Europe Solidaire http://www.europesolidaire.eu/ Europe Solidaire Europe Solidaire http://www.europesolidaire.eu/logo.gifEurope Solidairehttp://www.europesolidaire.eu/ Thu, 17 Apr 2014 17:52:41 GMT Remplacer les disques dans les serveurs de Big data par des mémoires flash http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1258 1258 <br /><div class="node-inner" id="bloggPostInner"><br /> <div class="content"> <p class="center"><span><img width="540" height="326" class="external" alt="storage_big_data.jpg" src="http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2014/143/storage_big_data.jpg" /></span></p> <p>&nbsp;</p> <p><span>Les m&eacute;moires flash exploitent des propri&eacute;t&eacute;s quantiques de la mati&egrave;re, comme l'indique l'article. Mais pourquoi n'ont-elles pas &eacute;t&eacute; utilis&eacute;es plus t&ocirc;t pour la m&eacute;morisation des &eacute;normes quantit&eacute;s de donn&eacute;es dans les grands Data Center, notamment ceux de la NSA ou de Google? Outre leurs co&ucirc;ts en mat&eacute;riel, la complexit&eacute; croissante des logiciels permettant de les exploiter rapidement, ces centres consomment des quantit&eacute;s consid&eacute;rables d'&eacute;lectricit&eacute; et d'eau. Si bien que les D&eacute;mocrates de l'Utah ont menac&eacute; de couper l'eau au centre de la NSA &agrave; Bluffdale, pour pour la forcer &agrave; limiter ses intrusions dans les fichiers priv&eacute;s. C'est que manquaient encore des id&eacute;es ing&eacute;nieuses pour les exploiter &agrave; grande &eacute;chelle.</span></p> <p><span> Ceci ne devrait plus &ecirc;tre le cas. Des chercheurs du MIT viennent de pr&eacute;senter &agrave; <a target="_blank" class="external" href="http://www.eecg.utoronto.ca/FPGA2014/">l<em>'International Symposium on Field-Programmable Gate Arrays</em></a> &agrave; Monterey, Californie, de nouveaux proc&eacute;d&eacute;s de stockage utilisant des m&eacute;moires flash, afin de g&eacute;rer les Big data. Les donn&eacute;es peuvent &ecirc;tre acc&eacute;d&eacute;es au hasard (sans programmation pr&eacute;alable) avec des temps de r&eacute;ponse r&eacute;duits de mille fois, par rapport aux temps actuels de 12 millisecondes d&eacute;j&agrave; obtenus sur les disques durs traditionnels. De plus les contenus ne sont pas volatils. </span></p> <p class="center"><img width="513" height="299" class="external" alt="BlueDBM.jpg" src="http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2014/143/BlueDBM.jpg" /></p> <p class="center"><br /> <em>BlueDBM top level system diagram: multiple storage nodes are connected using high speed serial links, forming an inter-controller network (credit: Sang-Woo Jun et al.)</em></p> <p><span>La solution propos&eacute;e, nomm&eacute;e Blue Database Machine (Blue DBM), connecte un certain nombre de m&eacute;moires flash &agrave; un <em>field-programmable gate array</em> (FPGA), autrement dit un circuit logique programmable, ou r&eacute;seau logique programmable, Il s'agit d'un circuit int&eacute;gr&eacute; logique qui peut &ecirc;tre reprogramm&eacute; apr&egrave;s sa fabrication. Ces FGPA sont int&eacute;gr&eacute;s &agrave; des puces FGPA afin de cr&eacute;er des noeuds-relais individuels afin d'accomplir des op&eacute;rations sans d&eacute;placer les donn&eacute;es. Ces puces elles-m&ecirc;mes peuvent &ecirc;tre connect&eacute;es &agrave; un r&eacute;seau de haute performance permettant les calculs en s&eacute;rie. Il en r&eacute;sulte que les informations individuelles pr&eacute;sentes dans chacun de ces noeuds peuvent &ecirc;tre acc&eacute;d&eacute;es avec un temps de r&eacute;ponse de quelques nanosecondes. </span></p> <p><span>Enfin, avec de multiples noeuds, il est possible d'obtenir la m&ecirc;me largeur de bande et les m&ecirc;mes performances que celles fournies par des centres de donn&eacute;es classiques bien plus co&ucirc;teux. Les chercheurs construisent actuellement un r&eacute;seau prototype de 16 n&oelig;uds, chaque noeud pouvant traiter 3 gigabits par seconde, avec une capacit&eacute; de 16 &agrave; 32 terabits. Des applications pour la gestion des Big data sont par ailleurs en cours de r&eacute;alisation. Quelle que soit l'importance des bases, les temps de r&eacute;ponse devraient &ecirc;tre si courts que le syst&egrave;me global para&icirc;tra r&eacute;agir en temps r&eacute;els. Des chercheurs de l'universit&eacute; de Washington sont m&ecirc;me all&eacute;s jusqu'&agrave; envisager une &laquo;&nbsp;gestion des particules de l'univers&nbsp;&raquo; afin notamment se simuler leurs interactions &agrave; l'&eacute;chelle cosmologique. </span></p> <p><span>Ce pas en avant consid&eacute;rable, s'il se confirme, montre que les diff&eacute;rents progr&egrave;s techniques repoussent de plus en plus les limites fix&eacute;es par l'historique Loi de Moore. Les applications scientifiques civiles seront tr&egrave;s nombreuses,d&egrave;s lors que de vastes bases de donn&eacute;es doivent &ecirc;tre manipul&eacute;es. Citons en particulier la r&eacute;alisation d'un cerveau artificiel, le grand enjeu des prochaines ann&eacute;es. Il montre aussi, h&eacute;las pour l'Europe, que les capacit&eacute;s d'innovation du complexe scientifico-industriel am&eacute;ricain (pour ne pas parler de militaro-scientifico-industriel), ne cessent de se d&eacute;velopper, quelle que soit la crise &eacute;conomique subie par les Etats-Unis. </span></p> <p><span>Comme on le devine, les services qui tels la NSA ou la CIA exploitent les grands Data Centers, associ&eacute;s &agrave; des g&eacute;ants am&eacute;ricains du web tels que Google ou Facebook, se verront consid&eacute;rablement encourag&eacute;s &agrave; continuer. Menacer de leur couper le compteur d'eau ne pourra plus leur faire peur. </span></p> <p><span><strong>R&eacute;f&eacute;rence</strong><br /> <a target="_blank" class="external" href="http://web.mit.edu/newsoffice/2014/storage-system-for-big-data-dramatically-speeds-access-to-information-0131.html">http://web.mit.edu/newsoffice/2014/storage-system-for-big-data-dramatically-speeds-access-to-information-0131.html</a></span></p> </div> </div> Tue, 18 Feb 2014 23:00:00 GMT Galileo démarre enfin http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1255 1255 <br /><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><img width="300" align="left" height="250" src="http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2014/143/four-galileo-in-orbit-validation-iov-satellites-lg.jpg" alt="" /> Le premier noyau du syst&egrave;me est d&eacute;sormais en place, apr&egrave;s que les 4 premiers satellites, indispensables pour obtenir un relev&eacute; de position satisfaisant, aient &eacute;t&eacute; lanc&eacute;s en 2011 et 2012. En 2013 ont &eacute;t&eacute; install&eacute;s des receveurs &agrave; terre permettant d'engager la phase dite de Validation en Orbite (IOV). Le 12 mars 2013, une premi&egrave;re op&eacute;ration de positionnement a &eacute;t&eacute; conduite avec succ&egrave;s, au &laquo;&nbsp;b&eacute;n&eacute;fice&nbsp;&raquo; du laboratoire de Navigation de l'ESA &agrave; Noordwijk, Hollande. Autrement dit, la localisation obtenue par satellites s'est r&eacute;v&eacute;l&eacute;e conforme &agrave; la position g&eacute;ographique connue de ce laboratoire. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Depuis des centaines d'essais ont &eacute;t&eacute; conduits &agrave; travers l'Europe, &agrave; partir de v&eacute;hicules, d'immeubles et m&ecirc;me de pi&eacute;tons porteurs de l'emetteur-receveur Galileo. Les r&eacute;sultats en furent satisfaisant. Les points relev&eacute;s sont exacts dans une fourchette de 8m &agrave; l'horizontal et de 9m &agrave; la verticale. Dans le cadre de tests conduits au profit du programme de sauvetage, Search and Rescue, op&eacute;rant pour l'actuel syst&egrave;me international Cospas-Sarsat, les appels de d&eacute;tresse simul&eacute;s, beaucoup plus difficiles &agrave; localiser, l'ont &eacute;t&eacute; &agrave; 77% dans une zone de 2km et &agrave; 95% dans une zone de 5km. Les performances s'am&eacute;lioreront &eacute;videmment lorsque le reste des satellites sera mis en orbite. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">En 2014, 6 nouveaux satellites s'ajouteront aux 4 actuels, accompagn&eacute;s des stations au sol correspondantes. Ils seront lanc&eacute;s par 3 vols Soyouz. Si tout se passe bien, le syst&egrave;me devrait &ecirc;tre d&eacute;clar&eacute; op&eacute;rationnel fin 2014. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Selon Didier Faivre le directeur du Programme Galileo &agrave; l'ESA, Galileo se r&eacute;v&egrave;le ainsi &eacute;quivalent en performances aux meilleurs syst&egrave;mes GPS en service actuellement. Rappelons que Galileo est le seul programme civil existant, c'est-&agrave;-dire n'ayant pas b&eacute;n&eacute;fici&eacute; des importants cr&eacute;dits militaires obtenus par ses concurrents. Il est financ&eacute; par la Commission europ&eacute;enne et mis en oeuvre par l'ESA. La question de son utilisation militaire partielle, dans le cadre de l'Europe de la D&eacute;fense, est actuellement en discussion.Malheureusement, le vaste march&eacute; consistant en dizaines (centaines) de milliers d'&eacute;metteurs-r&eacute;cepteurs GPS, civils et militaires, utilis&eacute;s d&eacute;sormais dans la plupart des automobiles, est d&eacute;j&agrave; occup&eacute; par des firmes &eacute;lectroniques &agrave; tr&egrave;s grande majorit&eacute; non-europ&eacute;enne. Mais il n'est pas de retard qui ne se rattrape, avec la volont&eacute; politique de le faire. <br /> </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Note de Maurice Ronai: </font><br /> </p> </font> <div><font color="#993300"><em>Ce projet strat&eacute;gique a failli ne jamais voir le jour. L'investissement estim&eacute; du programme &eacute;tait sup&eacute;rieur &agrave; 3,4 milliards d'euros. <br /> </em></font></div> <font color="#993300"><em> </em></font> <div><font color="#993300"><em>Le financement du programme &eacute;tait pr&eacute;vu initialement&nbsp; &agrave; 1/3 de financements publics&nbsp; (Union europ&eacute;enne et l'Agence spatiale europ&eacute;enne) et&nbsp; 2/3 de fonds priv&eacute;s (les consortiums Eurely et iNavSat)...</em></font></div> <font color="#993300"><em> </em></font> <div><font color="#993300"><em>&nbsp;</em></font></div> <font color="#993300"><em> </em></font> <div><font color="#993300"><em>Le projet s'est heurt&eacute; aux rivalit&eacute;s entre &Eacute;tats, &agrave; la difficult&eacute; &agrave; choisir un consortium, puis a la volont&eacute; d'associer les deux consortiums concurrents. <br /> </em></font></div> <font color="#993300"><em> </em></font> <div><font color="#993300"><em>Plus fondamentalement,&nbsp; les revenus potentiels&nbsp; se sont av&eacute;r&eacute;s moins importants qu&rsquo;attendus...</em></font></div> <font color="#993300"><em> </em></font> <div><font color="#993300"><em>&nbsp;</em></font></div> <font color="#993300"><em> </em></font> <div><font color="#993300"><em>Finalement,&nbsp; en 2007, la Commission europ&eacute;enne et les gouvernements se sont r&eacute;sign&eacute;s &agrave;&nbsp; un financement public complet. <br /> </em></font></div> <font color="#993300"><em> </em></font> <div><font color="#993300"><em>La qu&ecirc;te de rentabilit&eacute; entrait&nbsp; en contradiction avec la nature &quot;d'infrastructure fondamentale&quot; des services de localisation.</em></font></div> <font color="#993300"><em> </em></font> <div><font color="#993300"><em>&nbsp;</em></font></div> <font color="#993300"><em> </em></font> <div><font color="#993300"><em>Les Etats Unis avaient r&eacute;gl&eacute; ce probl&egrave;me en faisant financer cette &laquo; infrastructure fondamentale &raquo; par le budget militaire.</em></font></div> <font color="#993300"><em> </em></font> <div><font color="#993300"><em>&nbsp;</em></font></div> <div>&nbsp;</div> <div> </div> Mon, 17 Feb 2014 23:00:00 GMT Choix difficiles en vue pour Arianespace http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1257 1257 <br /><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif" /> <p><font size="2" face="Arial">D'abord, des soci&eacute;t&eacute;s priv&eacute;es am&eacute;ricaines sont apparues, tel SpaceX, offrant des lancements &agrave; prix cass&eacute;s, dans la perspective &eacute;vidente d'entrer sur le march&eacute;. Ensuite, le poids des satellites ne cesse de diminuer avec la miniaturisation des composants, rendant moins n&eacute;cessaire l'emploi de lanceurs lourds pour des mises en orbite simultan&eacute;e. Enfin, en ce qui concerne la propulsion des satellites une fois en orbite, &agrave; fin de positionnement d&eacute;finitif, les moteurs classiques sont en voie de remplacement par des moteurs dits &eacute;lectriques, &agrave; ions ou plasmas, plus l&eacute;gers et n&eacute;cessitant moins de carburants (mais allongeant consid&eacute;rablement les d&eacute;lais de positionnement). </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Les 20 Etats et organisations membres de l'Esa avaient envisag&eacute; de donner deux successeurs au lanceur lourd Ariane 5, qui n'a cess&eacute; d'accumuler les succ&egrave;s techniques et &eacute;conomiques mais qui &eacute;tait en train de vieillir. Il s'agissait d'un lanceur dit Ariane 5 ME (pour Midlife Evolution) dont la capacit&eacute; d'emport aurait &eacute;t&eacute; accrue d'au moins 1 tonne, et destin&eacute; &agrave; entrer en service vers 2018. Pour &ecirc;tre rentable, il devrait mettre en orbite simultan&eacute;ment 2 satellites.Dans le m&ecirc;me temps, &agrave; la demande de la France, un lanceur plus l&eacute;ger, dit Ariane 6, dont la capacit&eacute; &eacute;tait limit&eacute;e &agrave; 6 tonnes, soit 1 satellite seulement, devait &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute; en vue d'une mise en service vers 2020. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> En France l'Office parlementaire d'&eacute;valuation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), avait il y a deux ans demand&eacute; d'acc&eacute;l&eacute;rer le d&eacute;veloppement d'un lanceur de nouvelle g&eacute;n&eacute;ration pour succ&eacute;der &agrave; Ariane 5. Aujourd'hui, un nouveau rapport, non rendu public, recommande au Premier ministre d'abandonner, pour raisons &eacute;conomiques, le d&eacute;veloppement d'Ariane 5 ME, et de concentrer toutes les ressources sur Ariane 6. Sinon la mise en service de cette derni&egrave;re risquerait d'&ecirc;tre report&eacute;e &agrave; 2025.<br /> <br /> L'Allemagne ne semble pas &ecirc;tre d'accord pour l'abandon d'Ariane 5 ME. En contrepartie, Berlin recommanderait l'abandon d'Ariane 6, faute de pouvoir financer les deux programmes &agrave; la fois. Des satellites all&eacute;g&eacute;s, tels que ceux en perspective, pourraient permettre &agrave; fin de rentabilit&eacute;, &agrave; Ariane 5 ME, de mettre en orbite simultan&eacute;ment non seulement 2 mais plusieurs satellites. D'autre part, l'apparition de nombreux concurrents, publics ou priv&eacute;s, impose de continuer &agrave; occuper le terrain et &agrave; ne pas abandonner les acquis techniques et commerciaux de Ariane 5 . Dans ces conditions, serait-il int&eacute;ressant de d&eacute;velopper le lanceur Ariane 6 plus l&eacute;ger, d'autant plus que l'Esa dispose d&eacute;sormais des lanceurs russes Soyouz, sans oublier le petit lanceur Vega ? <br /> <br /> Sans avoir en mains tous les &eacute;l&eacute;ments du dossier, nous pencherions ici pour cette derni&egrave;re solution (abandonner ou reporter Ariane 6). On notera que la presse technique am&eacute;ricaine se gausse actuellement des embarras de Arianespace. Elle les attribue &agrave; l'exc&egrave;s de confiance n&eacute; des interventions &eacute;tatiques europ&eacute;ennes en ce secteur. Elle oublie &eacute;videmment que tout le spatial am&eacute;ricain a &eacute;t&eacute; d&eacute;velopp&eacute;, que ce soit par la Nasa ou par les militaires, &agrave; partir de budgets publics et sous de fortes pressions gouvernementales. M&ecirc;me aujourd'hui, les Space X et autres b&eacute;n&eacute;ficient d'une aide consid&eacute;rable de la Nasa, non comptabilis&eacute;e.