Europe Solidaire http://www.europesolidaire.eu/ Europe Solidaire Europe Solidaire http://www.europesolidaire.eu/logo.gifEurope Solidairehttp://www.europesolidaire.eu/ Sun, 19 May 2013 13:00:30 GMT Politiques industrielles de défense http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1085 1085 <br /><font size="2" face="Arial">Une partie de la conclusion&nbsp; parait r&eacute;sumer l'essentiel de la situation :<br /> <br /> Dans <font size="2">un&nbsp;</font> vaste mouvement de balancier de plus d'un demi-si&egrave;cle,<font size="2"> </font>quatre tendances g&eacute;n&eacute;rales (toutes n&eacute;gatives) se d&eacute;gagent aujourd'hui concernant l&rsquo;action<font size="2"> </font>de l&rsquo;&Eacute;tat actionnaire des principaux groupes industriels de d&eacute;fense<font size="2"> </font>fran&ccedil;ais :<br /> <br /> &minus; l&rsquo;&Eacute;tat s&rsquo;est mis en risque de perdre le contr&ocirc;le de certaines<font size="2"> </font>activit&eacute;s industrielles nationales d&rsquo;armement ;<br /> <br /> &minus; il s&rsquo;est laiss&eacute; diluer sans toujours obtenir en &eacute;change des contreparties &eacute;quivalentes ;<br /> <br /> &minus; il n&rsquo;est pas toujours parvenu &agrave; arbitrer entre des int&eacute;r&ecirc;ts parfois<font size="2"> </font>contradictoires ;<br /> <br /> &minus; il est parfois incapable de faire appliquer ses d&eacute;cisions par les<font size="2"> </font>responsables des entreprises qu'il contr&ocirc;le.<br /> <br /> L&rsquo;&Eacute;tat s'est donc mis en risque de perdre le contr&ocirc;le d&rsquo;activit&eacute;s qui sont au c&oelig;ur de la d&eacute;fense nationale<br /> <br /> Pour y rem&eacute;dier, dans la mesure o&ugrave; l'&Eacute;tat est un des actionnaires principaux des entreprises concern&eacute;es, la Cour estime qu'il<br /> doit continuer d&rsquo;am&eacute;liorer les moyens d&rsquo;exercer pleinement ses pr&eacute;rogatives en mettant l&rsquo;accent sur deux axes.<br /> <br /> <font size="2">- </font>Le premier est la d&eacute;finition d&rsquo;une strat&eacute;gie de long terme dans<font size="2"> </font>laquelle inscrire l&rsquo;avenir de nos entreprises de d&eacute;fense.<br /> <br /> Le second est la coordination renforc&eacute;e entre ses propres services, notamment la direction g&eacute;n&eacute;rale de l&rsquo;armement (DGA) et l&rsquo;agence des<br /> participations de l&rsquo;&Eacute;tat (APE), afin qu'ils expriment la m&ecirc;me position.<br /> <br /> <font color="#000080"><strong>Observations</strong></font><br /> </font><br /> <font size="2" face="Arial">Les recommandations de la Cour rel&egrave;vent du simple bon sens. Mais aujourd'hui, avec le pouvoir de d&eacute;cision reconnu quasi exclusivement &agrave; des <br /> actionnaires priv&eacute;s, cela ressemble &agrave; un voeu pieux. Le concept de strat&eacute;gie &agrave; long terme ne tient plus face aux imp&eacute;ratifs de la recherche du profit &agrave; court terme.<br /> <br /> On peut ajouter&nbsp; qu'il ne faudrait pas consid&eacute;rer les entreprises de d&eacute;fense comme constituant un monde &agrave; part. Selon ce que dit bien le concept de technologies duales, totalement exploit&eacute; depuis des d&eacute;cennies par les USA, ce qui sert &agrave; la d&eacute;fense sert aussi au reste de l'&eacute;conomie. Pr&eacute;tendre comme certains &agrave; gauche que les industries de d&eacute;fense ne servent &agrave; rien condamne beaucoup de possibilit&eacute;s d'investissements technologiques avanc&eacute;s. Se gausser du r&eacute;cent <font size="2">&eacute;</font>chec d'un lanceur <font size="2">balistique</font> fran&ccedil;ais rel&egrave;ve de l'irresponsabilit&eacute; totale. <br /> <br /> C'est d'ailleurs un probl&egrave;me pour la recherche europ&eacute;enne (communautaire) qui par d&eacute;finition exclut toutes recherches en mati&egrave;re d'industries de <br /> d&eacute;fense. Elle manque de la plupart des incitations qui dans le reste du monde font marcher la recherche/d&eacute;veloppement.<br /> <br /> Un point suppl&eacute;mentaire est &agrave; &eacute;voquer, celui du spatial. Celui ci rel&egrave;ve en Europe essentiellement de l'Esa et marginalement de certains Etats (les agences spatiales nationales). Elles sont d<font size="2">onc principalement civiles. </font>Or chacun sait qu'aux USA, en Russie et dor&eacute;navant en Chine, la recherche spatiale civile est profond&eacute;ment imbriqu&eacute;e avec&nbsp; la recherche militaire. Le dernier Monde diplomatique a publi&eacute; ce mois ci un article r&eacute;v&eacute;lateur concernant la Chine.<br /> <br /> (*) www.ccomptes.fr/index.php/content/download/54833/1434626/version/1/file/rapport_thematique_Etat_actionnaire_industries_armement.pdf<br /> <br /> <br /> </font><br /> Tue, 07 May 2013 23:00:00 GMT Faire le pari de la recherche scientifique http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1083 1083 <br /><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="3" color="#000099"><strong> <font size="2"> </font><br /> </strong></font></font><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="3" color="#000099"><font size="2" color="#000000">Jean-Paul Baquiast 27/04/2013</font></font></font> <p align="center"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="3" color="#000099"><font size="2" color="#000000"><br /> <br /> <img width="300" height="300" alt="" src="http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2013/135/naambook.jpg" /></font></font></font></p> <p align="left"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="3" color="#000099"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="3" color="#000099"><font size="2" color="#000000"><strong><font color="#000099">Introduction</font></strong></font></font></font></font></font></p> <p align="left"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="3" color="#000099"><font size="2" color="#000000">Le dernier ouvrage de Ramez Naam, <em><a href="http://www.amazon.fr/The-Infinite-Resource-Finite-Planet/dp/161168255X">The Infinite Resource: The Power of Ideas on a Finite Planet,</a></em> University Press of New England (9 avril 2013) pr&eacute;sente d'une fa&ccedil;on tr&egrave;s claire les choix que attendent l'humanit&eacute; d&egrave;s cette d&eacute;cennie: ou bien continuer &agrave; consommer et produire comme actuellement (business as usual) ou bien r&eacute;former radicalement, notamment par l'investissement scientifique, les comportements collectifs. Dans ce livre, l'auteur, expert informatique et &eacute;conomiste, a consult&eacute; et discut&eacute; tr&egrave;s largement les diff&eacute;rents travaux de ceux qui se pr&eacute;occupent de l'avenir du monde. Nul n'est oblig&eacute; de partager d'embl&eacute;e ses id&eacute;es. Certains lui reprochent d'&ecirc;tre financ&eacute; par la Fondation Bill Gates. Il reste que les probl&eacute;matiques &eacute;voqu&eacute;es, bien que d&eacute;j&agrave; tr&egrave;s largement expos&eacute;es ailleurs par d'autres auteurs, n'ont toujours pas provoqu&eacute; de changements sensibles dans les politiques mondiales. <br /> <br /> Nous pensons pour notre part qu'au sein d'une Europe o&ugrave; les citoyens semblent s'estimer incapables d'agir sur des ph&eacute;nom&egrave;nes d&eacute;passant croient-ils leurs capacit&eacute;s d'influence dans le monde, ce livre d&eacute;montre au contraire que des marges de manoeuvre consid&eacute;rables existent, non seulement en Europe mais, pour ce qui nous concerne, en France m&ecirc;me. <br /> <br /> Malheureusement dans ce pays, un gouvernement se disant socialiste et interventionniste, r&eacute;pudiant donc en principe le lib&eacute;ralisme sauvage, n'a pas encore pr&eacute;sent&eacute; aux citoyens des programmes d'investissements capables &agrave; la fois de relancer l'emploi et la croissance tout en &eacute;vitant de contribuer &agrave; l'&eacute;puisement des biens communs. Nous proposons donc dans cet article, en nous appuyant sur les points forts du livre de Ramez Naam,(notamment dans la premi&egrave;re partie) ce qui pourrait &ecirc;tre une strat&eacute;gie europ&eacute;enne en ce sens. A l'occasion nous feront allusion aux atouts sur lesquels la France pourrait s'appuyer pour jouer tout son r&ocirc;le dans une telle politique. <br /> <br /> <font color="#000099"><strong><font size="3">Premi&egrave;re partie. Les probl&egrave;mes &agrave; r&eacute;soudre</font></strong></font><br /> <br /> Ceux-ci sont bien connus, mais il faut les rappeler, ne fut-ce que pour contribuer &agrave; les faire mieux prendre au s&eacute;rieux par des opinions pr&eacute;occup&eacute;es par des int&eacute;r&ecirc;ts plus imm&eacute;diats. <br /> <br /> <font color="#000099"><strong> Comment nourrir les populations mondiales</strong></font><br /> <br /> L'humanit&eacute; a converti environ un tiers des surfaces terrestres globales en vue de la production de nourriture. Les deux autres tiers sont constitu&eacute;s de d&eacute;serts ou de montagnes inutilisables. Ce faisant, elle a multipli&eacute; les probl&egrave;mes environnementaux, du fait des rejets d'engrais et de pesticides. L'agriculture consomme par ailleurs 70% des r&eacute;serves d'eau douce, ressource dor&eacute;navant devenue partout rare. <br /> <br /> Ceci n'emp&ecirc;che pas que la production agricole diminue globalement, les prix s'&eacute;levant, alors que la demande alimentaire ne cesse d'augmenter: en quantit&eacute; dans les pays pauvres, en qualit&eacute; dans les pays &eacute;mergents. Selon la FAO, la plan&egrave;te devrait produire vers 2050 70% de nourriture en plus qu'aujourd'hui pour nourrir aux standards actuels la population de l'&eacute;poque, &agrave; supposer que celle-ci se stabilise &agrave; quelques 10 milliards de personnes. A d&eacute;faut, la disette reprendra, g&eacute;n&eacute;rant des troubles divers. <br /> <br /> <font color="#000099"><strong>Arr&ecirc;ter la d&eacute;forestation</strong></font><br /> <br /> La moiti&eacute; des for&ecirc;ts primaires de la Terre a &eacute;t&eacute; d&eacute;truite par les humains, afin d'y produire de la nourriture. Chaque ann&eacute;e, &agrave; peu pr&egrave;s la superficie de la Louisiane dispara&icirc;t, principalement sous les tropiques. Ces for&ecirc;ts primaires sont pourtant le poumon de la Terre et un havre inestimable pour la biodiversit&eacute;. Par ailleurs, elles maintiennent les sols en place. Gr&acirc;ce &agrave; l'&eacute;votranspiration, elles permettent aux pluies d'irriguer les sols sous leur vent. Elles produisent 20% de l'oxyg&egrave;ne et 30% de l'eau douce terrestres. Il est donc irresponsable de continuer &agrave; les d&eacute;truire. <br /> <strong><font color="#000099"><br /> Sauver l'eau douce</font></strong><br /> <br /> L'agriculture est le principal facteur mettant en p&eacute;ril les r&eacute;serves d'eau douce. 70% des r&eacute;serves disponibles servent &agrave; l'irrigation, principalement dans les pays d&eacute;velopp&eacute;s. Pour y acc&eacute;der, les rivi&egrave;res, les lacs et les aquif&egrave;res sont de plus en plus ass&eacute;ch&eacute;s. L'&eacute;tat actuel de la Mer d'Aral, jadis premi&egrave;re r&eacute;serve d'eau douce terrestre, illustre ceci d'une fa&ccedil;on spectaculaire, mais qui n'est en rien une caricature. En Am&eacute;rique du Nord, l'aquif&egrave;re g&eacute;ant de l'Ogalla est en train de subir le m&ecirc;me sort, sous l'effet des pompages excessifs. Il en est de m&ecirc;me d'autres aquif&egrave;res sous la vall&eacute;e de l'Indus, en Chine. au Mexique ou en Iran. <br /> <br /> Les grands fleuves souffrent de m&ecirc;me d'une irrigation excessive, notamment en saison s&egrave;che: le Fleuve Jaune, le Nil, l'Indus le Rio Grande et le Colorado. Les estuaires reculent devant l'eau sal&eacute;e et les bancs de sable marins. <br /> <br /> <font color="#000099"><strong>Arr&ecirc;ter la surp&ecirc;che oc&eacute;anique</strong></font><br /> <br /> Le poisson constitue une source irrempla&ccedil;able de prot&eacute;ines pour les pays pauvres. La survie d'un milliard de personnes en d&eacute;pend. Le poisson pourrait &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme une ressource renouvelable, s'il n'&eacute;tais pas exploit&eacute; &agrave; outrance, ceci jusqu'&agrave; &eacute;puisement de tr&egrave;s nombreuses esp&egrave;ces. <br /> <br /> Aujourd'hui plus d'un tiers de toutes les esp&egrave;ces oc&eacute;aniques ont vu leurs populations s'effondrer. Toutes les autres sont virtuellement surexploit&eacute;es ou exploit&eacute;es jusqu'aux limites. Si la p&ecirc;che continue sans changements, la FAO estime que les p&ecirc;cheries mondiales deviendront improductives vers 2050. <br /> <br /> <font color="#000099"><strong>Faire face au changement climatique</strong></font><br /> <br /> Il s'agit du probl&egrave;me de fond, qui sous-tend tous les autres. La plan&egrave;te se r&eacute;chauffe. M&ecirc;me si une part de ce r&eacute;chauffement provient &eacute;ventuellement d'un processus cosmologique &agrave; tr&egrave;s long terme, son acc&eacute;l&eacute;ration rapide aujourd'hui est due &agrave; l'augmentation r&eacute;cente des &eacute;missions de CO2 et autres gaz &agrave; effet de serre. Cette augmentation &agrave; son tour d&eacute;coule de causes convergentes: utilisation en hausse continue des combustibles fossiles carbon&eacute;s, d&eacute;forestation, &eacute;levage...<br /> <br /> La fonte de la calotte polaire arctique et de nombreux glaciers en r&eacute;sulte. Cette fonte acc&eacute;l&egrave;re par effet en retour le r&eacute;chauffement. Un oc&eacute;an arctique sans glaces estivales est aujourd'hui pr&eacute;vu par l'IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change) vers 2025-2030. <br /> <br /> L'effet le plus spectaculaire de ce ph&eacute;nom&egrave;ne sera la mont&eacute;e des eaux oc&eacute;aniques, de 1 &agrave; 2 m&egrave;tres &agrave; la fin du si&egrave;cle. Cela menacera de submersion des dizaines de villes et zones industrielles du monde. Les prot&eacute;ger ou les d&eacute;placer entra&icirc;nera des d&eacute;penses pharaoniques. <br /> <br /> Le r&eacute;chauffement provoquera de plus en plus, par ailleurs, des ph&eacute;nom&egrave;nes climatiques extr&ecirc;mes, s&eacute;cheresses, inondations, temp&ecirc;tes. Ceux-ci retentiront sur la production agricole et l'acc&egrave;s &agrave; l'eau douce. Des milliers ou dizaines de milliers de morts en d&eacute;couleront, comme en Russie en ao&ucirc;t 2010. Aux Etats-Unis l'ouragan Sandy combin&eacute; &agrave; la s&eacute;cheresse du Middle west a caus&eacute; $100 milliards de dommages. <br /> <br /> Rappelons que par ailleurs l'augmentation de l'absorption de CO2 par les oc&eacute;ans conduit &agrave; une destruction des massifs coralliens, essentiels pour la biodiversit&eacute; dans les eaux tropicales. <br /> <strong><font color="#000099"><br /> Effets d'entrainement et points de non retour </font></strong><br /> <br /> Les divers ph&eacute;nom&egrave;nes expos&eacute;s ci-dessus s'entrainent les uns les autres, dans un rythme auto-acc&eacute;l&eacute;r&eacute;. Ils risquent d'atteindre prochainement des points de non-retour (<em>tipping points</em>) &agrave; partir desquels le visage actuel de la plan&egrave;te pourrait &ecirc;tre durablement chang&eacute;. A ce moment aucune intervention humaine ne pourra modifier l'&eacute;volution. La Terre, plan&egrave;te liquide et de climat temp&eacute;r&eacute;, favorable &agrave; la vie depuis son origine, pourrait devenir en quelques si&egrave;cles, sinon d&eacute;cennies, une plan&egrave;te dess&eacute;ch&eacute;e et sans vie telle que Mars. L'&eacute;tude de cette derni&egrave;re montre aujourd'hui qu'elle a perdu tr&egrave;s rapidement, il y a 3 ou 4 milliards d'ann&eacute;es, toutes conditions permettant la vie telle que nous la connaissons. La Terre constitue une exception dans le syst&egrave;me solaire. Son caract&egrave;re fragile ne devrait pas &eacute;chapper aux humains qui d&eacute;pendent d'elle pour survivre. <br /> </font><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="3" color="#000099"><font size="2" color="#000000"><strong><font color="#000099"><br /> La place de l'Europe dans cette &eacute;volution</font></strong></font></font></font></font></font></p> <p align="left"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="3" color="#000099"><font size="2" color="#000000">On consid&egrave;re g&eacute;n&eacute;ralement que l'Europe, par son climat temp&eacute;r&eacute; et des si&egrave;cles de vieille culture ayant permis de faire face aux difficult&eacute;s naturelles, sera moins impliqu&eacute;e que les autres parties du monde dans l'acc&eacute;l&eacute;ration des difficult&eacute;s ou catastrophes annonc&eacute;es par les experts. Ce n'est pas inexact, dans le court terme. Mais le ph&eacute;nom&egrave;ne d&eacute;sormais in&eacute;vitable de la mondialisation ne lui permettra pas de se transformer en forteresse &agrave; l'abri de fronti&egrave;res &eacute;tanches. D'abord, les ph&eacute;nom&egrave;nes climatiques ou oc&eacute;aniques l'atteindront comme partout ailleurs. Ensuite, les famines et autres crises de subsistance se produisant dans des r&eacute;gions d&eacute;j&agrave; surpeupl&eacute;es au regard des ressources actuelles entraineront n&eacute;cessairement des migrations massives et probablement des guerres de d&eacute;fense des territoires dont les cons&eacute;quences seront destructrices en termes de civilisation.</font></font></font></p> <p align="left"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="3" color="#000099"><font size="2" color="#000000"> L'Europe, et la France en ce qui la concerne, n'ont pas d'autres solutions que mettre imm&eacute;diatement au service de la lutte contre les ph&eacute;nom&egrave;nes r&eacute;sum&eacute;s ici l'ensemble de leurs ressources. Il s'agit de ressources technologiques, mais aussi de ressources en inventivit&eacute; cr&eacute;atrice. Le devoir des gouvernements est de tout faire pour les mobiliser. <br /> <br /> Ce sont ces perspectives qui vont &ecirc;tre examin&eacute;es dans la seconde partie de ce document. <br /> <strong><font size="3" color="#000099"><br /> Deuxi&egrave;me partie. Comment r&eacute;agir</font></strong></font></font></font></p> <p align="left"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="3" color="#000099"><font size="2" color="#000000">Face &agrave; la convergence des tensions ou ruptures entre besoins et ressources, telles que r&eacute;sum&eacute;es dans la premi&egrave;re partie, deux solutions sont g&eacute;n&eacute;ralement envisag&eacute;es par ceux qui se pr&eacute;occupent de ces questions. La premi&egrave;re, tr&egrave;s populaire dans certains milieux en Occident, mais clairement refus&eacute;e par les pays &eacute;mergents, consisterait &agrave; diminuer ce que l'on nomme la croissance. Ce terme trop vague signifierait r&eacute;duire les consommations, &agrave; tous les niveaux: diminuer les d&eacute;penses alimentaires et les acquisitions de produits manufactur&eacute;s, se d&eacute;placer moins, etc. <br /> <br /> Il se trouve cependant que les politiques correspondantes, dites aussi d&eacute;croissantistes, sont refus&eacute;es syst&eacute;matiquement. D'abord dans les pays pauvres et chez les &eacute;mergents, qui ne voient pas pourquoi refuser d'acqu&eacute;rir un niveau de vie dont les pays riches jouissent depuis longtemps et qu'ils refusent de partager. Ensuite dans ces pays riches eux-m&ecirc;mes, domin&eacute;s par ce qu'il faut bien appeler des oligarchies de poss&eacute;dants, qui s'accrocheront jusqu'au dernier moment &agrave; leurs privil&egrave;ges. <br /> <br /> Quant &agrave; la r&eacute;duction de la croissance d&eacute;mographique, qui serait indispensable, elle ne rel&egrave;ve pas d'une politique de d&eacute;croissance. Il s'agit d'un processus tr&egrave;s long qui semble principalement r&eacute;sulter de l'augmentation des niveaux de vie. R&eacute;duire ceux-ci risquerait de relancer la surnatalit&eacute; dite de mis&egrave;re. <br /> <br /> La seconde solution consisterait &agrave; augmenter l'offre. Mais nous avons vu que, en l'&eacute;tat des ressources disponibles, pr&eacute;sentes et futures, cela ne serait pas possible. Ou plus exactement, cela ne serait possible que si l'ensemble des soci&eacute;t&eacute;s d&eacute;velopp&eacute;es et &eacute;mergentes s'engageait dans un effort syst&eacute;matique de recherche scientifique et technique, susceptible de g&eacute;n&eacute;rer de nouvelles productions, &agrave; partir de nouvelles ressources, inconnues &agrave; ce jour. C'est la th&egrave;se d&eacute;fendue par Ramez Naam.