Europe Solidaire http://www.europesolidaire.eu/ Europe Solidaire Europe Solidaire http://www.europesolidaire.eu/logo.gifEurope Solidairehttp://www.europesolidaire.eu/ Thu, 30 Oct 2014 11:13:04 GMT Trois mesures-chocs pour redynamiser l'économie française. http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1533 1533 <br /><font face="Arial" color="#000000" size="2"><strong>1/Faire travailler les ch&ocirc;meurs en entreprise </strong></font> <font face="Arial" size="2"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"> <font face="Arial" color="#000000" size="2">D'ann&eacute;e en ann&eacute;e, le foss&eacute; se creuse entre le monde de l'entreprise et la population des ch&ocirc;meurs, sp&eacute;cialement en cette p&eacute;riode de croissance quasi-nulle. </font> </p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm"><font face="Arial" color="#000000" size="2"><font color="#000000"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">D'un c&ocirc;t&eacute; les ch&ocirc;meurs, m&ecirc;me anim&eacute;s des meilleures intentions, peinent &agrave; retrouver un emploi, et finissent par se lasser et &agrave; terme se d&eacute;socialiser; de l'autre les entreprises, qui embauchent peu &agrave; cause de la crise et du poids des charges sociales, sont moins encore port&eacute;es &agrave; recruter des personnes ayant perdu leur emploi. </span></span></font></font> </p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"> <font face="Arial" color="#000000" size="2">Pour combler ce foss&eacute;, nous proposons d'id&eacute;e suivante : pour pouvoir percevoir leur indemnit&eacute; de &quot;P&ocirc;le-Emploi&quot;, les ch&ocirc;meurs doivent travailler en entreprise, entreprise qu'ils peuvent librement choisir, ou qui leur est propos&eacute;e par les Services publics; pendant une p&eacute;riode par exemple de six mois, ils sont affect&eacute;s &agrave; un poste n&eacute;cessaire et utile &agrave; l'entreprise; par la suite, si les choses se passent bien, le salaire de la personne est progressivement repris en charge par l'employeur. Par contre le ch&ocirc;meur qui refuse de jouer le jeu, c'est-&agrave;-dire de travailler en entreprise, perdra imm&eacute;diatement le b&eacute;n&eacute;fice de ses indemnit&eacute;s. </font> </p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"> <font face="Arial" color="#000000" size="2">De cette mani&egrave;re, le ch&ocirc;meur ne se coupe pas du monde du travail et il a de bonnes chances de retrouver rapidement un emploi permanent; l'entreprise de son c&ocirc;t&eacute; b&eacute;n&eacute;ficie pendant quelques mois d'une force de travail gratuite ou quasi-gratuite (sachant qu'elle peut offrir de son c&ocirc;t&eacute; une prime au ch&ocirc;meur qu'elle emploie), ce qui va lui permettre de d&eacute;velopper son activit&eacute; sans prendre de risques financiers suppl&eacute;mentaires; et pour l'Etat, la situation est neutre, voire plus satisfaisante, puisqu'au lieu de payer le ch&ocirc;meur &agrave; ne rien faire, on le paye &agrave; travailler, le resocialisant ainsi sans surcro&icirc;t d'argent public. </font> </p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"> <font face="Arial" color="#000000" size="2">Un tel dispositif pourra &ecirc;tre test&eacute; sur une zone g&eacute;ographique donn&eacute;e, avant d'&ecirc;tre plus largement &eacute;tendu. Il conviendra, pour lui donner de bonnes chances de succ&egrave;s, d'imposer d'embl&eacute;e son caract&egrave;re obligatoire pour toute la population de ch&ocirc;meurs de la zone, et ce avec l'accord global des syndicats d'entreprises et de salari&eacute;s (ce qui devrait donner lieu &agrave; d'&acirc;pres n&eacute;gociations...). </font> </p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none"><font face="Arial" color="#000000" size="2"><strong>2/Injecter du cash de la BCE en direct dans l&rsquo;&eacute;conomie r&eacute;elle </strong></font> </p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"> <font face="Arial" color="#000000" size="2">Le sentiment actuel de morosit&eacute;, d&rsquo;inqui&eacute;tude, voire d&rsquo;angoisse exprim&eacute; par les acteurs de base de l&rsquo;&eacute;conomie (m&eacute;nages et petites entreprises) tient notamment &agrave; une impression - justifi&eacute;e ou non - d&rsquo;ins&eacute;curit&eacute; financi&egrave;re (et il est vrai que nombre d&rsquo;entreprise ou de m&eacute;nages ont du mal &agrave; &quot; joindre les deux bouts&quot; ces temps-ci...). </font> </p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"> <font face="Arial" color="#000000" size="2">Pour contrecarrer cette morosit&eacute; et pour redonner un coup de fouet positif &agrave; ces acteurs, nous proposons de leur attribuer gratuitement, en une seule fois, une somme individuelle de l&rsquo;ordre de 3 &agrave; 5 000 &euro; (m&eacute;nages ou foyers fiscaux) ou de 20 000 &euro; (petites entreprises), et ce sans conditions d&rsquo;utilisation ni obligation de remboursement (ce qui &eacute;quivaut &agrave; une subvention ou &agrave; un don). </font> </p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"> <font face="Arial" color="#000000" size="2">Au total, cela repr&eacute;senterait pour la France une masse financi&egrave;re de l&rsquo;ordre de 100 milliards &euro;, soit 5% du PIB, &agrave; partager entre petites entreprises et m&eacute;nages ; et comme il existe une &eacute;quivalence entre masse mon&eacute;taire et PIB, en termes d&rsquo;ordre de grandeur, il est vraisemblable que cette injection de liquidit&eacute;s provoquera en l'espace de quelques mois un accroissement corr&eacute;latif de 5% du PIB (car selon l&rsquo;adage populaire &laquo; c'est l&rsquo;argent qui fait marcher le commerce &raquo;). </font> </p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm"><font face="Arial" color="#000000" size="2"><font color="#000000"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">En outre, les gens retrouveraient le moral, et les dirigeants politiques, gr&acirc;ce &agrave; cette mesure, redoreraient leur blason, aujourd&rsquo;hui bien terni.Paris, mercredi 15 octobre 2014 </span></span></font></font> </p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none; page-break-before: always"> <font face="Arial" color="#000000" size="2">Pr&eacute;cision importante : ces 100 milliards &euro; viendraient d&rsquo;une dotation de la BCE &agrave; la Banque de France, sans contrepartie ni caract&egrave;re de pr&ecirc;t ( de type &quot;contribution &agrave; l&rsquo;&eacute;conomie de la zone euro&quot;) ; la Banque de France se chargerait alors de redistribuer cet argent aux entreprises et aux m&eacute;nages via le secteur bancaire commercial (chaque destinataire indiquerait juste les r&eacute;f&eacute;rences du compte o&ugrave; il souhaite recevoir l&rsquo;argent). </font> </p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"> <font face="Arial" color="#000000" size="2">Et cette mesure aurait un avantage suppl&eacute;mentaire : en augmentant l&eacute;g&egrave;rement la masse mon&eacute;taire en circulation, elle agirait contre cette fameuse d&eacute;flation qui commence &agrave; inqui&eacute;ter, et cette action serait sans risque aucun d'inflation ni de d&eacute;valorisation significative de l&rsquo;euro&hellip; </font> </p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none"><font face="Arial" color="#000000" size="2"><strong>3/Transformer la dette publique en obligations &agrave; dur&eacute;e ind&eacute;termin&eacute;e ( ODI ) </strong></font> </p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"> <font face="Arial" color="#000000" size="2">La crise grecque de fin 2009, qui s&rsquo;est transform&eacute;e par la suite en crise globale de la dette publique de la zone &laquo; euro &raquo;, s'est manifest&eacute;e par l&rsquo;extr&ecirc;me difficult&eacute; de l&rsquo;Etat grec &agrave; refinancer quelques milliards &euro; d' emprunts arriv&eacute;s &agrave; &eacute;ch&eacute;ance, et ce m&ecirc;me &agrave; des taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t prohibitifs. </font> </p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"> <font face="Arial" color="#000000" size="2">Neuf ans plus tard, l&rsquo;incendie n&rsquo;est pas d&eacute;finitivement &eacute;teint, et la plupart des 18 pays de la zone risquent, &agrave; un moment on &agrave; un autre, de conna&icirc;tre &agrave; nouveau le m&ecirc;me genre de difficult&eacute; en cas de d&eacute;pression &eacute;conomique ou de d&eacute;s&eacute;quilibre de leurs finances publiques. </font> </p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"> <font face="Arial" color="#000000" size="2">Rappelons que pour la France, la dette publique s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve &agrave; 2000 milliards &euro;, soit 100% du PIB, et que les d&eacute;ficits publics, toujours pas r&eacute;sorb&eacute;s, accroissent cette dette de 3 &agrave; 5 points de PIB chaque ann&eacute;e; m&ecirc;me dans l&rsquo;hypoth&egrave;se &ndash; optimiste &ndash; o&ugrave; les pouvoirs publics parviendraient pour de bon &agrave; r&eacute;&eacute;quilibrer les comptes annuels (i.e. &agrave; annuler les d&eacute;ficits), il n&rsquo;en demeure pas moins que chaque ann&eacute;e des centaines de milliards &euro; devront &ecirc;tre r&eacute;emprunt&eacute;s pour prolonger les emprunts arriv&eacute;s &agrave; &eacute;ch&eacute;ance. Et si, pour des raisons internes ou externes, les march&eacute;s obligatoires deviennent nerveux, alors les taux de r&eacute;emprunt risquent de cro&icirc;tre fortement, provoquant ainsi une augmentation du co&ucirc;t de la dette, d&rsquo;o&ugrave; la r&eacute;apparition des d&eacute;ficits suppos&eacute;s pr&eacute;c&eacute;demment annul&eacute;s. </font> </p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"> <font face="Arial" color="#000000" size="2">Pour mettre fin &agrave; ce cercle vicieux et incontr&ocirc;lable, nous proposons la solution suivante : renoncer une bonne fois pour toutes &agrave; rembourser les emprunts d&rsquo;Etat (et autres dettes publiques), et les remplacer par des ODI (obligations &agrave; dur&eacute;e ind&eacute;termin&eacute;e), &agrave; &eacute;ch&eacute;ance non fix&eacute;e, un peu comme les anciennes &laquo; rentes perp&eacute;tuelles&raquo;; de cette mani&egrave;re, l&rsquo;Etat aura juste &agrave; payer les coupons annuels aux investisseurs (en g&eacute;n&eacute;ral des institutionnels, ou des fonds bancaires ou d&rsquo;assurance-vie), sans capital aucun &agrave; rembourser ni &agrave; r&eacute;emprunter, sauf s'il d&eacute;cide de racheter partiellement sa dette. </font> </p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"> <font face="Arial" color="#000000" size="2">Les investisseurs, de leur c&ocirc;t&eacute;, continueront &agrave; percevoir leurs int&eacute;r&ecirc;ts annuels ; et s&rsquo;ils veulent r&eacute;cup&eacute;rer leur capital, ils revendront leurs titres sur le march&eacute; secondaire, march&eacute; tr&egrave;s &laquo; profond &raquo; et tr&egrave;s organis&eacute;. En pratique, la transformation des emprunts d&rsquo;Etat en ODI devrait se faire d&rsquo;un seul coup, pour la totalit&eacute; de la dette, et ce sous l&rsquo;&eacute;gide de la BCE et de la Banque de France, avec l&rsquo;intervention massive des SVT (&eacute;tablissements Sp&eacute;cialistes en Valeurs du Tr&eacute;sor). </font> </p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"> <font face="Arial" color="#000000" size="2">De cette mani&egrave;re, l&rsquo;Etat fran&ccedil;ais pourrait sereinement poursuivre sa politique de r&eacute;formes, sans se retrouver &agrave; tout moment &agrave; la merci des humeurs des march&eacute;s financiers. </font> </p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm"><font face="Arial" color="#000000" size="2"><font color="#000000"><span style="text-decoration: none"><strong>Conclusion </strong></span></font></font> </p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm"><font face="Arial" color="#000000" size="2"><span style="text-decoration: none"><strong>Ces trois mesures, pas forc&eacute;ment &eacute;videntes &agrave; mettre en pratique, mais qui n&rsquo;ont rien d&rsquo;utopique dans le fond, devraient permettre de redynamiser durablement et en profondeur une &eacute;conomie et une soci&eacute;t&eacute; fran&ccedil;aise actuellement frapp&eacute;es de sinistrose aigu&euml;. </strong></span></font> </p> Thu, 16 Oct 2014 23:00:00 GMT L'Allemagne découvre qu'elle n'a pas de défense. http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1512 1512 <br /><font face="Arial" size="2"> </font> <h3 style="font-weight: normal"><font face="Arial" color="#FF0000" size="2">Beaucoup de pays dont nombre d'europ&eacute;ens s'y sont laiss&eacute; prendre. Or ils attendent toujours la mise en service op&eacute;rationnelle, et pour certains la livraison, de cet appareil miracle. Dans la m&ecirc;me temps, la France avec le Dassault Aviation Rafale, avait accumul&eacute; tous les succ&egrave;s. Aujourd'hui les Rafales volent parfaitement, malheureusement au service de missions que nous n'approuvons gu&egrave;re, mais il s'agit d'un autre sujet. Or comme nous l'avions souvent nous-m&ecirc;mes soulign&eacute;, les arm&eacute;es de l'air int&eacute;ress&eacute;es par le Rafale ont fait l'objet d'innombrables chantages de la part des Etats-Unis pour les obliger &agrave; chercher ailleurs. Ce qui a autoris&eacute; la presse fran&ccedil;aise &agrave; se gausser en permanence du Rafale, qui selon elle ne trouve pas preneur. </font> </h3> <font face="Arial" color="#FF0000" size="2"> </font> <p><font face="Arial" color="#FF0000" size="2"><span style="font-weight: normal">L'article ci-dessous, que Philippe Grasset nous a autoris&eacute; &agrave; reproduire, ne traite pas seulement des malheurs du F35, mais de ceux de l'&nbsp;&laquo;&nbsp;europ&eacute;en&nbsp;&raquo; Eurofighter (tr&egrave;s largement con&ccedil;u et r&eacute;alis&eacute; par British Aerospace) et de ceux du vieil F22 am&eacute;ricain, tous trois &eacute;quipant, ou cens&eacute;s &eacute;quiper, les arm&eacute;es de l'air europ&eacute;ennes, sauf la fran&ccedil;aise. Or il s'av&egrave;re qu'aucune des 3 s&eacute;ries d'appareils n'est en &eacute;tat d'accomplir des missions r&eacute;guli&egrave;res, ceci pour des d&eacute;fauts divers. Cette situation vient de d'obliger la presse allemande &agrave; d&eacute;couvrir que l'Allemagne n'a pas de force a&eacute;rienne op&eacute;rationnelle, alors que ce pays est la premi&egrave;re puissance industrielle d'Europe. </span></font> </p> <font face="Arial" color="#FF0000" size="2"> </font> <p><font face="Arial" color="#FF0000" size="2"><span style="font-weight: normal">L'Allemagne n'est pas la seule des pays europ&eacute;ens, sauf la France, &agrave; &ecirc;tre dans ce cas. Mais comme le souligne Philippe Grasset, ce n'est pas seulement dans le domaine de l'avion de combat que l'Europe n'a pas de capacit&eacute;s propres, et doit d&eacute;pendre &agrave; quasiment &agrave; 100% des Etats-Unis. C'est dans tous les autres domaines. Nous savons bien ici, pour l'avoir souvent regrett&eacute;, qu'il n'existait pas encore d'Europe de la d&eacute;fense, en dehors des contingents pr&ecirc;t&eacute;s &agrave; l'Otan, sous commandement des Etats-Unis. Cet article en donne une nouvelle illustration. <br /> </span></font></p> <p><font face="Arial" color="#FF0000" size="2"><span style="font-weight: normal">J.P. Baquiast pour Europe solidaire<br /> </span></font> </p> <font face="Arial" size="2"> </font> <h2><font face="Arial" size="2"><strong>Eurofighter, F-22, JSF : l&rsquo;effondrement de l&rsquo;avion de combat</strong></font></h2> <font face="Arial" size="2"> </font> <p><font face="Arial" size="2">Pour l&rsquo;heure, les nouvelles viennent surtout de l&rsquo;Eurofighter (<em>Typhoon</em>), le &ldquo;nouvel&rdquo; (depuis 15 ans) avion de combat europ&eacute;en, dans sa version allemande. Des r&eacute;v&eacute;lations et analyses venues du <em>Spiegel</em> sont d&eacute;vastatrices. Plusieurs axes d&rsquo;analyse sont disponiblecon&ccedil;u et r&eacute;alis&eacute; par l'anglais BAEs dans le travail du <em>Spiegel</em>, essentiellement autour de l&rsquo;id&eacute;e de l&rsquo;effondrement des capacit&eacute;s militaires allemandes en g&eacute;n&eacute;ral, mais une place tr&egrave;s importante est accord&eacute;e &agrave; l&rsquo;Eurofighter. C&rsquo;est &agrave; cet aspect que nous nous attachons ici, sans laisser de c&ocirc;t&eacute; le reste, et notamment le probl&egrave;me g&eacute;n&eacute;ral allemand ainsi soulev&eacute;, sur lequel nous reviendrons. </font></p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p><font face="Arial" size="2">&bull; D&rsquo;abord, une d&eacute;p&ecirc;che de l&rsquo;AFP du <a href="http://www.defensenews.com/article/20140930/DEFREG01/309300045/Germany-Eurofighter-Has-Manufacturing-Fault">30 septembre 2014</a> a annonc&eacute; que l&rsquo;Allemagne avait observ&eacute; un d&eacute;faut de construction majeur de l&rsquo;avion de combat Eurofighter qui met en question sa viabilit&eacute; comme avion de combat. Les livraisons de l&rsquo;avion sont suspendues. La m&ecirc;me d&eacute;p&ecirc;che signale que les Britanniques avaient identifi&eacute; ce d&eacute;faut, mais n&rsquo;avaient gu&egrave;re donn&eacute; de publicit&eacute; &agrave; la chose. </font></p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p><font face="Arial" size="2">&bull; Le m&ecirc;me <em>Spiegel</em> d&eacute;veloppe dans divers textes (deux, notamment, les m&ecirc;mes <a href="http://www.spiegel.de/international/germany/ramshackle-army-at-odds-with-berlin-s-global-aspirations-a-994607.html">30 septembre 2014</a> et <a href="http://www.spiegel.de/fotostrecke/photo-gallery-out-of-commission-fotostrecke-119558-5.html">30 septembre 2014</a>), divers rapports et constats des autorit&eacute;s militaires qui mettent en &eacute;vidence l&rsquo;effondrement de la puissance militaire allemande. Concernant les 109 Eurofighter actuellement disponibles au sein de la Luftwaffe, la situation catastrophique est simplement r&eacute;sum&eacute;e par le fait qu&rsquo;entre 6 et 8 avions sont r&eacute;ellement &ldquo;op&eacute;rationnels&rdquo; pour un d&eacute;ploiement dans des op&eacute;rations dans des crises qui sont d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; engag&eacute;es et en plein d&eacute;veloppement&nbsp;; cette situation catastrophique n&rsquo;est donc pas une &eacute;valuation th&eacute;orique mais une &ldquo;v&eacute;rit&eacute; de situation&rdquo;, de la situation op&eacute;rationnelle de l&rsquo;aviation de combat allemande. </font></p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p><font face="Arial" size="2">&bull; Les Britanniques sont plus discrets, mais leur situation n&rsquo;est pas meilleure. Leur participation contre ISIS, ou <em>Daesh</em>, a &eacute;t&eacute; marqu&eacute;e par diverses h&eacute;sitations avant d&rsquo;&ecirc;tre d&eacute;cid&eacute;e. Cela fut interpr&eacute;t&eacute; d&rsquo;un point de vue politique (le Royaume-Uni serait rest&eacute; prudent pour un tel engagement), mais c&rsquo;est aussi et <strong>peut-&ecirc;tre d&rsquo;abord</strong> pour des raisons techniques, concernant l&rsquo;&eacute;tat de la flotte d&rsquo;Eurofighter. Il devait en effet s&rsquo;agit d&rsquo;abord, n&eacute;cessairement, de l&rsquo;engagement des forces a&eacute;riennes les plus modernes (l&rsquo;Eurofighter, dit <em>Typhoon</em> pour les Britanniques), parce que la politique du syst&egrave;me de la communication exige de telles d&eacute;monstrations d&rsquo;&ldquo;excellence&rdquo; (!), surtout quand les Fran&ccedil;ais d&eacute;ploient leurs <em>Rafale</em>. Les <em>Typhoon</em> n&rsquo;ont pas fait long feu. Ce sont les vieux <em>Tornado</em> qui se chargent de la besogne, par ailleurs tout &agrave; fait inutile et futile puisque <em>Daesh</em> s&rsquo;adapte &agrave; la chose et n&rsquo;offre pratiquement plus d&rsquo;objectifs aux ambitions conqu&eacute;rantes du bloc BAO. Quoi qu&rsquo;il en soit, comme le sugg&egrave;re Richard Norton-Taylor, du <em>Guardian</em> le <a href="http://www.theguardian.com/world/2014/oct/01/raf-military-jet-strikes-iraq-isis-islamic-state">1er octobre 2014</a>, la situation fait que le retrait pour raison d&rsquo;obsolescence et de vieillissement d&rsquo;un escadron de <em>Tornado</em>, en 2015, est report&eacute; <em>sine die</em> pour cause d&rsquo;incertitude compl&egrave;te et catastrophique du sort du <em>Typhoon</em>. </font></p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p><font face="Arial" size="2">&bull; Heureusement, il reste les USA, &ndash; et comment&nbsp;! Eh bien, ce n&rsquo;est pas &eacute;vident. Certes, ils ont leurs vieux avions de combat (sauf les derni&egrave;res versions du F-18 de la Navy, mais aux capacit&eacute;s limit&eacute;es), F-15, F-16, etc., tous ces avions con&ccedil;us fin des ann&eacute;es 1960/d&eacute;but des ann&eacute;es 1970, qui volent avec diverses limitations de performances et d&rsquo;enveloppes de vol. Mais leurs successeurs, la fameuse, mythique et <em>stealthy</em> 5&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration&nbsp;? Des F-22 de 5&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration ont particip&eacute; &agrave; la premi&egrave;re mission en Syrie contre <em>Daesh</em>. (Premi&egrave;re mission de guerre pour un avion op&eacute;rationnel depuis neuf ans, dont le d&eacute;but du d&eacute;veloppement remonte &agrave; 1983-1989, qui co&ucirc;te plus de $350 millions l&rsquo;unit&eacute;, qui fonctionne en g&eacute;n&eacute;ral &agrave; un tiers de ses capacit&eacute;s avec un <em>software</em> extr&ecirc;mement instable et dangereux dans certaines situations.) Cette premi&egrave;re &ldquo;mission de guerre&rdquo; fut salu&eacute;e avec un pompeux enthousiasme de communication&nbsp;: l&rsquo;avion de combat F-22, op&eacute;rationnel depuis 9 ans, est capable de voler en op&eacute;ration de combat&nbsp;! Gloire consid&eacute;rable et d&eacute;monstration impeccable... <br /> <br /> On pr&eacute;cise que cette mission consistait en un tir de missiles guid&eacute;s sophistiqu&eacute;s vers des objectifs terrestres, chose qu&rsquo;aurait pu faire n&rsquo;importe quelle autre &ldquo;plate-forme&rdquo;, et cela dans un environnement compl&egrave;tement s&eacute;curis&eacute; par l&rsquo;assurance que la Syrie ne ferait rien contre cette incursion dans son espace a&eacute;rien, mais au contraire l&rsquo;appuierait tacitement. Il s&rsquo;agissait donc d&rsquo;une mission de communication, pour nous prouver que le F-22 existe effectivement... Pour autant, l&rsquo;USAF s&rsquo;en est tenue &agrave; cette seule mission pour le F-22, et il circule &agrave; nouveau des bruits selon lesquels le fonctionnement des capacit&eacute;s &eacute;lectroniques de l&rsquo;avion dans le cours de l'op&eacute;ration a montr&eacute; la persistance des probl&egrave;mes chroniques, voire m&ecirc;me la mise &agrave; jour de nouveaux probl&egrave;mes dans le cas d&rsquo;un des F-22 engag&eacute;s, oblig&eacute; d&rsquo;&eacute;courter sa mission. </font></p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p><font face="Arial" size="2">&bull; Quant &agrave; l&rsquo;avenir qui devrait &ecirc;tre proche sinon imm&eacute;diat, il s&rsquo;appelle JSF et il est plus que jamais soumis &agrave; des incertitudes de plus en plus catastrophiques. Le dernier incident en date, un <a href="http://www.dedefensa.org/article-mission-suicide_du_jsf_farnborough__04_07_2014.html">probl&egrave;me de moteur</a> qui devait n&rsquo;&ecirc;tre qu&rsquo;anecdotique se prolonge et pourrait d&eacute;couvrir un nouveau domaine de difficult&eacute;s graves pour le JSF qui est d&eacute;j&agrave; confront&eacute; &agrave; divers autres, dont l&rsquo;&eacute;pouvantable d&eacute;fi de la mise au point de ses capacit&eacute;s &eacute;lectroniques, d&rsquo;un <em>software</em> dont l&rsquo;avancement n&rsquo;a pas encore atteint les 20% de toutes les capacit&eacute;s n&eacute;cessaires. L&rsquo;article tr&egrave;s alarmistes des sp&eacute;cialistes du probl&egrave;me, Amy Butler et Bill Sweetman, dans <em>Aviation Week &amp; Space Technology</em> le <a href="http://aviationweek.com/defense/f-35-fire-search-solution">8 septembre 2014</a>, reste d&rsquo;actualit&eacute; dans l&rsquo;esprit extr&ecirc;mement pr&eacute;occup&eacute; de la chose. </font></p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p><font face="Arial" size="2">&bull; La d&eacute;monstration absolument grotesque des Britanniques lors du sommet de l&rsquo;OTAN du d&eacute;but septembre mesure l&rsquo;&eacute;tat indescriptible du JSF, coinc&eacute; entre une &ldquo;v&eacute;rit&eacute; de situation&rdquo; catastrophique et une communication qui tente de sauver les meubles. L&rsquo;exposition, lors du sommet, d&rsquo;un <strong>JSF en bois</strong>, malgr&eacute; les observations ironiques de divers services de communication non-UK sur l&rsquo;aspect path&eacute;tique de cette initiative, a effectivement mis en &eacute;vidence d&rsquo;un point de vue symbolique la terrible catastrophe technologique et militaire que constitue &ldquo;le seul avion de combat&rdquo; avanc&eacute;&rdquo; au XXI&egrave;me si&egrave;cle dont disposeront les forces US, UK et des divers serviteurs asserment&eacute;s de la zone BAO et suppl&eacute;tifs. </font></p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p><font face="Arial" size="2"><strong>Une situation catastrophique</strong></font></p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p><font face="Arial" size="2">Ce dernier point est certainement le plus symboliquement significatif du th&egrave;me que nous voulons d&eacute;velopper, tant le JSF est devenu le mythe de la puissance a&eacute;rienne, militaire et technologique du bloc BAO pour le XXI&egrave;me si&egrave;cle. Mais le cas de l&rsquo;Eurofighter est, concr&egrave;tement lui, une d&eacute;monstration <em>in vivo</em> que la situation catastrophique &agrave; laquelle nous pr&ecirc;tons notre attention est d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; existante, et sur un mode d&rsquo;une telle surpuissance que l&rsquo;on peut parler de la phase d&rsquo;autodestruction d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; entam&eacute;e. Bien entendu, les Fran&ccedil;ais, avec le <em>Rafale</em>, semblent compl&egrave;tement &eacute;chapper &agrave; cette situation, et les Russes (Su-35, Su-37) sans doute de leur c&ocirc;t&eacute; (avec l&rsquo;&eacute;nigme chinoise en plus). Mais les Fran&ccedil;ais et les Russes sont chacun &agrave; leur fa&ccedil;on des &ldquo;exceptions&rdquo;, qui ont eu la sagesse de d&eacute;velopper des avions d&rsquo;une g&eacute;n&eacute;ration disons entre la 4&egrave;me et la 5&egrave;me, (disons &ldquo;4 et demi&rdquo;) qui pourrait s&rsquo;av&eacute;rer sup&eacute;rieure &agrave; la cinqui&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration plong&eacute;e dans une compl&egrave;te d&eacute;b&acirc;cle. (Reste &agrave; voir le d&eacute;veloppement du nouveau T-50 russe, et russo-indien, qui s&rsquo;affiche compl&egrave;tement de la 5&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration.) </font></p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p><font face="Arial" size="2">Les Fran&ccedil;ais sont une &ldquo;exception&rdquo; par tradition d&rsquo;ind&eacute;pendance et de souverainet&eacute;, ce qui est bien et explique qu&rsquo;ils ont r&eacute;ussi l&agrave; o&ugrave; les autres ont &eacute;chou&eacute;. (L&rsquo;Eurofighter est aussi un avion de g&eacute;n&eacute;ration &ldquo;4 et demi&rdquo;.) Mais l&rsquo;on sait &agrave; quelle hypoth&egrave;que est soumise cette tradition fran&ccedil;aise, avec l&rsquo;orientation de la direction politique depuis 2007-2012. Les Russes sont aussi une &ldquo;exception&rdquo;, franchement hors du bloc BAO, et plus encore depuis l&rsquo;affaire ukrainienne&nbsp;; et l&rsquo;on peut concevoir que leur tradition de prudence et de robustesse dans le d&eacute;veloppement des &eacute;quipements, m&ecirc;me les plus avanc&eacute;s, pourrait les conduire &agrave; des d&eacute;veloppements suffisamment ma&icirc;tris&eacute;s, aux d&eacute;pens d&rsquo;une ambition technologique trop risqu&eacute;e, pour continuer une situation technologique acceptable&nbsp;; l&rsquo;hypoth&egrave;se est donc plus optimiste que dans le cas anglosaxon, mais reste, comme c&rsquo;est logique, hypoth&eacute;tique... </font></p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p><font face="Arial" size="2">On peut donc observer le cas du bloc BAO dans sa composante anglo-saxonnis&eacute;e &eacute;largie au reste du bloc, avec les restes de l&rsquo;&ldquo;exception&rdquo; fran&ccedil;aise &agrave; part. On se trouve alors devant la situation du d&eacute;veloppement technologique pur et sans frein (ni comp&eacute;tence au niveau de l&rsquo;int&eacute;gration, de plus en plus souvent) de l&rsquo;avion de combat de la g&eacute;n&eacute;ration d&rsquo;au-del&agrave; des concepts jusqu&rsquo;ici suivis pour cette cat&eacute;gorie. Les mod&egrave;les US sont les plus exemplaires dans le domaine catastrophique que nous voulons observer, avec la compl&egrave;te abdication du concept de l&rsquo;avion de combat devant le <em>diktat</em> combin&eacute; de la compl&egrave;te informatisation et de la <em>Stealth Technology</em>. Il s&rsquo;agit de la situation du Progr&egrave;s sans le moindre frein, du syst&egrave;me du technologisme d&eacute;velopp&eacute; en pleine surpuissance, sans aucun frein de prudence, sans aucun am&eacute;nagement d&rsquo;adaptation aux r&eacute;alit&eacute;s op&eacute;rationnelles. </font></p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p><font face="Arial" size="2"><strong>Le syst&egrave;me du technologisme</strong></font></p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p><font face="Arial" size="2">Le r&eacute;sultat absolument catastrophique qu&rsquo;on observe, avec le cas de l&rsquo;Eurofighter comme premi&egrave;re indication de l&rsquo;orientation, est une terrible mise en cause du syst&egrave;me du technologisme, et au-del&agrave; du Progr&egrave;s lui-m&ecirc;me, avec la question pos&eacute;e de sa validit&eacute; m&ecirc;me, sinon pire encore ... Car ce &ldquo;pire encore&rdquo; implique bien entendu la fameuse &eacute;quation qui, selon nous, caract&eacute;rise le Syst&egrave;me, qui est l&rsquo;&eacute;quation surpuissance-autodestruction. Il est de plus en plus manifeste avec le couple F-22/JSF, pr&eacute;c&eacute;d&eacute; par l&rsquo;habituelle imitation comme une &ldquo;r&eacute;plique sismique&rdquo; (mais cette fois en amont) des Britanniques, &ndash; parce que l&rsquo;Eurofighter, bien que nominalement europ&eacute;en, est fondamentalement de conception britannique, &ndash; que l&rsquo;on entre de plus en plus dans le domaine de l&rsquo;effondrement par autodestruction du syst&egrave;me du technologisme, dans ce domaine extr&ecirc;mement avanc&eacute; et symboliquement autant que politiquement important de l&rsquo;avion de combat. </font></p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p><font face="Arial" size="2">La d&eacute;monstration d&eacute;passe donc le cadre de l&rsquo;avion de combat, du cadre militaire, pour s&rsquo;attacher &agrave; la question fondamentale du progr&egrave;s technologique&nbsp;; c&rsquo;est-&agrave;-dire la question fondamentale des limites, jusqu&rsquo;&agrave; une situation o&ugrave; le progr&egrave;s se retourne contre lui-m&ecirc;me, o&ugrave; la surpuissance se fait autodestruction. Il s&rsquo;agit bel et bien d&rsquo;une question de civilisation, qui confirme &eacute;videmment tout ce que nous observons quotidiennement &agrave; cet &eacute;gard, dans d&rsquo;autres domaines que celui envisag&eacute; aujourd&rsquo;hui. Le cas examin&eacute; de l&rsquo;avion de combat a l&rsquo;avantage de nous offrir un cas concret, op&eacute;rationnel, confront&eacute; &agrave; la v&eacute;rit&eacute; du monde. Le r&eacute;sultat est d&rsquo;autant plus impressionnant&nbsp;: au travers de la quincaillerie, c&rsquo;est bien toute l&rsquo;orientation civilisationnelle qui est en cause, et ce n&rsquo;est rien de moins qu&rsquo;un signe puissant que la crise d&rsquo;effondrement du Syst&egrave;me est bien plus qu&rsquo;une hypoth&egrave;se th&eacute;orique ou sp&eacute;culative. Nous laissons de c&ocirc;t&eacute;, par choix d&eacute;lib&eacute;r&eacute; en attendant de le traiter sur sa valeur propre, le domaine des cons&eacute;quences politiques les plus larges d&rsquo;une telle hypoth&egrave;que pesant sur la puissance militaire et la situation du syst&egrave;me du technologisme&nbsp;; on comprend tout de m&ecirc;me que cette dynamique est du type des cons&eacute;quences politiques en cascade, toutes plus d&eacute;stabilisantes les unes que les autres, et cela d&rsquo;abord et principalement pour le bloc BAO. </font></p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font face="Arial" size="2">Philippe Grasset</font></p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"> <font face="Arial" size="2"><a href="http://www.dedefensa.org/article-eurofighter_f-22_jsf_l_effondrement_de_l_avion_de_combat_02_10_2014.html">http://www.dedefensa.org/article-eurofighter_f-22_jsf_l_effondrement_de_l_avion_de_combat_02_10_2014.html</a></font></p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><br /> </p> Wed, 01 Oct 2014 23:00:00 GMT Lutte contre le terrorisme islamique&#160;: l'Occident a tout faux&#160;! http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1505 1505 <br /><br /> Pire encore, en exacerbant les affrontements arm&eacute;s entre &laquo; crois&eacute;s chr&eacute;tiens &raquo; et &laquo; fous d&rsquo;Allah &raquo;, les pays occidentaux et sp&eacute;cialement europ&eacute;ens, France en t&ecirc;te, ont vu surgir en leur sein des centaines, voire des milliers de fanatiques musulmans tout &agrave; fait pr&ecirc;ts &agrave; servir d&rsquo;ex&eacute;cutants d&eacute;vou&eacute;s pour des attentats con&ccedil;us &agrave; distance par des commanditaires irakiens ou &eacute;gyptiens; comment g&eacute;rer &agrave; pr&eacute;sent cette situation critique ? <br /> <br /> S&ucirc;rement pas en envoyant nos &laquo; Rafale &raquo; bombarder des bases &quot;djihadistes&quot; en Irak ou en Syrie ; mais plut&ocirc;t, pour ce qui concerne notre s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure, en d&eacute;gageant au niveau des Services de renseignement de grosses sommes en liquide pour encourager tout un chacun, moyennant 100 ou 200 000 &euro; pay&eacute;s cash et en toute discr&eacute;tion, &agrave; d&eacute;noncer les pr&eacute;paratifs d&rsquo;attentats meurtriers ; apr&egrave;s tout, les terroristes en herbe ont certainement des connaissances qui ne <br /> leur veulent pas que du bien, et qui en tout cas ne sont pas insensibles aux esp&egrave;ces sonnantes et tr&eacute;buchantes&hellip; <br /> <font color="#000080"><strong><br /> Politique int&eacute;rieure : la France s&rsquo;enfonce... </strong></font><br /> <br /> Nous n&rsquo;insisterons pas &agrave; nouveau sur la faiblesse de notre dirigeant supr&ecirc;me, dont la seule d&eacute;cision intelligente et noble serait de donner illico sa d&eacute;mission, tant il s&rsquo;est d&eacute;sormais r&eacute;v&eacute;l&eacute; d&eacute;finitivement incapable de remettre le pays sur les rails, totalement d&eacute;cr&eacute;dibilis&eacute; qu&rsquo;il est. Nous n&rsquo;insisterons pas non plus sur la tentative de retour en fanfare de son pr&eacute;d&eacute;cesseur qui, en d&eacute;pit d&rsquo;une &eacute;nergie d&eacute;bordante, aura prouv&eacute; durant ses cinq ans de mandat qu&rsquo;il n&rsquo;avait aucun v&eacute;ritable projet pour le pays. <br /> <br /> A vrai dire, l&rsquo;ambiance globale en France ne fait que se d&eacute;grader ; les dirigeants politiques, actuels comme pr&eacute;c&eacute;dents, font figure, pour l'opinion publique, au mieux d&rsquo;incapables, et au pire des profiteurs ou de corrompus. Il est clair qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui le pays a besoin d&rsquo;une direction de rupture ; il n&rsquo;est pas &eacute;vident que le Front National puisse l&rsquo;incarner dans la dur&eacute;e, mais il est par contre &eacute;vident qu&rsquo;il est actuellement le seul &agrave; &ecirc;tre cr&eacute;dible pour une proportion grandissante de fran&ccedil;ais exasp&eacute;r&eacute;s par la nullit&eacute; de leurs &eacute;lites dirigeantes. <br /> <br /> Relance de l&rsquo;&eacute;conomie : tirons donc parti des facteurs de production inutilis&eacute;s ! Pour faire fonctionner une entreprise, deux ingr&eacute;dients de base, deux facteurs de production sont n&eacute;cessaires: le capital et le travail. Le capital c&rsquo;est l&rsquo;argent investi par les actionnaires, pr&ecirc;t&eacute; par les banques et r&eacute;g&eacute;n&eacute;r&eacute; par les <br /> b&eacute;n&eacute;fices engrang&eacute;s. Le travail, c&rsquo;est celui des salari&eacute;s et de leurs dirigeants pour faire fonctionner l&rsquo;entreprise, <br /> assurer la production des biens et services et les commercialiser. Aujourd&rsquo;hui, avec cette crise qui n&rsquo;en finit pas de durer, l&rsquo;entreprise ne fonctionne pas au plein de ses possibilit&eacute;s ; comment donc la r&eacute;activer, la doper, lui redonner du dynamisme ? En fait, tout simplement en lui injectant <br /> gratuitement un surplus de capital et de travail, une double piq&ucirc;re de vitamines ; il existe en effet &laquo; dans la <br /> nature &raquo; une grande quantit&eacute; de ces ingr&eacute;dients inutilis&eacute;s, gaspill&eacute;s, laiss&eacute;s en jach&egrave;re. <br /> <br /> D&rsquo;une part pour ce qui est du capital, de l&rsquo;argent, il en existe &agrave; sati&eacute;t&eacute;, &agrave; la fois dans les r&eacute;serves de la BCE et dans celles des banques commerciales ; il suffirait d&rsquo;extraire juste une petite partie de gigantesques ressources disponibles, sous forme de subventions de la BCE et de pr&ecirc;ts&nbsp; &laquo; packag&eacute;s &raquo; des banques directement dirig&eacute;s vers les PME, pour redonner un gros coup de fouet aux entreprises en assouplissant leurs conditions financi&egrave;res. <br /> <br /> D&rsquo;autre part, en ce qui concerne le travail, l&rsquo;arm&eacute;e chaque jour plus nombreuse de ch&ocirc;meurs pay&eacute;s &agrave; ne rien faire pourrait utilement &ecirc;tre affect&eacute;e, temporairement et syst&eacute;matiquement, au sein des PME, selon des modalit&eacute;s &agrave; mettre au point intelligemment, pour renforcer les &eacute;quipes en place et pour leur permettre d&rsquo;accro&icirc;tre ou de diversifier leur champ d&rsquo;activit&eacute;, tout cela sans co&ucirc;t pour l&rsquo;entreprise. <br /> <br /> Ces deux facteurs de production, gratuits ou quasi-gratuits, pourraient vraiment, s&rsquo;ils &eacute;taient massivement mis en service, transformer une &eacute;conomie en r&eacute;gression et en d&eacute;flation en &eacute;conomie r&eacute;g&eacute;n&eacute;r&eacute;e et dynamique. Et ce n&rsquo;est pas l&agrave; un r&ecirc;ve, c&rsquo;est tout simplement possible&nbsp; &agrave; condition d'avoir le courage et la volont&eacute; de le d&eacute;cider et de le faire.... <br /> <br /> Ndlr: L'auteur est &eacute;conomiste. Il est &eacute;diteur de&nbsp; La Gazette des Changes<a href="http://www.joseph-leddet.com/tag/gazette-des-changes/">&nbsp; http://www.joseph-leddet.com/tag/gazette-des-changes/</a> Fri, 26 Sep 2014 23:00:00 GMT Les Etats-Unis et la lutte contre l'Etat islamique http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1500 1500 <br /><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><strong><font color="#000099"> </font></strong></font> <p align="left"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">D&eacute;but septembre, Barack Obama a d&eacute;clar&eacute; quasi unilat&eacute;ralement, la guerre contre &laquo;&nbsp;l'Etat islamique&nbsp;&raquo;. Mais pour le moment il se limite &agrave; des frappes a&eacute;riennes, certes efficaces dans l'instant mais qui n'obtiendront pas de r&eacute;sultats &agrave; terme. A la Conf&eacute;rence de Pais du 15 septembre, une trentaine d'Etats, ainsi que le Conseil de S&eacute;curit&eacute; de l'ONU, ont d&eacute;cid&eacute; de mener une intervention d'ensemble.Or celle-ci, &agrave; part quelques frappes a&eacute;riennes fran&ccedil;aises, semble devoir se limiter &agrave; des paroles. </font></p> <p align="left"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Aucune des actions en profondeur dont pour notre part nous avions propos&eacute; une liste (Cf <a href="http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1487&amp;r_id=%29">La lutte contre les &eacute;gorgeurs</a> ) ne seront entreprises. La situation sur le terrain reste inextricable, incompr&eacute;hensible m&ecirc;me pour qui n'a pas d'&eacute;l&eacute;ments d'informations suffisants. L'Etat islamique a encore de beaux jours devant lui. Et il continuera &agrave; recruter de jeunes djihadistes en Occident.