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Une bataille dont on ne parle pas, celle de Deir es-Zor

L'on a beaucoup commenté en Europe la reprise d'Alep par les forces de Bashar al Assad, dites aussi forces loyalistes. Aujourd'hui l'on parle de la reprise d'une grande partie de Mossoul par l'armée irakienne. Beaucoup en concluent que l'Etat islamique (EI) est en passe d'être chassé de Syrie et d'Irak. C'est évidemment faux si l'on regarde la situation sur le terrain. Il y a quelque jours la ville de Palmyre a été reprise pas l'EI qui s'y est retranchée et qui n'en sera pas éliminé de si tôt. Mais plus gravement, c'est l'incapacité des forces loyalistes et de leurs alliés russes et iraniens à repousser l'EI de la ville stratégique de Deir es-Zor qui retient l'attention.


Deir es-Zor est une ville de Syrie située sur les rives de l'Euphrate. Elle avait une population d'environ 133 000 habitants. C'était une ville agricole prospère avant la bataille de Deir es-Zor en cours depuis 2014. Cette bataille, qui avait commencé bien plus tôt, reste encore pratiquement ignorée de l'opinion occidentale. Un article de Wikipedia en rappelle les grandes lignes https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Deir_ez-Zor_(depuis_2014)

Elle met aux prises les forces loyalistes et les différents groupes rebelles ou terroristes aujourd'hui regroupés sous le nom d'EI. Celles-ci ont longtemps reçu l'appui des Etats-Unis qui y voyaient un bon moyens pour abattre Bashar ai Assad. Rappelons qu'en septembre dernier, plusieurs avions américains avaient pris pour cible, prétendument par erreur, l'armée syrienne assiégés dans Deir Ez Zorr.. Aujourd'hui, avec l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, cet appui semble devoir cesser, mais les vieilles habitudes sont durables...d'autant plus que l'Iran impliquée dans la bataille de Deir es-Zor en soutien aux loyalistes est présentée par Donald Trump comme un adversaire avec qui aucune négociation ne serait possible.

Le 14 janvier 2017, l'État islamique, bien installée à Jerablus et Racca, lance une offensive majeure contre les positions du régime à Deir ez-Zor, plusieurs kamikazes se sont fait exploser. Le 15 janvier, les djihadistes gagnent du terrain malgré plus de 120 frappes aériennes principalement syrienne et marginalement russes. Elles s'emparent du mont Tardah et de plusieurs collines surplombant l'aéroport de Deir ez-Zor. En contrôlant ces hauteurs à proximité de l'aéroport, les djihadistes empêchent alors les loyalistes d'envoyer des avions et des hélicoptères à Deir ez-Zor pour ravitailler les assiégés,

Le 16 janvier, les troupes de l'EI parviennent à couper en deux les positions loyalistes et à encercler l'aéroport qui se retrouve isolé du reste de la ville. Les quartiers de Deir ez-Zor se retrouvent alors privés de tout ravitaillement en vivres, la voie vers l'aéroport étant désormais coupée. Actuellement environ 80 000 civils sont encore présents dans la poche de Deir ez-Zor tenue par le régime, 200 000 autres se sont enfuis depuis le début du siège.

L'EI les menace aujourd'hui d'un massacre général. Les Occidentaux, face à ce qui serait un véritable génocide, bien supérieur aux morts d'Alep et de Mossoul, ne réagit pas. Il est vrai que la région est riche en ressources pétrolières dont les différents belligérants voudraient s'emparer, sans se préoccuper du sort de la population.

Le ministère russe de la Défense vient d'annoncer que six bombardiers à longue portée ont volé depuis la Russie vers le gouvernorat de Deir ez-Zor pour toucher des cibles de l'Etat islamique. Un raid similaire avait été effectué le 21 janvier. Toutes les cibles visées auraient été détruite. Mais cela n'affectera que marginalement les positions de l'EI. ont été détruites.

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, s'est indignée le 19 janvier 2017 du silences des organisations internationales à l'égard de la souffrance des civils à Deir Es Zor du fait du terrorisme de l'EI. Mais cette indignation restera purement verbale et n'empêchera pas le massacre des civils de se produire, si l'EI y trouve intérêt dans le maintien de ses positions à Deir ez-Zor et dans la région.



23/01/2017


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