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Bernie Sanders, faux dur ou traitre délibéré ?

A la suite de ses derniers échecs dans 5 primaires démocrates sur 6, au lieu de continuer la lutte jusqu'au bout comme beaucoup de ses supporters l'espéraient, le Sénateur du Vermont Bernie Sanders a fait connaître à des centaines de militants et de journalistes qu'il reconnaissait sa défaite devant Hillary Clinton.
Il a reconnu qu'il devait cesser de critiquer cette dernière comme il le faisait avec vigueur jusqu'à présent. Sinon il risquait de diminuer ses chances de l'emporter devant Donald Trump. Il s'est cependant déclaré satisfait d'avoir rempli sa mission (“mission accomplished”) en persuadant des millions de jeunes et d'électeurs qu'une révolution politique était possible, face aux oligarques du parti démocrate lesquels soutiennent en Hillary Clinton une candidate qu'il n'avait cessé pour son compte et non sans raisons de présenter comme un guignol de Wall Street et une criminelle de guerre.,

Manifestement il a cédé aux fortes pressions du parti démocrate lui enjoignant d'éviter que ses millions d'électeurs insatisfaits par le Système et convaincus des bienfaits d'une social démocratie à l'européenne européenne rejoignent leurs homologues qui soutiennent actuellement Donald Trump. Cela aurait certainement permis à celui-ci de l'emporter face à Clinton dans le vote final. Autre hypothèse qui terrifiait tout autant l'état-major démocrate, que tous ces jeunes demandeurs de révolution se réunissent pour constituer un 3e parti dont les chances de bouleverser le paysage politique américain n'auraient pas été négligeables.

Nous sommes pour notre part en droit dans ces conditions de nous demander si Sanders est un faux dur ou un traitre délibéré à la cause proclamé du socialisme. Dans le premier cas il aurait été débordé par le succès inattendu de ses premières propositions et se serait avoué à lui-même incapable de mener jusqu'au bout un mouvement qu'il avait initié, mais qui se révélait trop ambitieux pour lui. Dans le second cas, le plus vraisemblable selon nous, il aurait accepté dès le début de jouer un rôle de traitre au service du système de pouvoir actuel, qu'il soit démocrate ou républicain. En ce cas, il aurait délibérément accepté de servir de rabatteur au parti démocrate, dans le but d'attirer vers celui-ci, et finalement d'Hillary Clinton, les millions de citoyens en révolte latente contre le Système.

On peut craindre que cette manœuvre ne l'emporte finalement. Alors, Hillary Clinton élue grâce à lui ne saurait à l'avenir lui être trop reconnaissante – encore que la reconnaissance en ce monde n'existe pas. Mais l'avenir n'est pas tout à fait joué. Dans la situation de chaos généralisé où se trouve actuellement la vie politique américaine, on peut toujours espérer qu'un événement inattendu ne survienne et ne renverse les tables. Wait and see.

Pour la défense de Bernie Sanders, reconnaissons que partout dans le monde, et récemment en France, des candidats aux fonctions suprêmes se font élire sur des promesses (telles que combattre impitoyablement la finance) qu'ils s'empressent d'oublier une fois au pouvoir.

01/05/2016


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