<br /> <br /> * Sur Ariane en g&eacute;n&eacute;ral, voir <a href="http://www.cnes.fr/web/CNES-fr/8315-quel-avenir-pour-ariane-.php">http://www.cnes.fr/web/CNES-fr/8315-quel-avenir-pour-ariane-.php</a></font></p> Mon, 17 Feb 2014 23:00:00 GMT Les Jeux Olympiques 2064 http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1249 1249 <br /><div class="node-inner" id="bloggPostInner"> <div style="float:right;height:21px;margin-top:-35px;width:150px"> </div> <div class="content"> <p><span>Evidemment ces futurs Jeux Olympiques ressembleront plus aux actuels Jeux Para Olympique, o&ugrave; s'affrontent d&eacute;j&agrave; des personnes handicap&eacute;es dot&eacute;es d'&nbsp;&laquo;&nbsp;augmentations&nbsp;&raquo; leur permettant parfois d'atteindre des performances sup&eacute;rieures &agrave; celles des athl&egrave;tes non &eacute;quip&eacute;s. Les technologies de l'homme artificiel se seront tellement d&eacute;velopp&eacute;es &agrave; cette &eacute;poque que l'humain livr&eacute; aux seules ressources de son corps et de son mental non transform&eacute;s n'aurait aucune chance de s'imposer. Pourtant le facteur humain conservera son importance. Sinon pourquoi ne pas se limiter &agrave; des Olympiades r&eacute;serv&eacute;es &agrave; des robots. Ce seront en fait des individus ou des groupes associant &eacute;troitement des humains et des techniques qui s'affronteront. La technique &agrave; elle seule ne suffira pas &agrave; faire un champion. Le biologique et l'anthropologique auront encore un r&ocirc;le &agrave; jouer. On retrouve l&agrave; le concept que nous utilisons sur ce site, celui de complexe anthropotechnique. </span></p> <p><span>Faut-il s'en inqui&eacute;ter? Nous ne le ferons certainement pas pour ce qui nous concerne. Vouloir en rester &agrave; l'homme tel qu'il &eacute;tait dans les si&egrave;cles pass&eacute;s serait d'une&nbsp; part non souhaitable et d'autre part impossible. L'&eacute;volution anthropotechnique, nous l'avons souvent dit, ne se contr&ocirc;le pas, tant du moins qu'elle ne conduit pas &agrave; des exc&egrave;s que les soci&eacute;t&eacute;s dans leur unanimit&eacute; refuseraient. Ses b&eacute;n&eacute;fices sont indiscutables. La plupart des futurologues pr&eacute;voient, sans grand risque de se tromper, que les &laquo;&nbsp;enhancements&nbsp;&raquo; &eacute;voqu&eacute;s dans l'article de l'Equipe seront r&eacute;alis&eacute;s dans 50 ans, sinon avant. Nous sommes ici de ceux qui pensent qu'&agrave; cette &eacute;poque, on trouvera &agrave; l'oeuvre dans un grand nombre de t&acirc;ches de v&eacute;ritables robots mimant les cr&eacute;atures biologiques. Bien plus, ils se seront dot&eacute;s de &laquo;&nbsp;cerveaux artificiels&nbsp;&raquo;&nbsp; offrant des capacit&eacute;s cognitives bien sup&eacute;rieures &agrave; celles des robots actuels. Les personnes associ&eacute;es &agrave; eux en b&eacute;n&eacute;ficieront in&eacute;vitablement. </span></p> <p><span>La vraie question, que nous &eacute;voquions dans le premier paragraphe, sera celle du co&ucirc;t de ces techniques et de leur r&eacute;partition sociale. Aujourd'hui tout laisse penser que les 80 &agrave; 100 milliards d'humains de la fin du 21e si&egrave;cle ne pourront pas en b&eacute;n&eacute;ficier. Certains diront qu'il ne faut pas &ecirc;tre pessimiste. Qui il y a 10 ans aurait pari&eacute; que dans les pays dits pauvres les t&eacute;l&eacute;phones portables et l'acc&egrave;s &agrave; l'Internet auraient pris aujourd'hui une telle extension? Cependant, dans un monde o&ugrave; les ressources de base (par exemple les &laquo;&nbsp;terres&nbsp;rares&nbsp;&raquo; encore indispensables &agrave; certains composants) feront n&eacute;cessairement l'objet d'une demande en forte hausse, voire d'un accaparement, le r&ecirc;ve g&eacute;n&eacute;reux de voir chaque humain acc&eacute;der au statut de post-humain, para&icirc;t bien irr&eacute;aliste. La plupart conserveront un statut d'humain, pouvant les conduire si rien n'est fait &agrave; celui de sous-humain. </span></p> <p><span>La demande sociale aura son r&ocirc;le &agrave; jouer pour &eacute;vier que l'artificialisation ne profite qu'aux syst&egrave;mes d'armes ou &agrave; une &eacute;troite classe de poss&eacute;dants. L'int&eacute;r&ecirc;t de Jeux Olympiques tels que ceux d&eacute;crits dans l'article de l'Equipe sera, peut-on esp&eacute;rer, de donner &agrave; tous le d&eacute;sir d'acqu&eacute;rir de telles proth&egrave;ses &ndash; comme il y a un si&egrave;cle celui d'acqu&eacute;rir une automobile. La soci&eacute;t&eacute; technologique et industrielle de la fin du 21e si&egrave;cle serait ainsi fortement incit&eacute;e &agrave; les produire &agrave; des prix acceptables, comme elle le fut au d&eacute;but du 20e si&egrave;cle en ce qui concernait la voiture ou le t&eacute;l&eacute;phone. </span></p> <p><span>On ne voit pas &agrave; premi&egrave;re vue quel &eacute;tait le message profond que voulaient transmettre les auteurs de l'article de l'Equipe, en dehors de la simple information. Voulaient- ils g&eacute;n&eacute;rer l'enthousiasme ou bien l'horreur. Pour ce qui nous concerne, l'article a suscit&eacute; un int&eacute;r&ecirc;t certain. Nous ne pouvons donc qu'inciter nos lecteurs &agrave; s'y r&eacute;f&eacute;rer sans a priori, en suivant le lien suivant:<br /> <a target="_blank" class="external" href="http://www.lequipe.fr/explore/athlete-2064/">http://www.lequipe.fr/explore/athlete-2064/<br /> </a><br /> <strong>Note</strong><br /> L'Equipe (Equipe-Explore) a remerci&eacute; les personnalit&eacute;s suivantes qui l'ont conseill&eacute;e dans la r&eacute;daction de l'article.<br /> <br /> <em><span>Remerciements</span></em></span></p> <p><em><span>Au Professeur Michel Audran, sp&eacute;cialiste du dopage sanguin et directeur du Laboratoire de Biophysique &amp; Bio analyses de la Facult&eacute; de Pharmacie de Montpellier, pour sa relecture attentive des &eacute;l&eacute;ments scientifiques du dossier et son extr&egrave;me disponibilit&eacute;.Au Professeur Bengt Kayser, bio-&eacute;thicien, de l'Institut des sciences du sport dela Facult&eacute; de biologie et de m&eacute;decine de Lausanne, pour sa disponibilit&eacute;.Au Professeur Alex Meuron, bio-&eacute;thicien, de Institut Ethique Histoire Humanit&eacute;s du Centre M&eacute;dical Universitaire de Gen&egrave;ve, pour sa disponibilit&eacute;. Alain Didier et Christophe Simonnot (responsable des ventes orthobionic et chef de march&eacute; orthobionic et socket Technology chez Ottobock) et Christophe Lecomte (ing&eacute;nieur m&eacute;canique en Recherche et d&eacute;veloppement, responsable technique proth&egrave;se du pied chez Ossur), Docteur Marion Bertrand-Marchand (chirurgien orthop&eacute;dique et traumatologique, sp&eacute;cialis&eacute;e dans l&rsquo;osth&eacute;oint&eacute;gration, &agrave; la Polyclinique Saint Roch &agrave; Montpellier), Pascal Pommier directeur du cabinet orthop&eacute;dique Pommier &agrave; Villebon-sur-Yvette (Essonne). &Agrave; Marseille, l&rsquo;Institut des Sciences du Mouvement E-J Marey (Aix-Marseille Universit&eacute; et CNRS) et plus particuli&egrave;rement Eric Berton, Doyen de la Facult&eacute; des Sciences du Sport et directeur de l'ISM, Gilles Montagne (Directeur Adjoint de l'ISM), Lionel Bringoux et Christophe Bourdin (membres de l&rsquo;ISM) ainsi que Pierre Mallet, responsable technique du Centre de R&eacute;alit&eacute; Virtuelle de M&eacute;diterran&eacute;e (CRVM).<br /> </span></em></p> <p>&nbsp;</p> <p><span><strong><span><br /> </span></strong></span></p> </div> </div> Sun, 02 Feb 2014 23:00:00 GMT L'irrésistible montée en puissance de Google dans la robotique http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1223 1223 <br /><div id="bloggPostInner" class="node-inner"><br /> <div class="content"> <p><span><br /> </span></p> <p><span><img width="400" height="576" src="http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2013/141/robotatlas.jpg" alt="robotatlas.jpg" class="external" /></span></p> <p><span>Robot Atlas de Boston Dynamics</span></p> <p><span><br /> Andy Rubin qui dirige pour Google une nouvelle division en charge des robots &agrave; Palo Alto a expliqu&eacute; que le g&eacute;ant am&eacute;ricain poursuivait deux buts &ndash; mener &agrave; bien des projets &agrave; long terme supposant une robotique avanc&eacute;e, tels que des v&eacute;hicules autonome ou des r&eacute;seaux de ballons &agrave; haute altitude supportant des &eacute;metteurs &agrave; large bande destin&eacute;s aux pays d&eacute;pourvus d'une infrastructure suffisante - &eacute;laborer &agrave; court terme une large gamme de produits commercialisables robotis&eacute;s destin&eacute;es &agrave; la vie quotidienne. <br /> <br /> La vari&eacute;t&eacute; des soci&eacute;t&eacute;s achet&eacute;es laisserait supposer que Google ne se limite pas &agrave; des objectifs &eacute;conomiques, fussent-ils de long terme ou de court terme. On y retrouve en effet la plupart des robots strat&eacute;giques, &agrave; usage militaire ou spatial, que nous avons eu l'occasion de mentionner ces derni&egrave;res ann&eacute;es sur ce site. <br /> <br /> Citons Boston Dynamics, qui a produit pour la Darpa (US Defence Advanced Research Projects Agency ) divers mod&egrave;les de robots autonomes adapt&eacute;s au camp de bataille: le Cheetah qui est le robot quadrup&egrave;de le plus rapide au monde, le Big Dog, sorte de mulet tous terrains destin&eacute; au transport des &eacute;quipements militaires, les robots andro&iuml;des Petman et Atlas, r&eacute;put&eacute;s &ecirc;tre des humano&iuml;des particuli&egrave;rement adaptables aux terrains vari&eacute;s. <br /> <br /> Citons aussi la firme japonaise Schaft, qui se sp&eacute;cialise dans les robots humano&iuml;des de taille humaine, les firmes de San Francisco Meka et Redwood Robotics, qui d&eacute;veloppent des humano&iuml;des de petite taille et des bras robotiques, Industrial Perception de Palo Alto qui &eacute;quipent les robots d'organes de vision de haute pr&eacute;cision, Bot&amp;Dolly et Autofuss qui s'int&eacute;ressent aux cam&eacute;ras automatis&eacute;es et &agrave; la cr&eacute;ation de filmes en r&eacute;alit&eacute; virtuelle, Holomni qui fabrique des roues pour robots. <br /> <br /> Andy Rubin a expliqu&eacute; que Google n'entendait pas se limiter &agrave; ces premi&egrave;res acquisitions. La firme dispose de telles ressources financi&egrave;res et les start-up de la robotique sont tellement &agrave; court de financement que potentiellement Google pourrait acheter toute l'industrie mondiale du robot, aux Etats-Unis et dans le reste du monde. <br /> <br /> <font color="#000080"><span><strong>Un objectif beaucoup plus ambitieux</strong></span></font><br /> <br /> On peut se demander si la firme ne poursuit pas un objectif beaucoup plus ambitieux, dont elle pr&eacute;f&egrave;re ne pas parler. Compte tenu du fait que la robotique et l'intelligence artificielle deviendront de plus en plus &eacute;volutionnaires et autonomes, autrement dit &laquo;&nbsp;intelligentes&nbsp;&raquo;, les syst&egrave;mes reposant sur ces technologies pourront tr&egrave;s bient&ocirc;t prendre seuls des d&eacute;cisions en tous domaines &eacute;ventuellement bien plus efficaces que celles des cerveaux humains. </span></p> <p><span>Google pourra ainsi, bien au del&agrave; de son &laquo;&nbsp;business model&nbsp;&raquo; affich&eacute;, c'est-&agrave;-dire donner &agrave; des producteurs et publicitaires le moyen d'orienter les choix des acheteurs, poursuivre en toute libert&eacute; l'ambition qui la rend d&eacute;j&agrave; particuli&egrave;rement redoutable aux yeux des d&eacute;fenseurs de la d&eacute;mocratie: tout conna&icirc;tre concernant l'activit&eacute; des citoyens et, dans ce but, leur fournir sous pr&eacute;texte de services rendus, des &eacute;quipements (tel le Google Glass actuellement mis sur le march&eacute;) des outils et applications qui les assujettiront de plus en plus. Cet assujettissement accroitra les pouvoirs des corporations financi&egrave;res et industrielles, comme ceux des services gouvernementaux de contr&ocirc;le. </span></p> <p><span>Parall&egrave;lement, d'une fa&ccedil;on tout aussi ambivalente, n&eacute;cessairement dangereuse si elle n'est pas contr&ocirc;l&eacute;e (et elle ne le sera pas), Google poursuivra d&eacute;sormais le projet de cerveau artificiel, pour lequel il a recrut&eacute; r&eacute;cemment le sp&eacute;cialiste du domaine, Ray Kurzweil. Celui-ci a pari&eacute; qu'un cerveau artificiel, r&eacute;parti ou incorpor&eacute;, verra le jour avant 30 ans. <br /> <br /> Si Google poursuit sa politique de robotisation acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e, financ&eacute;e par les innombrables consommateurs na&iuml;fs de ses produits et services, ce d&eacute;lai pourra &ecirc;tre consid&eacute;rablement raccourci. Diff&eacute;rentes formes de cerveaux artificiels &agrave; forte composante robotique manifesteront une sup&eacute;riorit&eacute; d&eacute;finitive sur les cerveaux humains &ndash; tout au moins sur les cerveaux des populations mondiales qui n'auront pas, sous la forme dite du post-humain, mutualis&eacute; &agrave; leur profit les ressources de l'artificialit&eacute; conjugu&eacute;es &agrave; celle de la biologie. </span></p> <p><span><br /> </span></p> </div> </div> Tue, 17 Dec 2013 23:00:00 GMT La Chine bientôt première puissance spatiale http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1218 1218 <img src="http://www.europesolidaire.eu/repimg/20131214183831_chang_e_3_lander_artwork_lg.jpg" align="left" alt="photo" title="" border="0" /><br /><font size="2" face="Arial"><em><br /> </em></font> <div align="center"><font size="2" face="Arial"><em>L'atterisseur Chang'3 (image de composition) </em></font><font size="2" face="Arial"> </font></div> <p align="left"><font size="2" face="Arial" color="#000000">De m&ecirc;me que le lancement r&eacute;ussi de la premi&egrave;re mission indienne vers Mars il y a quelques semaines, ce succ&egrave;s marque la volont&eacute; de ces deux grands pays pour mener des r&eacute;alisations aussi ambitieuses sinon plus que celles des puissances spatiales historiques, Etats-Unis, Russie et Union europ&eacute;enne (ESA) . De plus, alors que ces derni&egrave;res semblent bloqu&eacute;es tant par les difficult&eacute;s &eacute;conomiques que par un manque d'enthousiasme (suppos&eacute;) de leurs populations, la Chine et l'Inde &eacute;chapperont, autant qu'il est aujourd'hui pr&eacute;visible, &agrave; ces deux handicaps.<br /> <br /> Concernant la Chine en particulier, les moyens budg&eacute;taires, humains et politiques ne semblent pas manquer, malgr&eacute; les d&eacute;fis qu'elle doit relever par ailleurs. Autant que l'on puisse en juger, dans un pays o&ugrave; l'opinion publique ne s'exprime pas aussi librement qu'&agrave; l'Ouest, le soutien populaire para&icirc;t plus qu'acquis. Il frise l'enthousiasme; Tout se passe comme si les citoyens se consolaient de leurs difficult&eacute;s actuelles par la perspective de l'avenir spatial glorieux que se pr&eacute;pare l'Empire du Milieu. <br /> <br /> Nous avons plusieurs fois r&eacute;p&eacute;t&eacute; ici qu'il ne s'agissait pas d'illusions, mais de r&eacute;alit&eacute;s solides. Dans l'imm&eacute;diat, les investissement technologiques et scientifiques n&eacute;cessaires &agrave; la conqu&ecirc;te spatiale auront des retomb&eacute;es imm&eacute;diates dans tous les autres domaines, qu'il s'agisse de la d&eacute;fense ou du civil. A moyen terme, des perspectives int&eacute;ressantes se d&eacute;voileront, ne fut-ce que par l'exploitation &eacute;ventuelle de ressources extra-terrestres. A plus long terme encore, dans un horizon de 20 &agrave; 30 ans, il sera possible d'envisager des implantations durables sur la Lune, Mars ou les satellites martiens. Sur la dur&eacute;e du si&egrave;cle enfin, la plupart des pr&eacute;visionnistes affirment que l'avenir de l'humanit&eacute; se jouera dans l'espace. Il faudra en &ecirc;tre ou se r&eacute;soudre &agrave; des inf&eacute;riorit&eacute;s permanentes. <br /> <br /> Aux Etats-Unis, de tels projets ne sont plus envisag&eacute;s que par des multimillionaires ayant r&eacute;ussi &agrave; se doter des &eacute;pargnes n&eacute;cessaires en exploitant les situations monopolistiques que les consommateurs leur ont permis d'acqu&eacute;rir. Mais leur situation demeurera toujours fragiles. Les politiques spatiales &agrave; long terme ne peuvent &ecirc;tre conduites que par de grands Etats, ou des coop&eacute;rations inter&eacute;tatiques durables. Tout laisse penser que la situation politique en Chine, voire en Inde, sera suffisamment stable, dans les prochaines d&eacute;cennies, pour assurer le soutien n&eacute;cessaire aux op&eacute;rations extra-terrestres.