<br /> <br /> Utopie dit-on? Pas du tout. Un tel programme a &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent&eacute; depuis une dizaine d'ann&eacute;es par le mouvement des Singularistes. Il prolonge aujourd'hui en termes nouveaux l'ancien mouvement d'investissement industriel et scientifique qui avait fait la fortune de l'Occident (Europe et Am&eacute;rique) &agrave; partir du milieu du 19e si&egrave;cle. La science et la technique, convenablement dirig&eacute;es, ont toujours &eacute;t&eacute; et demeureront le seul facteur s&eacute;rieux de d&eacute;veloppement. <br /> <br /> Aujourd'hui, pour des raisons complexes, une partie des Occidentaux rejettent la science et la technique, auxquelles ils imputent tous les maux soci&eacute;taux. Mais les Singularistes abordent la question de la science d'une nouvelle fa&ccedil;on, susceptible de d&eacute;sarmer une partie des critiques qui lui sont faites en Occident. Pour eux, l'opinion publique n'a pas encore pris conscience d'un ph&eacute;nom&egrave;ne, d&eacute;j&agrave; en cours depuis une vingtaine d'ann&eacute;es, et qui, si tout se passait bien, r&eacute;volutionnerait le 21e si&egrave;cle. Il s'agit du d&eacute;veloppement exponentiel et convergent des principales technologies. <br /> <br /> Cette expression signifie deux choses. D'une part ces technologies croissent &agrave; grande vitesse et de fa&ccedil;on acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e, illustr&eacute;e par la Loi dite de Moore dans le domaine des composants &eacute;lectroniques. D'autre part la croissance d'une technologie b&eacute;n&eacute;ficie &agrave; toutes les autres, et r&eacute;ciproquement. Ainsi la g&eacute;n&eacute;ralisation des composants et nanocomposants &eacute;lectroniques permettra le d&eacute;veloppement de la biologie de synth&egrave;se qui &agrave; son tour permettra de relancer la mise en place d'agricultures r&eacute;sistant &agrave; la s&eacute;cheresse. <br /> <br /> Ceci ne se produit encore que de fa&ccedil;on limit&eacute;e, principalement dans des laboratoires. La grande id&eacute;e, reprise par Ramez Naam, puis ici dans le pr&eacute;sent texte, consisterait &agrave; convaincre les d&eacute;cideurs, notamment les d&eacute;cideurs politiques, du fait qu'encourager les recherches/d&eacute;veloppement (R/D) tous azimuts ferait progressivement dispara&icirc;tre les raret&eacute;s actuelles et permettrait de nouvelles croissances qui n'&eacute;puiseraient pas les ressources de la Terre. Le r&eacute;sultat ne serait pas imm&eacute;diat. Il demanderait selon les secteurs quelques ann&eacute;es ou quelques d&eacute;cennies. Par ailleurs, il faudrait en payer le prix, c'est-&agrave;-dire investir fortement dans la R/D, en &eacute;conomisant sur les d&eacute;penses de consommation actuelles. Mais le succ&egrave;s pourrait &ecirc;tre au bout du processus. <br /> <br /> Pour en convenir, il faudrait abandonner, comme l'avait montr&eacute; Ray Kurzweil il y a quelques ann&eacute;es, la croyance au fait que le futur est pr&eacute;visible par extrapolation du pass&eacute; ou du pr&eacute;sent. Le futur n'est pas pr&eacute;visible en totalit&eacute;. Des catastrophes restent toujours possible, tenant &agrave; de causes diverses. Mais des solutions heureuses jug&eacute;es aujourd'hui irr&eacute;alistes sont &eacute;galement &agrave; envisager. <br /> <br /> Pour passer de ces g&eacute;n&eacute;ralit&eacute;s &agrave; des exemples concrets, il faut d&eacute;crire quelques domaines o&ugrave; de nouvelles technologies, d&eacute;coulant de nouvelles recherches scientifiques, permettraient de changer le monde. On verra que ce ne seraient pas seulement les Etats-Unis ou la Chine qui pourraient investir dans ces directions, mais l'Europe et, en ce qui nous concerne, la France. <br /> </font><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="3" color="#000099"><font size="2" color="#000000"><strong><font color="#000099"><br /> Les productions alimentaires<br /> </font></strong></font></font></font><font size="2" color="#000000"><br /> D&eacute;mentant les pr&eacute;dictions des &eacute;conomistes malthusiens, tel Paul Erlich en 1968, la population mondiale a continu&eacute; &agrave; croitre depuis cette date, gr&acirc;ce &agrave; l'augmentation des productions agricoles. Mais ceci s'est fait &agrave; un prix &eacute;voqu&eacute; plus haut: destruction des for&ecirc;ts et des zones humides, pollutions chimiques, etc. Aujourd'hui la production moyenne par unit&eacute; de surface ne peut augmenter encore &agrave; partir des moyens traditionnels. Pour sortir de cette impasse, il ne faut plus h&eacute;siter &agrave; modifier les capacit&eacute;s g&eacute;n&eacute;tiques des plantes pour leur permettre de tirer un meilleur parti de la photosynth&egrave;se, exploiter des terrains pauvres et arides et produire elles-m&ecirc;mes leurs propres fertiliseurs &agrave; partir de l'azote de l'air. <br /> <br /> Les OGM (organismes g&eacute;n&eacute;tiquement modifi&eacute;s) suscitent un rejet dans certains pays, notamment en Europe. Mais cela tient au fait que ce sont des firmes priv&eacute;es, comme Monsanto, qui se sont appropri&eacute;es ces techniques et en ont exclu les petits exploitants. Il faudrait au contraire que des laboratoires publics travaillent de fa&ccedil;on ouverte &agrave; produire de nouvelles esp&egrave;ces et les mettre quasi gratuitement &agrave; la disposition des agriculteurs. Ceci ne pourrait cependant se faire que dans le cadre d'une v&eacute;ritable r&eacute;volution politique, visant &agrave; faire de ces laboratoires de vrais services publics, comme c'est le cas en Europe dans certains domaines de la recherche m&eacute;dicale. Le co&ucirc;t des recherches serait alors financ&eacute; par un imp&ocirc;t sur la consommation des nouveaux produits. <br /> <br /> En mati&egrave;re de consommation de viande, il faudra certainement limiter le recours &agrave; l'&eacute;levage de boucherie traditionnel, dont les nuisances sont nombreuses et l'absence d'&eacute;thique para&icirc;tra sans doute de plus en plus insupportable. Mais les techniques de production de tissus animaux in vitro pourront se d&eacute;velopper de fa&ccedil;on industrielle, &agrave; partir de prot&eacute;ines de synth&egrave;se, ceci pratiquement sans limites. Les produits obtenus seront de plus en plus comparables &agrave; la viande sur pied. <br /> <br /> Il en sera de m&ecirc;me en ce qui concerne les produits de la mer. L'&eacute;levage est aujourd'hui tr&egrave;s critiqu&eacute;, car les poissons produits le sont &agrave; partir de farines de poisson dont la production est tout aussi destructrice des milieux marins que la p&ecirc;che destin&eacute;e &agrave; la consommation humaine. De plus les fermes sont tr&egrave;s polluantes. A l'avenir, il sera possible de mettre en place des fermes d'&eacute;levage en haute mer, s'inspirant de celles qui seront utilis&eacute;es pour la production d'&eacute;nergie marine. Les poissons seront nourris de prot&eacute;ines de synth&egrave;se. <br /> <br /> Si toutes ces techniques &eacute;taient mises en oeuvre simultan&eacute;ment, &agrave; l'&eacute;chelle du monde, on pourrait envisager, sans diminuer la production agricole totale, de r&eacute;duire l'emprise de l'agriculture sur les terres arables, afin de rendre une partie de celle-ci &agrave; la vie sauvage, notamment &agrave; la for&ecirc;t. La lutte contre la production des gaz &agrave; effet de serre et le r&eacute;chauffement climatique serait la premi&egrave;re &agrave; en b&eacute;n&eacute;ficier.<br /> <br /> On voit que dans tous ces domaines, l'Europe et pour sa part la France, dont nous avons soulign&eacute; les atouts en ce qui concerne l'agriculture ou l'acc&egrave;s &agrave; la mer, devraient jouer un r&ocirc;le pilote pour la conduite des recherches et applications n&eacute;cessaires. La France pour sa part, traditionnellement li&eacute;e &agrave; l'Afrique en mati&egrave;re de coop&eacute;ration, pourrait jouer un r&ocirc;le d'entrainement dont b&eacute;n&eacute;ficierait ce continent. <br /> <strong><font color="#0000CC"><br /> L'eau douce</font></strong><br /> <br /> L'eau douce ou potable ne repr&eacute;sente que 3% de l'eau globalement pr&eacute;sente sur la plan&egrave;te. Cette derni&egrave;re est dans l'ensemble inutilisable car se pr&eacute;sentant sous la forme de glaciers ou de banquises. Seuls 0,3 % de cette eau peut servir directement &agrave; l'irrigation et la boisson: 2% dans les rivi&egrave;res, 87% dans les lacs, 11% dans des zones mar&eacute;cageuses. <br /> <br /> On a longtemps consid&eacute;r&eacute;, dans les pays littoraux manquant d'eau, que la dessalinisation de l'eau de mer offrait la solution. Mais les techniques jusqu'ici utilis&eacute;es, par chauffage suivie de condensation, avaient des contreparties emp&ecirc;chant leur g&eacute;n&eacute;ralisation: co&ucirc;t &eacute;lev&eacute; en &eacute;nergie et en production de CO2 notamment.<br /> <br /> Aujourd'hui des techniques faisant appel &agrave; des membranes semi-perm&eacute;ables inspir&eacute;es des solutions utilis&eacute;es par les membranes biologiques permettent de laisser passer les mol&eacute;cules d'eau en filtrant les sels. De l'&eacute;nergie reste encore n&eacute;cessaire, mais le co&ucirc;t en a diminu&eacute; d'un facteur 10. Les m&ecirc;mes techniques peuvent &ecirc;tre utilis&eacute;es pour filtrer et r&eacute;g&eacute;n&eacute;rer les eaux us&eacute;es. A terme, on peut envisager que les besoins du monde en eau douce, si celle-ci n'est pas gaspill&eacute;e, pourront &ecirc;tre satisfaits. <br /> <br /> <font color="#000099"><strong>L'&eacute;nergie et la question du changement climatique</strong></font><br /> <br /> Pour stabiliser celui-ci il faudra r&eacute;duire la production de gaz &agrave; effet de serre de plus de 100% dans les prochaines d&eacute;cennies. Mais dans le m&ecirc;me temps, les besoins en &eacute;nergie des pays &eacute;mergents et des pays pauvres augmenteront sans commune mesure d'ici 2050. <br /> <br /> Pourtant les ressources de la nature seraient largement suffisantes, si les humains s'organisaient pour mieux les utiliser afin de satisfaire les besoins en &eacute;nergie. Encore faudrait-il s'affranchir des calculs &agrave; court terme conduisant &agrave; privil&eacute;gier les &eacute;nergies traditionnelles, ainsi que de l'influence politique des multiples int&eacute;r&ecirc;ts associ&eacute;s &agrave; leur production, leur distribution et leur consommation. Le paradoxe malheureux tient au fait que pour financer les recherches destin&eacute;es aux &eacute;nergies nouvelles, il faut &ecirc;tre riche et pour cela disposer non de l'acc&egrave;s directe &agrave; l'&eacute;nergie fossile, qui ne suffit pas (on a parl&eacute; de la mal&eacute;diction du p&eacute;trole) mais de toute la puissance industrielle qui s'est b&acirc;tie autour de l'exploitation de cette &eacute;nergie. Or les d&eacute;tenteurs actuelles de cette puissance - concr&egrave;tement les multinationales p&eacute;troli&egrave;res et gazi&egrave;res - h&eacute;sitent encore &agrave; financer des solutions rivales. <br /> <br /> De v&eacute;ritables politiques volontaristes s'imposent donc, visant &agrave; privil&eacute;gier des investissements qui par la force des choses, ne produiront pas de r&eacute;sultats avant plusieurs ann&eacute;es, sinon plusieurs d&eacute;cennies. Ceux-ci concernent &agrave; la fois la production, &agrave; partir de sources dites renouvelables, et le stockage-distribution. Ces investissements ne rendront pas inutiles les efforts &agrave; conduire en parall&egrave;le pour g&eacute;n&eacute;raliser les &eacute;conomies d'&eacute;nergie. Mais l&agrave; encore des investissements importants, non productifs &agrave; court terme, seront n&eacute;cessaires. <br /> <br /> Au point de vue scientifique, ces perspectives int&eacute;ressent un tr&egrave;s grand nombre de secteurs industriels d&eacute;j&agrave; existant. Mais parall&egrave;lement, l'imagination des chercheurs fait appara&icirc;tre en permanence de nouveaux domaines de recherche, dont la port&eacute;e th&eacute;orique est consid&eacute;rable. Il s'agit, comme en parall&egrave;le et d'une autre fa&ccedil;on le domaine des nouvelles armes ou celui de l'exploration spatiale, d'un stimulant irrempla&ccedil;able &agrave; la recherche th&eacute;orique et appliqu&eacute;e. <br /> <br /> Partout dans le monde est entrepris le mouvement consistant &agrave; remplacer progressivement les combustibles fossiles par de nouvelles sources d'&eacute;nergie. Mais il pourrait &ecirc;tre plus rapide si, comme indiqu&eacute; ci-dessus, des d&eacute;cisions politiques explicites &eacute;taient prises en sa faveur. <br /> <br /> Concernant l'&eacute;nergie solaire &agrave; base de panneaux, on pr&eacute;voit que l'&eacute;lectricit&eacute; solaire sera dans une vingtaine d'ann&eacute;es moins couteuse que l'&eacute;nergie provenant des sources traditionnelles. Ceci m&ecirc;me dans les pays asiatiques ou la consommation d'&eacute;nergie ne cesse d'augmenter. Mais pour cela d'importantes innovations devront &ecirc;tre conduites. Elles concerneront la nature des capteurs proprement dit, les modalit&eacute;s de leur d&eacute;ploiement au sol, les convertisseurs transformant le courant continu en courant alternatif, les r&eacute;seaux de distribution, dor&eacute;navant dits &laquo;&nbsp;intelligents&nbsp;&raquo;. <br /> <br /> Parall&egrave;lement les technologies de stockage et de conversion de l'&eacute;nergie &eacute;lectrique primaire devront &ecirc;tre radicalement am&eacute;lior&eacute;es, afin notamment de permettre l'alimentation des v&eacute;hicules. De nombreuses solutions sont &agrave; l'&eacute;tude, batteries au lithium, batteries dites solides (solid state) d&eacute;pourvues d'&eacute;lectrolyte liquide, batteries m&eacute;tal-air. Aucune de ces solutions n'est encore pleinement op&eacute;rationnelle, mais il faut poursuivre les recherches. <br /> <br /> Parall&egrave;lement l'utilisation de l'hydrog&egrave;ne risque d'&ecirc;tre boulevers&eacute;e par une d&eacute;couverte r&eacute;cente. L'hydrog&egrave;ne produit par &eacute;lectrolyse de l'eau, encore tr&egrave;s couteux, devrait pouvoir &ecirc;tre remplac&eacute; par l'utilisation d'un hydrog&egrave;ne naturel g&eacute;n&eacute;r&eacute;, comme le gaz naturel, dans les couches g&eacute;ologiques profondes. Si cette d&eacute;couverte, initialement faite en Russie,se confirmait, et si l'extraction de l'hydrog&egrave;ne natif pouvait se faire comme annonc&eacute; sans toutes les cons&eacute;quences dommageables de l'extraction du gaz de schiste, elle aurait de nombreuses cons&eacute;quences favorables sur les perspectives ici envisag&eacute;es. Un grand nombre de travaux et de publications sont en cours sur cette question dans le monde entier. La France, avec l'<a href="http://www.ifpenergiesnouvelles.fr/ifpen/en-bref">Ifpen </a>et le <a href="http://www.lied-pieri.univ-paris-diderot.fr/">Lied</a> y tient une place tr&egrave;s honorable. Sur la question, voir <a href="http://sciencesetavenir.nouvelobs.com/nature-environnement/20130424.OBS6811/l-hydrogene-naturel-un-eldorado-energetique.html.%20">Sciences et Avenir</a> . Voir aussi <a href="http://www.enerzine.com/12/15593/et-si-lhydrogene-naturel-saverait-exploitable.html">Enerzine.com </a>.</font></font></font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#000000">D'autres sources d'&eacute;nergie potentielle sont actuellement en d&eacute;veloppement dans tous les pays avanc&eacute;s, notamment en Europe et en France. Mais l&agrave; encore s'impose le passage du plan exp&eacute;rimental au plan de la production &agrave; grande &eacute;chelle. La presse &eacute;voque ces questions de plus en plus souvent, ce qui est une bonne chose afin de cr&eacute;er une motivation soci&eacute;tale profonde. <br /> <br /> Citons l'&eacute;nergie &eacute;olienne et l'&eacute;nergie mar&eacute;e-motrice. Dans ces domaines s'impose le passage &agrave; des unit&eacute;s de production de plus en plus importantes. Outre leur int&eacute;r&ecirc;t propre, elles permettront la relance des industries m&eacute;caniques mises en difficult&eacute; par la diminution de la demande dans le secteur de l'automobile. <br /> <br /> L'&eacute;nergie nucl&eacute;aire, qui n'est encore (&agrave; peu pr&egrave;s) ma&icirc;tris&eacute;e que par un petit nombre de pays avanc&eacute;s, mais qui en attirent beaucoup d'autres, pose un probl&egrave;me particulier. Pour le moment, il ne s'agit pas d'une source renouvelable. D'une part elle repose sur la fission d'un m&eacute;tal de plus en plus rare, l'uranium. D'autre part, elle produit des d&eacute;chets fortement radioactifs que l'on ne sait pas encore traiter et qu'il faut donc stocker. Enfin les usines de production d'&eacute;lectricit&eacute; nucl&eacute;aires n&eacute;cessitent des mesures de suret&eacute; qui ne sont pas &agrave; la port&eacute;e de tous. En cas de catastrophe, des millions de morts peuvent en r&eacute;sulter. Il s'agirait donc d'une forme d'&eacute;nergie qu'en bonne logique il faudrait abandonner au plus vite. <br /> <br /> Mais ceci ne se fera pas, pour une raison qui ne tient pas seulement aux calculs &eacute;conomiques des pays (tels que la France) ayant consid&eacute;rablement investi dans ce domaine. Elle tient au fait que ma&icirc;triser la fission donne une comp&eacute;tence industrielle et technologique sans rivale, r&eacute;utilisable dans d'autres secteurs. Par ailleurs et surtout, cette comp&eacute;tence conduira in&eacute;vitablement, dans un d&eacute;lai de quelques d&eacute;cennies, &agrave; la ma&icirc;trise de la fusion, dont les risques devraient &ecirc;tre infiniment moindres et les retomb&eacute;es tr&egrave;s nombreuses. La fusion (Hydrog&egrave;ne vers h&eacute;lium) constitue le processus au coeur de la nucl&eacute;osynth&egrave;se stellaire. Les pays tels que ceux rassembl&eacute;s dans le consortium ITER, dont la France, pourront esp&eacute;rer du succ&egrave;s de la d&eacute;marche des avantages comp&eacute;titifs consid&eacute;rables. <br /> <br /> <font color="#000099"><strong>Les mati&egrave;res premi&egrave;res min&eacute;rales</strong></font><br /> <br /> Dans cette rubrique, il faut mentionner toutes celles qui sont indispensables au d&eacute;veloppement des technologies et industries cit&eacute;es pr&eacute;c&eacute;demment, utilisant du fer, de l'aluminium, du cuivre, du nickel et autres m&eacute;taux semi-rares. Les r&eacute;serves mondiales en minerai seraient th&eacute;oriquement suffisantes, si des politiques d'&eacute;conomie et de r&eacute;cup&eacute;ration s&eacute;rieuses &eacute;taient mises en oeuvre parall&egrave;lement. Mais elles sont mal r&eacute;parties. Beaucoup de pays d&eacute;velopp&eacute;s, notamment en Europe, sont &agrave; cours de ressources. Par contre les pays pauvres, particuli&egrave;rement en Afrique et Am&eacute;rique Latine, sont bien dot&eacute;s. Ceci devrait permettre que s'&eacute;tablissent des &eacute;changes sur un pied de r&eacute;ciprocit&eacute;. <br /> <br /> Une vraie question, qui a &eacute;t&eacute; soulev&eacute;e r&eacute;cemment, concerne par contre les m&eacute;taux rares, extraits &agrave; partir des terres dites rares. Ils sont indispensables dans pratiquement tous les usages r&eacute;sultant de la g&eacute;n&eacute;ralisation des technologies de l'&eacute;lectronique et des communications, comme de l'automatisation et de la robotique. Les pays industriels utilisateurs s'&eacute;taient repos&eacute;s dans la d&eacute;cennie pr&eacute;c&eacute;dente sur les exportations de terres rares provenant de la Chine, qui dispose de ressources abondantes. Mais celle-ci entend d&eacute;sormais monnayer tr&egrave;s cher cette ressource, sinon s'en r&eacute;server un usage exclusif. Ceci serait &eacute;videmment insupportable pour le reste du monde. <br /> <br /> Il convient donc d'une part de rechercher d'autres gisements, de g&eacute;n&eacute;raliser la r&eacute;cup&eacute;ration et surtout de favoriser la mise au point de solutions technologiques permettant de se passer des m&eacute;taux rares si ceux-ci devenaient effectivement rares. L'objectif n'est pas ais&eacute; &agrave; atteindre, mais il pr&eacute;sentera un effet d'incitation &agrave; la recherche fondamentale d'un tr&egrave;s grand int&eacute;r&ecirc;t. <br /> <br /> <font color="#000099"><strong>L'&eacute;valuation des externalit&eacute;s</strong></font><br /> <br /> Des progr&egrave;s au niveau de toutes les technologies &eacute;voqu&eacute;es ci-dessus ne suffiront pas, s'ils ne s'accompagnent pas de progr&egrave;s parall&egrave;les dans les sciences &eacute;conomiques et comptables. Malheureusement les investissements intellectuels dans ces disciplines ont principalement b&eacute;n&eacute;fici&eacute; aux sciences financi&egrave;res et &agrave; la sp&eacute;culation boursi&egrave;re. Il est devenu urgent, dans la perspective d'un effort suppos&eacute; massif et mondial de bonne gestion des ressources de la plan&egrave;te, que les scientifiques &eacute;tudient en d&eacute;tail ce que l'on nomme les externalit&eacute;s, autrement dit des domaines qui restent &eacute;trangers aux sciences &eacute;conomiques traditionnelles et ne font pas l'objet de politiques concert&eacute;es.