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Donald Trump: possible père refondateur de l'Union Européenne

L'opinion mal informée attribue généralement à Robert Schumann et ses homologues le mérite d'avoir été les pères fondateurs de l'Europe. En fait, comme ceci a été révélé depuis, ces « européens » avaient été des instruments de Washington, CIA interposée, pour faire de l'Europe un glacis militaire et économique leur permettant de commencer à mener la guerre contre l'URSS
Celle-ci a laissé place depuis à la Russie, mais la guerre américaine n'a jamais cessé et l'Europe n'a jamais été capable de prendre son indépendance politique et son autonomie militaire et économique.

La France sous le gaullisme avait pendant quelques années résisté à ce rôle d'alliée subordonnée, mais après 1968 (provoqué d'ailleurs par la CIA comme on l'a su depuis pour faire tomber De Gaulle) elle n'a eu de cesse de servir au mieux ce qu'il faut bien continuer encore à nommer l'impérialisme américain. Nicolas Sarkozy, premier des atlantistes, s'était ainsi immédiatement attaché à faire rentrer la France dans l'Otan et à initialiser au Moyen Orient les guerres qu'attendaient les intérêts pétroliers et stratégiques d'outre Atlantique.

Il en résulte aujourd'hui que l'Europe n'a ni diplomatie propre, ni moyens de défense autonome' par rapport aux forces armées américaines, ni volonté de concurrencer vraiment les entreprises et les banques américaines, ne fut-ce qu'en se protégeant par un minimum de protectionnisme. Aujourd'hui elle se laisse imposer les « sanctions » à l'égard de la Russie et les négociations dites du Tafta ou TTIP dont la véritable consigne peut se résumer par un simple mot « buy american ».

Or ce que les Européens n'ont jamais eu le courage de faire, Donald Trump s'il accède à la présidence les obligera peut-être à s'y résoudre. Le programme de celui-ci se précise peu à peu. S'il l'applique – à condition de n'être pas assassiné auparavant – l'Union européenne devra se résoudre à se doter d'une défense vraiment européenne, Donald Trump ayant déjà affirmé qu'il n'assurerait pas ce rôle. Par ailleurs, l'Union devra apprendre à voir dans la Russie un partenaire possible, « Le Donald » ayant affirmé vouloir cesser enfin une guerre froide à l'égard de Moscou jamais interrompue depuis la 2e guerre mondiale. Au plan économique, il dit enfin vouloir par le protectionnisme redonner de la vigueur à l'économie réelle américaine rendue exsangue par les impératifs de mondialisation imposés par Wall Street.

Aujourd'hui 3 mai, il a surpris tout les bien-pensant du néolibéralisme en annonçant qu'il n'hésiterait pas par le protectionnisme à se défendre des offensives économiques de la Chine. Celle-ci profite en effet du libre-échange imposé par les élites financières mondialisées pour inonder l'Amérique de produits à bas coûts, ruinant ce faisant ce qui restait à cette dernière de ressources industrielles propres.

Si comme prévisible, Trump accède à la Présidence, si ensuite il ne renonce pas à mettre en œuvre le programme annoncé, s'il trouve enfin aux Etats-Unis les compétences nécessaires pour mettre celui-ci en application, l'Union européenne sera nolens volens obligée d'en tenir compte et de s'adapter.

Concrètement notamment, cela voudra dire que, comme la fait dans une certaine mesure la France, elle se dotera d'une défense vraiment européenne, qu'elle réinvestira en propre dans les industries et la recherche, notamment dans le domaine numérique et finalement qu'elle négociera sans demander d'autorisation les coopérations qui lui paraitront utiles avec la Russie et le reste du monde. Elle devra enfin rebâtir et protéger ses frontières, en généralisant notamment un protectionnisme sélectif indispensable à son développement.

Si les pays européens s'y résolvent, les manuels d'Histoire pourront présenter Donald Trump comme le vrai et premier père de l'Europe. Il aura fait sans nécessairement le rechercher ce que nul Européen n'avait été avant lui capable de faire.

03/05/2016


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