<br /> <br /> Nous ne pouvons pour notre part que d&eacute;plorer une nouvelle fois l'absence de clairvoyance et de volont&eacute; caract&eacute;risant dans ce domaine tant l'Europe que la France. Les milieux inform&eacute;s ont c&eacute;l&eacute;br&eacute; ces jours-ci la r&eacute;ussite d'une premi&egrave;re g&eacute;olocalisation faisant appel aux 4 premiers satellites Galil&eacute;o d&eacute;ploy&eacute;s. Ils auraient pu l'&ecirc;tre depuis au moins 10 ans si l'Europe avait surmont&eacute; ses divisions dans ce projet comme dans beaucoup d'autres. Mais Galil&eacute;o ne deviendra op&eacute;rationnel, avec les retomb&eacute;es de toutes sortes en d&eacute;coulant, que lorsque 10 satellites au moins seront en orbite. Faudra-t-il attendre 10 ans de plus pour que l'Europe r&eacute;ussisse cet exploit?<br /> <br /> On lira ci-dessous un article du Dr Morris Jones, qui couvre pour le compte de l'Australie le d&eacute;veloppement des politiques spatiales asiatiques <a href="http://www.spacedaily.com/reports/The_Dragon_Has_Landed_999.html">http://www.spacedaily.com/reports/The_Dragon_Has_Landed_999.html</a></font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p align="left"><font size="2" face="Arial">&nbsp;</font></p> Fri, 13 Dec 2013 23:00:00 GMT Ne prévoyez rien, l'assistant personnel le fera mieux que vous. http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1147 1147 <img src="http://www.europesolidaire.eu/repimg/20130730185421_SEARCH_2.jpg" align="left" alt="photo" title="" border="0" /><br /><p><br /> Elles tournent sur ordinateurs portables mais aussi de plus en plus sur t&eacute;l&eacute;phones mobiles. Il est pr&eacute;vu de les charger &eacute;galement sur tous les objets connect&eacute;s de la vie quotidienne. Le but est de sugg&eacute;rer en permanence aux possesseurs de ces mat&eacute;riels les prochains &eacute;v&egrave;nements susceptibles de l'int&eacute;resser, et surtout les conduites qu'il devrait adopter au mieux de ses besoins.</p> <p>De tels services, qualifi&eacute;s d'assistants personnels robotiques, ne sont possibles qu'en scrutant en permanence les comportements des utilisateurs, leurs carnets d'adresses, leurs plannings, leur locations g&eacute;ographiques, le contenu de leurs emails, ainsi que de nombreuses informations plus g&eacute;n&eacute;rales int&eacute;ressant notamment le lieu o&ugrave; se trouve l'heureux b&eacute;n&eacute;ficiaire du service. Ainsi celui-ci peut d&eacute;sormais recevoir sur son t&eacute;l&eacute;phone un message d'alerte le pr&eacute;venant de quitter son domicile plus t&ocirc;t que d'habitude compte-tenu d'embouteillages susceptibles de le mettre en retard &agrave; son rendez-vous. Ceci m&ecirc;me si l'utilisateur n'a pas sp&eacute;cialement pr&eacute;venu l'assistant du fait qu'il devait assister &agrave; une r&eacute;union, ni du lieu o&ugrave; celle-ci se tenait. </p> <p>Il s'agit d'une nouvelle g&eacute;n&eacute;ration de services rendu par les moteurs de recherche. L'utilisateur n'a pas besoin de poser de questions (par exemple, concernant l'&eacute;tat du trafic sur son itin&eacute;raire). Les questions sont pos&eacute;es automatiquement par le simple fait que le moteur connait tout ou pratiquement tout de l'utilisateur et de ses activit&eacute;s. Il est donc &agrave; m&ecirc;me de sugg&eacute;rer en permanence les questions que celui-ci devrait se poser, s'il &eacute;tait bien organis&eacute;.</p> <p>Un tel m&eacute;canisme ne peut fonctionner, dira-t-on, que si l'utilisateur fournit et actualise en permanence les donn&eacute;es personnelles (ou non personnelles) le concernant. Mais il le fait d&egrave;s qu'il d&eacute;pose, o&ugrave; que ce soit, des &laquo;&nbsp;traces num&eacute;riques&nbsp;&raquo; de son activit&eacute;. Celles-ci proviennent des courriers &eacute;lectroniques, plannings, fichiers divers num&eacute;ris&eacute;s par chacun d'entre nous. La personne concern&eacute;e n'aura pas besoin de les mettre en concordance s&eacute;mantique, si l'on peut dire. Ce sera l'assistant personnel qui le fera, en naviguant en permanence dans les diff&eacute;rents sites et fichiers, fussent-ils dispers&eacute;s, tenus &agrave; jour sur le web par elle. Les utilisateurs de Google Glass, que nous avons &eacute;voqu&eacute;s dans des articles pr&eacute;c&eacute;dents, seront les plus productifs dans la multiplication des traces &eacute;lectroniques les concernant, sans m&ecirc;me g&eacute;n&eacute;ralement s'en rendre compte, au moins initialement. </p> <p>Que voil&agrave; un progr&egrave;s remarquable, se r&eacute;jouissent les promoteurs de ces syst&egrave;mes, Google en t&ecirc;te. Chacun a d&eacute;sormais le droit de ne pas se poser de questions sur son avenir proche ou lointain, afin d'y trouver lui-m&ecirc;me des r&eacute;ponses: &agrave; quelle heure se lever, quel train prendre, comment se v&ecirc;tir? L'assistant personnel se posera toutes ces questions &agrave; votre place, et fournit les r&eacute;ponses appropri&eacute;es, de telle sorte que vous n'avez plus qu'&agrave; ob&eacute;ir docilement aux suggestions amicales (pour ne pas parler d'ordres imp&eacute;ratifs) les mieux &agrave; m&ecirc;me de vous satisfaire &agrave; l'insu de votre plein gr&eacute; (selon l'immortelle formule d'un grand champion cycliste). </p> <p>Certains esprits contrariants parleront de risques d'atteintes &agrave; la vie priv&eacute;e &ndash; d'autant plus que l'assistant peut fournir des informations vous concernant &agrave; des personnes, entreprises ou autorit&eacute;s que vous n'aviez aucunement le d&eacute;sir de tenir au courant. Mais qu'&agrave; cela ne tienne, r&eacute;pondra-t-on. Il suffit de ne rien &eacute;crire sur support &eacute;lectronique, et de ne communiquer avec l'ext&eacute;rieur que par des messages crypt&eacute;s. </p> <p>Les promoteurs des assistants personnels ne disent &eacute;videmment pas que ce ne sont pas seulement des informations anodines qui sont pr&eacute;lev&eacute;es, analys&eacute;es et diffus&eacute;es par les nouvelles g&eacute;n&eacute;rations de moteur. Ce sont surtout des donn&eacute;es en masse (big data) de grand prix, int&eacute;ressant les activit&eacute;s &eacute;conomiques, la recherche scientifique ou la vie administrative et politique d'un pays.</p> <p>1) A ce jour, on peut citer Cue, reQall, Donna, Tempo AI, MindMeld et Evernote</p> <p><strong>Pour en savoir plus</strong><br /> Voir par exemple, parmi les nombreux articles disponibles, de Megan Marrs<br /> <font size="2" face="Arial"><a href="http://www.wordstream.com/blog/ws/2013/06/24/predictive-search"><span style="font-weight: normal">Predictive Search: Is This the Future or the End of Search?</span></a></font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"><br /> </font><br /> </p> Mon, 29 Jul 2013 23:00:00 GMT Succès européen dans le monde de l'espace http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1143 1143 <br /><p style="margin-bottom: 0cm"><br /> </p> &nbsp;Il a &eacute;t&eacute; lanc&eacute; par une Ariane V ECA op&eacute;r&eacute;e par Arianeespace. Alphasat est destin&eacute; &agrave; &eacute;tendre le r&eacute;seau Inmarsat &agrave; large bande, couvrant l'Europe, l'Afrique et le Moyen Orient. Sa dur&eacute;e de vie pr&eacute;vue est de 15 ans. Il a &eacute;t&eacute; construit par le groupe Astrium dans le cadre d'un partenariat entre l'ESA et Inmarsat. <p>Le lancement a permis d'utiliser pour la premi&egrave;re fois la nouvelle plateforme de t&eacute;l&eacute;com Alphabus, d&eacute;velopp&eacute;e par Astrium et Thales Alenia Space dans le cadre d'un contrat conjoint entre l'ESA et le CNES fran&ccedil;ais. </p> <p>Le lanceur lourd Ariane a ensuite mis en orbite sa deuxi&egrave;me charge, un satellite m&eacute;t&eacute;orologique indien INSAT 3D. </p> <p>Dans le m&ecirc;me temps, la base de Kourou vient de r&eacute;ceptionner 2 nouveaux lanceurs Soyouz, s'ajoutant au premier d&eacute;j&agrave; en place. Il serviront &agrave; des lancements d&eacute;j&agrave; en pratique programm&eacute;s. </p> <p>Pr&eacute;cisons pour ceux s'int&eacute;ressant &agrave; la Navale que les Soyouz construits en Russie ont &eacute;t&eacute; transport&eacute;s par le MN Colibri, cargo RO/RO assurant la liaison de St Petersbourg &agrave; la Guyane fran&ccedil;aise. MN ou Compagnie Maritime Nantaise fournit la logistique de transport int&eacute;ressant la base de Kourou avec deux navires, le Colibri et son sister-ship le Toucan. </p> <p>Ces divers &eacute;v&egrave;nements, bien que diff&eacute;rents, montrent les perspectives consid&eacute;rables qui pourraient &ecirc;tre offertes aux pays europ&eacute;ens, notamment &agrave; la France, si des programmes spatiaux aussi ambitieux que ceux mis en oeuvre par la Chine (sans mentionner les activit&eacute;s am&eacute;ricaines) &eacute;taient d&eacute;cid&eacute;s et financ&eacute;s. Les co&ucirc;ts seraient sans comparaisons avec les retomb&eacute;es de toutes sortes pouvant en r&eacute;sulter. </p> <p><br /> <br /> </p> <p><br /> <br /> </p> Thu, 25 Jul 2013 23:00:00 GMT Mi-parcours pour la mission spatiale chinoise Shenzhou 10 http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1116 1116 <br /><p>&nbsp;Il s'agissait en fait plus modestement d'assurer une liaison avec la mini-station spatiale chinoise, d&eacute;j&agrave; en orbite, baptis&eacute;e Tiangong 1. Ce laboratoire spatial n'&eacute;tait pas occup&eacute; de fa&ccedil;on permanente jusqu'&agrave; ce jour. Shenzhou 10 a permis d'y envoyer 3 cosmonautes dont une femme, pour une dur&eacute;e d'une quinzaine de jours. L'accostage et l'amarrage sont pr&eacute;vus sur deux modes: semi-automatique et manuel. Ce dernier qui est le plus complexe devrait &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute; apr&egrave;s le 20 juin, avant le retour final. Pour le moment, tout s'est bien pass&eacute; et l'&eacute;quipage semble en bonne forme. Ensuite aura lieu la r&eacute;-entr&eacute;e, phase toujours p&eacute;rilleuse. </p> <p>Certains observateurs s'&eacute;tonnent du relatif silence officiel concernant cette mission, compar&eacute; avec l'extensive couverture assur&eacute; par les autorit&eacute;s &agrave; la mission pr&eacute;c&eacute;dente Shenzhou 9. Peut-&ecirc;tre craint-on un relatif &eacute;chec, qui serait tr&egrave;s mal per&ccedil;u par une opinion publique apparemment passionn&eacute;e par les enjeux de la conqu&ecirc;te spatiale. Le grand Nikita Kroutchev l'avait dit en son temps: &laquo;&nbsp;la poule ne doit pas chanter avant d'avoir pondu son oeuf&nbsp;&raquo;. <br /> </p> <p>En ce qui nous concerne, nous ne pouvons que regretter le d&eacute;sint&eacute;r&ecirc;t de l'Europe pour de tels programmes, dont les co&ucirc;ts sont faibles compar&eacute;s aux retomb&eacute;es, imm&eacute;diates ou de long terme<br /> <br /> Jean-Paul Baquiast 19/06/2013<br /> </p> Tue, 18 Jun 2013 23:00:00 GMT ExoMars 2016 http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1117 1117 <br />Dans un premier temps, il s'agira de r&eacute;pondre &agrave; la question de savoir si la vie a pu exister sur Mars. A cette fin un appareil nomm&eacute; Trace Gas Orbiter recherchera la pr&eacute;sence de m&eacute;thane et autres gaz associ&eacute;s &agrave; la vie. Mais plus g&eacute;n&eacute;ralement, ExoMars devra d&eacute;velopper de nouvelles comp&eacute;tences pour l'atterissage, l'exploration (roving), le forage et l'extraction de mat&eacute;riaux pouvant &ecirc;tre ramen&eacute;s sur la Terre. A cette fin, une mission ult&eacute;rieure pourrait &ecirc;tre d&eacute;cid&eacute;e vers 2020. <p>La premi&egrave;re mission sera lanc&eacute;e en janvier 2016, afin d'atteindre Mars 9 mois apr&egrave;s. </p> Tue, 18 Jun 2013 23:00:00 GMT L'Europe en phase finale d'américanisation http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1112 1112 <br /><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif" /><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><br /> Appelons am&eacute;ricanisation de l'Europe le fait pour celle-ci d'acqu&eacute;rir le statut non d'un ni&egrave;me Etat de l'Union &ndash; ce qui peut conf&eacute;rer quelques droits constitutionnels et civiques - mais d'un Etat compl&egrave;tement subordonn&eacute;, colonis&eacute; pour reprendre un ancien terme, sur le mod&egrave;le des ex-colonies africaines de la France. </font> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Cette am&eacute;ricanisation est en cours depuis la seconde guerre mondiale, sinon la premi&egrave;re. Ces guerres ont vu l'Europe, emport&eacute;e par ses divisions internes, perdre une grande partie des &eacute;l&eacute;ments faisant son ancienne puissance. Ceci au profit des Am&eacute;ricains. Face &agrave; l'URSS d'abord, face aux puissances &eacute;mergentes d'Asie, principalement la Chine aujourd'hui, l'Am&eacute;rique a su convaincre les europ&eacute;ens qu'ils devaient lui confier leur d&eacute;fense, quitte &agrave; lui livrer en &eacute;change tout ce qui leur restait de souverainet&eacute;. <br /> <br /> <img width="259" height="194" align="left" src="http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2013/137/airbus.jpg" alt="" />On peut avec un certain optimisme estimer qu'au cours du dernier demi-si&egrave;cle et aujourd'hui encore, 100.000 europ&eacute;ens au maximum ont toujours voulu refuser ce march&eacute; de dupes. Pour eux, l'Europe avait les moyens de se d&eacute;fendre et de se d&eacute;velopper sans rien abandonner de ses atouts scientifiques, &eacute;conomiques, militaires. Sous le gaullisme en France, quelques 50.000 Fran&ccedil;ais avaient accept&eacute; de tenir le pari. Aujourd'hui encore, ils sont peut-&ecirc;tre 50.000 &agrave; tenter de r&eacute;sister, provenant de diverses horizons. L'Airbus A350 qui vient de r&eacute;ussir son premier vol &agrave; Toulouse est un des derniers descendants de ce r&ecirc;ve h&eacute;ro&iuml;que.<br /> <br /> Mais ces r&eacute;fractaires &agrave; l'am&eacute;ricanisation, en France comme en Europe, se heurtent en Europe, dans chaque Etat comme au sein m&ecirc;me de l'Union europ&eacute;enne, &agrave; des r&eacute;sistances formidables. Il y a d'abord l'inertie de centaines de millions de citoyens qui pensent que tout ira bien pour eux s'ils suivent les modes de vie et mod&egrave;les am&eacute;ricains, s'ils ob&eacute;issent aux consignes implicites venues d'outre-atlantique. Mais il y a aussi ceux qui ont mis toutes leurs cartes dans la servilit&eacute; &agrave; l'&eacute;gard des int&eacute;r&ecirc;ts am&eacute;ricains, afin d'en &ecirc;tre grassement r&eacute;compens&eacute;s. L'actuel pr&eacute;sident de la Commission europ&eacute;enne en est un bon exemple.