<br /> <br /> Nous proposons ici des extraits de deux analyses de la situation actuelle, partant de points de vue diff&eacute;rents, mais qui pourraient faire conclure &agrave; la n&eacute;cessit&eacute; d'une intervention au sol, sous pavillon de l'ONU et du Conseil de S&eacute;curit&eacute;, de troupes susceptibles, non seulement de ramener le calme, mais de faire n&eacute;gocier des solutions politiques.</font></p> <p align="left"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"> Mais pour ce faire, il faudra bien conna&icirc;tre les aspects religieux et tribaux de la situation actuelle. Il ne para&icirc;t pas possible de faire confiance &agrave; l'Am&eacute;rique pour ce faire.<br /> <br /> Les d&eacute;coupages et les intertitres sont de nous. Europe-solidaire</font><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"></font></p> <hr /> <p align="left"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><br /> <strong>1. Analyse de Pierre-Jean Luizard, Directeur de recherche au CNRS</strong></font><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><strong><br /> </strong>M&eacute;diapart <a href="http://www.mediapart.fr/journal/international/210914/luizard-nous-sommes-dans-le-piege-tendu-par-l-etat-islamique">http://www.mediapart.fr/journal/international/210914/luizard-nous-sommes-dans-le-piege-tendu-par-l-etat-islamique</a></font></font></p> <p align="left"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><br /> L&rsquo;islam dans les pays arabes du Moyen-Orient n&rsquo;est pas une simple spiritualit&eacute;, et la politique n&rsquo;est pas, loin s&rsquo;en faut, ind&eacute;pendante de la religion. La direction religieuse chiite a une longue tradition d&rsquo;intervention dans les affaires politiques. De grands ayatollahs ont directement dirig&eacute; les mouvements de lutte contre la mainmise europ&eacute;enne sur les &eacute;conomies d&rsquo;Iran et de l&rsquo;empire ottoman, mais aussi contre les occupations par les puissances europ&eacute;ennes&nbsp;durant la Premi&egrave;re Guerre mondiale&nbsp;: en 1914-1918, de grands ayatollahs se sont ainsi transform&eacute;s en chefs de guerre, dirigeant le djihad sur le terrain contre l&rsquo;invasion britannique. La r&eacute;volution de 1920 contre le mandat britannique a &eacute;galement&nbsp;&eacute;t&eacute; dirig&eacute;e par un grand ayatollah chiite.<br /> ...<br /> Il n&rsquo;y a pas de s&eacute;paration, en contexte chiite ou sunnite, entre religion et politique. D&rsquo;autant moins que les syst&egrave;mes politiques fond&eacute;s par la Grande-Bretagne en 1920 et par les &Eacute;tats-Unis en 2003 &eacute;taient assis sur un syst&egrave;me communautaire &agrave; la libanaise, mais inavou&eacute;. Aux d&eacute;buts de l&rsquo;&Eacute;tat irakien, on ne parle pas de chiites ni de sunnites, mais une fois la d&eacute;faite du mouvement chiite consomm&eacute;e en 1925, c&rsquo;est bien un &Eacute;tat sunnite qui s&rsquo;est mis en place, avec un certain nombre<br /> </font></font></p> <p align="left"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">En 2003, les Am&eacute;ricains se sont retrouv&eacute;s face aux m&ecirc;mes enjeux que les Britanniques en 1920. Dans la soci&eacute;t&eacute; irakienne, dans le contexte d&rsquo;une occupation &eacute;trang&egrave;re, on ne peut pas s&rsquo;adresser aux &eacute;lecteurs sur des bases citoyennes. Il y a des r&eacute;flexes primaires, claniques, tribaux, locaux et communautaires, qui l&rsquo;emportent. Les Am&eacute;ricains n&rsquo;ont pas sciemment tent&eacute; de reconstruire l&rsquo;Irak sur des bases confessionnelles, mais c&rsquo;est la r&eacute;alit&eacute; qui s&rsquo;est impos&eacute;e &agrave; eux dans un contexte d&rsquo;occupation. Ils auraient tr&egrave;s bien pu essayer de ressusciter un leadership sunnite, mais le traumatisme de la chute de Saddam Hussein pour les sunnites a fait que les Am&eacute;ricains ont &eacute;t&eacute; contraints de s&rsquo;adresser &agrave; l&rsquo;opposition.<br /> <br /> <strong>Un syst&egrave;me des quotas &agrave; la libanaise</strong></font></font></p> <p align="left"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Les Am&eacute;ricians ont mis en place un syst&egrave;me des quotas, avec un pr&eacute;sident kurde et deux vice-pr&eacute;sidents sunnite et chiite, un chef de gouvernement chiite et deux vice-chefs de gouvernement kurde et sunnite, un chef du parlement sunnite et deux vice-pr&eacute;sidents chiite et kurde, et ainsi de suite dans tous les minist&egrave;res&hellip;<br /> <br /> Ce syst&egrave;me, fond&eacute; par les Am&eacute;ricains a mis moins de dix ans &agrave; s&rsquo;effondrer. Son vice est qu'il comporte toujours des exclus. Il ne se r&eacute;f&egrave;re pas &agrave; la r&eacute;alit&eacute; du syst&egrave;me politique en place aujourd&rsquo;hui, dans la mesure o&ugrave; les bases communautaires condamnent les diff&eacute;rents acteurs &agrave; avoir la place de leur poids d&eacute;mographique.<br /> <br /> C&rsquo;est en raison de cette confusion entre majorit&eacute; d&eacute;mocratique et majorit&eacute; d&eacute;mographique qu&rsquo;on a abouti au sentiment justifi&eacute; des Arabes sunnites de perte de leur &laquo;&nbsp;irakit&eacute;&nbsp;&raquo;. Traditionnellement, les chiites en Irak, o&ugrave; ils sont majoritaires, sont beaucoup plus attach&eacute;s aux id&eacute;ologies qu&rsquo;on appelle &laquo;&nbsp;irakistes&nbsp;&raquo;, par contraste avec les id&eacute;ologies nationalistes arabes (qui font des chiites une minorit&eacute; dans un monde arabe majoritairement sunnite).<br /> <br /> Mais dans le syst&egrave;me actuel, les Arabes sunnites n&rsquo;ont pas d&rsquo;autre perspective que de demeurer une minorit&eacute; sans ressource et sans pouvoir. Ils se d&eacute;tournent aujourd&rsquo;hui de l&rsquo;&Eacute;tat irakien pour regarder vers leurs fr&egrave;res en arabit&eacute; et en islam, de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de la fronti&egrave;re, en Syrie, avec lesquels ils sont souvent li&eacute;s tribalement et familialement. Cette fronti&egrave;re est totalement artificielle. <br /> <br /> Le syst&egrave;me que les Am&eacute;ricains ont l&eacute;gu&eacute; aux Irakiens est un syst&egrave;me &agrave; la libanaise, m&ecirc;me si rien n&rsquo;est dit &agrave; ce sujet dans la Constitution, hormis la reconnaissance de l&rsquo;identit&eacute; kurde. Les tentatives de sortir du confessionnalisme, qui avaient recueilli la majorit&eacute; des suffrages des Irakiens lors des derni&egrave;res &eacute;lections, notamment la liste de l&rsquo;&Eacute;tat de droit de Nouri al-Maliki et al-Iraqiya de Iyad Allawi, n&rsquo;ont pas fonctionn&eacute;. Les sunnites qui avaient abandonn&eacute; leur boycott ont vot&eacute; massivement pour al-Iraqiya, qui est devenu une liste sunnite. Et Nouri al-Maliki a regagn&eacute; le giron de la maison commune chiite. Donc c&rsquo;est bien un syst&egrave;me communautariste et confessionnaliste qui &eacute;choue aujourd&rsquo;hui et qui explique l&rsquo;effondrement de l&rsquo;&Eacute;tat irakien.&nbsp;<br /> ...<br /> On accuse Maliki de tous les maux, d&rsquo;autoritarisme et de sectarisme. Mais Maliki ou un autre, cela aurait &eacute;t&eacute; la m&ecirc;me chose. Ce ne sont pas les hommes en l&rsquo;occurrence&nbsp;qui sont importants. Maliki s&rsquo;est fait &eacute;lire &agrave; la t&ecirc;te de sa liste de l&rsquo;&Eacute;tat de droit, ce qui veut bien dire ce que &ccedil;a veut dire, sur la promesse de la fin des quotas et de la fin du confessionnalisme qui a caus&eacute; tant de morts, notamment durant la guerre civile de 2005 &agrave; 2008.</font></font></p> <p align="left"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Dans le contexte des institutions actuelles, vot&eacute;es sous un r&eacute;gime d&rsquo;occupation &eacute;trang&egrave;re, la classe politique a &eacute;t&eacute; &eacute;lue et renouvel&eacute;e sous ce r&eacute;gime. Dans un tel syst&egrave;me, les &eacute;lus ne sont pas libres. S&rsquo;ils veulent garder leur poste, ils doivent obligatoirement satisfaire un certain nombre de r&eacute;seaux client&eacute;listes qui les ram&egrave;nent &agrave; des solidarit&eacute;s locales, puis confessionnelles. Dans ce syst&egrave;me, tout ce qui est donn&eacute; &agrave; d&rsquo;autres, en termes de financement ou d&rsquo;infrastructures par exemple, est per&ccedil;u comme &eacute;tant en moins pour soi. Si Maliki n&rsquo;a pas r&eacute;pondu aux attentes majoritaires de la population d&rsquo;en finir avec le confessionnalisme et les quotas (la muhassasa), c&rsquo;est tr&egrave;s largement &agrave; cause des institutions. Voulant conserver le pouvoir, et ne pouvant pas compter sur les sunnites, il a d&ucirc; revenir dans le bercail des partis religieux chiites.</font></font></p> <p align="left"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Les sunnites, eux, se souviennent qu&rsquo;ils ont eu le monopole de l&rsquo;&Eacute;tat depuis toujours et qu&rsquo;ils sont majoritaires au-del&agrave; des fronti&egrave;res de l&rsquo;Irak. Si la seule solution qu&rsquo;on leur propose est de rester une minorit&eacute; sans ressource ni pouvoir, l&rsquo;&Eacute;tat islamique leur appara&icirc;t comme une meilleure solution.<br /> <strong><br /> L'exemple d&eacute;&ccedil;u des printemps arabes</strong></font></font></p> <p align="left"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Les Arabes sunnites d&rsquo;Irak ont tent&eacute; d&rsquo;utiliser les printemps arabes et, par mim&eacute;tisme, de faire valoir leur volont&eacute; de r&eacute;formes. Il y a eu l&rsquo;illusion parmi de nombreux Arabes sunnites qu&rsquo;ils pouvaient trouver leur place dans ce syst&egrave;me moyennant un certain nombre de r&eacute;formes qu&rsquo;ils ont demand&eacute;es &agrave; Maliki, sans voir que celui-ci &eacute;tait coinc&eacute; par sa base &eacute;lectorale et qu'il ne pouvait pas les satisfaire.<br /> <br /> Il y a eu un mouvement de protestation pacifique au d&eacute;but, avec des&nbsp;sit-in, et les djihadistes n&rsquo;ont connu leur essor rapide qu'&agrave; partir du moment o&ugrave; la force arm&eacute;e a &eacute;t&eacute; massivement employ&eacute;e par le gouvernement. D&rsquo;abord contre Falloujah (tomb&eacute;e aux mains de l&rsquo;&Eacute;tat islamiste en janvier 2014), et ensuite contre ces mouvements protestataires pacifiques, avec l&rsquo;utilisation de m&eacute;thodes dignes du gouvernement syrien de Bachar el-Assad avec bombardement de quartiers d&rsquo;habitations, d&rsquo;h&ocirc;pitaux&hellip;<br /> <br /> &Agrave; partir de ce moment-l&agrave;, il y a eu un renversement brutal&nbsp;de tendance. Les leaders locaux, qui sont ceux qui comptent, les chefs de tribu, de clan et de quartier, ont r&eacute;alis&eacute; que leur tentative d&rsquo;int&eacute;gration &eacute;tait un &eacute;chec. Le seul protagoniste qui leur faisait une offre politique, d&rsquo;autant plus all&eacute;chante qu&rsquo;il proposait de leur donner le pouvoir local, &eacute;tait l&rsquo;&Eacute;tat islamique. Du coup, il l&rsquo;a emport&eacute; tr&egrave;s rapidement.<br /> <br /> <strong>Le mode de domination de l'Etat islamique</strong></font></font></p> <p align="left"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">L&rsquo;&Eacute;tat islamique a exp&eacute;riment&eacute; &agrave; Falloujah un nouveau mode de domination sur les villes, &agrave; savoir de remettre le pouvoir entre les mains des acteurs locaux. &Agrave; Falloujah ou &agrave; Mossoul, les djihadistes n&rsquo;ont occup&eacute; la ville que quelques jours, avant de remettre le pouvoir &agrave; des milices locales d&eacute;pendant de chefs de quartier, moyennant un certain nombre de conditions d&rsquo;all&eacute;geance envers l&rsquo;&Eacute;tat islamique. Les miliciens de l&rsquo;&Eacute;tat islamique sont en dehors de ces villes.<br /> <br /> Il est vrai aussi que l&rsquo;arm&eacute;e irakienne s&rsquo;&eacute;tait comport&eacute;e, notamment &agrave; Mossoul, comme une arm&eacute;e d&rsquo;occupation. Cela explique que l&rsquo;arriv&eacute;e des djihadistes ait &eacute;t&eacute; consid&eacute;r&eacute;e comme une lib&eacute;ration pour beaucoup de gens, m&ecirc;me si certains ont pr&eacute;f&eacute;r&eacute; fuir. &Agrave; cela il faut ajouter la duplicit&eacute; des dirigeants kurdes, qui n&rsquo;ont pas toujours &eacute;t&eacute; ce rempart contre les djihadistes que l&rsquo;on veut faire valoir aujourd&rsquo;hui.<br /> ...<br /> L'Etat islamique comporte une trentaine de milliers de combattants irakiens, arabes et &eacute;trangers non arabes. En Irak, cela regroupe l&rsquo;immense majorit&eacute; du spectre salafiste, mais aussi de la branche irakienne d&rsquo;Al Qa&iuml;da. On ne trouve pas en Irak de dichotomie comme en Syrie entre Jabhat al-Nosra et l&rsquo;&Eacute;tat islamique. Il y a ensuite une alliance avec d&rsquo;autres groupes irakiens tr&egrave;s diff&eacute;rents. La base militaire la plus importante est celle des tribus et, pour les villes, des chefs de quartier et de clan. ...<strong><br /> </strong></font></font></p> <p align="left"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Tous ces groupes-l&agrave; ont des int&eacute;r&ecirc;ts qui, aujourd&rsquo;hui, convergent, parce qu&rsquo;on est dans un contexte d&rsquo;effondrement de l&rsquo;&Eacute;tat. Finalement, l&rsquo;&Eacute;tat islamique est surtout fort de la faiblesse de ses adversaires. Toute sa rh&eacute;torique transfrontali&egrave;re et transnationale qui, au d&eacute;but, paraissait chim&eacute;rique, si l'on consid&egrave;re&nbsp;qu&rsquo;elle incluait d&rsquo;anciens dirigeants de l'arm&eacute;e irakienne, a finir par prendre corps. </font></font></p> <p align="left"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Cette alliance semble solide&nbsp;tant qu&rsquo;il n&rsquo;y aura pas en face des propositions politiques qui pourront dissocier les Arabes sunnites de l'&Eacute;tat islamique. On ne leur fera pas une seconde fois le coup des conseils Sahwa (des miliciens sunnites pay&eacute;s et arm&eacute;s par les Am&eacute;ricains pour combattre Al Qa&iuml;da dans la province d&rsquo;al-Anbar &agrave; partir de 2007).<br /> <br /> <strong>L'effondrement des institutions locales</strong></font></font></p> <p align="left"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Il y a un an, l&rsquo;&Eacute;tat islamique &eacute;tait un groupuscule. Il a r&eacute;ussi sa progression fulgurante gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;effondrement des institutions locales, et gr&acirc;ce au fait qu&rsquo;il a &eacute;tabli avec des alli&eacute;s locaux une alliance qui tient bon. Mais aussi parce qu&rsquo;en face, il n&rsquo;y a aucune autre proposition. C&rsquo;est la tr&egrave;s grande faiblesse de la conf&eacute;rence internationale qui a eu lieu &agrave; Paris d&eacute;but septembre 2014&nbsp;: elle ne propose qu&rsquo;un volet militaire, incomplet parce que sans troupes au sol, mais surtout sans aucun volet de proposition aux Arabes sunnites. </font></font></p> <p align="left"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Il faudrait offrir quelque chose &agrave; destination de toute une population qui se sent exclue aujourd&rsquo;hui, afin qu'elle trouve un int&eacute;r&ecirc;t &agrave; se dissocier des djihadistes. Mais jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent, hormis quelques accrocs avec certaines tribus, plus en Syrie qu&rsquo;en Irak d&rsquo;ailleurs, il y a une forte unit&eacute;. On a vu au mois de juillet un tr&egrave;s grand rassemblement &agrave; Mossoul de tous les dirigeants locaux de la ville&nbsp;: ils se sont jur&eacute; fid&eacute;lit&eacute; sur un certain nombre de principes, dont celui de ne jamais autoriser le retour de la police ou de l&rsquo;arm&eacute;e irakiennes dans la ville.&nbsp;<br /> ...<br /> Dans les zones contr&ocirc;l&eacute;es par l'Etat islamique, les djihadistes ont appliqu&eacute; en Irak la politique d&eacute;j&agrave; pratiqu&eacute;e en Syrie (&agrave; Raqqa et &agrave; Deir ez-Zor), c&rsquo;est-&agrave;-dire assurer un certain nombre de services publics que l&rsquo;&Eacute;tat irakien avait abandonn&eacute;s.</font></font></p> <p align="left"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Aujourd&rsquo;hui, les march&eacute;s sont totalement approvisionn&eacute;s, il n&rsquo;y a plus de p&eacute;nuries, qui &eacute;taient parfois organis&eacute;es par le gouvernement irakien pour punir telle ou telle population. Le racket a totalement disparu. Circuler dans Mossoul est devenu extr&ecirc;mement facile alors qu&rsquo;avant il y avait partout des check-points de l&rsquo;arm&eacute;e irakienne, qui se conduisait comme une arm&eacute;e d&rsquo;occupation. Il y a eu des ex&eacute;cutions publiques de ceux qui avaient pratiqu&eacute; la politique de racket et de p&eacute;nurie.</font></font></p> <p align="left"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">L&rsquo;&Eacute;tat islamique a compris qu&rsquo;il devait rendre le pouvoir &agrave; des acteurs locaux et qu&rsquo;il devait assurer les services publics minimaux, et &ecirc;tre sans concession par rapport &agrave; la corruption. Les prix ont baiss&eacute; d&rsquo;une fa&ccedil;on incroyable sur les march&eacute;s de Mossoul.<br /> <br /> Il y a &eacute;videmment un revers de la m&eacute;daille aux conditions du retrait des djihadistes de la ville&nbsp;: les populations ne doivent utiliser que les embl&egrave;mes de l&rsquo;&Eacute;tat islamique, il y a des consignes vestimentaires strictes, et il y a une r&eacute;pression sans piti&eacute; pour les adversaires de l&rsquo;&Eacute;tat islamique. Les minorit&eacute;s religieuses, chr&eacute;tiennes, y&eacute;zidies ou shabaks, sans parler des chiites, sont en passe d&rsquo;&ecirc;tre &eacute;radiqu&eacute;es, soit par une violence directe implacable, soit par la menace.&nbsp;Mais on ne conna&icirc;t pas tr&egrave;s bien la situation, car il y a un parti pris de l&rsquo;&Eacute;tat islamique de jouer sur une communication de la terreur.<br /> <br /> <strong>Communication de la terreur</strong></font></font></p> <p align="left"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Cette terreur existe certainement, mais on ne sait pas si tout ce que l&rsquo;on impute &agrave; l&rsquo;&Eacute;tat islamique est vrai, ou si les rumeurs sont une fa&ccedil;on de maintenir une emprise sur des populations h&eacute;sitantes et de d&eacute;fier les pays occidentaux. Il y a par exemple eu la rumeur selon laquelle l&rsquo;&Eacute;tat islamique avait ordonn&eacute; l&rsquo;excision des femmes&nbsp;: c&rsquo;&eacute;tait faux.<br /> <br /> Cette communication de la terreur sert &agrave; traumatiser les opinions occidentales. Les djihadistes les connaissent bien, car un nombre important de combattants sont originaires de nos pays, sachant que cela obligerait nos dirigeants politiques &agrave; faire ce qu&rsquo;ils ont fait, c&rsquo;est-&agrave;-dire d&eacute;clarer la guerre &agrave; l&rsquo;&Eacute;tat islamique sous le coup de l&rsquo;&eacute;motion et du choc des images, ceci sans m&ecirc;me prendre le temps de d&eacute;velopper une strat&eacute;gie politique pour accompagner une strat&eacute;gie militaire, dont le couplage est seul capable de vaincre l&rsquo;&Eacute;tat islamique.<br /> </font></font></p> <p align="left"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Nous sommes tomb&eacute;s dans le pi&egrave;ge puisque l&rsquo;&Eacute;tat islamique appara&icirc;t aujourd&rsquo;hui aux yeux des autres djihadistes comme le principal groupe&nbsp;: la pr&eacute;tention califale d&rsquo;Abou Bakr al-Baghdadi prend toute sa dimension dans le fait qu&rsquo;il est &agrave; la pointe du combat contre&nbsp;&laquo;&nbsp;les crois&eacute;s&nbsp;&raquo;. J&rsquo;en veux pour preuve les appels de deux branches d&rsquo;Al Qa&iuml;da &agrave; ne plus se combattre entre djihadistes et &agrave; apporter toute l&rsquo;aide n&eacute;cessaire &agrave; l&rsquo;&Eacute;tat islamique face &agrave; la coalition dirig&eacute;e par les &Eacute;tats-Unis.<br /> ...<br /> <strong>Les Kurdes</strong></font></font></p> <p align="left"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Concernant le r&ocirc;le des Kurdes dans la lutte contre l'Etat islamique, les dirigeants occidentaux sont dans un dilemne&nbsp;: il y a une urgence &agrave; contrer l&rsquo;avanc&eacute;e fulgurante de l&rsquo;&Eacute;tat islamique et, dans ce contexte, les deux seules forces disponibles sont les peshmergas d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute; et l'arm&eacute;e irakienne de l&rsquo;autre. Or le probl&egrave;me vient du fait que ces deux forces ont &eacute;t&eacute;, les premi&egrave;res, les fossoyeurs de l&rsquo;unit&eacute; irakienne et qu&rsquo;elles ont largement contribu&eacute; &agrave;&nbsp;la dissidence des&nbsp;Arabes sunnites.<br /> <br /> On imagine mal les Kurdes, obs&eacute;d&eacute;s par le Grand Kurdistan, rentrer dans leurs trois provinces apr&egrave;s avoir r&eacute;cup&eacute;r&eacute; un certain nombre de territoires disput&eacute;s. Ailleurs, les villes qui ont &eacute;t&eacute; reprises par l&rsquo;arm&eacute;e irakienne ne l&rsquo;ont &eacute;t&eacute; que parce que c&rsquo;&eacute;taient des villes qui n&rsquo;&eacute;taient pas peupl&eacute;es majoritairement par des sunnites, mais qui &eacute;taient soit turkm&egrave;nes-chiites soit kurdes-chiites.<br /> <br /> Les Kurdes vont vouloir &ecirc;tre pay&eacute;s de retour pour le &laquo;&nbsp;service&nbsp;&raquo; qu&rsquo;ils ont rendu aux pays occidentaux. Et ce retour ne peut &ecirc;tre qu&rsquo;une reconnaissance de leur ind&eacute;pendance et de leur annexion de territoires disput&eacute;s.<br /> <br /> On est dans un cercle vicieux o&ugrave;, quoi qu&rsquo;on fasse, on est entra&icirc;n&eacute; dans la spirale communautaire et confessionnelle. C'est sans doute le plan de l&rsquo;&Eacute;tat islamique&nbsp;: nous entra&icirc;ner dans une lutte confessionnelle o&ugrave; nous n&rsquo;avons rien &agrave; faire, pour nous faire appara&icirc;tre comme les ennemis de l&rsquo;islam sunnite.</font></font></p> <p align="left"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><strong>Un volet politique s'impose</strong></font></font></p> <p align="left"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Le probl&egrave;me est politique et aucune solution purement militaire ne pourra s&rsquo;imposer si elle n&rsquo;est pas accompagn&eacute;e d&rsquo;un volet politique. Il y a un processus de confessionnalisation des sunnites, qui est tout &agrave; fait nouveau et qui fait que les retournements tribaux sont beaucoup plus difficiles. Il y a d&eacute;sormais une conscience politique sunnite qui a &eacute;merg&eacute; et qui explique qu&rsquo;il y ait tr&egrave;s peu de retournements&nbsp;: les enjeux sont toujours locaux, mais ils sont directement li&eacute;s &agrave; des enjeux transnationaux.</font></font></p> <p align="left"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Il y a un an, les Arabes sunnites d&rsquo;Irak ne consid&eacute;raient pas la fronti&egrave;re syro-irakienne comme devant &ecirc;tre effac&eacute;e, alors qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui le discours transnational de l&rsquo;&Eacute;tat islamique rencontre un &eacute;cho grandissant aupr&egrave;s d&rsquo;une population qui refuse l&rsquo;avenir qui lui est promis dans le cadre des institutions irakiennes actuelles.<br /> <br /> Or L&rsquo;&Eacute;tat irakien ne peut pas se r&eacute;former parce qu&rsquo;il est construit sur des bases confessionnelles, et que chaque politicien est prisonnier d&rsquo;une base &eacute;lectorale locale, r&eacute;gionale et confessionnelle dont il ne peut pas s&rsquo;&eacute;manciper s&rsquo;il ne&nbsp;veut pas perdre son mandat. Ce sont les institutions irakiennes qu&rsquo;il faudrait remettre &agrave; plat, en particulier la Constitution mortif&egrave;re de 2005, vot&eacute;e sous un r&eacute;gime d&rsquo;occupation am&eacute;ricaine, et qui pi&egrave;ge tous les acteurs politiques et religieux irakiens. &nbsp;<br /> C'est ce qu&rsquo;il aurait fallu faire lors d&rsquo;une conf&eacute;rence internationale&nbsp;: coupler l&rsquo;action sur le terrain, qui ne devrait pas se limiter &agrave; des frappes a&eacute;riennes, mais devrait inclure des actions au sol qui ne peuvent pas &ecirc;tre le fait de l&rsquo;arm&eacute;e irakienne ni des Kurdes qui sont des protagonistes de la crise, avec des solutions politiques. <br /> <br /> Il faudrait que des troupes onusiennes interviennent au sol, afin de cr&eacute;er les conditions propices &agrave; une vaste consultation de la population sous l&rsquo;&eacute;gide de l&rsquo;ONU, avec des questions comme celles que les Irakiens se sont d&eacute;j&agrave; vu poser lors d&rsquo;un r&eacute;f&eacute;rendum en 1918&nbsp;: &laquo;&nbsp;Dans quel &Eacute;tat voulez-vous vivre&nbsp;? Voulez-vous vivre dans l&rsquo;&Eacute;tat irakien et avec quelles fronti&egrave;res&nbsp;? Et sinon, quelle entit&eacute; souhaitez-vous rejoindre&nbsp;?&nbsp;&raquo; Et contrairement &agrave; ce qui a &eacute;t&eacute; fait en 1918 par la puissance occupante britannique, il faudrait que la communaut&eacute; internationale s&rsquo;engage &agrave; respecter ce choix.<br /> <br /> Il y a un choix auquel on n&rsquo;&eacute;chappera pas, c&rsquo;est l&rsquo;ind&eacute;pendance du Kurdistan. Mais si les Arabes sunnites disent majoritairement&nbsp;: &laquo;&nbsp;Nous voulons l&rsquo;union avec nos fr&egrave;res syriens de la vall&eacute;e de l&rsquo;Euphrate&nbsp;&raquo;, il faudra respecter leur choix. Si les &Eacute;tats de la r&eacute;gion ont aussi facilement accueilli des r&eacute;gimes autoritaires, et pendant aussi longtemps &ndash; en Irak, en Syrie,&nbsp;en Libye&hellip;&nbsp;&ndash; c&rsquo;est aussi parce qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de cr&eacute;ations coloniales artificielles qui ont s&eacute;par&eacute; des populations ou qui en ont autoritairement r&eacute;uni d&rsquo;autres, et qui ont surtout manifest&eacute; la trahison, par les Alli&eacute;s, des promesses qu&rsquo;ils avaient faites aux Arabes d&rsquo;un royaume unifi&eacute;.</font></font></p> <hr /> <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#FF0000" size="2"><strong><font color="#000099" size="2">2. Analyse de R&eacute;sistance<br /> </font></strong><font color="#000099" size="2"><strong><font face="Arial, Helvetica, sans-serif">Comment et pourquoi les &Eacute;tats-Unis ont cr&eacute;&eacute; l&rsquo;&Eacute;tat islamique<br /> </font></strong></font><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><a href="http://www.resistance-politique.fr/article-comment-et-pourquoi-les-etats-unis-ont-cree-l-etat-islamique-124630848.html">http://www.resistance-politique.fr/article-comment-et-pourquoi-les-etats-unis-ont-cree-l-etat-islamique-124630848.html</a></font></font></p> <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#FF0000" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">R&eacute;sistance est un collectif de membres du Parti Communiste Fran&ccedil;ais (f&eacute;d&eacute;ration du Nord, section de Lille). </font></font></p> <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">La progression spectaculaire et jusque-l&agrave; incoercible de l&rsquo;&Eacute;tat islamique a de nouveau plac&eacute; l&rsquo;Irak sous le feu des projecteurs. Si les m&eacute;dias sont prolixes pour d&eacute;crire les atrocit&eacute;s du pr&eacute;tendu califat, ils le sont beaucoup moins lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de dire quelle est son origine et qui sont exactement ceux qui s&rsquo;en r&eacute;clament. L&rsquo;&Eacute;tat islamique ne surgit pourtant pas de nulle part. Il est le fruit de la politique imp&eacute;rialiste am&eacute;ricaine au Moyen-Orient dont les racines remontent au chaos irakien post-Saddam Hussein et au r&eacute;cent conflit syrien. Pour bien comprendre son r&ocirc;le exact, il convient d&rsquo;analyser bri&egrave;vement la politique am&eacute;ricaine dans le monde arabe dans les trente derni&egrave;res ann&eacute;es. </font></font></p> <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><strong>L'islamisme a longtemps &eacute;t&eacute; l'alli&eacute; obectif des Etats-Unis</strong></font></font></p> <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"> L&rsquo;islamisme a &eacute;t&eacute; au cours de cette p&eacute;riode l&rsquo;alli&eacute; objectif de Washington au Moyen-Orient. Il est aujourd&rsquo;hui le pr&eacute;texte qui permet aux &Eacute;tats-Unis d&rsquo;intervenir dans les pays arabes, soit pour d&eacute;fendre les &laquo;&nbsp;bons musulmans&nbsp;&raquo; dans leur qu&ecirc;te de libert&eacute;, soit pour combattre les &laquo;&nbsp;mauvais&nbsp;&raquo; qui menacent la s&eacute;curit&eacute; de la plan&egrave;te.<br /> <br /> Pendant la Guerre froide, l&rsquo;islam conservateur &eacute;tait l&rsquo;alli&eacute; des &Eacute;tats-Unis. Il permettait &agrave; ces derniers de contenir l&rsquo;expansion du communisme et l&rsquo;influence sovi&eacute;tique dans le monde arabe. Une r&eacute;volution &eacute;clata le 27 avril 1978 en Afghanistan, avec pour r&eacute;sultat l&rsquo;arriv&eacute;e au pouvoir du Parti populaire d&eacute;mocratique d&rsquo;Afghanistan. La proclamation de la R&eacute;publique d&eacute;mocratique d&rsquo;Afghanistan lui fut concomitante. Les tentatives faites par les dirigeants du pays de mettre en &oelig;uvre de nouvelles r&eacute;formes qui auraient permis de surmonter le retard structurel du pays se heurt&egrave;rent rapidement &agrave; une r&eacute;sistance acharn&eacute;e de la part de l&rsquo;opposition islamique. Une guerre civile &eacute;clata. <br /> <br /> Fin 1979, l&rsquo;arm&eacute;e sovi&eacute;tique intervint pour soutenir le r&eacute;gime progressiste en place. La CIA s&rsquo;appuya alors sur les groupes islamistes, utilisant l&rsquo;islam radical pour unir les musulmans contre les Sovi&eacute;tiques. On estime que 3,5 milliards de dollars ont &eacute;t&eacute; investis sous l&rsquo;administration Reagan pendant la guerre d&rsquo;Afghanistan. Apr&egrave;s le retrait russe en 1989, les &Eacute;tats-Unis ont cess&eacute; de fournir des armes sans toutefois rompre les liens avec les moudjahidines afghans. Ils ont ainsi maintenu entre 1994 et 1996&nbsp; des relations avec les talibans, leur fournissant cette fois-ci un soutien politique par le biais de l&rsquo;Arabie saoudite et du Pakistan. <br /> <br /> L&rsquo;administration Clinton esp&eacute;rait secr&egrave;tement pouvoir cr&eacute;er un front anti-iranien et anti-chiite pour restreindre l&rsquo;influence de l&rsquo;Iran dans la r&eacute;gion. Al-Qa&iuml;da&nbsp;est n&eacute; dans ce contexte. En 1993, le quotidien britannique The Independent publiait un entretien avec Oussama Ben Laden, lequel &eacute;tait cens&eacute; mettre son arm&eacute;e sur la route de la paix (sic).<br /> Cette strat&eacute;gie a d&rsquo;ailleurs &eacute;t&eacute; &eacute;galement utilis&eacute;e sous la pr&eacute;sidence Clinton&nbsp;dans les ann&eacute;es quatre-vingt-dix, lorsque la KFOR, cette force multinationale mise en &oelig;uvre par l&rsquo;OTAN, intervint aux c&ocirc;t&eacute;s des narcotrafiquants de l&rsquo;UCK pour instaurer la domination de l&rsquo;alliance atlantique sur les Balkans et installer une base militaire &eacute;tasunienne au Kosovo.</font></font></p> <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"> <strong>Les amis d'hier deviennent les ennemis d'aujourd'hui</strong></font></font></p> <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Mais un changement radical s&rsquo;op&egrave;re sous l&rsquo;&egrave;re Bush&nbsp;: complices dans les attentats du World Trade Center, les amis d&rsquo;hier deviennent les ennemis d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. La menace d&rsquo;un ennemi ext&eacute;rieur, forc&eacute;ment musulman, est alors savamment entretenue par de nombreux m&eacute;dias et par la propagande &eacute;tasunienne. La menace terroriste constitue concomitamment la pierre angulaire de la doctrine militaire des &Eacute;tats-Unis et de l&rsquo;OTAN. </font></font></p> <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Bien qu&rsquo;il n&rsquo;y ait aucune preuve que l&rsquo;Irak soit de quelque mani&egrave;re que ce soit derri&egrave;re les attentats du 11 Septembre, les soi-disant &laquo;&nbsp;armes de destruction massive&nbsp;&raquo; cens&eacute;es &ecirc;tre pr&eacute;sentes dans le pays tiendront lieu de pr&eacute;texte pour obtenir une r&eacute;solution au conseil de s&eacute;curit&eacute; de l&rsquo;ONU en faveur d&rsquo;une intervention militaire. Ironie de l&rsquo;histoire, l&rsquo;Irak baathiste et la&iuml;c allait ainsi &ecirc;tre balay&eacute; au nom de la lutte contre l&rsquo;islamisme.</font></font></p> <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">La strat&eacute;gie op&egrave;re un nouveau virage avec Obama. Les &Eacute;tats-Unis doivent intervenir pour d&eacute;fendre le Printemps arabe et les luttes men&eacute;es contre les &laquo;&nbsp;dictateurs&nbsp;&raquo; (lire les chefs d&rsquo;&Eacute;tat non adoub&eacute;s par Washington). Ben Laden, maintenu en vie sous l&rsquo;&egrave;re Bush, dispara&icirc;t en un clin d&rsquo;&oelig;il, comme pour &eacute;viter qu&rsquo;il n&rsquo;ait &agrave; rendre compte de ses liens pass&eacute;s avec ses anciens bailleurs de fond. Les islamistes, y compris les pires int&eacute;gristes du Front al-Nosra, redeviennent subitement dans les m&eacute;dias de gentils &eacute;tudiants en proie &agrave; la violence des dictatures qu&rsquo;ils combattent. Cet argument servira &agrave; Obama pour armer des milices en Libye et d&eacute;poser Kadhafi. Et peu importe que ce pays soit aujourd&rsquo;hui un enfer &agrave; ciel ouvert en proie aux extr&eacute;mistes de tous poils du moment que les Am&eacute;ricains en exploitent le p&eacute;trole. </font></font></p> <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">La Syrie a failli conna&icirc;tre le m&ecirc;me sort. Les Occidentaux y ont sous-trait&eacute; le conflit &agrave; leurs amis, les pays du Golfe et &agrave; l&rsquo;Arabie saoudite en particulier, pensant que cela acc&eacute;l&egrave;rerait la chute du pr&eacute;sident Assad. Et c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;ont &eacute;t&eacute; constitu&eacute;s aux portes de l&rsquo;Europe des groupes islamistes&hellip; avec deux fois plus de combattants qu&rsquo;il n&rsquo;y en avait en Afghanistan.<br /> <br /> Une aubaine pour la plupart des djihadistes qui allaient se regrouper sous la banni&egrave;re de l&rsquo;organisation &laquo;&nbsp;&Eacute;tat islamique&nbsp;&raquo;. Sunnite d&rsquo;ob&eacute;dience fondamentaliste, cette derni&egrave;re a proclam&eacute; le 29 juin 2014 le r&eacute;tablissement du califat sur les territoires syrien et irakien qu&rsquo;elle contr&ocirc;le. L&rsquo;intervention militaire &eacute;tasunienne en Irak et le renversement en 2003 du pr&eacute;sident Saddam Hussein ont dynamit&eacute; l&rsquo;&eacute;quilibre interne fragile entre la majorit&eacute; chiite et la minorit&eacute; sunnite d&rsquo;un des rares &Eacute;tats la&iuml;cs arabes. </font></font></p> <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Dans l&rsquo;anarchie et le chaos qui ont suivi, l&rsquo;islam politique a d&rsquo;autant plus r&eacute;ussi &agrave; recueillir un large consensus au sein de la minorit&eacute; ethnique sunnite qu&rsquo;un million d&rsquo;anciens membres de l&rsquo;appareil de s&eacute;curit&eacute;, de l&rsquo;arm&eacute;e et du parti Baas, charpente du r&eacute;gime de Saddam Hussein, pour la plupart sunnites, sont mis au ban de la soci&eacute;t&eacute; par les Am&eacute;ricains. &laquo;&nbsp;Dans la mouvance salafiste-djihadiste, la mise &agrave; l&rsquo;&eacute;cart de ces sunnites propulse les chiites, nouveaux ma&icirc;tres du pays, en ennemis num&eacute;ro un&nbsp;&raquo;, explique Romain Caillet.<br /> <br /> <strong>Le premier minstre Maliki a d&eacute;&ccedil;u les USA</strong></font></font></p> <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Les &Eacute;tats-Unis ont alors cru pouvoir mettre en place un gouvernement fantoche qui se pr&ecirc;terait aux int&eacute;r&ecirc;ts &eacute;conomiques et politiques de l&rsquo;Occident. Mais ce projet a fait long feu. Le Premier ministre chiite Maliki s&rsquo;est r&eacute;v&eacute;l&eacute; &ecirc;tre un chef de file difficilement manipulable et surtout peu enclin &agrave; se soumettre aux ordres des occupants. Crime de l&egrave;se-majest&eacute;, il s&rsquo;est insurg&eacute; contre les compagnies p&eacute;troli&egrave;res occidentales qui cherchaient &agrave; tirer un profit consid&eacute;rable des vastes r&eacute;serves d&rsquo;&eacute;nergie de l&rsquo;Irak. En 2012, ExxonMobil avait ainsi sign&eacute; un accord d&rsquo;exploitation p&eacute;troli&egrave;re avec la r&eacute;gion kurde semi-autonome situ&eacute;e au nord de l&rsquo;Irak. Maliki avait logiquement rejet&eacute; cet accord, faisant remarquer que tout contrat sur le p&eacute;trole devait &ecirc;tre n&eacute;goci&eacute; avec le gouvernement central de Bagdad et non avec le gouvernement r&eacute;gional du Kurdistan dirig&eacute; par Massoud Barzani. Ce dernier, c&rsquo;est un secret de polichinelle, appelle sans rel&acirc;che &agrave; la cr&eacute;ation d&rsquo;un &Eacute;tat kurde. Or, le Kurdistan repr&eacute;sente une base avanc&eacute;e pour le d&eacute;ploiement de la puissance militaire am&eacute;ricaine en Irak. Sa situation permet de surcro&icirc;t de faire &eacute;ventuellement pression sur l&rsquo;Iran.