incidents meurtriers généralement provoqués par le régime de Kiev, surgissent encore.

Malgré ce qui avait été prétendu, les deux républiques n'ont été soutenues que très marginalement par l'armée russe. Moscou conserve cependant un oeil sur elles. Sans intervenir directement, il s'efforce de les aider à surmonter leurs difficultés.

Il vient d'en avoir l'occasion aujourd'hui en RPR. A la suite de rivalités entre le président Igor Plotnitsky et son ministre de l'Intérieur Igor Kornet, Igor Plotnitsky s'était incliné et s'était réfugié à Moscou, laissant le pouvoir à Kornet. Celui-ci avait insisté sur le fait qu'il ne s'en prenait pas directement au président, mais à « des traitres »  de son entourage. Il en avait fait arrêter un certain nombre, les accusant de travailler secrètement pour Kiev. Cette crise ouverte au sein de la RPR, pouvant dégénérer en guerre civile, a obligé le gouvernement russe à ne pas rester passif.

Cependant, semble-t-il à la demande expresse de Vladimir Poutine, il étudie aujourd'hui trois options susceptibles de ramener le calme: - soit faire restaurer Plotnitsky malgré l'opposition de Kornet, ce qui ferait inévitablement de ce dernier un adversaire de Moscou. - soit insister pour le maintien de Kornet, mais ceci n'aurait pas permis à la crise actuelle d'évoluer. - soit intervenir pour que les deux républiques, de Lugansk et de Donetsk, acceptent de fusionner afin de relancer le projet précédemment abandonné de « Novorussie ».

Il est très probable que les deux républiques accepteront finalement cette dernière solution, surtout si Moscou dispensait à l'une et à l'autre certaines des aides économiques dont elles ont le plus grand besoin. En ce cas, on peut prévoir que, grâce à son charisme supérieur, l'actuel président de la République de Donetsk, Denis Pouchlinine, soit élu président de la nouvelle Novorussiia.

Ce ne serait que du bon sens. Il est aujourd'hui ridicule de voir deux républiques se partager la souveraineté sur un aussi petit territoire, se montrant incapables d'unir leurs forces militaires et civiles face aux agressions communes qu'elles ne manqueront pas de subir encore, tant de Kiev que de l' « Occident ».

 

 

24/11/2017


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