<br /> <br /> Il s'agira d'&eacute;valuer d'une part les co&ucirc;ts cach&eacute;s, et la fa&ccedil;on dont ils pourraient &ecirc;tre r&eacute;duits, d'autre part les biens collectifs fournis par la nature, dans lesquels l'humanit&eacute; puise sans compter en s'imaginant qu'ils sont ind&eacute;finiment renouvelables. Parmi les premiers, nous pouvons mentionner les couts biologique du sous-d&eacute;veloppement, de la mal-nutrition et des maladies contagieuses naissant de la pauvret&eacute;. Ils ne touchent pas seulement les populations directement victimes, mais d'une fa&ccedil;on ou d'une autre l'ensemble des soci&eacute;t&eacute;s, y compris celles se disant riches. Parmi les seconds se trouvent l'eau et l'air pur &eacute;voqu&eacute;s pr&eacute;c&eacute;demment, les grands espaces libres, les for&ecirc;ts...tous biens dont ne d&eacute;couvre la valeur que lorsqu'ils ont disparu par surexploitation ou n&eacute;gligence. <br /> <br /> Dans des soci&eacute;t&eacute;s qui n'attribuent d'importance aux personnes et aux choses qu'en fonction de leur valeur &eacute;conomique marchandisable, il est donc indispensable d'&eacute;valuer les externalit&eacute;s en termes aussi scientifiques que possible, afin de les faire entrer dans les comptabilit&eacute;s nationales et les comptes priv&eacute;s. Il sera alors n&eacute;cessaire de les faire prendre en consid&eacute;ration, par les particuliers comme par les collectivit&eacute;s. Inutile de pr&eacute;ciser que ces &eacute;valuations doivent faire appel &agrave; des experts, afin d'&ecirc;tre cr&eacute;dibles et d'&ecirc;tre mises &agrave; jour. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#000000"><strong><font size="3" color="#000099">Troisi&egrave;me partie. Pr&eacute;parer le grand futur </font></strong><br /> <br /> Appelons grand futur celui qui s'&eacute;tendra des 20 aux 50 prochaines ann&eacute;es, puis au del&agrave;. Vu la lenteur des &eacute;volutions int&eacute;ressant les soci&eacute;t&eacute;s humaines, et la difficult&eacute; &agrave; s'accorder sur des politiques communes, cet avenir encore lointain doit nous mobiliser d&egrave;s aujourd'hui. Ceci d'autant plus que les solutions technologiques qui seront n&eacute;cessaires devraient commencer &agrave; &ecirc;tre mises en oeuvre sans attendre. Ceci repr&eacute;senterait un effet d'entra&icirc;nement important pour l'ensemble des sciences et des techniques, avec des retomb&eacute;es imm&eacute;diates dans les domaines cit&eacute;s par la seconde partie de cette note. <br /> <br /> Nous nous limiterons ici, pour ne pas d&eacute;passer le cadre d'un tel document, &agrave; un survol des questions pos&eacute;es. Elles donnent d'ailleurs mati&egrave;re &agrave; de nombreuses controverses, techniques ou politiques, que nous ne pouvons pas aborder. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#000000">En simplifiant, nous dirons que, sauf accidents de parcours, le futur s'organisera autour de trois grandes &laquo;&nbsp;r&eacute;volutions&nbsp;&raquo; d&eacute;j&agrave; inscrites dans l'&eacute;volution actuelle des sciences et des techniques: le cerveau artificiel, la biologie synth&eacute;tique, un d&eacute;but de &laquo;&nbsp;conqu&ecirc;te&nbsp;&raquo; du syst&egrave;me solaire. <br /> <strong><font color="#000099"><br /> Le cerveau artificiel</font></strong><br /> <br /> Ce terme tr&egrave;s g&eacute;n&eacute;ral d&eacute;signe les progr&egrave;s (exponentiels et convergents, selon les termes des Singularistes) qui caract&eacute;risent aujourd'hui les neurosciences, l'intelligence artificielle, la robotique autonome et le domaine dit de l'&nbsp;&laquo;&nbsp;homme augment&eacute;&nbsp;&raquo;, c'est-&agrave;-dire augment&eacute; par des proth&egrave;ses de plus en plus efficaces. <br /> <br /> Les neurosciences, sous leurs divers aspects, vont bient&ocirc;t commencer &agrave; b&eacute;n&eacute;ficier des acquis des deux grands programmes d'&eacute;tude du cerveau et du syst&egrave;me nerveux des animaux sup&eacute;rieurs, lanc&eacute;s cette ann&eacute;e en Europe et aux Etats-Unis, sans mentionner ce qui se fait en Chine. Ces programmes, dits Human Brain Projects, se d&eacute;velopperont inexorablement, vu l'int&eacute;r&ecirc;t strat&eacute;gique qu'ils pr&eacute;sentent pour les sciences cognitives, la m&eacute;decine et aussi la d&eacute;fense. <br /> <br /> Dans le m&ecirc;me temps, l'Intelligence artificielle (IA) sera conduite &agrave; simuler avec de plus en plus de pr&eacute;cision la fa&ccedil;on dont, spontan&eacute;ment ou d'une fa&ccedil;on d&eacute;lib&eacute;r&eacute;e, se mettent en place dans les grands r&eacute;seaux caract&eacute;risant les soci&eacute;t&eacute;s num&eacute;riques, des centres de d&eacute;cision analogues &agrave; ceux existant au sein des cortex humains ou des groupes sociaux. On a &eacute;voqu&eacute; r&eacute;cemment le &laquo;&nbsp;trading haute fr&eacute;quence&nbsp;&raquo; qui conduit les int&eacute;r&ecirc;ts financiers &agrave; d&eacute;l&eacute;guer la gestion de leurs int&eacute;r&ecirc;ts &agrave; des algorithmes de plus en plus autonomes. Ceci ne fera que se d&eacute;velopper, dans un nombre croissant de domaines, la surveillance dite s&eacute;curitaire ou la sant&eacute;, par exemple. <br /> <br /> Enfin, parall&egrave;lement, la robotique produira des animaux et humains artificiels, dot&eacute;s de corps beaucoup plus efficaces que les corps biologiques et capables d'utiliser par ailleurs tous les syst&egrave;mes cognitifs &eacute;tudi&eacute;s par l'IA. Ces robots seront de plus en plus autonomes, c'est-&agrave;-dire capables de prendre seuls des d&eacute;cisions. Ils le feront soit individuellement, soit en groupes ou essaims. De tels robots sont d&eacute;j&agrave; indispensables pour explorer les environnements inaccessibles &agrave; l'homme, ou dangereux. Il n'y aura pas de conqu&ecirc;te spatiale s&eacute;rieuse sans eux. <br /> <br /> On appelle &laquo;&nbsp;homme augment&eacute;&nbsp;&raquo; l'homme dot&eacute;, &agrave; titre temporaire ou permanent, de toutes les aides apport&eacute;es par ces diverses techniques. Les militaires s'y int&eacute;ressent &eacute;videmment en priorit&eacute;, mais aussi les th&eacute;rapeutes. Bient&ocirc;t, le grand public lui-m&ecirc;me voudra b&eacute;n&eacute;ficier de ces avantages, si le cout en devient abordable.<br /> <br /> Il en r&eacute;sulte que, selon les pr&eacute;visions les plus prudentes, un v&eacute;ritable cerveau artificiel dot&eacute; des capacit&eacute;s intellectuelles du cerveau humain, devrait voir le jour dans les 20 &agrave; 30 prochaines ann&eacute;es. Il sera &eacute;videmment connect&eacute; aux humains artificiels produits par la robotique et dot&eacute; des capacit&eacute;s d'intelligence procur&eacute;es par l'IA en r&eacute;seau. <br /> <br /> Dans quelles conditions, &eacute;conomiques, politiques, soci&eacute;tales, cette premi&egrave;re r&eacute;volution se mettra en place? Les citoyens d'aujourd'hui ne peuvent pas refuser de s'en pr&eacute;occuper, d'abord en s'informant, ensuite en essayant d'orienter les d&eacute;veloppements dans le sens d'une meilleure d&eacute;mocratie. <br /> <br /> <font color="#000099"><strong>La biologie synth&eacute;tique</strong></font><br /> <br /> Ce terme, que l'on peut confondre ici avec celui de biologie artificielle, d&eacute;signe des directions de recherche d&eacute;j&agrave; bien engag&eacute;es, consistant, dans un premier temps, &agrave; &laquo;&nbsp;construire&nbsp;&raquo; des virus ou des bact&eacute;ries en assemblant de fa&ccedil;on artificielle les diff&eacute;rents composants naturels de ces organismes, d&eacute;tach&eacute;s de l'organisme initial et recompos&eacute;s pour constituer des organismes dot&eacute;s de nouvelles propri&eacute;t&eacute;s. Il s'agit donc d'aller plus loin que l'actuel g&eacute;nie g&eacute;n&eacute;tique, consistant &agrave; ne modifier que certains g&egrave;nes d'une esp&egrave;ce donn&eacute;e. Les perspectives sont nombreuses: obtenir par exemple des bact&eacute;ries ou micro-organismes capables d'utiliser la photosynth&egrave;se pour produire des mati&egrave;res premi&egrave;res &eacute;nerg&eacute;tiques ou alimentaires. <br /> <br /> Mais les ambitions de la biologie synth&eacute;tique ne se limitent pas &agrave; ces premi&egrave;res phases. Pour aller au del&agrave;, il s'agira de reconstruire des ADN et composants mol&eacute;culaires de synth&egrave;se, capables de s'affranchir d'une partie des contraintes de la biologie naturelle. De tels organismes pourront alors se d&eacute;velopper dans des milieux a priori incompatibles avec la vie telle qu'elle existe aujourd'hui. <br /> <br /> Les pal&eacute;obiologistes, par exemple, ne d&eacute;sesp&egrave;rent pas de pouvoir avec ces m&eacute;thodes reconstruire des organismes disparus. M&ecirc;me s'ils n'y r&eacute;ussissent pas, ils pourront se consoler en faisant appara&icirc;tre des organismes n'ayant jamais exist&eacute;, qui pourront survivre dans nos soci&eacute;t&eacute;s. <br /> <br /> On consid&egrave;re g&eacute;n&eacute;ralement que la &laquo;&nbsp;r&eacute;volution&nbsp;&raquo; annonc&eacute;e par la biologie synth&eacute;tique sera aussi importante que celle annonc&eacute;e par les neurosciences de l'artificiel. Les deux domaines de recherche se conjugueront d'ailleurs. <br /> <strong><font color="#000099"><br /> La conqu&ecirc;te du syst&egrave;me solaire</font></strong><br /> <br /> La plupart des futurologues consid&egrave;rent que l'avenir des soci&eacute;t&eacute;s humaines sera conditionn&eacute; par la capacit&eacute; de s'adapter et survivre au sein du syst&egrave;me solaire. Diff&eacute;rentes directions devront alors &ecirc;tre explor&eacute;es: mieux conna&icirc;tre au plan scientifique non seulement le syst&egrave;me solaire mais le cosmos en g&eacute;n&eacute;ral, exploiter les ressources en mati&egrave;re premi&egrave;res des plan&egrave;tes proches ou de certains ast&eacute;ro&iuml;des, s'&eacute;tablir de fa&ccedil;on temporaire ou permanente sur des plan&egrave;tes voisines, la Lune et Mars en priorit&eacute;. <br /> <br /> Ceci dit, rien ne permet &agrave; ce jour d'affirmer que les organismes humains, compte tenu de leurs capacit&eacute;s physiques actuelles, pourraient durablement s'acquitter de ces diverses t&acirc;ches. Par contre, les robots &eacute;voqu&eacute;s dans les paragraphes pr&eacute;c&eacute;dents le peuvent. Il en sera de m&ecirc;me de syst&egrave;mes biologiques artificiels sp&eacute;cialement d&eacute;finis pour ces t&acirc;ches. <br /> <br /> La conqu&ecirc;te spatiale, puisqu'il faut bien parler de conqu&ecirc;te, n'en d&eacute;plaise aux bonnes &acirc;mes, ne pourra donc prendre une v&eacute;ritable dimension strat&eacute;gique, qu'en faisant appel aux diff&eacute;rentes technologies que nous avons r&eacute;sum&eacute;es ci-dessus. Si des humains s'&eacute;tablissaient durablement sur une plan&egrave;te (en abandonnant &eacute;ventuellement toute perspective de retour sur Terre), ce ne serait qu'apr&egrave;s de longs travaux d'accueil confi&eacute;s &agrave; des organismes artificiels. Ce ne serais donc sans doute pas avant un si&egrave;cle, sinon plus. Mais peut-&ecirc;tre cette affirmation est-elle trop pessimiste.<br /> <strong><font color="#000099"><br /> Conclusion<br /> </font></strong><br /> Comment financer toutes les recherches et investissements &eacute;voqu&eacute;s dans les deux derni&egrave;res parties de cet article? Ceci ne sera pas possible sans reconvertir &agrave; cette fin des ressources humaines, technologiques et industrielles consacr&eacute;es actuellement &agrave; la guerre et &agrave; la consommation, notamment &agrave; la consommation somptuaire analogue &agrave; du gaspillage dont certaines classes dirigeantes sont prodigues.<br /> <br /> Pour pr&eacute;lever dans les ressources ainsi consomm&eacute;es et les rediriger vers des investissements de recherche scientifique et technique, chaque Etat ou groupe d'Etats fera appel &agrave; sa logique politique. Concernant un r&eacute;gime de type autoritaire comme la Chine, ce sera principalement &agrave; l'imp&ocirc;t. Aux Etats-Unis, ce sera sans doute &agrave; l'emprunt. Concernant les pays europ&eacute;ens et notamment la France, o&ugrave; les &eacute;pargnes des particuliers restent fortes, nous avions pr&eacute;c&eacute;demment sugg&eacute;r&eacute; une m&eacute;thode recommand&eacute; par des &eacute;conomistes amis (notamment Joseph Leddet, conseil ind&eacute;pendant en placements et auteur de la Gazette des Changes). Nous lui donnons la parole:<br /> <br /> <em><font color="#990000">&laquo;&nbsp;Plut&ocirc;t qu'un emprunt d'Etat, je proposerais, ainsi que d&eacute;j&agrave; &eacute;crit ant&eacute;rieurement, un fonds d'investissement strat&eacute;gique, &agrave; l'&eacute;chelle europ&eacute;enne, &nbsp;abond&eacute; par l'&eacute;pargne priv&eacute;e (particuliers et entreprises) et offrant un rendement annuel assur&eacute; (pay&eacute;) &nbsp;par l'Etat, un genre de partenariat public/priv&eacute; au sens large, avec des parts cot&eacute;e</font></em></font></p> Fri, 26 Apr 2013 23:00:00 GMT La guerre mondiale du cerveau. Riposte américaine http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1045 1045 <br /><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><strong><font size="3" color="#000099"> </font></strong><font size="3" color="#000000"> <font size="2"> </font></font></font> <p align="left"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="3" color="#000000"><font size="2">A ces scientifiques il faut ajouter tous ceux, aux Etats-Unis et en Europe, qui &eacute;tudient ces questions au titre de la recherche universitaire &ndash; recherche qui ne peut et ne veut rien cacher, de par son caract&egrave;re ouvert, aux organisations exploitant ses r&eacute;sultats &agrave; des fins industrielles, commerciales ou strat&eacute;giques.</font></font></font></p> <p align="left"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="3" color="#000000"><font size="2"> Aussi bien attendions-nous une r&eacute;plique officielle de l'Am&eacute;rique &agrave; l'annonce faite r&eacute;cemment par l'Union europ&eacute;enne du projet Human Brain 1). Cette r&eacute;plique n'a pas tard&eacute;. Le 17 f&eacute;vrier, le New York Times d&eacute;taille l'annonce par Barack Obama d'un grand programme visant &agrave; construire un mod&egrave;le complet du cerveau humain. </font></font></font><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="3" color="#000000"><font size="2">Il s'agit de faire plus et mieux que les chercheurs europ&eacute;ens. Plus en ce sens que le projet am&eacute;ricain disposera d'un budget au moins 3 fois plus &eacute;lev&eacute; que le budget europ&eacute;en (si celui-ci est un jour vers&eacute; compte tenu des restrictions). Mieux en ce sens qu'il rassemble un panel de grands scientifiques &agrave; c&ocirc;t&eacute; desquels, sauf exceptions, le projet europ&eacute;en para&icirc;t bien modeste. </font></font></font></p> <p align="left"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="3" color="#000000"><font size="2">On notera avec int&eacute;r&ecirc;t, &agrave; la fin de l'article, que ce dernier est trait&eacute; avec la plus grande condescendance. Il est pr&eacute;sent&eacute; comme un projet suisse et fait allusion aux ambitions annonc&eacute; jusqu'&agrave; ces derniers temps par Henry Markram, le responsable officiel du projet europ&eacute;en: simuler sur ordinateur une petite partie du cortex d'un rat. Pour le NYT et la communaut&eacute; scientifique am&eacute;ricaine, cette ambition n'est &eacute;videmment pas &agrave; la hauteur de celles affich&eacute;es par Obama.</font></font></font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#000000">Selon nos informations, les Europ&eacute;ens, conscients de cette faiblesse, voudraient &eacute;largir la port&eacute;e du projet europ&eacute;en, jusqu'&agrave; en faire une v&eacute;ritable acad&eacute;mie des sciences du cerveau. On peut esp&eacute;rer que le d&eacute;fi lanc&eacute; &agrave; l'Europe et au reste du monde par Barack Obama va renforcer ces intentions. Mais on peut craindre que les chercheurs europ&eacute;ens, soumis aux pressions nationales et enferm&eacute;s dans leurs sp&eacute;cialit&eacute;s, ne r&eacute;ussissent que difficilement &agrave; construire une machine de guerre (guerre scientifique et guerre &eacute;conomique) &agrave; la hauteur de celle officialis&eacute;e par les Etats-Unis 3) On verra cependant ce qu'il en sera.