</font></font></p> <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"> <strong>Isra&euml;l</strong></font></font></p> <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Enfin, le niveau de coop&eacute;ration entre Isra&euml;l et les Kurdes a augment&eacute; de fa&ccedil;on significative apr&egrave;s la chute de Saddam Hussein. Les partisans du rapprochement avec l&rsquo;entit&eacute; sioniste, nombreux au Kurdistan, pensent qu&rsquo;ils ont quelque chose &agrave; offrir &agrave; l&rsquo;&Eacute;tat juif. Ce partenariat, affirment certains, pourrait cr&eacute;er un nouvel &eacute;quilibre des pouvoirs au Moyen-Orient, et cette &eacute;volution serait tr&egrave;s b&eacute;n&eacute;fique pour Isra&euml;l. Dans ce contexte, il est int&eacute;ressant de se pencher &eacute;galement sur la question du Kurdistan syrien o&ugrave; l&rsquo;Occident aurait tout int&eacute;r&ecirc;t &agrave; voir se mettre en place une r&eacute;gion autonome. Les bases d&rsquo;un &Eacute;tat kurde viennent ainsi d&rsquo;&ecirc;tre insidieusement pos&eacute;es&hellip; &agrave; condition,&nbsp; cela va de soi, que le nouveau-n&eacute; s&rsquo;int&egrave;gre &agrave; la sph&egrave;re d&rsquo;influence isra&eacute;lo-am&eacute;ricaine dans la r&eacute;gion. L'ind&eacute;pendance a un prix&hellip;<br /> <br /> Apr&egrave;s avoir arm&eacute; l&rsquo;&Eacute;tat islamique en Syrie, les &Eacute;tats-Unis voient aujourd&rsquo;hui les hordes barbares djihadistes envahir l&rsquo;Irak. La d&eacute;stabilisation de ce pays, tout comme de la Syrie, fait partie du projet de d&eacute;membrement du monde arabe sur des bases ethniques, confessionnelles ou tribales. Les multinationales n&rsquo;ont cure de la confusion g&eacute;n&eacute;r&eacute;e par cette situation, le principal &eacute;tant pour elles de contr&ocirc;ler les champs p&eacute;troliers&hellip; et qu&rsquo;Isra&euml;l survive en tant qu&rsquo;&Eacute;tat juif. <br /> <br /> <strong>La strat&eacute;gie du chaos</strong></font></font></p> <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">De la chute du bloc socialiste au 11 Septembre, une dizaine d&rsquo;ann&eacute;es aura ainsi &eacute;t&eacute; n&eacute;cessaire pour instituer un ennemi de substitution au communisme, le terrorisme. Le cadre, c&rsquo;est la strat&eacute;gie du chaos, fait de d&eacute;sinformation syst&eacute;matique diffus&eacute;e par des officines officielles, de mesures liberticides contre leurs propres concitoyens, d&rsquo;occupations arm&eacute;es et de mainmise politique sur des peuples ayant perdu leurs initiatives civiques et leurs immunit&eacute;s. </font></font></p> <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">La doctrine, c&rsquo;est la pr&eacute;emption militaire o&ugrave; faire fi des lois et de l&rsquo;&eacute;thique est l&eacute;gitim&eacute; et o&ugrave; les justifications et les preuves sont d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment manipul&eacute;es pour fonder le massacre des n&eacute;o-barbares dans une guerre totale du camp du bien contre l&rsquo;axe du mal. Au terrorisme tout court, les &Eacute;tats-Unis r&eacute;pliquent par le terrorisme d&rsquo;&Eacute;tat.</font></font></p> Tue, 23 Sep 2014 23:00:00 GMT Du Mistral au Rafale, sous le regard de l'Inde http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1490 1490 <br /><br /> <font face="Arial" size="2">On peut donc raisonnablement observer dans notre boule de cristal que quelque chose &ndash; un incident pr&eacute;tendu grave - aura lieu en Ukraine orientale aux alentours de la fin octobre, pour &ecirc;tre aussit&ocirc;t port&eacute; avec indignation au d&eacute;bit des Russes et confirmer devant le tribunal de la Communaut&eacute; Internationale, en pr&eacute;sence du t&eacute;min Hollande, l&rsquo;impossibilit&eacute; de livrer le <em>Mistral</em>. La chose acquise (la non-livraison), le pr&eacute;sident Obama f&eacute;licitera le pr&eacute;sident Hollande. </font> <p><font face="Arial" size="2"><strong>Possible remise en cause du contrat Rafale</strong></font></p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p><font face="Arial" size="2">... L&rsquo;hypoth&egrave;se de la chose (les relations incestueuses entre les deux contrats) fut largement confirm&eacute;e par un article de Alexander Korablinov, dans RIR (<em>Russia &amp; India Report</em>), une revue essentiellement int&eacute;ress&eacute;e par les liens et les initiatives entre la Russie et l&rsquo;Inde, et rendant compte de points de vue de commentateurs indiens et russes sur un large spectre d&rsquo;&eacute;v&eacute;nements internationaux. Le 5 septembre 2014, Korablinov d&eacute;veloppait une petite nouvelle &agrave; partir de diverses sources, alimentant l'id&eacute;e de la triste et forte possibilit&eacute; d&rsquo;une remise en cause par l&rsquo;Inde de la perspective de finaliser la commande de <em>Rafale</em>. Un expert fran&ccedil;ais de l&rsquo;IRIS, parlant au site russe <em>Delovoi Peterburg</em>, &eacute;tait cit&eacute;, ainsi que des sources indiennes, avec &eacute;galement une d&eacute;claration du chef d&rsquo;&eacute;tat-major de la Force A&eacute;rienne Indienne &agrave; l&rsquo;<em>Hindustan Times </em><em><span style="font-style: normal">le 3 septembre</span></em><em>.</em></font> </p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p><font face="Arial" size="2">Ces petites et int&eacute;ressantes pr&eacute;cisions sur le sentiment des Indiens vis-&agrave;-vis de la France, du <em>Mistral</em> et du <em>Rafale</em> nous ont &eacute;t&eacute; donn&eacute;s, par l&rsquo;interm&eacute;diaire du lien ad&eacute;quat, par un autre auteur du site RIR, l&rsquo;expert indien Rakesh Krishnan Simha, dans un article du 13 septembre 2014. Simha analysait la logique, s&rsquo;il y en a une, des sanctions antirusses, et surtout leurs effets n&eacute;gatifs pour les &ldquo;sanctionneurs&rdquo;, effets n&eacute;gatifs qui sont consid&eacute;rables. Le texte est int&eacute;ressant, &eacute;galement pour avoir plus directement un &eacute;cho de ce que pourrait &ecirc;tre le sentiment indien &agrave; cet &eacute;gard. Une partie est consacr&eacute;e aux affaires militaires, avec le constat de l&rsquo;incompr&eacute;hensibilit&eacute; du comportement fran&ccedil;ais (et du comportement allemand), qui se d&eacute;roule comme si la France voulait liquider sa position de fournisseur ind&eacute;pendant d&rsquo;armement, comme principale, sinon seule v&eacute;ritable alternative aux USA (aux Anglo-Saxons) au sein du bloc BAO, pour ceux qui veulent acqu&eacute;rir des armements sophistiqu&eacute;s... Mais quoi, la France, nous pouvons au moins exporter &ldquo;le mariage pour tous&rdquo;&nbsp;! </font></p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p><font face="Arial" size="2">Ce qui est remarquable avec cet article, d&rsquo;un expert indien r&eacute;p&eacute;tons-le et publiant dans une revue destin&eacute;e &agrave; un public international, mais d&rsquo;abord russe et indien bien entendu, c&rsquo;est justement l&rsquo;&ldquo;internationalisation&rdquo; publique de la grande crainte exprim&eacute;e par quelques experts fran&ccedil;ais concernant les cons&eacute;quences pour les exportations fran&ccedil;aises d&rsquo;armement du comportement de la France dans l&rsquo;affaire du <em>Mistral</em>. D&rsquo;une certaine fa&ccedil;on, on peut en d&eacute;duire, ce qui rel&egrave;ve par ailleurs d&rsquo;une &eacute;vidence chronologique, que le mal est d&eacute;j&agrave; fait, que la &ldquo;r&eacute;putation&rdquo; de la France est d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; ternie sinon compromise d&eacute;cisivement par le comportement du pr&eacute;sident fran&ccedil;ais.</font></p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p><font face="Arial" size="2">Sa d&eacute;cision de suspendre la livraison (du <em>Mistral</em>), annonc&eacute;e juste au moment du sommet de l&rsquo;OTAN, a &eacute;t&eacute; unanimement appr&eacute;ci&eacute;e par les milieux concern&eacute;s, dans les pays concern&eacute;s, &ndash; c&rsquo;est-&agrave;-dire tous les clients traditionnels et potentiels d&rsquo;une France &agrave; la politique d&rsquo;ind&eacute;pendance nationale, &ndash; comme le signe que cette politique fran&ccedil;aise n&rsquo;avait plus rien d&rsquo;ind&eacute;pendant, qu&rsquo;elle en &eacute;tait r&eacute;duite, pour le cas du <em>Mistral</em>, &agrave; des man&oelig;uvres honteuses de petit commis pris la main dans la caisse. M&ecirc;me si le <em>Mistral</em> est livr&eacute;, cette r&eacute;putation fran&ccedil;aise est compl&egrave;tement ternie d&rsquo;ores. Il faudrait un formidable changement de politique g&eacute;n&eacute;rale (quelque chose comme la sortie de l&rsquo;OTAN) pour renverser ce jugement d&eacute;vastateur. </font></p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p><font face="Arial" size="2"><strong>Une position d&eacute;licate</strong></font></p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p><font face="Arial" size="2">La position des Indiens est d&rsquo;une certaine fa&ccedil;on d&eacute;licate. Ils sont sur le point de boucler le contrat <em>Rafale</em>, et techniquement autant qu&rsquo;op&eacute;rationnellement le choix de l&rsquo;avion fran&ccedil;ais est un point essentiel de leur r&eacute;&eacute;quipement, &ndash; cela, du point de vue des techniciens, des militaires, voire des industriels. Du c&ocirc;t&eacute; politique, la position est notablement plus impr&eacute;cise, puisque le <em>Rafale</em> se retrouve avec deux adversaires sur ses deux flancs&nbsp;: d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute; ce n&rsquo;est pas nouveau, les concurrents essentiellement sinon exclusivement anglo-saxons veulent faire capoter le contrat et font pression bien entendu dans ce sens&nbsp;; si leur pression a &eacute;chou&eacute; directement, elle repr&eacute;sente un &eacute;l&eacute;ment de malfaisance continu, notamment pour le cas o&ugrave; la France rencontrerait des difficult&eacute;s dues &agrave; sa position politique et &agrave; sa r&eacute;putation perdue d&rsquo;ind&eacute;pendance, &ndash; ce qui est le cas... </font></p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p><font face="Arial" size="2">De l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute;, il y a les milieux politiques indiens refl&eacute;tant la politique nouvelle du Premier ministre Modi, qui justement veut une ligne plus ind&eacute;pendante pour l&rsquo;Inde, c&rsquo;est-&agrave;-dire une ligne sortant des normes du Syst&egrave;me (et de la pr&eacute;pond&eacute;rance US). L&rsquo;inratable paradoxe est que cette ligne favoriserait &eacute;videmment la France traditionnelle telle que la connaissent les Indiens, c&rsquo;est-&agrave;-dire la France gaulliste&nbsp;; mais pas cette caricature extraordinaire qu&rsquo;Hollande a d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; d&eacute;ploy&eacute;e aux yeux de tout, faisant penser aux observateurs que la France, dans la perception qu&rsquo;on en a, est totalement sous le contr&ocirc;le US. Que cela soit conforme &agrave; la v&eacute;rit&eacute; de la situation ou pas n&rsquo;importe gu&egrave;re ici, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit de l&rsquo;essentiel, qui est la perception des observateurs. L&rsquo;article de Simha est &agrave; cet &eacute;gard un signe tangible de cette situation. </font></p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p><font face="Arial" size="2">Concr&egrave;tement, o&ugrave; pourrait-on situer l&rsquo;actuelle v&eacute;rit&eacute; de la situation, du c&ocirc;t&eacute; indien et de la commande <em>Rafale</em>&nbsp;? C&rsquo;est difficile &agrave; dire, entre l&rsquo;abandon de la commande, ou bien la signature du contrat. Peut-&ecirc;tre existerai-il une voie interm&eacute;diaire, selon des sources ind&eacute;pendantes indiennes. Ainsi va l'hypoth&egrave;se&nbsp;: l&rsquo;Inde imposerait des clauses extraordinaires de garantie politique de livraison, qui mettraient en cause de fa&ccedil;on voyante (sinon insultante, pour ceux qui gardent le souvenir de ce que fut ce pays) une certaine politique fran&ccedil;aise, &ndash; r&eacute;elle ou encore virtuelle&nbsp;; qui pourrait m&ecirc;me faire allusion au pr&eacute;c&eacute;dent &eacute;ventuel du <em>Mistral</em> l&agrave; aussi, avec l&rsquo;inconnue de savoir si les Indiens attendraient ou non de voir si les Fran&ccedil;ais vont livrer le <em>Mistral</em>&nbsp;; qui pourrait m&ecirc;me faire allusion &agrave; la question du pr&eacute;c&eacute;dent des liens avec la Russie.</font></p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p><font face="Arial" size="2">Certains pourraient imaginer que certaines de ces conditions pourraient m&ecirc;me gravement embarrasser la France vis-&agrave;-vis des USA d&rsquo;un point de vue strictement politique, les USA ne se g&ecirc;nant plus pour intervenir politiquement dans les transactions fran&ccedil;aise, sans r&eacute;sistance des Fran&ccedil;ais et estimant alors qu&rsquo;on ne peut envisager des livraisons d&rsquo;armements sans conditions politiques exig&eacute;es du c&ocirc;t&eacute; du pays acheteur, &ndash; et l'on imagine lesquelles, et dans quelles conditions. Ces conditions pourraient embarrasser la France, tout en pla&ccedil;ant ce pays devant la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;un <strong>choix politique visible et quasiment public</strong>, vis-&agrave;-vis de leur &eacute;ventuelle all&eacute;geance aux USA qu&rsquo;il serait conduit &agrave; nier et &agrave; d&eacute;noncer, s&rsquo;ils veulent le contrat <em>Rafale</em>... Mais enfin, il semble bien que ce type d&rsquo;hypoth&egrave;ses soit, pour l&rsquo;instant, du <em>wishful thinking</em>, cela &eacute;crit en gardant &agrave; l&rsquo;esprit l&rsquo;id&eacute;e qu&rsquo;&agrave; notre &eacute;poque, les choses vont vraiment tr&egrave;s, tr&egrave;s vite. </font></p> <font face="Arial" size="2"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font face="Arial" size="2"><br /> <strong>Sources</strong></font></p> <strong><font face="Arial" size="2"> </font></strong> <h1 class="western"><font face="Arial" size="2"><span style="font-weight: normal">* Russia and India Report . Mistral row: France risks losing Rafale contract in India</span></font><font face="Arial" size="2"><a href="http://in.rbth.com/economics/2014/09/05/mistral_row_france_risks_losing_rafale_contract_in_india_38097.html"><br /> </a></font><a href="http://in.rbth.com/economics/2014/09/05/mistral_row_france_risks_losing_rafale_contract_in_india_38097.html"> </a></h1> <p style="margin-bottom: 0cm"><a href="http://in.rbth.com/economics/2014/09/05/mistral_row_france_risks_losing_rafale_contract_in_india_38097.html">http://in.rbth.com/economics/2014/09/05/mistral_row_france_risks_losing_rafale_contract_in_india_38097.html</a></p> <font face="Arial" size="2"> </font> <h1 style="font-weight: normal" class="western"><font face="Arial" size="2">* Russia and India Report. How sanctions are hastening the world without the West</font><font face="Arial" size="2"><a href="http://in.rbth.com/blogs/2014/09/13/how_sanctions_are_hastening_the_world_without_the_west_38269.html"><br /> <br /> http://in.rbth.com/blogs/2014/09/13/how_sanctions_are_hastening_the_world_without_the_west_</a></font></h1> Wed, 17 Sep 2014 23:00:00 GMT Echec du Président&#160;? Echec de la 5e République&#160;? http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1479 1479 <br /><font size="2" face="Arial"><br /> Peu importe qu'il tombe au plus bas dans les sondages, il a &eacute;t&eacute; &eacute;lu d&eacute;mocratiquement pour 5 ans. M&ecirc;me si ses &eacute;lecteurs et plus largement le corps &eacute;lectoral le d&eacute;savouent &agrave; mi-mandat, et ne voteraient certainement pas pour lui s'il se repr&eacute;sentait &agrave; cette date, il est autoris&eacute; par les institutions &agrave; poursuivre imperturbablement des politiques dont les citoyens ne veulent plus, parce qu'elles ne correspondent pas &agrave; ses engagements pr&eacute;-&eacute;lectoraux. . Or un mi-mandat, 2 ans et quelques mois, c'est une longue dur&eacute;e dans un monde qui &eacute;volue de plus en plus en plus vite et impose aux gouvernements de s'adapter rapidement. Si un pr&eacute;sident persiste &agrave; appliquer une politique, ou une non politique, suscitant un d&eacute;saveu quasi g&eacute;n&eacute;ral, il incite le peuple &agrave; sortir vraiment de la l&eacute;galit&eacute; constitutionnelle, &agrave; se d&eacute;tourner en profondeur des institutions et des pouvoirs publics du pays. Alors tous les risques sont &agrave; craindre. </font><font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Les Fran&ccedil;ais de plus en plus nombreux qui, du temps de la pr&eacute;sidence Sarkozy s'inqui&eacute;taient de voir celui-ci continuer &agrave; diriger la France jusqu'aux &eacute;lections pr&eacute;sidentielles suivantes, en d&eacute;pit des d&eacute;g&acirc;ts que provoquait une personnalit&eacute; enferm&eacute;e dans ses certitudes et le jeu de ses int&eacute;r&ecirc;ts, avaient d&eacute;j&agrave; ressenti cette impatience. Pendant combien de mois encore faudra-t-il le supporter, pensait-on, supporter le poids de ses erreurs, avant qu'un nouveau pr&eacute;sident ne soit &eacute;lu sur des bases diff&eacute;rentes? Et encore, dans le cas de Sarkozy, celui-ci pouvait trouver sa l&eacute;gitimit&eacute; dans un corps &eacute;lectoral qui, sans &ecirc;tre aussi nettement majoritaire qu'au d&eacute;but du mandat, pouvait estimer l'&ecirc;tre rest&eacute;. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font><font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Dans le cas de la pr&eacute;sidence Hollande, non seulement les erreurs et les insuffisances s'accumulent, mais le d&eacute;saveu s'est g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;, au sein de ce qui &eacute;tait sa majorit&eacute;. Ceci ne veut pas dire que les &eacute;lecteurs de gauche qui d&eacute;sapprouvent de plus en plus vivement sa politique voteraient n&eacute;cessairement pour la droite, et moins encore pour l'extr&ecirc;me droite du Front National. Ils voteraient sans doute encore pour un parti socialiste ou une coalition de gauche qui modifierait en profondeur ses analyses politiques, proposerait une nouvelle analyse d'un monde de plus en plus dangereux, d&eacute;finirait de nouvelles voies pour combattre les pouvoirs internationaux dominant ce monde. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font><font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Mais il faudrait pour cela que les &eacute;lecteurs puissent choisir, sans attendre encore deux ans, un ou des gouvernements capables de mener les politiques vraiment r&eacute;volutionnaires qui s'imposeraient. Et il faudrait que de telles politiques soient d&egrave;s maintenant discut&eacute;es dans la perspective de les voir appliquer, non &agrave; la fin du quinquennat, mais tout de suite. Pour prendre un exemple souvent &eacute;voqu&eacute;, faudra-t-il attendre la fin du quinquennat Hollande pour que le peuple fran&ccedil;ais d&eacute;cide s'il acceptera ou pas de se voir imposer, dans quelques semaines peut-&ecirc;tre, le Trait&eacute; de libre-&eacute;change transatlantiqe TAFTA et le TISA (concernant les services), tr&egrave;s g&eacute;n&eacute;ralement refus&eacute;s par ceux qui ont pu &ecirc;tre suffisamment inform&eacute;s pour comprendre en quoi ceux-ci seraient dangereux &agrave; tous &eacute;gards pour le pays et sa civilisation. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font><font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Beaucoup de citoyens&nbsp; aujourd'hui, si l'on en croit les sondages, pensent que Fran&ccedil;ois Hollande devrait d&eacute;missionner. Mais d&eacute;missionner pour &ecirc;tre remplac&eacute; par qui? Un nouveau pr&eacute;sident qui pendant 5 ans nouvelles ann&eacute;es m&egrave;nera imperturbablement la politique, bonne ou mauvaise, qu'il aura d&eacute;cid&eacute; de mener, sans tenir en rien compte des jugement de l'&eacute;lectorat et de leurs changements d'opinion.? Il s'av&egrave;re de plus en plus que la constitution de la 5e R&eacute;publique, organisant un r&eacute;gime quasiment pr&eacute;sidentiel, n'est plus adapt&eacute;e aux exigences du bon gouvernement dans un pays moderne comme la France. Ce qui avait &eacute;t&eacute; con&ccedil;u, avec quelques bonnes raisons, pour permettre le gouvernement du g&eacute;n&eacute;ral de Gaulle, face &agrave; ce que ce dernier avait nomm&eacute; le r&eacute;gime des partis, se r&eacute;v&egrave;le d&eacute;sormais tout &agrave; fait inad&eacute;quat. Apr&egrave;s De Gaulle, Fran&ccedil;ois Mitterand s'&eacute;tait seul r&eacute;v&eacute;l&eacute; capable &ndash; et pas en tous domaines - de justifier un statut pr&eacute;sidentiel inconnu dans les d&eacute;mocraties europ&eacute;ennes. Aussi bien, cette constatation s'est r&eacute;pandue dans les milieux politiques. Les projets visant &agrave; faire d&eacute;finir par une assembl&eacute;e constituante &agrave; &eacute;lire rapidement, ce qui a &eacute;t&eacute; nomm&eacute; une 6e R&eacute;publique, se sont multipli&eacute;s. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font><font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial" color="#000080"><strong>En quoi consisterait une 6e R&eacute;publique? </strong></font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">S'agirait-il d'un simple retour au r&eacute;gime parlementaire instaur&eacute; par les 3e et 4e R&eacute;publique? Pour r&eacute;pondre &agrave; cette question, on peut examiner les propositions de la &laquo;convention pour la VIe R&eacute;publique&raquo;&nbsp; propos&eacute;e par Arnaud Montebourg d&egrave;s 2001, et en partie reprises plus r&eacute;cemment par Jean-Luc M&eacute;lenchon.</font><font size="2"><font face="Arial"> </font></font><a href="http://www.c6r.org/">http://www.c6r.org/</a></p> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Six principes devraient caract&eacute;riser cette 6e R&eacute;publique:<br /> <br /> - Mettre fin &agrave; la sur-pr&eacute;sidentialisation&nbsp; actuelle du syst&egrave;me politique. Le pr&eacute;sident deviendrait un pr&eacute;sident arbitre, proposant les grandes lignes de la politique. Il serait cependant &eacute;lu au suffrage universel ce qui lui conf&eacute;rerait la l&eacute;gitimit&eacute; n&eacute;cessaire.<br /> </font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">- Faire du gouvernement le principal repr&eacute;sentant du pouvoir ex&eacute;cutif. Dans ce cas, le gouvernement aurait seul la responsabilit&eacute; du pouvoir r&eacute;glementaire: proposer et appliquer les r&egrave;glements et les mesures particuli&egrave;res (dont les nominations) indispensables &agrave; l'ex&eacute;cution des lois d&eacute;cid&eacute;es par le pouvoir l&eacute;gislatif. Le chef du gouvernement serait &eacute;lu par l'Assembl&eacute;e. Celle-ci pourrait lui retirer sa confiance, par une motion de censure. <br /> <br /> - Restaurer le r&eacute;gime parlementaire. A cette fin, le Parlement, c'est-&agrave;-dire la majorit&eacute; &eacute;lue du Parlement, doit pouvoir op&eacute;rer un contr&ocirc;le permanent sur le gouvernement, avec des moyens renforc&eacute;s. La motion de censure (sur le gouvernement) serait en ce cas facilit&eacute;e. Elle n'exigerait plus une majorit&eacute; absolue mais une majorit&eacute; relative. <br /> </font></p> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">- Rendre le parlement plus repr&eacute;sentatif. Il faut &eacute;viter qu'une majorit&eacute; parlementaire d&eacute;finie par un mode de scrutin uniformisant les opinions soit omni-pr&eacute;sente. Pour cela, diff&eacute;rentes solutions seraient mises en oeuvre: introduction d'un scrutin proportionnel plus ou moins &eacute;tendu, obligation d'un mandat unique &eacute;vitant la confusion r&eacute;sultant du fait qu'un parlementaire puisse cumuler plusieurs mandats, mesures favorisant pour les femmes l'acc&egrave;s aux candidatures.</font></p> <font size="2" face="Arial"> </font><font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">- Renforcer la participation dite citoyenne, laquelle sera facilit&eacute;e par la g&eacute;n&eacute;ralisation de l'Internet. Il s'agira de consulter les citoyens sur les grandes orientations gouvernementales, utiliser plus largement le referendum, sous certaines conditions permettant qu'il ne devienne pas l'instrument de pl&eacute;biscites &eacute;ventuels, etc.</font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">- Assurer enfin la transparence de la vie politique. Diff&eacute;rents moyens, dont certains sont d&eacute;j&agrave; exp&eacute;riment&eacute;s aujourd'hui , devraient permettre d'assurer sur l'action politique ou sur les &eacute;lus un contr&ocirc;le qui sera toujours difficile. <br /> <font color="#000080"><br /> <strong>Observations</strong></font><br /> <br /> Une 6e R&eacute;publique s'inspirant de ces principes aurait-elle aujourd'hui quelques chances d'&ecirc;tre retenue par le corps politique, face &agrave; la d&eacute;saffection atteignant, non seulement Fran&ccedil;ois Hollande, mais la constitution de la 5e R&eacute;publique. R&eacute;pondons ici aux principales objections qui seraient faites &agrave; un tel changement.</font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">- Il s'agirait d'un retour au syst&egrave;me des partis ayant (selon les gaullistes), paralys&eacute; la 4e R&eacute;publique sur sa fin. Or, compte tenu d'assurer la n&eacute;cessaire souplesse du pouvoir confront&eacute; &agrave; des exigences de plus en plus &eacute;volutives, non permise par le r&eacute;gime pr&eacute;sidentiel, des changements fr&eacute;quents de gouvernements, sous-tendus chaque fois que n&eacute;cessaire par des passages plus fr&eacute;quents devant les &eacute;lecteurs, obligeraient les partis &agrave; se r&eacute;v&eacute;ler plus repr&eacute;sentatifs des opinions qu'ils ne le sont actuellement, comme &agrave; former des majorit&eacute;s gouvernementales plus r&eacute;actives. <br /> <br /> - Le Parlement deviendrait tout-puissant, au d&eacute;triment de l'ex&eacute;cutif. C'est un risque, mais la constitution doit pr&eacute;voir des possibilit&eacute;s de dissolution dans les mains soit du pr&eacute;sident soit du chef de gouvernement. Par ailleurs il sera possible de renforcer le pouvoir des &eacute;lecteurs sur leurs &eacute;lus, afin d'obliger ceux-ci &agrave; tenir compte des changements d'opinion.<br /> <br /> - Donner aux extr&ecirc;mes, qu'ils soient de gauche ou de droite, la possibilit&eacute; de paralyser soit le parlement, soit l'ex&eacute;cutif, sinon les deux. Or ceci ne se produit pratiquement pas dans aucun des r&eacute;gimes de type parlementaire qui sont en place dans l'Union europ&eacute;enne. Par ailleurs, si des &laquo;&nbsp;extr&ecirc;mes&nbsp;&raquo; ont suffisamment de force pour mobiliser une partie importante de l'&eacute;lectorat, le jeu d&eacute;mocratique veut qu'ils soient repr&eacute;sent&eacute;s. Des synth&egrave;ses se feront n&eacute;cessairement, plut&ocirc;t qu'une sorte de guerre civile opposant le gouvernement et une partie de l'opinion. <br /> <br /> - Fragiliser l'ex&eacute;cutif et la n&eacute;cessaire continuit&eacute; s'imposant &agrave; l'action publique. L&agrave; encore on peut penser que les exigences d'une adaptation rapide de l'action gouvernementale face aux situations de crise qui seront de plus en plus fr&eacute;quentes imposeront tant au pouvoir l&eacute;gislatif qu'au pouvoir ex&eacute;cutif, une entente minimum sur des strat&eacute;gies de long terme. Celles-ci, comme par exemple la lutte contre le r&eacute;chauffement climatique, devront reposer sur un n&eacute;cessaire consensus bi ou multipartisan, au del&agrave; des diff&eacute;rences d'opinion s&eacute;parant les acteurs de la vie politique.</font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">- Emp&ecirc;cher une personnalit&eacute; forte de symboliser la nation dans les p&eacute;riodes de crise aigu&euml;. L'objection ne tient pas. Toute p&eacute;riode difficile voit des personnalit&eacute;s fortes &eacute;merger et s'imposer, sous quelque titre que ce soit. On pensera par exemple &agrave; Georges Cl&eacute;menceau. En cas de crise, par ailleurs, et de d&eacute;faillance du chef de gouvernement ou de sa majorit&eacute;, un pr&eacute;sident de la R&eacute;publique incarnant la nation pourrait prendre momentan&eacute;ment le relais. C'est la raison justifiant le statut exorbitant du droit commun dont jouissent les royaut&eacute;s encore tr&egrave;s fr&eacute;quentes en Europe. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"><font color="#000080"><strong>Conclusion</strong></font><br /> </font></p> <p><font size="2" face="Arial">&nbsp;La seule objection s&eacute;rieuse &agrave; un changement de constitution en France, r&eacute;pondant aux objectifs &eacute;num&eacute;r&eacute;s ci-dessus, serait que ce changement imposerait de telles modifications dans les positions acquises comme plus g&eacute;n&eacute;ralement dans les pratiques politiques quotidiennes que le processus n&eacute;cessaire il risquerait de se prolonger pendant des mois, &agrave; supposer que le principe en soit admis par une majorit&eacute; de l'opinion. De plus, pour qu'en France aujourd'hui, le passage &agrave; une 6e R&eacute;publique puisse s'imposer, il faudrait de telles d&eacute;faillances du r&eacute;gime actuel que nul ne peut s&eacute;rieusement les souhaiter. <br /> <br /> Ceux qui militent pour cette perspective doivent donc continuer &agrave; l'approfondir et &agrave; la rendre populaire dans les couches profondes de l'opinion. Mais dans les prochains mois un pr&eacute;sident pourtant descendu &agrave; un niveau d'impopularit&eacute; aussi faible et aussi durable&nbsp; que celui de Fran&ccedil;ois Hollande pourra demeurer au pouvoir, s'il tient envers et contre tout &agrave; y rester. </font></p> Fri, 05 Sep 2014 23:00:00 GMT Femme voilée sur la plage http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1457 1457 <br /><p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial"><br /> Nadine Morano avait &eacute;crit lundi 19 ao&ucirc;t 2014 sur son compte Facebook: </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">&laquo;&nbsp;S<em>ur une plage de France, bond&eacute;e de vacanciers en maillots de bain, un couple est arriv&eacute;. Un homme v&ecirc;tu d&rsquo;un short et d&rsquo;un maillot manches courtes accompagn&eacute; d&rsquo;une femme v&ecirc;tue, d&rsquo;une tunique manches longues, d&rsquo;un pantalon et d&rsquo;un voile. En quelques minutes, l&rsquo;homme se mit en maillot de bain exhibant un corps bien fait, pendant que la dame s&rsquo;asseyait toute habill&eacute;e, bien sagement sur le sable. <br /> Il se dirigea seul, vers la mer. Heureux de profiter d&rsquo;un bon bain, il adressait &agrave; sa douce qui semblait soumise, seule, entour&eacute;e de corps en tenue de plage, des signes de la main. <br /> Lui, a donc le droit de se d&eacute;shabiller, de se baigner, elle non ! D&eacute;fiance envers la femme, d&eacute;fiance envers ses cong&eacute;n&egrave;res masculins...Voir cela sur le territoire des droits de l&rsquo;Homme est exasp&eacute;rant !&nbsp;</em>&raquo;</font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Mardi 20 aout, le secr&eacute;taire d&rsquo;Etat Harlem D&eacute;sir a jug&eacute; qu&rsquo;hommes et femmes devaient profiter &agrave; &eacute;galit&eacute; de <em>&laquo;l&rsquo;espace de libert&eacute;&raquo;</em> qu&rsquo;est une plage, et a dit <em>&laquo;comprendre la r&eacute;action&raquo;</em> de Nadine Morano. Interrog&eacute; par un m&eacute;dia, il a dit <em>&laquo;La plage est un espace de libert&eacute;, un endroit o&ugrave; l&rsquo;on n&rsquo;aime pas l&rsquo;id&eacute;e que, quand un couple arrive, les deux membres de ce couple n&rsquo;aient pas la m&ecirc;me possibilit&eacute; de profiter de cet espace de libert&eacute;&raquo;</em>,</font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <div id="article-body" dir="LTR"> <p><font size="2" face="Arial"><em>&laquo;Je peux comprendre la r&eacute;action de Nadine Morano&raquo;</em>. <em>&laquo;J&rsquo;ai d&eacute;j&agrave; assist&eacute; &agrave; ce type de situation &ndash;&nbsp;pas seulement en France mais aussi dans d&rsquo;autres pays&nbsp;&ndash; et j&rsquo;ai toujours trouv&eacute; &ccedil;a aberrant&raquo;</em>, a-t-il poursuivi. Cependant <em>&laquo;je suis membre du gouvernement&raquo;</em> et <em>&laquo;ce &agrave; quoi nous devons &ecirc;tre attentifs, c&rsquo;est au respect des r&egrave;gles de droit&raquo;</em>, a ajout&eacute; le responsable. <em>&laquo;Il y a une loi qui interdit de voiler le visage, ce n&rsquo;&eacute;tait pas le cas&raquo;</em>. <em>&laquo;Nous devons nous garder d&rsquo;aller au-del&agrave; de ce qu&rsquo;est le respect du droit.&raquo;<br /> </em>Mais <em>&laquo;sur le plan personnel, je consid&egrave;re qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien qui puisse justifier qu&rsquo;une femme n&rsquo;ait pas le m&ecirc;me droit qu&rsquo;un homme&raquo;</em>, a-t-il ajout&eacute;, soulignant <em>&laquo;la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;une action de la soci&eacute;t&eacute; civile en particulier, pour se mobiliser pour d&eacute;fendre l&rsquo;&eacute;galit&eacute; partout&raquo;</em>.</font></p> </div> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Quand on voit comment, de par le monde, que ce soit dans les pays musulmans ou dans nos propres r&eacute;gions, les droits de la femme sont soient ni&eacute;s radicalement, soit combattus de plus en plus, syst&eacute;matiquement, on ne peut que r&eacute;agir comme Nadine Morano et Harlem D&eacute;sir. Il ne s'agit pas d'un incident de plage. Il s'agit d'un symbole r&eacute;v&eacute;lateur de ce mouvement de plus en plus profond qu'est l'anti-f&eacute;minisme. Nadine Morano, en tant que femme, et pas seulement en tant que membre de l'UMP, est plus que tous autres en droit de le dire. Et tous ceux qui s'opposent &agrave; elle sur ce point sont des d&eacute;magogues et des arrivistes politiques. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Mais pourquoi direz vous, les femmes voil&eacute;es se laissent-elles voiler, surtout en France. Que ne se rebellent-elles pas? Facile &agrave; dire, lorsque l'on n'a pas constat&eacute; les 2.000 ans et plus de servitude qui p&egrave;sent sur elles dans leurs milieux traditionnels. Pourquoi en Europe les travailleurs ont-ils attendus le d&eacute;but du 20e si&egrave;cle pour se r&eacute;volter collectivement? Parce que ceux qui auparavant s'y risquaient individuellement finissaient au bagne. </font></p> <p style="margin-bottom: 0cm"> </p> Mon, 18 Aug 2014 23:00:00 GMT Vers une guerre nucléaire de plus en plus probable. Vers l'anéantissement de nos civilisations http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1439 1439 <br /><font size="2" face="Arial"> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Mais qui se pr&eacute;pare aujourd'hui en France &agrave; sonner le tocsin pour provoquer la mobilisation g&eacute;n&eacute;rale contre la nouvelle guerre en pr&eacute;paration, guerre nucl&eacute;aire qui entrainerait &agrave; coup sur la disparition de la Russie, de l'Europe et sans doute d'autres pays du monde? Personne. Pourquoi? En France, semble-t-il, par aveuglement et incomp&eacute;tence. Cette guerre serait, comme toutes les informations circulant &agrave; ce sujet l'indiquent, d&eacute;clar&eacute;e par l'Am&eacute;rique pour entra&icirc;ner la disparition d'une Russie consid&eacute;r&eacute;e encore, plusieurs d&eacute;cennies apr&egrave;s la fin du communisme, comme une rivale insupportable. Or ce qui vient de l'Am&eacute;rique est accept&eacute;&nbsp; par une majorit&eacute; de l'opinion fran&ccedil;aise, comme d&eacute;cision quasi divine, ne devant absolument pas &ecirc;tre remise en question. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font><font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Nous publions ici quelques paragraphes d'un nouvel article de Philippe Grasset s'effor&ccedil;ant de comprendre pourquoi, ni aux Etats-Unis, ni a fortiori en Europe, les d&eacute;cisions les plus folles de l'encore hyper-puissance seront accept&eacute;es passivement. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font><font size="2" face="Arial"> </font> <h2><font size="2" face="Arial" color="#800000">Stephen F. Cohen et l&rsquo;&ldquo;impensable&rdquo; : la guerre avec la Russie par Philippe Grasset (extraits)</font><font size="2" face="Arial" color="#800000"><a href="http://www.dedefensa.org/article-stephen_f_cohen_et_l_impensable_la_guerre_avec_la_russie_01_08_2014.html"><br /> http://www.dedefensa.org/article-stephen_f_cohen_et_l_impensable_la_guerre_avec_la_russie_01_08_2014.html</a> </font> </h2> <font size="2" face="Arial" color="#800000"> </font> <p><font size="2" face="Arial" color="#800000">Stephen F. Cohen est sans doute le meilleur sp&eacute;cialiste de la Russie de sa g&eacute;n&eacute;ration, parmi les experts US attach&eacute;s &agrave; cette orientation. Il est &eacute;galement assez isol&eacute;, comme on l&rsquo;a d&eacute;j&agrave; not&eacute; &agrave; plusieurs reprises, puisque son appr&eacute;ciation est extr&ecirc;mement nuanc&eacute;e ...</font><font size="2" face="Arial" color="#800000">Avec sa femme Katrina Venden Heuvel, directrice de la r&eacute;daction de <em>The Nation</em>, il cosigne une analyse parue le 30 juillet 2014 sur le site de cet hebdomadaire, l&rsquo;un des tr&egrave;s, tr&egrave;s rares aux USA &agrave; suivre une ligne d&eacute;marqu&eacute;e de l&rsquo;actuelle folie belliciste qui balaie les &eacute;lites-Syst&egrave;me washingtoniennes. Le titre de l&rsquo;article est &eacute;nonc&eacute; sous forme d&rsquo;une question, &ndash; &laquo;<em>Why Is Washington Risking War With Russia?