Europe Solidaire http://www.europesolidaire.eu/ Europe Solidaire Europe Solidaire http://www.europesolidaire.eu/logo.gifEurope Solidairehttp://www.europesolidaire.eu/ Tue, 29 Jul 2014 21:52:32 GMT L'Europe, épicentre de conflits destructeurs http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1433 1433 <br /><font size="2" face="Arial">L'antagonisme franco-allemand qui aurait pu &ecirc;tre &eacute;vit&eacute; avant 1914 a conduit 20 ans apr&egrave;s, du fait d'une paix mal con&ccedil;ue, &agrave; la subversion de l'Europe par le r&eacute;gime nazi. Celui-ci &agrave; son tour a &eacute;t&eacute; d&eacute;truit par l'intervention am&eacute;ricaine, qui n'attendait que cette occasion pour se substituer &agrave; l'Europe dans la domination de l'occident. Dans le m&ecirc;me temps, la Russie tsariste avide de coop&eacute;rations avec les Europ&eacute;ens, a &eacute;t&eacute; remplac&eacute;e par un r&eacute;gime communiste referm&eacute; sur lui-m&ecirc;me. </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Tr&egrave;s vite, m&ecirc;me si ses exc&egrave;s initiaux le justifiaient, la Russie a &eacute;t&eacute; diabolis&eacute;e sous l'influence principalement de l'Am&eacute;rique, s'appuyant sur les forces conservatrices en Europe. Ceci alors que, au contraire, avec Gorbatchev et ses successeurs, elle aurait due &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e par les Europ&eacute;ens comme une alli&eacute;e potentielle, pouvant partager les m&ecirc;mes objectifs g&eacute;opolitiques. Elle a par ailleurs failli &ecirc;tre d&eacute;truite de l'int&eacute;rieur sous l'action des oligarques soutenus par les Etats-Unis, qui s'&eacute;taient empar&eacute; de toutes ses forces vives. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">C'est que la Russie avait r&eacute;ussi &agrave; la fin de la guerre &agrave; se donner une force militaire, notamment nucl&eacute;aire qui, sans &ecirc;tre du niveau de celle des Etats-Unis, repr&eacute;sentait une perspective de &laquo;&nbsp;destruction mutuelle assur&eacute;e&nbsp;&raquo; en cas de conflit. De ce fait, l'Am&eacute;rique, pour qui comme l'a dit un commentateur, il n'y a de Russie acceptable que ray&eacute;e de la carte, n'avait plus comme espoirs d'intervention que tenter de susciter des &laquo;&nbsp;r&eacute;volutions orange&nbsp;&raquo; en Russie m&ecirc;me, comme elle le fit depuis dans les pays composant la ceinture occidentale de l'ancienne URSS. Il se trouva cependant des Russes suffisamment &eacute;clair&eacute;s sur ce qu'&eacute;taient &agrave; long terme les objectifs de survie de leur patrie, pour se redonner, avec Vladimir Poutine et ses &eacute;quipes, des dirigeants d&eacute;cid&eacute;s &agrave; tenir t&ecirc;te, non seulement &agrave; l'Am&eacute;rique, mais &agrave; ses alli&eacute;s au sein de l'Otan.</font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial" color="#000080"><strong>Une Europe soumise</strong></font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Mais que devint l'Europe pendant ce temps? Avec la cr&eacute;ation de l'Union europ&eacute;enne et la mise en place de l'euro, les optimistes ont pu croire qu'elle s'&eacute;tait affranchie de ses d&eacute;mons autodestructeurs ant&eacute;rieurs. Mais c'&eacute;tait oublier que l'Union europ&eacute;enne avait &eacute;t&eacute; con&ccedil;ue par des hommes politiques europ&eacute;ens totalement d&eacute;vou&eacute;s &agrave; l'influence atlantiste. C'est d'ailleurs pour s'en faire une alli&eacute;e docile dans la lutte contre l'URSS puis sur le plan &eacute;conomique dans la lutte contre les autres puissances du monde, que l'Am&eacute;rique avait accept&eacute;e de reconna&icirc;tre