</font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#000000">En attendant, les sp&eacute;cialistes de la g&eacute;opolitique se demanderont comment les Chinois r&eacute;pondront pour leur part au d&eacute;fi. On dispose de peu d'informations sur leurs comp&eacute;tences actuelles concernant ces questions. Mais constatant comme ils sont pass&eacute;s maitres dans la cyberwar qui dor&eacute;navant fait rage entre eux et l'Am&eacute;rique 4), on peut l&eacute;gitimement pas penser qu'ils sont d&eacute;j&agrave; bien positionn&eacute;s dans la brainwar.</font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#000000"><strong>Notes</strong><br /> 1) voir Human Brain Project, un grand projet europ&eacute;en sur le cerveau humain <a href="http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2013/134/hbp.htm">http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2013/134/hbp.htm</a><br /> 2) voir <a href="http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2013/134/Obama%20Seeking%20to%20Boost%20Study%20of%20Human%20Brain">Obama Seeking to Boost Study of Human Brain</a><br /> <a href="http://www.nytimes.com/2013/02/18/science/project-seeks-to-build-map-of-human-brain.html?_r=0">http://www.nytimes.com/2013/02/18/science/project-seeks-to-build-map-of-human-brain.html?_r=0</a><br /> Toutes les phrases de cet article m&eacute;ritent d'&ecirc;tre soigneusement pes&eacute;es. <br /> 3) D'autant plus qu'IBM, curieusement confirm&eacute; comme cheville ouvri&egrave;re du projet europ&eacute;en, ne sera pas assez suicidaire pour rester impartial dans la comp&eacute;tition qui s'annonce. <br /> 4) Voir <em>Chinese Army Unit Is Seen as Tied to Hacking Against U.S</em>. <a href="http://www.nytimes.com/2013/02/19/technology/chinas-army-is-seen-as-tied-to-hacking-against-us.html">http://www.nytimes.com/2013/02/19/technology/chinas-army-is-seen-as-tied-to-hacking-against-us.html</a><br /> On ne s'&eacute;loigne pas r&eacute;ellement du cerveau. <br /> </font></p> <p align="left">&nbsp;</p> Mon, 18 Feb 2013 23:00:00 GMT La mission Euclid http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1041 1041 <br /><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><br /> </font> <p align="center"><img width="325" height="288" alt="" src="http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2013/134/euclid.png" /></p> <p align="left"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">L'objectif de la mission sera de cartographier la taille, la luminosit&eacute; et la distribution en 3D de deux milliards de galaxies couvrant plus du tiers du ciel et remontant aux trois quarts de l'histoire de l'univers. Euclid y consacrera 6 ann&eacute;es. </font></p> <p align="left"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Entre autres objectifs, les flots de donn&eacute;es obtenues devraient permettre de mieux conna&icirc;tre les deux grandes inconnues de la cosmologie contemporaine, la mati&egrave;re noire et l'&eacute;nergie noire.. On peut se f&eacute;liciter de constater qu'&agrave; une &eacute;poque o&ugrave; l'Europe semb<font size="2">l</font>e renoncer &agrave; toute ambition, il lui reste encore un peu de punch pour poursuivre des objectifs scientifiques aussi essentiels que lointains</font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">* Consortium Euclid <a href="http://www.euclid-ec.org/">http://www.euclid-ec.org/</a></font></p> Wed, 13 Feb 2013 23:00:00 GMT Nouvelles de l'espace http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1031 1031 <br /><br /> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><strong><font color="#000099"><a name="actu2"></a>Astrium chef de file pour d&eacute;velopper les futures Arianes</font></strong><br /> Jean-Paul Baquiast 04/02/2013<br /> </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><img width="300" height="250" align="left" src="http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2013/134/arianes.jpg" alt="" />L'ESA a sign&eacute; avec Astrium un contrat de 108 millions la qualifiant comme chef de file (prime contractor) pour le d&eacute;veloppement des futures Ariane 6 et Ariane 5 ME. Ce contrat fait suite &agrave; la d&eacute;cision prise en conseil des ministres de l'ESA le 20 novembre 2012. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Il s'agit d'une tr&egrave;s bonne nouvelle. Le contrat permettra de d&eacute;finir les principales sp&eacute;cifications de ces deux mod&egrave;les, dont la mise en oeuvre devrait garantir la pr&eacute;sence d'Arianespace sur le march&eacute; pour au moins une d&eacute;cennie.</font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"> L'Ariane 6 dite PPE sera un lanceur modulaire avec une capacit&eacute; d'emport en orbite g&eacute;ostationnaire atteignant 3 &agrave; 6,5 tonnes. L'Ariane 5 ME (Midlife Evolution) pourra &ecirc;tre mise en oeuvre dans de court d&eacute;lais, afin de remplacer les actuelles Ariane 5, avec une capacit&eacute; accrue de 20%, et aux m&ecirc;mes co&ucirc;ts. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Astrium supervise un r&eacute;seau de 550 entreprises europ&eacute;ennes, dont un grand nombre de PME. Il s'agit d'un v&eacute;ritable succ&egrave;s europ&eacute;en, qui doit avouons-le mezzo voce beaucoup aux comp&eacute;tences de la France dans ce domaine</font></p> <hr /> <p><a name="actu1"></a><strong><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#000099">Qui est responsable de l'&eacute;chec? Le lanceur ou la plateforme?</font></strong><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><br /> Jean-Paul Baquiast 03/02/2013</font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><img width="300" height="250" align="left" src="http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2013/134/sea-launch.jpg" alt="" />Cette question formul&eacute;e en termes quasi policiers se pose &agrave; la suite de l'&eacute;chec d'un lanceur russe, Zenith 3SL, qui devait mettre en orbite pour le compte de Boeing un satellite Intersat-27 destin&eacute; &agrave; compl&eacute;ter une gamme destin&eacute;e &agrave; couvrir en &eacute;missions TV l'Am&eacute;rique du Nord et l'Europe. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Le lancement avait &eacute;t&eacute; pr&eacute;vu &agrave; partir d'une plate-forme flottante fournie par la soci&eacute;t&eacute; Sea Launch. Cette plate-forme, baptis&eacute;e Odyss&eacute;e, avait &eacute;t&eacute; reconvertie de l'exploration p&eacute;troli&egrave;re en mer du Nord. Sea Launch l'avait utilis&eacute;e pour 35 mission depuis 1999, dont 2 &eacute;checs. La soci&eacute;t&eacute; venait juste de sortir d'une grave crise financi&egrave;re.</font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Le lanceur a plong&eacute; dans le Pacifique peu apr&egrave;s son d&eacute;part, manquant de peu la plate-forme. Les autorit&eacute;s russes, qui ont enregistr&eacute; divers &eacute;checs ces derniers mois, ont tenu imm&eacute;diatement &agrave; souligner que le premier &eacute;tage du Z&eacute;nith avait fonctionn&eacute; normalement. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Certains observateurs imputent l'accident aux fortes vagues qui assaillaient la plate-forme au moment du d&eacute;part. L'une d'elle aurait pu d&eacute;sorient&eacute; le syst&egrave;me de navigation du lanceur. Raison de plus pour pr&eacute;f&eacute;rer les bases de lancement &agrave; terre. Vous avez dit Kourou? </font></p> <p align="left">&nbsp;</p> Sun, 03 Feb 2013 23:00:00 GMT L'Iran accède à l'espace habité http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1029 1029 <img src="http://www.europesolidaire.eu/repimg/20130131113705_monkey_space_iran_afp_lg.jpg" align="left" alt="photo" title="" border="0" /><br />Selon diverses sources dignes de foi, par exemple SpaceTravel, http://www.space-travel.com/reports/Iran_Takes_First_Step_to_Send_Man_to_Space_999.html<br /> l'iran vient de d&eacute;monter sa capacit&eacute; &agrave; remplir prochainement l'un de ses objectifs: envoyer un cosmonaute dans l'espace. Dans l'imm&eacute;diat, elle a mis en orbite puis r&eacute;cup&eacute;r&eacute; un petit singe, apparemment en bonne sant&eacute; &agrave; son retour. <br /> <br /> Des d&eacute;cennies apr&egrave;s la Russie, et alors que 3 compagnies priv&eacute;es am&eacute;ricaines envisagent de proposer des liaisons &quot;touristiques&quot; vers la station spatiale, l'exploit para&icirc;tra modeste. Il faut voir cependant qu'il est revendiqu&eacute; par un pays soumis, au moins par l'Occident, &agrave; un blocus &eacute;conomique et scientifique strict. Rappelons pour notre part qu'il existe un v&eacute;ritable g&eacute;nie dans ce pays, plus connu malheureusement par ses pendaisons et lapidations que par son ancienne culture. Il vaut mieux envoyer des hommes dans l'espace que des missiles. Mais l'un,&nbsp; diront les pessimistes,&nbsp; n&rsquo;emp&ecirc;che pas l'autre. Wed, 30 Jan 2013 23:00:00 GMT Regenesis. How synthetic biology will reinvent nature and ourselves George Church et Ed Régis http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1028 1028 <br /><p align="left"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><strong><font color="#000099"><img width="150" height="150" align="left" src="http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2013/133/churchbook.jpg" alt="" /></font></strong><br /> Pr&eacute;sentation et commentaires par Jean-Paul Baquiast 20/01/2012</font></p> <p>&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> <table width="85%" bgcolor="#C9FFB7" align="center"> <tbody> <tr> <td height="78"> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><img width="252" height="245" align="left" src="http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2013/133/churchpicture.jpg" alt="" />George Church est professeur de g&eacute;n&eacute;tique &agrave; la Harvard Medical School, Directeur de <a href="http://www.personalgenomes.org/">PersonalGenomes.org</a>, qui rassemble des personnes volontaires pour mettre en libre acc&egrave;s, &agrave; des fins de recherche, les donn&eacute;es provenant d'une analyse approfondie de leurs g&eacute;nomes. Son PhD obtenu &agrave; Harvard en 1984 comportait les premi&egrave;res m&eacute;thodes permettant de s&eacute;quencer directement les g&eacute;nomes. Il en est r&eacute;sult&eacute; une initiative visant &agrave; commercialiser le g&eacute;nome d'un pathog&egrave;ne (le <em>Helicobacter pylori</em>) en 1994 . </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Ses innovations portant sur ce que l'on nomme la seconde g&eacute;n&eacute;ration d'analyse et de synth&egrave;se des g&eacute;nomes et des cellules et tissus correspondants ont conduit &agrave; la cr&eacute;ation de 12 compagnies commerciales offrant des services dans la g&eacute;nomique m&eacute;dicale ( Knome, Alacris, AbVitro, GoodStart, Pathogenica ) et la biologie synth&eacute;tique ( LS9, Joule , Gen9, Warp Drive ). Il participe &agrave; la d&eacute;finition de politiques publiques nouvelles en mati&egrave;re de protection de la vie priv&eacute;e, bioprotection et bios&eacute;curit&eacute;.</font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Il est directeur du National Institutes of Health Center for Excellence in Genomic Science<strong> </strong><a href="http://ccv.med.harvard.edu/">http://ccv.med.harvard.edu/</a> qui &eacute;tudie les meilleures m&eacute;thodes permettant d'intervenir &agrave; des fins th&eacute;rapeutiques sur le g&eacute;nome humain</font></p> <p><strong><br /> <font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Pour en savoir plus</font></strong><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"> <br /> * Page personnelle <a href="http://arep.med.harvard.edu/gmc/">http://arep.med.harvard.edu/gmc/</a><br /> </font><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">* Wikipedia <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/George_Church">http://en.wikipedia.org/wiki/George_Church </a></font></p> </td> </tr> </tbody> </table> <p align="center">&nbsp;</p> <p align="center">&nbsp;</p> <font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Nous retrouverons dans le cadre de cet article la question tr&egrave;s importante largement abord&eacute;e dans le livre: comment commercialiser les produits de la recherche g&eacute;n&eacute;tique sans mettre en p&eacute;ril les droits des individus et plus g&eacute;n&eacute;ralement le libre acc&egrave;s aux ressources scientifiques. Disons que George Church a durant toute sa carri&egrave;re voulu &ndash; selon nous avec succ&egrave;s - concilier ces deux exigences. Si effectivement il convient de lutter contre les entreprises (et dans certains pays les gouvernements) qui voudront monopoliser le domaine de l'ing&eacute;nierie g&eacute;n&eacute;tique au service de leurs strat&eacute;gies, il convient bien plus encore de prendre conscience de la v&eacute;ritable r&eacute;volution scientifique et soci&eacute;tale qui est en cours sous ce nom, afin d'encourager les acteurs qui s'y investissent. </font> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Regenesis, le livre dont George Church est le principal auteur, constitue &agrave; cet &eacute;gard un v&eacute;ritable r&eacute;v&eacute;lateur, y compris d'ailleurs aux Etats-Unis o&ugrave; les milieux conservateurs, principalement religieux, lui opposent une vive r&eacute;sistance. En France, nous pouvons avancer sans risque que sa lecture (&agrave; supposer qu'il soit rapidement traduit) constituera une v&eacute;ritable d&eacute;couverte. M&ecirc;me &agrave; ceux qui, comme nous, pensent que deux r&eacute;volutions majeures se produisent actuellement en science, la robotique autonome et la biologie synth&eacute;tique, le livre apporte un grand nombre de r&eacute;f&eacute;rences et de sujets de r&eacute;flexion sur ce dernier sujet qui n'&eacute;taient pas disponibles avant lui, au moins sous une forme aussi synth&eacute;tique et &ndash; disons le &ndash; agr&eacute;able &agrave; lire. Sur ce dernier plan, la culture scientifique de l'auteur est consid&eacute;rable mais il sait aussi rendre attrayants les sujets les plus complexes. M&ecirc;me sans traduction, hors les passages techniques, le livre est tout &agrave; fait lisible, sans exiger une anglophonie pouss&eacute;e. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">La grande id&eacute;e qui inspire l'ouvrage est relativement simple. Elle est en voie de d&eacute;monstration dans un nombre de plus en plus grand de pays. Elle est d'ailleurs de plus en plus discut&eacute;e, sans que cela soit n&eacute;cessairement &agrave; bon escient, le cas de Monsanto dominant les d&eacute;bats. R&eacute;sumons l&agrave; en une phrase: il est d&eacute;sormais possible, non seulement d'analyser les g&egrave;nes (ADN) d'un nombre exponentiel d'esp&egrave;ces, allant du virus &agrave; l'humain, mais aussi de modifier ces g&egrave;nes afin d'obtenir de nouveaux organismes. Ce processus est devenu courant dans les laboratoires sp&eacute;cialis&eacute;s. Appliqu&eacute; aux bact&eacute;ries, il commence &agrave; produire des retomb&eacute;es int&eacute;ressantes, en termes commerciaux mais aussi de sant&eacute; publique. Des prot&eacute;ines susceptibles d'usages m&eacute;dicaux ou industriels peuvent &ecirc;tre produites, &agrave; des &eacute;chelles devenant suffisantes pour &ecirc;tre exploitables. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><img width="216" height="233" align="left" src="http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2013/133/arabidopsis.jpg" alt="" />La premi&egrave;re difficult&eacute; &agrave; r&eacute;soudre consistait &agrave; analyser l'ADN et son partenaire dans la vie cellulaire, l'ARN. Quant on sait qu'il s'agit de chaines de compos&eacute;s chimiques, les nucl&eacute;otides 1), pr&eacute;sents par milliers &agrave; l'&eacute;tat mol&eacute;culaire, c'est-&agrave;-dire &agrave; l'&eacute;chelle de l'atome, au sein d'organismes microscopiques, les cellules et m&ecirc;me les virus 2) on mesure l'exploit correspondant. Ce travail a &eacute;t&eacute; entrepris et r&eacute;ussi dans les ann&eacute;es 1980 gr&acirc;ce aux travaux sur l' <em>Arabidopsis thaliana</em>. Cette plante pr&eacute;sente un petit g&eacute;nome de cinq chromosomes, dont l'ADN a &eacute;t&eacute; enti&egrave;rement analys&eacute; en 2000. L'arabidopsis est devenue un organisme mod&egrave;le utilis&eacute; dans la communaut&eacute; scientifique pour les &eacute;tudes g&eacute;n&eacute;tiques et de biologie mol&eacute;culaire. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Depuis lors, les g&eacute;nomes d'un nombre consid&eacute;rables d'organismes ont &eacute;t&eacute; s&eacute;quenc&eacute;s, avec des m&eacute;thodes de plus en plus industrielles. Le mouvement a pris une grande importance avec la d&eacute;marche que nous avons ici comment&eacute;e dans plusieurs articles, le <em>Human Genome Project</em>. George Church s'est beaucoup impliqu&eacute; personnellement dans le d&eacute;veloppement de ce grand projet multinational. Il a pris dans ce cas des positions beaucoup plus ouvertes et moins &laquo;&nbsp;propri&eacute;taires&nbsp;&raquo; que celles d&eacute;fendues par Craig Venter. Ce dernier, au moins en France, est beaucoup plus connu que George Church, mais cela tient selon nous au bruit m&eacute;diatique que Venter sait organiser autour de lui. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Bien &eacute;videmment, mettre en &eacute;vidence et r&eacute;pertorier de grandes cat&eacute;gories de s&eacute;quences de nucl&eacute;otides ne constitue qu'un premier pas. Pour comprendre &agrave; quoi correspondent ces &eacute;l&eacute;ments, il faut les analyser un par un, ce qui repr&eacute;sente un &eacute;norme travail &ndash; m&ecirc;me si une grande partie de ces &eacute;l&eacute;ments dits<em> junk</em> ou poubelle, ne semblent plus en usage dans les organismes d'aujourd'hui. Autrement dit, il faut interpr&eacute;ter les g&eacute;nomes, montrer &agrave; quoi correspondent leurs &eacute;l&eacute;ments, notamment concernant la synth&egrave;se des prot&eacute;ines intervenant dans la reproduction et le fonctionnement, d'abord de la cellule, ensuite de l'organisme. Ceci n'avait avant les ann&eacute;es 2000 &eacute;t&eacute; entrepris qu'&agrave; tr&egrave;s petite &eacute;chelle, dans la perspective d'analyser en priorit&eacute; les anomalies g&eacute;n&eacute;tiques facilement identifiables produisant des cons&eacute;quences pathologiques. L&agrave; encore cependant l'&nbsp;&laquo;&nbsp;industrialisation&nbsp;&raquo; des d&eacute;marches permet aujourd'hui de constituer des bases de donn&eacute;es g&eacute;n&eacute;tiques recensant les &eacute;l&eacute;ments progressivement d&eacute;couverts, afin de faciliter de nouvelles recherches. Le rythme de d&eacute;veloppement serait selon les experts &eacute;gal &agrave; celui d&eacute;fini par la Loi de Moore concernant les capacit&eacute;s des semi-conducteurs &eacute;lectroniques.</font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><strong><font color="#000099">Des mutants</font></strong></font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Mais que faire de tout ceci? L&agrave; se pose la grande question, sur laquelle George Church s'&eacute;tend longuement. L'objectif a d'abord &eacute;t&eacute; de modifier l'ordre des composants de l'ADN d'un organisme, afin d'obtenir de v&eacute;ritables mutants. Cette d&eacute;marche est d&eacute;sormais entreprise &agrave; grande &eacute;chelle, concernant des bact&eacute;ries telles qu' <em>escherichia coli </em>ou autres analogues, se reproduisant facilement et peu exigeantes en nutriment. Une grande partie de ce que l'on nomme d&eacute;sormais le filon des biotechnologies consiste &agrave; produire de nouveaux compos&eacute;s ayant un valeur th&eacute;rapeutique ou &eacute;conomique &agrave; partir de telles bact&eacute;ries dont le g&eacute;nome a &eacute;t&eacute; modifi&eacute; en ce sens. La recherche s'int&eacute;resse ainsi de plus en plus aux bact&eacute;ries et microorganismes utilisant la lumi&egrave;re solaire pour synth&eacute;tiser des produits organiques &agrave; partir du CO2 et de l'eau. L'objectif est, entre autres, d'obtenir des biocarburants n'obligeant pas &agrave; mobiliser des terrains agricoles.