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La Chine à Davos. Consécration ?

Le prochain sommet de Davos où se retrouvent tous les ténors de l'oligarchie financière, se tiendra du 17 au 20 janvier 2017. On ne sait pas encore si Trump s'y fera représenter, malgré le fait que la plupart de ses ministres sont de fervents partisans du libéralisme mondialisé, dit globalisation. Son discours actuel est en faveur d'un retour au protectionnisme, face aux dégâts produits en Amérique, notamment, par une concurrence non bridée provenant de la Chine et d'autres pays asiatiques.
Sur Davos, voir https://www.weforum.org/events/world-economic-forum-annual-meeting-2017

Par contre, tous les spécialistes pensent que la Chine, sous l'égide du président Xi Jinping, jouera à Davos un rôle éminent. Celui-ci y ré-affirmera que son pays est un fervent partisan du libéralisme économique international, autrement dit de la globalisation, présentée comme un facteur essentiel pour le développement de la paix et de la prospérité.

Personne ne lui fera remarquer, car l'on se trouvera entre gens policés, que sous le terme de globalisation, la Chine vise à exporter à bas prix dans le monde entier des produits industriels fabriqués chez elle par un prolétariat sous-payé. Au nom des vertus de la globalisation, elle combat donc toutes les tentations de protectionnisme, sous forme notamment de droits de douanes renforcés, que pourraient avoir les pays victimes de cette concurrence. Ceux des pays européens qui rêvent à un retour, même timide, à un certain protectionnisme, devront se le tenir pour dit.

La Russie de Vladimir Poutine, en ce qui la concerne, a fait son choix. Après avoir, avant l'arrivée de Poutine, failli être ruinée par la globalisation, sous l'influence d'oligarques russes dévoués au capitalisme notamment américain, elle a retrouvé la voie d'une indépendance reposant sur des investissements financés par les citoyens russes, quel qu'en soit le prix payé en terme notamment de consommation.

Faut-il en conclure que Davos mettre en évidence une fracture grandissante entre une Chine globalisant à tout va, au service de ses intérêts, et une Russie ne comptant que sur elle pour se développer? Ce serait aller un peu vite, même si l'Amérique de Trump paraît décider à jouer, y compris en termes militaires dans le Pacifique, l'opposition avec Pékin et le rapprochement avec Moscou.

Chine et Russie partagent dans la perspective de l'Eurasie des intérêts de bien plus long terme que ceux qui seront évoqués à Davos. Voir http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2431&r_id=&t=Trump%20ne%20pourra%20pas%20compromettre%20l%27alliance%20russo-chinoise
L'alliance avec la Russie permettra de compenser, comme l'indique cet article, les faiblesses fondamentales de la Chine, notamment son manque de territoire et de matières premières.

De plus on ne voit pas désormais comment la Chine pourrait coopérer en profondeur avec les Etats-Unis, compte tenu des propos belliqueux que devrait continuer à tenir à son égard Donald Trump. Pour que la coopération entre Wall Street et Pékin se développe, il faudrait sans doute que Trump soit, d'une façon ou d'une autre, chassé de la Maison Blanche.


16/01/2017


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