</font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"> Comme ceux-l&agrave; d&eacute;tiennent au sein de l'Union europ&eacute;enne &agrave; peu pr&egrave;s tous les leviers de commande dont l'Am&eacute;rique a bien voulu leur confier l'emploi, ils constituent une barri&egrave;re infranchissable aux tentatives des 100.000 europ&eacute;ens &eacute;voqu&eacute;s ci-dessus qui voudraient reprendre leur ind&eacute;pendance. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><strong><font color="#000099">Une acc&eacute;l&eacute;ration brutale de l'am&eacute;ricanisation</font></strong></font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Tout ceci, diront les lecteurs, n'a rien de nouveau. Or ce n'est plus le cas. La conqu&ecirc;te de l'Europe par le Big Brother am&eacute;ricain s'acc&eacute;l&egrave;re brutalement. Divers &eacute;v&egrave;nements ont mis en &eacute;vidence ces derniers mois, sinon ces derni&egrave;res semaines, trois m&eacute;canismes qui se conjuguent pour acc&eacute;l&eacute;rer de fa&ccedil;on exponentielle la domination de l'Am&eacute;rique sur l'Europe. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Le premier m&eacute;canisme est d'ordre <strong>soci&eacute;tal</strong>. Il d&eacute;coule de la num&eacute;risation continue de l'Europe, au sein notamment de l'Internet, qui en est la partie visible. L'Internet et plus g&eacute;n&eacute;ralement l'informatisation des outils et contenus de cr&eacute;ation et d'&eacute;change en d&eacute;coulant n'auraient que des avantages, y compris pour les Europ&eacute;ens, si ceux-ci s'&eacute;taient donn&eacute; des gouvernements et des entreprises capables de faire jeu &eacute;gal avec la concurrence am&eacute;ricaine. Or ce ne fut pas le cas. Non seulement l'informatique et les t&eacute;l&eacute;communications ont &eacute;t&eacute; depuis les origines monopolis&eacute;es par les am&eacute;ricains, mais aussi les serveurs et entreprises du Net qui recueillent et m&eacute;morisent, dans leurs bases de donn&eacute;es, l'ensemble de la production intellectuelle des Europ&eacute;ens. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">L'exemple le plus visible en est Google. Les Europ&eacute;ens, par facilit&eacute;, profitant de la dimension mondiale que Google a r&eacute;ussi &agrave; prendre, lui confient dor&eacute;navant le soin de recueillir, transporter, utiliser et vendre les valeurs ajout&eacute;es de tout ce qu'ils produisent, sans parler de leurs &laquo;&nbsp;donn&eacute;es personnelles&nbsp;&raquo;, c'est-&agrave;-dire de tout ce qui repr&eacute;sente, non seulement la citoyennet&eacute; europ&eacute;enne, mais aussi la civilisation europ&eacute;enne.</font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"> <img width="275" height="183" align="left" src="http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2013/137/serveur.jpg" alt="" />Pour capter tout cela, Google et ses homologues am&eacute;ricains ont mis en place des centres serveurs informatiques immenses, et d&eacute;velopp&eacute; les milliards d'instructions permettant de naviguer dans les donn&eacute;es ainsi mises en m&eacute;moire. Ils sont de ce fait seuls &agrave; pouvoir r&eacute;utiliser ce qui m&eacute;rite de l'&ecirc;tre dans les cerveaux europ&eacute;ens et les produits de ceux-ci. Ce n'est rien, dira-t-on, nos cerveaux nous restent. Quelle erreur. Laisser Google et ses homologues dominer et progressivement diriger le contenu de nos cortex associatifs, de la partie noble de nos cerveaux, aboutit au pire des esclavage, esclavage <em>soft</em>, mais n&eacute;anmoins esclavage. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Le deuxi&egrave;me m&eacute;canisme confirmant la soumission de l'Europe &agrave; l'Am&eacute;rique est <strong>politique</strong>. Il &eacute;tait soup&ccedil;onn&eacute; depuis longtemps par quelques sp&eacute;cialistes, mais vient d'&eacute;clater avec ce que l'on a nomm&eacute; le scandale PRISM-Snowden. Inutile d'y revenir ici. Non seulement nous acceptons de confier &agrave; Google et ses homologues, pour exploitation commerciale, nos donn&eacute;es personnelles et le contenu de nos cr&eacute;ations intellectuelles, mais nous acceptons de les livrer sans aucune protection aux services secrets am&eacute;ricains. Ceux-ci s'en servent, disent-ils, pour lutter contre les suppos&eacute;s ennemis de l'Am&eacute;rique. Ce faisant, disent-ils aussi, ils nous prot&egrave;gent contre des ennemis int&eacute;rieurs ou ext&eacute;rieurs, car les ennemis de l'Am&eacute;rique sont nos ennemis. Que ces ennemis existent ou pas n'est pas la question. La question aurait &eacute;t&eacute; de dire &agrave; nos amis am&eacute;ricains que nous pr&eacute;f&eacute;rons nous prot&eacute;ger nous-m&ecirc;mes de nos ennemis. Car pour le moment, qui nous prot&eacute;gera de nos amis am&eacute;ricains, de leurs intrusions, des m&eacute;canismes politiques de surveillance et de contr&ocirc;le qu'ils ont dor&eacute;navant la possibilit&eacute; de d&eacute;ployer &agrave; notre &eacute;gard. <em>Quis custodes custodiat. </em></font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Les services secrets am&eacute;ricains disposent pour ce faire, comme l'a r&eacute;v&eacute;l&eacute; le scandale PRISM-Snowden, non seulement du contenu des immenses centres serveurs de la NSA, con&ccedil;us pour m&eacute;moriser tout ce qui circule sur les r&eacute;seaux num&eacute;riques, non seulement des milliards de dollars de logiciels d&eacute;velopp&eacute;s par des soci&eacute;t&eacute;s asserment&eacute;es pour exploiter ces donn&eacute;es, mais aussi de l'ensemble des contenus des serveurs commerciaux tels que Google, pr&eacute;cit&eacute;. La NSA et les autres agences de renseignement ont dor&eacute;navant une porte ouverte, un &laquo;&nbsp;open bar&nbsp;&raquo;, une &laquo;&nbsp;back door&nbsp;&raquo; sur les contenus de ces serveurs. C'est-&agrave;-dire, r&eacute;p&eacute;tons le, sur les contenus de nos cerveaux. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">De plus, ces services secrets et, en arri&egrave;re plan, l'ensemble des moyens militaires du minist&egrave;re de la D&eacute;fense am&eacute;ricain, ont davantage de possibilit&eacute;s d'intervention que les &eacute;quipes de Google et de ses homologues. Ils ont de fait sinon de droit, pouvoir de vie et de mort, par destruction physique ou annihilation virtuelle, &agrave; l'encontre de tous ceux qu'ils d&eacute;clarent &ecirc;tre des ennemis de l'Am&eacute;rique, ennemis d&eacute;clar&eacute;s ou ennemis potentiels. Ecrivant ceci, je suppose que je dois en faire partie, comme vous qui me lisez, comme tous les Europ&eacute;ens qui voudraient devenir ind&eacute;pendants de l'Am&eacute;rique. <br /> <br /> <img width="176" height="220" align="left" src="http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2013/137/alexander.jpg" alt="" />Ajoutons que les &eacute;quipes du g&eacute;n&eacute;ral Keith Alexander, directeur de la NSA et chef du Cyber Command du Pentagone, ne sont pas seules &agrave; pouvoir utiliser ces moyens. Elles sont doubl&eacute;es ou remplac&eacute;es par des milliers de contractuels affr&eacute;t&eacute;s par l'US Army aupr&egrave;s de soci&eacute;t&eacute;s priv&eacute;es. Ces contractuels, bien qu'asserment&eacute;s, peuvent se livrer en toute impunit&eacute; &agrave; toutes sortes d'activit&eacute;s personnelles voir criminelles. Certains peuvent m&ecirc;me, horresco ref&eacute;rens, trahir leur employeur pour motifs &eacute;thiques, au risque de leur vie, Comme Edwards Snowden, dont on est sans nouvelles &agrave; ce jour. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Un troisi&egrave;me m&eacute;canisme est &agrave; consid&eacute;rer, dans la perspective d'un futur proche. Il s'agit d'un &eacute;l&eacute;ment capital, le <strong>cerveau global capable de conscience artificiel</strong>le. Ceux qui connaissent le d&eacute;veloppement rapide des neurosciences et de l'intelligence artificielle savent que dans quelques ann&eacute;es verront le jour un ou plusieurs cerveaux artificiels r&eacute;partis sur l'ensemble des r&eacute;seaux num&eacute;ris&eacute;s. Or Ray Kurzweil, qui est le meilleur technicien capable de d&eacute;velopper de tels cerveaux, a rejoint comme nul n'en ignore les &eacute;quipes de Google. Il a sans doute ce faisant la totale b&eacute;n&eacute;diction de la NSA. <br /> <br /> Mais, direz-vous, les Europ&eacute;ens n'ont-ils pas l'intention d'&eacute;tudier la mise en place pour leur compte d' un tel cerveau. Il s'agit du <em>Human Brain Project </em>europ&eacute;en, qui vient de recevoir la promesse d'un financement s'&eacute;levant &agrave; 1 milliard d'euros. Ce serait na&iuml;f de le croire. L'US Big Brother veille depuis le d&eacute;but de cette initiative. Le responsable en chef de ce projet est un Suisse, tout d&eacute;vou&eacute; aux int&eacute;r&ecirc;ts am&eacute;ricains. De plus, IBM, qui avait d&eacute;j&agrave; fourni le super-ordinateur n&eacute;cessaire aux premiers pas du projet, vient d'ajouter de nouveaux moyens. <br /> <br /> Je cite: <br /> <font color="#990000"><em><strong>IBM Blue Gene/Q memory enhancements</strong> (14/06/2013)<br /> The Blue Brain Project </em><font color="#000000">(c'est-&agrave;-dire le projet suisse/IBM initial, repris dans le projet europ&eacute;en) </font> <em>has acquired a new IBM Blue Gene/Q supercomputer to be installed at CSCS in Lugano, Switzerland. This machine has four times the memory of the supercomputer used by the Blue Brain Project up to now...</em></font><br /> <br /> Est-il besoin de traduire? Quant &agrave; ceux qui ignoreraient qui est IBM, je rappellerai que ce fut d&egrave;s les origines du Plan calcul fran&ccedil;ais l'adversaire principal contre lequel s'&eacute;tait battu Charles de Gaulle. Apr&egrave;s avoir r&eacute;ussi &agrave; monter une entreprise europ&eacute;enne (Unidata, avec CII, Siemens, Philips) capable de tenir t&ecirc;te au g&eacute;ant, les promoteurs de celle-ci ont &eacute;t&eacute; trahis par un europ&eacute;en, un certain Giscard d'Estaing. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Ce sont d'autres Europ&eacute;ens de m&ecirc;me calibre, dot&eacute;s d'une vision strat&eacute;gique aussi p&eacute;n&eacute;trante, qui se battent aujourd'hui pour que l'Europe s'engage dans les n&eacute;gociations avec les Etats-Unisen vue de r&eacute;aliser un grand march&eacute; transatlantique. On apprend aujourd'hui 15 juin que la d&eacute;cision en ce sens vient d'&ecirc;tre prise. Victoire cependant pour la France. Le culturel devrait en principe &ecirc;tre exclu. Cela nous laissera toutes latitudes afin de financer des intermittents du spectacle qui distrairont les touristes am&eacute;ricains et chinois quand ils nous feront la gr&acirc;ce de d&eacute;penser leurs devises en France. Ce sera tout ce qui nous restera &agrave; vendre. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><em><font color="#FF0000">Dans un second article, nous essaierons d'&eacute;valuer la fa&ccedil;on dont la France pourrait ne pas &ecirc;tre enti&egrave;rement absorb&eacute;e par le glissement tectonique qui s'acc&eacute;l&egrave;re. <br /> </font> </em> </font></p> <p align="left"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><br /> </font></p> Fri, 14 Jun 2013 23:00:00 GMT Révolution dans le software. Révolution à la NSA http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1106 1106 <br /><font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Un &eacute;l&eacute;ment nouveau est intervenu ces jours-ci dans le d&eacute;bat. Diff&eacute;rentes fuites reprises par la presse grand public (voir par exemple NYT </font><font size="2" face="Arial"><a href="http://nyti.ms/15L8zAn">http://nyti.ms/15L8zAn </a>ont montr&eacute; que la NSA est dor&eacute;navant &eacute;quip&eacute;e de logiciels extr&ecirc;mement puissants permettant avec de tr&egrave;s courts temps de r&eacute;ponse de scanner et analyser les milliards de donn&eacute;es diverses accumul&eacute;es dans diff&eacute;rents m&eacute;ga-serveurs: ceux de la NSA eux-m&ecirc;mes, dans le centre cyclop&eacute;en qui va s'ouvrir dans l'Utah, ceux des soci&eacute;t&eacute;s de l'Internet collectant des donn&eacute;es priv&eacute;es multiples, et ceux des op&eacute;rateurs de communication g&eacute;rant les adresses, les &eacute;changes t&eacute;l&eacute;phoniques et les mails de centaines de millions d'abonn&eacute;s. Tout ce &laquo;&nbsp;Big Data&nbsp;&raquo; serait pratiquement inexploitable si ces logiciels n'avaient pas &eacute;t&eacute; mis au point par les meilleurs experts de la Silicon Valley. </font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">On connaissait peu jusqu'&agrave; pr&eacute;sent les entreprises ayant accompli cette v&eacute;ritable r&eacute;volution technologique. Elles travaillent en priorit&eacute; pour la NSA et les autres agences gouvernementales sur des contrats leur interdisant de communiquer &agrave; l'ext&eacute;rieur. Cependant, des fuites provenant de certains employ&eacute;s se sont produites. De plus, aujourd'hui, ces firmes, pour &eacute;largir leurs chiffres d'affaires proposent leurs services &agrave; toutes les entreprises g&eacute;rant de grandes quantit&eacute;s de donn&eacute;es, soit dans le cadre de serveurs et de moteurs de recherche documentaires, soit dans le cadre de &laquo;&nbsp;clouds&nbsp;&raquo; ou nuages. Les &laquo;&nbsp;nuages&nbsp;&raquo; repr&eacute;sentent dor&eacute;navant pour le plus grand nombre des centres informatiques d'entreprise la fa&ccedil;on la plus &eacute;conomique de g&eacute;rer leurs op&eacute;rations administratives. Elles confient leurs informations et le cas &eacute;ch&eacute;ant leurs logiciels propri&eacute;taires &agrave; de grosses soci&eacute;t&eacute;s de services qui les traitent &agrave; fa&ccedil;on sur de puissants serveurs distants. IBM se fait dor&eacute;navant le champion de l'informatique en nuage, suivie de pr&egrave;s par l'europ&eacute;en SAP. La confidentialit&eacute; absolue devrait en &ecirc;tre la r&egrave;gle.</font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Ces entreprises du logiciel sortent ainsi progressivement de l'ombre. L'une d'elles, Palantir, de Palo Alto, fond&eacute;e par des anciens de Pay Pal <a href="http://www.palantir.com/">http://www.palantir.com/</a> se flatte de proposer un &laquo;&nbsp;nouveau type de software&nbsp;&raquo;. Le mot est modeste pour une ambition qui ne l'est pas. Palantir annonce ainsi ces jours-ci sur sa page d'accueil qu'elle a conclu un accord avec Google pour d&eacute;tecter les trafics d'&ecirc;tre humains &ndash; d&eacute;tection que l'on aurait pu croire r&eacute;serv&eacute;e aux autorit&eacute;s publiques. La collaboration de Palantir avec les autorit&eacute;s publiques et les grands serveurs du Net ne s'arr&ecirc;te pas l&agrave;. Sur le site de CNBC (CNBC Disruptor50) , qui recense en permanence les 50 entreprises ou applications &laquo;&nbsp;faisant rupture&nbsp;&raquo; , Palantir &eacute;nonce les diff&eacute;rentes grandes missions pour lesquelles elle apporte ses comp&eacute;tences: lutte contre le terrorisme, les trafics d'armes et de drogues, les fraudes, les abus de droits, les r&eacute;seaux de pornographie enfantine, les maladies d'origine alimentaire, le cyber-espionnage et les g&eacute;nocides au Soudan...sans parler de sa contribution &agrave; l'arrestation d'un certain Ben Laden. Voir http://www.cnbc.com/id/100734736 </font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"><a name="taw"></a>On peut citer d'autres soci&eacute;t&eacute;s exploitant ce m&ecirc;me domaine et, semble-t-il, y prosp&eacute;rant: Atlassian <cite>www.</cite><cite>atlassian</cite><cite>.com/</cite> , Box <em>http://theboxsoftware.com/</em>, Bromium <em>http://www.bromium.com/</em>, Dropbox <cite>http://www.