</font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Dans un second temps, l'objectif est devenu plus ambitieux: cr&eacute;er des organismes multicellulaires complexes, dot&eacute;s d'un g&eacute;nome enti&egrave;rement construit, soit &agrave; partir d'&eacute;l&eacute;ments pr&eacute;lev&eacute;s dans des ADN biologiques et assembl&eacute;s autrement, soit &agrave; partir de composants &eacute;labor&eacute;s sur le mode de l'ADN mais provenant de la chimie organique. Le vocabulaire n'est pas encore fix&eacute; compl&egrave;tement. On parle cependant dans le premier cas de biologie artificielle et dans le second cas de biologie synth&eacute;tique. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Pour que dans tous ces cas les proc&eacute;dures propos&eacute;es puissent &ecirc;tre men&eacute;es &agrave; l'&eacute;chelle industrielle, c'est-&agrave;-dire traiter des millions ou centaines de millions de nucl&eacute;otides, il faut mettre au point des machines &eacute;conomiquement abordables et &eacute;liminant le maximum d'erreurs susceptibles de rendre les produits finaux inutilisables. Il semble &agrave; le lire que George Church ait jou&eacute; un r&ocirc;le tr&egrave;s important dans la conception et le d&eacute;veloppement de telles machines. L'industrialisation n'en est encore cependant qu'&agrave; ses d&eacute;buts, un peu comme l'&eacute;tait la machine &agrave; vapeur de James Watt au d&eacute;but de l'&egrave;re industrielle. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Mais pour quoi faire? Les objectifs peuvent &ecirc;tre tr&egrave;s divers. R&eacute;sumons les principaux:<br /> <br /> &ndash; obtenir des chim&egrave;res v&eacute;g&eacute;tales ou animales dot&eacute;es de caract&egrave;res facilitant leur adaptation &agrave; des changements de l'environnement (par exemple le changement climatique ou l'&eacute;puisement de certaines ressources) ou bien cr&eacute;er des esp&egrave;ces dot&eacute;es de caract&egrave;res nouveaux leur permettant d'aborder avec succ&egrave;s de nouveaux biotopes.</font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"> - inventer de nouvelles esp&egrave;ces totalement inconnues &agrave; ce jour, en favorisant syst&eacute;matiquement les mutations au hasard susceptibles de faire appara&icirc;tre des mutants dot&eacute;s de propri&eacute;t&eacute;s inattendues et possiblement tr&egrave;s favorables. Dans les deux cas, c'est ce qu'a r&eacute;alis&eacute; tout au long des mill&eacute;naires le ph&eacute;nom&egrave;ne darwinien de la mutation-s&eacute;lection naturelle. La biologie synth&eacute;tique vise &agrave; obtenir ces r&eacute;sultats dans des d&eacute;lais infiniment plus courts et le cas &eacute;ch&eacute;ant &agrave; plus grande &eacute;chelle.<br /> </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"> <img width="267" height="189" align="left" src="http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2013/133/mammouth.jpg" alt="" />- redonner vie &agrave; des esp&egrave;ces disparues dont une partie de l'ADN a pu &ecirc;tre r&eacute;cup&eacute;r&eacute;e. Le mammouth laineux de Sib&eacute;rie suscite beaucoup d'espoir. On a parl&eacute; aussi de ressusciter le n&eacute;anderthal. George Church lui-m&ecirc;me, intentionnellement ou non, a cr&eacute;&eacute; ces derniers jours un malentendu. Certains m&eacute;dia avait laiss&eacute; entendre qu'il cherchait une <em>homo sapiens </em>aventureuse pour porter l'embryon d'un homo aussi proche que possible d'un n&eacute;anderthalien. L'objectif n'est sans doute pas hors de port&eacute;e, mais pour le moment il est loin d'&ecirc;tre envisageable. Church n'avais jamais rien pr&eacute;tendu de tel.</font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">- modifier enfin, de fa&ccedil;on plus ou moins &eacute;tendue, le g&eacute;nome reproductif de ce que l'on nomme encore l'esp&egrave;ce humaine. Ceci se fait d&eacute;j&agrave; &agrave; petite &eacute;chelle, lorsque par exemple les humains s&eacute;lectionnent leurs conjoints &agrave; partir de certains traits g&eacute;n&eacute;tiquement d&eacute;termin&eacute;s, ou lorsque l'examen pr&eacute;-implantatoire des embryons vise &agrave; &eacute;liminer ceux dot&eacute;s de g&egrave;nes transmissibles porteurs de maladies h&eacute;r&eacute;ditaires. La m&eacute;decine, notamment aux Etats-Unis, recommande par ailleurs d'&nbsp;&laquo;&nbsp;humaniser&nbsp;&raquo; des g&egrave;nes de rats ou souris afin de les rendre utilisables sans rejets dans des greffes th&eacute;rapeutiques chez l'homme. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Mais a priori rien n'interdit d'aller plus loin et de construire artificiellement des parties de g&eacute;nomes ou g&eacute;nomes humains porteurs de caract&egrave;res que pour des raisons diverses, leurs g&eacute;niteurs, ou la soci&eacute;t&eacute;, voudraient voir se r&eacute;pandre. Le premier objectif pourrait &ecirc;tre d'allonger la dur&eacute;e de la vie.Ces modifications s'accumulant pourraient donner naissance &agrave; des individus tr&egrave;s diff&eacute;rents physiquement et neurologiquement des hommes actuels. On parlera de &laquo;&nbsp;trans-humains&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;post-humains&nbsp;&raquo;. Rien n'obligera cependant &agrave; ce qu'ils soient con&ccedil;us comme incapables de se reproduire avec les hommes actuels, ce qui marquerait en effet alors l'apparition d'une nouvelle esp&egrave;ce. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">George Church fait preuve d'un certain courage en affichant publiquement que pour lui, de telles actions, visant &agrave; modifier et si possible am&eacute;liorer l'esp&egrave;ce humaine, devront &ecirc;tre entreprises d&egrave;s qu'elles seront envisageables sans dommages collat&eacute;raux. Tout &eacute;videmment ne sera pas possible par la voie g&eacute;n&eacute;tique. Il faudra aussi modifier l'environnement social et culturels des ph&eacute;notypes et g&eacute;notypes, compte tenu des contraintes de mieux en mieux &eacute;tudi&eacute;es aujourd'hui impos&eacute;es par l'&eacute;pig&eacute;n&eacute;tique, c'est-&agrave;-dire l'interaction des sujets avec leur milieu. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">A cet &eacute;gard le d&eacute;veloppement concomitant, dans le cadre de la r&eacute;volution scientifique en cours, de la robotique autonome fera appara&icirc;tre des syst&egrave;mes artificiels plus ou moins proches de l'humain. Ceux-ci pourront entrer en symbiose avec les humains g&eacute;n&eacute;tiquement modif&eacute;s, au sein de syst&egrave;mes que nous avons qualifi&eacute; d'anthropotechniques. Robotique autonome et biologie synth&eacute;tique apparaissent ainsi comme les deux volets qui, bien utilis&eacute;es, pourraient assurer la survie de nos civilisations dans le monde de demain &ndash; y compris &eacute;ventuellement sur d'autres plan&egrave;tes. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#000099"><strong>L'iGEM</strong></font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Nous partageons pour notre part l'optimisme et le d&eacute;sir de d&eacute;couverte qui anime George Church. C'est une des raisons pour laquelle nous recommandons vivement la lecture et la discussion de son livre. Mais il est bien d'autres raisons de s'en inspirer, notamment parce qu'il fournit un grand nombre de pr&eacute;cisions techniques que pourront utiliser les chercheurs et les entreprises visant de ce point de vue &agrave; d&eacute;velopper les m&eacute;thodes encore un peu artisanales de l'ing&eacute;nierie g&eacute;n&eacute;tique. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Dans ce domaine, comme nous l'indiquons dans un article pr&eacute;sentant un projet europ&eacute;en visant &agrave; utiliser l'ADN de synth&egrave;se comme une m&eacute;moire de masse bien plus efficace que les composants &eacute;lectroniques (<a href="http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2013/133/adn.htm">http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2013/133/adn.htm</a>), le syst&egrave;me scientifico-&eacute;conomique am&eacute;ricain a fait merveille. Provenant notamment du MIT, dont George Church est issu, un v&eacute;ritable milieu &eacute;cologique darwinien d'entreprises associant des chercheurs et des industriels a vu le jour. Les &eacute;checs sont nombreux, mais l'ensemble continue &agrave; prosp&eacute;rer. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Une v&eacute;ritable r&eacute;volution culturelle se dessine ainsi, associant chercheurs, promoteurs de produits nouveaux, &eacute;tudiants et m&ecirc;me coll&eacute;giens. Les Europ&eacute;ens s'efforcent cependant d'entrer dans la bataille. R&eacute;guli&egrave;rement, des publications annoncent des d&eacute;veloppements prometteurs. Si les Etats europ&eacute;ens &agrave; la recherche de croissance s'y int&eacute;ressaient vraiment, ils trouveraient l&agrave; des occasions nouvelles pour cr&eacute;er des comp&eacute;tences et finalement de l'emploi en Europe m&ecirc;me.</font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">D'ores et d&eacute;j&agrave; existent aux Etats-Unis depuis plusieurs ann&eacute;es des concours inter-universitaires et inter-entreprises visant &agrave; s&eacute;lectionner et financer des projets innovants dans le domaine de la biologie artificielle et synth&eacute;tique. Le plus important et le plus couru est dit iGEM, pour <em>Intercollegiate genetically engineered machines,</em> inaugur&eacute; en 2004 3). De nombreux &eacute;tablissements d'enseignement y pr&eacute;sentent des projets. George Church signale que le gagnant d'un des dernier challenges &eacute;tait une &eacute;quipe provenant de la Slov&eacute;nie. La liste qu'il donne des nombreux sujets abord&eacute;s, que l'on retrouvera &agrave; partir du site web de l'iGEN, est impressionnante. M&ecirc;me si tous les projets entrepris n'aboutissent pas, la d&eacute;marche montre que cette discipline est dor&eacute;navant du domaine des r&eacute;alit&eacute;s dont les d&eacute;cideurs devront tenir compte. Les participants s'accordent sur la n&eacute;cessit&eacute; de contr&ocirc;ler la diss&eacute;mination des nouveaux organismes pouvant r&eacute;sulter de leurs travaux. Mais les critiques de cette d&eacute;marche pensent que ce contr&ocirc;le sera de fait impossible. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Il serait facile de terminer cette pr&eacute;sentation trop courte d'un ouvrage remarquable par des consid&eacute;rations politico-philosophiques oiseuses sur les risques plus globaux que courront nos soci&eacute;t&eacute;s en s'engageant dans les directions d&eacute;crites. Ces risques en tous cas ne sont pas plus grands que tous ceux d&eacute;coulant des progr&egrave;s technologiques et scientifiques en g&eacute;n&eacute;ral. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Disons qu'en mati&egrave;re de biologie synth&eacute;tique comme en d'autres domaines sensibles, pour &eacute;viter les abus pouvant provenir d'entreprises capitalistes &agrave; la recherche de profits faciles, ou &agrave; l'oppos&eacute; d'une monopolisation des recherches par des agences finan&ccedil;ant la d&eacute;fense, en dehors de tout contr&ocirc;le d&eacute;mocratique, la vigilance citoyenne s'impose, guid&eacute; par le sens de l'int&eacute;r&ecirc;t collectif et la d&eacute;finition d'un cadre l&eacute;gislatif minimum. Mais la vigilance repose en premier lieu sur une bonne information, d'o&ugrave; l'int&eacute;r&ecirc;t de ce livre. </font></p> <p align="left"><br /> </p> <p align="left"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><strong>Notes<br /> </strong></font><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">1) Nucl&eacute;otides. Wikipedia <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Nucl%C3%A9otide">http://fr.wikipedia.org/wiki/Nucl%C3%A9otide</a><br /> 2) Le virus ne poss&egrave;de qu'un seul type d'acide nucl&eacute;ique (ADN ou ARN). Il ne peut se r&eacute;pliquer qu'en p&eacute;n&eacute;trant dans une cellule<br /> 3) iGEN <a href="http://openwetware.org/wiki/IGEM">http://openwetware.org/wiki/IGEM</a><strong><br /> </strong></font></p> <p align="left"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><strong>Voir aussi :</strong><br /> * Regenesis. Le premier livre encod&eacute; en ADN. Article du Time <a href="http://newsfeed.time.com/2012/08/20/the-first-book-to-be-encoded-in-dna/">http://newsfeed.time.com/2012/08/20/the-first-book-to-be-encoded-in-dna/</a><br /> * Franck Delaplace: un point de vue sur la biologie synth&eacute;tique. Franck Delaplace est directeur adjoint du laboratoire IBISC (Universit&eacute; d'Evry / ENSIIE / Genopole). <a href="http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/audio-franck-delaplace-la-biologie-synthetique-30829.php">http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/audio-franck-delaplace-la-biologie-synthetique-30829.php</a></font></p> <p align="left"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><br /> </font></p> Tue, 29 Jan 2013 23:00:00 GMT Dubaï versus Phobos Surveyor. Le scandale http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1024 1024 <br /><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><br /> La constatation para&icirc;t d&eacute;sormais banale et n'&eacute;meut personne. Quelques images devraient cependant raviver l'indignation et les r&eacute;sistances contre un tel scandale. Pour ce qui nous concerne, puisque nous nous int&eacute;ressons au r&ocirc;le que la science pourrait jouer afin d' am&eacute;liorer l'ad&eacute;quation entre les besoins et les ressources, &eacute;voquons ici un exemple que tout le monde pourrait comprendre. </font></p> <p align="center"><img width="298" height="169" alt="" src="http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2013/133/palmisland.jpg" /></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">D'un c&ocirc;t&eacute;, nous avons les centaines de milliards d&eacute;pens&eacute;s, &agrave; partir du p&eacute;trole extrait &agrave; Duba&iuml;, pour construire dans cette ville-Etat des gratte-ciels les plus hauts du monde et des ports artificiels suppos&eacute;s attirer les riches plaisanciers du monde entier. L'opinion commence &agrave; se repr&eacute;senter les moyens consid&eacute;rables, mobilisant les meilleurs technologies mondiales, consacr&eacute;s &agrave; de telles entreprises. Elles ne serviront strictement &agrave; rien, puisqu'elles n'attirent que des activit&eacute;s &eacute;conomiques ou touristiques sp&eacute;culatives et sans bases arri&egrave;res.<br /> <br /> A supposer que ces investissements r&eacute;sistent aux assauts du vent et de la corrosion, ils ne r&eacute;sisteront pas &agrave; la chute in&eacute;luctable des revenus qui les ont financ&eacute;s. On peut imaginer le spectacle qu'offriront dans quelques d&eacute;cennies les vaniteuses constructions dont aujourd'hui, communication oblige, cherche &agrave; s'enorgueillir Duba&iuml;. Ajoutons qu'elles ne sont en rien &agrave; la gloire des Arabes, mais seulement &agrave; celle des Occidentaux auxquels les id&eacute;ologues islamistes pr&eacute;tendent faire la guerre en finan&ccedil;ant les mouvements djihadistes de par le monde. </font></p> <p><img width="600" height="301" alt="" src="http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2013/133/phobos.jpg" /></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">D'un autre c&ocirc;t&eacute;, nous avons un projet d'exploration des plan&egrave;tes du syst&egrave;me solaire qui utiliserait dans un premier temps des robots intelligents. En l'esp&egrave;ce, il s'agit de Phobos, une des Lunes de Mars. Le projet, nomm&eacute; Phobos Surveyor, est &eacute;tudi&eacute; par des chercheurs am&eacute;ricains dans le cadre de la Nasa. Les Europ&eacute;ens et les Russes pourraient s'y associer. Il pourrait servir de pr&eacute;curseur &agrave; l'exploration humaine de Mars et ouvrir ainsi &agrave; l'humanit&eacute; d'innombrables perspectives. Dans l'imm&eacute;diat, il comporterait de nombreuses retomb&eacute;es utiles, en terme de d&eacute;veloppement scientifique et &eacute;conomique. Son co&ucirc;t serait infime, compar&eacute; non seulement aux trillions engloutis dans les constructions de Duba&iuml; et de l'Arabie saoudite, mais au budget militaire am&eacute;ricain. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Cependant, ce projet ne se fera pas, car, du moins en Occident, il n'int&eacute;ressera pas les oligarchies qui d&eacute;cident de notre sort. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">L&agrave; est le scandale. Petit scandale au regard d'autres plus grands, mais significatif. D'o&ugrave; cet article. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">* Le projet Phobos Surveyor <a href="http://news.stanford.edu/news/2012/december/rover-mars-phobos-122812.html">http://news.stanford.edu/news/2012/december/rover-mars-phobos-122812.html</a></font></p> <p align="left"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><a href="http://www.mediapart.fr/journal/international/170113/verhofstadt-il-faut-une-europe-de-la-defense"><br /> </a></font> </p> </font> Fri, 25 Jan 2013 23:00:00 GMT Une suggestion pour les quasi incapables qui nous gouvernent http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1013 1013 <br /><p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial" style="font-size: 16pt">&nbsp;Ni &agrave; gauche ni &agrave; droite ne furent faites les propositions constructives qui cependant &eacute;taient possibles. Fran&ccedil;ois Hollande a comme les autres brill&eacute; par la banalit&eacute; attendue de ses propos, d&eacute;courageant tous ceux qui avaient vot&eacute; pour lui en esp&eacute;rant (quelle na&iuml;vet&eacute;) voir remise en cause, au moins en France, la domination mondiale des oligarchies. </font> </p> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial" style="font-size: 16pt">&laquo;&nbsp;Mais quelles propositions constructives avez vous en t&ecirc;te?&nbsp;&raquo; diront ceux qui nous traiteront de pr&eacute;somptueux ou de r&ecirc;veurs? Tr&egrave;s simplement ceci. L'Europe compte des dizaines voire des centaines de milliers de chercheurs, ing&eacute;nieurs, &eacute;tudiants capables d'initialiser en moins de 10 ans toutes les technologies nouvelles dont l'humanit&eacute; a besoin. Il lui suffirait de se donner les moyens mat&eacute;riels (salaires, laboratoires) permettant de les recruter ou les faire travailler pour que des croissances saines en d&eacute;coulent, brevets, emplois, exportations. </font> </p> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial" style="font-size: 16pt">Ceci repr&eacute;senterait au total un budget ridicule de quelques cent milliards par an, qui prendraient la forme d'avances de la banque centrale europ&eacute;enne remboursables &agrave; terme en cas de succ&egrave;s. </font> </p> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial" style="font-size: 16pt">Chaque Etat europ&eacute;en pourrait en avoir sa part, au prorata de sa population. Chacun s'organiserait au mieux, soit seul soit en coop&eacute;ration avec les autres, pour que ces avances se transforment en cr&eacute;dits de recherche et de d&eacute;veloppement, puis en industries et en biens r&eacute;pondant aux besoins qui auraient &eacute;t&eacute; recens&eacute;s. </font> </p> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial" style="font-size: 16pt">De plus, cerise sur le g&acirc;teau, d&egrave;s le d&eacute;but, les sommes vers&eacute;es en salaires et d&eacute;penses de fonctionnement alimenteraient les &eacute;conomies, sans provoquer le moindre risque d'inflation.