</em>&raquo;, &ndash; Curieusement ou bien au contraire tr&egrave;s significativement, l&rsquo;article n&rsquo;apporte pas de r&eacute;ponse. Le texte se contente de d&eacute;crire le processus en cours, avec l&rsquo;hypoth&egrave;se qui commence &agrave; &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e s&eacute;rieusement que la bataille en cours dans le Donbass va d&eacute;g&eacute;n&eacute;rer en affrontement avec la Russie.<br /> <a href="http://www.thenation.com/article/180825/why-washington-risking-war-russia">http://www.thenation.com/article/180825/why-washington-risking-war-russia</a></font></p> <font size="2" face="Arial" color="#800000"> </font> <p><font size="2" face="Arial" color="#800000">&hellip; Pour suivre les conceptions de Cohen, on enrichira tr&egrave;s largement cet article par des interventions t&eacute;l&eacute;vis&eacute;es, essentiellement sur <em>Russia Today</em> (il n&rsquo;est pas souvent le bienvenu sur les cha&icirc;nes US &agrave; cause de ses opinions qui n&rsquo;envisagent pas la condamnation imm&eacute;diate et sans appel de la Russie). Stephen F. Cohen est l&rsquo;un des interlocuteurs favoris de Peter Lavelle et de son &eacute;mission <em>CrossTalks</em>, et souvent avec son coll&egrave;gue de l&rsquo;universit&eacute; de Chicago, John Mearsheimer. Dans la derni&egrave;re &eacute;mission de Peter Lavelle, <a href="http://rt.com/shows/crosstalk/155288-containment-policy-cold-war/">http://rt.com/shows/crosstalk/155288-containment-policy-cold-war/</a> sous le titre <em>Cold War 2.0</em>, Cohen et Mearsheimer sont effectivement les deux invit&eacute;s. C&rsquo;est la deuxi&egrave;me fois qu&rsquo;une &eacute;mission commence avec cette question de Lavelle &agrave; Cohen&nbsp;: &ldquo;Que diront plus tard les historiens de notre &eacute;poque&nbsp;?&rdquo;, et Cohen de r&eacute;pondre &ldquo;D&rsquo;abord, il faudrait savoir s&rsquo;il y aura encore des historiens, parce que la situation d&rsquo;aujourd&rsquo;hui pourrait ais&eacute;ment nous mener &agrave; une guerre nucl&eacute;aire&rdquo;. Effectivement, Stephen F. Cohen ne manque pas de dire &agrave; nouveau combien il juge tout &agrave; fait possible, sinon probable, un affrontement direct entre les USA et la Russie, jusqu&rsquo;aux armes nucl&eacute;aires. </font></p> <font size="2" face="Arial" color="#800000"> </font> <p><font size="2" face="Arial" color="#800000">&hellip;</font></p> <font size="2" face="Arial" color="#800000"> </font> <p><font size="2" face="Arial" color="#800000">Mais pourquoi? John Mearsheimer propose l&rsquo;id&eacute;e que les USA s&rsquo;estiment &ecirc;tre de la cat&eacute;gorie hors des normes, de la cat&eacute;gorie de cet exceptionnalisme que le pr&eacute;sident des USA lui-m&ecirc;me &eacute;rige &eacute;trangement en doctrine, exceptionnalisme d&rsquo;une puissance dispensatrice d&rsquo;une &ldquo;h&eacute;g&eacute;monie bienveillante&rdquo; (&ldquo;<em>benevolent hegemon</em>&rdquo;, &ndash; l&rsquo;expression anglo-am&eacute;ricaniste est apparue au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990 dans les milieux <em>neocons</em>). L&rsquo;expression &ldquo;h&eacute;g&eacute;monie bienveillante&rdquo; signifie que les USA sont, dans l&rsquo;univers et sans doute au-del&agrave; d&rsquo;ailleurs, la plus apte et m&ecirc;me la seule puissance &agrave; pouvoir concevoir, exposer et d&eacute;velopper les plus s&ucirc;res recettes et m&eacute;thodes pour un monde apais&eacute;, bien rang&eacute;, satisfait, vertueux, conforme au Dessein divin &ndash; d&eacute;mocratis&eacute; et globalis&eacute; aussi, pour ne rien oublier. </font></p> <font size="2" face="Arial" color="#800000"> </font> <p><font size="2" face="Arial" color="#800000">Cette croyance, selon Mearsheimer, est extr&ecirc;mement forte depuis la fin de la Guerre froide, et elle conduit les dirigeants-Syst&egrave;me de Washington &agrave; consid&eacute;rer que la &ldquo;r&eacute;sistance&rdquo;, &ndash; la plus forte et la plus mena&ccedil;ante &agrave; cet &eacute;gard, &ndash; de la Russie &agrave; ce mod&egrave;le des &ldquo;lendemains qui chantent&rdquo; rel&egrave;ve de la stupidit&eacute;, de l&rsquo;ent&ecirc;tement suspect et enfin de l&rsquo;intention mal&eacute;fique pure et simple. Au reste, et en offre alternative &agrave; la r&eacute;flexion, les m&ecirc;mes dirigeants ne doutent pas qu&rsquo;une pression soutenue contre Poutine, du type <em>regime change</em> mais avec menace apocalyptique implicite pour faire s&eacute;rieux, finira par d&eacute;truire cette direction et fera surgir, litt&eacute;ralement comme les Cent-Fleurs du mao&iuml;sme, une alternative d&eacute;mocratique qui r&eacute;soudra tout cela. </font></p> <font size="2" face="Arial" color="#800000"> </font> <p><font size="2" face="Arial" color="#800000">L&agrave;-dessus, bien s&ucirc;r, on trouve toutes les justifications et les exon&eacute;rations de culpabilit&eacute; pour les interventions clandestines, les ing&eacute;rences, les actes sans fin de corruption, de piraterie, de banditisme, de chantage, etc. Mais il s&rsquo;agit bien des cons&eacute;quences, parce que les affaires, le <em>business</em>, la brutalit&eacute; des actes, l&rsquo;affirmation spectaculaire de la puissance, l&rsquo;irrespect des principes, etc., ne sont pas les causes de l&rsquo;action de Washington en tant que telle (dont Washington serait responsable), mais les cons&eacute;quences parfois g&ecirc;nantes ou malheureuses, qu&rsquo;importe, d&rsquo;une action qui est autoris&eacute;e sinon recommand&eacute;e, avec toutes ces d&eacute;formations, par cette pathologie de la psychologie. </font></p> <font size="2" face="Arial" color="#800000"> </font> <p><font size="2" face="Arial" color="#800000">Cohen partage compl&egrave;tement cette hypoth&egrave;se, dans tous les cas cette voie de r&eacute;flexion pour expliquer une situation extraordinaire. Il note que la situation aujourd&rsquo;hui &agrave; Washington est effectivement extraordinaire par la puissance du consensus en faveur de l&rsquo;agressivit&eacute; extr&ecirc;me contre la Russie, notamment au Congr&egrave;s. Un tel consensus n&rsquo;existait pas durant la Guerre froide, o&ugrave; s&rsquo;opposaient un parti des <em>Cold Warriors</em> (&ldquo;Guerriers froids&rdquo;, partisans d&rsquo;une politique antisovi&eacute;tique dure) et un parti des &ldquo;d&eacute;tentistes&rdquo; (partisans d&rsquo;une entente avec l&rsquo;URSS), les uns et les autres &eacute;tant r&eacute;partis d&rsquo;une fa&ccedil;on assez &eacute;quilibr&eacute;e. Cohen semble estimer que le consensus actuel en faveur de l&rsquo;agressivit&eacute; extr&ecirc;me contre la Russie constitue un ph&eacute;nom&egrave;ne qui n&rsquo;est pas vraiment l&rsquo;effet d&rsquo;une contrainte, d&rsquo;une consigne ou d&rsquo;une censure, etc., mais qui ressort de cette psychologie productrice de l&rsquo;&ldquo;h&eacute;g&eacute;monie bienveillante&rdquo; que propose son coll&egrave;gue Mearsheimer. </font></p> <font size="2" face="Arial" color="#800000"> </font> <p><font size="2" face="Arial" color="#800000">&hellip;</font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Observons pour notre part, comme indiqu&eacute; en introduction, que cet &eacute;trange consensus s'&eacute;tend, encore plus &eacute;trangement s'il &eacute;tait possible, aux Europ&eacute;ens m&ecirc;mes, &agrave; ceux-l&agrave; qui en seront les premi&egrave;res victimes.</font></p> </font> Thu, 31 Jul 2014 23:00:00 GMT L'Europe, épicentre de conflits destructeurs http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1433 1433 <br /><font size="2" face="Arial">L'antagonisme franco-allemand qui aurait pu &ecirc;tre &eacute;vit&eacute; avant 1914 a conduit 20 ans apr&egrave;s, du fait d'une paix mal con&ccedil;ue, &agrave; la subversion de l'Europe par le r&eacute;gime nazi. Celui-ci &agrave; son tour a &eacute;t&eacute; d&eacute;truit par l'intervention am&eacute;ricaine, qui n'attendait que cette occasion pour se substituer &agrave; l'Europe dans la domination de l'occident. Dans le m&ecirc;me temps, la Russie tsariste avide de coop&eacute;rations avec les Europ&eacute;ens, a &eacute;t&eacute; remplac&eacute;e par un r&eacute;gime communiste referm&eacute; sur lui-m&ecirc;me. </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Tr&egrave;s vite, m&ecirc;me si ses exc&egrave;s initiaux le justifiaient, la Russie a &eacute;t&eacute; diabolis&eacute;e sous l'influence principalement de l'Am&eacute;rique, s'appuyant sur les forces conservatrices en Europe. Ceci alors que, au contraire, avec Gorbatchev et ses successeurs, elle aurait due &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e par les Europ&eacute;ens comme une alli&eacute;e potentielle, pouvant partager les m&ecirc;mes objectifs g&eacute;opolitiques. Elle a par ailleurs failli &ecirc;tre d&eacute;truite de l'int&eacute;rieur sous l'action des oligarques soutenus par les Etats-Unis, qui s'&eacute;taient empar&eacute; de toutes ses forces vives. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">C'est que la Russie avait r&eacute;ussi &agrave; la fin de la guerre &agrave; se donner une force militaire, notamment nucl&eacute;aire qui, sans &ecirc;tre du niveau de celle des Etats-Unis, repr&eacute;sentait une perspective de &laquo;&nbsp;destruction mutuelle assur&eacute;e&nbsp;&raquo; en cas de conflit. De ce fait, l'Am&eacute;rique, pour qui comme l'a dit un commentateur, il n'y a de Russie acceptable que ray&eacute;e de la carte, n'avait plus comme espoirs d'intervention que tenter de susciter des &laquo;&nbsp;r&eacute;volutions orange&nbsp;&raquo; en Russie m&ecirc;me, comme elle le fit depuis dans les pays composant la ceinture occidentale de l'ancienne URSS. Il se trouva cependant des Russes suffisamment &eacute;clair&eacute;s sur ce qu'&eacute;taient &agrave; long terme les objectifs de survie de leur patrie, pour se redonner, avec Vladimir Poutine et ses &eacute;quipes, des dirigeants d&eacute;cid&eacute;s &agrave; tenir t&ecirc;te, non seulement &agrave; l'Am&eacute;rique, mais &agrave; ses alli&eacute;s au sein de l'Otan.</font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial" color="#000080"><strong>Une Europe soumise</strong></font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Mais que devint l'Europe pendant ce temps? Avec la cr&eacute;ation de l'Union europ&eacute;enne et la mise en place de l'euro, les optimistes ont pu croire qu'elle s'&eacute;tait affranchie de ses d&eacute;mons autodestructeurs ant&eacute;rieurs. Mais c'&eacute;tait oublier que l'Union europ&eacute;enne avait &eacute;t&eacute; con&ccedil;ue par des hommes politiques europ&eacute;ens totalement d&eacute;vou&eacute;s &agrave; l'influence atlantiste. C'est d'ailleurs pour s'en faire une alli&eacute;e docile dans la lutte contre l'URSS puis sur le plan &eacute;conomique dans la lutte contre les autres puissances du monde, que l'Am&eacute;rique avait accept&eacute;e de reconna&icirc;tre aux Europ&eacute;ens une certaine marge d'autonomie. Mais il ne fallait pas que les Europ&eacute;ens en abusent. <br /> </font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Ce but a &eacute;t&eacute; tr&egrave;s largement acquis. Ainsi toutes les vell&eacute;it&eacute;s de socialisme en Europe ont &eacute;t&eacute; d&eacute;truites du fait des pressions de Washington et des institutions internationales mises en place pour les prolonger: FMI, Banque Mondiale et autres. Il en fut de m&ecirc;me en mati&egrave;re d'autonomie politique. Un de Gaulle qui voulait r&eacute;cup&eacute;rer une certaine ind&eacute;pendance vis-&agrave;-vis de l'Am&eacute;rique n'a pas &eacute;t&eacute; suivi de successeurs s'inspirant de son mod&egrave;le. On peut se souvenir, &agrave; titre d'exemple parmi de nombreux autres, comment le Plan Calcul europ&eacute;en, lanc&eacute; par De Gaulle, et qui repr&eacute;sentait un d&eacute;fi technologique &agrave; juste titre tr&egrave;s pris au s&eacute;rieux par le lobby politico-industriel am&eacute;ricain, fut rapidement sabord&eacute; alors qu'il &eacute;tait en train de r&eacute;ussir par un Val&eacute;ry Giscard d'Estaing, tout d&eacute;vou&eacute; &agrave; la domination d'outre-atlantique. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Dans la lutte incessante men&eacute;e par l'Empire am&eacute;ricain contre la Russie, directement ou par Otan interpos&eacute;, l'Am&eacute;rique a trouv&eacute; deux alli&eacute;s. L'un fut et demeure encore la Pologne, suivie de ses voisins imm&eacute;diats La diplomatie am&eacute;ricaine sut parfaitement y exploiter les sentiments anti-russes et anti-religion orthodoxe qui existaient d&eacute;j&agrave; avant la 2e guerre mondiale. Le second fut l'Allemagne r&eacute;unifi&eacute;e o&ugrave; la collaboration entre industriels et financiers permit aux deux pays de r&eacute;unir leurs efforts dans un certain nombre de domaines industriels. Cependant, aujourd'hui, l'Allemagne semble avoir reconquis une volont&eacute; d'ind&eacute;pendance. Elle a notamment d&eacute;couvert, &agrave; l'occasion des affaires d'espionnages US sur son territoire, qu'elle n'&eacute;tait qu'un outil comme les autres au service de la domination am&eacute;ricaine. Par ailleurs, gr&acirc;ce &agrave; ses comp&eacute;tences en mati&egrave;re industrielle et d'organisation sociale, elle a r&eacute;ussi r&eacute;cemment &agrave; s'&eacute;manciper du moins en partie &agrave; l'influence politique d'une Am&eacute;rique d&eacute;sormais en proie &agrave; des crises internes diverses. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Que p&egrave;se dor&eacute;navant pour l'Am&eacute;rique comme pour l'Allemagne leurs anciennes complicit&eacute;s dans la lutte contre la Russie. Il ne faut pas se faire d'illusion. L'Allemagne reste encore tr&egrave;s largement ce qu'elle a toujours &eacute;t&eacute;, notamment vis-&agrave; vis de l'Am&eacute;rique, c'est-&agrave;-dire un nain politique. Ce n'est pas sur elle, encore pour le moment, que devront compter les mouvements europ&eacute;ens souhaitant marquer ouvertement une &eacute;mancipation &agrave; l'&eacute;gard de cette derni&egrave;re. Cependant son &eacute;conomie et celle de la Russie sont de plus en plus imbriqu&eacute;es, &agrave; la satisfaction des deux parties. Ainsi, le capitalisme et la banque allemande ont montr&eacute; r&eacute;cemment une grande r&eacute;sistance aux &laquo;&nbsp;sanctions&nbsp;&raquo; contre la Russie que voulait imposer l'Am&eacute;rique. Malgr&eacute; cela, le r&ocirc;le de l'Allemagne, comme facteur de r&eacute;sistance aux offensives am&eacute;ricaines contre la Russie, et au service de ses propres int&eacute;r&ecirc;ts, reste encore incertain. L'histoire sur ce point tr&egrave;s important, h&eacute;site encore.</font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Qu'en est-il de la France? Nous l'avons dit, l'id&eacute;al Gaullien de souverainet&eacute; n'a gu&egrave;re laiss&eacute; de traces. Certes, dans l'opinion, demeurent aux deux extr&ecirc;mes de l'&eacute;chiquier politique des forces demandant, au moins dans les discours, une prise de distance. Mais au niveau des institutions, comme chez les repr&eacute;sentants des majorit&eacute;s au pouvoir, s'est install&eacute;e une d&eacute;votion &agrave; l'atlantisme quasiment de nature religieuse. Faut-il s'en &eacute;tonner si l'on sait que par exemple chaque promotion de l'Ecole Nationale d'administrationn a vu ses repr&eacute;sentants les mieux not&eacute;s invit&eacute;s aux Etats-Unis pour des s&eacute;jours tous frais pay&eacute;s par la French-American Foundation - s&eacute;jours n'&eacute;tant pas autre chose que de l'endoctrinement. Ne mentionnons pas les innombrables organisations dites non-profit, compos&eacute;es de citoyens fran&ccedil;ais, qui font du lobbying &agrave; tous niveaux, politiques et &eacute;conomiques, au service des entreprises am&eacute;ricaines, qu'il s'agisse de Boeing ou des industriels du tabac. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Pendant un certain temps cependant, dans la suite du gaullisme, de tr&egrave;s efficaces industries de pointe s'&eacute;taient mises en place &agrave; partir des ann&eacute;es soixante, notamment dans le domaine de l'aviation et de la d&eacute;fense. N&eacute;anmoins aujourd'hui, elles semblent ne plus int&eacute;resser les gouvernement tandis que, sous pr&eacute;texte de libre-&eacute;change au plan de l'Union, elles ont perdu l'essentiel de leurs centres d'excellence au profit d'industriels europ&eacute;ens agissant souvent comme faux nez de leurs homologues d'outre-atlantique. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">L'Union europ&eacute;enne, en ce qui la concerne, s'est-elle constitu&eacute; en force g&eacute;opolitique capable de contrebalancer l'influence am&eacute;ricaine et jouer un r&ocirc;le de pont en direction de la Russie? Il n'en a rien &eacute;t&eacute;. Sous l'influence des Britanniques, notamment, aucune d&eacute;cision ou organisme capable de s'opposer au pilotage de l'Europe par l'Am&eacute;rique n'ont &eacute;t&eacute; mis en place. Une entente quasi permanente entre le conseil des ministres europ&eacute;ens, repr&eacute;sentants les Etats &ndash; et les recommandations ou consignes de Washington, a &eacute;t&eacute; observ&eacute;e. Des postes essentiels de commissaires ont &eacute;t&eacute; confi&eacute;s &agrave; des personnalit&eacute;s convaincues de la n&eacute;cessit&eacute; de l'alliance atlantique. Le Haut repr&eacute;sentant pour la politique ext&eacute;rieure est encore &agrave; ce jour une Britannique, en liaison directe avec le D&eacute;partement d'Etat am&eacute;ricain. Les n&eacute;gociations, d&eacute;terminantes pour l'avenir de l'Europe en tant que r&eacute;f&eacute;rence civilisationnelle, politique et &eacute;conomique et visant &agrave; conclure des trait&eacute;s de Libre-&eacute;change avec les Etats-Unis, sont prises en charge exclusivement par la Commission. On fait valoir qu'en tant que telles, elles rel&egrave;vent du domaine commercial, lui-m&ecirc;me de la seule comp&eacute;tence de la Commission. Mais c'est &eacute;videmment faux. Il suffit de voir le nombre des accords qui, s'ils &eacute;taient sign&eacute;s, aboutiraient &agrave; la disparition de comp&eacute;tences r&eacute;galiennes, int&eacute;ressant au plus haut niveau les responsabilit&eacute;s des Etats europ&eacute;ens. Quant &agrave; l'euro, la Banque centrale europ&eacute;enne, sous la pression des int&eacute;r&ecirc;ts financiers anglo-saxons, s'est toujours vu interdire un r&ocirc;le d'intervention au service des politiques europ&eacute;ennes analogue &agrave; celui de la Banque f&eacute;d&eacute;rale am&eacute;ricaine en soutien des politiques conduites par le pr&eacute;sident des Etats-Unis (le POTUS) et ses ministres.<br /> <font color="#000080"><br /> <strong>Un avenir sombre</strong></font></font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Comment vont &eacute;voluer ces trois entit&eacute;s, Etats-Unis, Russie et Allemagne, non pas dans un futur de quelques d&eacute;cennies, mais dans les trois prochaines ann&eacute;es? Si nous nous limitons &agrave; ce court laps de temps, nous pouvons ne pas tenir compte des &eacute;v&egrave;nements qui surviendront &agrave; terme, influence des rapports avec des BRICS, Chine et Inde notamment, de plus en plus influents, ou sous un autre angle, changement climatique mondial dont la plupart des cons&eacute;quences sont pr&eacute;sent&eacute;es comme devant &ecirc;tre catastrophiques. Or &agrave; &eacute;ch&eacute;ance de deux &agrave; trois ans, les pronostics que pour notre part nous pourrions faire sont extr&ecirc;mement pessimistes. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">L'Am&eacute;rique d'abord, dont on ne r&eacute;p&eacute;tera assez qu'elle dispose d'une sup&eacute;riorit&eacute; technologique et militaire d&eacute;passant largement les forces r&eacute;unies du reste du monde. Va-t-elle en faire un usage plus sage, sous l'influence notamment de revendications d&eacute;mocratiques de plus en plus pr&eacute;sentes en son sein m&ecirc;me? On peut craindre que, pour des raisons quasiment syst&eacute;miques qui se sont retrouv&eacute;es identiques dans l'histoire et la pr&eacute;histoire, car une force dominante se s'inflige pas &agrave; elle-m&ecirc;me une r&eacute;duction de puissance, l'Am&eacute;rique continuera &agrave; abuser de sa puissance dans tous les domaines. Ceci m&ecirc;me si dans certains cas elle est oblig&eacute;e de tenir compte de difficult&eacute;s qu'elle ne pourra &eacute;viter. Disons-m&ecirc;me que, plus ces difficult&eacute;s s'accentueront, comme par exemple aujourd'hui des restrictions budg&eacute;taires oblig&eacute;es, plus elle les compensera par ailleurs, aux d&eacute;pends d'&eacute;quilibres mondiaux qui ne lui importent pas. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">C'est ainsi notamment que les efforts qu'elle multiplie aujourd'hui pour obtenir la destruction, au moins politique et &eacute;conomique, de la Russie, ne diminueront pas. Ceci par tous les moyens disponibles, sauf peut-&ecirc;tre, il faut l'esp&eacute;rer, le recours &agrave; l'arme nucl&eacute;aire: campagnes de d&eacute;sinformation au niveau mondial, pressions &eacute;conomiques et financi&egrave;res multiples, mobilisation de plus en plus active des pays voisins. Au sein m&ecirc;me de la Russie, les intrusions non officielles de ce que nous avons appel&eacute; la diplomatie du dollar et des forces sp&eacute;ciales se multiplieront. Leur objectif sera de mobiliser au service de l'Am&eacute;rique, par des promesses qui ne seront d'ailleurs pas tenues, les oligarques et autres forces internes d'opposition au gouvernement actuel. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Qu'en sera-t-il alors de la Russie? Compte tenu de ces m&ecirc;mes oppositions internes, mais aussi de facteurs de faiblesse propres &agrave; la f&eacute;d&eacute;ration de Russie (d&eacute;mographie insuffisante, aggravation de l'&eacute;tat sanitaire, manque d'acc&egrave;s direct &agrave; des ressources essentielles), le r&eacute;gime dit de Poutine sera de plus en plus fragilis&eacute;. Il est loin d'&ecirc;tre aussi fort que la propagande occidentale le pr&eacute;tend. Poutine peut &ecirc;tre renvers&eacute; d'un jour &agrave; l'autre. Il serait alors remplac&eacute; soit par des oligarques pr&eacute;cit&eacute;s soit par des extr&eacute;mistes ultra-nationalistes, voire n&eacute;o-nazis qui dans tous les cas, feront les affaires de l'Am&eacute;rique. Elle pourra ainsi ainsi dicter ses conditions &agrave; un pays affaibli, d&eacute;moralis&eacute;, ouvert &agrave; tous les d&eacute;membrements.</font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Quant &agrave; l'Europe enfin, rien ne permet d'esp&eacute;rer, compte tenu de son &eacute;volution r&eacute;cente, qu'elle devienne une puissance mondiale et autonome capable d'imposer sa m&eacute;diation dans l'h&eacute;misph&egrave;re nord. Elle deviendra, plus encore qu'actuellement, l'&eacute;picentre de tous les conflits. Au plan juridique, la coh&eacute;sion d&eacute;j&agrave; fragile de l'Union et de la zone euro ne r&eacute;sistera pas &agrave; tous ceux voulant s'en extraire. Chaque Etat europ&eacute;en, m&ecirc;me le plus petit, pr&eacute;tendra reprendre son ind&eacute;pendance. Dans le m&ecirc;me temps, ces Etats seront de plus en plus confront&eacute;s &agrave; des revendications d'ind&eacute;pendance r&eacute;gionale o&ugrave; les grands Etats r&eacute;galiens, et par cons&eacute;quent le continent tout entier, &eacute;puiseront leurs forces.<br /> <br /> Quel jeu jouera alors l'Allemagne, aujourd'hui la puissance incontest&eacute;e du continent ? Si les Etats-Unis poursuivent leur politique actuelle, c'est-&agrave;-dire d'espionnage, de p&eacute;n&eacute;tration, de contr&ocirc;le de secteurs allemands essentiels, y compris les m&eacute;dias, ils s'efforceront d'en faire une version renouvel&eacute;e d'un grand Reich sous influence capable de s'imposer victorieusement, non seulement &agrave; la Russie, mais &agrave; tous les Etats europ&eacute;ens refusant le retour &agrave; un pass&eacute; douloureux. Ce grand Reich, peuvent-ils esp&eacute;rer, leur sera suffisamment d&eacute;pendant pour ex&eacute;cuter fid&egrave;lement toutes les consignes de Washington. Un tel dessein &eacute;chouera sans doute, du fait des forces d&eacute;mocratiques encore pr&eacute;sentes en Allemagne, de la r&eacute;sistance d'autres Etats europ&eacute;ens et surtout des faiblesses intrins&egrave;ques de l'&eacute;conomie allemande. Cette derni&egrave;re n'aurait alors, pas plus que l'&eacute;conomie hitl&eacute;rienne, la ma&icirc;trise des technologies &eacute;mergentes, l'acc&egrave;s &agrave; des sources &eacute;nerg&eacute;tiques et &agrave; des march&eacute;s d'exportation absolument vitaux. L'Allemagne deviendrait seulement une source de d&eacute;sordre et conflits suppl&eacute;mentaires, s'ajoutant &agrave; tous ceux dont l'Europe souffrira alors. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Quid de la France, demandera-t-on ? On ne voit pas de raisons pour lesquelles elle se gu&eacute;rirait de ce qu'il faut bien appeler sa d&eacute;pendance cong&eacute;nitale &agrave; l'atlantisme. Ayant brad&eacute; &agrave; l'Am&eacute;rique et &agrave; l'Allemagne ses investissements dans les grands programmes industriels, ayant renonc&eacute; &agrave; tout effort pour se doter de moyens d'action dans le monde des r&eacute;seaux num&eacute;riques, d&eacute;chir&eacute;e par des conflits entre minorit&eacute;s religieuses, poussant sa jeunesse &agrave; s'expatrier dans d'autres parties du monde plus prometteuses, il ne lui resterait que des proph&egrave;tes hallucin&eacute;s sur le mod&egrave;le d'un certain BHL lors de la campagne dite de Libye pour lui proposer des options radicales parfaitement impossibles &agrave; mettre en oeuvre. <br /> </font></p> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial"><strong>NB1: </strong>Pr&eacute;cisons que, dans un court article comme celui-ci, si nous sommes conduits &agrave; &eacute;crire, par exemple , &laquo;&nbsp;l'Am&eacute;rique pense ceci&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;La France fait cela&nbsp;&raquo;, c'est parce que nous sommes oblig&eacute;s de nous en tenir aux propos et d&eacute;cisions effectifs des repr&eacute;sentants officiels de ces Etats. Nous ne pouvons tenir compte de r&eacute;sultats de sondages ou de manifestations de rues, fussent-ils tr&egrave;s significatifs.</font></p> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial"><strong>NB2:</strong> Cet article a d&eacute;velopp&eacute; certaines des id&eacute;es pr&eacute;sent&eacute;es par un correspondant, que nous remercions, en observation d'un article publi&eacute; sur le Saker.fr http://www.vineyardsaker.fr/2014/07/21/guerre-en-ukraine-les-grands-medias-francais-mentent-deliberement/#comments<br /> </font></p> <p style="margin-bottom: 0cm"><br /> </p> <p style="margin-bottom: 0cm"> </p> Fri, 25 Jul 2014 23:00:00 GMT Le bloc BRICS se constituera-t-il en acteur global dans l'évolution future du monde? http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1431 1431 <br /><font size="2" face="Arial" color="#000000"><span style="font-style: normal"><br /> Ce changement verrait l'ensemble des pays soumis &agrave; la domination directe des Etats-Unis (globalement ceux de la zone dollar) remplac&eacute;s comme moteur </span></font><font size="2" face="Arial" color="#000000"><span style="font-style: normal">de l'&eacute;volution par ceux qui se rassembleraient dans une zone BRICS o&ugrave; le pouvoir serait bien mieux r&eacute;parti, y compris dans le cadre d'une monnaie commune encore &agrave; d&eacute;finir et d'institutions financi&egrave;res en cours de mise en place? Si cette perspective se r&eacute;alisait, les pays de la zone euro et plus largement les pays europ&eacute;ens, auraient le choix entre deux solutions, se rassembler comme des moutons apeur&eacute;s sous l'&eacute;gide de Washington, ou s'&eacute;riger &agrave; leur tour en force politique puissante et ind&eacute;pendante. capable de discuter sur un pied d'&eacute;galit&eacute; avec les deux blocs, celui des Etats-Unis et de leurs suiveurs, d'une part, celui de la zone BRICS d'autre part. </span></font> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial" color="#000000"><span style="font-style: normal">Mais s'agirait-il seulement, en ce dernier cas, d'une r&eacute;partition diff&eacute;rente des pouvoirs financiers, industriels ou scientifiques actuels, marquant une d&eacute;gradation de la position de domination am&eacute;ricaine, sans changements profonds de la nature des affrontements? S'agirait-il au contraire d'un changement radical (nous pourrions parler d'une r&eacute;volution paradigmatique) dans la fa&ccedil;on dont les humains vont affronter les crises multiples qui s'annoncent? </span></font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial" color="#000000"><span style="font-style: normal">Si le mod&egrave;le de domination du monde mis en place depuis des d&eacute;cennies par les &eacute;lites politiques, &eacute;conomiques et m&eacute;diatiques am&eacute;ricaines n'&eacute;tait pas modifi&eacute;, mais repris et amplifi&eacute; par d'autres minorit&eacute;s dirigeantes &eacute;manant des BRICS et de l'Europe, la course au d&eacute;sastre ne fera qu'acc&eacute;l&eacute;rer une concurrence de plus en plus brutale et aveugle entre grands acteurs. On verrait s'amplifier la destruction des &eacute;cosyst&egrave;mes et des soci&eacute;t&eacute;s populaires du fait d'une exploitation renforc&eacute;e de leurs ressources. Les conflits de subsistance en r&eacute;sultant seraient d&eacute;multipli&eacute;s, ceci probablement jusqu'&agrave; ce qu'une nouvelle guerre mondiale soit d&eacute;clench&eacute;e par ceux qui se penseront les plus forts et les mieux &agrave; m&ecirc;me d'en sortir victorieusement. </span></font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"><strong><font color="#000000"><span style="font-style: normal">Les BRICS seront oblig&eacute;s d'&ecirc;tre raisonnables</span></font></strong></font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial" color="#000000"><span style="font-style: normal">Si au contraire, au sein des BRICS, des modes de gestion du monde plus avis&eacute;es, plus scientifiques, plus participatives se mettaient en place, l'avenir de la plan&egrave;te pourrait &ecirc;tre transform&eacute;, compte tenu de l'&eacute;tendue territoriale comme des ressources d&eacute;mographiques et g&eacute;ographiques de ces pays. Mais pourquoi penser que les BRICS pourraient &ecirc;tre suffisamment raisonnables pour modifier en profondeur un mod&egrave;le de d&eacute;veloppement encore trop souvent copi&eacute; sur celui de l'Am&eacute;rique ? Parce qu'ils ne pourront pas faire autrement. Il est d'ores et d&eacute;j&agrave; &eacute;vident que la Chine, par exemple, ne pourra pas longtemps continuer &agrave; pousser la croissance d'industries de consommations ou de modes de production agricole calqu&eacute;es sur le mode occidental. Il en est de m&ecirc;me a fortiori de l'Inde. Quand &agrave; la Russie, elle h&eacute;site en ce moment entre deux mod&egrave;les, celui offert par le capitalisme am&eacute;ricain ou celui inspir&eacute; d'une tradition soci&eacute;tale et religieuse beaucoup plus respectueuse des grands &eacute;quilibres naturels. </span></font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"><strong><font color="#000000"><span style="font-style: normal">Le r&ocirc;le des Europ&eacute;ens</span></font></strong></font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial" color="#000000"><span style="font-style: normal">En fait, les choix que feront les Europ&eacute;ens joueront un r&ocirc;le essentiel pour faire basculer l'&eacute;volution du monde dans telle ou telle direction. On trouve de plus en plus en Europe de forces politiques qui, sans aller jusqu'&agrave; pr&ocirc;ner une d&eacute;croissance dans tous les domaines, s'efforcent de limiter les consommations d'&eacute;nergie, d&eacute;velopper les renouvelables, encourager le retour de grands &eacute;quipements publics, maintenir le concept d'Etats protecteur au plan r&eacute;glementaire, social et sanitaire. C'est &eacute;galement en Europe que l'&eacute;mancipation des femmes et que la formation de base des populations ont &ndash; sans avoir atteints tous les buts fix&eacute;s - le plus progress&eacute; au regard du reste du monde. </span></font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial" color="#000000"><span style="font-style: normal">Chaque pays europ&eacute;en s'est donn&eacute; des r&ocirc;les &agrave; jouer dans une telle partition. La France, contrairement &agrave; ce qu'affirment ceux qui depuis des ann&eacute;es ont renonc&eacute; &agrave; l'h&eacute;ritage de De Gaulle et du Conseil National de la R&eacute;sistance, est encore consid&eacute;r&eacute;e en Europe comme un mod&egrave;le pour ses grandes r&eacute;ussites industrielles et technologiques, mais aussi pour ses potentiels intellectuels et artistiques. L'Allemagne est r&eacute;put&eacute;e pour ses capacit&eacute;s industrielles et son organisation collective. Les pays m&eacute;diterran&eacute;ens sont connus dans le monde entier par d'autres qualit&eacute;s sp&eacute;cifiques. Ne d&eacute;taillons pas ces points ici. </span></font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial" color="#000000"><span style="font-style: normal">Mais ce qui doit &ecirc;tre not&eacute;, c'est que les succ&egrave;s et r&eacute;f&eacute;rences positives europ&eacute;ennes n'int&eacute;ressent pas les Am&eacute;ricains, sauf &eacute;ventuellement dans le domaine touristique. D'abord, l'Am&eacute;rique reste, plus que jamais, une super-puissance, notamment dans tous les domaines technoscientiques. Elle peut encore se croire tout permis. Pour ce qui concerne ses relations avec les Europ&eacute;ens, son ambition, aujourd'hui particuli&egrave;rement &eacute;vidente avec les n&eacute;gociations pour un libre-&eacute;change transatlantique, a toujours &eacute;t&eacute; de rendre l'Europe conforme au mode de vie am&eacute;ricain, y compris dans ce que celui-ci a de plus n&eacute;gatif. Sur le plan g&eacute;ostrat&eacute;gique et militaire, l'Europe par ailleurs est jug&eacute;e tout juste bonne &agrave; servir de ligne avanc&eacute;e dans le vieil id&eacute;al am&eacute;ricain consistant r&eacute;duire, voire d&eacute;truire la Russie. </span></font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial" color="#000000"><span style="font-style: normal">Ce n'est &eacute;videmment pas de cette fa&ccedil;on que les autres pays du BRICS, &agrave; commencer par la Russie, mais aussi de plus en plus le Br&eacute;sil, l'Inde et la Chine, consid&egrave;rent les Europ&eacute;ens. A des titres divers, ces pays, malgr&eacute; leur puissance et leur volont&eacute; d'ind&eacute;pendance montantes, sont int&eacute;ress&eacute;s par des coop&eacute;rations sur un plan d'&eacute;galit&eacute; avec les Etats et les soci&eacute;t&eacute;s europ&eacute;ennes. Ceux qui en Europe d&eacute;fendent le concept d'euroBRICS ont multipli&eacute; les exemples dans lesquels, non pas par des conflits et luttes d'influence, mais par des coop&eacute;rations, les europ&eacute;ens et les BRICS pourraient s'attaquer &agrave; des probl&egrave;mes communs. Y compris, r&eacute;p&eacute;tons-le, dans la perspective de la grande crise climatique et environnementale qui s'annonce. </span></font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial" color="#000000"><span style="font-style: normal">On est loin aujourd'hui de cet id&eacute;al, tout au moins en ce qui concerne les relations institutionnelles. Mais, y compris avec la Chine que l'on pr&eacute;sente enferm&eacute;e dans un complexe de sup&eacute;riorit&eacute; h&eacute;rit&eacute; de l'Empire du milieu, des possibilit&eacute;s tr&egrave;s nombreuses existent dans les domaines industrielles, technologiques, scientifiques et en mati&egrave;re d'organisation des soci&eacute;t&eacute;s, b&eacute;n&eacute;ficiaires &agrave; l'ensemble des parties en pr&eacute;sence. Une prise de conscience de ces possibilit&eacute;s pourrait se faire assez vite jour au sein des populations.</span></font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"><strong><font color="#000000"><span style="font-style: normal">L'Europe doit comprendre o&ugrave; se trouve son avenir</span></font></strong></font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial" color="#000000"><span style="font-style: normal">Mais il faudrait, en ce qui concerne l'Europe notamment, que celle-ci comprenne o&ugrave; se trouve dor&eacute;navant son avenir &ndash; il n'est certainement plus dans la sid&eacute;ration &agrave; l'&eacute;gard de l'Am&eacute;rique qui l'a paralys&eacute;e depuis 1945. Bien &eacute;videmment, les lobbies atlantistes, omnipr&eacute;sents dans les capitales europ&eacute;ennes et &agrave; Bruxelles, pr&eacute;tendront toujours le contraire. Mais plus se multiplieront les exemples de coop&eacute;rations r&eacute;ussies avec les pays du BRICS, permises par des efforts r&eacute;ciproques d'ouverture, plus se g&eacute;n&eacute;ralisera un monde r&eacute;&eacute;quilibr&eacute;, d&eacute;tach&eacute; des outrances d'un n&eacute;olib&eacute;ralisme anglo-saxon impos&eacute; par 5% de dominants prenant en otage le monde entier, y compris la soci&eacute;t&eacute; am&eacute;ricaine elle-m&ecirc;me. </span></font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial" color="#000000"><span style="font-style: normal">Sur ces sujets, on pourra lire l'article remarquable de Philippe Grasset &laquo;&nbsp;Le bloc BRICS et notre destin&nbsp;&raquo; <a href="http://www.dedefensa.org/article-le_bloc_brics_et_notre_destin_22_07_2014.html">http://www.dedefensa.org/article-le_bloc_brics_et_notre_destin_22_07_2014.html</a></span></font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"><br /> </font><br /> </p> Tue, 22 Jul 2014 23:00:00 GMT Prévoir, avant que cela n'arrive http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1411 1411 <br /><p align="left"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font color="#000099"><strong><br /> </strong></font><font color="#000000">Christophe Jacquemin - 4/07/2014</font></font></p> <p align="left"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><strong>Une &eacute;quipe internationale collaborant sur l'&eacute;laboration d'une m&eacute;thode de surveillance des r&eacute;seaux sociaux, a r&eacute;ussi &agrave; identifier les informations pertinentes et partag&eacute;es, qui y sont publi&eacute;es, ceci jusqu'&agrave; deux mois avant qu'elles ne deviennent virales. D'apr&egrave;s les auteurs, l'utilisation des donn&eacute;es de 50.000 comptes twitter suffit pour obtenir de tels niveaux d'anticipation...