aux Europ&eacute;ens une certaine marge d'autonomie. Mais il ne fallait pas que les Europ&eacute;ens en abusent. <br /> </font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Ce but a &eacute;t&eacute; tr&egrave;s largement acquis. Ainsi toutes les vell&eacute;it&eacute;s de socialisme en Europe ont &eacute;t&eacute; d&eacute;truites du fait des pressions de Washington et des institutions internationales mises en place pour les prolonger: FMI, Banque Mondiale et autres. Il en fut de m&ecirc;me en mati&egrave;re d'autonomie politique. Un de Gaulle qui voulait r&eacute;cup&eacute;rer une certaine ind&eacute;pendance vis-&agrave;-vis de l'Am&eacute;rique n'a pas &eacute;t&eacute; suivi de successeurs s'inspirant de son mod&egrave;le. On peut se souvenir, &agrave; titre d'exemple parmi de nombreux autres, comment le Plan Calcul europ&eacute;en, lanc&eacute; par De Gaulle, et qui repr&eacute;sentait un d&eacute;fi technologique &agrave; juste titre tr&egrave;s pris au s&eacute;rieux par le lobby politico-industriel am&eacute;ricain, fut rapidement sabord&eacute; alors qu'il &eacute;tait en train de r&eacute;ussir par un Val&eacute;ry Giscard d'Estaing, tout d&eacute;vou&eacute; &agrave; la domination d'outre-atlantique. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Dans la lutte incessante men&eacute;e par l'Empire am&eacute;ricain contre la Russie, directement ou par Otan interpos&eacute;, l'Am&eacute;rique a trouv&eacute; deux alli&eacute;s. L'un fut et demeure encore la Pologne, suivie de ses voisins imm&eacute;diats La diplomatie am&eacute;ricaine sut parfaitement y exploiter les sentiments anti-russes et anti-religion orthodoxe qui existaient d&eacute;j&agrave; avant la 2e guerre mondiale. Le second fut l'Allemagne r&eacute;unifi&eacute;e o&ugrave; la collaboration entre industriels et financiers permit aux deux pays de r&eacute;unir leurs efforts dans un certain nombre de domaines industriels. Cependant, aujourd'hui, l'Allemagne semble avoir reconquis une volont&eacute; d'ind&eacute;pendance. Elle a notamment d&eacute;couvert, &agrave; l'occasion des affaires d'espionnages US sur son territoire, qu'elle n'&eacute;tait qu'un outil comme les autres au service de la domination am&eacute;ricaine. Par ailleurs, gr&acirc;ce &agrave; ses comp&eacute;tences en mati&egrave;re industrielle et d'organisation sociale, elle a r&eacute;ussi r&eacute;cemment &agrave; s'&eacute;manciper du moins en partie &agrave; l'influence politique d'une Am&eacute;rique d&eacute;sormais en proie &agrave; des crises internes diverses. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Que p&egrave;se dor&eacute;navant pour l'Am&eacute;rique comme pour l'Allemagne leurs anciennes complicit&eacute;s dans la lutte contre la Russie. Il ne faut pas se faire d'illusion. L'Allemagne reste encore tr&egrave;s largement ce qu'elle a toujours &eacute;t&eacute;, notamment vis-&agrave; vis de l'Am&eacute;rique, c'est-&agrave;-dire un nain politique. Ce n'est pas sur elle, encore pour le moment, que devront compter les mouvements europ&eacute;ens souhaitant marquer ouvertement une &eacute;mancipation &agrave; l'&eacute;gard de cette derni&egrave;re. Cependant son &eacute;conomie et celle de la Russie sont de plus en plus imbriqu&eacute;es, &agrave; la satisfaction des deux parties. Ainsi, le capitalisme et la banque allemande ont montr&eacute; r&eacute;cemment une grande r&eacute;sistance aux &laquo;&nbsp;sanctions&nbsp;&raquo; contre la Russie que voulait imposer l'Am&eacute;rique. Malgr&eacute; cela, le r&ocirc;le de l'Allemagne, comme facteur de r&eacute;sistance aux offensives am&eacute;ricaines contre la Russie, et au service de ses propres int&eacute;r&ecirc;ts, reste encore incertain. L'histoire sur ce point tr&egrave;s important, h&eacute;site encore.