</font></p> <p style="margin-bottom: 0cm;"><font size="2" face="Arial" style="font-size: 16pt;">Les citoyens comprendraient alors qu'au lieu d'avoir des repr&eacute;sentants politiques et des gouvernements routiniers, sinon profiteurs, mais en tous cas incomp&eacute;tents, ils auraient mis un peu de mati&egrave;re grise et d'imagination &agrave; leur t&ecirc;te. <br /> </font></p> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial" style="font-size: 16pt">Que les lecteurs bien intentionn&eacute;s ne remarquent pas que ce qui est sugg&eacute;r&eacute; ici n'est pas r&eacute;alisable, du fait des trait&eacute;s europ&eacute;ens et du statut de la BCE en vigueur. Nous voudrions pr&eacute;cis&eacute;ment que la prise de conscience de la n&eacute;cessit&eacute; d'une telle modification s'impose, pour rendre possibles les actions salvatrices du type de celles sugg&eacute;r&eacute;es ici. <br /> </font> </p> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial" style="font-size: 16pt">N'importe quel personne connaissant un peu d'&eacute;conomie et de sciences approuverait notre proposition, s'ils en avaient connaissance. Pourquoi alors ne vient-elle pas aux esprits? Sans doute parce que les soci&eacute;t&eacute;s europ&eacute;ennes sont d&eacute;j&agrave; victimes d'une attirance morbide pour leur propre disparition. </font> </p> <p style="margin-bottom: 0cm"><br /> </p> <p style="margin-bottom: 0cm"><br /> </p> Sun, 30 Dec 2012 23:00:00 GMT Le monde des Drones et de la surveillance http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1011 1011 <br /><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif" /><br /> Ce terme a l'int&eacute;r&ecirc;t de montrer que les chercheurs individuels travaillant dans ces structures sont progressivement poss&eacute;d&eacute;s (ou si l'on pr&eacute;f&egrave;re &laquo;&nbsp;d&eacute;personnalis&eacute;s) par la fr&eacute;quentation quotidienne des concepts, proc&eacute;dures et instruments exp&eacute;rimentaux associ&eacute;s aux sciences qu'ils sont appel&eacute;s &agrave; mettre en oeuvre, au service des organismes et des pouvoirs qui les emploient.<br /> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"> La constatation n'est pas nouvelle et ne doit pas entra&icirc;ner de condamnation particuli&egrave;re, sauf abus. Cela fait longtemps que les soci&eacute;t&eacute;s &agrave; forte composante scientifique admettent que des chercheurs, hommes et femmes, s'investissent &agrave; l'extr&ecirc;me dans les probl&eacute;matiques de leurs disciplines. Ainsi l'opinion tol&egrave;re que des math&eacute;maticien(ne)s ou astronomes passionn&eacute;(e)s ne soit pas tout &agrave; fait des citoyen(ne)s comme les autres. Leur discipline les rend d'une certaine fa&ccedil;on inaptes &agrave; la vie quotidienne. Conjoints, enfants et voisins le comprennent et le pardonnent. <br /> <br /> Le d&eacute;veloppement de plus en plus grand des recherches visant des applications soit militaires soit ayant un impact g&eacute;opolitique important, ne permet plus cependant de consid&eacute;rer que les scientifiques participant &agrave; ces recherches puissent se dire &eacute;trangers aux cons&eacute;quences qu'elles entra&icirc;nent et aux d&eacute;bats &eacute;thiques et moraux qu'elles devraient susciter. C'est pour marquer cette implication que nous sugg&eacute;rons le terme de syst&egrave;mes anthroposcientifiques. <br /> <br /> Le pr&eacute;fixe<em> anthropos </em>a l'int&eacute;r&ecirc;t de rappeler que de tels syst&egrave;mes ne peuvent se parer d'une pr&eacute;tendue objectivit&eacute; et impartialit&eacute; de la science pour &eacute;chapper &agrave; tout questionnement et critique. Ils sont n&eacute;cessairement conditionn&eacute;s par les int&eacute;r&ecirc;ts humains qui les soutiennent. A l'inverse, les <em>anthropos</em> ne peuvent se pr&eacute;tendre ind&eacute;pendants des conditionnements et int&eacute;r&ecirc;ts que g&eacute;n&egrave;rent les technologies et les sciences dont ils assurent le d&eacute;veloppement par la recherche et dont ils deviennent de fait les porte-paroles. Une approche globale s'impose donc pour &eacute;viter na&iuml;vet&eacute;s et malentendus. <br /> <br /> Nous aurons l'occasion d'&eacute;tudier, au del&agrave; de l'avion de combat F35 &eacute;voqu&eacute; par le pr&eacute;c&eacute;dent article, d'autres exemples de syst&egrave;mes anthroposcientifiques, int&eacute;ressant un certain nombre de secteurs de la science, th&eacute;orique ou appliqu&eacute;e. Mais pour rester aujourd'hui dans le domaine de l'a&eacute;ronautique et de ses implications anthroposcientifiques, l'actualit&eacute; oblige &agrave; prendre en consid&eacute;ration la question de ce que beaucoup d'observateurs qualifient aujourd'hui de &laquo;&nbsp;monde des drones&nbsp;&raquo;. <br /> <br /> Les drones ne sont pas seulement des produits de la technique a&eacute;ronautique. Ils sont aussi, en ce qui concerne leurs &quot;cerveaux artificiels&quot; et les t&eacute;l&eacute;communications qu'ils peuvent potentiellement entretenir avec l'ensemble des utilisateurs de l'Internet, des produits de la science la plus avanc&eacute;e, celle des syst&egrave;mes autonomes dits de s&eacute;curit&eacute; et de contr&ocirc;le dont Alain Cardon d&eacute;crit, notamment sur ce site, la progression sociale acc&eacute;l&eacute;r&eacute;es. <br /> <br /> Pour s'en rendre compte, les sources ne manquent pas. Citons un article r&eacute;cent de notre confr&egrave;re Philippe Grasset: &laquo;&nbsp;<a href="http://www.dedefensa.org/article-le_meilleur_des_mondes_des_drones_21_12_2012.html%20">Le meilleur des mondes des drones</a>&nbsp;&raquo;, lequel l'auteur relaie d'autres chroniques provenant notamment de Russia-Today ((RT) ou de simples vid&eacute;os publi&eacute;es par des anonymes sur You Tube. Les termes employ&eacute;s par Philippe Grasset confirment tout &agrave; fait notre diagnostic: <em><font color="#990000">&laquo;&nbsp;Les drones, constituent une folie en expansion acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e, ou bien une &eacute;pid&eacute;mie du type de la peste noire du XIV&egrave;me si&egrave;cle, quelque chose qui est d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; totalement hors du contr&ocirc;le des sapiens.... Le monstre est venu au monde, il n&rsquo;y a plus qu&rsquo;&agrave; observer sa prolif&eacute;ration sans frein. ...&nbsp;Dans une premi&egrave;re d&eacute;p&ecirc;che, RT d&eacute;crit la situation angoissante de l&rsquo;US Air Force prise dans l&rsquo;engorgement extraordinaire r&eacute;sultant de l&rsquo;amoncellement sans cesse renforc&eacute; de films vid&eacute;o r&eacute;alis&eacute;s par sa flotte de drones de surveillance dans le monde. Ainsi les drones de l&rsquo;USAF ont ramen&eacute; en 2011 68 fois plus de kilom&egrave;tres-vid&eacute;o qu&rsquo;en 2002, ce qui repr&eacute;senterait 327.384 heures de visionnage&nbsp;<a href="http://rt.com/usa/news/air-force-drone-espn-505/%20">http://rt.com/usa/news/air-force-drone-espn-505/ </a>&raquo; . </font></em></font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Rappelons que ce travail de visionnage serait indispensable si l'on voulait &eacute;viter que les frappes de drones, dont Obama s'est fait une sp&eacute;cialit&eacute;, ne multiplient les dommages collat&eacute;raux. Il sera encore plus indispensable lorsque les drones am&eacute;ricains espionneront &agrave; tout va la population am&eacute;ricaine elle-m&ecirc;me, pour y d&eacute;tecter des comportements non patriotiques ou illicites.<br /> <br /> <font color="#000099"><strong>L'interpr&eacute;tation &quot;automatique&quot;</strong></font></font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Or on retrouve l&agrave; le m&ecirc;me probl&egrave;me de l'engorgement r&eacute;sultant d&eacute;j&agrave; de la mise en m&eacute;moire devenue syst&eacute;matique, dans les centres serveurs de l'<em>US National Security Agency</em>, de tout ce qui se publie de par le monde sous forme num&eacute;rique, textes, conversations et images, Nous avions &agrave; l'&eacute;poque signal&eacute; que si des enqu&ecirc;teurs humains ne peuvent pas tirer grand parti de ces enregistrements bruts, ce ne sera pas le cas des logiciels de plus en plus intelligents qui pourront les analyser &agrave; haute fr&eacute;quence en fonction des buts de recherche qui leur seront assign&eacute;s. <br /> <br /> Alain Cardon pour sa part a mis en garde contre l'apparition d'agents logiciels de plus en plus autonomes qui fourniront tous azimuts des analyses &eacute;ventuellement calomnieuses transformant les anciennes soci&eacute;t&eacute;s d&eacute;mocratiques qu'&eacute;taient les n&ocirc;tres en v&eacute;ritables pi&egrave;ges pour tous ceux qui s'exprimeront par la voie &eacute;lectronique. Ce seront dans un premier temps des programmeurs et sp&eacute;cialistes syst&egrave;mes humains qui prototyperont de tels logiciels, au sein des syst&egrave;mes anthroposcientifiques associ&eacute;s au monde du virtuel, mais tr&egrave;s vite, lesdits logiciels &eacute;chapperont &agrave; leurs cr&eacute;ateurs &ndash; comme d'ailleurs &agrave; toutes les mesures de contr&ocirc;le provenant d'&eacute;ventuelles l&eacute;gislations &laquo;&nbsp;Informatique et Libert&eacute;s&nbsp;&raquo;. <br /> <br /> Or avec les drones, la m&ecirc;me contamination de la soci&eacute;t&eacute; civile se produira. N'importe quel bricoleur un peu averti pourra mettre en circulation de minis-drones capables d'espionner tout leur voisinage, mais aussi de porter et d'utiliser ces armes l&eacute;tales dont les Am&eacute;ricains ne se s&eacute;pareront jamais, m&ecirc;me apr&egrave;s la fusillade de Newtown et celles qui suivront. <br /> <br /> Philippe Grasset en tire une conclusion radicale:<em> <font color="#990000">&laquo;&nbsp;Cela signifie que ce d&eacute;veloppement du &ldquo;monde des drones&rdquo;, ne r&eacute;sulte pas d'un plan conqu&eacute;rant, logique et conceptualis&eacute;. Il marque l'explosion dans toutes les directions, sans aucune mesure, d'un ph&eacute;nom&egrave;ne litt&eacute;ralement fou de puissance. Ceci va cr&eacute;er un d&eacute;sordre extraordinaire. A notre sens, toutes les possibilit&eacute;s sont ouvertes, aucune ne pourra &ecirc;tre interdite, ni m&ecirc;me, bien entendu contr&ocirc;l&eacute;e&hellip; Il serait faux de dire que nous sommes prisonniers des drones, et plus juste d&rsquo;observer que les drones constituent d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; un univers qui n&rsquo;a plus aucun lien vital avec le n&ocirc;tre &raquo; </font></em><br /> <br /> <em><font color="#990000">&laquo;&nbsp;Il para&icirc;t compl&egrave;tement illusoire de voir &ldquo;le monde des drones&rdquo;, comme un nouveau moyen d&rsquo;oppression provenant des pouvoirs &eacute;tatiques, ou l'inverse avec beaucoup moins de probabilit&eacute;s, comme un moyen de r&eacute;volte ou d'ill&eacute;galit&eacute;. Le drone est devenu la plus accomplie des cr&eacute;atures technoscientifiques qui se soit lib&eacute;r&eacute;e du contr&ocirc;le humain. Le &ldquo;monde des drones&rdquo; est un domaine op&eacute;rationnel o&ugrave; le syst&egrave;me du technologisme peut envisager avec une jouissance extr&ecirc;me de se d&eacute;cha&icirc;ner absolument, sans aucune contrainte, sans aucune mesure, sans aucune borne, &ndash; en v&eacute;rit&eacute;, sans aucun but - ceci jusqu'&agrave; son effondrement final, in&eacute;vitable dans ces conditions&nbsp;&raquo;. </font></em><br /> <br /> Or, pour en revenir &agrave; notre propos, m&ecirc;me si l'on ne partage pas le radicalisme et a fortiori le pessimisme profond de cette analyse, il reste que ce seront des scientifiques et technoscientifiques associ&eacute;s aux d&eacute;veloppements non seulement du monde des drones mais de l'ensemble des applications logicielles de surveillance et de contr&ocirc;le en d&eacute;coulant, qui devront et doivent d&eacute;sormais en assumer la paternit&eacute; scientifique. C'est ce que voudrait exprimer notre concept de syst&egrave;me anthroposcientifique. </font></p> <p>&nbsp; </p> Sat, 22 Dec 2012 23:00:00 GMT L'avenir de l'Europe dans l'espace (enfin) confirmé http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1001 1001 <br /><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><strong> <font color="#000099" /></strong></font>&nbsp; <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><img width="381" height="279" src="http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2012/131/ariane6.jpg" alt="" /></font></p> <p align="center"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><em>La future Ariane 6</em></font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Une premi&egrave;re &eacute;cole opposait le groupe dit des &laquo;&nbsp;fran&ccedil;ais&nbsp;&raquo; et celui dit des &laquo;&nbsp;allemands&nbsp;&raquo;. Les premiers recommandaient l'adoption d'un lanceur aux performances plus r&eacute;duites, mais aux co&ucirc;ts mieux adapt&eacute;s aux r&eacute;ductions budg&eacute;taires &agrave; pr&eacute;voir. Il s'agit d'une Ariane dite 6. Le second groupe recommandait au contraire la poursuite de la s&eacute;rie Ariane 5 actuelle, avec quelques am&eacute;liorations lui permettant d'attendre une v&eacute;ritable nouvelle g&eacute;n&eacute;ration vers la fin de la d&eacute;cennie. Il s'agit de l'Ariane 5 ME (mid-life Evolution) . <br /> <br /> Finalement, lors de la r&eacute;union pl&eacute;ni&egrave;re des 20 et 21 novembre des membres de l'Esa &agrave; Naples, sous pr&eacute;sidence de la Suisse et du Luxembourg, les deux solutions ont &eacute;t&eacute; conjointement approuv&eacute;es. Une Ariane 5 ME devrait voir le jour vers 2017 et une Ariane 6 vers 2020. Les Europ&eacute;ens pensent ainsi pouvoir faire face &agrave; l'ensemble des contraintes qui s'imposeront &agrave; leurs lanceurs dans les prochaines ann&eacute;es (sans omettre le petit lanceur V&eacute;ga). Nous ne pouvons pour notre part que nous f&eacute;liciter de cette ambition en mati&egrave;re de lanceurs, que les nations europ&eacute;ennes peuvent tout &agrave; fait satisfaire, si elles en ont la volont&eacute; politique.</font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Par ailleurs un programme d'action de 10 milliards d'euros pour les prochaines ann&eacute;es a &eacute;t&eacute; vot&eacute;. L'Allemagne en devient le plus important contributeur. Le chef de la d&eacute;l&eacute;gation allemande, Johann-Dietrich Worner, pr&eacute;sident du German Aerospace Center (Deutsches Zentrum fur Luft- und Raumfahrt, DLR) a fait part de sa satisfaction. Malgr&eacute; des conditions &eacute;conomiques difficiles, l'Europe montre ainsi, selon lui, que l'ESA entend rester leader des activit&eacute;s europ&eacute;ennes dans l'espace. Le programme europ&eacute;en, outre les lanceurs, comporte la poursuite de la participation &agrave; l'ISS et le d&eacute;veloppement d'un module de service pour le futur module spatial (multi-purpose crew vehicule) am&eacute;ricain Orion. <br /> <br /> Nos lecteurs connaissent notre point de vue, qui refl&egrave;te celui de plusieurs de nos correspondants en mati&egrave;re d'espace. L'Europe pourrait faire beaucoup plus, tant en mati&egrave;re de missions scientifiques que d'exploration plan&eacute;taire. Elle vient ainsi de renoncer d'une fa&ccedil;on regrettable &agrave; d&eacute;velopper une mission sur la face cach&eacute;e de la Lune. Quant &agrave; l'exploration de Mars, les d&eacute;lais s'accumulent. <br /> <br /> Ceci n'emp&ecirc;che pas que l'Europe conserve toutes ses chances, face notamment &agrave; la Chine, &agrave; la Russie et au secteur priv&eacute; am&eacute;ricain. On notera avec un peu d'ironie &agrave; ce sujet que si le nomm&eacute; Elon Musk, n&eacute; le 28 juin 1971 en Afrique du Sud, co-fondateur de Paypal, SpaceX et Tesla Motors, s'&eacute;tait avanc&eacute; ces derni&egrave;res semaines jusqu'&agrave; pr&eacute;dire l'&eacute;chec commercial des lanceurs Ariane, diff&eacute;rents ennuis techniques survenus &agrave; son engin Falcon X, en contrat avec la Nasa pour des vols en orbite terrestre, l'ont oblig&eacute; &agrave; retarder ses engagements. Ce sont des choses qui arrivent quand on fait une course &eacute;chevel&eacute;e aux contrats. Avis aux futurs cosmonautes transport&eacute;s par lui. </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><strong>R&eacute;f&eacute;rences</strong><br /> * CR de la r&eacute;union de Naples <a href="http://www.esa.int/esaCP/SEMMRH91M9H_index_0.html">http://www.esa.int/esaCP/SEMMRH91M9H_index_0.html</a><br /> * Ariane 6 <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ariane_6">http://fr.wikipedia.org/wiki/Ariane_6</a><br /> * Orion <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Orion_%28spacecraft%29">http://en.wikipedia.org/wiki/Orion_%28spacecraft%29</a>. </font></p> <p align="left">&nbsp;</p> Wed, 28 Nov 2012 23:00:00 GMT Le «&#160;surge&#160;» américain dans le spatial militaire http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=984 984 <br /><p style="margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2"><br /> <font size="2" face="Arial">La r&eacute;duction des budgets militaires que subiront, malgr&eacute; leurs r&eacute;sistances, les forces arm&eacute;es am&eacute;ricaines, a pu laisser craindre que les moyens d&eacute;di&eacute;s &agrave; l'espace militaire, sous ses diff&eacute;rentes formes, soient amput&eacute;s au moins marginalement, ce qui r&eacute;duirait d'autant la comp&eacute;titivit&eacute; des Etats-Unis, au regard notamment de la Chine. L'espoir renait cependant chez les experts, sous la forme d'une nouvelle strat&eacute;gie qui vient d'&ecirc;tre expos&eacute;e par le Gal William L Shelton, chef de l'<font color="#000000"><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal">Air Force Space Command , devant le National Space Symposium. </span></span></font></font> </p> <p style="margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2"><font size="2" face="Arial" color="#000000"><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal">Il s'agira de remplacer des satellites </span></span></font><font size="2" face="Arial">classiques lourds et couteux, en nombre toujours insuffisant, par des flottilles de petits satellites beaucoup plus nombreux et diversifi&eacute;s, pouvant faire face &agrave; de nombreuses nouvelles missions diff&eacute;rentes. Ces satellites pourraient alors profiter de lancements civils, provenant de la Nasa ou d'entreprises spatiales priv&eacute;es, afin de ne pas avoir &agrave; supporter la totalit&eacute; du co&ucirc;t de la mise en orbite. <br /> <br /> Nous pensons pour notre part qu'ils disposeront par ailleurs, comme dans d'autres domaines les essaims de robots, de moyens d'intelligence artificielle &eacute;volu&eacute;s, leur permettant de communiquer entre eux de fa&ccedil;on autonome, en cas de besoin. Ils pourront aussi se relier &agrave; des syst&egrave;mes militaires terrestres ou a&eacute;riens, &eacute;ventuellement sans &eacute;quipages (drones), pour mener des op&eacute;rations combin&eacute;es d'observation et d'attaque. <br /> </font> </p> <p style="margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2"><font size="2" face="Arial">Cette nouvelle strat&eacute;gie a &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent&eacute;e par ses concepteurs comme la plus importante de celles ayant suivi dans les ann&eacute;es 60 le d&eacute;ploiements des premiers satellites militaires. On y verra aussi une militarisation consid&eacute;rablement accrue de l'espace pour le profit des forces arm&eacute;es et de s&eacute;curit&eacute; des Etats-Unis. L'Europe pour sa part devrait se faire des soucis concernant l'avenir de ce qu'elle consid&eacute;rait encore jusqu'&agrave; pr&eacute;sent comme un domaine &agrave; ne pas enti&egrave;rement &laquo;&nbsp;sous-traiter&nbsp;&raquo; aux forces arm&eacute;es am&eacute;ricaines.