<br /> </strong></font></font></font></p> <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Est-il possible de d&eacute;terminer un groupe de personnes (appel&eacute;es &quot;capteurs ou sentinelles&quot;) dont la position dans les r&eacute;seaux sociaux permet de surveiller l'information se propageant de mani&egrave;re virale sur le r&eacute;seau global ? </font></font><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Pour r&eacute;pondre &agrave; cette question, les scientifique de l'<font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Universit&eacute; Carlos III de Madrid (UC3M), l'Universit&eacute; Autonome de Madrid ainsi que du NICTA australien et des universit&eacute;s am&eacute;ricaines de Yale et de San Diego (Californie) </font>ont travaill&eacute; sur des donn&eacute;es du r&eacute;seau social Twitter et ont mis &agrave; profit une caract&eacute;ristique des r&eacute;seaux sociaux, connue sous le nom de &quot;paradoxe de l'amiti&eacute;&quot;. <br /> Selon ce paradoxe, il est probable que vos &quot;amis&quot; sur les r&eacute;seaux sociaux aient eux m&ecirc;me plus d'amis que vous.<br /> <br /> Ainsi, dans le cas de twitter, apr&egrave;s avoir analys&eacute; un &eacute;chantillon de donn&eacute;es datant de 2009 et provenant de 40 millions d'usagers et de 1,5 milliards de followers, les chercheurs ont pu confirmer que chaque usager avait en moyenne 25 followers, alors que ces derniers en totalisaient environ 422, soit pr&egrave;s de 20 fois plus. Ce paradoxe de l'amiti&eacute; conf&egrave;re un r&ocirc;le cl&eacute; aux followers d'un individu au moment de propager ou de recevoir une information.</font></font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Publi&eacute; dans Plos One(<em>1)</em>, l'&eacute;tude indique que les chercheurs ont choisi un ensemble d'usagers Twitter au hasard, et s&eacute;lectionn&eacute; &eacute;galement au hasard un suiveur (follower) de chacun de ces usagers pour constituer un groupe &quot;capteur&quot;. Ils ont pu v&eacute;rifier que ces amis-capteurs jouaient un r&ocirc;le beaucoup plus important que ce qui aurait pu &ecirc;tre imagin&eacute;, car ce groupe-capteur leur a permis de d&eacute;tecter les utilisations virales de nouveaux hashtags plus de 7 jours plus t&ocirc;t que la d&eacute;tection permise par le premier ensemble d'usager choisi al&eacute;atoirement. Alors que les chercheurs s'attendaient &agrave; voir appara&icirc;tre les futures hashtags viraux avec quelques heures d'avance gr&acirc;ce &agrave; leur m&eacute;thode de surveillance, ce sont des jours, voire m&ecirc;me parfois des mois d'avance qu'ils ont r&eacute;ussi &agrave; obtenir. Par exemple, leur m&eacute;thode a pr&eacute;dit l'explosion virale du hashtag #obamacare sur Twitter presque deux mois avant que ce dernier ne se convertisse en une tendance, et trois mois avant qu'il n'atteigne son record d'occurrence dans les recherches Google.</font></p> <p align="center"><img width="526" height="426" src="http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2014/147/viralite_hastag.jpg" alt="" /><br /> <font size="2"><em><font face="Arial, Helvetica, sans-serif">Signes de viralit&eacute; dans l'usage des hastags <br /> </font></em></font> </p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">D'apr&egrave;s ses cr&eacute;ateurs, l'utilisation des donn&eacute;es de 50.000 comptes twitter suffit pour obtenir de tels niveaux d'anticipation et conna&icirc;tre avant tout le monde les informations qui vont devenir virales sur Internet. On peut utiliser cette m&eacute;thode en temps r&eacute;el, sur diff&eacute;rents th&egrave;mes, dans diff&eacute;rentes langues ou r&eacute;gions g&eacute;ographiques, ce qui permet de couvrir des contextes tr&egrave;s diff&eacute;rents : d&eacute;couvrir de nouvelles opinions dans un d&eacute;bat politique, pr&eacute;dire les mouvements sociaux, l'acceptation d'un nouveau produit par les consommateurs, ou analyser comment se r&eacute;pandent les messages</font><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">.</font></p> <p><strong><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#000080">Un bel outil de pouvoir... Pr&eacute;voir avant que cela n'arrive. </font></strong></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Dans un autre domaine - rapport&eacute; par Ren&eacute; Tr&eacute;gou&euml;t dans un de ses &eacute;ditoriaux<em>(2)</em>, et qui rejoint cependant les propos pr&eacute;c&eacute;dents et montre la puissance dans l'exploitation des donn&eacute;es - signalons les travaux de Matthew S. Gerber, du Predictive Technology Lab de l'Universit&eacute; de Virginie.<br /> Avec son &eacute;quipe, il a d&eacute;velopp&eacute; un programme informatique, utilis&eacute; aujourd'hui par la ville de Chicago, visant &agrave; pr&eacute;dire les diff&eacute;rents types de crimes et d&eacute;lits et &agrave; les emp&ecirc;cher dans l'oeuf. <br /> Ayant </font><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">obtenu le droit de collecter toutes les donn&eacute;es relatives aux crimes et d&eacute;lits commis entre le 1er janvier et le 31 mars 2013, les chercheurs les ont compl&eacute;t&eacute;es d'une base de donn&eacute;es concernant plus d&rsquo;1,5 million de &quot;tweets&quot; accompagn&eacute;s de la position GPS de l&rsquo;utilisateur au moment de la publication. L'analyse</font><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"> pouss&eacute;e de l&rsquo;ensemble de ces donn&eacute;es, recourant notamment &agrave; &quot;l'estimation par noyau (KDE)&quot;<em>(3) </em>&agrave; permis d'identifier et de visualiser rapidement les zones &agrave; risques o&ugrave; il existait une tr&egrave;s forte probabilit&eacute; qu&rsquo;aient lieu rapidement certaines crimes&hellip; </font><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">En d&eacute;codant les formes d&rsquo;expression utilis&eacute;es dans les tweets, pour y rep&eacute;rer des indices indirects faisant allusion &agrave; diff&eacute;rents types de criminalit&eacute;, les chercheurs sont arriv&eacute;s au r&eacute;sultat suivant : sur les 25 types de crimes &eacute;tudi&eacute;s par les chercheurs, les tweets se sont r&eacute;v&eacute;l&eacute;s utiles pour 19 d&rsquo;entre eux. Matthew S. Gerber souligne que son mod&egrave;le de pr&eacute;diction pourrait s&rsquo;av&eacute;rer tr&egrave;s utile aux responsables politiques, qu&rsquo;ils soient locaux ou nationaux, pour pr&eacute;parer et mettre en &oelig;uvre leur politique en mati&egrave;re de lutte contre la criminalit&eacute; et la d&eacute;linquance.</font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#000066"><strong>Et encore d'autres syst&egrave;mes informatiques de pr&eacute;vision de la criminalit&eacute;</strong></font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Notons qu'il existe aujourd'hui bien d'autres syst&egrave;mes informatiques de pr&eacute;vision de la criminalit&eacute; : citons le logiciel &quot;<a href="http://paleo.sscnet.ucla.edu/ucmasc.htm">MaSC</a>&quot; (utlis&eacute; notamment &agrave; Los Angeles, Memphis et New-York) ; <a href="https://www.dhs.gov/xlibrary/assets/privacy/privacy_pia_st_fast.pdf">FAST (Future Attribute Screening Technology)</a> qui vise la pr&eacute;diction de &quot;l'intention de nuire, ou encore <a href="http://www.predpol.com/">PredPol</a> (pr&eacute;diction policing), utilisant un algorithme soigneusement tenu secret, d&eacute;velopp&eacute; &agrave; l&rsquo;issue de six ans de recher</font><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">che en coop&eacute;ration entre les universit&eacute;s de Californie, d&rsquo;Irvin et le d&eacute;partement de police local. Il a &eacute;t&eacute; notammant adopt&eacute; par les grandes villes am&eacute;ricaines comme Memphis, New York et Los Angeles. Dans cette derni&egrave;re, Predpol a permis de r&eacute;duire d&rsquo;un tiers en un an les agressions et de 21% les crimes violents et, depuis l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re, plusieurs villes britanniques ont d&eacute;cid&eacute; d&rsquo;exp&eacute;rimenter ce syst&egrave;me.</font></p> <p align="center"><img width="370" height="280" src="http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2014/147/media-ss3.jpg" alt="" /><br /> <font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><em>Predpol : carte montrant o&ugrave; et quand </em></font><em><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">les futurs crimes par arme &agrave; feu <br /> sont les plus susceptibles de se produire</font></em></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><strong>Du c&ocirc;t&eacute; de l'Europe, on peut citer le logiciel &quot;Key Crime&quot;</strong>, mis au point apr&egrave;s 7 ans de recherche par un officier de police milanais, qui a permis par exemple de pr&eacute;voir l&rsquo;<a href="http://milano.corriere.it/notizie/cronaca/14_marzo_17/rapinatore-seriale-farmacie-arrestato-grazie-key-crime-74a1c988-add7-11e3-a415-108350ae7b5e.shtml">attaque d&rsquo;une pharmacie dans le centre de Milan</a> et de cueillir les protagoniste en flagrant d&eacute;lit ! Mieux que les logiciels am&eacute;ricains, Key Crime ne se contente pas ici d&rsquo;analyser uniquement les donn&eacute;es historiques concernant les d&eacute;lits, il se focalise surtout sur les auteurs des actes d&eacute;lictueux et recherche alors leur mode op&eacute;ratoire sp&eacute;cifique leur &quot;signature criminelle&quot; en quelque sorte. Ainsi, le taux d&rsquo;&eacute;lucidation des attaques &agrave; main arm&eacute;e est pass&eacute; de 27 % &agrave; 45 % &agrave; Milan et cet outil est d&rsquo;autant plus efficace qu&rsquo;il permet &eacute;galement de relier les affaires non &eacute;lucid&eacute;es entre elles et de les imputer &agrave; un m&ecirc;me auteur. <br /> Cet outil de pr&eacute;vention et de lutte contre la criminalit&eacute; reste pour l'instant circonscrit &agrave; la m&eacute;tropole de Milan. Selon certains responsables de police milanaise, les raisons de cet attentisme ne sont pas technologiques mais plut&ocirc;t culturelles et politiques : la g&eacute;n&eacute;ralisation d&rsquo;un tel outil &agrave; l&rsquo;ensemble du pays pour l&rsquo;ensemble des crimes et d&eacute;lits provoquerait un r&eacute;el bouleversement du travail policier mais &eacute;galement, en amont, des missions de la justice et des politiques gouvernementales en mati&egrave;re de s&eacute;curit&eacute;&hellip; <br /> </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Si l'utilisation des r&eacute;seaux sociaux qu'implique ces logiciel suscite pour l'instant certaines r&eacute;serves et interrogations, notamment parmi les associations de d&eacute;fense des libert&eacute;s individuelles et de la vie priv&eacute;e (ce type d&rsquo;outil peut conduire &agrave; de nouvelles formes de racisme ou &agrave; la mise en place insidieuse d&rsquo;un contr&ocirc;le social des individus...), il ne fait pour nous aucun doute que ces syst&egrave;mes de pr&eacute;dictions sont appel&eacute;s &agrave; s'imposer... </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">On imagine facilement la puissance prochaine de l'ensemble de ces outils, combin&eacute;s &agrave; l'ensemble des ressources de l'intelligence artificielle. On relira alors avec encore plus d'attention l'article d'Alain Cardon &quot;<a href="http://www.automatesintelligents.com/echanges/2014/juin/controle_total.html">Envahissement technologique et science sans conscience : pour des Comit&eacute;s citoyens de vigilance</a>, publi&eacute; dans notre site.<br /> </font></p> <p align="left"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><em>(1) &quot;<a href="http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0092413">Using Friends as Sensors to Detect Global-Scale Contagious Outbreaks</a>&quot;, par Manuel Garcia-Herranz, Esteban Moro, Manuel Cebrian, Nicholas A. Christakis et James H. Fowler<br /> </em></font><em><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">(2) <a href="http://www.rtflash.fr/reseaux-sociaux-vont-ils-vaincre-crime/article">Les r&eacute;seaux sociaux vont-ils vaincre le crime ?<br /> </a>(3) </font></em><em><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Technique int&eacute;grant et hi&eacute;rarchisant diff&eacute;rents param&egrave;tres de temps et d'espace. Voir l'article de Matthew S. Gerber &quot;<a href="http://ptl.sys.virginia.edu/ptl/sites/default/files/manuscript_gerber.pdf">Predicting Crime Using Twitter and Kernel Density Estimation</a>&quot; </font></em></p> Fri, 04 Jul 2014 23:00:00 GMT Sous le regard des barbares http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1392 1392 <br /><em><font size="2" face="Arial">Adresse de l'article original <a href="http://www.dedefensa.org/article-chronique_du_19_courant_sous_le_regard_des_barbares_19_06_2014.html">http://www.dedefensa.org/article-chronique_du_19_courant_sous_le_regard_des_barbares_19_06_2014.html</a></font><font size="2" face="Arial"> </font><font size="2" face="Arial"> </font></em> <h2><font size="2" face="Arial"><br /> </font></h2> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">19 juin 2014 ... J&rsquo;avoue que les sc&egrave;nes diverses dont nous ont accabl&eacute; les vid&eacute;os tourn&eacute;s par les islamistes, ou pseudo-islamistes, du groupe ISIS ou pseudo-ISIS (ou EIIL) lanc&eacute; &agrave; l&rsquo;assaut de l&rsquo;antique Bagdad pass&eacute; &agrave; la tron&ccedil;onneuse du tr&egrave;s <em>clean</em> Petraeus, sc&egrave;nes en Irak ou bien en Syrie, ces sc&egrave;nes d&rsquo;ex&eacute;cutions sommaires de pauvres h&egrave;res ligot&eacute;s, aveugl&eacute;s par un bandeau, &agrave; genoux et psalmodiant une phrase ou l&rsquo;autre de contrition forc&eacute;e, tout cela fait passer le frisson de la barbarie. C&rsquo;est la barbarie m&ecirc;me qui s&rsquo;exprime, primaire, sauvage, furieuse quoiqu&rsquo;habit&eacute;e &eacute;trangement et terriblement d&rsquo;une d&eacute;termination sans faille. C&rsquo;est l&rsquo;&eacute;vidence m&ecirc;me et on ne peut se le dissimuler une seconde&nbsp;; c&rsquo;est-&agrave;-dire qu&rsquo;aucun parti-pris, aucun engagement ne devraient le dissimuler, et, de m&ecirc;me, aucun parti-pris ni aucun engagement ne devraient b&eacute;n&eacute;ficier de la condamnation et du d&eacute;go&ucirc;t qui viennent &agrave; l&rsquo;esprit et soul&egrave;vent le c&oelig;ur. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Pourtant il y a &agrave; voir &agrave; cet &eacute;gard... Nous d&eacute;busquons le monstre-Syst&egrave;me, assez ais&eacute;ment, par ce simple d&eacute;tail de s&eacute;mantique&nbsp;: dans la description de la chose affreuse, le qualificatif de &ldquo;m&eacute;di&eacute;val&rdquo; vient souvent sous la plume de tel ou tel commentateur devenu par contraste immens&eacute;ment vertueux, le plus souvent anglo-saxon et immens&eacute;ment civilis&eacute;, nous signifiant qu&rsquo;il s&rsquo;agit de pratiques d&rsquo;un pass&eacute; sombre et obscur. Aussit&ocirc;t un voile se d&eacute;chire car ce qualificatif-l&agrave;, n&rsquo;est-ce pas, c&rsquo;est d&eacute;j&agrave; prendre parti en nous disant qu&rsquo;une telle barbarie est &ldquo;m&eacute;di&eacute;vale&rdquo;, qu&rsquo;elle nous vient d&rsquo;une autre &eacute;poque, qu'aujourd&rsquo;hui notre modernit&eacute; dissolue dans notre postmodernit&eacute;, repouss&eacute; ce spectre &agrave; jamais. Passons outre mais voyons voir, tout de m&ecirc;me... </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Ainsi proc&egrave;de-t-on, par amalgame de l&rsquo;image, du clich&eacute;, du lieu absolument commun. Ce qui ne cesse de me stup&eacute;fier, c&rsquo;est &agrave; quel point les r&eacute;giments de la postmodernit&eacute;, les d&eacute;fenseurs du Syst&egrave;me, sont quittes de toute r&eacute;elle humanit&eacute; dans la fa&ccedil;on dont ils profitent de chaque ignominie atroce de <strong>leur temps</strong> (on verra comment quelques lignes plus loin), pour faire la promotion de <strong>leur temps</strong>. Ces gens, pauvres h&egrave;res de l&rsquo;esprit, sont totalement, c&rsquo;est-&agrave;-dire <strong>en eux-m&ecirc;mes, </strong><strong><span style="font-weight: normal">d&rsquo;une fa&ccedil;on totalitaire</span></strong>, les serviteurs-esclaves du Syst&egrave;me. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">J'ai &eacute;t&eacute; conduit &agrave; ce jugement apr&egrave;s avoir vu telle ou telle vid&eacute;o de tel ou tel islamiste vidant son chargeur de Kalachnikov dans le dos de ses prisonniers ligot&eacute;s, b&acirc;illonn&eacute;s, aveugl&eacute;s et mis &agrave; genou&nbsp;: non seulement cet acte n&rsquo;a aucune signification directe d&rsquo;un point de vue g&eacute;n&eacute;ral et symbolique, &ndash; c&rsquo;est-&agrave;-dire qu&rsquo;il ne condamne pas r&eacute;trospectivement le temps &ldquo;m&eacute;di&eacute;val&rdquo; &ndash; mais <strong>au contraire</strong> sa signification indirecte nous conduit &agrave; condamner <strong>leur temps</strong>, c&rsquo;est-&agrave;-dire notre temps pr&eacute;sent. La cause est simple, et vite entendue. On sait bien que cette barbarie soi-disant &ldquo;m&eacute;di&eacute;vale&rdquo; a &eacute;t&eacute; r&eacute;veill&eacute;e, ranim&eacute;e, relanc&eacute;e, r&eacute;&eacute;quip&eacute;e, remise &agrave; neuf pour les besoins de la cause, je veux dire de <strong>leur cause</strong> dont on voudrait nous faire croire que c&rsquo;est notre cause, &ndash; et plus encore, que c&rsquo;est une cause, quelque chose qui m&eacute;rite le nom de &ldquo;cause&rdquo; ... </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">On sait bien par quels chemins tortueux et vicieux ont &eacute;t&eacute; rallum&eacute;s les incendies artificiels des extr&eacute;mismes religieux. (On se reportera &agrave; l&rsquo;inoxydable Brzezinski, <em>circa</em> 1979, pr&eacute;parant le soul&egrave;vement afghan &agrave; grands coups de man&oelig;uvres de la CIA &ndash; voir le <a href="http://www.dedefensa.org/article-les_origines_du_d_sordre_pr_sent_par_brzezinski_en_janvier_1998_31_07_2005.html">31 juillet 2005</a>.) Je conclus &agrave; ce point avant d&rsquo;en venir &agrave; l&rsquo;essentiel&nbsp;: cette barbarie primaire sur vid&eacute;o, pass&eacute; le frisson qu&rsquo;on a dit, n&rsquo;am&egrave;ne en moi aucune consid&eacute;ration g&eacute;n&eacute;rale directe, notamment concernant la soi-disant sauvagerie &ldquo;m&eacute;di&eacute;vale&rdquo; de retour parmi nous. Cette barbarie primaire, qui est un montage-Syst&egrave;me de notre modernit&eacute;-postmodernit&eacute;, voulu par le Syst&egrave;me, ne nous ram&egrave;ne pas au temps &ldquo;m&eacute;di&eacute;val&rdquo;&nbsp;; elle nous conduit <strong>au contraire</strong> directement dans notre temps de la modernit&eacute;-postmodernit&eacute;. L&rsquo;ex&eacute;cuteur &agrave; la Kalachnikov, militant d&rsquo;un ISIS/EIIL couvert de dollars fra&icirc;chement imprim&eacute;s par la <em>Fed</em>, doit tout &agrave; <strong>leur temps</strong>&nbsp;; il est notre rejeton, notre h&eacute;ritage, notre monstre accouch&eacute; de nous. Il nous d&eacute;signe, il nous d&eacute;nonce, immanquablement. Ainsi passons-nous, comme subrepticement, de leur barbarie primaire &agrave; notre barbarie int&eacute;rieure. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Effectivement, l&rsquo;image ne ment pas, comme la plume qui en fait le commentaire&nbsp;; elle est la marque indubitable de l&rsquo;acte monstrueux, et ainsi la barbarie primaire des bourreaux allum&eacute;s de ISIS/EIIL est absolument et indirectement enfant&eacute;e par notre &ldquo;barbarie int&eacute;rieure&rdquo;... L&rsquo;expression utilis&eacute;e vient du titre de l&rsquo;essai de Jean-Fran&ccedil;ois Mattei, <em>La barbarie int&eacute;rieure</em>, qui porte comme pr&eacute;cieux sous-titre&nbsp;: <em>Essai sur l&rsquo;immonde</em> <em>moderne</em>&nbsp; (1), &ndash; et cela nous permet de passer &agrave; l&rsquo;essentiel. Mattei d&eacute;finit ici et l&agrave;, dans son essai, ce qu&rsquo;il entend par &ldquo;barbarie int&eacute;rieure&nbsp;: </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">&laquo; <em>L&rsquo;histoire de l&rsquo;Europe, et plus tard du monde, montrera d&egrave;s lors l&rsquo;&eacute;trange cadeau d&rsquo;une barbarie qui, vaincue par la civilisation qu&rsquo;elle avait terrass&eacute;e, s&rsquo;est retrouv&eacute;e transpos&eacute;e au c&oelig;ur de la civilisation elle-m&ecirc;me...</em> [...] <em>Tout s&rsquo;est pass&eacute; comme si la barbarie, sous l&rsquo;influence du monde int&eacute;rieur du christianisme, s&rsquo;&eacute;tait progressivement d&eacute;faite de sa violence ext&eacute;rieure pour se convertir en une cruaut&eacute;, ou une insensibilit&eacute;, int&eacute;rieure. Apr&egrave;s l&rsquo;av&egrave;nement du christianisme, le barbare, ce ne sera plus l&rsquo;Autre, &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur du &ldquo;limes&rdquo; imp&eacute;rial, mais le civilis&eacute; Meme, &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de la conscience...</em>&raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Comme compl&eacute;ment de cette citation pour d&eacute;finir la barbarie int&eacute;rieure, qui est &eacute;videmment celle de l&rsquo;indiff&eacute;rence du monde, la barbarie pos&eacute;e comme par d&eacute;faut au-dedans de soi et qu&rsquo;on cherche &agrave; &eacute;carter, comme on chasse une mouche aga&ccedil;ante, face &agrave; ces terribles cruaut&eacute;s du monde, qui deviennent la transmutation et l&rsquo;expression op&eacute;rationnelle de notre propre cruaut&eacute; int&eacute;rieure, sans que nous nous en avisions, par indiff&eacute;rence, &ndash; on ajoutera cette observation de Robert Redeker (2)&nbsp;: &laquo;<em>La domination de l&rsquo;indiff&eacute;rence est l&rsquo;une des grandes singularit&eacute;s de notre modernit&eacute; tardive. Tout dans notre soci&eacute;t&eacute; concourt &agrave; fabriquer &agrave; &eacute;chelle industrielle cet &ecirc;tre sans souci que j&rsquo;appelle l&rsquo;indiff&eacute;rent. L&rsquo;histoire &ndash; comme d&rsquo;ailleurs les paysages, &oelig;uvre de dizaines de g&eacute;n&eacute;rations de paysans &ndash; n&rsquo;est plus pour lui qu&rsquo;un spectacle. Il n&rsquo;est plus li&eacute; &agrave; l&rsquo;histoire nationale et aux paysages par aucun lien charnel...</em>&raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><strong><font size="2" face="Arial" color="#000080">La barbarie int&eacute;rieure et l'Ukraine</font></strong></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Cette barbarie int&eacute;rieure de l&rsquo;&ecirc;tre indiff&eacute;rent, le &ldquo;dernier homme&rdquo; qu&rsquo;annon&ccedil;ait Nietzsche, n&rsquo;a pas de meilleur champ d&rsquo;exp&eacute;rimentation aujourd&rsquo;hui que l&rsquo;Ukraine... (La pi&egrave;tre basse-cour de l&rsquo;&ldquo;histoire-tout-court&rdquo; de notre temps m&eacute;tahistorique o&ugrave; se sont r&eacute;fugi&eacute;s la plupart d'entre nous, n&rsquo;est pas une simple image. Elle existe, en pleine agitation, ais&eacute;ment identifiable, sur une carte, selon des r&eacute;f&eacute;rences bien d&eacute;termin&eacute;es, en latitude et longitude. Elle est bien un &ldquo;champ d&rsquo;exp&eacute;rimentation&rdquo; actif, o&ugrave; le Syst&egrave;me s&rsquo;essaie &agrave; cr&eacute;er des nouveaux modes d&rsquo;humanit&eacute;, o&ugrave; leur bassesse peut s&rsquo;&eacute;taler dans son &ldquo;bourbier&rdquo; selon le terme employ&eacute; par Platon autant que par Plotin, pour rester dans cette veine sublime... Mattei encore&nbsp;: &laquo;<em>L&rsquo;image traditionnelle du &ldquo;bourbier&rdquo;</em> [...] <em>est r&eacute;currente chez Platon, du Ph&eacute;don &agrave; La R&eacute;publique, avant de devenir dans le n&eacute;oplatonisme, en premier lieu chez Plotin. Mais Platon lui associe, dans un des textes fondateurs de sa philosophie, au septi&egrave;me livre de La R&eacute;publique, le terme de &ldquo;barbare&rdquo;, indiquant par l&agrave; que le fond de l&rsquo;&acirc;me humaine, aussi opaque qu&rsquo;un bourbier, est impropre &agrave; la lumi&egrave;re. La barbarie, &ndash; &ldquo;la mati&egrave;re, le bloc, la fange, la g&eacute;henne&rdquo;, murmure la Bouche d&rsquo;Ombre chez Hugo, &ndash; se trouve ainsi d&egrave;s l&rsquo;origine li&eacute;e au destin de l&rsquo;&acirc;me dans la philosophie...</em>&raquo;) </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Ce &ldquo;champ d&rsquo;exp&eacute;rimentation actif&rdquo; de la barbarie, initi&eacute; et op&eacute;rationnalis&eacute; par le Syst&egrave;me, se trouve bien en Ukraine aujourd&rsquo;hui, parall&egrave;lement &agrave; l&rsquo;Irak, mais d&rsquo;une fa&ccedil;on particuli&egrave;re et si sp&eacute;cifique que la chose m&eacute;rite un d&eacute;veloppement sp&eacute;cifique et particulier. Le concept de &ldquo;barbarie int&eacute;rieure&rdquo; y trouvera tous ses composants et toute son universalit&eacute;, sa globalisation d&rsquo;&eacute;poque, de l&rsquo;&eacute;poque de la globalisation. On conna&icirc;t, &ndash; je parle de ceux qui <strong>veulent conna&icirc;tre</strong>, question d&rsquo;en faire l&rsquo;effort, &ndash; la situation en Ukraine... L&rsquo;arm&eacute;e ukrainienne et ses multiples appendices tordus, vicieux, mafieux et mercenaires, continue &agrave; pilonner les villes et les villages du Donbass, au nom d&rsquo;un pouvoir qui est un rassemblement d&rsquo;&ecirc;tres dissolus et d&eacute;structur&eacute;s, dont l&rsquo;&acirc;me est &ldquo;aussi opaque qu&rsquo;un bourbier&rdquo;, sans honneur ni parole, faisant assaut de mensonges inconscients et de vitup&eacute;rations haineuses, tremblants de n&rsquo;&ecirc;tre pas assez du parti de la fange et de l&rsquo;ombre pour satisfaire leurs ma&icirc;tres dont ils ignorent qu&rsquo;il n&rsquo;y en a qu&rsquo;un, &ndash; et qu&rsquo;il se nomme le Syst&egrave;me, la B&ecirc;te tentaculaire. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">La v&eacute;rit&eacute; de la situation en Ukraine est suffisamment manifest&eacute;e, attest&eacute;e, ouverte &agrave; notre intelligence et &agrave; notre intuition par les moyens clandestins du syst&egrave;me de la communication lorsqu&rsquo;ils sont utilis&eacute;s par une r&eacute;sistance antiSyst&egrave;me. Nous avons tous les t&eacute;moignages qu&rsquo;il faut, gr&acirc;ce aux outils triomphants de la communication moderne-post-moderne, ses vid&eacute;os, ses photos, ses t&eacute;moignages, ses interviews, etc. Par cons&eacute;quent, nous disposons de l&rsquo;&eacute;vidence d&rsquo;une campagne dite &ldquo;de terreur&rdquo;, o&ugrave; la force qui en a la charge pilonne sans trop de risque les b&acirc;timents civils, les institutions publiques, les h&ocirc;pitaux, les appartements anonymes, ceci sans discrimination, presque avec une sorte de souci d&rsquo;&eacute;galit&eacute;. Je ne dis pas que c&rsquo;est un carnage monstrueux, que c&rsquo;est un g&eacute;nocide sans &eacute;gal, parce qu&rsquo;en v&eacute;rit&eacute; je n&rsquo;en sais rien&nbsp;; mais l&rsquo;on peut ais&eacute;ment savoir, par un simple effort civique facile de recherche de la connaissance, qu&rsquo;il s&rsquo;agit de ce que je d&eacute;cris, d&rsquo;une campagne de terreur contre des populations civiles. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">On comprendra, je l&rsquo;esp&egrave;re avec ferveur, que ce n&rsquo;est, de ma part, prendre parti en aucune fa&ccedil;on. Je suis en-dehors de ce d&eacute;bat et je dirais m&ecirc;me au-dessus, parce que j&rsquo;estime que ce d&eacute;bat n&rsquo;est pas le vrai, que la seule chose qui importe pour garder une certaine hauteur est d&rsquo;identifier et soutenir ce qui est antiSyst&egrave;me dans telle ou telle occurrence, dans autant de crises, d&rsquo;incidents, d&rsquo;affrontements, pour soutenir le temps qui importe un ph&eacute;nom&egrave;ne, dans ce qui devient pour un instant ou pour un moment sa lutte &agrave; mort contre le Syst&egrave;me. Il n&rsquo;y a donc <strong>rien de politique</strong> (encore moins d&rsquo;id&eacute;ologique) dans ce cas comme dans mon propos, d&rsquo;aucun parti, d&rsquo;aucune chapelle, rien du tout. Ce qui m&rsquo;importe, dans l&rsquo;occurrence d&eacute;crite, c&rsquo;est bien de d&eacute;busquer le barbare fondamental, le barbare de notre barbarie int&eacute;rieure... Et il se trouve justement, dans ce cas, que ce n&rsquo;est pas le bidasse ukrainien, le tordu de <em>Pravy Sektor</em> ni le psychopathe d&rsquo;<em>Akademi</em> (ex-<em>Blackstone</em>) ou l&rsquo;agent un peu exalt&eacute; d&rsquo;un service polonais quelconque, tous ceux qu&rsquo;on retrouve dans la campagne &ldquo;anti-terroriste&rdquo; de terreur. Le barbare int&eacute;rieur, c&rsquo;est nous, ici, dans nos pays. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">L&rsquo;Ukraine est champ d&rsquo;exp&eacute;rimentation &agrave; plus d&rsquo;un titre, et il l&rsquo;est pr&eacute;cis&eacute;ment et particuli&egrave;rement dans le champ du d&eacute;ni de la v&eacute;rit&eacute; d&rsquo;une situation, par automatisme, par fermeture, par enfermement dans &ldquo;la mati&egrave;re, le bloc, la fange, la g&eacute;henne&rdquo;, &ndash; ce champ bienheureux de l&rsquo;indiff&eacute;rence o&ugrave; <strong>l&rsquo;on ne voit rien</strong>. Il s&rsquo;agit donc bien de notre barbarie int&eacute;rieure. Jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;Ukraine-2014, il n&rsquo;existait aucune occurrence o&ugrave; les communaut&eacute;s dites-civilis&eacute;es, chez nous, dans cet Occident du monde ab&icirc;m&eacute; dans son <em>hybris</em>, aient si manifestement, si extraordinairement et consciencieusement, mais aussi en toute inconscience je crois, si compl&egrave;tement ignor&eacute; ce qui se passe sous leur regard vide. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">On sait comment fonctionne notre syst&egrave;me de la communication. Des &eacute;v&eacute;nements font l&rsquo;objet de toute son attention, pour telle ou telle raison qu&rsquo;importe, d&rsquo;autres sont compl&egrave;tement ignor&eacute;s. L&rsquo;Ukraine (ce qu&rsquo;on d&eacute;signe comme la &ldquo;crise ukrainienne&rdquo;, &agrave; partir de son premier paroxysme de f&eacute;vrier 2014) fait partie de la premi&egrave;re cat&eacute;gorie. L&rsquo;&eacute;v&eacute;nement a donc &eacute;t&eacute; suivi, comment&eacute;, charg&eacute; d&rsquo;intenses significations antagonistes, diss&eacute;qu&eacute;, disput&eacute;, etc. On conna&icirc;t la musique, avec les affrontements de communication qui vont avec, les pol&eacute;miques, les <em>narrative</em>, les montages, etc., d&rsquo;une fa&ccedil;on d&eacute;sormais connue entre les tenants du Syst&egrave;me (la presse-Syst&egrave;me et le reste) et la r&eacute;sistance antiSyst&egrave;me, tout cela &agrave; la lumi&egrave;re encore &eacute;clatante des pr&eacute;c&eacute;dents libyens et syriens. Mais avec l&rsquo;Ukraine, il s&rsquo;est pass&eacute; quelque chose de singulier. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">A partir d&rsquo;un certain moment, disons vers quelque part d&eacute;but-avril ou courant-avril, lorsque la crise s&rsquo;est concentr&eacute;e sur la campagne &ldquo;anti-terroriste&rdquo; lanc&eacute;e par Kiev contrer le Sud-Est du pays, tout a sembl&eacute; se contracter, se replier, se refermer et se fermer&nbsp;; les lumi&egrave;res se sont &eacute;teintes, du c&ocirc;t&eacute; du Syst&egrave;me, la salle s&rsquo;est vid&eacute;e, les portes se sont ferm&eacute;es, les cadenas ont claqu&eacute;. A part quelques &eacute;clats ici ou l&agrave; qu&rsquo;il &eacute;tait difficile d&rsquo;ignorer, quelque &eacute;v&eacute;nement politique ou &ldquo;militaire&rdquo; plus imposant que les autres, tout s&rsquo;est pass&eacute; dans le paysage de la communication comme s&rsquo;il n&rsquo;y avait plus rien &agrave; voir, comme si l&rsquo;animation furieuse de la crise et des affrontements s&rsquo;&eacute;tait dissip&eacute;e en un lendemain silencieux de fin de saison, puis transform&eacute;e en une immobilit&eacute; sans accident ni relief particulier. Soudain, en Ukraine, il n&rsquo;y eut plus rien, ou tout comme. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Je crois bien que c&rsquo;est la premi&egrave;re fois qu&rsquo;un tel ph&eacute;nom&egrave;ne se produit, la premi&egrave;re fois que le Syst&egrave;me, sans doute lass&eacute; d&rsquo;avoir &agrave; argumenter pour imposer sa <em>narrative</em>, peut-&ecirc;tre craignant finalement de n&rsquo;y pas parvenir, rompt brusquement en disant en toute simplicit&eacute;&nbsp;: &ldquo;voil&agrave;, c&rsquo;est fini&rdquo;. Je ne parle pas ici d&rsquo;efficacit&eacute;, d&rsquo;une op&eacute;ration d&rsquo;&eacute;touffement de la communication r&eacute;ussie, etc., car l&rsquo;on sait bien que ce n&rsquo;est pas le cas, que, dans tous les r&eacute;seaux antiSyst&egrave;me, sous la plume des commentateurs du domaine, chez les r&eacute;sistants, leurs relais divers, au contraire la description et la d&eacute;nonciation de la v&eacute;rit&eacute; de la situation se sont poursuivies et se poursuivent toujours. Je parle du Syst&egrave;me et de ses gros moyens en g&eacute;n&eacute;ral, et, par cons&eacute;quent, de tous ceux qui le suivent et qui obtemp&egrave;rent, en sachant un peu ce qu'il en est ou en l&rsquo;ignorant souvent, qu&rsquo;importe. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Tous ceux-l&agrave; se sont brusquement ferm&eacute;s &agrave; la v&eacute;rit&eacute; du monde qu&rsquo;ils discutaient et contestaient l&rsquo;instant d&rsquo;avant, ils l&rsquo;ont &eacute;cart&eacute;e, ils lui ont tourn&eacute; le dos avec une telle effronterie et une telle impudence, et une telle inconscience d&rsquo;ailleurs, que l&rsquo;on en reste coi. Certes, et encore une fois, ils n&rsquo;ont pas r&eacute;ussi &agrave; an&eacute;antir cette v&eacute;rit&eacute; du monde, mais ce n&rsquo;est nullement ce qu&rsquo;il m&rsquo;importe de montrer et je crois m&ecirc;me que ce n&rsquo;&eacute;tait pas leur but ... Ce qui m&rsquo;importe ici, c&rsquo;est bien la soudaine et &eacute;clatante d&eacute;monstration de la barbarie int&eacute;rieure qui les habite, qui est bien le caract&egrave;re de notre temps, car cette ignorance soudaine, ce basculement dans l&rsquo;indiff&eacute;rence, et cela quel que soit votre parti et le parti-pris, &ndash; voil&agrave; bien la parfaite illustration de ce que l&rsquo;on nomme &ldquo;barbarie int&eacute;rieure&rdquo;. Elle n&rsquo;a pas les mains tach&eacute;es de sang, cette barbarie, elle n&rsquo;a pas le regard furieux du bourreau ni la Kalachnikov au canon fumant, mais &agrave; tout prendre on comprend que je dise qu&rsquo;elle est beaucoup plus effrayante, qu&rsquo;elle est d&rsquo;une terrible horreur d&rsquo;un degr&eacute; au-del&agrave; et en-dessous. Cette barbarie int&eacute;rieure est celle du regard vide et tourn&eacute; vers soi, et encore plus vide de ce fait, celle des &acirc;mes d&eacute;sagr&eacute;g&eacute;es dans l&rsquo;entropie du nihilisme. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">... Par cons&eacute;quent, ils ignorent, ces barbares int&eacute;rieurs &agrave; eux-m&ecirc;mes, que les &eacute;v&eacute;nements se sont poursuivis et se poursuivent. D&rsquo;ailleurs, est-il bien n&eacute;cessaire de les en instruire&nbsp;? Poser la question, n&rsquo;est-ce pas, on croirait que c&rsquo;est d&eacute;j&agrave; y r&eacute;pondre. (Mon Dieu, combien est lourde cette sorte de quasi-certitude, combien nous attriste cette d&eacute;sagr&eacute;gation, cet &eacute;parpillement d&rsquo;eux-m&ecirc;mes de nos contemporains, de nos compagnons &eacute;gar&eacute;s et leurr&eacute;s.) ... Mais qu&rsquo;y puis-je enfin, &ndash; toute cette aventure, toute cette qu&ecirc;te &eacute;puisante et sublime, toutes ces v&eacute;rit&eacute;s que nous devons affronter, toute ces angoisses que nous devons supporter et dont je connais la cause, tout cela est hors des standards de leur &ldquo;histoire-tout-court&rdquo;, de leur petite histoire ripolin&eacute;e et blanchie par les ma&icirc;tres-mandarins de nos &eacute;tablissements-Syst&egrave;me qui r&eacute;&eacute;crivent la v&eacute;rit&eacute; du monde. Tout cela est de l&rsquo;ordre de la m&eacute;tahistoire, et il faut leur annoncer avec la pr&eacute;caution n&eacute;cessaire qu&rsquo;on prend pour les &acirc;mes fragiles et fangeuses, et d&eacute;j&agrave; dissoutes, qu&rsquo;ils ont d&eacute;j&agrave; perdu et qu&rsquo;ils doivent songer &agrave; changer de parti, comme ils font en g&eacute;n&eacute;ral dans cette sorte de situation... (Car au fond ils ne sont pas mauvais, comme on le sait bien depuis Plotin, mais simplement trop faible pour &eacute;chapper &agrave; l&rsquo;attraction du Syst&egrave;me, aux tentacules de la Mati&egrave;re d&eacute;cha&icirc;n&eacute;e.) </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">On leur dira &eacute;galement, et avec autant de pr&eacute;caution, que si l&rsquo;on s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve un peu l&rsquo;air devient assez &eacute;clatant de lumi&egrave;re pour constater que les &eacute;v&eacute;nements sont si rapides, si emport&eacute;s et si fous, dans le tourbillon de l&rsquo;histoire transform&eacute;e en m&eacute;tahistoire, qu&rsquo;&agrave; cet instant vous pouvez croire que <strong>tout est possible</strong>, jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;effondrement du monde-Syst&egrave;me, jusqu&rsquo;&agrave; la Chute... Nous y sommes. Il faudra bien qu&rsquo;ils nous y rejoignent. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Philippe Grasset </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <h4><font size="2" face="Arial">Notes</font></h4> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">1). <em>La barbarie int&eacute;rieure &ndash;Essai sur l&rsquo;immonde</em> <em>moderne</em>, de Jean-Fran&ccedil;ois Matt&eacute;i, Quadrige/PUF, Paris, 3&egrave;me &eacute;dition 2006. (Premi&egrave;re &eacute;dition publi&eacute;e en 1999. La troisi&egrave;me &eacute;dition comporte notamment une &ldquo;pr&eacute;face &agrave; la 3&egrave;me &eacute;dition&rdquo; in&eacute;dite.) </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">2) D&eacute;j&agrave; cit&eacute;es dans Dedefensa (le <a href="http://www.dedefensa.org/article-le_d_sordre_des_forces_de_l_ordre_postmodernes_14_06_2014.html">14 juin 2014</a>), ces d&eacute;clarations de Robert Redeker sont extraites d&rsquo;<em>El&eacute;ments</em>, avril-juin 2014. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"><br /> </font><br /> <br /> </p> Wed, 18 Jun 2014 23:00:00 GMT Le fascisme réel http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1377 1377 <br /><font size="2" face="Arial"><br /> Le n&eacute;olib&eacute;ralisme est le <strong>fascisme r&eacute;el</strong>. Il repr&eacute;sente aujourd&rsquo;hui le principal danger qui menace notre R&eacute;publique, c&rsquo;est-&agrave;-dire l&rsquo;extr&eacute;misme le plus subtil et le plus incompris, donc le plus m&eacute;sestim&eacute; dans sa capacit&eacute; destructive. Ce nouveau fascisme se manifeste &agrave; travers une offensive g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e contre les int&eacute;r&ecirc;ts de la France et de nombreux autres pays, notamment europ&eacute;ens. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;un vaste complot, mais d&rsquo;un mode autoritaire de gouvernance qui se globalise dangereusement depuis la &laquo; R&eacute;volution Reagan &raquo; des ann&eacute;es 80 et la d&eacute;r&eacute;gulation financi&egrave;re correspondante. Ainsi, l&rsquo;influence et la richesse de ce que l&rsquo;ancien diplomate et universitaire Peter Dale Scott a appel&eacute; le &laquo; supramonde &raquo; se sont d&eacute;mesur&eacute;ment amplifi&eacute;es. (1) </font><font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Cette offensive n&eacute;olib&eacute;rale &ndash; multiforme et incessante &ndash; sert avant tout les int&eacute;r&ecirc;ts de la politique &eacute;trang&egrave;re des &Eacute;tats-Unis et de leurs multinationales. Mais elle est &eacute;galement profitable &agrave; une nouvelle aristocratie apatride (2) : une hyperclasse informelle qui &laquo; n&rsquo;a pas de visage &raquo;, (3) qui dirige les March&eacute;s et qui domine les cercles m&eacute;diatiques, &eacute;conomiques et politiques fran&ccedil;ais. (4) Cette hyperclasse ne constitue pas une structure hi&eacute;rarchis&eacute;e agissant de mani&egrave;re coordonn&eacute;e, mais une classe sociale hautement privil&eacute;gi&eacute;e qui utilise son influence excessive pour s&rsquo;enrichir au d&eacute;triment de l&rsquo;&eacute;conomie r&eacute;elle. Manifestement, la plupart des Fran&ccedil;ais de cette hyperclasse sont anim&eacute;s par un &eacute;tat d&rsquo;esprit pathologiquement cupide (5) et d&eacute;loyal envers notre pays. (6) En effet, &agrave; l&rsquo;image de nos principaux dirigeants politiques, leurs all&eacute;geances profondes sont essentiellement atlantistes, (7) sionistes (8) et hydrocarbomonarchistes. (9) Au regard de la d&eacute;sindustrialisation acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e de la France, (10) du consensus politique derri&egrave;re la privatisation de son &eacute;conomie (11) et de l&rsquo;exode fiscal d&rsquo;un nombre croissant d&rsquo;entreprises du CAC 40, (12) cette mentalit&eacute; est commune &agrave; la plupart de nos &eacute;lites qui &ndash; comme l&rsquo;a d&eacute;nonc&eacute; la d&eacute;put&eacute;e de l&rsquo;Aisne et ancienne directrice de l&rsquo;ENA Marie-Fran&ccedil;oise Bechtel &ndash;, partagent une &laquo; d&eacute;testation (&hellip;) envers la nation [fran&ccedil;aise] &raquo;. (13) </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Impos&eacute; par des &eacute;lites hostiles &agrave; leur patrie, le n&eacute;olib&eacute;ralisme prend la forme concr&egrave;te d&rsquo;une v&eacute;ritable guerre &eacute;conomique, financi&egrave;re, id&eacute;ologique, psychologique et s&eacute;curitaire &ndash; une attaque si d&eacute;stabilisante que dor&eacute;navant, la menace de troubles sociaux &agrave; caract&egrave;re insurrectionnel n&rsquo;est pas exclue par l&rsquo;&Eacute;tat fran&ccedil;ais. (14) Appuy&eacute;e par les grandes &eacute;coles et les m&eacute;dias de masse, cette offensive n&eacute;olib&eacute;rale est &agrave; la fois brutale et invisible, car elle est soutenue quotidiennement par le conformisme de la presse &eacute;crite et audiovisuelle. (15) C&rsquo;est pourquoi elle est difficilement perceptible, en tant que menace r&eacute;elle et imm&eacute;diate, par la majorit&eacute; de nos concitoyens. (16) H&eacute;las, elle amoindrit lentement &ndash; mais efficacement &ndash; les structures de l&rsquo;&Eacute;tat providence <strong>h&eacute;rit&eacute;es</strong> du Conseil National de la R&eacute;sistance (CNR). (17) Non conventionnelle et intensive, cette guerre asym&eacute;trique a comme finalit&eacute; d&rsquo;enrichir les riches et d&rsquo;appauvrir les pauvres au m&eacute;pris de la souverainet&eacute; &eacute;tatique, p&eacute;rennisant ainsi une nouvelle guerre des classes men&eacute;e verticalement &ndash; du fort au faible &ndash; &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle globale. Les travaux de Thomas Piketty, qui deviennent un paradigme majeur en mati&egrave;re d&rsquo;analyse &eacute;conomique, tendent &agrave; le d&eacute;montrer de fa&ccedil;on indiscutable. (18) Cette guerre des classes d&rsquo;un nouveau genre &ndash; encourag&eacute;e par la globalisation financi&egrave;re et la r&eacute;volution informatique dans les &eacute;changes boursiers &ndash;, a d&rsquo;ailleurs &eacute;t&eacute; admise par l&rsquo;un de ses principaux bellig&eacute;rants, le multimilliardaire &eacute;tats-unien Warren Buffet. (19) Bien que cet &laquo; aveu &raquo; soit ironique, il illustre n&eacute;anmoins une r&eacute;alit&eacute; concr&egrave;te. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Plus tragiquement, le n&eacute;olib&eacute;ralisme <strong>pr&eacute;dateur</strong> engendre des guerres durablement brutales et destructrices, qui favorisent avant tout des int&eacute;r&ecirc;ts priv&eacute;s (et pas seulement &eacute;nerg&eacute;tiques). (20) Ces interventions militaires sont justifi&eacute;es par un usage abusif et trompeur des notions humanistes que sont les droits universels ou la d&eacute;mocratie, comme en Irak ou en Libye. Depuis le 11-Septembre, elles sont &eacute;galement l&eacute;gitim&eacute;es par la guerre globale &laquo; contre &raquo; le terrorisme, comme en Afghanistan ou &agrave; Gaza. En r&eacute;alit&eacute;, les forces n&eacute;olib&eacute;rales s&rsquo;appuient fr&eacute;quemment sur des jihadistes (Bosnie (21), Kosovo (22), Libye (23), Syrie (24)&hellip;) ou sur des extr&eacute;mistes de l&rsquo;ultradroite (Am&eacute;rique latine (25), Ukraine (26)&hellip;) pour &laquo; normaliser &raquo; des nations r&eacute;calcitrantes, tout en invoquant les vertus de la d&eacute;mocratie &agrave; la moindre occasion m&eacute;diatique. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Plus important encore, le n&eacute;olib&eacute;ralisme se fonde sur la conviction que les crises, les guerres et les d&eacute;sastres sont le moyen le plus efficace pour imposer aux peuples des mesures &eacute;conomiques qui seraient inacceptables en temps normal &ndash; comme l&rsquo;a d&eacute;montr&eacute; l&rsquo;&eacute;conomiste Naomi Klein. (27) Essentiellement, le n&eacute;olib&eacute;ralisme engendre une ploutocratisation du monde, puisqu&rsquo;il contraint le pouvoir politique &agrave; privatiser les gains et &agrave; nationaliser les pertes &ndash; bien que ses apologistes d&eacute;fendent la notion cosmogonique d&rsquo;une &laquo; Main invisible &raquo; qui r&eacute;gulerait les March&eacute;s. En r&eacute;alit&eacute;, le n&eacute;olib&eacute;ralisme ne rel&egrave;ve pas du lib&eacute;ralisme &eacute;conomique, mais d&rsquo;un socialisme des nantis. En effet, une surabondance de trillions &ndash; attribu&eacute;s autoritairement aux contribuables <em>lambda</em> &ndash; a &eacute;t&eacute; transf&eacute;r&eacute;e au secteur bancaire global par les gouvernants n&eacute;olib&eacute;raux durant la crise des <em>subprimes</em>, dans le but d&rsquo;&eacute;viter l&rsquo;effondrement d&rsquo;un syst&egrave;me financier intrins&egrave;quement criminog&egrave;ne (comme l&rsquo;a expliqu&eacute; le commissaire Jean-Fran&ccedil;ois Gayraud dans son dernier ouvrage). (28). Il en r&eacute;sulte une crise mondiale de l&rsquo;endettement, qui l&eacute;gitime une nouvelle migration massive de fonds publics vers le secteur priv&eacute; &agrave; travers ce qui est commun&eacute;ment appel&eacute; l&rsquo;&laquo; aust&eacute;rit&eacute; &raquo;. (29) La guerre &laquo; contre &raquo; le terrorisme a &eacute;galement engendr&eacute; un transfert colossal de ressources publiques vers des entreprises priv&eacute;es, le co&ucirc;t de ces interventions arm&eacute;es meurtri&egrave;res &ndash; mais strat&eacute;giquement d&eacute;sastreuses &ndash; ayant contribu&eacute; &agrave; la d&eacute;stabilisation &eacute;conomique et financi&egrave;re globale. (30) Le n&eacute;olib&eacute;ralisme se nourrit donc de ces catastrophes humaines, et le caract&egrave;re crisique du Syst&egrave;me-monde globalis&eacute; promet d&rsquo;heureux lendemains &agrave; l&rsquo;hyperclasse tirant profit de ces d&eacute;sastres&hellip; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <h3><font size="2" face="Arial" color="#000080">La strat&eacute;gie de la tension m&eacute;diatique et la guerre n&eacute;olib&eacute;rale </font></h3> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Le n&eacute;olib&eacute;ralisme est donc le fascisme r&eacute;el. Celui qui est d&eacute;sign&eacute; comme tel par les m&eacute;dias fran&ccedil;ais est instrumentalis&eacute; par l&rsquo;hyperclasse &agrave; des fins de neutralisation d&eacute;mocratique. En effet, la m&eacute;diatisation massive du Front National engendre un basculement du d&eacute;bat public vers les th&egrave;mes autoritaristes de la droite extr&ecirc;me. En retour, ce ph&eacute;nom&egrave;ne permet &agrave; l&rsquo;hyperclasse d&rsquo;imposer via des ministres de l&rsquo;Int&eacute;rieur fantoches (31) des politiques s&eacute;curitaires consolidant l&rsquo;ordre &eacute;tabli au nom de la lutte contre l&rsquo;ins&eacute;curit&eacute;, l&rsquo;immigration, le terrorisme, la haine raciale (etc.). (32) Si le fascisme d&eacute;sign&eacute; avait &eacute;t&eacute; r&eacute;ellement dangereux pour le syst&egrave;me n&eacute;olib&eacute;ral, le FN aurait &eacute;t&eacute; nettement moins m&eacute;diatis&eacute;. Au contraire, ce parti &ndash; qui avait &eacute;t&eacute; propuls&eacute; sur le devant de la sc&egrave;ne politique gr&acirc;ce &agrave; Fran&ccedil;ois Mitterrand dans les ann&eacute;es 80 (33) &ndash;, b&eacute;n&eacute;ficie d&rsquo;un acc&egrave;s de plus en plus privil&eacute;gi&eacute; aux m&eacute;dias. (34) Il en r&eacute;sulte une telle d&eacute;gradation du d&eacute;bat public que le citoyen est sensibilis&eacute; de force &agrave; une vision d&eacute;cliniste de son avenir. Par cons&eacute;quent, il a peur au lieu de tenter de comprendre qui est son ennemi r&eacute;el, et ainsi de le combattre. Peur de l&rsquo;autre, peur du lendemain, peur de l&rsquo;&eacute;tranger, peur du ch&ocirc;mage, peur de l&rsquo;appauvrissement, peur de la Crise&hellip; &laquo; Paradoxalement &raquo;, l&rsquo;hyperclasse qui domine les March&eacute;s n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; aussi fortun&eacute;e dans l&rsquo;Histoire du monde. (35) Ainsi, autant dire que le fascisme n&eacute;olib&eacute;ral est efficace, subtil et abondamment financ&eacute;, en plus d&rsquo;&ecirc;tre massivement m&eacute;diatis&eacute; et strat&eacute;giquement enseign&eacute; (HEC, IEP, ENA, etc.). Il en est donc incroyablement dangereux et, &agrave; d&eacute;faut d&rsquo;&ecirc;tre per&ccedil;u comme un ennemi concret, il a &eacute;t&eacute; impos&eacute; &laquo; par voie parlementaire &raquo; &agrave; la t&ecirc;te de l&rsquo;Union europ&eacute;enne &ndash; malgr&eacute; les refus r&eacute;f&eacute;rendaires des peuples fran&ccedil;ais, irlandais et n&eacute;erlandais. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Puisque le n&eacute;olib&eacute;ralisme se l&eacute;gitime &agrave; travers l&rsquo;arme de m&eacute;diatisation massive, cette guerre est <strong>psychologique</strong> avant m&ecirc;me d&rsquo;&ecirc;tre &eacute;conomique. Elle fait rage dans nos esprits car les m&eacute;dias nous imposent une strat&eacute;gie de la tension permanente, qui d&eacute;l&eacute;gitime le pouvoir politique et d&eacute;truit les notions protectrices et structurantes de souverainet&eacute; et de patriotisme en les assimilant abusivement &agrave; l&rsquo;&laquo; extr&ecirc;me droite &raquo; et au &laquo; nationalisme &raquo;. Parall&egrave;lement, la souverainet&eacute; &ndash; essentiellement &eacute;conomique, commerciale et industrielle &ndash;, est proscrite par les trait&eacute;s europ&eacute;ens. (36) Pourtant, nos &laquo; partenaires &raquo; &agrave; Washington et &agrave; Wall Street &ndash; capitales mondiales du n&eacute;olib&eacute;ralisme &ndash; n&rsquo;ont aucun scrupule &agrave; contourner les r&egrave;gles internationales lorsque leurs int&eacute;r&ecirc;ts le justifient. (37) Ainsi, dans cette guerre globale pourtant d&eacute;nonc&eacute;e par Fran&ccedil;ois Mitterrand peu avant sa mort, (38) le gouvernement fran&ccedil;ais semble totalement acquis au n&eacute;olib&eacute;ralisme et &agrave; l&rsquo;atlantisme correspondant. Par cons&eacute;quent, &ndash; bien qu&rsquo;elle ait ensuite &eacute;voqu&eacute; des &laquo; cons&eacute;quences n&eacute;gatives &raquo; dans les n&eacute;gociations du TAFTA &ndash;, notre direction politique s&rsquo;est d&rsquo;abord mur&eacute;e dans un silence assourdissant apr&egrave;s que le <em>Wall Street Journal</em> ait r&eacute;v&eacute;l&eacute; l&rsquo;intention de Washington de condamner la BNP Paribas &agrave; une amende record de 10 milliards de dollars. (39) Comme l&rsquo;a rappel&eacute; le journal <em>Le Monde</em>, </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">&laquo; [e]n droit international, les pays ne sont en g&eacute;n&eacute;ral pas autoris&eacute;s &agrave; exercer des comp&eacute;tences extraterritoriales comme les &Eacute;tats-Unis le font en sanctionnant les banques &eacute;trang&egrave;res. Mais un principe juridique supplante tous les autres : celui de la protection de la <strong>souverainet&eacute; &eacute;tatique</strong>. Un principe r&eacute;sum&eacute; avec emphase par le [ministre de la Justice] des &Eacute;tats-Unis, Eric Holder (&hellip;) : &ldquo;Aucun individu, aucune entit&eacute; qui fait du mal &agrave; notre &eacute;conomie n&rsquo;est au-dessus de la loi&rdquo; &raquo;. (40) </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">&laquo; <em>One Nation Under God</em> &raquo; : cette &laquo; souverainet&eacute; &eacute;tatique &raquo; est en r&eacute;alit&eacute; de droit divin, d&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;exceptionnalisme &eacute;tats-unien qui justifie cet h&eacute;g&eacute;monisme global &ndash; y compris s&rsquo;il implique les ing&eacute;rences &eacute;conomiques permanentes et massives de Washington (alors que les &Eacute;tats-Unis sont renomm&eacute;s pour leur attachement au lib&eacute;ralisme de march&eacute;&hellip;). Ainsi, le constat est cruel, mais il est sans appel : le n&eacute;olib&eacute;ralisme exige que la souverainet&eacute; soit l&eacute;galement proscrite aux vassaux &eacute;trangers, notamment europ&eacute;ens ; mais l&rsquo;extraterritorialit&eacute; du &laquo; droit naturel &raquo; du Souverain est impos&eacute;e ill&eacute;galement &agrave; travers de discr&egrave;tes ententes technocratiques, voire des menaces publiques (41) ou officieuses. (42) Au sein de l&rsquo;Union europ&eacute;enne, ce nouvel ordre extra-juridique se met en place subrepticement, sans que les peuples concern&eacute;s ne soient consult&eacute;s &ndash; comme l&rsquo;a expliqu&eacute; le sociologue Jean-Claude Paye. (43) </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Dans ce contexte, comment nos responsables politiques peuvent-ils ignorer cette guerre n&eacute;olib&eacute;rale men&eacute;e contre la France et l&rsquo;Europe, en particulier &agrave; l&rsquo;aune de l&rsquo;affaire Snowden et de la volont&eacute; de Washington d&rsquo;&laquo; <strong>enculer</strong> l&rsquo;UE &raquo; &agrave; travers la crise ukrainienne ? (44) Pourtant, malgr&eacute; cette hostilit&eacute; manifeste de nos &laquo; alli&eacute;s &raquo;, le cadre institutionnel de l&rsquo;Union europ&eacute;enne reste majoritairement atlantiste, donc acquis au n&eacute;olib&eacute;ralisme et &agrave; son bras arm&eacute; qu&rsquo;est l&rsquo;OTAN. La guerre est silencieuse et feutr&eacute;e depuis le b&acirc;timent Berlaymont, sachant que la plupart des hauts responsables y si&eacute;geant font preuve d&rsquo;une loyaut&eacute; absolue envers les &Eacute;tats-Unis et leurs int&eacute;r&ecirc;ts (accords SWIFT, TAFTA, etc.). (45) Cette guerre n&rsquo;en est pas moins intensive, brutale et d&eacute;mocracide &ndash; ce que per&ccedil;oivent majoritairement les &eacute;lecteurs fran&ccedil;ais, sans parfois m&ecirc;me en avoir conscience. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <h3><font size="2" face="Arial" color="#000080">L&rsquo;abstention majoritaire : la d&eacute;l&eacute;gitimation populaire du n&eacute;olib&eacute;ralisme</font></h3> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Ainsi, lors du dernier scrutin europ&eacute;en, cette strat&eacute;gie de la tension m&eacute;diatique eu comme effet le plus <strong>visible</strong> de placer le Front National en t&ecirc;te de ces &eacute;lections &ndash; une d&eacute;gradation encore plus profonde du d&eacute;bat public &eacute;tant donc in&eacute;vitable. En effet, depuis le 21-Avril, les dirigeants des deux principales formations politiques droitisent sans complexe leur discours et leur action sur les questions s&eacute;curitaires &ndash; conform&eacute;ment aux programmes &eacute;lectoraux du FN. En revanche, lorsqu&rsquo;il est question d&rsquo;&eacute;conomie, ils disqualifient toute id&eacute;e de &laquo; souverainet&eacute; &raquo; ou de &laquo; patriotisme &raquo; en les assimilant au &laquo; populisme &raquo; ou au &laquo; nationalisme &raquo; &ndash; malgr&eacute; les efforts r&eacute;cents du <em>young leader</em> Arnaud Montebourg pour se r&eacute;approprier ces concepts, mais sans qu&rsquo;il ne puisse appliquer les politiques de nationalisation correspondantes (puisqu&rsquo;elles seraient contraires aux r&egrave;gles impos&eacute;es par la Commission europ&eacute;enne). (46) Ainsi, dans les m&eacute;dias fran&ccedil;ais, la victoire &eacute;lectorale du FN engendre un d&eacute;ferlement de mises en garde moralisatrices envers les abstentionnistes, alors que la France est profond&eacute;ment d&eacute;stabilis&eacute;e par une offensive n&eacute;olib&eacute;rale impos&eacute;e depuis Washington, Wall Street et Bruxelles. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Dans ce contexte difficile, l&rsquo;abstention d&rsquo;une majorit&eacute; d&rsquo;&eacute;lecteurs fran&ccedil;ais insensibles au pi&egrave;ge frontiste est l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement le plus <strong>d&eacute;terminant</strong> de ces &eacute;lections europ&eacute;ennes &ndash; pr&egrave;s de 56 % des inscrits ne s&rsquo;&eacute;tant pas d&eacute;plac&eacute;s dans l&rsquo;isoloir. De mani&egrave;re informelle, ils constituent donc le plus grand parti de France, auquel j&rsquo;ai r&eacute;cemment adh&eacute;r&eacute; pour une raison simple : participer &agrave; la d&eacute;l&eacute;gitimation d&rsquo;un syst&egrave;me oligarchique r&eacute;publicide et fondamentalement hostile &agrave; l&rsquo;id&eacute;al d&eacute;mocratique moderne (donc &agrave; l&rsquo;h&eacute;ritage des <strong>r&eacute;sistants du CNR</strong> &eacute;voqu&eacute; pr&eacute;c&eacute;demment). Le vote blanc n&rsquo;&eacute;tant pas comptabilis&eacute; &agrave; l&rsquo;issue des scrutins fran&ccedil;ais, j&rsquo;estime ne pas avoir eu d&rsquo;autre choix pour d&eacute;montrer mon profond m&eacute;contentement. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Irresponsabilit&eacute; civique ? Laissez-faire &laquo; coupable &raquo; en faveur du Front National ? Bien au contraire ! Lors des derni&egrave;res &eacute;lections, le FN a r&eacute;alis&eacute; un score majoritaire avant tout car les m&eacute;dias de masse ont continuellement promu ce parti en lui accordant une diffusion injustifi&eacute;e et d&eacute;stabilisante. Essentiellement, la diabolisation massive du FN par des cercles politico-m&eacute;diatiques &agrave; la cr&eacute;dibilit&eacute; d&eacute;clinante a engendr&eacute; sa victimisation &eacute;lectoralement profitable. Anticip&eacute; par les instituts de sondages, ce ph&eacute;nom&egrave;ne &eacute;tait pr&eacute;visible au vu de la guerre n&eacute;olib&eacute;rale ici d&eacute;crite, qui affaiblit notre pays et d&eacute;truit notre tissu socio&eacute;conomique. N&eacute;anmoins, si l&rsquo;on tient compte de l&rsquo;abstention massive, ce succ&egrave;s &eacute;lectoral du FN repr&eacute;sente avant tout une victoire symbolique, qui n&rsquo;est pas repr&eacute;sentative de l&rsquo;opinion <strong>majoritaire</strong> des Fran&ccedil;ais. Ainsi, elle ne doit pas masquer l&rsquo;essentiel : en France, pr&egrave;s de 56 % des citoyens ont choisi de boycotter les &eacute;lections europ&eacute;ennes plut&ocirc;t que de cautionner par leur vote un syst&egrave;me oligotechnocratique qu&rsquo;ils consid&egrave;rent comme ill&eacute;gitime. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Parall&egrave;lement, une succession ininterrompue de scandales a discr&eacute;dit&eacute; durablement le pouvoir politique fran&ccedil;ais. L&rsquo;impuissance communicationnelle de Fran&ccedil;ois Hollande au lendemain des &eacute;lections europ&eacute;ennes, ainsi que la d&eacute;ch&eacute;ance fulgurante de Jean-Fran&ccedil;ois Cop&eacute; et de son &laquo; organisation &raquo;, en sont des illustrations &eacute;videntes et cruelles. Affaiblie et aveugl&eacute;e par ses tropismes n&eacute;olib&eacute;raux et atlantistes, la &laquo; classe politique &raquo; fran&ccedil;aise en est donc r&eacute;duite &agrave; dilapider les ressources et le patrimoine de son peuple au profit des March&eacute;s, de leurs structures cl&eacute;s (OMC, NYSE Euronext, MES, CIRDI, BCE, etc.) et des pays &oelig;uvrant le plus agressivement pour imposer le n&eacute;olib&eacute;ralisme &agrave; travers le monde. Je fais ici r&eacute;f&eacute;rence aux &Eacute;tats-Unis, &agrave; Isra&euml;l, ainsi qu&rsquo;aux hydrocarbomonarchies du golfe Persique. En France, ces forces profondes sont dangereusement et anormalement influentes. Or, peu d&rsquo;observateurs semblent remarquer qu&rsquo;elles sont massivement d&eacute;fendues par un syst&egrave;me m&eacute;diatique pourtant plus que jamais actif dans la d&eacute;stabilisation du pouvoir politique fran&ccedil;ais. (47) En effet, toute critique des &Eacute;tats-Unis dans les m&eacute;dias engendre des accusations quasi-syst&eacute;matiques (mais faiblement argument&eacute;es) d&rsquo;&laquo; antiam&eacute;ricanisme primaire &raquo;. (48) La moindre critique d&rsquo;Isra&euml;l, d&rsquo;ailleurs avant m&ecirc;me que quiconque n&rsquo;ose s&rsquo;aventurer sur ce terrain p&eacute;rilleux, est neutralis&eacute;e par l&rsquo;accusation r&eacute;voltante d&rsquo;&laquo; antis&eacute;mitisme &raquo;. (49) Enfin, la critique des hydrocarbomonarchies du Golfe est tol&eacute;r&eacute;e, dans un contexte de diabolisation permanente de ce que la plupart des m&eacute;dias d&eacute;crivent caricaturalement comme &eacute;tant l&rsquo;Islam &ndash; un processus auquel contribue activement le FN depuis des d&eacute;cennies. N&eacute;anmoins, ces critiques semblent plut&ocirc;t rares et bien souvent indulgentes, au vu du caract&egrave;re dictatorial de ces r&eacute;gimes et de la dangerosit&eacute; de leurs politiques de soutien des r&eacute;seaux jihadistes &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger &ndash; dont la secte Boko Haram (50) ou la n&eacute;buleuse al-Qa&iuml;da. (51) </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Ainsi, bien qu&rsquo;&eacute;tant profond&eacute;ment hostile envers les obsessions x&eacute;nophobes &ndash; et parfois ouvertement racistes (52) &ndash; du Front National, ma d&eacute;finition du fascisme diff&egrave;re de celle que l&rsquo;ensemble des m&eacute;dias fran&ccedil;ais nous d&eacute;signe. En effet, ce parti est devenu &laquo; malgr&eacute; lui &raquo; l&rsquo;un des principaux instruments d&rsquo;une neutralisation oligarchique de la d&eacute;mocratie, qui permet de renforcer le caract&egrave;re s&eacute;curitaire et policier de l&rsquo;&Eacute;tat, tout en marginalisant les notions de &laquo; souverainet&eacute; &raquo; et de &laquo; patriotisme &raquo;. Il en r&eacute;sulte l&rsquo;omnipuissance d&rsquo;un n&eacute;olib&eacute;ralisme pourtant majoritairement refus&eacute; par les peuples europ&eacute;ens. En effet, au moment o&ugrave; j&rsquo;&eacute;cris ces lignes, le &laquo; social-d&eacute;mocrate &raquo; luxembourgeois Jean-Claude Juncker &ndash; qui a dirig&eacute; pendant 18 ans le paradis fiscal o&ugrave; si&egrave;gent Clearstream et Euroclear &ndash; est le candidat favori &agrave; la pr&eacute;sidence de la Commission europ&eacute;enne. L&rsquo;Europe n&eacute;olib&eacute;rale ayant &eacute;t&eacute; rejet&eacute;e par voie r&eacute;f&eacute;rendaire, il serait temps que nos responsables politiques prennent conscience que ce d&eacute;ni permanent de d&eacute;mocratie ne peut avoir d&rsquo;issue heureuse, stable et prosp&egrave;re. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">N&eacute;anmoins, il semble que le peuple fran&ccedil;ais &ndash; &agrave; travers une abstention massive plus qu&rsquo;un recours au vote &laquo; protestataire &raquo; &ndash;, s&rsquo;est positionn&eacute; &agrave; l&rsquo;avant-garde de cette n&eacute;cessaire remise en cause des fondements n&eacute;olib&eacute;raux, d&eacute;loyaux et atlantistes de l&rsquo;Union europ&eacute;enne. En ayant boycott&eacute; aussi largement ce scrutin europ&eacute;en, les &eacute;lecteurs fran&ccedil;ais ont une nouvelle fois contribu&eacute; &agrave; d&eacute;l&eacute;gitimer un syst&egrave;me n&eacute;olib&eacute;ral plus antid&eacute;mocratique que jamais. D&rsquo;une certaine mani&egrave;re, sachant que le vote blanc n&rsquo;est pas comptabilis&eacute;, j&rsquo;ai la conviction d&rsquo;avoir particip&eacute; par mon abstention &agrave; une forme de r&eacute;volte pacifiste contre le nouveau fascisme &ndash; c&rsquo;est-&agrave;-dire l&rsquo;imposition autoritaire d&rsquo;un fondamentalisme n&eacute;olib&eacute;ral contraire aux int&eacute;r&ecirc;ts et &agrave; la volont&eacute; du peuple europ&eacute;en. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Ainsi, malgr&eacute; un contexte d&eacute;l&eacute;t&egrave;re, nous avons des raisons de nous r&eacute;jouir, car les citoyens fran&ccedil;ais ont &ndash; <em>massivement et majoritairement</em> &ndash; choisi de refuser &agrave; travers leur abstention la l&eacute;gitimation &eacute;lectorale du fascisme r&eacute;el. &laquo; Le changement, c&rsquo;est maintenant &raquo; ! </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Maxime Chaix </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">(Je remercie le pianiste <a href="http://www.youtube.com/watch?v=tsM11Tz0tqc&amp;list=RDtsM11Tz0tqc#t=11">Ahmad Jamal</a> pour sa musique, qui m&rsquo;a &eacute;t&eacute; d&rsquo;une aide pr&eacute;cieuse dans l&rsquo;&eacute;criture de cet article. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <h4><font size="2" face="Arial">Notes</font></h4> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">1. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Peter_Dale_Scott#Le_supramonde">Le supramonde</a>; voir Jean-Fran&ccedil;ois Gayraud, &laquo; L&rsquo;alarmante impuissance contre le blanchiment &raquo;, Agefi.com, 18 f&eacute;vrier 2014 : &laquo; Des lois de d&eacute;r&eacute;gulation ont mis en place une nouvelle architecture du monde autour des triptyques &ldquo;d&eacute;r&eacute;glementation, d&eacute;cloisonnement, d&eacute;sinterm&eacute;diation&rdquo; ou encore &ldquo;privatisations, rigueur budg&eacute;taire, libre-&eacute;change&rdquo;. (&hellip;) Et il faut casser le mythe d&rsquo;une dynamique naturelle et in&eacute;luctable de la mondialisation qui se serait impos&eacute;e aux politiciens. La mondialisation a &eacute;t&eacute; initi&eacute;e par les classes sup&eacute;rieures des pays riches du Nord et du Sud ; et ce sont elles qui en ont le plus profit&eacute;. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">La cons&eacute;quence de ce mouvement historique est connue : la mondialisation a lib&eacute;r&eacute; les capitaux de leurs contraintes territoriales, enrichissant des classes sup&eacute;rieures formant une nouvelle upperclass mondialis&eacute;e, des &ldquo;&eacute;lites mondialis&eacute;es&rdquo; (Jean-Pierre Chev&egrave;nement), une superclasse (David Ruthkopf), un &ldquo;supramonde&rdquo; (Peter Dale Scott). &raquo; (<a href="http://www.agefi.com/une/detail/archive/2014/february/artikel/%3C%3Clargent-propre-ou-sale-circule-librement-partout-et-a-tres-grande-vitesse%3E%3E.html">lien</a>). </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">2. Paul Jorion, pr&eacute;face du livre de Jean-Fran&ccedil;ois Gayraud, <em>Le nouveau capitalisme criminel</em> (&Eacute;ditions Odile Jacob, Paris, 2014) : &laquo; La d&eacute;mocratie existe-t-elle encore et s&rsquo;il semble que oui, cette apparence n&rsquo;est-elle pas trompeuse : n&rsquo;est-elle pas seulement le fruit d&rsquo;un d&eacute;cor habilement peint en trompe-l&rsquo;&oelig;il ? R&eacute;pond tr&egrave;s cr&ucirc;ment &agrave; cette question, un article fameux d&rsquo;une &eacute;quipe de l&rsquo;Institut polytechnique de Zurich compos&eacute;e de Stefania Vitali, James B. Glattfelder, et Stefano Battiston, article publi&eacute; en 2011, consacr&eacute; au r&eacute;seau de contr&ocirc;le des firmes mondiales, sur lequel mon blog fut le premier &agrave; attirer l&rsquo;attention dans le monde francophone (&hellip;). Il est mis en &eacute;vidence dans cet article qu&rsquo;un petit groupe de 147 firmes contr&ocirc;le 40 % de la finance et de l&rsquo;&eacute;conomie mondiales ; le nombre monte &agrave; 737 si l&rsquo;on veut atteindre les 80 %. &raquo; (Consultable <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=61944">ici</a>). &Agrave; ce sujet, voir &eacute;galement &laquo; Le <em>corporate power</em>, ou le totalitarisme entropique &raquo;, <a href="http://www.dedefensa.org/article-le_corporate_power_ou_le_totalitarisme_entropique_24_10_2011.html">24 octobre 2011</a>.) </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">3. &laquo; Hollande et l&rsquo;adversaire qui &ldquo;n&rsquo;a pas de visage&rdquo; &raquo;, Nouvelobs.com, <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/election-presidentielle-2012/20120123.OBS9529/hollande-et-l-adversaire-qui-n-a-pas-de-visage.html">23 janvier 2012</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">4. Le club &laquo; Le Si&egrave;cle &raquo; est une illustration flagrante des r&eacute;seaux d&rsquo;influence de l&rsquo;hyperclasse ici d&eacute;crite, et de l&rsquo;institutionnalisation discr&egrave;te de lieux d&rsquo;&eacute;changes hautement s&eacute;lectifs au sein desquels se forment des consensus &eacute;litistes. Voir par exemple Nolwenn le Blevennec, &laquo; La bande &agrave; Pierre Carles allume les journalistes du club Le Si&egrave;cle &raquo;, Rue89.nouvelobs.com, <a href="http://rue89.nouvelobs.com/2010/11/16/la-bande-a-pierre-carles-allume-les-journalistes-du-club-le-siecle-175994">16 novembre 2010</a> : &laquo; Selon Michel Fiszbin, Le Si&egrave;cle est un &ldquo;club occulte o&ugrave; les puissants se cooptent&rdquo;. Le producteur regrette que les journalistes entrent dans des relations &ldquo;amicales&rdquo; avec des patrons du CAC40 ou des hommes politiques. Selon lui, cela ne peut qu&rsquo;influencer leur jugement et biaiser leur travail. &raquo;. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">5. Jorion, <em>ibid.</em> : &laquo; La pr&eacute;tention s&eacute;culaire de la finance &agrave; l&rsquo;extraterritorialit&eacute; de son domaine par rapport &agrave; la morale semble avoir triomph&eacute;. La &ldquo;rationalit&eacute;&rdquo; suppos&eacute;e de l&rsquo;<em>homo oeconomicus</em> transcende les cat&eacute;gories &eacute;thiques. Souvenons-nous tout de m&ecirc;me qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit nullement de rationalit&eacute; au sens o&ugrave; on l&rsquo;entend g&eacute;n&eacute;ralement mais, comme l&rsquo;&eacute;crit tr&egrave;s bien Gayraud, d&rsquo;un simple &ldquo;comportement carnassier&rdquo;. &raquo;. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">6. Entretien crois&eacute; avec la d&eacute;put&eacute;e de l&rsquo;Aisne et ancienne directrice de l&rsquo;ENA Marie-Fran&ccedil;oise Bechtel et l&rsquo;&eacute;ditorialiste Nicolas Baverez, <em>L&rsquo;Expansion</em>, <a href="http://www.mrc-france.org/Les-elites-ont-elles-trahi-le-peuple_a559.html">d&eacute;cembre 2013/janvier 2014</a>. Selon Madame Bechtel, &laquo; [l]a sp&eacute;cificit&eacute; fran&ccedil;aise tient surtout &agrave; la d&eacute;testation des &eacute;lites envers la nation. C&rsquo;est un trait f&eacute;d&eacute;rateur tr&egrave;s troublant alors que, au Royaume-Uni et au &Eacute;tats-Unis, la cr&egrave;me du pays a le patriotisme chevill&eacute; au corps. Il faut se rappeler la tirade de Jean-Marie Messier, au d&eacute;but des ann&eacute;es 2000, quand il qualifie les Etats-Unis de &ldquo;vraie patrie des hommes d&rsquo;affaires&rdquo; avant de s&rsquo;y installer. Il reconnaissait une autre nation que la sienne pour en faire un mod&egrave;le universel. Toutes les &eacute;lites ne l&rsquo;expriment pas ainsi, mais beaucoup n&rsquo;en pensent pas moins. Dans les ann&eacute;es 90, elles se sont coul&eacute;es dans le mod&egrave;le anglo-saxon dominant, certaines de pouvoir tirer leur &eacute;pingle du jeu de la mondialisation. <strong>Elles ne croient pas en la France</strong>. &raquo; (Accentuation ajout&eacute;e). </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">7. Benjamin Dormann, &laquo; Washington sur Seine ? Ces ministres de Fran&ccedil;ois Hollande qui ont &eacute;t&eacute; form&eacute;s par les Am&eacute;ricains &raquo;, Atlantico.fr, <a href="http://www.atlantico.fr/decryptage/gouvernement-hollande-formation-plus-atlantiste-qu-on-pourrait-croire-benjamin-dormann-366638.html">22 mai 2012</a> ; Jean Paul Baquiast, &laquo; La France et l&rsquo;atlantisme &raquo;, Europesolidaire.eu, <a href="http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=912">25 mai 2012</a> : &laquo; Les divers contacts pris ou en pr&eacute;paration entre les responsables fran&ccedil;ais et leurs homologues europ&eacute;ens montrent que la France, sous Fran&ccedil;ois Hollande, ne remettra que marginalement en cause l&rsquo;atlantisme, d&eacute;fini comme une all&eacute;geance de fait et de droit &agrave; l&rsquo;Empire am&eacute;ricain. &raquo; ; tribune libre de Jean-Philippe Immarigeon, &laquo; Rendez-moi Montaigne et Guy Mollet ! &raquo;, <a href="http://theatrum-belli.org/libres-propos-rendez-moi-montaigne-et-guy-mollet-par-jean-philippe-immarigeon/">Theatrum-belli.org</a> : &laquo; On commence &agrave; conna&icirc;tre [la French American Foundation,] cette officine cr&eacute;&eacute;e en 1976, et je conseille la lecture de <a href="http://french-american.org/">son site</a> tant ses objectifs y sont clairement expos&eacute;s : faire de l&rsquo;entrisme dans les institutions fran&ccedil;aises, et convaincre nos pr&eacute;tendues &eacute;lites de l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de servir les int&eacute;r&ecirc;ts am&eacute;ricains. (&hellip;) Mais le summum se lit dans la liste des laur&eacute;ats 2013 publi&eacute;e le 25 juin dernier. Y appara&icirc;t le capitaine de fr&eacute;gate Philippe Naudet, commandant du Sous-marin Nucl&eacute;aire d&rsquo;Attaque <em>Am&eacute;thyste</em> (S-605). Ce qui veut dire que la Royale d&eacute;p&ecirc;che aupr&egrave;s des Am&eacute;ricains un futur pacha de Sous-marin Nucl&eacute;aire Lanceur d&rsquo;Engins &ndash; puisque le cursus se fait g&eacute;n&eacute;ralement ainsi dans cette arme (&hellip;). Mais le plus dr&ocirc;le &ndash; &agrave; ce stade il ne reste rien d&rsquo;autre &agrave; faire que de rire &ndash; c&rsquo;est que dans le contingent am&eacute;ricain des <em>Young Leaders</em> de la promotion 2013, notre futur d&eacute;tenteur de secrets nucl&eacute;aires c&ocirc;toiera Madame Anne Neuberger, conseill&egrave;re sp&eacute;ciale du patron de la NSA. &raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">8. Pour mieux saisir les liens de l&rsquo;hyperclasse ici d&eacute;crite avec le sionisme et le monde politique fran&ccedil;ais, le lecteur pourra notamment consulter le site du journaliste ind&eacute;pendant Hicham Hamza : <a href="http://www.dedefensa.org/www.panamza.com">www.panamza.com</a>. Ce sujet est particuli&egrave;rement &eacute;pineux en France, pays dont l&rsquo;actuel Premier Ministre avait publiquement <a href="http://www.youtube.com/watch?v=fTFd7f0Hmsw">affirm&eacute;</a> &ndash; avant de prendre des fonctions gouvernementales &ndash; &ecirc;tre &laquo; &eacute;ternellement &raquo; li&eacute; &agrave; l&rsquo;&Eacute;tat d&rsquo;Isra&euml;l. Du fait de la difficult&eacute; de traiter de l&rsquo;influence isra&eacute;lienne en France, ce site est donc particuli&egrave;rement utile, informatif et subversif. &Agrave; noter que Panamza.com a &eacute;t&eacute; cit&eacute; par d&rsquo;&eacute;minentes personnalit&eacute;s, telles que <a href="https://www.facebook.com/PascalBoniface.IRIS/posts/10151925552034472">Pascal Boniface</a>, <a href="https://twitter.com/Marwan_FX/statuses/468499669052850176">Marwan Muhammad</a> ou <a href="http://www.panamza.com/29122013-police-fourest-desinformatrice">Denis Robert</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">9. Selon des sources bien inform&eacute;es, le Qatar a jou&eacute; un r&ocirc;le central dans les coulisses de la guerre en Libye, ayant apparemment exerc&eacute; une influence majeure sur le pouvoir fran&ccedil;ais afin de d&eacute;clencher une intervention arm&eacute;e. &Agrave; ce sujet, voir notamment &laquo; Gaz et p&eacute;trole : Guerres secr&egrave;tes &raquo;, un documentaire de <em>Sp&eacute;cial Investigation</em> (Canal +) r&eacute;alis&eacute; par Patrick-Charles Messance (consultable &agrave; ce <a href="http://www.dailymotion.com/video/xvr94b_gaz-et-petrole-guerres-secretes_news">lien</a>) ; Christophe Ayad, &laquo; La France, meilleure alli&eacute;e de l&rsquo;Arabie saoudite, au Liban comme en Syrie &raquo;, Lemonde.fr, <a href="http://www.lemonde.fr/international/article/2013/12/28/la-france-meilleure-alliee-de-l-arabie-saoudite-au-liban-comme-en-syrie_4340996_3210.html">28 d&eacute;cembre 2013</a> ; Eric Leser, &laquo; Comment le Qatar a achet&eacute; la France (et s&rsquo;est pay&eacute; sa classe politique) &raquo;, Slate.fr, <a href="http://www.slate.fr/story/39077/qatar-France">6 juin 2011</a> (etc.). </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">10. Pour comprendre les fondements de la d&eacute;sindustrialisation de France, je recommande vivement cette analyse de Sylvain Fontan, &laquo; R&eacute;flexion sur la d&eacute;sindustrialisation de la France &raquo;, Leconomiste.eu, <a href="http://www.leconomiste.eu/decryptage-economie/153-reflexion-sur-la-desindustrialisation-de-la-france.html">3 d&eacute;cembre 2013</a> : &laquo; La disparition d&rsquo;une strat&eacute;gie industrielle en France date des ann&eacute;es 70. En effet, au-del&agrave; des raisons purement &eacute;conomiques, il y a &eacute;galement des &eacute;l&eacute;ments historiques et g&eacute;o&eacute;conomiques qui expliquent la d&eacute;sindustrialisation fran&ccedil;aise : </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">&bull; Le milieu des ann&eacute;es 1970 marque la fin des politiques visant &agrave; installer un syst&egrave;me pouvant stimuler l&rsquo;industrie. &Agrave; cette &eacute;poque, le commissariat g&eacute;n&eacute;ral du plan arr&ecirc;te son soutien &agrave; l&rsquo;industrie &eacute;lectronique, et donc &eacute;galement les autres secteurs d&rsquo;activit&eacute; gravitant autour. La disparition de cette vision strat&eacute;gique provient, d&rsquo;une part, de l&rsquo;amoindrissement de la pens&eacute;e gaulliste qui cherchait notamment &agrave; mener une politique industrielle et &agrave; la p&eacute;renniser et, d&rsquo;autre part, de la perte d&rsquo;app&eacute;tence de la part de firmes multinationales par ce type [d&rsquo;]approche. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">&bull; Parall&egrave;lement, ce ph&eacute;nom&egrave;ne est li&eacute; &agrave; la situation g&eacute;o&eacute;conomique des &Eacute;tats-Unis. En effet, &agrave; cette &eacute;poque, les &Eacute;tats-Unis sortent de la guerre du Vietnam et voient r&eacute;appara&icirc;tre l&rsquo;Europe et l&rsquo;Asie sur l&rsquo;&eacute;chiquier &eacute;conomique mondial. Apr&egrave;s une phase de reconstruction, ces deux zones apparaissent comme des acteurs &eacute;conomiques importants. Or, les &Eacute;tats-Unis &eacute;taient en pleine guerre froide contre l&rsquo;Union Sovi&eacute;tique. D&egrave;s lors, la mont&eacute;e en puissance de deux nouveaux comp&eacute;titeurs n&rsquo;&eacute;tait pas forc&eacute;ment dans l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t direct des &Eacute;tats-Unis. Ainsi, ce pays a pouss&eacute; &agrave; l&rsquo;introduction dans la culture de ces pays (et donc de la France) la perte d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t pour les questions li&eacute;es aux int&eacute;r&ecirc;ts nationaux de long terme. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Au final, la France est entr&eacute;e dans une phase de guerre &eacute;conomique sans se doter des outils d&rsquo;intelligence &eacute;conomique ad&eacute;quats pour y faire face. &raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">11. Le gouvernement Jospin (1997-2002) est celui qui a men&eacute; le plus de privatisations. Voir par exemple &laquo; Le gouvernement Jospin est celui qui a le plus privatis&eacute; &raquo;, blog Les D&eacute;codeurs, Lemonde.fr, <a href="http://decodeurs.blog.lemonde.fr/2009/11/16/jospin-a-t-il-plus-privatise-que-la-droite/">16 novembre 2011</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">12. Val&eacute;rie Segond, &laquo; Ces entreprises sans drapeau &raquo;, Lemonde.fr, , <a href="http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/04/28/ces-entreprises-sans-drapeau_4408106_3234.html">28 avril 2014</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">13. Entretien crois&eacute; avec la d&eacute;put&eacute;e de l&rsquo;Aisne et ancienne directrice de l&rsquo;ENA Marie-Fran&ccedil;oise Bechtel et l&rsquo;&eacute;ditorialiste Nicolas Baverez, L&rsquo;Expansion, <a href="http://www.mrc-france.org/Les-elites-ont-elles-trahi-le-peuple_a559.html">d&eacute;cembre 2013/janvier 2014</a>. Selon Madame Bechtel, &laquo; [l]a sp&eacute;cificit&eacute; fran&ccedil;aise tient surtout &agrave; la d&eacute;testation des &eacute;lites envers la nation. C&rsquo;est un trait f&eacute;d&eacute;rateur tr&egrave;s troublant alors que, au Royaume-Uni et au &Eacute;tats-Unis, la cr&egrave;me du pays a le patriotisme chevill&eacute; au corps.(&hellip;) Dans les ann&eacute;es 90, elles se sont coul&eacute;es dans le mod&egrave;le anglo-saxon dominant, certaines de pouvoir tirer leur &eacute;pingle du jeu de la mondialisation. Elles ne croient pas en la France. &raquo;. Voir &eacute;galement l&rsquo;interview de Marie-Fran&ccedil;oise Bechtel par Fran&ccedil;ois Roth&eacute;, Marianne.net, <a href="http://www.marianne.net/Les-elites-francaises-ont-honte-de-la-France_a235106.html">janvier 2014</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">14. Jean-Marc Leclerc, &laquo; Fronde sociale et fiscale : les pr&eacute;fets sonnent l&rsquo;alarme &raquo;, Lefigaro.fr, <a href="http://www.lefigaro.fr/politique/2013/11/13/01002-20131113ARTFIG00612-fronde-sociale-et-fiscale-les-prefets-sonnent-l-alarme.php?pagination=4">13 novembre 2013</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">15. &Agrave; ce sujet, voir le documentaire de Gilles Balbastre et de Yannick Kergoat, intitul&eacute; <em>Les Nouveaux Chiens de garde</em> et sorti en 2012. Il peut &ecirc;tre visionn&eacute; en int&eacute;gralit&eacute; ici : http://www.youtube.com/watch?v=0FW4Ealqx2http://www.youtube.com/watch?v=0FW4Ealqx2Q. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">16. Pierre Bourdieu, &laquo; L&rsquo;essence du n&eacute;olib&eacute;ralisme &raquo;, <em>Le Monde Diplomatique</em>, <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/1998/03/BOURDIEU/3609">mars 1998</a> : &laquo; Le passage au &ldquo;lib&eacute;ralisme&rdquo; s&rsquo;accomplit de mani&egrave;re insensible, donc imperceptible, comme la d&eacute;rive des continents, cachant ainsi aux regards ses effets, les plus terribles &agrave; long terme. Effets qui se trouvent aussi dissimul&eacute;s, paradoxalement, par les r&eacute;sistances qu&rsquo;il suscite, d&egrave;s maintenant, de la part de ceux qui d&eacute;fendent l&rsquo;ordre ancien en puisant dans les ressources qu&rsquo;il recelait, dans les solidarit&eacute;s anciennes, dans les r&eacute;serves de capital social qui prot&egrave;gent toute une partie de l&rsquo;ordre social pr&eacute;sent de la chute dans l&rsquo;anomie. &raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">17. Serge Wolikoff, &laquo; L&rsquo;esprit de la R&eacute;sistance toujours d&rsquo;actualit&eacute; &raquo;, <em>Le Monde Diplomatique</em>, <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2004/03/WOLIKOFF/11076">mars 2004</a> (accentuation ajout&eacute;e) : &laquo; Tout comme les syst&egrave;mes de retraites et les d&eacute;penses de sant&eacute;, l&rsquo;organisation du travail ne pourrait donner lieu, nous dit-on, qu&rsquo;&agrave; une seule &ldquo;r&eacute;forme&rdquo; possible. Ce discours est actuellement dominant dans l&rsquo;Europe occidentale du d&eacute;but du XXIe si&egrave;cle, apr&egrave;s plus de cinquante ans de paix et de croissance. Pourtant, dans la France d&eacute;vast&eacute;e de l&rsquo;apr&egrave;s-guerre, on a fait d&rsquo;autres choix en appliquant le programme du Conseil national de la R&eacute;sistance (CNR) <strong>&eacute;labor&eacute; dans la clandestinit&eacute; et adopt&eacute; le 15 mars 1944</strong>. Le progr&egrave;s vers plus de justice sociale ne vaudrait donc qu&rsquo;en temps de p&eacute;nurie, tandis que l&rsquo;abondance de la production justifierait l&rsquo;extension de l&rsquo;in&eacute;galit&eacute; &agrave; tous les domaines de la soci&eacute;t&eacute; ! &raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">18. James Bradford DeLong, &laquo; Thomas Piketty s&rsquo;attire les foudres de la droite am&eacute;ricaine &raquo; Leschos.fr, <a href="http://lecercle.lesechos.fr/economistes-project-syndicate/j-bradford-delong/221196895/thomas-piketty-attire-foudres-droite-ameri">2 mai 2014</a> : &laquo; Le livre de Thomas Piketty &ldquo;Le capital au XXIe si&egrave;cle&rdquo; s&rsquo;est r&eacute;pandu rapidement &agrave; travers les &Eacute;tats-Unis. Au lieu de produire une critique fond&eacute;e du livre, beaucoup de critiques conservateurs ont lanc&eacute; des attaques pu&eacute;riles ad nominem contre son auteur. &raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">19. Vincent de Gaulejac, &laquo; Warren Buffett a-t-il raison quand il affirme que la lutte des classes existe et que ce sont les riches qui sont en train de la gagner ? &raquo;, Atlantico.fr, <a href="http://www.atlantico.fr/decryptage/warren-buffett-t-raison-quand-affirme-que-lutte-classes-existe-et-que-sont-riches-qui-sont-en-train-gagner-vincent-gaulejac-592382.html">31 d&eacute;cembre 2012</a> : &laquo; Le milliardaire am&eacute;ricain Warren Buffett a d&eacute;clar&eacute; il y a quelques ann&eacute;es, non sans humour, qu&rsquo;il existait &ldquo;bel et bien une guerre des classes mais c&rsquo;est ma classe, la classe des riches qui fait la guerre et c&rsquo;est nous qui gagnons&rdquo;. &raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">20. Voir Peter Dale Scott, <em>La Machine de guerre am&eacute;ricaine</em> (&Eacute;ditions Demi-Lune, Plogastel-Saint-Germain, 2012), pp.259-75. <a href="http://www.editionsdemilune.com/media/presse/NouveauDesordreMondial/PeterDaleScott-Diplomatie-Magazine-N51-WEB.pdf">Voir sp&eacute;cifiquement</a> p.262 : &laquo; Ce genre de commentaires agressifs n&rsquo;est pas sp&eacute;cifique &agrave; [Zbigniew] Brzezinski. Son appel &agrave; une domination unilat&eacute;rale fait &eacute;cho &agrave; la publication en 1992 du DPG (<em>Defense Planning Guidance</em>) pr&eacute;par&eacute; pour le secr&eacute;taire &agrave; la D&eacute;fense Dick Cheney par les n&eacute;oconservateurs Paul Wolfowitz et Lewis &ldquo;Scooter&rdquo; Libby: &ldquo;Nous devons maintenir les m&eacute;canismes permettant de dissuader tout concurrent potentiel ne serait-ce que d&rsquo;aspirer &agrave; un r&ocirc;le r&eacute;gional ou global plus important.&rdquo; Ceci est repris aussi bien par l&rsquo;&eacute;tude du Projet pour le Nouveau Si&egrave;cle Am&eacute;ricain (PNAC) en 2000, <em>Reconstruire les D&eacute;fenses de l&rsquo;Am&eacute;rique (Rebuilding America&rsquo;s Defenses</em>), que dans la Strat&eacute;gie de S&eacute;curit&eacute; Nationale du tandem Bush-Cheney de septembre 2002 (&hellip;). Enfin, il est r&eacute;sum&eacute; dans le document strat&eacute;gique m&eacute;galomane du Comit&eacute; d&rsquo;&Eacute;tats-majors interarm&eacute;es des &Eacute;tats-Unis (JCS) intitul&eacute; <em>Joint Vision 2020</em> : &ldquo;La domination totale et globale signifie la capacit&eacute; pour les forces des &Eacute;tats-Unis, op&eacute;rant seules ou avec des alli&eacute;s, de vaincre n&rsquo;importe quel adversaire, et de contr&ocirc;ler <em>n&rsquo;importe quelle situation</em> entrant dans la gamme des op&eacute;rations militaires.&rdquo; Une rh&eacute;torique (&hellip;) vitale, pour ces entreprises qui se sont habitu&eacute;es &agrave; engranger les b&eacute;n&eacute;fices de la guerre froide, et qui ont d&ucirc; faire face aux importantes r&eacute;ductions dans les budgets de la D&eacute;fense et du renseignement suite &agrave; la chute de l&rsquo;Union sovi&eacute;tique. Ces entreprises sont rejointes par d&rsquo;autres groupes (&hellip;) qui ont &eacute;galement int&eacute;r&ecirc;t &agrave; pr&eacute;server l&rsquo;id&eacute;ologie de la domination &agrave; Washington. Parmi eux se trouvent les nouveaux pourvoyeurs de services militaires privatis&eacute;s &ndash; ou ce que l&rsquo;on peut appeler la violence entrepreneuriale &ndash; cr&eacute;&eacute;s en r&eacute;ponse &agrave; ces coupes dans les budgets de la D&eacute;fense. &raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">21. J&uuml;rgen Els&auml;sser, <em>Comment le Djihad est arriv&eacute; en Europe</em>, pr&eacute;fac&eacute; par Jean-Pierre Chev&egrave;nement (&Eacute;ditions Xenia, 2006, Vevey). Livre comment&eacute; par Annet Sauty de Chalon, &laquo; Comment le Djihad est arriv&eacute; en Europe / Vers l&rsquo;Orient compliqu&eacute; &raquo;, Lefigaro.fr, <a href="http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2006/11/03/01006-20061103ARTMAG90302-comment_le_djihad_est_arrive_en_europevers_l_orient_complique.php">3 novembre 2006</a> (accentuation ajout&eacute;e) : &laquo; Une enqu&ecirc;te (&hellip;) sign&eacute;e J&uuml;rgen Els&auml;sser. Depuis dix ans, ce journaliste allemand &eacute;pie l&rsquo;activisme islamiste en Bosnie. Dans les ann&eacute;es 90, de concert avec l&rsquo;Iran (!) et au m&eacute;pris de l&rsquo;embargo, Washington y a fabriqu&eacute; un &ldquo;dortoir pour terroristes&rdquo;. Jusqu&rsquo;&agrave; Ground Zero et au m&eacute;tro londonien, Els&auml;sser suit pas &agrave; pas ces &ldquo;brigades internationales de la terreur&rdquo;, <strong>dont Ben Laden n&rsquo;appara&icirc;t pas du tout comme le chef d&rsquo;orchestre</strong>. Les &Eacute;tats-Unis, estime l&rsquo;auteur, &eacute;taient si bien inform&eacute;s qu&rsquo;ils pouvaient tr&egrave;s bien emp&ecirc;cher la trag&eacute;die de Manhattan. Sans ol&eacute;oducs, pas de djihad, r&eacute;sume Els&auml;sser. Quitte &agrave; &eacute;tourdir le n&eacute;ophyte, la profusion et la pr&eacute;cision des faits donnent une cadence et un cr&eacute;dit &agrave; cette th&egrave;se pr&eacute;fac&eacute;e par Jean-Pierre Chev&egrave;nement. &raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">22. Peter Dale Scott, &laquo; La Bosnie, le Kosovo et &agrave; pr&eacute;sent la Libye : les co&ucirc;ts humains de la collusion perp&eacute;tuelle entre Washington et les terroristes &raquo;, Mondialisation.ca, <a href="http://www.mondialisation.ca/la-bosnie-le-kosovo-et-pr-sent-la-libye-les-co-ts-humains-de-la-collusion-perp-tuelle-entre-washington-et-les-terroristes/27114">17 octobre 2011</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">23. <em>Ibidem</em>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">24. &Agrave; l&rsquo;image de l&rsquo;Arabie saoudite, cette hydrocarbomonarchie ultralib&eacute;rale qu&rsquo;est devenue le Qatar a soutenu massivement les jihadistes en Syrie (&laquo; Syrie : le Qatar aurait d&eacute;pens&eacute; 3 milliards de dollars pour armer les rebelles &raquo;, Latribune.fr, <a href="http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20130517trib000765147/syrie-le-qatar-aurait-depense-3-milliards-de-dollars-pour-armer-les-rebelles.html">17 mai 2013</a>. Cependant, bien qu&rsquo;il est de notori&eacute;t&eacute; publique que la CIA et d&rsquo;autres services alli&eacute;s (dont le GID saoudien) arment des rebelles d&eacute;crits comme &laquo; mod&eacute;r&eacute;s &raquo;, il n&rsquo;existe pas de sources <strong>officielles</strong> ayant r&eacute;v&eacute;l&eacute; un soutien direct des services sp&eacute;ciaux occidentaux en faveur des groupes arm&eacute;s jihadistes en Syrie. N&eacute;anmoins, comme l&rsquo;a r&eacute;cemment d&eacute;clar&eacute; sur Arte le d&eacute;put&eacute; et ancien juge anti-terroriste Alain Marsaud, il est possible que les services sp&eacute;ciaux fran&ccedil;ais soient impliqu&eacute;s dans le soutien de r&eacute;seaux jihadistes combattant le gouvernement el-Assad : &laquo; &Ccedil;a veut dire qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, nous avons choisi notre camp : le camp anti-Assad. (&hellip;) Et (&hellip;) il est vraisemblable que nous ne sommes pas tr&egrave;s tr&egrave;s loin de rencontrer des gens d&rsquo;al-Nosra &ndash; j&rsquo;esp&egrave;re au moins qu&rsquo;on les a infiltr&eacute;s ! J&rsquo;en suis m&ecirc;me s&ucirc;r d&rsquo;ailleurs, au demeurant. Donc &ccedil;a veut dire que finalement nous sommes des alli&eacute;s [des jihadistes] sur le terrain, nous poursuivons le m&ecirc;me but. &raquo; (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=UuGij0TvQsY#t=43"> http://www.youtube.com/watch?v=UuGij0TvQsY#t=43</a>). Alain Marsaud a m&ecirc;me affirm&eacute; sur RTL sa &laquo; conviction &raquo; que les services sp&eacute;ciaux fran&ccedil;ais avaient soutenu des r&eacute;seaux jihadistes en Syrie, et que celle-ci &eacute;tait &laquo; partag&eacute;e par beaucoup de gens [,] raison pour laquelle [il avait] demand&eacute; (&hellip;) la constitution d&rsquo;une mission d&rsquo;information, d&rsquo;une commission d&rsquo;enqu&ecirc;te parlementaire afin de v&eacute;rifier les conditions dans lesquelles tout &ccedil;a se passe (&hellip;) &raquo;. Fr&eacute;d&eacute;ric Rivi&egrave;re, &laquo; Alain Marsaud, d&eacute;put&eacute;, pr&eacute;sident du groupe de travail sur la Syrie &raquo;, Rtl.fr, <a href="http://www.rfi.fr/emission/20140424-alain-marsaud-depute-pdt-groupe-travail-syrie/">24 avril 2014,</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">25. Naomi Klein, <em>La strat&eacute;gie du choc : la mont&eacute;e d&rsquo;un capitalisme du d&eacute;sastre</em> (&Eacute;ditions Lem&eacute;ac / Actes Sud), pp.97-159. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">26. &laquo; Ukraine : les nationalistes de Svoboda inqui&egrave;tent les juifs et les Russes &raquo;, Lemonde.fr, <a href="http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/11/01/ukraine-les-nationalistes-de-svoboda-inquietent-les-juifs-et-les-russes_1784619_3214.html">11 novembre 2012</a> ; Julien Licourt, &laquo; Le r&ocirc;le de l&rsquo;extr&ecirc;me droite dans la r&eacute;volte ukrainienne &raquo;, Lefigaro.fr, <a href="http://www.lefigaro.fr/international/2014/01/28/01003-20140128ARTFIG00369-le-role-de-l-extreme-droite-dans-la-revolte-ukrainienne.php">28 janvier 2014,</a> (etc.). </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">27. Klein, <em>La strat&eacute;gie du choc</em>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">28. Gayraud, <em>Le nouveau capitalisme criminel</em>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">29. &laquo; Le pi&egrave;ge de l&rsquo;aust&eacute;rit&eacute; &raquo;, document d&rsquo;information, Oxfam.org, <a href="http://www.oxfam.org/sites/www.oxfam.org/files/bp174-cautionary-tale-austerity-inequality-europe-120913-fr.pdf">septembre 2013</a> : &laquo; Les programmes d&rsquo;aust&eacute;rit&eacute; ont d&eacute;cim&eacute; les m&eacute;canismes qui r&eacute;duisent les in&eacute;galit&eacute;s et permettent une croissance &eacute;quitable. Avec l&rsquo;augmentation des in&eacute;galit&eacute;s et de la pauvret&eacute;, l&rsquo;Europe doit faire face &agrave; une d&eacute;cennie perdue. Si les mesures d&rsquo;aust&eacute;rit&eacute; se poursuivent en Europe, 15 &agrave; 25 millions de personnes suppl&eacute;mentaires pourraient se retrouver en situation de pauvret&eacute; d&rsquo;ici 2025. &raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">30. Joseph Stiglitz et Linda Bilmes, &laquo; Bien trop co&ucirc;teuse guerre d&rsquo;Irak &raquo;, Courrierinternational.com, <a href="http://www.courrierinternational.com/article/2010/09/09/bien-trop-couteuse-guerre-d-irak">9 septembre 2010</a> (traduction d&rsquo;un &eacute;ditorial paru dans le <em>Washington Post</em>) : &laquo; Quand les &Eacute;tats-Unis ont ouvert les hostilit&eacute;s contre Saddam Hussein, le prix du p&eacute;trole n&rsquo;atteignait pas 25 dollars le baril. Mais avec la guerre les cours ont commenc&eacute; &agrave; s&rsquo;envoler, et en 2008 le baril valait 140 dollars. Nous pensons que la guerre et son impact sur le Moyen-Orient ont jou&eacute; un r&ocirc;le majeur. Non seulement la production irakienne a &eacute;t&eacute; stopp&eacute;e, mais l&rsquo;instabilit&eacute; provoqu&eacute;e par la guerre a fait chuter les investissements dans la r&eacute;gion. (&hellip;) Il est incontestable que la guerre en Irak a consid&eacute;rablement gonfl&eacute; la dette am&eacute;ricaine. C&rsquo;est la premi&egrave;re fois dans l&rsquo;histoire du pays que le gouvernement a r&eacute;duit les imp&ocirc;ts alors qu&rsquo;il partait en guerre. R&eacute;sultat : un conflit enti&egrave;rement financ&eacute; par l&rsquo;emprunt. La dette am&eacute;ricaine est pass&eacute;e de 6 400 milliards de dollars en mars 2003 &agrave; 10 000 milliards en 2008 (avant la crise financi&egrave;re) : au moins un quart de cet accroissement est directement imputable &agrave; la guerre. La crise financi&egrave;re mondiale est elle aussi due, en partie, &agrave; la guerre. Avec la hausse des cours p&eacute;troliers, les &Eacute;tats-Unis ont d&ucirc; d&eacute;penser davantage pour s&rsquo;approvisionner &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger et c&rsquo;est autant d&rsquo;argent qui n&rsquo;a pas pu &ecirc;tre investi dans le pays. De surcro&icirc;t, les d&eacute;penses de guerre &eacute;taient moins aptes &agrave; stimuler l&rsquo;&eacute;conomie que d&rsquo;autres types de d&eacute;penses. Le rel&acirc;chement de la politique mon&eacute;taire et de la r&eacute;glementation financi&egrave;re a permis &agrave; l&rsquo;&eacute;conomie de fonctionner jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&eacute;clatement de la bulle immobili&egrave;re qui a provoqu&eacute; son effondrement. La guerre en Irak n&rsquo;a pas seulement contribu&eacute; &agrave; la gravit&eacute; de la crise financi&egrave;re, elle nous a aussi emp&ecirc;ch&eacute;s d&rsquo;y r&eacute;pondre efficacement. &raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">31. Afin d&rsquo;illustrer l&rsquo;&laquo; ind&eacute;pendance &raquo; de nos r&eacute;cents ministres de l&rsquo;Int&eacute;rieur, remarquons en particulier <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/12/03/nicolas-sarkozy-paul-desmarais_n_4380157.html?just_reloaded=1">les liens</a> <strong>intimes</strong> de Nicolas Sarkozy avec le multimilliardaire canadien Paul Desmarais, figure du Groupe Carlyle : &laquo; Arriv&eacute; avec la veuve de M. Desmarais, Jacqueline, Nicolas Sarkozy a pour sa part livr&eacute; un t&eacute;moignage tr&egrave;s personnel. &ldquo;Paul, je t&rsquo;aimais, je t&rsquo;admirais&rdquo;, a lanc&eacute; l&rsquo;ex-pr&eacute;sident qui avait trouv&eacute; refuge chez Paul Desmarais lors de sa travers&eacute;e du d&eacute;sert apr&egrave;s l&rsquo;&eacute;lection pr&eacute;sidentielle de 1995. &raquo;. Cette relation &eacute;troite entre l&rsquo;ancien Pr&eacute;sident fran&ccedil;ais et Paul Desmarais a-t-elle <a href="http://www.zonebourse.com/barons-bourse/Paul-Desmarais-21/actualites/Paul-Desmarais-PowerCorp-GBL-rejoint-par-un-Sarkozy-chez-Carlyle--13107684/">facilit&eacute; l&rsquo;embauche</a> de Pierre-Olivier Sarkozy &agrave; la direction du Groupe Carlyle ? Concernant Manuel Valls, malgr&eacute; ses all&eacute;geances <a href="http://www.panamza.com/140514-valls-celebre-israel">sionistes</a> ou <a href="http://www.liberation.fr/politiques/2014/04/10/manuel-valls-un-tony-blair-francais_994735">atlantistes</a>, il est habituellement d&eacute;crit comme un homme d&rsquo;&Eacute;tat attach&eacute; &agrave; la France et &agrave; ses valeurs r&eacute;publicaines. Cependant, son attitude fuyante &ndash; voire indiff&eacute;rente &ndash; dans les dossiers NSA, Alstom et BNP Paribas semblent r&eacute;v&eacute;latrices de ses all&eacute;geances r&eacute;elles. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">32. Alors qu&rsquo;il &eacute;tait ministre de l&rsquo;Int&eacute;rieur, Manuel Valls s&rsquo;est fr&eacute;quemment mis en sc&egrave;ne dans sa d&eacute;nonciation du racisme et de l&rsquo;antis&eacute;mitisme. Or, il semble plut&ocirc;t <a href="http://www.panamza.com/12022014-valls-lieberman">ouvert au dialogue</a> avec une certaine extr&ecirc;me droite. Durant le &laquo; scandale Dieudonn&eacute; &raquo;, Manuel Valls a notamment assimil&eacute; la critique d&rsquo;Isra&euml;l &agrave; de l&rsquo;&laquo; antis&eacute;mitisme &raquo;, puis il &eacute;voqu&eacute; ouvertement des projets de <a href="http://www.numerama.com/magazine/28023-censurer-dieudonne-sur-internet-valls-veut-discuter-avec-les-operateurs.html">censure</a> d&rsquo;Internet au nom de la lutte contre le racisme (mais surtout) l&rsquo;antis&eacute;mitisme. Ainsi, entre la d&eacute;cision sans pr&eacute;c&eacute;dent du Conseil d&rsquo;&Eacute;tat &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de Dieudonn&eacute; &ndash; qualifi&eacute;e de &laquo; profonde r&eacute;gression &raquo; par Jack Lang &ndash;, et les projets gouvernementaux de censure d&rsquo;Internet, le pouvoir politique a utilis&eacute; la lutte l&eacute;gitime contre la haine raciale afin de mettre en &oelig;uvre des mesures s&eacute;curitaires et liberticides. Voir Thomas Wieder, &laquo; Jack Lang sur l&rsquo;affaire Dieudonn&eacute; : &ldquo;La d&eacute;cision du Conseil d&rsquo;&Eacute;tat est une profonde r&eacute;gression&rdquo; &raquo;, Lemonde.fr, <a href="http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/01/13/jack-lang-la-decision-du-conseil-d-etat-est-une-profonde-regression_4346841_823448.html">13 janvier 2014</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">33.Pour la suite des notes, faire </font><a href="http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1379&amp;r_id">http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1379&amp;r_id</a>=</p> <p><font size="2" face="Arial" /></p> Tue, 10 Jun 2014 23:00:00 GMT Suite de l'article Le fascisme réel. Notes http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1379 1379 <br /><font size="2" face="Arial">33. Roland Dumas dans <a class="gen" href="http://www.youtube.com/watch?v=csVbQV5Os4M">l&rsquo;&eacute;mission</a> <em>Face aux Fran&ccedil;ais</em> (France 2) : &laquo; Il faut qu&rsquo;on trouve un moyen de les diviser [&agrave; droite]. Et le moyen de les diviser &ccedil;a a &eacute;t&eacute; la loi &eacute;lectorale, c&rsquo;est-&agrave;-dire la proportionnelle [, qui a permis au Front National d&rsquo;acc&eacute;der &agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e Nationale] &raquo; ; Sa&iuml;d Mahrane, &laquo; Le Pen raconte Mitterrand &raquo;, Lepoint.fr, 28 avril 2011 : &laquo; En 1981, faute d&rsquo;avoir ses 500 signatures, le pr&eacute;sident du Front national ne peut &ecirc;tre candidat &agrave; la pr&eacute;sidentielle. Par la suite, Le Pen &eacute;crit au chef de l&rsquo;&Eacute;tat, Mitterrand, afin de r&eacute;clamer un &ldquo;traitement &eacute;quitable&rdquo;. Une aubaine pour le socialiste, qui y voit un moyen de contrer le RPR de Jacques Chirac. Mitterrand prend acte de la requ&ecirc;te de Le Pen et le lui fait savoir par courrier. Quelques mois plus tard, la France d&eacute;couvre sur le plateau de TF1, puis d&rsquo;Antenne 2, deux cha&icirc;nes de grande &eacute;coute, la m&egrave;che blonde et les poings rageurs du leader d&rsquo;extr&ecirc;me droite, pourfendeur &ndash; d&eacute;j&agrave; &ndash; de l&rsquo;immigration. Merci qui ? &ldquo;L&rsquo;omerta avait &eacute;t&eacute; rompue gr&acirc;ce &agrave; Mitterrand&rdquo;, <a class="gen" href="http://www.lepoint.fr/politique/le-pen-raconte-mitterrand-28-04-2011-1326986_20.php">reconna&icirc;t</a> le tribun frontiste. &raquo; ; Marine Tertrais, &laquo; Quel a &eacute;t&eacute; le r&ocirc;le du PS dans la mont&eacute;e du Front national? &raquo;, entretien avec Philippe Braud, Jolpress.com, <a class="gen" href="http://www.jolpress.com/ps-fn-front-national-immigration-euro-philippe-braud-article-823137.html">26 novembre 2013</a> : &laquo; En 1985, &agrave; la veille des &eacute;lections l&eacute;gislatives, Fran&ccedil;ois Mitterrand, sachant qu&rsquo;il pouvait perdre sa majorit&eacute;, a tent&eacute; une man&oelig;uvre de derni&egrave;re chance : il a fait modifier la loi &eacute;lectorale. Pour la premi&egrave;re fois sous la Ve r&eacute;publique, les l&eacute;gislatives se sont d&eacute;roul&eacute;es int&eacute;gralement au scrutin proportionnel &agrave; un seul tour. C&rsquo;est ainsi que le Front national a pu obtenir 32 si&egrave;ges. Avec le scrutin majoritaire uninominal &agrave; deux tours, le FN n&rsquo;avait aucune chance. (&hellip;) C&rsquo;&eacute;tait un calcul assez machiav&eacute;lique qui n&rsquo;a pas march&eacute;. &raquo; (etc.). </font> <p><font size="2" face="Arial"> 34. Alexandre D&eacute;z&eacute;, &laquo; La banalisation m&eacute;diatique du FN &raquo;, Liberation.fr, 11 f&eacute;vrier 2013 (accentuation ajout&eacute;e) : &laquo; <strong>De fait, [la] banalisation [du FN] doit &ecirc;tre avant tout consid&eacute;r&eacute;e, pour l&rsquo;heure, comme le produit d&rsquo;une construction sondagi&egrave;re et m&eacute;diatique</strong>. Marine Le Pen &eacute;tait &agrave; peine &eacute;lue &agrave; la pr&eacute;sidence du FN que les responsables d&rsquo;instituts, relay&eacute;s par la plupart des commentateurs politiques, c&eacute;l&eacute;braient d&eacute;j&agrave; le succ&egrave;s de sa strat&eacute;gie de d&eacute;diabolisation. D&egrave;s le mois de mars 2011, Ga&euml;l Sliman (de l&rsquo;institut BVA) pouvait ainsi affirmer : &ldquo;<em>Le pari de Marine Le Pen de d&eacute;diaboliser le FN est atteint</em>&rdquo; (<em>le Figaro</em>, 28 mars 2011). En janvier 2012, Edouard Lecerf (TNS Sofres) indiquait : &ldquo;<em>Le terme Front national est en train de se normaliser</em>&rdquo; ; &ldquo;<em>L&rsquo;effet Marine Le Pen se confirme</em>&rdquo; (<em>le Monde</em>, <a class="gen" href="http://www.liberation.fr/politiques/2013/02/11/la-banalisation-mediatique-du-fn_881080">12 janvier 2012</a>). Aujourd&rsquo;hui, cette belle proph&eacute;tie semble donc se r&eacute;aliser. On ne saurait cependant oublier que la r&eacute;alit&eacute; sondagi&egrave;re et m&eacute;diatique du FN n&rsquo;est pas, loin s&rsquo;en faut, la r&eacute;alit&eacute; du FN. &raquo;; Arnaud Mercier, &laquo; Tous aux abris ! Pourquoi le traitement m&eacute;diatique d&rsquo;un FN en t&ecirc;te des Europ&eacute;ennes sera bien pire &agrave; supporter que les r&eacute;sultats eux-m&ecirc;mes &raquo;, Atlantico.fr, <a class="gen" href="http://www.atlantico.fr/decryptage/tous-aux-abris-pourquoi-traitement-mediatique-fn-en-tete-europeennes-sera-bien-pire-supporter-que-resultats-eux-memes-arnaud-1575798.html">22 mai 2014</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 35. &laquo; In&eacute;galit&eacute;s : 1% de la population mondiale d&eacute;tient pr&egrave;s de la moiti&eacute; des richesses &raquo;, Laparisien.fr, <a class="gen" href="http://www.leparisien.fr/economie/inegalites-1-de-la-population-mondiale-detient-pres-de-la-moitie-des-richesses-20-01-2014-3512325.php">20 janvier 2014</a> : &laquo; &ldquo;Il est sid&eacute;rant qu&rsquo;au XXI&egrave;me si&egrave;cle, la moiti&eacute; de la population mondiale, soit 3,5 milliards de personnes, ne poss&egrave;de pas plus qu&rsquo;une minuscule &eacute;lite&rdquo;, se lamente Winnie Byanyima, la directrice g&eacute;n&eacute;rale d&rsquo;Oxfam international. &Agrave; quelques jours du forum de Davos, qui rassemble du 22 au 25 janvier prochains dans la station suisse, les principaux d&eacute;cideurs &eacute;conomiques, l&rsquo;ONG qui lutte contre les in&eacute;galit&eacute;s et la pauvret&eacute;, sort un rapport &eacute;difiant. Selon ses chiffres, la richesse combin&eacute;e des 85 personnes les plus riches du monde, qui s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve &agrave; environ 85 trillons d&rsquo;euros, est &eacute;gale &agrave; celle de la moiti&eacute; la moins riche de l&rsquo;humanit&eacute;. Depuis le d&eacute;but de la crise en 2008, ces in&eacute;galit&eacute;s se sont m&ecirc;me sensiblement accrues. &ldquo;M&ecirc;me si la crise a momentan&eacute;ment entam&eacute; la part des richesses mondiales d&eacute;tenues par les plus riches, ces derniers se sont depuis largement rattrap&eacute;s&rdquo;, explique ce rapport. Les 1% des personnes les plus riches en Chine, au Portugal et aux &Eacute;tats-Unis ont plus que doubl&eacute; leur part de revenus national depuis 1980. L&rsquo;Europe ne fait pas exception. La fortune combin&eacute;e des 10 personnes les plus riches d&rsquo;Europe (217 milliards d&rsquo;euros) d&eacute;passe le co&ucirc;t total des mesures de relance mises en &oelig;uvre dans l&rsquo;Union europ&eacute;enne entre 2008 et 2010 (200 milliards d&rsquo;euros). (&hellip;) Les causes de ce creusement sont nombreuses : la d&eacute;r&eacute;glementation financi&egrave;re, les r&egrave;gles et les syst&egrave;mes facilitant l&rsquo;&eacute;vasion fiscale, mais aussi les mesures d&rsquo;aust&eacute;rit&eacute;. &raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 36. Hostiles &agrave; l&rsquo;Union europ&eacute;enne, &agrave; la monnaie unique et &agrave; l&rsquo;OTAN, l&rsquo;ancien haut-fonctionnaire <a class="gen" href="http://www.upr.fr/actualite-facebook/hollande-declare-la-guerre-a-largent-roi">Fran&ccedil;ois Asselineau</a> et son parti politique (l&rsquo;UPR) connaissent un certain essor &ndash; notamment gr&acirc;ce &agrave; leur activisme sur les r&eacute;seaux sociaux. Bien que je ne partage pas syst&eacute;matiquement leurs conclusions, leurs analyses sont souvent percutantes, anticonformistes et int&eacute;ressantes; &agrave; ce sujet, voir <a class="gen" href="http://fr.wikisource.org/wiki/Trait%C3%A9_sur_le_fonctionnement_de_l%E2%80%99Union_europ%C3%A9enne#Article_63">l&rsquo;article 63</a> du Trait&eacute; sur le Fonctionnement de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne (TFUE), qui proscrit l&rsquo;interdiction des d&eacute;localisations en Europe : &laquo; 1. Dans le cadre des dispositions du pr&eacute;sent chapitre, toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les &Eacute;tats membres et entre les &Eacute;tats membres et les pays tiers sont interdites. (&hellip;) &raquo; ; Francis Journot, &laquo; Rendez-nous notre industrie ! &raquo;, Marianne.fr, <a class="gen" href="http://www.marianne.net/Rendez-nous-notre-industrie-_a213564.html">14 d&eacute;cembre 2011</a>, (etc.). </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 37. Peter Dale Scott, <em>La Machine de guerre am&eacute;ricaine</em> (<a class="gen" href="http://www.editionsdemilune.com/la-machine-de-guerre-americaine-p-45.html">&Eacute;ditions Demi-Lune</a>, Plogastel-Saint-Germain, 2012). </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 38. Hugo Natowicz, &laquo; La guerre inconnue &raquo;, Fr.ria.ru, <a class="gen" href="http://fr.ria.ru/tribune/20111007/191379375.html">7 octobre 2011</a> (accentuation ajout&eacute;e) : &laquo; Peu avant sa mort, l&rsquo;ancien pr&eacute;sident fran&ccedil;ais Fran&ccedil;ois Mitterrand s&rsquo;est livr&eacute; &agrave; une confession au caract&egrave;re inhabituel, troublant. Au milieu des entretiens publi&eacute;s dans le livre de Georges-Marc Benhamou &ldquo;Le dernier Mitterrand&rdquo;, l&rsquo;ex-chef de l&rsquo;Etat glissait : &ldquo;<strong>La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l&rsquo;Am&eacute;rique</strong>. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre &eacute;conomique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont tr&egrave;s durs les Am&eacute;ricains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C&rsquo;est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre &agrave; mort&rdquo;. &raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 39. Daniel Schneidermann, &laquo; Les &Eacute;tats-Unis contre la BNP : silence politique en France &raquo;, Arretsurimages.net, <a class="gen" href="http://www.arretsurimages.net/breves/2014-05-30/USA-contre-BNP-silence-radio-en-France-id17504">30 mai 2014</a>. Jean-Michel Gradt, &laquo; Fabius lie le dossier BNP Paribas au trait&eacute; UE/USA &raquo;, Lesechos.fr, <a class="gen" href="http://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/0203548051114-fabius-rappelle-que-pour-paris-le-dossier-bnp-paribas-est-lie-au-traite-ueusa-1010238.php">06 juin 2014</a>. Pr&eacute;cision importante : la Commission europ&eacute;enne a &eacute;t&eacute; mandat&eacute;e pour n&eacute;gocier le TAFTA avec les &Eacute;tats-Unis. Par cons&eacute;quent, le gouvernement fran&ccedil;ais ne peut suspendre ces n&eacute;gociations, &laquo; parce que <strong>seule la Commission europ&eacute;enne n&eacute;gocie ce trait&eacute;</strong>. La France pourra donner son avis lors du vote du Conseil europ&eacute;en et, en refusant de signer, compromettre la mise en place du TAFTA. <strong>Mais je doute de cette issue, puisque Hollande a dit &agrave; plusieurs reprises que ce trait&eacute; &eacute;tait une bonne chose</strong>&hellip; &raquo; (&laquo; Affaire BNP Paribas: &ldquo;Menacer les Etats-Unis de repr&eacute;sailles est ridicule&rdquo;, entretien avec Michel Crinetz, 20minutes.fr, [accentuation ajout&eacute;e], <a class="gen" href="http://www.20minutes.fr/economie/1395573-affaire-bnp-paribas-menacer-les-etats-unis-de-represailles-est-ridicule">6 juin 2014</a>.) </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 40. Diane Jean, Jonathan Parient&eacute; et Maxime Vaudano, &laquo; BNP : tout comprendre &agrave; la menace am&eacute;ricaine d&rsquo;une amende record &raquo;, Lemonde.fr, <a class="gen" href="http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/05/30/bnp-pour-tout-comprendre-a-l-amende-record-brandie-par-les-etats-unis_4429206_4355770.html">30 mai 2014</a>, accentuation ajout&eacute;e. Voir &eacute;galement R&eacute;gis Bismuth, &laquo; BNP Paribas : derri&egrave;re les 10 milliards, l&rsquo;extraterritorialit&eacute; am&eacute;ricaine &raquo;, Liberation.fr, <a class="gen" href="http://www.liberation.fr/economie/2014/06/05/bnp-paribas-derriere-l-arbre-des-10-milliards-la-foret-de-l-extraterritorialite-americaine_1034086">5 juin 2014</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 41. &laquo; Iran &ndash; Obama menace les entreprises [fran&ccedil;aises] qui violeraient les sanctions &raquo;, Zonebourse.com, <a class="gen" href="http://www.zonebourse.com/actualite-bourse/Iran-Obama-menace-les-entreprises-qui-violeraient-les-sanctions--17932334/">11 f&eacute;vrier 2014</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 42. &laquo; Amende record pour BNP Paribas : les Etats-Unis veulent &eacute;liminer la concurrence en Iran ? &raquo;, entretien avec Michel Makinsky, Opinion-internationale.com, <a class="gen" href="http://www.opinion-internationale.com/2014/05/22/amende-record-pour-bnp-paribas-les-etats-unis-veulent-eliminer-la-concurrence-en-iran_25788.html">22 mai 2014</a> : &laquo; Je suis un peu surpris de la relative timidit&eacute; des pouvoirs publics fran&ccedil;ais &agrave; cet &eacute;gard. Si l&rsquo;on envisage qu&rsquo;il y ait un accord entre les 5 + 1 (&hellip;) et l&rsquo;Iran, ce qui n&rsquo;est pas du tout acquis, et que cet accord se traduise par une lev&eacute;e officielle des sanctions, un probl&egrave;me essentiel demeurera entier : les pressions officieuses exerc&eacute;es par le [T]r&eacute;sor am&eacute;ricain sur ces banques ne seront pas abandonn&eacute;es parce qu&rsquo;elles ne sont pas officielles justement. Il y donc l&agrave; un v&eacute;ritable souci : en pratique, on peut donc craindre que la lev&eacute;e des sanctions officielles ne soit, de ce fait, d&rsquo;un effet assez limit&eacute;, en particulier pour les soci&eacute;t&eacute;s fran&ccedil;aises qui souhaitent op&eacute;rer en Iran. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> Donc, au-del&agrave; de l&rsquo;affaire BNP Paribas, on aimerait qu&rsquo;il y ait une attitude de fermet&eacute; des autorit&eacute;s fran&ccedil;aises puisque les pressions officieuses rendront, en grande partie, inop&eacute;rante cette lev&eacute;e de sanctions. Les entreprises fran&ccedil;aises resteront p&eacute;nalis&eacute;es. Les entreprises am&eacute;ricaines auront, en revanche, un boulevard. Ce qui bien &eacute;videmment est en r&eacute;alit&eacute; l&rsquo;objet de ces sanctions : &eacute;liminer de l&rsquo;acc&egrave;s au march&eacute; iranien la concurrence &eacute;trang&egrave;re, notamment fran&ccedil;aise. &raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 43. Page regroupant les principaux articles de Jean-Claude Paye : <a class="gen" href="http://www.voltairenet.org/auteur5218.html?lang=fr">http://www.voltairenet.org/article182063.html</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 44. Contrairement &agrave; ce qu&rsquo;ont affirm&eacute; la majorit&eacute; des m&eacute;dias francophones, la sous-secr&eacute;taire d&rsquo;&Eacute;tat aux affaires europ&eacute;ennes et eurasiatiques Victoria Nuland n&rsquo;a pas dit &agrave; son ambassadeur en Ukraine &laquo; Que l&rsquo;UE aille se faire foutre ! &raquo;. En r&eacute;alit&eacute;, elle a affirm&eacute; que la nomination d&rsquo;un &eacute;missaire de l&rsquo;ONU loyal envers les &Eacute;tats-Unis permettrait d&rsquo;&laquo; <strong>enculer</strong> l&rsquo;UE &raquo; dans la crise ukrainienne &ndash; ce qui nous am&egrave;ne &agrave; une interpr&eacute;tation fort diff&eacute;rente des propos qui lui ont &eacute;t&eacute; attribu&eacute;s. Consultez l&rsquo;int&eacute;gralit&eacute; de la conversation intercept&eacute;e : <a class="gen" href="http://www.voltairenet.org/article182063.html">http://www.voltairenet.org/article182063.html</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 45. &laquo; Espionnage am&eacute;ricain : la Commission europ&eacute;enne classe le dossier Swift &raquo;, Rtbf.be, <a class="gen" href="http://www.rtbf.be/info/monde/detail_espionnage-americain-la-commission-europeenne-classe-le-dossier-swift?id=8144932">27 novembre 2013</a>. Voir <a class="gen" href="http://www.leap2020.eu/GEAB-n-83-est-disponible--Crise-systemique-globale-Escalade-dans-la-reaction-de-survie-des-Etats-Unis-declencher-une_a15799.html">GEAB n&deg;83</a>, note n&deg;2. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 46. Benjamin Dormann, &laquo; Washington sur Seine ? Ces ministres de Fran&ccedil;ois Hollande qui ont &eacute;t&eacute; form&eacute;s par les Am&eacute;ricains &raquo;, Atlantico.fr, <a class="gen" href="http://www.atlantico.fr/decryptage/gouvernement-hollande-formation-plus-atlantiste-qu-on-pourrait-croire-benjamin-dormann-366638.html">22 mai 2012</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 47. Dan Israel, &laquo; P&eacute;an contre le &ldquo;journalisme d&rsquo;investigation&rdquo;, Arretsurimages.net, <a class="gen" href="http://www.arretsurimages.net/breves/2010-09-21/Pean-contre-le-journalisme-d-investigation-id9162">21 septembre 2010</a> (accentuation ajout&eacute;e) : &laquo; Comme nous le rappelions (&hellip;), P&eacute;an et Plenel se sont livr&eacute;s une guerre f&eacute;roce lorsque l&rsquo;enqu&ecirc;teur a publi&eacute;, avec Philippe Cohen, <em>La Face cach&eacute;e du Monde</em> en 2003, qui attaquait de front la direction Plenel-Colombani. Certains des chapitres du livre sont &eacute;tranges, comme celui intitul&eacute; &ldquo;<em>Ils n&rsquo;aiment pas la France</em>&rdquo;, reprochant notamment au journal ses enqu&ecirc;tes sur la torture en Alg&eacute;rie, <strong>ou celui qui insinue qu&rsquo;Edwy Plenel serait une taupe de la CIA.</strong> &raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 48. L&rsquo;atlantisme est &agrave; ce point omnipr&eacute;sent dans les m&eacute;dias fran&ccedil;ais qu&rsquo;il serait particuli&egrave;rement difficile d&rsquo;en recenser les sympt&ocirc;mes de fa&ccedil;on synth&eacute;tique. N&eacute;anmoins, voici un article int&eacute;ressant sur les r&eacute;seaux d&rsquo;influence atlantistes dans les m&eacute;dias fran&ccedil;ais : Denis Boneau, &laquo; La face cach&eacute;e de la Fondation Saint-Simon &raquo;, Voltairenet.org, <a class="gen" href="http://www.voltairenet.org/article12431.html">10 f&eacute;vrier 2004</a>. Concernant les r&eacute;seaux d&rsquo;influence n&eacute;oconservateurs, le lecteur pourra s&rsquo;int&eacute;resser notamment au <a class="gen" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Cercle_de_l%27Oratoire">Cercle de l&rsquo;Oratoire</a>, dont la revue <a class="gen" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Meilleur_des_mondes_%28revue%29">la revue</a> <em>Le Meilleur des Mondes</em> est un prolongement ; Eric Aeschimann, &laquo; Les meilleurs amis de l&rsquo;Am&eacute;rique &raquo;, Liberation.fr, <a class="gen" href="http://www.liberation.fr/grand-angle/2006/05/09/les-meilleurs-amis-de-l-amerique_38664">9 mai 2006</a> : &laquo; Depuis les manifestations contre l&rsquo;intervention des &Eacute;tats-Unis en Irak, des intellectuels fran&ccedil;ais, r&eacute;volt&eacute;s par l&rsquo;antiam&eacute;ricanisme [sic], ont fond&eacute; le Cercle de l&rsquo;Oratoire. Inspir&eacute;s par les n&eacute;oconservateurs et pourfendeurs de l&rsquo;islamisme radical, ils se r&eacute;unissent &agrave; Paris dans un temple protestant. &raquo;. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 49. Le grand r&eacute;sistant St&eacute;phane Hessel a &eacute;t&eacute; litt&eacute;ralement insult&eacute; par de nombreux r&eacute;seaux d&rsquo;influence sionistes, dont <a class="gen" href="http://www.crif.org/fr/leditorialdupresident/d%C3%A9c%C3%A8s-de-st%C3%A9phane-hessel/35470">le CRIF</a>. Le lecteur jugera librement de l&rsquo;acceptabilit&eacute; et de l&rsquo;honn&ecirc;tet&eacute; des arguments du pr&eacute;sident du CRIF, Richard Prasquier. Dans un tel climat, il est particuli&egrave;rement difficile de critiquer Isra&euml;l dans les m&eacute;dias fran&ccedil;ais, comme peut notamment en t&eacute;moigner Pascal Boniface : &laquo; &Agrave; l&rsquo;origine de la pol&eacute;mique, la publication r&eacute;cente d&rsquo;un livre de Pascal Boniface (&hellip;), qui fait suite &agrave; une &ldquo;note&rdquo; d&rsquo;avril 2001. Plus connu comme directeur de l&rsquo;Institut de relations internationales et strat&eacute;giques (Iris), Boniface &eacute;tait alors d&eacute;l&eacute;gu&eacute; national du PS pour les questions strat&eacute;giques. Un an avant la pr&eacute;sidentielle, il s&rsquo;interroge, dans sa note interne destin&eacute;e &agrave; Fran&ccedil;ois Hollande et Henri Nallet, charg&eacute; des affaires internationales au PS, sur &ldquo;l&rsquo;efficacit&eacute; &eacute;lectorale&rdquo; des positions du parti, jug&eacute;es trop favorables &agrave; Isra&euml;l alors que l&rsquo;&eacute;lectorat d&rsquo;origine arabe p&egrave;se de plus en plus lourd. &ldquo;Peut-on diaboliser Haider et traiter normalement Sharon ?&rdquo; demande-t-il dans ce texte, en mettant sur le m&ecirc;me plan le leader de l&rsquo;extr&ecirc;me droite autrichienne, connu pour ses positions ambigu&euml;s sur le nazisme, et un dirigeant isra&eacute;lien. L&rsquo;ambassadeur de l&rsquo;&Eacute;tat h&eacute;breu, Elie Barnavi, s&rsquo;en m&ecirc;le, Boniface s&rsquo;emporte, et la communaut&eacute; juive s&rsquo;&eacute;meut. Depuis, le directeur de l&rsquo;Iris est au centre d'une pol&eacute;mique permanente... qu&rsquo;il n&rsquo;h&eacute;site pas &agrave; alimenter. Ainsi, dans le journal suisse le Temps, il propose en 2002 &shy; sur le ton de la d&eacute;rision &shy; d&rsquo;inscrire Isra&euml;l dans la liste des pays de &ldquo;l&rsquo;axe du Mal&rdquo; ! En janvier 2003, Laurent Fabius et Serge Weinberg, pr&eacute;sident du directoire de Pinault-Printemps-Redoute, d&eacute;missionnent du conseil d&rsquo;administration de l&rsquo;Iris. En mai, la revue juive l&rsquo;Arche titre &ldquo;Est-il permis d&rsquo;&ecirc;tre antis&eacute;mite ?&rdquo;, et consacre quatre pages au livre de Boniface... La querelle d&eacute;borde les milieux juifs ou socialistes : en juin, le professeur Grosser d&eacute;missionne de l&rsquo;Express &agrave; la suite de la publication par l&rsquo;hebdo des r&eacute;actions hostiles provoqu&eacute;es par un de ses articles favorable &agrave; Boniface. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> D&eacute;jeuner &ldquo;amical&rdquo;. Au lendemain du congr&egrave;s de Dijon, r&eacute;uni mi-mai, le PS se d&eacute;cide donc &agrave; trancher. &ldquo;J&rsquo;ai estim&eacute;, avec Fran&ccedil;ois Hollande, que les conditions n&rsquo;&eacute;taient pas r&eacute;unies pour que son travail continue sereinement&rdquo;, commente Pierre Moscovici, nouveau secr&eacute;taire aux relations internationales. Boniface, &ldquo;militant utile et actif&rdquo;, est vir&eacute; de son poste de d&eacute;l&eacute;gu&eacute; national au terme d&rsquo;un d&eacute;jeuner &ldquo;amical&rdquo;, le 18 juin. &ldquo;Je ne peux pas laisser dire que la position du PS est pro-isra&eacute;lienne&rdquo;, se d&eacute;fend Moscovici. &raquo; (Jean-Dominique Merchet, &laquo; Isra&euml;l fait claquer la porte du PS &raquo;, <a class="gen" href="http://www.liberation.fr/politiques/2003/07/18/israel-fait-claquer-la-porte-du-ps_440058">18 juillet 2003</a>). </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 50. &laquo; Boko Haram, la secte djihadiste pr&eacute;f&eacute;r&eacute;e des monarchies du Golfe &raquo;, entretien avec Alain Chouet par R&eacute;gis Soubrouillard, Marianne.net, <a class="gen" href="http://www.marianne.net/Boko-Haram-la-secte-djihadiste-preferee-des-monarchies-du-Golfe_a238916.html">20 mai 2014</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 51. Cf. note n&deg;9. Voir &eacute;galement Bob Graham, &laquo; Il faut rouvrir l&rsquo;enqu&ecirc;te du 11-Septembre ! &raquo;, Huffingtonpost.fr, <a class="gen" href="http://www.huffingtonpost.fr/bob-graham/enquete-attentats-11-septembre_b_1872744.html.">11 septembre 2012</a> : &laquo; Le temps qui s&rsquo;est &eacute;coul&eacute; depuis le 11 septembre 2001 n&rsquo;a pas diminu&eacute; la <strong>m&eacute;fiance</strong> que beaucoup d&rsquo;entre nous ressentent &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de la version officielle (&hellip;) des attentats, et surtout, la question de qui les a financ&eacute;s et soutenus. (&hellip;) </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> D&egrave;s le d&eacute;but de la [commission Graham-Kerrey], l&rsquo;enqu&ecirc;te parlementaire sur le 11-Septembre [copr&eacute;sid&eacute;e par le s&eacute;nateur Graham], il a paru peu plausible que les pirates de l&rsquo;air (&hellip;) aient pu r&eacute;aliser <strong>seuls</strong> ce complot abominable. Les investigations ont montr&eacute; la justesse de ces soup&ccedil;ons, et un chapitre de 28 pages dans le rapport [de cette commission] est consacr&eacute; aux sources de soutien &eacute;tranger pour certains de ces terroristes quand ils &eacute;taient aux &Eacute;tats-Unis. Mais ce chapitre reste censur&eacute;, son acc&egrave;s <strong>refus&eacute;</strong> aux Am&eacute;ricains. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> H&eacute;las, ces 28 pages ne repr&eacute;sentent qu&rsquo;une <strong>fraction des preuves de la complicit&eacute; saoudienne que notre gouvernement continue de cacher au public</strong>, sous forme d&rsquo;un programme de classification tronqu&eacute;e, qui semble surtout faire partie d&rsquo;un effort syst&eacute;matique pour <strong>prot&eacute;ger l&rsquo;Arabie saoudite de la responsabilit&eacute; de ses actions.</strong>&nbsp;&raquo;. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 52. Abondamment document&eacute;e, la r&eacute;f&eacute;rence suivante suffira &agrave; appuyer cette d&eacute;monstration &ndash; Monsieur le Pen ayant &eacute;t&eacute; condamn&eacute; &agrave; de nombreuses reprises pour des propos jug&eacute;s racistes : <a class="gen" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marie_Le_Pen#Condamnations_de_ses_propos">http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marie_Le_Pen#Condamnations_de_ses_propos</a>. </font></p> Tue, 10 Jun 2014 23:00:00 GMT Vous avez dit «&#160;Philosophe&#160;»&#160;? Beaucoup de philosophes et bien peu de philosophie... http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1371 1371 <br /><br /> <font size="2" face="Arial">C&rsquo;est tr&egrave;s tendance&nbsp;: aujourd&rsquo;hui, de plus en plus d&rsquo;auteurs se pr&eacute;valent volontiers du caract&egrave;re th&eacute;orique de leurs productions pour se dire &laquo;&nbsp;philosophes&nbsp;&raquo; ou &ecirc;tre tenus pour tels par les m&eacute;dias qui se chargent de la mise en sc&egrave;ne de leurs prestations&nbsp;: interviews &agrave; la radio, critiques de presse, participation &agrave; des d&eacute;bats t&eacute;l&eacute;vis&eacute;s, etc. Les temps changent&nbsp;: il y a seulement dix ou quinze ans, ces intellectuels y auraient regard&eacute; &agrave; deux fois avant de se d&eacute;clarer philosophes au risque de passer pour des cuistres. En somme, d&eacute;sormais il suffit de penser pour &ecirc;tre philosophe&nbsp;; f&acirc;cheuse approximation qui oublie que la philosophie (dans sa tradition occidentale du moins) n&rsquo;est qu&rsquo;une mani&egrave;re de penser et qu&rsquo;il existe aussi, et c&rsquo;est heureux, un usage non philosophique de la pens&eacute;e. <br /> <br /> <strong><font color="#000080">L&rsquo;instrumentalisation m&eacute;diatique </font></strong><br /> <br /> La premi&egrave;re instrumentalisation de nos intellectuels modernes est m&eacute;diatique&nbsp;: l&rsquo;appellation de &laquo;&nbsp;philosophe&nbsp;&raquo; dont sont gratifi&eacute;s les susdits vise alors &agrave; focaliser l&rsquo;attention moins sur la port&eacute;e th&eacute;orique de leurs propos que sur l&rsquo;immense m&eacute;rite de ceux qui ont eu l&rsquo;id&eacute;e de les faire parler. L&rsquo;important n&rsquo;est pas tant ce qu&rsquo;ils disent que ce qu&rsquo;ils repr&eacute;sentent, gr&acirc;ce au montage qui fera de leur pr&eacute;sentation une sorte d&rsquo;&eacute;v&eacute;nement promotionnel&nbsp;: plus que des &eacute;minences, ce sont des ma&icirc;tres qui &agrave; ce titre se doivent absolument d&rsquo;&ecirc;tre offerts &agrave; l&rsquo;&eacute;bahissement des foules, &agrave; d&eacute;faut d&rsquo;&ecirc;tre lus et compris. Il est essentiel d&rsquo;&ecirc;tre en pr&eacute;sence d&rsquo;un philosophe, car ce label est le signe m&ecirc;me de l&rsquo;excellence. Actuellement, sa cote est &eacute;norme. On reste donc bien dans le registre sp&eacute;culatif. C&rsquo;est une forme de distinction, pas au sens de Bourdieu comme processus de s&eacute;lection sociale des &eacute;lites, mais plut&ocirc;t par r&eacute;f&eacute;rence &agrave; Debord et &agrave; sa &laquo;&nbsp;soci&eacute;t&eacute; du spectacle&nbsp;&raquo;&nbsp;: utilis&eacute;es par les m&eacute;dias, qui les exhibent comme des produits, ils repr&eacute;sentent une valeur marchande tant symbolique (prestige accru, audience &eacute;largie) que mat&eacute;rielle (tirage plus fort, augmentation des ventes, etc.). Sous ce rapport, le philosophe, c&rsquo;est du tr&egrave;s haut de gamme. Dans l&rsquo;ordre de la pens&eacute;e, un &laquo;&nbsp;must&nbsp;&raquo;, au m&ecirc;me titre que, dans d&rsquo;autres secteurs, un sac Vuitton, une Lamborghini ou un parfum Chanel...<br /> <br /> <font color="#000080"><strong>L&rsquo;instrumentalisation th&eacute;orico-pratique<br /> </strong></font><br /> L&rsquo;autre instrumentalisation est th&eacute;orico-pratique&nbsp;: le philosophe est convoqu&eacute; &agrave; titre de sp&eacute;cialiste. Chacun est invit&eacute; &agrave; s&rsquo;exprimer sur son domaine de comp&eacute;tence&nbsp;: la mort, la libert&eacute;, la soci&eacute;t&eacute; de demain, la douleur, le d&eacute;sir, la jeunesse, la la&iuml;cit&eacute;, le bonheur, bref n&rsquo;importe quoi mais pas n&rsquo;importe comment&nbsp;! Pour &ecirc;tre l&eacute;gitime, le discours du philosophe doit &ecirc;tre un discours expert. Pourquoi&nbsp;? Parce que l&rsquo;expert n&rsquo;est cr&eacute;dible que pour autant qu&rsquo;il s&rsquo;en tient aux faits. Il est axiologiquement neutre. Il &eacute;tablit des constats. Il ne prescrit rien. Certes, ce type d&rsquo;approche n&rsquo;est pas inutile&nbsp;: il peut introduire un principe d&rsquo;intelligibilit&eacute; dans l&rsquo;analyse et la compr&eacute;hension des ph&eacute;nom&egrave;nes. Mais sa rationalit&eacute; est purement technique, c&rsquo;est &agrave; dire op&eacute;ratoire. Et si jamais le philosophe outrepasse sa mission d&rsquo;expertise en avan&ccedil;ant, par exemple, des propositions &agrave; caract&egrave;re normatif ou simplement critique, on peut toujours le r&eacute;cuser et recourir &agrave; une contre-expertise. Et c&rsquo;est ainsi que les discours finissent tous par se disqualifier en s&rsquo;annulant les uns les autres. Bref, un produit chasse l&rsquo;autre et le spectacle continue. L&agrave; r&eacute;side le renouvellement permanent de la r&eacute;p&eacute;tition. Du beau travail&nbsp;! Les vis&eacute;es de cette manipulation sont donc bien &agrave; la fois th&eacute;oriques et pratiques, puisque le discours est d&rsquo;abord coup&eacute; de ses finalit&eacute;s, puis par voie de cons&eacute;quence d&eacute;samorc&eacute; dans ses effets. On peut certes &eacute;couter un philosophe... pourvu que chacun ensuite se fasse son opinion, c&rsquo;est-&agrave;-dire n&rsquo;en pense rien. La subversion est ainsi elle-m&ecirc;me subvertie.<br /> <font color="#000080"><strong><br /> Un&nbsp;&laquo; logos&nbsp;&raquo; d&eacute;coupl&eacute; de sa &laquo;&nbsp;praxis&nbsp;&raquo;</strong></font><br /> <br /> Or ce d&eacute;tournement m&eacute;diatique du discours philosophique n&rsquo;est lui-m&ecirc;me rendu possible que parce que s&rsquo;exprime actuellement et de mani&egrave;re de plus en plus pressante, sinon une demande sociale clairement formul&eacute;e, du moins une attente. Tous les lieux communs sur l&rsquo;absence de rep&egrave;res, la perte des valeurs renvoient &agrave; cette attente&nbsp;: une qu&ecirc;te de sens dans un monde v&eacute;cu comme profond&eacute;ment inique, violent et absurde.&nbsp;Pour utiliser une phras&eacute;ologie &agrave; la fois p&eacute;dante et d&eacute;licieusement &laquo;&nbsp;vintage&nbsp;&raquo;, nous dirons que, pour tromper cette attente, il suffit de produire un&nbsp;&laquo; logos&nbsp;&raquo; d&eacute;coupl&eacute; de sa &laquo;&nbsp;praxis&nbsp;&raquo;. <br /> <font color="#000080"><br /> <strong>Comment a-t-on pu en arriver l&agrave;&nbsp;? </strong><br /> <br /> </font>Sur le plan m&eacute;diatique, on l&rsquo;a vu, c&rsquo;est facile&nbsp;: tout le monde parle, ce qui produit un effet de brouillage, au milieu duquel la parole subversive n&rsquo;est qu&rsquo;un bavardage parmi d&rsquo;autres. La philosophie n&rsquo;est plus alors qu&rsquo;une boutique de luxe r&eacute;serv&eacute;e &agrave; une &eacute;lite, pendant que la masse des clients se contente de faire du l&egrave;che-vitrine. Car il importe aussi que cette client&egrave;le comprenne que ces beaux objets th&eacute;oriques d&eacute;passent son entendement et ne sont pas faits pour elles. Ainsi, la preuve est renvers&eacute;e&nbsp;: ce n&rsquo;est pas le monde qui perd son sens, c&rsquo;est cette humanit&eacute;-l&agrave; qui est insignifiante.<br /> <br /> Mais il existe des pratiques d&rsquo;exclusion qui rel&egrave;vent d&rsquo;enjeux sociaux beaucoup plus profonds et qui consistent, pour la classe dominante, &agrave; couper les &laquo;&nbsp;domin&eacute;s &raquo; (pour faire court) de ses &laquo;&nbsp;intellectuels organiques&nbsp;&raquo;, pour parler comme Gramsci. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, ces intellectuels, ces penseurs, ces philosophes surtout, n&rsquo;interviennent publiquement qu&rsquo;&agrave; titre purement individuel, quand bien m&ecirc;me tiendraient-ils un discours engag&eacute; &agrave; l&rsquo;adresse non plus d&rsquo;un public mais de citoyens. Ils ne constituent plus un groupe de pression plus ou moins structur&eacute; pouvant d&eacute;velopper un contre-discours face &agrave; l&rsquo;id&eacute;ologie dominante (1). Ils ne repr&eacute;sentent qu&rsquo;eux-m&ecirc;mes ou leur communaut&eacute; restreinte (labo, &eacute;quipe de recherche). Bref, ils apportent une parole sans pour autant &ecirc;tre des porte-parole. Et nous, nous les &eacute;coutons du fond de notre intimit&eacute;&nbsp;: la radio d&rsquo;une cuisine, la t&eacute;l&eacute; d&rsquo;une chambre ou d&rsquo;un salon, l&rsquo;ordinateur d&rsquo;un bureau, le smartphone dans la rue.<br /> <strong><font color="#000080"><br /> Le carnaval des animaux (tristes)</font></strong><br /> <br /> L&rsquo;h&eacute;g&eacute;monie de classe est telle qu&rsquo;au sein du syst&egrave;me social actuel elle assure aussi la Direction intellectuelle et morale (toujours selon la terminologie gramscienne). On l&rsquo;a bien vu &agrave; travers la publication des &laquo;&nbsp;Nouveaux chiens de garde&nbsp;&raquo; et la diffusion du film qui en a &eacute;t&eacute; tir&eacute; par l&rsquo;&eacute;quipe du &laquo;&nbsp;Monde diplomatique&nbsp;&raquo;. On pouvait penser que le discours de ces conseillers du prince (pr&eacute;tendus experts qui ne sont en fait que des faussaires et de vulgaires sycophantes) allait radicalement les disqualifier, tant le r&eacute;quisitoire est accablant. D&eacute;pouill&eacute;s de tous leurs oripeaux id&eacute;ologiques, on les croyait d&eacute;sormais condamn&eacute;s &agrave; se taire et &agrave; raser les murs, t&ecirc;te basse. Mais pas du tout. Ils n&rsquo;ont rien perdu de leur superbe ni de leur arrogance, et la meute continue de pi&eacute;tiner rageusement le champ d&eacute;vast&eacute; de tous les renouveaux possibles, toujours pr&ecirc;te &agrave; mordre. Voil&agrave; des chiens d&eacute;cid&eacute;ment bien dress&eacute;s. Il faut dire que leurs propri&eacute;taires les soignent. Eux, ils en ont les moyens&nbsp;! Et c&rsquo;est ce qui rend le lien organique si solide&nbsp;: plus que jamais les ma&icirc;tres penseurs sont les penseurs de la classe dominante.<br /> <br /> Du temps de Nizan, ces chiens de garde n&rsquo;&eacute;taient pas issus tout &agrave; fait des m&ecirc;mes chenils&nbsp;: quelques clercs qui, depuis V. Cousin dans le temple de la Sorbonne, se faisaient les gardiens de la tradition id&eacute;aliste (y compris dans sa variante scientiste) face &agrave; la mont&eacute;e des courants philosophiques mat&eacute;rialistes, ath&eacute;es et socialement subversifs. En somme les enjeux n&rsquo;&eacute;taient pas moindres, mais les affrontements se limitaient &agrave; la sph&egrave;re des milieux universitaires et de l&rsquo;intelligentzia. Aujourd&rsquo;hui l&rsquo;acc&eacute;l&eacute;ration des modes de gouvernance et le d&eacute;veloppement simultan&eacute; des &laquo;&nbsp;r&eacute;seaux sociaux&nbsp;&raquo; (2) font que la gestion courante des affaires et les questions de fond sur l&rsquo;&eacute;volution globale de la soci&eacute;t&eacute; face &agrave; la crise sont constamment &agrave; l&rsquo;ordre du jour et ouvrent un d&eacute;bat o&ugrave; la plupart des groupes de pression sont d&eacute;sormais parties prenantes. D&rsquo;o&ugrave; la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;un contr&ocirc;le social renforc&eacute; pour accr&eacute;diter l&rsquo;id&eacute;e que l&rsquo;honn&ecirc;tet&eacute; intellectuelle la plus &eacute;l&eacute;mentaire oblige &agrave; admettre que la crise et ses effets sont des ph&eacute;nom&egrave;nes aussi &laquo;&nbsp;naturels&nbsp;&raquo; que les d&eacute;r&egrave;glements climatiques auxquels les hommes sont soumis. <br /> <br /> <font color="#000080"><strong>Des allures d&rsquo;universitaires distingu&eacute;s</strong></font><br /> <br /> L&rsquo;astuce consiste donc &agrave; laisser croire que l&rsquo;on quitte le terrain du parti pris id&eacute;ologique et manipulateur &agrave; partir du moment o&ugrave; l&rsquo;analyse de la crise rel&egrave;ve du simple constat&nbsp;: c&rsquo;est une donn&eacute;e de fait, incontournable. Refuser de l&rsquo;admettre, c&rsquo;est nier l&rsquo;&eacute;vidence.&nbsp;Pour accr&eacute;diter ce discours, les chiens de garde se donnent des allures d&rsquo;universitaires distingu&eacute;s (qu&rsquo;ils sont au demeurant, mais leur vrai fonds de commerce est ailleurs, dans les banques de pr&eacute;f&eacute;rence) dont les titres (notamment leur rattachement &agrave; de prestigieuses institutions scientifiques, telles que le CNRS), ajoutent une caution suppl&eacute;mentaire au bien-fond&eacute; de leurs th&egrave;ses (3). Mais en r&eacute;alit&eacute;, ce sont de vrais tireurs d&rsquo;&eacute;lite, des &laquo;&nbsp;snipers&nbsp;&raquo; solidement appuy&eacute;s par la grosse artillerie des m&eacute;dias&nbsp;(presse, t&eacute;l&eacute;vision, colloques divers, etc.) qui fait son boulot quotidien de matraquage et d&rsquo;abrutissement (pour la plupart, car, je vous le demande, que deviendrions-nous sans &laquo;&nbsp;France culture&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;France musique&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;France Inter&nbsp;&raquo; m&ecirc;me et &laquo;&nbsp;Arte&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;Public S&eacute;nat LCP&nbsp;&raquo; et quelques autres&nbsp;?).<br /> <font color="#000080"><strong><br /> Tout cela pour le compte de qui&nbsp;?</strong></font><br /> <br /> A qui cela profite-t-il&nbsp;? Des d&eacute;cideurs, comme on dit&nbsp;: les politiques, le patronat, les banquiers, les march&eacute; financiers, bref ceux qui ont le pouvoir. C&rsquo;est le moment de la praxis, mais cette fois sans le logos. Car ces gens, eux aussi, avancent masqu&eacute;s&nbsp;: ils se donnent pour des hommes de simple bon sens. Leur ma&icirc;tre mot&nbsp;? Le pragmatisme (variante ab&acirc;tardie de l&rsquo;utilitarisme de S. Mill)&nbsp;: leurs id&eacute;ologues ont l&rsquo;usage exclusif du discours dominant. Eux ont l&rsquo;usage exclusif de la pratique dominante. Mais sachons le&nbsp;: ils ne savent rien&nbsp;; ou plut&ocirc;t si&nbsp;: ils savent faire et, encore mieux, faire faire. Mais ils n&rsquo;ont aucune id&eacute;e, par pr&eacute;vention. Et c&rsquo;est tant mieux puisque toute id&eacute;e est d&eacute;j&agrave; pr&eacute;con&ccedil;ue. <br /> <br /> <font color="#000080"><strong>Vous pouvez me faire confiance&nbsp;: je n&rsquo;ai aucune id&eacute;e&nbsp;!</strong></font><br /> <br /> Autant le savoir&nbsp;: juger, c&rsquo;est d&eacute;j&agrave; pr&eacute;juger. L&rsquo;id&eacute;e est du c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;intention qui est toujours cach&eacute;e, donc malveillante. Avoir des id&eacute;es est une forme de dissimulation&nbsp;: toute pens&eacute;e est arri&egrave;re-pens&eacute;e. L&rsquo;id&eacute;e est la n&eacute;gation m&ecirc;me de l&rsquo;honn&ecirc;tet&eacute; intellectuelle. Sans id&eacute;e, plus d&rsquo;id&eacute;ologie&nbsp;! C&rsquo;est l&rsquo;esprit d&rsquo;ouverture, sans sectarisme. Ainsi, le pragmatisme nous montre que la crise est une r&eacute;alit&eacute; puisque nous l&rsquo;&eacute;prouvons au quotidien. Donc, c&rsquo;est une donn&eacute;e irr&eacute;cusable. Foin des pol&eacute;miques. C&rsquo;est le simple bon sens. Finalement, le politique, comme le chef d&rsquo;entreprise, nous disent&nbsp;: vous pouvez me faire confiance&nbsp;: je n&rsquo;ai aucune id&eacute;e&nbsp;!<br /> <br /> Mais quel cr&eacute;dit accorder &agrave; cette pr&eacute;tendue innocence qui commence par nous prendre pour des niais&nbsp;? En fait, par-del&agrave; cette pure mystification, ce type de discours en dit long sur l&rsquo;anti intellectualisme et l&rsquo;irrationalisme ambiants. Aujourd&rsquo;hui, nos &laquo;&nbsp;Lumi&egrave;res&nbsp;&raquo; s&rsquo;&eacute;clairent &agrave; la bougie. (Plus d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;... donc plus de soviets&nbsp;!). Ainsi, on voit bien que cette estime dans laquelle ces hommes disent tenir ces intellectuels n&rsquo;est qu&rsquo;une farce. Simple affaire de standing. Quand on a le pouvoir et l&rsquo;argent, &agrave; quoi bon les id&eacute;es&nbsp;? Actuellement, le lib&eacute;ralisme est une donn&eacute;e imm&eacute;diate de la conscience petite bourgeoise. Mais le capitalisme financier, lui, voit beaucoup plus loin.<br /> <br /> <font color="#000080"><strong>Bousculer sans d&eacute;ranger<br /> </strong></font><br /> R&eacute;sumons-nous&nbsp;: d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute; &ndash; ou plus exactement l&agrave;-haut &ndash; un ar&eacute;opage d&rsquo;hommes &eacute;minents, &eacute;crivains, chercheurs, artistes, savants, professeurs, philosophes &agrave; l&rsquo;occasion, qui quotidiennement inventent, d&eacute;couvrent, cr&eacute;ent, innovent, produisent, transmettent, bref enrichissent le champ du savoir et plus globalement notre patrimoine culturel. Mais, on l&rsquo;a laiss&eacute; entendre, cette r&eacute;publique ne constitue pas dans les conditions actuelles de son fonctionnement une communaut&eacute; d&rsquo;esprit. Certes, chaque domaine ou sp&eacute;cialit&eacute; a ses pratiques collectives, ses rituels, ses codes, ses formes de reconnaissance, mais ces regroupements se font essentiellement sur une base professionnelle. Les conditions sociales de la production et de la reproduction intellectuelle et artistique ne sont jamais interrog&eacute;es, sinon, justement, &agrave; titre d&rsquo;objets scientifiques (sociologie de la connaissance, de l&rsquo;innovation, &eacute;pist&eacute;mologie, approche cognitive des processus mentaux, etc.). Et la vulgarisation qui peut en &ecirc;tre faite, m&ecirc;me quand elle reste honn&ecirc;te, est souvent tr&egrave;s psychologisante avec un brin de complaisance et une tendance &agrave; la &laquo;&nbsp;pipolisation&nbsp;&raquo;, qui mettent l&rsquo;accent sur l&rsquo;anecdote, le v&eacute;cu, l&rsquo;&eacute;motionnel, voire le spectaculaire. On d&eacute;passe rarement la sph&egrave;re de l&rsquo;intime, tant celle du locuteur que celle de l&rsquo;auditeur ou du spectateur. On peut bousculer&nbsp;; on ne d&eacute;range jamais. On est dans les nu&eacute;es.<br /> <br /> <font color="#000080"><strong>&Ocirc; r&eacute;gions, &ocirc; f&eacute;aux&nbsp;!</strong></font><br /> <br /> Ouvrons notre parachute non dor&eacute; pour en descendre, juste pour voir. La voil&agrave; donc cette terre o&ugrave; s&eacute;vit une tout autre engeance&nbsp;: ceux qui dirigent, qui gouvernent, les faiseurs en quelque sorte, plus vulgairement regroup&eacute;s sous le vocable &laquo;&nbsp;la classe politique&nbsp;&raquo; pour bien faire comprendre qu&rsquo;ils sont coup&eacute;s du monde, du vrai monde, le n&ocirc;tre. <br /> <br /> Au sommet de cet Olympe, le chef de l&rsquo;Etat et sa clique encore appel&eacute;e gouvernement. Mais quoi&nbsp;? Mais comment&nbsp;? Les Etats, &ccedil;a existe encore&nbsp;? Et oui, h&eacute;las, trois fois&nbsp;! Vieillerie institutionnelle, vestige d&rsquo;un mode de gouvernance d&rsquo;un autre &acirc;ge. Il est grand temps d&rsquo;en finir avec cette manie de l&eacute;gif&eacute;rer, de d&eacute;cr&eacute;ter, de r&eacute;glementer, d&rsquo;administrer &agrave; tout propos, bref de tout vouloir contr&ocirc;ler&nbsp;; de faire pr&eacute;valoir en toute circonstance un soi-disant &laquo;&nbsp;int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral&nbsp;&raquo; sur l&rsquo;initiative individuelle, le go&ucirc;t de la r&eacute;ussite et, plus g&eacute;n&eacute;ralement, le droit pour chacun de mener sa vie comme il l&rsquo;entend&nbsp;; de d&eacute;fendre on ne sait quel &laquo;&nbsp;bien public&nbsp;&raquo; contre l&rsquo;esprit d&rsquo;entreprise et la recherche d&rsquo;un profit que l&eacute;gitiment les risques consentis face &agrave; une conjoncture souvent incertaine&nbsp;; et d&rsquo;entretenir enfin chez un citoyen fonctionnaire totalement d&eacute;responsabilis&eacute; l&rsquo;esprit de routine et de laisser-aller dans la totale impunit&eacute; que lui assure son statut de surprot&eacute;g&eacute;. En somme, rien de plus contre-productif que l&rsquo;&eacute;tat.<br /> <br /> <font color="#000080"><strong>La solution&nbsp;? Substituer l&rsquo;Europe des r&eacute;gions aux &Eacute;tats-nations&hellip;</strong></font><br /> <br /> Mais quelques signes de changement encourageants se font jour. Depuis quelques temps d&eacute;j&agrave;, les chefs d&rsquo;&Eacute;tat ne sont plus que des sous-chefs. Leurs ordres, ils les re&ccedil;oivent d&eacute;sormais du FMI, de la Banque Mondiale, de la BCE. Les vrais centres de d&eacute;cision s&rsquo;appellent Wall Street, la City, sans parler des &laquo;&nbsp;march&eacute;s financiers&nbsp;&raquo; dont le centre est partout et la circonf&eacute;rence nulle part...<br /> <br /> Mais ce n&rsquo;est pas suffisant. Pourquoi faut-il en finir avec les Etats&nbsp;? Parce qu&rsquo;ils repr&eacute;sentent les derniers contre-pouvoirs pouvant contester sinon la l&eacute;gitimit&eacute; du moins l&rsquo;opportunit&eacute; de certaines directives de la Commission Europ&eacute;enne, qui seule est en capacit&eacute; de repr&eacute;senter et de d&eacute;fendre les int&eacute;r&ecirc;ts sup&eacute;rieurs de la Communaut&eacute; europ&eacute;enne face aux &eacute;go&iuml;smes nationaux. La solution&nbsp;? Substituer l&rsquo;Europe des r&eacute;gions aux &Eacute;tats-nations (entit&eacute;s politiques de r&eacute;f&eacute;rence). La r&eacute;gion comme entit&eacute; g&eacute;o &eacute;conomique est la solution la plus harmonieuse&nbsp;: la r&eacute;gion, c&rsquo;est le local remondialis&eacute; et le mondial relocalis&eacute;. C&rsquo;est l&rsquo;un et le multiple &agrave; la fois. Bref, la totalit&eacute; par excellence. Un peu comme la monade chez Leibniz. Evidemment, ces r&eacute;gions n&rsquo;auront plus la possibilit&eacute; de contester les d&eacute;cisions de la Commission. Celle-ci aura enfin les mains totalement libres&nbsp;; totalement lib&eacute;rales m&ecirc;me. En revanche, les r&eacute;gions pourront se d&eacute;velopper &agrave; loisir par la saine &eacute;mulation que ne manquera pas de susciter leur mise en concurrence... jusqu&rsquo;au petit matin o&ugrave;, telle la ch&egrave;vre de Monsieur Seguin, elles se feront bouffer toute crues par le grand m&eacute;chant loup (le PTCI ou TAFTA (4)),&nbsp; ce qui ne saurait tarder. <br /> <br /> <font color="#000080"><strong>... moyennant un semblant de l&eacute;gitimit&eacute;</strong></font><br /> <br /> Il ne reste plus qu&rsquo;&agrave; donner un semblant de l&eacute;gitimit&eacute; &agrave; toutes ces formes de domination &eacute;largie. Et c&rsquo;est l&agrave; qu&rsquo;interviennent nos id&eacute;ologues de service, chantres de l&rsquo;&eacute;pop&eacute;e lib&eacute;rale, technocrates patent&eacute;s depuis (pour ce qui de l&rsquo;Europe) le Pr&eacute;sident de la Commission jusqu&rsquo;aux derniers des &eacute;piciers qui vendent leur salade dans toutes ces officines qui ont pignon sur rue, les Z&eacute;coles de Commerce (&laquo; Business Cool&nbsp;&raquo;).<br /> <br /> Et tout en bas, que reste-t-il&nbsp;? Le peuple souverain, c&rsquo;est-&agrave;-dire des millions de citoyens, moyens, normaux, quelconques, ni surdou&eacute;s, ni millionnaires, ni glamour, un peu fatigu&eacute;s peut-&ecirc;tre et un brin d&eacute;sabus&eacute;s&nbsp;; bref ceux que l&rsquo;on appelle &laquo;&nbsp;les gens&nbsp;&raquo;, vous et moi en somme.<br /> <br /> Notre sortie &laquo;&nbsp;par le haut&nbsp;&raquo; &agrave; nous consistera, en attendant mieux, &agrave; nous mettre en &eacute;tat de veille astrale. Comment &ccedil;a&nbsp;? Enfantin, vous dis-je&nbsp;: on l&egrave;ve le nez vers le pur ciel des intelligibles et l&rsquo;on regarde passer ces &eacute;toiles filantes que sont justement ces dits &laquo;&nbsp;philosophes&nbsp;&raquo; dont la clart&eacute; fugace est d&rsquo;autant plus &eacute;blouissante que sont profondes les t&eacute;n&egrave;bres qui nous entourent&nbsp;: celles de l&rsquo;obscurantisme le plus &eacute;pais. Ainsi&nbsp;pourra-t-on se consoler en pensant que &laquo;&nbsp;nos nuits&nbsp;&raquo; sont &laquo;&nbsp;plus belles&nbsp;&raquo; que les jours des d&eacute;cideurs et experts de tout poil. Nous pouvons aussi dormir tranquilles. Demain est une autre nuit.<br /> <br /> Daniel FURJOT<br /> juin 2014<br /> <br /> &nbsp;(1 On le voit bien avec le groupe des &laquo;&nbsp;&Eacute;conomistes atterr&eacute;s&nbsp;&raquo;. Ils sont vaguement organis&eacute;s, ils ont leur site, mais en dehors d&rsquo;un cercle restreint on les entend peu dans leur contestation argument&eacute;e du mod&egrave;le &eacute;conomique lib&eacute;ral car la prise de parole est une forme de coup de force dont ils n&rsquo;ont socialement pas les moyens.<br /> <br /> (2) D&lsquo;ailleurs le terme de &laquo;&nbsp;r&eacute;seaux sociaux&nbsp;&raquo; est abusif. En effet, le faisceau d&rsquo;informations qui se propage &agrave; tr&egrave;s grande vitesse et &agrave; une tr&egrave;s vaste &eacute;chelle d&rsquo;&eacute;metteurs &agrave; r&eacute;cepteurs individuels pr&eacute;sente un avantage &eacute;vident&nbsp;: celui de court-circuiter les canaux de diffusion de l&rsquo;information officielle &eacute;mise par les centres de pouvoir et contr&ocirc;l&eacute;e par lui tout au long de la cha&icirc;ne hi&eacute;rarchique de cette diffusion. En ce sens, ces nouveaux r&eacute;seaux sans centre ni p&eacute;riph&eacute;rie fonctionnent d&eacute;j&agrave; comme des contre-pouvoirs&nbsp;. On a pu r&eacute;cemment en mesurer les </font><font size="2" face="Arial">effets &agrave; Tunis, comme au Caire, &agrave; Istanbul ou &agrave; Kiev. Mais on en mesure aussi les limites&nbsp;: ce sont des ph&eacute;nom&egrave;nes essentiellement urbains. Les rassemblements auxquels ils donnent lieu ne sont que des regroupements d&rsquo;individus qui se sont d&eacute;plac&eacute;s individuellement. Ils peuvent sans doute transitoirement constituer des groupes et &ecirc;tre anim&eacute;s d&rsquo;aspirations communes. Mais ce ne sont pas des masses ayant la m&ecirc;me histoire et anim&eacute;es par une m&ecirc;me volont&eacute; et organiquement li&eacute;es. Bref, porteuses d&rsquo;un projet collectif global. En ce sens, mieux vaudrait parler de &laquo;&nbsp;r&eacute;seaux s&eacute;riels&nbsp;&raquo; au sens sartrien de la s&eacute;rialit&eacute;, c&rsquo;est-&agrave;-dire comme degr&eacute; z&eacute;ro de la socialit&eacute; en tant que totalit&eacute; plus constitu&eacute;e que constituante (pour utiliser une terminologie non sartrienne. Cf. &laquo;&nbsp;Critique de la raison dialectique&nbsp;&raquo;.<br /> </font> Wed, 04 Jun 2014 23:00:00 GMT