</cite><cite>dropbox</cite><cite>.com/</cite>&lrm; . Leurs faits d'armes sont moindres, semble-t-il, mais elles feront, soyons en certains, de grands efforts pour rattraper leur retard. </font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"><font color="#000080"><strong>Nul n'est &agrave; l'abri</strong></font> <br /> </font></p> <p><font size="2" face="Arial">L'utilisation r&eacute;cente de ces nouvelles technologies par la NSA donnent aux activit&eacute;s d'espionnage la possibilit&eacute; d'identifier les activit&eacute;s et les d&eacute;placements de n'importe qui n'importe o&ugrave; dans le monde, sans exercer de surveillances ou d'&eacute;coutes directes. Jusqu'&agrave; ces derniers jours, les experts du renseignement ne pensaient pas que la NSA puisse le faire efficacement, malgr&eacute; les milliards de dollars d&eacute;pens&eacute;s dans la d&eacute;cennie en stations d'interception et en superordinateurs (notamment ceux de l'Utah) afin de stocker sans limites de temps l'ensemble des donn&eacute;es personnelles mondiales et briser les codes de protection. Mais dor&eacute;navant ces m&ecirc;mes experts pensent que l'Agence est sur le point d'y arriver. Il ne lui est donc plus aussi n&eacute;cessaire qu'auparavant de d&eacute;penser ses ressources en &eacute;coutes t&eacute;l&eacute;phoniques et analyses de messages. </font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p> <font size="2" face="Arial">Les lois am&eacute;ricaines prot&egrave;gent relativement bien les droits des citoyens de l'Union concernant les contenus de communications t&eacute;l&eacute;phoniques. Mais ce n'est plus le cas concernant les donn&eacute;es num&eacute;riques diverses fournies en abondance par les &eacute;changes t&eacute;l&eacute;phoniques (qui appelle qui?) et autres dispositifs portables: cartes de cr&eacute;dit, smartphones, tablettes, SMS, Twitter, GPS, etc. </font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">De plus aucune r&eacute;glementation n'interdit les rapprochement de sources ou d'informations de provenance diff&eacute;rente. Les logiciels aujourd'hui utilis&eacute;s pour l'espionnage permettent de reconstruire facilement la &laquo;&nbsp;mosa&iuml;que&nbsp;&raquo; des donn&eacute;es int&eacute;ressant une personne. De nombreux types de corr&eacute;lations et de patterns sont alors mis en &eacute;vidence. Ces rapprochements, que l'on d&eacute;signe du nom de &laquo;&nbsp;data mining&nbsp;&raquo; sont dor&eacute;navant une des principales activit&eacute;s des services de police et d'espionnage. Ils font appel &agrave; des logiciels d'intelligence artificielle &eacute;volu&eacute;e, sur le mod&egrave;le de ceux qui ont permis en 2011 au super-ordinateur d'IBM Watson de battre les champions du jeu Jeopardy! Aussi intelligents soient-ils, ces logiciels seront n&eacute;cessairement &agrave; la source de nombreuses confusions et erreurs. Qui s'en apercevra &agrave; temps? <br /> </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Par ailleurs,&nbsp; de plus en plus de recherches ciblent, &eacute;videmment sans mandats judiciaires, un nombre croissant de citoyens am&eacute;ricains aux Etats-Unis m&ecirc;me. Les &laquo;&nbsp;lanceurs d'alerte&nbsp;&raquo; commencent &agrave; s'en inqui&eacute;ter, mais l'Administration ne change pas de position. Obama lui-m&ecirc;me vient d'expliquer qu'il n'y avait pas l&agrave; de quoi s'inqui&eacute;ter, puisque aucun contenu de communication t&eacute;l&eacute;phonique ou de mail n'a &eacute;t&eacute; espionn&eacute;. Peu de gens croient aujourd'hui que cela soit encore le cas. Comment, lorsqu'on dispose de telles possibilit&eacute;s, ne pas s'en servir?</font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Les r&eacute;actions du public telles que per&ccedil;ues &agrave; la lecture des journaux en ligne, sont g&eacute;n&eacute;ralement hostiles &agrave; cette explosion d'investigations, d'autant moins fond&eacute;es dit-on, qu'elles n'ont pu emp&ecirc;cher l'attentat de Boston ni les fr&eacute;quentes fusillades r&eacute;guli&egrave;rement constat&eacute;es. Le plus ferme dans son opposition est le World Socialiste Web Site (voir par exemple ce jour <a href="http://www.wsws.org/en/articles/2013/06/08/pers-j08.html">http://www.wsws.org/en/articles/2013/06/08/pers-j08.html</a>) . Ces r&eacute;sistances sont tout &agrave; l'honneur de la d&eacute;mocratie am&eacute;ricaine, ou de ce qu'il en reste. <br /> <br /> Il semble cependant qu'une majorit&eacute; silencieuse s'accommode parfaitement de l'augmentation des possibilit&eacute;s de contr&ocirc;le et d'&eacute;limination en d&eacute;coulant, pensant ainsi que </font><font size="2" face="Arial">dans les cyber-guerres annonc&eacute;es de toutes parts, </font><font size="2" face="Arial">les ennemis mena&ccedil;ant l'Am&eacute;rique, Chinois, Iraniens et autres, seront plus facilement rep&eacute;r&eacute;s et mis hors d'&eacute;tat de nuire, eux et leurs complices probables, citoyens am&eacute;ricains ou europ&eacute;ens, autrement dit, pourquoi pas, vous et moi ?<br /> </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><br /> <br /> </p> Sat, 08 Jun 2013 23:00:00 GMT Algorithmes prédateurs, algorithmes assassins http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1096 1096 <br /><p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p> <font size="2" face="Arial"><font size="2">Sauf que les serveurs, et les groupes qui les inspirent, se d&eacute;velopperont d'autant mieux qu'ils feront appel &agrave; des pulsions primaires pouvant venir en contradiction directe avec les int&eacute;r&ecirc;ts de survie du groupe. Le message en forme d'algorithme qui &eacute;tablit une &eacute;galit&eacute;, dans l'esprit des individus, notamment des enfants, &agrave; travers les aires neuronales dites de r&eacute;compense, entre le tabac et le plaisir, sur le mode &laquo;&nbsp;fumer &eacute;gal (=) plaisir&nbsp;&raquo; contribue &agrave; raccourcir de 10 ans au moins la vie de ces enfants &ndash; sans mentionner les d&eacute;penses collat&eacute;rales. Le message qui &eacute;tablit une &eacute;galit&eacute; entre &laquo;&nbsp;nouvelle voiture = nouvel id&eacute;al de vie &raquo; ne contribue en rien &agrave; la diminution du nombre des accidents de la route ni des modes de consommation-gaspillage. </font> <font size="2" face="Arial"> </font><font size="2" face="Arial"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><font size="2">Il y a bien pire. Le message qui &eacute;tablit une &eacute;galit&eacute;, dans l'esprit de certains croyants, &agrave; travers les aires neuronales stimulant le rejet et la haine de l'autre, entre le message &laquo;&nbsp;tuer un incroyant = gagner le paradis&nbsp;&raquo; finit par trouver des cerveaux &agrave; travers lesquels il d&eacute;clenchera des attentats homicides, tels que les trois derniers meurtres de militaires en France et Grande Bretagne.</font></p> <font size="2" face="Arial"> </font><font size="2" face="Arial"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><font size="2">Les r&eacute;seaux num&eacute;riques ne se bornent pas &agrave; la multiplication de tels messages par Internet, sous forme d'images, de slogans et de blogs. Ils entretiennent d&eacute;sormais une publicit&eacute; en ligne, relay&eacute;e par la t&eacute;l&eacute;vision, &agrave; laquelle nul ne peut d&eacute;sormais pr&eacute;tendre &eacute;chapper. La multiplication des &eacute;crans commerciaux est devenue une v&eacute;ritable pollution. C'est elle, pay&eacute;e par les annonceurs, qui fait la fortune des grands serveurs, tels que Google, My Face ou You Tube. Les individus na&icirc;fs font leur fortune. Comme l'a reconnu courageusement Jaron Lanier, en d&eacute;savouant sa jeunesse pass&eacute;e &agrave; mettre en place de telles activit&eacute;s, ils leur confient d&eacute;sormais toutes les informations les concernant. </font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font><font size="2" face="Arial"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><font size="2">Parall&egrave;lement, les r&eacute;seaux t&eacute;l&eacute;visuels et num&eacute;riques qui relaient en boucle les sc&egrave;nes d'attentat, contribuent &agrave; la multiplication de ce que l'on nomme des &laquo;&nbsp;m&egrave;mes&nbsp;&raquo; comportementaux, autrement dit des messages vivant leur propre vie dans les cerveaux et y prolif&eacute;rant tels, selon le terme de Brodie, des virus de l'esprit. Ces m&egrave;mes ne contaminent pas tous les esprits, heureusement. Chez la plupart des personnes, ils rencontrent des r&eacute;sistances immunitaires. Mais il suffit qu'un ou deux cerveaux sur des millions soit contamin&eacute;s pour que les soci&eacute;t&eacute;s apparemment les plus solides finissent par s'effondrer. </font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font><font size="2" face="Arial"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><font size="2">Que faire alors contre ces algorithmes pr&eacute;dateurs ou assassins, qui prolif&egrave;rent &agrave; travers les r&eacute;seaux num&eacute;riques. Laissons pour le moment ici la question sans r&eacute;ponse. </font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><br /> </p> </font> Fri, 31 May 2013 23:00:00 GMT Politiques industrielles de défense http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1085 1085 <br /><font size="2" face="Arial">Une partie de la conclusion&nbsp; parait r&eacute;sumer l'essentiel de la situation :<br /> <br /> Dans <font size="2">un&nbsp;</font> vaste mouvement de balancier de plus d'un demi-si&egrave;cle,<font size="2"> </font>quatre tendances g&eacute;n&eacute;rales (toutes n&eacute;gatives) se d&eacute;gagent aujourd'hui concernant l&rsquo;action<font size="2"> </font>de l&rsquo;&Eacute;tat actionnaire des principaux groupes industriels de d&eacute;fense<font size="2"> </font>fran&ccedil;ais :<br /> <br /> &minus; l&rsquo;&Eacute;tat s&rsquo;est mis en risque de perdre le contr&ocirc;le de certaines<font size="2"> </font>activit&eacute;s industrielles nationales d&rsquo;armement ;<br /> <br /> &minus; il s&rsquo;est laiss&eacute; diluer sans toujours obtenir en &eacute;change des contreparties &eacute;quivalentes ;<br /> <br /> &minus; il n&rsquo;est pas toujours parvenu &agrave; arbitrer entre des int&eacute;r&ecirc;ts parfois<font size="2"> </font>contradictoires ;<br /> <br /> &minus; il est parfois incapable de faire appliquer ses d&eacute;cisions par les<font size="2"> </font>responsables des entreprises qu'il contr&ocirc;le.<br /> <br /> L&rsquo;&Eacute;tat s'est donc mis en risque de perdre le contr&ocirc;le d&rsquo;activit&eacute;s qui sont au c&oelig;ur de la d&eacute;fense nationale<br /> <br /> Pour y rem&eacute;dier, dans la mesure o&ugrave; l'&Eacute;tat est un des actionnaires principaux des entreprises concern&eacute;es, la Cour estime qu'il<br /> doit continuer d&rsquo;am&eacute;liorer les moyens d&rsquo;exercer pleinement ses pr&eacute;rogatives en mettant l&rsquo;accent sur deux axes.<br /> <br /> <font size="2">- </font>Le premier est la d&eacute;finition d&rsquo;une strat&eacute;gie de long terme dans<font size="2"> </font>laquelle inscrire l&rsquo;avenir de nos entreprises de d&eacute;fense.<br /> <br /> Le second est la coordination renforc&eacute;e entre ses propres services, notamment la direction g&eacute;n&eacute;rale de l&rsquo;armement (DGA) et l&rsquo;agence des<br /> participations de l&rsquo;&Eacute;tat (APE), afin qu'ils expriment la m&ecirc;me position.<br /> <br /> <font color="#000080"><strong>Observations</strong></font><br /> </font><br /> <font size="2" face="Arial">Les recommandations de la Cour rel&egrave;vent du simple bon sens. Mais aujourd'hui, avec le pouvoir de d&eacute;cision reconnu quasi exclusivement &agrave; des <br /> actionnaires priv&eacute;s, cela ressemble &agrave; un voeu pieux. Le concept de strat&eacute;gie &agrave; long terme ne tient plus face aux imp&eacute;ratifs de la recherche du profit &agrave; court terme.<br /> <br /> On peut ajouter&nbsp; qu'il ne faudrait pas consid&eacute;rer les entreprises de d&eacute;fense comme constituant un monde &agrave; part. Selon ce que dit bien le concept de technologies duales, totalement exploit&eacute; depuis des d&eacute;cennies par les USA, ce qui sert &agrave; la d&eacute;fense sert aussi au reste de l'&eacute;conomie. Pr&eacute;tendre comme certains &agrave; gauche que les industries de d&eacute;fense ne servent &agrave; rien condamne beaucoup de possibilit&eacute;s d'investissements technologiques avanc&eacute;s. Se gausser du r&eacute;cent <font size="2">&eacute;</font>chec d'un lanceur <font size="2">balistique</font> fran&ccedil;ais rel&egrave;ve de l'irresponsabilit&eacute; totale. <br /> <br /> C'est d'ailleurs un probl&egrave;me pour la recherche europ&eacute;enne (communautaire) qui par d&eacute;finition exclut toutes recherches en mati&egrave;re d'industries de <br /> d&eacute;fense. Elle manque de la plupart des incitations qui dans le reste du monde font marcher la recherche/d&eacute;veloppement.<br /> <br /> Un point suppl&eacute;mentaire est &agrave; &eacute;voquer, celui du spatial. Celui ci rel&egrave;ve en Europe essentiellement de l'Esa et marginalement de certains Etats (les agences spatiales nationales). Elles sont d<font size="2">onc principalement civiles. </font>Or chacun sait qu'aux USA, en Russie et dor&eacute;navant en Chine, la recherche spatiale civile est profond&eacute;ment imbriqu&eacute;e avec&nbsp; la recherche militaire. Le dernier Monde diplomatique a publi&eacute; ce mois ci un article r&eacute;v&eacute;lateur concernant la Chine.<br /> <br /> (*) www.ccomptes.fr/index.php/content/download/54833/1434626/version/1/file/rapport_thematique_Etat_actionnaire_industries_armement.pdf<br /> <br /> <br /> </font><br /> Tue, 07 May 2013 23:00:00 GMT Faire le pari de la recherche scientifique http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1083 1083 <br /><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="3" color="#000099"><strong> <font size="2"> </font><br /> </strong></font></font><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="3" color="#000099"><font size="2" color="#000000">Jean-Paul Baquiast 27/04/2013</font></font></font> <p align="center"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="3" color="#000099"><font size="2" color="#000000"><br /> <br /> <img width="300" height="300" alt="" src="http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2013/135/naambook.jpg" /></font></font></font></p> <p align="left"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="3" color="#000099"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="3" color="#000099"><font size="2" color="#000000"><strong><font color="#000099">Introduction</font></strong></font></font></font></font></font></p> <p align="left"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="3" color="#000099"><font size="2" color="#000000">Le dernier ouvrage de Ramez Naam, <em><a href="http://www.amazon.fr/The-Infinite-Resource-Finite-Planet/dp/161168255X">The Infinite Resource: The Power of Ideas on a Finite Planet,</a></em> University Press of New England (9 avril 2013) pr&eacute;sente d'une fa&ccedil;on tr&egrave;s claire les choix que attendent l'humanit&eacute; d&egrave;s cette d&eacute;cennie: ou bien continuer &agrave; consommer et produire comme actuellement (business as usual) ou bien r&eacute;former radicalement, notamment par l'investissement scientifique, les comportements collectifs. Dans ce livre, l'auteur, expert informatique et &eacute;conomiste, a consult&eacute; et discut&eacute; tr&egrave;s largement les diff&eacute;rents travaux de ceux qui se pr&eacute;occupent de l'avenir du monde. Nul n'est oblig&eacute; de partager d'embl&eacute;e ses id&eacute;es. Certains lui reprochent d'&ecirc;tre financ&eacute; par la Fondation Bill Gates. Il reste que les probl&eacute;matiques &eacute;voqu&eacute;es, bien que d&eacute;j&agrave; tr&egrave;s largement expos&eacute;es ailleurs par d'autres auteurs, n'ont toujours pas provoqu&eacute; de changements sensibles dans les politiques mondiales. <br /> <br /> Nous pensons pour notre part qu'au sein d'une Europe o&ugrave; les citoyens semblent s'estimer incapables d'agir sur des