</font></p> <p style="margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2"><font size="2" face="Arial">Un article de Air force Magazine r&eacute;f&eacute;renc&eacute; ci-dessous donne de nombreuses pr&eacute;cisions sur les perspectives d&eacute;coulant de cette &laquo;&nbsp;r&eacute;volution strat&eacute;gique&nbsp;&raquo;. </font><a href="http://www.airforce-magazine.com/MagazineArchive/Pages/2012/October%202012/1012space.aspx"><font size="2" face="Arial">http://www.airforce-</font>magazine.com/MagazineArchive/Pages/2012/October%202012/1012space.aspx</a> </p> Tue, 30 Oct 2012 23:00:00 GMT François Hollande&#160;: "L'Europe ne peut plus être en retard". Quelques commentaires http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=979 979 <br /><br /> <div dir="LTR" id="articleBody"> <p>A la veille du conseil europ&eacute;en des 18 et 19 octobre &agrave; Bruxelles, le pr&eacute;sident Fran&ccedil;ois Hollande a r&eacute;pondu, &agrave; l'Elys&eacute;e, aux questions des six journaux, dont <em>Le Monde</em>, qui r&eacute;alisent conjointement le suppl&eacute;ment Europa.</p> <p><strong>L'Union europ&eacute;enne a &eacute;t&eacute; r&eacute;compens&eacute;e par le prix Nobel de la paix &agrave; la veille d'un nouveau conseil europ&eacute;en, auquel vous participez, destin&eacute; une fois de plus &agrave; tenter de sauver l'euro. Ce choix vous conf&egrave;re &agrave; tous une responsabilit&eacute; suppl&eacute;mentaire. Comment allez-vous sauver l'Europe&nbsp;?</strong></p> <p>L'attribution du prix Nobel &agrave; l'Union europ&eacute;enne est &agrave; la fois un hommage pour le pass&eacute; et un appel pour l'avenir. L'hommage, il est adress&eacute; aux p&egrave;res fondateurs de l'Europe, capables d'avoir r&eacute;ussi la paix au lendemain d'un carnage. L'appel, il est lanc&eacute; aux gouvernants de l'Europe d'aujourd'hui, pour qu'ils soient conscients qu'un sursaut est imp&eacute;rieux.</p> <p><font color="#FF0000"><em>AI. Il fallait le dire, apr&egrave;s le concert de critiques irresponsables ayant salu&eacute; la d&eacute;cision des Nobels. Combien de pays ou grands ensembles dans le monde auraient souhait&eacute; avoir une telle distinction, qu'ils ne m&eacute;ritaient pas. </em></font> </p> <p>Sur la sortie de la crise de la zone euro, nous en sommes pr&egrave;s, tout pr&egrave;s. Parce que nous avons pris les bonnes d&eacute;cisions au sommet des 28 et 29 juin et que nous avons le devoir de les appliquer, rapidement. D'abord, en r&eacute;glant d&eacute;finitivement la situation de la Gr&egrave;ce, qui a fait tant d'efforts et qui doit &ecirc;tre assur&eacute;e de rester dans la zone euro. Ensuite, en r&eacute;pondant aux demandes des pays qui ont fait les r&eacute;formes attendues et qui doivent pouvoir se financer &agrave; des taux raisonnables. Enfin, en mettant en place l'union bancaire.</p> <p><font color="#FF0000"><em>AI. Le concept d'Union bancaire reste encore tr&egrave;s vide. L'action &agrave; mener devrait &ecirc;tre au coeur de la politique europ&eacute;enne de la France, afin de monter que notre pays est d&eacute;cid&eacute;, mais pas seulement en parole, &agrave; limiter la prise du monde en otage par les oligarchies r&eacute;unies de la finance internationale, et des minorit&eacute;s dirigeantes. Cela ne pourra pas se faire sans oser attaquer de front les privil&egrave;ges de Wall Street et de la City. Beaucoup en France doutent que notre pays s'y r&eacute;solve. </em></font> </p> <p>Je veux que toutes ces questions soient r&eacute;gl&eacute;es d'ici la fin de l'ann&eacute;e. Nous pourrons alors engager le changement de nos modes de d&eacute;cision, et l'approfondissement de notre union. Ce sera le grand chantier au d&eacute;but de l'ann&eacute;e 2013.</p> <p><strong>Ces pays qui ont fait des efforts, pr&eacute;cis&eacute;ment, avec des sacrifices lourds pour la population, ne voient pas d'am&eacute;lioration. Combien de temps pensez-vous qu'ils pourront tenir sans changement de strat&eacute;gie pour relancer la croissance&nbsp;? </strong> </p> <p>J'ai voulu, depuis mon &eacute;lection, que l'Europe se donne comme priorit&eacute; la croissance sans remettre en question le s&eacute;rieux budg&eacute;taire, rendu indispensable par la crise des dettes souveraines. Si nous ne donnons pas un nouveau souffle &agrave; l'&eacute;conomie europ&eacute;enne, les mesures de discipline ne pourront trouver de traduction effective.</p> <p>Le retour de la croissance suppose de mobiliser des financements &agrave; l'&eacute;chelle de l'Europe, c'est le pacte que nous avons adopt&eacute; en juin, mais aussi d'am&eacute;liorer notre comp&eacute;titivit&eacute;, et enfin de coordonner nos politiques &eacute;conomiques. Les pays qui sont en exc&eacute;dent doivent stimuler leur demande int&eacute;rieure par une augmentation des salaires et une baisse des pr&eacute;l&egrave;vements, c'est la meilleure expression de leur solidarit&eacute;. On ne peut pas infliger une peine &agrave; perp&eacute;tuit&eacute; &agrave; des nations qui ont d&eacute;j&agrave; fait des sacrifices consid&eacute;rables, si les peuples ne constatent pas, &agrave; un moment, les r&eacute;sultats de leurs efforts. Aujourd'hui, ce qui nous menace, c'est autant la r&eacute;cession que les d&eacute;ficits&nbsp;!</p> <p><font color="#FF0000"><em>AI. Parmi les financements, qui pourraient rapporter beaucoup pour des d&eacute;penses minimes, figurent les investissements scientifiques et technologiques. La France, avec ses voisins europ&eacute;ens, y d&eacute;tient des atouts importants. Encore faut-il les exploiter. Nous citons dans un article r&eacute;cent le cas particulier de l'ordinateur quantique. La promotion de Serge Haroche au Nobel de Physique a rappel&eacute; que la France pourrait &ecirc;tre une des premi&egrave;res puissances au monde &agrave; exploiter ce cr&eacute;neau. Actuellement, c'est le d&eacute;partement de la d&eacute;fense am&eacute;ricain, avec ses deux bras arm&eacute;s, la Darpa et In-Q-Tel, qui se pr&eacute;pare &agrave; ramasser la mise. S'ils ne font rien, les Europ&eacute;ens verront passer les trains. </em></font> </p> <p><strong>Comment comptez-vous surmonter le clivage qui subsiste entre les partisans de l'aust&eacute;rit&eacute; et ceux de la croissance&nbsp;? </strong> </p> <p>Il appartient &agrave; la France, parce que c'est un grand pays de l'Union europ&eacute;enne, de porter ce compromis entre le d&eacute;sendettement et la croissance afin de changer la perspective.</p> <p><strong>Comment ramener la croissance&nbsp;?</strong></p> <p>Il y a deux leviers. Le premier, c'est la confiance. Plus t&ocirc;t nous sortirons de la crise de la zone euro, c'est-&agrave;-dire plus rapidement nous r&eacute;glerons le cas grec, et plus vite nous parviendrons &agrave; financer &agrave; des taux raisonnables les dettes des pays bien g&eacute;r&eacute;s, plus vite les investisseurs reviendront vers la zone euro. Nous avons tous les moyens pour agir &mdash; M&eacute;canisme europ&eacute;en de stabilit&eacute; (MES), r&egrave;gles d'intervention de la Banque centrale europ&eacute;enne (BCE). Alors, utilisons-les.</p> <p>Le second levier, c'est de mettre en coh&eacute;rence la politique &eacute;conomique europ&eacute;enne. Nous avons d&eacute;fini un pacte de croissance. Mettons-le en &oelig;uvre. Cent vingt milliards d'euros, certains diront&nbsp;: c'est trop peu. Mais ce qui compte, c'est que ces sommes soient d&eacute;pens&eacute;es vite et bien. Le budget europ&eacute;en est aussi un &eacute;l&eacute;ment de stimulation de l'&eacute;conomie, notamment &agrave; travers les fonds structurels. Nous pouvons aller plus loin, en mobilisant des ressources suppl&eacute;mentaires. La taxe sur les transactions financi&egrave;res va faire l'objet d'une coop&eacute;ration renforc&eacute;e. Onze pays ont donn&eacute; leur accord. Son produit pourrait &ecirc;tre pour une part affect&eacute; &agrave; des projets d'investissement et pour une autre &agrave; un fonds de formation pour les jeunes. C'est le r&ocirc;le de la France que de dire inlassablement &agrave; nos partenaires que l'aust&eacute;rit&eacute; n'est pas une fatalit&eacute;.</p> <p><font color="#FF0000"><em>AI. M&ecirc;me commentaire que pour la r&eacute;ponse pr&eacute;c&eacute;dente. Pour concr&eacute;tiser les stimulations possibles de l'&eacute;conomie, il faut d&eacute;sormais citer des projets pr&eacute;cis, int&eacute;ressant l'ensemble des sciences et technologies &eacute;mergentes, et susceptibles de retomb&eacute;es rapides en termes de produits et d'emplois. Il n'est pas le lieu d'en proposer une liste ici. Mais &agrave; titre consultatif, nous pourrions le faire, comme beaucoup de chercheurs et patrons de PME qui nous lisent. </em></font> </p> <p><strong>Pour remotiver les citoyens europ&eacute;ens, pour &quot;r&eacute;enchanter l'Europe&quot;, quelle id&eacute;e de l'Europe voulez-vous soutenir&nbsp;? Une Europe f&eacute;d&eacute;rale&nbsp;? Une Europe des nations&nbsp;?</strong></p> <p>Le d&eacute;bat ne se pose plus comme au d&eacute;but des ann&eacute;es 1960, autour du d&eacute;bat entre l'Europe des patries ou l'Europe f&eacute;d&eacute;rale... Il y avait six pays &agrave; cette &eacute;poque, puis huit, puis douze, aujourd'hui nous sommes vingt-sept, bient&ocirc;t vingt-huit avec la Croatie. En changeant de dimension, l'Europe a chang&eacute; de mod&egrave;le.</p> <p>Ma d&eacute;marche, c'est une Europe qui avance &agrave; plusieurs vitesses, avec des cercles diff&eacute;rents. On peut les appeler &quot;avant-garde&quot;, &quot;Etats pr&eacute;curseurs&quot;, &quot;noyau dur&quot;, peu importe les appellations, c'est l'id&eacute;e qui compte. Nous avons une zone euro, elle a un patrimoine, c'est la monnaie unique. Elle appelle une nouvelle gouvernance. Cette zone euro doit prendre une dimension politique. Je suis favorable &agrave; ce que l'Eurogroupe, qui rassemble les ministres des finances, soit renforc&eacute; et que le pr&eacute;sident de l'Eurogroupe ait un mandat clair et suffisamment long.</p> <p>Je suis &eacute;galement partisan d'une r&eacute;union mensuelle des chefs d'Etat et de gouvernement de cette zone. Finissons-en avec ces sommets soi-disant de la derni&egrave;re chance, ces r&eacute;unions historiques, ces rendez-vous exceptionnels... et qui n'ont d&eacute;bouch&eacute; que sur des succ&egrave;s &eacute;ph&eacute;m&egrave;res. Les march&eacute;s, c'est tous les jours, les arbitrages des entreprises, c'est dans l'instant&nbsp;! L'Europe ne peut plus &ecirc;tre en retard.</p> <p>Le Conseil de la zone euro permettra de mieux coordonner la politique &eacute;conomique et de prendre, pays par pays, les d&eacute;cisions appropri&eacute;es. Il ne s'agit pas d'exclure les autres pays&nbsp;: ceux qui veulent rejoindre la zone euro seront associ&eacute;s &agrave; nos d&eacute;bats. Certains pays ne le veulent pas &ndash; c'est leur choix. Mais pourquoi faudrait-il qu'ils viennent nous dire comment doit &ecirc;tre dirig&eacute;e la zone euro ? C'est une pr&eacute;tention que j'entends, mais qui ne me para&icirc;t pas r&eacute;pondre &agrave; l'obligation de coh&eacute;rence.</p> <p>Alors, ensuite, il y a cette Europe des Vingt-Sept/Vingt-Huit bient&ocirc;t et demain davantage. C'est un espace politique de solidarit&eacute;, un grand march&eacute;, une volont&eacute; de convergence &eacute;conomique, sociale, culturelle. Je voudrais lui donner une nouvelle dimension pour la jeunesse, l'universit&eacute;, la recherche, l'&eacute;nergie. Mais cette Union large ne doit pas emp&ecirc;cher des coop&eacute;rations renforc&eacute;es, celles que des Etats voudraient engager &agrave; quelques-uns&nbsp;et qui d&eacute;gageraient des moyens au-del&agrave; du budget europ&eacute;en. Ce sera le cas avec la taxe sur les transactions financi&egrave;res.</p> <p><font color="#FF0000"><strong><span style="font-weight: normal">AI. La zone euro sera &eacute;videmment pour des ann&eacute;es le noyau dur de l'Europe. Il faut tout faire pour la f&eacute;d&eacute;raliser d&eacute;mocratiquement. Mais de nombreuses coop&eacute;rations renforc&eacute;es, ouvertes &agrave; d'autres Etats europ&eacute;ens, seront on seulement possibles mais n&eacute;cessaires. Citons l'Espace, avec l'ESA, curieusement oubli&eacute;. Citons aussi la D&eacute;fense et ses industries (quid de l'Agence europ&eacute;enne de d&eacute;fense?), certains grands programmes scientifiques tels qu'&eacute;voqu&eacute;s plus haut ou d'autres aux retomb&eacute;es tr&egrave;s importantes, par exemple dans le domaine de l'astronomie, notamment autour de l'ESO (</span></strong><cite><span style="font-weight: normal">www.</span></cite><cite><strong>eso</strong></cite><cite><span style="font-weight: normal">.org/</span></cite><strong><span style="font-weight: normal"> ) </span></strong></font> </p> <p><strong>Certains voudraient cr&eacute;er un embryon de Parlement s&eacute;par&eacute; de la zone euro. L'Union europ&eacute;enne ne risque-t-elle pas de se r&eacute;duire aux pays de la zone euro, une Europe &agrave; deux vitesses ?</strong></p> <p>Que l'Europe ait plusieurs vitesses, c'est d&eacute;j&agrave; le cas. Mais le Parlement europ&eacute;en a vocation &agrave; repr&eacute;senter toute l'Europe, et si la zone euro se structure davantage, il est parfaitement capable de d&eacute;finir en son sein des proc&eacute;dures d&eacute;mocratiques d&eacute;di&eacute;es &agrave; la zone euro.</p> <p><strong>Pour une Europe plus int&eacute;gr&eacute;e avec l'union politique, ne faut-il pas un nouveau trait&eacute; constitutionnel, soumis &agrave; r&eacute;f&eacute;rendum&nbsp;?</strong></p> <p>Je crois me souvenir qu'en 2005 nous avons essay&eacute; cette formule et qu'elle n'a pas donn&eacute; les r&eacute;sultats escompt&eacute;s&nbsp;! Parce qu'avant de se lancer dans une m&eacute;canique institutionnelle, les Europ&eacute;ens doivent savoir ce qu'ils veulent faire ensemble. C'est le contenu qui doit l'emporter sur le cadre. L'enjeu institutionnel est souvent &eacute;voqu&eacute; pour ne pas faire de choix. Les plus empress&eacute;s &agrave; parler de l'union politique sont parfois les plus r&eacute;ticents &agrave; prendre les d&eacute;cisions urgentes qui la rendraient pourtant incontournable, &ccedil;a ne m'a pas &eacute;chapp&eacute;....</p> <p><font color="#FF0000"><em>AI. D'o&ugrave; l'int&eacute;r&ecirc;t de mentionner d&egrave;s maintenant de grands programmes europ&eacute;ens de recherche/d&eacute;veloppement &agrave; r&eacute;aliser ensemble, dont chaque citoyen pourra appr&eacute;cier concr&egrave;tement l'int&eacute;r&ecirc;t pour lui et sa r&eacute;gion. </em></font> </p> <p><strong>Les Allemands ?</strong></p> <p>Non, je ne vise personne en particulier. Plusieurs fois, dans le pass&eacute;, les Allemands ont fait sinc&egrave;rement des propositions sur l'union politique. Elles n'ont pas &eacute;t&eacute; saisies. Aujourd'hui, nous sommes en phase. La France d&eacute;fend l'&quot;int&eacute;gration solidaire&quot;&nbsp;: chaque fois que nous franchissons un pas vers la solidarit&eacute;, l'union, c'est-&agrave;-dire le respect des r&egrave;gles communes&nbsp;autour d'une gouvernance, doit progresser.</p> <p>Ainsi, l'union bancaire qui conduit &agrave; une supervision, dont la Banque centrale europ&eacute;enne sera l'organe, et qui permettra une r&eacute;solution des crises, avec une recapitalisation des banques, c'est une comp&eacute;tence tr&egrave;s importante. Cette solidarit&eacute; ne pourra aller sans contr&ocirc;le d&eacute;mocratique&nbsp;: l'union bancaire qui vise &agrave; ma&icirc;triser la finance sera une &eacute;tape importante de l'int&eacute;gration europ&eacute;enne.</p> <p><strong>Quelle est la capacit&eacute; r&eacute;elle de la France de convaincre l'Allemagne et les pays r&eacute;ticents d'avancer sur cette voie&nbsp;?</strong></p> <p>Nous avons pris des d&eacute;cisions ensemble au conseil europ&eacute;en de juin. Elles ont eu incontestablement des cons&eacute;quences&nbsp;favorables : le calme est revenu sur les march&eacute;s. La BCE y a contribu&eacute; en clarifiant ses modes d'intervention. Donc, ma position est simple&nbsp;: tout le conseil europ&eacute;en du 28 juin, rien que le Conseil europ&eacute;en du 28 juin, mais appliqu&eacute; le plus vite possible. L'objectif, c'est de tout r&eacute;gler d'ici &agrave; la fin de l'ann&eacute;e. Plus personne aujourd'hui ne pense que l'euro va dispara&icirc;tre ou que la zone va &eacute;clater. Mais la perspective de son int&eacute;grit&eacute; ne suffit pas. Maintenant, nous devons sortir de la crise &eacute;conomique.</p> <p><strong>Donc l'union politique, ce n'est pas pour maintenant ?</strong></p> <p>L'union politique, c'est apr&egrave;s, c'est l'&eacute;tape qui suivra l'union budg&eacute;taire, l'union bancaire, l'union sociale. Elle viendra donner un cadre d&eacute;mocratique &agrave; ce que nous aurons r&eacute;ussi de l'int&eacute;gration solidaire.</p> <p><strong>A quelle &eacute;ch&eacute;ance la voyez-vous, cette union politique ?</strong></p> <p>Apr&egrave;s les &eacute;lections europ&eacute;ennes de 2014. L'enjeu de cette consultation, ce sera l'avenir de l'Union. C'est la condition pour mobiliser les peuples et augmenter les taux de participation autour d'un vrai d&eacute;bat. J'esp&egrave;re que des partis europ&eacute;ens pr&eacute;senteront leurs propositions aussi bien en termes de contenu, de cadre institutionnel que de personnalit&eacute;s, pour les porter notamment &agrave; la pr&eacute;sidence de la Commission europ&eacute;enne.</p> <p><font color="#FF0000"><em>AI. 2004 para&icirc;t une &eacute;ch&eacute;ance tr&egrave;s raisonnable pour un objectif de cette ampleur. Encore faudrait-il en discuter d&egrave;s maintenant, y compris au niveau de l'opinion. Qui s'est encore risqu&eacute; &agrave; pr&eacute;senter un projet de constitution (de texte juridique, si l'on pr&eacute;f&egrave;re) pour une union politique de cette nature? <br /> </em></font></p> <p><strong>Beaucoup de voix s'&eacute;l&egrave;vent contre l'objectif du d&eacute;ficit ramen&eacute; &agrave; 3 % du produit int&eacute;rieur brut (PIB). Claude Bartolone, pr&eacute;sident (PS) de l'Assembl&eacute;e nationale, le qualifie m&ecirc;me d'</strong><em>&quot;absurde&quot;</em><strong>. Un accord europ&eacute;en est-il possible pour le repousser d'un an ?