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MH17. Notre volonté de ne pas chercher à mieux comprendre

Les hommes politiques européens, relayés par quasiment tous les médias, n'ont cessé depuis l'attentat contre le MH17 au dessus de l'Ukraine, d'explorer les nombreuses raisons qu'aurait eu Vladimir Poutine de provoquer, directement ou par Ukrainiens pro-russes interposés, cet événement dont on mesure de plus en plus les conséquences géopolitiques déstabilisatrices. Certes une erreur des Ukrainiens n'est pas à exclure, mais sinon, quelles hypothèses?

Personne ne se demande quels avantages auraient tirés Vladimir Poutine et plus globalement la Russie, d'un tel attentat: faire peur aux Ukrainiens de l'Ouest, aux Européens et aux autres, en montrant que la Russie, pour défendre son emprise sur cette partie du monde n'hésiterait pas à employer tous les moyens, y compris pourquoi pas la guerre?

Cela n'aurait eu pour Poutine aucun sens. Il aurait dressé contre lui tous ceux avec lesquels il avait engagé des opérations de rapprochement pouvant être profitables pour toutes les parties en présence? Il aurait provoqué le durcissement contre lui de sanctions civiles voire militaires auxquelles la Russie pourrait certes faire face, mais dont les conséquences néfastes, fussent-elles subies en retour par les sanctionneurs, ne lui apporteraient que des inconvénients? A supposer qu'il existe en Russie un lobby militaire voulant obliger Poutine à cesser ses efforts de conciliation avec l'Occident, et que des militaires russes aient été à la source de l'attentat, on ne voit pas comment une voie aussi tortueuse et incertaine aurait pu être choisie par eux. Il aurait mieux valu agir directement contre Poutine en interne.

Les bénéfices que l'attentat a procuré aux Etats-Unis devraient au contraire nous sauter aux yeux. Dans l'immédiat, les rapprochements avec la Russie qui s'amorçaient entre l'Allemagne, la France et quelques autres sont rendus impossibles. De même les pays de l'Est européens, déjà profondément anti-russes, se trouvent confortés dans cette posture, avec cette conséquence que la mise en place du BMDE (Ballistic Missile Defence in Europe) pourrait être relancée. Plus généralement une participation plus étendue de l'Union européenne à l'Otan peut être plus que jamais exigée. Si par ailleurs Poutine réagissait aux sanctions et menaces en intervenant directement en Ukraine, il signerait sa mort politique. Or l'objectif de l'Amérique, comme ses experts et diplomates les plus radicaux ne cessent de le demander, est d'obtenir la disparation de la Russie en tant que puissance organisée.

Mais dira-t-on, vous n 'allez pas aller jusqu'à soupçonner l'US Air Force ou tout autre moyen militaire américain d'être intervenus directement? Certes, ils ont fait pire dans d'autres parties du monde. Sans aller jusque là, les services américains disposent d'assez de mercenaires très entrainés au maniement des armes complexes, et opérant depuis longtemps en Ukraine, pour agir indirectement, et en toute discrétion, même au regard des observations radar et satellitaires russes. L'intervention d'un avion de combat ukrainien soudoyé n'est pas non plus à exclure.

Pour en revenir aux médias européens, nous ne disons pas qu'ils devraient accuser les Etats-Unis sans preuves. Ils devraient par contre exprimer quelques doutes et poser quelques questions, y compris à nos hommes politiques. Ce serait là l'honneur et le devoir d'une presse se voulant libre.


31/07/2014


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