</font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Qu'en est-il de la France? Nous l'avons dit, l'id&eacute;al Gaullien de souverainet&eacute; n'a gu&egrave;re laiss&eacute; de traces. Certes, dans l'opinion, demeurent aux deux extr&ecirc;mes de l'&eacute;chiquier politique des forces demandant, au moins dans les discours, une prise de distance. Mais au niveau des institutions, comme chez les repr&eacute;sentants des majorit&eacute;s au pouvoir, s'est install&eacute;e une d&eacute;votion &agrave; l'atlantisme quasiment de nature religieuse. Faut-il s'en &eacute;tonner si l'on sait que par exemple chaque promotion de l'Ecole Nationale d'administrationn a vu ses repr&eacute;sentants les mieux not&eacute;s invit&eacute;s aux Etats-Unis pour des s&eacute;jours tous frais pay&eacute;s par la French-American Foundation - s&eacute;jours n'&eacute;tant pas autre chose que de l'endoctrinement. Ne mentionnons pas les innombrables organisations dites non-profit, compos&eacute;es de citoyens fran&ccedil;ais, qui font du lobbying &agrave; tous niveaux, politiques et &eacute;conomiques, au service des entreprises am&eacute;ricaines, qu'il s'agisse de Boeing ou des industriels du tabac. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Pendant un certain temps cependant, dans la suite du gaullisme, de tr&egrave;s efficaces industries de pointe s'&eacute;taient mises en place &agrave; partir des ann&eacute;es soixante, notamment dans le domaine de l'aviation et de la d&eacute;fense. N&eacute;anmoins aujourd'hui, elles semblent ne plus int&eacute;resser les gouvernement tandis que, sous pr&eacute;texte de libre-&eacute;change au plan de l'Union, elles ont perdu l'essentiel de leurs centres d'excellence au profit d'industriels europ&eacute;ens agissant souvent comme faux nez de leurs homologues d'outre-atlantique. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">L'Union europ&eacute;enne, en ce qui la concerne, s'est-elle constitu&eacute; en force g&eacute;opolitique capable de contrebalancer l'influence am&eacute;ricaine et jouer un r&ocirc;le de pont en direction de la Russie? Il n'en a rien &eacute;t&eacute;. Sous l'influence des Britanniques, notamment, aucune d&eacute;cision ou organisme capable de s'opposer au pilotage de l'Europe par l'Am&eacute;rique n'ont &eacute;t&eacute; mis en place. Une entente quasi permanente entre le conseil des ministres europ&eacute;ens, repr&eacute;sentants les Etats &ndash; et les recommandations ou consignes de Washington, a &eacute;t&eacute; observ&eacute;e. Des postes essentiels de commissaires ont &eacute;t&eacute; confi&eacute;s &agrave; des personnalit&eacute;s convaincues de la n&eacute;cessit&eacute; de l'alliance atlantique. Le Haut repr&eacute;sentant pour la politique ext&eacute;rieure est encore &agrave; ce jour une Britannique, en liaison directe avec le D&eacute;partement d'Etat am&eacute;ricain. Les n&eacute;gociations, d&eacute;terminantes pour l'avenir de l'Europe en tant que r&eacute;f&eacute;rence civilisationnelle, politique et &eacute;conomique et visant &agrave; conclure des trait&eacute;s de Libre-&eacute;change avec les Etats-Unis, sont prises en charge exclusivement par la Commission. On fait valoir qu'en tant que telles, elles rel&egrave;vent du domaine commercial, lui-m&ecirc;me de la seule comp&eacute;tence de la Commission. Mais c'est &eacute;videmment faux. Il suffit de voir le nombre des accords qui, s'ils &eacute;taient sign&eacute;s, aboutiraient &agrave; la disparition de comp&eacute;tences r&eacute;galiennes, int&eacute;ressant au plus haut niveau les responsabilit&eacute;s des Etats europ&eacute;ens. Quant &agrave; l'euro, la Banque centrale europ&eacute;enne, sous la pression des int&eacute;r&ecirc;ts financiers anglo-saxons, s'est toujours vu interdire un r&ocirc;le d'intervention au service des politiques europ&eacute;ennes analogue &agrave; celui de la Banque f&eacute;d&eacute;rale am&eacute;ricaine en soutien des politiques conduites par le pr&eacute;sident des Etats-Unis (le POTUS) et ses ministres.