ph&eacute;nom&egrave;nes d&eacute;passant croient-ils leurs capacit&eacute;s d'influence dans le monde, ce livre d&eacute;montre au contraire que des marges de manoeuvre consid&eacute;rables existent, non seulement en Europe mais, pour ce qui nous concerne, en France m&ecirc;me. <br /> <br /> Malheureusement dans ce pays, un gouvernement se disant socialiste et interventionniste, r&eacute;pudiant donc en principe le lib&eacute;ralisme sauvage, n'a pas encore pr&eacute;sent&eacute; aux citoyens des programmes d'investissements capables &agrave; la fois de relancer l'emploi et la croissance tout en &eacute;vitant de contribuer &agrave; l'&eacute;puisement des biens communs. Nous proposons donc dans cet article, en nous appuyant sur les points forts du livre de Ramez Naam,(notamment dans la premi&egrave;re partie) ce qui pourrait &ecirc;tre une strat&eacute;gie europ&eacute;enne en ce sens. A l'occasion nous feront allusion aux atouts sur lesquels la France pourrait s'appuyer pour jouer tout son r&ocirc;le dans une telle politique. <br /> <br /> <font color="#000099"><strong><font size="3">Premi&egrave;re partie. Les probl&egrave;mes &agrave; r&eacute;soudre</font></strong></font><br /> <br /> Ceux-ci sont bien connus, mais il faut les rappeler, ne fut-ce que pour contribuer &agrave; les faire mieux prendre au s&eacute;rieux par des opinions pr&eacute;occup&eacute;es par des int&eacute;r&ecirc;ts plus imm&eacute;diats. <br /> <br /> <font color="#000099"><strong> Comment nourrir les populations mondiales</strong></font><br /> <br /> L'humanit&eacute; a converti environ un tiers des surfaces terrestres globales en vue de la production de nourriture. Les deux autres tiers sont constitu&eacute;s de d&eacute;serts ou de montagnes inutilisables. Ce faisant, elle a multipli&eacute; les probl&egrave;mes environnementaux, du fait des rejets d'engrais et de pesticides. L'agriculture consomme par ailleurs 70% des r&eacute;serves d'eau douce, ressource dor&eacute;navant devenue partout rare. <br /> <br /> Ceci n'emp&ecirc;che pas que la production agricole diminue globalement, les prix s'&eacute;levant, alors que la demande alimentaire ne cesse d'augmenter: en quantit&eacute; dans les pays pauvres, en qualit&eacute; dans les pays &eacute;mergents. Selon la FAO, la plan&egrave;te devrait produire vers 2050 70% de nourriture en plus qu'aujourd'hui pour nourrir aux standards actuels la population de l'&eacute;poque, &agrave; supposer que celle-ci se stabilise &agrave; quelques 10 milliards de personnes. A d&eacute;faut, la disette reprendra, g&eacute;n&eacute;rant des troubles divers. <br /> <br /> <font color="#000099"><strong>Arr&ecirc;ter la d&eacute;forestation</strong></font><br /> <br /> La moiti&eacute; des for&ecirc;ts primaires de la Terre a &eacute;t&eacute; d&eacute;truite par les humains, afin d'y produire de la nourriture. Chaque ann&eacute;e, &agrave; peu pr&egrave;s la superficie de la Louisiane dispara&icirc;t, principalement sous les tropiques. Ces for&ecirc;ts primaires sont pourtant le poumon de la Terre et un havre inestimable pour la biodiversit&eacute;. Par ailleurs, elles maintiennent les sols en place. Gr&acirc;ce &agrave; l'&eacute;votranspiration, elles permettent aux pluies d'irriguer les sols sous leur vent. Elles produisent 20% de l'oxyg&egrave;ne et 30% de l'eau douce terrestres. Il est donc irresponsable de continuer &agrave; les d&eacute;truire. <br /> <strong><font color="#000099"><br /> Sauver l'eau douce</font></strong><br /> <br /> L'agriculture est le principal facteur mettant en p&eacute;ril les r&eacute;serves d'eau douce. 70% des r&eacute;serves disponibles servent &agrave; l'irrigation, principalement dans les pays d&eacute;velopp&eacute;s. Pour y acc&eacute;der, les rivi&egrave;res, les lacs et les aquif&egrave;res sont de plus en plus ass&eacute;ch&eacute;s. L'&eacute;tat actuel de la Mer d'Aral, jadis premi&egrave;re r&eacute;serve d'eau douce terrestre, illustre ceci d'une fa&ccedil;on spectaculaire, mais qui n'est en rien une caricature. En Am&eacute;rique du Nord, l'aquif&egrave;re g&eacute;ant de l'Ogalla est en train de subir le m&ecirc;me sort, sous l'effet des pompages excessifs. Il en est de m&ecirc;me d'autres aquif&egrave;res sous la vall&eacute;e de l'Indus, en Chine. au Mexique ou en Iran. <br /> <br /> Les grands fleuves souffrent de m&ecirc;me d'une irrigation excessive, notamment en saison s&egrave;che: le Fleuve Jaune, le Nil, l'Indus le Rio Grande et le Colorado. Les estuaires reculent devant l'eau sal&eacute;e et les bancs de sable marins. <br /> <br /> <font color="#000099"><strong>Arr&ecirc;ter la surp&ecirc;che oc&eacute;anique</strong></font><br /> <br /> Le poisson constitue une source irrempla&ccedil;able de prot&eacute;ines pour les pays pauvres. La survie d'un milliard de personnes en d&eacute;pend. Le poisson pourrait &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme une ressource renouvelable, s'il n'&eacute;tais pas exploit&eacute; &agrave; outrance, ceci jusqu'&agrave; &eacute;puisement de tr&egrave;s nombreuses esp&egrave;ces. <br /> <br /> Aujourd'hui plus d'un tiers de toutes les esp&egrave;ces oc&eacute;aniques ont vu leurs populations s'effondrer. Toutes les autres sont virtuellement surexploit&eacute;es ou exploit&eacute;es jusqu'aux limites. Si la p&ecirc;che continue sans changements, la FAO estime que les p&ecirc;cheries mondiales deviendront improductives vers 2050. <br /> <br /> <font color="#000099"><strong>Faire face au changement climatique</strong></font><br /> <br /> Il s'agit du probl&egrave;me de fond, qui sous-tend tous les autres. La plan&egrave;te se r&eacute;chauffe. M&ecirc;me si une part de ce r&eacute;chauffement provient &eacute;ventuellement d'un processus cosmologique &agrave; tr&egrave;s long terme, son acc&eacute;l&eacute;ration rapide aujourd'hui est due &agrave; l'augmentation r&eacute;cente des &eacute;missions de CO2 et autres gaz &agrave; effet de serre. Cette augmentation &agrave; son tour d&eacute;coule de causes convergentes: utilisation en hausse continue des combustibles fossiles carbon&eacute;s, d&eacute;forestation, &eacute;levage...<br /> <br /> La fonte de la calotte polaire arctique et de nombreux glaciers en r&eacute;sulte. Cette fonte acc&eacute;l&egrave;re par effet en retour le r&eacute;chauffement. Un oc&eacute;an arctique sans glaces estivales est aujourd'hui pr&eacute;vu par l'IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change) vers 2025-2030. <br /> <br /> L'effet le plus spectaculaire de ce ph&eacute;nom&egrave;ne sera la mont&eacute;e des eaux oc&eacute;aniques, de 1 &agrave; 2 m&egrave;tres &agrave; la fin du si&egrave;cle. Cela menacera de submersion des dizaines de villes et zones industrielles du monde. Les prot&eacute;ger ou les d&eacute;placer entra&icirc;nera des d&eacute;penses pharaoniques. <br /> <br /> Le r&eacute;chauffement provoquera de plus en plus, par ailleurs, des ph&eacute;nom&egrave;nes climatiques extr&ecirc;mes, s&eacute;cheresses, inondations, temp&ecirc;tes. Ceux-ci retentiront sur la production agricole et l'acc&egrave;s &agrave; l'eau douce. Des milliers ou dizaines de milliers de morts en d&eacute;couleront, comme en Russie en ao&ucirc;t 2010. Aux Etats-Unis l'ouragan Sandy combin&eacute; &agrave; la s&eacute;cheresse du Middle west a caus&eacute; $100 milliards de dommages. <br /> <br /> Rappelons que par ailleurs l'augmentation de l'absorption de CO2 par les oc&eacute;ans conduit &agrave; une destruction des massifs coralliens, essentiels pour la biodiversit&eacute; dans les eaux tropicales. <br /> <strong><font color="#000099"><br /> Effets d'entrainement et points de non retour </font></strong><br /> <br /> Les divers ph&eacute;nom&egrave;nes expos&eacute;s ci-dessus s'entrainent les uns les autres, dans un rythme auto-acc&eacute;l&eacute;r&eacute;. Ils risquent d'atteindre prochainement des points de non-retour (<em>tipping points</em>) &agrave; partir desquels le visage actuel de la plan&egrave;te pourrait &ecirc;tre durablement chang&eacute;. A ce moment aucune intervention humaine ne pourra modifier l'&eacute;volution. La Terre, plan&egrave;te liquide et de climat temp&eacute;r&eacute;, favorable &agrave; la vie depuis son origine, pourrait devenir en quelques si&egrave;cles, sinon d&eacute;cennies, une plan&egrave;te dess&eacute;ch&eacute;e et sans vie telle que Mars. L'&eacute;tude de cette derni&egrave;re montre aujourd'hui qu'elle a perdu tr&egrave;s rapidement, il y a 3 ou 4 milliards d'ann&eacute;es, toutes conditions permettant la vie telle que nous la connaissons. La Terre constitue une exception dans le syst&egrave;me solaire. Son caract&egrave;re fragile ne devrait pas &eacute;chapper aux humains qui d&eacute;pendent d'elle pour survivre. <br /> </font><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="3" color="#000099"><font size="2" color="#000000"><strong><font color="#000099"><br /> La place de l'Europe dans cette &eacute;volution</font></strong></font></font></font></font></font></p> <p align="left"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="3" color="#000099"><font size="2" color="#000000">On consid&egrave;re g&eacute;n&eacute;ralement que l'Europe, par son climat temp&eacute;r&eacute; et des si&egrave;cles de vieille culture ayant permis de faire face aux difficult&eacute;s naturelles, sera moins impliqu&eacute;e que les autres parties du monde dans l'acc&eacute;l&eacute;ration des difficult&eacute;s ou catastrophes annonc&eacute;es par les experts. Ce n'est pas inexact, dans le court terme. Mais le ph&eacute;nom&egrave;ne d&eacute;sormais in&eacute;vitable de la mondialisation ne lui permettra pas de se transformer en forteresse &agrave; l'abri de fronti&egrave;res &eacute;tanches. D'abord, les ph&eacute;nom&egrave;nes climatiques ou oc&eacute;aniques l'atteindront comme partout ailleurs. Ensuite, les famines et autres crises de subsistance se produisant dans des r&eacute;gions d&eacute;j&agrave; surpeupl&eacute;es au regard des ressources actuelles entraineront n&eacute;cessairement des migrations massives et probablement des guerres de d&eacute;fense des territoires dont les cons&eacute;quences seront destructrices en termes de civilisation.</font></font></font></p> <p align="left"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="3" color="#000099"><font size="2" color="#000000"> L'Europe, et la France en ce qui la concerne, n'ont pas d'autres solutions que mettre imm&eacute;diatement au service de la lutte contre les ph&eacute;nom&egrave;nes r&eacute;sum&eacute;s ici l'ensemble de leurs ressources. Il s'agit de ressources technologiques, mais aussi de ressources en inventivit&eacute; cr&eacute;atrice. Le devoir des gouvernements est de tout faire pour les mobiliser. <br /> <br /> Ce sont ces perspectives qui vont &ecirc;tre examin&eacute;es dans la seconde partie de ce document. <br /> <strong><font size="3" color="#000099"><br /> Deuxi&egrave;me partie. Comment r&eacute;agir</font></strong></font></font></font></p> <p align="left"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="3" color="#000099"><font size="2" color="#000000">Face &agrave; la convergence des tensions ou ruptures entre besoins et ressources, telles que r&eacute;sum&eacute;es dans la premi&egrave;re partie, deux solutions sont g&eacute;n&eacute;ralement envisag&eacute;es par ceux qui se pr&eacute;occupent de ces questions. La premi&egrave;re, tr&egrave;s populaire dans certains milieux en Occident, mais clairement refus&eacute;e par les pays &eacute;mergents, consisterait &agrave; diminuer ce que l'on nomme la croissance. Ce terme trop vague signifierait r&eacute;duire les consommations, &agrave; tous les niveaux: diminuer les d&eacute;penses alimentaires et les acquisitions de produits manufactur&eacute;s, se d&eacute;placer moins, etc. <br /> <br /> Il se trouve cependant que les politiques correspondantes, dites aussi d&eacute;croissantistes, sont refus&eacute;es syst&eacute;matiquement. D'abord dans les pays pauvres et chez les &eacute;mergents, qui ne voient pas pourquoi refuser d'acqu&eacute;rir un niveau de vie dont les pays riches jouissent depuis longtemps et qu'ils refusent de partager. Ensuite dans ces pays riches eux-m&ecirc;mes, domin&eacute;s par ce qu'il faut bien appeler des oligarchies de poss&eacute;dants, qui s'accrocheront jusqu'au dernier moment &agrave; leurs privil&egrave;ges. <br /> <br /> Quant &agrave; la r&eacute;duction de la croissance d&eacute;mographique, qui serait indispensable, elle ne rel&egrave;ve pas d'une politique de d&eacute;croissance. Il s'agit d'un processus tr&egrave;s long qui semble principalement r&eacute;sulter de l'augmentation des niveaux de vie. R&eacute;duire ceux-ci risquerait de relancer la surnatalit&eacute; dite de mis&egrave;re. <br /> <br /> La seconde solution consisterait &agrave; augmenter l'offre. Mais nous avons vu que, en l'&eacute;tat des ressources disponibles, pr&eacute;sentes et futures, cela ne serait pas possible. Ou plus exactement, cela ne serait possible que si l'ensemble des soci&eacute;t&eacute;s d&eacute;velopp&eacute;es et &eacute;mergentes s'engageait dans un effort syst&eacute;matique de recherche scientifique et technique, susceptible de g&eacute;n&eacute;rer de nouvelles productions, &agrave; partir de nouvelles ressources, inconnues &agrave; ce jour. C'est la th&egrave;se d&eacute;fendue par Ramez Naam.<br /> <br /> Utopie dit-on? Pas du tout. Un tel programme a &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent&eacute; depuis une dizaine d'ann&eacute;es par le mouvement des Singularistes. Il prolonge aujourd'hui en termes nouveaux l'ancien mouvement d'investissement industriel et scientifique qui avait fait la fortune de l'Occident (Europe et Am&eacute;rique) &agrave; partir du milieu du 19e si&egrave;cle. La science et la technique, convenablement dirig&eacute;es, ont toujours &eacute;t&eacute; et demeureront le seul facteur s&eacute;rieux de d&eacute;veloppement. <br /> <br /> Aujourd'hui, pour des raisons complexes, une partie des Occidentaux rejettent la science et la technique, auxquelles ils imputent tous les maux soci&eacute;taux. Mais les Singularistes abordent la question de la science d'une nouvelle fa&ccedil;on, susceptible de d&eacute;sarmer une partie des critiques qui lui sont faites en Occident. Pour eux, l'opinion publique n'a pas encore pris conscience d'un ph&eacute;nom&egrave;ne, d&eacute;j&agrave; en cours depuis une vingtaine d'ann&eacute;es, et qui, si tout se passait bien, r&eacute;volutionnerait le 21e si&egrave;cle. Il s'agit du d&eacute;veloppement exponentiel et convergent des principales technologies. <br /> <br /> Cette expression signifie deux choses. D'une part ces technologies croissent &agrave; grande vitesse et de fa&ccedil;on acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e, illustr&eacute;e par la Loi dite de Moore dans le domaine des composants &eacute;lectroniques. D'autre part la croissance d'une technologie b&eacute;n&eacute;ficie &agrave; toutes les autres, et r&eacute;ciproquement. Ainsi la g&eacute;n&eacute;ralisation des composants et nanocomposants &eacute;lectroniques permettra le d&eacute;veloppement de la biologie de synth&egrave;se qui &agrave; son tour permettra de relancer la mise en place d'agricultures r&eacute;sistant &agrave; la s&eacute;cheresse. <br /> <br /> Ceci ne se produit encore que de fa&ccedil;on limit&eacute;e, principalement dans des laboratoires. La grande id&eacute;e, reprise par Ramez Naam, puis ici dans le pr&eacute;sent texte, consisterait &agrave; convaincre les d&eacute;cideurs, notamment les d&eacute;cideurs politiques, du fait qu'encourager les recherches/d&eacute;veloppement (R/D) tous azimuts ferait progressivement dispara&icirc;tre les raret&eacute;s actuelles et permettrait de nouvelles croissances qui n'&eacute;puiseraient pas les ressources de la Terre. Le r&eacute;sultat ne serait pas imm&eacute;diat. Il