</strong></p> <p>Tous les pays ne sont pas dans la m&ecirc;me situation. Et beaucoup d&eacute;pendra de nos choix en mati&egrave;re de respect des disciplines budg&eacute;taires et de croissance. Cette discussion aura lieu en 2013. Mais pour ce qui concerne la France, j'ai fix&eacute; l'objectif de r&eacute;duction de d&eacute;ficit &agrave; 3 % pour 2013 et de r&eacute;tablissement de l'&eacute;quilibre des comptes publics en 2017. Pour une raison simple&nbsp;et qui ne se r&eacute;sume pas &agrave; un engagement europ&eacute;en : de 2007 &agrave; 2012, la dette publique est pass&eacute;e en France de 62 % du PIB &agrave; 90 %. Prolonger cette tendance ne serait pas soutenable.</p> <p>L'objectif, il est aussi, &agrave; l'&eacute;chelle de l'Europe, d'harmoniser les taux d'int&eacute;r&ecirc;t dans la zone euro. Politique mon&eacute;taire et politique budg&eacute;taire doivent se conjuguer. Et il ne peut &ecirc;tre admis, dans un m&ecirc;me espace mon&eacute;taire que des pays se financent &agrave; 1 % &agrave; dix ans et d'autres &agrave; 7 %&nbsp;! Il faut &eacute;viter un effet de rente.</p> <p><strong>Votre &eacute;lection a cr&eacute;&eacute; des attentes &eacute;normes. Que diriez-vous &agrave; un Grec au ch&ocirc;mage, sans argent pour se soigner&nbsp;?</strong></p> <p>Que je ferai tout pour que la Gr&egrave;ce demeure dans la zone euro et dispose des ressources indispensables d'ici &agrave; la fin de l'ann&eacute;e, sans qu'il soit n&eacute;cessaire d'infliger de nouvelles conditions autres que celles qui ont &eacute;t&eacute; admises par le gouvernement Samaras.</p> <p>Mais je m'adresse aussi aux Espagnols et aux Portugais qui payent cher les d&eacute;r&egrave;glements commis par d'autres&nbsp;: le temps est venu d'offrir une perspective au-del&agrave; de l'aust&eacute;rit&eacute;. L'Espagne doit pouvoir conna&icirc;tre les conditions pr&eacute;cises pour acc&eacute;der aux financements pr&eacute;vus par le conseil europ&eacute;en du 28 juin. Et il n'y a pas lieu d'alourdir la barque.</p> <p>La France est le trait d'union entre l'Europe du Nord et celle du Sud. Je refuse la division. Si l'Europe s'est r&eacute;unifi&eacute;e, ce n'est pas pour tomber ensuite dans l'&eacute;go&iuml;sme ou le chacun pour soi. Notre devoir, c'est de poser des r&egrave;gles communes autour des principes de responsabilit&eacute; et de solidarit&eacute;. Comme Fran&ccedil;ais, ma responsabilit&eacute;, c'est de faire en sorte que les Europ&eacute;ens soient conscients d'appartenir au m&ecirc;me ensemble.</p> <p><strong>C'est ce que vous dites &agrave; la chanceli&egrave;re allemande, Angela Merkel, aussi ?</strong></p> <p>Oui, mais elle le sait parfaitement. La preuve, c'est qu'elle est all&eacute;e &agrave; Ath&egrave;nes.</p> <p><strong>Etes-vous inquiet de la r&eacute;sistance croissante, en Allemagne, &agrave; la solidarit&eacute; avec les pays du Sud ?</strong></p> <p>Mais nous participons tous &agrave; la solidarit&eacute;, pas seulement les Allemands&nbsp;! Les Fran&ccedil;ais, les Allemands comme tous les Europ&eacute;ens dans le cadre du M&eacute;canisme europ&eacute;en de stabilit&eacute; <em>[MES].</em></p> <p>Cessons de penser qu'il n'y aurait qu'un seul pays qui paierait pour tous les autres. C'est faux&nbsp;! En revanche, je sais la sensibilit&eacute; de nos amis allemands au probl&egrave;me de la surveillance. Qui paie doit contr&ocirc;ler, qui paie doit sanctionner. Je suis d'accord. Mais l'union budg&eacute;taire doit &ecirc;tre parachev&eacute;e par une mutualisation partielle des dettes&nbsp;: &agrave; travers les eurobonds.</p> <p>Je sais aussi combien p&egrave;sent les souvenirs de l'hyperinflation, transmis de g&eacute;n&eacute;ration en g&eacute;n&eacute;ration en Allemagne. Les modalit&eacute;s d'intervention de la BCE &eacute;vitent tout risque de cette nature, puisque la Banque centrale vient en appui des d&eacute;cisions prises au sein du MES. Or, qu'est-ce que le MES, si ce n'est un ensemble d'Etats ? Donc, la BCE ne cr&eacute;era pas de monnaie lorsqu'elle viendra en soutien des pays d&eacute;biteurs. Elle rendra plus efficace la politique mon&eacute;taire.</p> <p>J'ai &eacute;galement consid&eacute;r&eacute; les arguments d&eacute;mocratiques avanc&eacute;s outre-Rhin. J'admets parfaitement que les parlements doivent pouvoir autoriser les engagements demand&eacute;s aux Etats, aussi bien dans le cadre de l'union budg&eacute;taire que de l'union bancaire. Mais il n'y a pas de temps &agrave; perdre. La France y est pr&ecirc;te.</p> <p><strong>Dans cette Europe &agrave; plusieurs vitesses, quelle place occupera l'axe Paris-Berlin&nbsp;? Est-ce le premier cercle&nbsp;?</strong></p> <p>C'est le couple qui permet l'acc&eacute;l&eacute;ration. Et qui, donc, peut aussi &ecirc;tre un frein s'il n'est pas en phase. D'o&ugrave; la n&eacute;cessit&eacute; de la coh&eacute;rence franco-allemande. Nous avons un devoir d'union ; il exige un sens &eacute;lev&eacute; de l'int&eacute;r&ecirc;t europ&eacute;en et, donc, du compromis.</p> <p>Est-ce que ce doit &ecirc;tre une relation exclusive&nbsp;? Non&nbsp;! L'Europe ne se d&eacute;cide pas &agrave; deux. L'amiti&eacute; franco-allemande doit agr&eacute;ger, associer, assembler. Je prends garde de ne pas opposer grands et petits&nbsp;pays, pays fondateurs et pays nouvellement adh&eacute;rents. L'Europe a besoin de tous, elle ne se r&eacute;sume pas &agrave; de l'intergouvernemental. Les institutions communautaires&nbsp;: Commission et Parlement doivent jouer pleinement leur r&ocirc;le.</p> <p>Elle appelle &eacute;galement une ambition. C'est la vision qui est confi&eacute;e historiquement &agrave; la France et &agrave; l'Allemagne. Si nous avons &eacute;t&eacute; capables de nous unir, nous, c'est que nous pouvons r&eacute;ussir &agrave; le faire tous&nbsp;! C'est ce que nous rappellerons lors des c&eacute;r&eacute;monies pour le 50<sup>e</sup> anniversaire du trait&eacute; de l'Elys&eacute;e.</p> <p> </p> <p><font color="#FF0000"><em>AI. Si les gouvernements concern&eacute;s r&eacute;ussissaient &agrave; rapprocher les forces de l'Allemagne et de la France, un tr&egrave;s grand pas serait fait dans la construction de l'Europe que nous souhaitons ici, une puissance internationale solidaire, capable de jouer jeu &eacute;gal avec les Etats-Unis et la Chine. En bonne logique, la Russie devrait s'y joindre.</em></font></p> <p><strong>Dans votre relation personnelle avec M</strong><strong><sup>me</sup></strong><strong> Merkel, qu'est-ce-que vous avez appris d'elle&nbsp;?</strong></p> <p>Elle est claire, elle dit les choses... Cela fait gagner du temps. Et j'ai la m&ecirc;me d&eacute;marche. Alors, ensuite, de nos points de d&eacute;part, nous cherchons &agrave; trouver le meilleur point d'arriv&eacute;e. C'est plus facile avec des points de d&eacute;part explicites qu'avec des points de d&eacute;part ambigus. Et on ne peut pas reprocher &agrave; Angela Merkel d'&ecirc;tre ambigu&euml; ! Certes, nous ne sommes pas dans la m&ecirc;me &eacute;chelle de temps&nbsp;: je suis &eacute;lu depuis cinq mois, et la chanceli&egrave;re a ses &eacute;lections dans dix mois, mais &ccedil;a ne nous conduit pas &agrave; diff&eacute;rer les choix.</p> <p><strong>Et vous, que lui apportez-vous ?</strong></p> <p>Posez-lui la question&nbsp;! Je pense qu'elle est consciente que l'alternance en France a cr&eacute;&eacute; une nouvelle donne. Elle est tr&egrave;s sensible aux questions de politique int&eacute;rieure et aux exigences de son Parlement. Je le comprends&nbsp;: nous le sommes tous. Nous avons tous notre opinion publique, nos d&eacute;bats d&eacute;mocratiques. Mais notre responsabilit&eacute; commune, c'est de faire pr&eacute;valoir l'int&eacute;r&ecirc;t de l'Europe.</p> <p><strong>On vous pr&eacute;sume europ&eacute;en...</strong></p> <p>Vous faites bien&nbsp;!...</p> <p><strong>... mais pendant la campagne, vous n'avez parl&eacute; que du &quot;r&ecirc;ve fran&ccedil;ais&quot;, jamais du &quot;r&ecirc;ve europ&eacute;en&quot;. Quel est votre attachement personnel &agrave; l'Europe&nbsp;?</strong></p> <p>L'id&eacute;al europ&eacute;en, il est dans le r&ecirc;ve fran&ccedil;ais. Les r&eacute;volutionnaires de 1789 avaient imagin&eacute; une nation ouverte &agrave; tous les Europ&eacute;ens. Victor Hugo fut le premier &agrave; parler des Etats-Unis d'Europe. Apr&egrave;s la boucherie de 14-18, Aristide Briand plaidait d&eacute;j&agrave; pour l'Europe au nom de la paix. A la Lib&eacute;ration, pour Jean Monnet comme pour Charles de Gaulle, construire l'Europe, c'&eacute;tait reconstruire la France. Fran&ccedil;ois Mitterrand a con&ccedil;u sa pr&eacute;sidence au nom de l'Europe.</p> <p>Je m'inscris dans cette perspective. Ce que je veux pour mon pays, c'est qu'il retrouve la fiert&eacute; et la force de renouveler la promesse r&eacute;publicaine &agrave; la jeunesse. Pourquoi suis-je europ&eacute;en&nbsp;? Parce que l'Europe nous permet d'y parvenir. Et s'il se produit une fracture&nbsp;entre l'Europe et la patrie, alors le risque est de perdre &agrave; la fois la coh&eacute;sion nationale et l'id&eacute;al europ&eacute;en.</p> <p><strong>C'est ce qui s'est pass&eacute; en 2005, avec le non au r&eacute;f&eacute;rendum sur le trait&eacute; constitutionnel ?</strong></p> <p>C'&eacute;tait un avertissement s&eacute;rieux. Il n'a pas &eacute;t&eacute; entendu. L'enjeu, aujourd'hui, c'est de retrouver la confiance en nous m&ecirc;me et en l'Europe. Ce qui nous menace, ce n'est pas la nation, c'est le nationalisme. Ce n'est pas l'Europe, c'est son absence.</p> <p><strong>Prendriez-vous le risque de voir la Grande-Bretagne quitter l'Europe&nbsp;?</strong></p> <p>Je souhaite un Royaume-Uni pleinement engag&eacute; en Europe, mais je ne peux pas d&eacute;cider &agrave; la place des Britanniques. J'ai observ&eacute; que, pour le moment, ils souhaitaient &ecirc;tre plut&ocirc;t en retrait. Les Britanniques sont li&eacute;s par des accords auxquels ils ont souscrits. Ils ne peuvent s'en d&eacute;tacher. Maintenant, ils ont au moins le m&eacute;rite de la clart&eacute;. La zone euro, l'union budg&eacute;taire&nbsp;: ils n'y sont pas. Je n'entends pas les forcer.</p> <p><strong>Quelle est la plus grande menace qui p&egrave;se sur l'Europe&nbsp;?</strong></p> <p>C'est de ne plus &ecirc;tre aim&eacute;e. De n'&ecirc;tre regard&eacute;e au mieux que comme un guichet aust&egrave;re, o&ugrave; les uns viendraient chercher des fonds structurels, d'autres une politique agricole, un troisi&egrave;me un ch&egrave;que, au pire comme une maison de redressement. A elle de donner du sens &agrave; son projet, mais aussi de l'efficacit&eacute; &agrave; ses d&eacute;cisions. Et pourtant, l'Europe reste la plus belle aventure pour notre continent. Elle est la premi&egrave;re puissance &eacute;conomique du monde, un espace politique de r&eacute;f&eacute;rence, un mod&egrave;le social et culturel. Elle m&eacute;rite un sursaut pour renouer avec l'esp&eacute;rance.</p> <p><strong>Le pire est pass&eacute;&nbsp;?</strong></p> <p>Le pire &ndash; c'est-&agrave;-dire la crainte d'un &eacute;clatement de la zone euro &ndash;, oui, il est pass&eacute;. Mais le meilleur n'est pas encore l&agrave;. A nous de le construire.</p> <p><strong>Propos recueillis par Sylvie Kauffmann (</strong><em>Le Monde</em><strong>), Angelique Chrisafis (</strong><em>The Guardian</em><strong>), Berna Gonzalez Harbour (</strong><em>El Pais</em><strong>), Jaroslaw Kurski (</strong><em>Gazeta Wyborcza</em><strong>), Alberto Mattioli (</strong><em>La Stampa</em><strong>) et Stefan Ulrich (</strong><em>S&uuml;ddeutsche Zeitung</em><strong>)</strong></p> </div> <p><br /> <br /> </p> Tue, 16 Oct 2012 23:00:00 GMT L'Europe ne se met pas en état de profiter du prochain affaiblissement de la Chine et de l'Amérique http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=967 967 <br /><div class="node-inner" id="bloggPostInner"> <h2 class="titleView"><br /> </h2> <br /> <div class="content"> <p>Les difficult&eacute;s ainsi pr&eacute;visibles de ses deux plus grands concurrents devraient inciter l'Europe &agrave; reprendre sa place parmi les grands acteurs. Malheureusement, les leaders europ&eacute;ens paraissent incapables de sortir du discours lib&eacute;ral selon lequel les puissances publiques n'ont pas &agrave; s'impliquer dans des politiques &eacute;conomiques destin&eacute;es &agrave; mobiliser les &eacute;nergies (et les &eacute;pargnes) au profit des investissements d'avenir.</p> <p>Concernant la Chine, ses difficult&eacute;s &agrave; venir sont dans une certaine mesure la ran&ccedil;on du succ&egrave;s de son mod&egrave;le exportateur &laquo;&nbsp;dirigiste&nbsp;&raquo;. Pendant des ann&eacute;es, les autorit&eacute;s avaient tout fait pour favoriser l'exportation afin de se procurer les ressources d'une croissance interne impossible &agrave; obtenir si le continent &eacute;tait rest&eacute; centr&eacute; sur lui-m&ecirc;me. Ceci s'&eacute;tait traduit par une r&eacute;pression de la consommation et la confiscation des &eacute;pargnes afin de b&acirc;tir les infrastructures d'une &eacute;conomie moderne. S'y &eacute;tait ajout&eacute; le transfert des populations rurales vers les villes afin d'alimenter en main-d'oeuvre bon march&eacute; les &laquo;&nbsp;ateliers du monde&nbsp;&raquo;. La sous-&eacute;valuation du yuan et sa non convertibilit&eacute; permettaient parall&egrave;lement d'emp&ecirc;cher les capitaux de quitter la Chine, en conservant les profits de la croissance.</p> <p>Ce processus n'&eacute;tait cependant pas durable. Le d&eacute;veloppement des exportations et donc des contacts avec les pays riches, l'implantation concomitante d'entreprises occidentales profitant des bas salaires, ont entrain&eacute; progressivement la formation d'une petite classe moyenne tr&egrave;s qualifi&eacute;e et parall&egrave;lement d'une classe ouvri&egrave;re politiquement en mesure d'acc&eacute;der aux standards de consommation et donc aux salaires ayant cours dans les pays capitalistes. Face &agrave; ce ph&eacute;nom&egrave;ne de fond, le pouvoir, aussi autoritaire qu'il soit, ne peut r&eacute;agir comme pr&eacute;c&eacute;demment, en comprimant les revenus et les consommations int&eacute;rieures. Les co&ucirc;ts de production s'&eacute;l&egrave;vent donc et les exportateurs chinois perdent leurs avantages concurrentiels par rapport, soit &agrave; des pays o&ugrave; la main d'oeuvre reste exploit&eacute;e et donc plus comp&eacute;titive, soit &agrave; des entreprises &eacute;trang&egrave;res qui feront de plus en plus appel &agrave; des robots dont le co&ucirc;t devrait diminuer.</p> <p>On peut donc penser que le mod&egrave;le exportateur chinois devra &ecirc;tre remplac&eacute; par un mod&egrave;le plus classique, o&ugrave; les investissements et la consommation devront &ecirc;tre financ&eacute;s, comme dans les grands pays industriels, par la production de biens et services tourn&eacute;s vers le march&eacute; int&eacute;rieur (y compris en ce qui concerne la protection des ressources naturelles locales en grand p&eacute;ril actuellement). L'exportation en ce cas n'y joue plus qu'un r&ocirc;le d'appoint et ne peut r&eacute;sulter (en dehors de celle des mati&egrave;res premi&egrave;res dont la Chine ne dispose pas) que de qualit&eacute;s d'excellence supposant des d&eacute;cennies d'investissements intellectuels et scientifiques.</p> <p>Les Etats-Unis et l'Europe qui disposent de cette exp&eacute;rience non d&eacute;localisable devraient logiquement reprendre tous leurs avantages par rapport &agrave; la Chine, en l'obligeant &agrave; se comporter sur un plan de juste r&eacute;ciprocit&eacute; &agrave; leur &eacute;gard. Cette ouverture sur le monde occidental ne se fera pas facilement pour la Chine. Elle n'a pas, comme le montrent les actuels proc&egrave;s en corruption, ni les structures d&eacute;mocratiques ni la vieille tradition de gestion publique qui, quoiqu'on en pense, continuent &agrave; constituer un avantage comp&eacute;titif consid&eacute;rable au profit notamment des soci&eacute;t&eacute;s europ&eacute;ennes.</p> <p>Concernant les Etats-Unis, l'esp&egrave;ce de descente aux enfers multiforme qui les affecte actuellement est mieux connue. Les experts consid&egrave;rent que ni Obama ni Romney ne pourront inverser la tendance. Les Europ&eacute;ens devraient devrait donc se pr&eacute;parer &agrave; affronter une Am&eacute;rique qui plus que jamais ne sera pas leur solution, mais leur probl&egrave;me. Mais l'Am&eacute;rique, rappelons-le, reste et restera longtemps la seule grande puissance militaire et technologique mondiale, notamment dans les domaines du contr&ocirc;le. M&ecirc;me en crise &eacute;conomique et sociale profonde, cette puissance pourra continuer &agrave; dominer pour les exploiter les pays qui ne se seront pas donn&eacute; les moyens d'y faire face . La Russie semble l'avoir &agrave; nouveau compris, comme certainement aussi la Chine. Ce n'est pas le cas de l'Europe, de plus en plus affaiblie par son sous-investissement chronique dans les technologies avanc&eacute;es et les syst&egrave;mes intelligents, civils et militaires.</p> <p>Si les Europ&eacute;ens voulaient vraiment profiter de l'affaiblissement, passager ou durable, de ses deux grands comp&eacute;titeurs, la Chine et l'Am&eacute;rique, ce serait donc d'abord en relan&ccedil;ant de tels investissements technologiques qu'elle pourrait le faire. Elle n'en prend pas le chemin. Pour cela, s'acharner &agrave; r&eacute;duire une dette publique &laquo;&nbsp;mythique&nbsp;&raquo; et &agrave; vendre au priv&eacute; les acquis industriels et scientifiques ch&egrave;rement acquis depuis des d&eacute;cennies constitue la fa&ccedil;on la plus suicidaire de proc&eacute;der.</p> </div> </div> Sat, 29 Sep 2012 23:00:00 GMT Un printemps européen http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=960 960 <br /><p style="margin-bottom: 0cm">L'excellent Bernard Guetta salue la journ&eacute;e du 12 septembre comme ayant marqu&eacute; l'arriv&eacute;e tant attendue par les europhiles d'un v&eacute;ritable printemps europ&eacute;en: approbation du M&eacute;canisme europ&eacute;en de stabilit&eacute; par la cour constitutionnelle de Karslruh, mise &agrave; l'&eacute;tude par la Commission des prol&eacute;gom&egrave;nes d'une politique bancaire commune, &eacute;lections favorables aux Europ&eacute;istes en Hollande, alors que l'on attendait une ru&eacute;e vers les souverainistes, le tout faisant suite &agrave; la d&eacute;cision de la BCE de racheter les dettes publiques des Etats d&eacute;faillants. <br /> </p> <p style="margin-bottom: 0cm">Certes. Ne faisons pas grise mine. Il s'agit en effet d'un grand pas vers la construction d'une f&eacute;d&eacute;ralisation de fait d'un certain nombre de structures et d&eacute;cisions au sein de l'Eurogroup. Qu'aurait-on dit si des d&eacute;cisions contraires avaient &eacute;t&eacute; prises? <br /> </p> <p style="margin-bottom: 0cm">En tant que Fran&ccedil;ais n&eacute;anmoins, nous ne pouvons que regretter de ne pas entendre notre gouvernement accompagner imm&eacute;diatement ce mouvement, en proposant de v&eacute;ritables politiques europ&eacute;ennes, notamment dans la recherche, l'industrie et l'environnement. Faudra-t-il attendre que la seule Commission le fasse, et sous la pression de quels int&eacute;r&ecirc;ts financiers et strat&eacute;giques non-europ&eacute;ens (Voir &agrave; ce sujet notre br&egrave;ve de ce jour concernant EADS-BAE) </p> Wed, 12 Sep 2012 23:00:00 GMT