demanderait selon les secteurs quelques ann&eacute;es ou quelques d&eacute;cennies. Par ailleurs, il faudrait en payer le prix, c'est-&agrave;-dire investir fortement dans la R/D, en &eacute;conomisant sur les d&eacute;penses de consommation actuelles. Mais le succ&egrave;s pourrait &ecirc;tre au bout du processus. <br /> <br /> Pour en convenir, il faudrait abandonner, comme l'avait montr&eacute; Ray Kurzweil il y a quelques ann&eacute;es, la croyance au fait que le futur est pr&eacute;visible par extrapolation du pass&eacute; ou du pr&eacute;sent. Le futur n'est pas pr&eacute;visible en totalit&eacute;. Des catastrophes restent toujours possible, tenant &agrave; de causes diverses. Mais des solutions heureuses jug&eacute;es aujourd'hui irr&eacute;alistes sont &eacute;galement &agrave; envisager. <br /> <br /> Pour passer de ces g&eacute;n&eacute;ralit&eacute;s &agrave; des exemples concrets, il faut d&eacute;crire quelques domaines o&ugrave; de nouvelles technologies, d&eacute;coulant de nouvelles recherches scientifiques, permettraient de changer le monde. On verra que ce ne seraient pas seulement les Etats-Unis ou la Chine qui pourraient investir dans ces directions, mais l'Europe et, en ce qui nous concerne, la France. <br /> </font><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="3" color="#000099"><font size="2" color="#000000"><strong><font color="#000099"><br /> Les productions alimentaires<br /> </font></strong></font></font></font><font size="2" color="#000000"><br /> D&eacute;mentant les pr&eacute;dictions des &eacute;conomistes malthusiens, tel Paul Erlich en 1968, la population mondiale a continu&eacute; &agrave; croitre depuis cette date, gr&acirc;ce &agrave; l'augmentation des productions agricoles. Mais ceci s'est fait &agrave; un prix &eacute;voqu&eacute; plus haut: destruction des for&ecirc;ts et des zones humides, pollutions chimiques, etc. Aujourd'hui la production moyenne par unit&eacute; de surface ne peut augmenter encore &agrave; partir des moyens traditionnels. Pour sortir de cette impasse, il ne faut plus h&eacute;siter &agrave; modifier les capacit&eacute;s g&eacute;n&eacute;tiques des plantes pour leur permettre de tirer un meilleur parti de la photosynth&egrave;se, exploiter des terrains pauvres et arides et produire elles-m&ecirc;mes leurs propres fertiliseurs &agrave; partir de l'azote de l'air. <br /> <br /> Les OGM (organismes g&eacute;n&eacute;tiquement modifi&eacute;s) suscitent un rejet dans certains pays, notamment en Europe. Mais cela tient au fait que ce sont des firmes priv&eacute;es, comme Monsanto, qui se sont appropri&eacute;es ces techniques et en ont exclu les petits exploitants. Il faudrait au contraire que des laboratoires publics travaillent de fa&ccedil;on ouverte &agrave; produire de nouvelles esp&egrave;ces et les mettre quasi gratuitement &agrave; la disposition des agriculteurs. Ceci ne pourrait cependant se faire que dans le cadre d'une v&eacute;ritable r&eacute;volution politique, visant &agrave; faire de ces laboratoires de vrais services publics, comme c'est le cas en Europe dans certains domaines de la recherche m&eacute;dicale. Le co&ucirc;t des recherches serait alors financ&eacute; par un imp&ocirc;t sur la consommation des nouveaux produits. <br /> <br /> En mati&egrave;re de consommation de viande, il faudra certainement limiter le recours &agrave; l'&eacute;levage de boucherie traditionnel, dont les nuisances sont nombreuses et l'absence d'&eacute;thique para&icirc;tra sans doute de plus en plus insupportable. Mais les techniques de production de tissus animaux in vitro pourront se d&eacute;velopper de fa&ccedil;on industrielle, &agrave; partir de prot&eacute;ines de synth&egrave;se, ceci pratiquement sans limites. Les produits obtenus seront de plus en plus comparables &agrave; la viande sur pied. <br /> <br /> Il en sera de m&ecirc;me en ce qui concerne les produits de la mer. L'&eacute;levage est aujourd'hui tr&egrave;s critiqu&eacute;, car les poissons produits le sont &agrave; partir de farines de poisson dont la production est tout aussi destructrice des milieux marins que la p&ecirc;che destin&eacute;e &agrave; la consommation humaine. De plus les fermes sont tr&egrave;s polluantes. A l'avenir, il sera possible de mettre en place des fermes d'&eacute;levage en haute mer, s'inspirant de celles qui seront utilis&eacute;es pour la production d'&eacute;nergie marine. Les poissons seront nourris de prot&eacute;ines de synth&egrave;se. <br /> <br /> Si toutes ces techniques &eacute;taient mises en oeuvre simultan&eacute;ment, &agrave; l'&eacute;chelle du monde, on pourrait envisager, sans diminuer la production agricole totale, de r&eacute;duire l'emprise de l'agriculture sur les terres arables, afin de rendre une partie de celle-ci &agrave; la vie sauvage, notamment &agrave; la for&ecirc;t. La lutte contre la production des gaz &agrave; effet de serre et le r&eacute;chauffement climatique serait la premi&egrave;re &agrave; en b&eacute;n&eacute;ficier.<br /> <br /> On voit que dans tous ces domaines, l'Europe et pour sa part la France, dont nous avons soulign&eacute; les atouts en ce qui concerne l'agriculture ou l'acc&egrave;s &agrave; la mer, devraient jouer un r&ocirc;le pilote pour la conduite des recherches et applications n&eacute;cessaires. La France pour sa part, traditionnellement li&eacute;e &agrave; l'Afrique en mati&egrave;re de coop&eacute;ration, pourrait jouer un r&ocirc;le d'entrainement dont b&eacute;n&eacute;ficierait ce continent. <br /> <strong><font color="#0000CC"><br /> L'eau douce</font></strong><br /> <br /> L'eau douce ou potable ne repr&eacute;sente que 3% de l'eau globalement pr&eacute;sente sur la plan&egrave;te. Cette derni&egrave;re est dans l'ensemble inutilisable car se pr&eacute;sentant sous la forme de glaciers ou de banquises. Seuls 0,3 % de cette eau peut servir directement &agrave; l'irrigation et la boisson: 2% dans les rivi&egrave;res, 87% dans les lacs, 11% dans des zones mar&eacute;cageuses. <br /> <br /> On a longtemps consid&eacute;r&eacute;, dans les pays littoraux manquant d'eau, que la dessalinisation de l'eau de mer offrait la solution. Mais les techniques jusqu'ici utilis&eacute;es, par chauffage suivie de condensation, avaient des contreparties emp&ecirc;chant leur g&eacute;n&eacute;ralisation: co&ucirc;t &eacute;lev&eacute; en &eacute;nergie et en production de CO2 notamment.<br /> <br /> Aujourd'hui des techniques faisant appel &agrave; des membranes semi-perm&eacute;ables inspir&eacute;es des solutions utilis&eacute;es par les membranes biologiques permettent de laisser passer les mol&eacute;cules d'eau en filtrant les sels. De l'&eacute;nergie reste encore n&eacute;cessaire, mais le co&ucirc;t en a diminu&eacute; d'un facteur 10. Les m&ecirc;mes techniques peuvent &ecirc;tre utilis&eacute;es pour filtrer et r&eacute;g&eacute;n&eacute;rer les eaux us&eacute;es. A terme, on peut envisager que les besoins du monde en eau douce, si celle-ci n'est pas gaspill&eacute;e, pourront &ecirc;tre satisfaits. <br /> <br /> <font color="#000099"><strong>L'&eacute;nergie et la question du changement climatique</strong></font><br /> <br /> Pour stabiliser celui-ci il faudra r&eacute;duire la production de gaz &agrave; effet de serre de plus de 100% dans les prochaines d&eacute;cennies. Mais dans le m&ecirc;me temps, les besoins en &eacute;nergie des pays &eacute;mergents et des pays pauvres augmenteront sans commune mesure d'ici 2050. <br /> <br /> Pourtant les ressources de la nature seraient largement suffisantes, si les humains s'organisaient pour mieux les utiliser afin de satisfaire les besoins en &eacute;nergie. Encore faudrait-il s'affranchir des calculs &agrave; court terme conduisant &agrave; privil&eacute;gier les &eacute;nergies traditionnelles, ainsi que de l'influence politique des multiples int&eacute;r&ecirc;ts associ&eacute;s &agrave; leur production, leur distribution et leur consommation. Le paradoxe malheureux tient au fait que pour financer les recherches destin&eacute;es aux &eacute;nergies nouvelles, il faut &ecirc;tre riche et pour cela disposer non de l'acc&egrave;s directe &agrave; l'&eacute;nergie fossile, qui ne suffit pas (on a parl&eacute; de la mal&eacute;diction du p&eacute;trole) mais de toute la puissance industrielle qui s'est b&acirc;tie autour de l'exploitation de cette &eacute;nergie. Or les d&eacute;tenteurs actuelles de cette puissance - concr&egrave;tement les multinationales p&eacute;troli&egrave;res et gazi&egrave;res - h&eacute;sitent encore &agrave; financer des solutions rivales. <br /> <br /> De v&eacute;ritables politiques volontaristes s'imposent donc, visant &agrave; privil&eacute;gier des investissements qui par la force des choses, ne produiront pas de r&eacute;sultats avant plusieurs ann&eacute;es, sinon plusieurs d&eacute;cennies. Ceux-ci concernent &agrave; la fois la production, &agrave; partir de sources dites renouvelables, et le stockage-distribution. Ces investissements ne rendront pas inutiles les efforts &agrave; conduire en parall&egrave;le pour g&eacute;n&eacute;raliser les &eacute;conomies d'&eacute;nergie. Mais l&agrave; encore des investissements importants, non productifs &agrave; court terme, seront n&eacute;cessaires. <br /> <br /> Au point de vue scientifique, ces perspectives int&eacute;ressent un tr&egrave;s grand nombre de secteurs industriels d&eacute;j&agrave; existant. Mais parall&egrave;lement, l'imagination des chercheurs fait appara&icirc;tre en permanence de nouveaux domaines de recherche, dont la port&eacute;e th&eacute;orique est consid&eacute;rable. Il s'agit, comme en parall&egrave;le et d'une autre fa&ccedil;on le domaine des nouvelles armes ou celui de l'exploration spatiale, d'un stimulant irrempla&ccedil;able &agrave; la recherche th&eacute;orique et appliqu&eacute;e. <br /> <br /> Partout dans le monde est entrepris le mouvement consistant &agrave; remplacer progressivement les combustibles fossiles par de nouvelles sources d'&eacute;nergie. Mais il pourrait &ecirc;tre plus rapide si, comme indiqu&eacute; ci-dessus, des d&eacute;cisions politiques explicites &eacute;taient prises en sa faveur. <br /> <br /> Concernant l'&eacute;nergie solaire &agrave; base de panneaux, on pr&eacute;voit que l'&eacute;lectricit&eacute; solaire sera dans une vingtaine d'ann&eacute;es moins couteuse que l'&eacute;nergie provenant des sources traditionnelles. Ceci m&ecirc;me dans les pays asiatiques ou la consommation d'&eacute;nergie ne cesse d'augmenter. Mais pour cela d'importantes innovations devront &ecirc;tre conduites. Elles concerneront la nature des capteurs proprement dit, les modalit&eacute;s de leur d&eacute;ploiement au sol, les convertisseurs transformant le courant continu en courant alternatif, les r&eacute;seaux de distribution, dor&eacute;navant dits &laquo;&nbsp;intelligents&nbsp;&raquo;. <br /> <br /> Parall&egrave;lement les technologies de stockage et de conversion de l'&eacute;nergie &eacute;lectrique primaire devront &ecirc;tre radicalement am&eacute;lior&eacute;es, afin notamment de permettre l'alimentation des v&eacute;hicules. De nombreuses solutions sont &agrave; l'&eacute;tude, batteries au lithium, batteries dites solides (solid state) d&eacute;pourvues d'&eacute;lectrolyte liquide, batteries m&eacute;tal-air. Aucune de ces solutions n'est encore pleinement op&eacute;rationnelle, mais il faut poursuivre les recherches. <br /> <br /> Parall&egrave;lement l'utilisation de l'hydrog&egrave;ne risque d'&ecirc;tre boulevers&eacute;e par une d&eacute;couverte r&eacute;cente. L'hydrog&egrave;ne produit par &eacute;lectrolyse de l'eau, encore tr&egrave;s couteux, devrait pouvoir &ecirc;tre remplac&eacute; par l'utilisation d'un hydrog&egrave;ne naturel g&eacute;n&eacute;r&eacute;, comme le gaz naturel, dans les couches g&eacute;ologiques profondes. Si cette d&eacute;couverte, initialement faite en Russie,se confirmait, et si l'extraction de l'hydrog&egrave;ne natif pouvait se faire comme annonc&eacute; sans toutes les cons&eacute;quences dommageables de l'extraction du gaz de schiste, elle aurait de nombreuses cons&eacute;quences favorables sur les perspectives ici envisag&eacute;es. Un grand nombre de travaux et de publications sont en cours sur cette question dans le monde entier. La France, avec l'<a href="http://www.ifpenergiesnouvelles.fr/ifpen/en-bref">Ifpen </a>et le <a href="http://www.lied-pieri.univ-paris-diderot.fr/">Lied</a> y tient une place tr&egrave;s honorable. Sur la question, voir <a href="http://sciencesetavenir.nouvelobs.com/nature-environnement/20130424.OBS6811/l-hydrogene-naturel-un-eldorado-energetique.html.%20">Sciences et Avenir</a> . Voir aussi <a href="http://www.enerzine.com/12/15593/et-si-lhydrogene-naturel-saverait-exploitable.html">Enerzine.com </a>.</font></font></font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#000000">D'autres sources d'&eacute;nergie potentielle sont actuellement en d&eacute;veloppement dans tous les pays avanc&eacute;s, notamment en Europe et en France. Mais l&agrave; encore s'impose le passage du plan exp&eacute;rimental au plan de la production &agrave; grande &eacute;chelle. La presse &eacute;voque ces questions de plus en plus souvent, ce qui est une bonne chose afin de cr&eacute;er une motivation soci&eacute;tale profonde. <br /> <br /> Citons l'&eacute;nergie &eacute;olienne et l'&eacute;nergie mar&eacute;e-motrice. Dans ces domaines s'impose le passage &agrave; des unit&eacute;s de production de plus en plus importantes. Outre leur int&eacute;r&ecirc;t propre, elles permettront la relance des industries m&eacute;caniques mises en difficult&eacute; par la diminution de la demande dans le secteur de l'automobile. <br /> <br /> L'&eacute;nergie nucl&eacute;aire, qui n'est encore (&agrave; peu pr&egrave;s) ma&icirc;tris&eacute;e que par un petit nombre de pays avanc&eacute;s, mais qui en attirent beaucoup d'autres, pose un probl&egrave;me particulier. Pour le moment, il ne s'agit pas d'une source renouvelable. D'une part elle repose sur la fission d'un m&eacute;tal de plus en plus rare, l'uranium. D'autre part, elle produit des d&eacute;chets fortement radioactifs que l'on ne sait pas encore traiter et qu'il faut donc stocker. Enfin les usines de production d'&eacute;lectricit&eacute; nucl&eacute;aires n&eacute;cessitent des mesures de suret&eacute; qui ne sont pas &agrave; la port&eacute;e de tous. En cas de catastrophe, des millions de morts peuvent en r&eacute;sulter. Il s'agirait donc d'une forme d'&eacute;nergie qu'en bonne logique il faudrait abandonner au plus vite. <br /> <br /> Mais ceci ne se fera pas, pour une raison qui ne tient pas seulement aux calculs &eacute;conomiques des pays (tels que la France) ayant consid&eacute;rablement investi dans ce domaine. Elle tient au fait que ma&icirc;triser la fission donne une comp&eacute;tence industrielle et technologique sans rivale, r&eacute;utilisable dans d'autres secteurs. Par ailleurs et surtout, cette comp&eacute;tence conduira in&eacute;vitablement, dans un d&eacute;lai de quelques d&eacute;cennies, &agrave; la ma&icirc;trise de la fusion, dont les risques devraient &ecirc;tre infiniment moindres et les retomb&eacute;es tr&egrave;s nombreuses. La fusion (Hydrog&egrave;ne vers h&eacute;lium) constitue le processus au coeur de la nucl&eacute;osynth&egrave;se stellaire. Les pays tels que ceux rassembl&eacute;s dans le consortium ITER, dont la France, pourront esp&eacute;rer du succ&egrave;s de la d&eacute;marche des avantages comp&eacute;titifs consid&eacute;rables. <br /> <br /> <font color="#000099"><strong>Les mati&egrave;res premi&egrave;res min&eacute;rales</strong></font><br /> <br /> Dans cette rubrique, il faut mentionner toutes celles qui sont indispensables au d&eacute;veloppement des technologies et industries cit&eacute;es pr&eacute;c&eacute;demment, utilisant du fer, de l'aluminium, du cuivre, du nickel et autres m&eacute;taux semi-rares. Les r&eacute;serves mondiales en minerai seraient th&eacute;oriquement suffisantes, si des politiques d'&eacute;conomie et de r&eacute;cup&eacute;ration s&eacute;rieuses &eacute;taient mises en oeuvre parall&egrave;lement. Mais elles sont mal r&eacute;parties. Beaucoup de pays d&eacute;velopp&eacute;s, notamment en Europe, sont &agrave; cours de ressources. Par contre les pays pauvres, particuli&egrave;rement en Afrique et Am&eacute;rique Latine, sont bien dot&eacute;s. Ceci devrait permettre que s'&eacute;tablissent des &eacute;changes sur un pied de r&eacute;ciprocit&eacute;. <br /> <br /> Une vraie question, qui a &eacute;t&eacute; soulev&eacute;e r&eacute;cemment, concerne par contre les m&eacute;taux rares, extraits &agrave; partir des terres dites rares. Ils sont indispensables dans pratiquement tous les usages r&eacute;sultant de la g&eacute;n&eacute;ralisation des technologies de l'&eacute;lectronique et des communications, comme de l'automatisation et de la robotique. Les pays industriels utilisateurs s'&eacute;taient repos&eacute;s dans la d&eacute;cennie pr&eacute;c&eacute;dente sur les exportations de terres rares provenant de la Chine, qui dispose de ressources abondantes. Mais celle-ci entend d&eacute;sormais monnayer tr&egrave;s cher cette ressource, sinon s'en r&eacute;server un usage exclusif. Ceci serait &eacute;videmment insupportable pour le reste du monde. <br /> <br /> Il convient donc d'une part de rechercher d'autres gisements, de g&eacute;n&eacute;raliser la r&eacute;cup&eacute;ration et surtout de favoriser la mise au point de solutions technologiques permettant de se passer des m&eacute;taux rares si ceux-ci devenaient effectivement rares. L'objectif n'est pas ais&eacute; &agrave; atteindre, mais il pr&eacute;sentera un effet d'incitation &agrave; la recherche fondamentale d'un tr&egrave;s grand int&eacute;r&ecirc;t. <br /> <br /> <font color="#000099"><strong>L'&eacute;valuation des externalit&eacute;s</strong></font><br /> <br /> Des progr&egrave;s au niveau de toutes les technologies &eacute;voqu&eacute;es ci-dessus ne suffiront pas, s'ils ne s'accompagnent pas de progr&egrave;s parall&egrave;les dans les sciences &eacute;conomiques et comptables. Malheureusement les investissements intellectuels dans ces disciplines ont principalement b&eacute;n&eacute;fici&eacute; aux sciences financi&egrave;res et &agrave; la sp&eacute;culation boursi&egrave;re. Il est devenu urgent, dans la perspective d'un effort suppos&eacute; massif et mondial de bonne gestion des ressources de la plan&egrave;te, que les scientifiques &eacute;tudient en d&eacute;tail ce que l'on nomme les externalit&eacute;s, autrement dit des domaines qui restent &eacute;trangers aux sciences &eacute;conomiques traditionnelles et ne font pas l'objet de politiques concert&eacute;es.<br /> <br /> Il s'agira d'&eacute;valuer d'une part les co&ucirc;ts cach&eacute;s, et la fa&ccedil;on dont ils pourraient &ecirc;tre r&eacute;duits, d'autre part les biens collectifs fournis par la nature, dans lesquels l'humanit&eacute; puise sans compter en s'imaginant qu'ils sont ind&eacute;finiment renouvelables. Parmi les premiers, nous pouvons mentionner les couts biologique du sous-d&eacute;veloppement, de la mal-nutrition et des maladies contagieuses naissant de la pauvret&eacute;. Ils ne touchent pas seulement les populations directement victimes, mais d'une fa&ccedil;on ou d'une autre l'ensemble des soci&eacute;t&eacute;s, y compris celles se disant riches. Parmi les seconds se trouvent l'eau et l'air pur &eacute;voqu&eacute;s pr&eacute;c&eacute;demment, les grands espaces libres, les for&ecirc;ts...tous biens dont ne d&eacute;couvre la valeur que lorsqu'ils ont disparu par surexploitation ou n&eacute;gligence. <br /> <br /> Dans des soci&eacute;t&eacute;s qui n'attribuent d'importance aux personnes et aux choses qu'en fonction de leur valeur &eacute;conomique marchandisable, il est donc indispensable d'&eacute;valuer les externalit&eacute;s en termes aussi scientifiques que possible, afin de les faire entrer dans les comptabilit&eacute;s nationales et les comptes priv&eacute;s. Il sera alors n&eacute;cessaire de les faire prendre en consid&eacute;ration, par les particuliers comme par les collectivit&eacute;s. Inutile de pr&eacute;ciser que ces &eacute;valuations doivent faire appel &agrave; des experts, afin d'&ecirc;tre cr&eacute;dibles et d'&ecirc;tre mises &agrave; jour. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#000000"><strong><font size="3" color="#000099">Troisi&egrave;me partie. Pr&eacute;parer le grand futur </font></strong><br /> <br /> Appelons grand futur celui qui s'&eacute;tendra des 20 aux 50 prochaines ann&eacute;es, puis au del&agrave;. Vu la lenteur des &eacute;volutions int&eacute;ressant les soci&eacute;t&eacute;s humaines, et la difficult&eacute; &agrave; s'accorder sur des politiques communes, cet avenir encore lointain doit nous mobiliser d&egrave;s aujourd'hui. Ceci d'autant plus que les solutions technologiques qui seront n&eacute;cessaires devraient commencer &agrave; &ecirc;tre mises en oeuvre sans attendre. Ceci repr&eacute;senterait un effet d'entra&icirc;nement important pour l'ensemble des sciences et des techniques, avec des retomb&eacute;es imm&eacute;diates dans les domaines cit&eacute;s par la seconde partie de cette note. <br /> <br /> Nous nous limiterons ici, pour ne pas d&eacute;passer le cadre d'un tel document, &agrave; un survol des questions pos&eacute;es. Elles donnent d'ailleurs mati&egrave;re &agrave; de nombreuses controverses, techniques ou politiques, que nous ne pouvons pas aborder. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#000000">En simplifiant, nous dirons que, sauf accidents de parcours, le futur s'organisera autour de trois grandes &laquo;&nbsp;r&eacute;volutions&nbsp;&raquo; d&eacute;j&agrave; inscrites dans l'&eacute;volution actuelle des sciences et des techniques: le cerveau artificiel, la biologie synth&eacute;tique, un d&eacute;but de &laquo;&nbsp;conqu&ecirc;te&nbsp;&raquo; du syst&egrave;me solaire. <br /> <strong><font color="#000099"><br /> Le cerveau artificiel</font></strong><br /> <br /> Ce terme tr&egrave;s g&eacute;n&eacute;ral d&eacute;signe les progr&egrave;s (exponentiels et convergents, selon les termes des Singularistes) qui caract&eacute;risent aujourd'hui les neurosciences, l'intelligence artificielle, la robotique autonome et le domaine dit de l'&nbsp;&laquo;&nbsp;homme augment&eacute;&nbsp;&raquo;, c'est-&agrave;-dire augment&eacute; par des proth&egrave;ses de plus en plus efficaces. <br /> <br /> Les neurosciences, sous leurs divers aspects, vont bient&ocirc;t commencer &agrave; b&eacute;n&eacute;ficier des acquis des deux grands programmes d'&eacute;tude du cerveau et du syst&egrave;me nerveux des animaux sup&eacute;rieurs, lanc&eacute;s cette ann&eacute;e en Europe et aux Etats-Unis, sans mentionner ce qui se fait en Chine. Ces programmes, dits Human Brain Projects, se d&eacute;velopperont inexorablement, vu l'int&eacute;r&ecirc;t strat&eacute;gique qu'ils pr&eacute;sentent pour les sciences cognitives, la m&eacute;decine et aussi la d&eacute;fense. <br /> <br /> Dans le m&ecirc;me temps, l'Intelligence artificielle (IA) sera conduite &agrave; simuler avec de plus en plus de pr&eacute;cision la fa&ccedil;on dont, spontan&eacute;ment ou d'une fa&ccedil;on d&eacute;lib&eacute;r&eacute;e, se mettent en place dans les grands r&eacute;seaux caract&eacute;risant les soci&eacute;t&eacute;s num&eacute;riques, des centres de d&eacute;cision analogues &agrave; ceux existant au sein des cortex humains ou des groupes sociaux. On a &eacute;voqu&eacute; r&eacute;cemment le &laquo;&nbsp;trading haute fr&eacute;quence&nbsp;&raquo; qui conduit les int&eacute;r&ecirc;ts financiers &agrave; d&eacute;l&eacute;guer la gestion de leurs int&eacute;r&ecirc;ts &agrave; des algorithmes de plus en plus autonomes. Ceci ne fera que se d&eacute;velopper, dans un nombre croissant de domaines, la surveillance dite s&eacute;curitaire ou la sant&eacute;, par exemple. <br /> <br /> Enfin, parall&egrave;lement, la robotique produira des animaux et humains artificiels, dot&eacute;s de corps beaucoup plus efficaces que les corps biologiques et capables d'utiliser par ailleurs tous les syst&egrave;mes cognitifs &eacute;tudi&eacute;s par l'IA. Ces robots seront de plus en plus autonomes, c'est-&agrave;-dire capables de prendre seuls des d&eacute;cisions. Ils le feront soit individuellement, soit en groupes ou essaims. De tels robots sont d&eacute;j&agrave; indispensables pour explorer les environnements inaccessibles &agrave; l'homme, ou dangereux. Il n'y aura pas de conqu&ecirc;te spatiale s&eacute;rieuse sans eux. <br /> <br /> On appelle &laquo;&nbsp;homme augment&eacute;&nbsp;&raquo; l'homme dot&eacute;, &agrave; titre temporaire ou permanent, de toutes les aides apport&eacute;es par ces diverses techniques. Les militaires s'y int&eacute;ressent &eacute;videmment en priorit&eacute;, mais aussi les th&eacute;rapeutes. Bient&ocirc;t, le grand public lui-m&ecirc;me voudra b&eacute;n&eacute;ficier de ces avantages, si le cout en devient abordable.<br /> <br /> Il en r&eacute;sulte que, selon les pr&eacute;visions les plus prudentes, un v&eacute;ritable cerveau artificiel dot&eacute; des capacit&eacute;s intellectuelles du cerveau humain, devrait voir le jour dans les 20 &agrave; 30 prochaines ann&eacute;es. Il sera &eacute;videmment connect&eacute; aux humains artificiels produits par la robotique et dot&eacute; des capacit&eacute;s d'intelligence procur&eacute;es par l'IA en r&eacute;seau. <br /> <br /> Dans quelles conditions, &eacute;conomiques, politiques, soci&eacute;tales, cette premi&egrave;re r&eacute;volution se mettra en place? Les citoyens d'aujourd'hui ne peuvent pas refuser de s'en pr&eacute;occuper, d'abord en s'informant, ensuite en essayant d'orienter les d&eacute;veloppements dans le sens d'une meilleure d&eacute;mocratie. <br /> <br /> <font color="#000099"><strong>La biologie synth&eacute;tique</strong></font><br /> <br /> Ce terme, que l'on peut confondre ici avec celui de biologie artificielle, d&eacute;signe des directions de recherche d&eacute;j&agrave; bien engag&eacute;es, consistant, dans un premier temps, &agrave; &laquo;&nbsp;construire&nbsp;&raquo; des virus ou des bact&eacute;ries en assemblant de fa&ccedil;on artificielle les diff&eacute;rents composants naturels de ces organismes, d&eacute;tach&eacute;s de l'organisme initial et recompos&eacute;s pour constituer des organismes dot&eacute;s de nouvelles propri&eacute;t&eacute;s. Il s'agit donc d'aller plus loin que l'actuel g&eacute;nie g&eacute;n&eacute;tique, consistant &agrave; ne modifier que certains g&egrave;nes d'une esp&egrave;ce donn&eacute;e. Les perspectives sont nombreuses: obtenir par exemple des bact&eacute;ries ou micro-organismes capables d'utiliser la photosynth&egrave;se pour produire des mati&egrave;res premi&egrave;res &eacute;nerg&eacute;tiques ou alimentaires. <br /> <br /> Mais les ambitions de la biologie synth&eacute;tique ne se limitent pas &agrave; ces premi&egrave;res phases. Pour aller au del&agrave;, il s'agira de reconstruire des ADN et composants mol&eacute;culaires de synth&egrave;se, capables de s'affranchir d'une partie des contraintes de la biologie naturelle. De tels organismes pourront alors se d&eacute;velopper dans des milieux a priori incompatibles avec la vie telle qu'elle existe aujourd'hui. <br /> <br /> Les pal&eacute;obiologistes, par exemple, ne d&eacute;sesp&egrave;rent pas de pouvoir avec ces m&eacute;thodes reconstruire des organismes disparus. M&ecirc;me s'ils n'y r&eacute;ussissent pas, ils pourront se consoler en faisant appara&icirc;tre des organismes n'ayant jamais exist&eacute;, qui pourront survivre dans nos soci&eacute;t&eacute;s. <br /> <br /> On consid&egrave;re g&eacute;n&eacute;ralement que la &laquo;&nbsp;r&eacute;volution&nbsp;&raquo; annonc&eacute;e par la biologie synth&eacute;tique sera aussi importante que celle annonc&eacute;e par les neurosciences de l'artificiel. Les deux domaines de recherche se conjugueront d'ailleurs. <br /> <strong><font color="#000099"><br /> La conqu&ecirc;te du syst&egrave;me solaire</font></strong><br /> <br /> La plupart des futurologues consid&egrave;rent que l'avenir des soci&eacute;t&eacute;s humaines sera conditionn&eacute; par la capacit&eacute; de s'adapter et survivre au sein du syst&egrave;me solaire. Diff&eacute;rentes directions devront alors &ecirc;tre explor&eacute;es: mieux conna&icirc;tre au plan scientifique non seulement le syst&egrave;me solaire mais le cosmos en g&eacute;n&eacute;ral, exploiter les ressources en mati&egrave;re premi&egrave;res des plan&egrave;tes proches ou de certains ast&eacute;ro&iuml;des, s'&eacute;tablir de fa&ccedil;on temporaire ou permanente sur des plan&egrave;tes voisines, la Lune et Mars en priorit&eacute;. <br /> <br /> Ceci dit, rien ne permet &agrave; ce jour d'affirmer que les organismes humains, compte tenu de leurs capacit&eacute;s physiques actuelles, pourraient durablement s'acquitter de ces diverses t&acirc;ches. Par contre, les robots &eacute;voqu&eacute;s dans les paragraphes pr&eacute;c&eacute;dents le peuvent. Il en sera de m&ecirc;me de syst&egrave;mes biologiques artificiels sp&eacute;cialement d&eacute;finis pour ces t&acirc;ches. <br /> <br /> La conqu&ecirc;te spatiale, puisqu'il faut bien parler de conqu&ecirc;te, n'en d&eacute;plaise aux bonnes &acirc;mes, ne pourra donc prendre une v&eacute;ritable dimension strat&eacute;gique, qu'en faisant appel aux diff&eacute;rentes technologies que nous avons r&eacute;sum&eacute;es ci-dessus. Si des humains s'&eacute;tablissaient durablement sur une plan&egrave;te (en abandonnant &eacute;ventuellement toute perspective de retour sur Terre), ce ne serait qu'apr&egrave;s de longs travaux d'accueil confi&eacute;s &agrave; des organismes artificiels. Ce ne serais donc sans doute pas avant un si&egrave;cle, sinon plus. Mais peut-&ecirc;tre cette affirmation est-elle trop pessimiste.<br /> <strong><font color="#000099"><br /> Conclusion<br /> </font></strong><br /> Comment financer toutes les recherches et investissements &eacute;voqu&eacute;s dans les deux derni&egrave;res parties de cet article? Ceci ne sera pas possible sans reconvertir &agrave; cette fin des ressources humaines, technologiques et industrielles consacr&eacute;es actuellement &agrave; la guerre et &agrave; la consommation, notamment &agrave; la consommation somptuaire analogue &agrave; du gaspillage dont certaines classes dirigeantes sont prodigues.<br /> <br /> Pour pr&eacute;lever dans les ressources ainsi consomm&eacute;es et les rediriger vers des investissements de recherche scientifique et technique, chaque Etat ou groupe d'Etats fera appel &agrave; sa logique politique. Concernant un r&eacute;gime de type autoritaire comme la Chine, ce sera principalement &agrave; l'imp&ocirc;t. Aux Etats-Unis, ce sera sans doute &agrave; l'emprunt. Concernant les pays europ&eacute;ens et notamment la France, o&ugrave; les &eacute;pargnes des particuliers restent fortes, nous avions pr&eacute;c&eacute;demment sugg&eacute;r&eacute; une m&eacute;thode recommand&eacute; par des &eacute;conomistes amis (notamment Joseph Leddet, conseil ind&eacute;pendant en placements et auteur de la Gazette des Changes). Nous lui donnons la parole:<br /> <br /> <em><font color="#990000">&laquo;&nbsp;Plut&ocirc;t qu'un emprunt d'Etat, je proposerais, ainsi que d&eacute;j&agrave; &eacute;crit ant&eacute;rieurement, un fonds d'investissement strat&eacute;gique, &agrave; l'&eacute;chelle europ&eacute;enne, &nbsp;abond&eacute; par l'&eacute;pargne priv&eacute;e (particuliers et entreprises) et offrant un rendement annuel assur&eacute; (pay&eacute;) &nbsp;par l'Etat, un genre de partenariat public/priv&eacute; au sens large, avec des parts cot&eacute;e</font></em></font></p> Fri, 26 Apr 2013 23:00:00 GMT