<br /> <font color="#000080"><br /> <strong>Un avenir sombre</strong></font></font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Comment vont &eacute;voluer ces trois entit&eacute;s, Etats-Unis, Russie et Allemagne, non pas dans un futur de quelques d&eacute;cennies, mais dans les trois prochaines ann&eacute;es? Si nous nous limitons &agrave; ce court laps de temps, nous pouvons ne pas tenir compte des &eacute;v&egrave;nements qui surviendront &agrave; terme, influence des rapports avec des BRICS, Chine et Inde notamment, de plus en plus influents, ou sous un autre angle, changement climatique mondial dont la plupart des cons&eacute;quences sont pr&eacute;sent&eacute;es comme devant &ecirc;tre catastrophiques. Or &agrave; &eacute;ch&eacute;ance de deux &agrave; trois ans, les pronostics que pour notre part nous pourrions faire sont extr&ecirc;mement pessimistes. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">L'Am&eacute;rique d'abord, dont on ne r&eacute;p&eacute;tera assez qu'elle dispose d'une sup&eacute;riorit&eacute; technologique et militaire d&eacute;passant largement les forces r&eacute;unies du reste du monde. Va-t-elle en faire un usage plus sage, sous l'influence notamment de revendications d&eacute;mocratiques de plus en plus pr&eacute;sentes en son sein m&ecirc;me? On peut craindre que, pour des raisons quasiment syst&eacute;miques qui se sont retrouv&eacute;es identiques dans l'histoire et la pr&eacute;histoire, car une force dominante se s'inflige pas &agrave; elle-m&ecirc;me une r&eacute;duction de puissance, l'Am&eacute;rique continuera &agrave; abuser de sa puissance dans tous les domaines. Ceci m&ecirc;me si dans certains cas elle est oblig&eacute;e de tenir compte de difficult&eacute;s qu'elle ne pourra &eacute;viter. Disons-m&ecirc;me que, plus ces difficult&eacute;s s'accentueront, comme par exemple aujourd'hui des restrictions budg&eacute;taires oblig&eacute;es, plus elle les compensera par ailleurs, aux d&eacute;pends d'&eacute;quilibres mondiaux qui ne lui importent pas. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">C'est ainsi notamment que les efforts qu'elle multiplie aujourd'hui pour obtenir la destruction, au moins politique et &eacute;conomique, de la Russie, ne diminueront pas. Ceci par tous les moyens disponibles, sauf peut-&ecirc;tre, il faut l'esp&eacute;rer, le recours &agrave; l'arme nucl&eacute;aire: campagnes de d&eacute;sinformation au niveau mondial, pressions &eacute;conomiques et financi&egrave;res multiples, mobilisation de plus en plus active des pays voisins. Au sein m&ecirc;me de la Russie, les intrusions non officielles de ce que nous avons appel&eacute; la diplomatie du dollar et des forces sp&eacute;ciales se multiplieront. Leur objectif sera de mobiliser au service de l'Am&eacute;rique, par des promesses qui ne seront d'ailleurs pas tenues, les oligarques et autres forces internes d'opposition au gouvernement actuel. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Qu'en sera-t-il alors de la Russie? Compte tenu de ces m&ecirc;mes oppositions internes, mais aussi de facteurs de faiblesse propres &agrave; la f&eacute;d&eacute;ration de Russie (d&eacute;mographie insuffisante, aggravation de l'&eacute;tat sanitaire, manque d'acc&egrave;s direct &agrave; des ressources essentielles), le r&eacute;gime dit de Poutine sera de plus en plus fragilis&eacute;. Il est loin d'&ecirc;tre aussi fort que la propagande occidentale le pr&eacute;tend. Poutine peut &ecirc;tre renvers&eacute; d'un jour &agrave; l'autre. Il serait alors remplac&eacute; soit par des oligarques pr&eacute;cit&eacute;s soit par des extr&eacute;mistes ultra-nationalistes, voire n&eacute;o-nazis qui dans tous les cas, feront les affaires de l'Am&eacute;rique. Elle pourra ainsi ainsi dicter ses conditions &agrave; un pays affaibli, d&eacute;moralis&eacute;, ouvert &agrave; tous les d&eacute;membrements.</font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Quant &agrave; l'Europe enfin, rien ne permet d'esp&eacute;rer, compte tenu de son &eacute;volution r&eacute;cente, qu'elle devienne une puissance mondiale et autonome capable d'imposer sa m&eacute;diation dans l'h&eacute;misph&egrave;re nord. Elle deviendra, plus encore qu'actuellement, l'&eacute;picentre de tous les conflits. Au plan juridique, la coh&eacute;sion d&eacute;j&agrave; fragile de l'Union et de la zone euro ne r&eacute;sistera pas &agrave; tous ceux voulant s'en extraire. Chaque Etat europ&eacute;en, m&ecirc;me le plus petit, pr&eacute;tendra reprendre son ind&eacute;pendance. Dans le m&ecirc;me temps, ces Etats seront de plus en plus confront&eacute;s &agrave; des revendications d'ind&eacute;pendance r&eacute;gionale o&ugrave; les grands Etats r&eacute;galiens, et par cons&eacute;quent le continent tout entier, &eacute;puiseront leurs forces.<br /> <br /> Quel jeu jouera alors l'Allemagne, aujourd'hui la puissance incontest&eacute;e du continent ? Si les Etats-Unis poursuivent leur politique actuelle, c'est-&agrave;-dire d'espionnage, de p&eacute;n&eacute;tration, de contr&ocirc;le de secteurs allemands essentiels, y compris les m&eacute;dias, ils s'efforceront d'en faire une version renouvel&eacute;e d'un grand Reich sous influence capable de s'imposer victorieusement, non seulement &agrave; la Russie, mais &agrave; tous les Etats europ&eacute;ens refusant le retour &agrave; un pass&eacute; douloureux. Ce grand Reich, peuvent-ils esp&eacute;rer, leur sera suffisamment d&eacute;pendant pour ex&eacute;cuter fid&egrave;lement toutes les consignes de Washington. Un tel dessein &eacute;chouera sans doute, du fait des forces d&eacute;mocratiques encore pr&eacute;sentes en Allemagne, de la r&eacute;sistance d'autres Etats europ&eacute;ens et surtout des faiblesses intrins&egrave;ques de l'&eacute;conomie allemande. Cette derni&egrave;re n'aurait alors, pas plus que l'&eacute;conomie hitl&eacute;rienne, la ma&icirc;trise des technologies &eacute;mergentes, l'acc&egrave;s &agrave; des sources &eacute;nerg&eacute;tiques et &agrave; des march&eacute;s d'exportation absolument vitaux. L'Allemagne deviendrait seulement une source de d&eacute;sordre et conflits suppl&eacute;mentaires, s'ajoutant &agrave; tous ceux dont l'Europe souffrira alors. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Quid de la France, demandera-t-on ? On ne voit pas de raisons pour lesquelles elle se gu&eacute;rirait de ce qu'il faut bien appeler sa d&eacute;pendance cong&eacute;nitale &agrave; l'atlantisme. Ayant brad&eacute; &agrave; l'Am&eacute;rique et &agrave; l'Allemagne ses investissements dans les grands programmes industriels, ayant renonc&eacute; &agrave; tout effort pour se doter de moyens d'action dans le monde des r&eacute;seaux num&eacute;riques, d&eacute;chir&eacute;e par des conflits entre minorit&eacute;s religieuses, poussant sa jeunesse &agrave; s'expatrier dans d'autres parties du monde plus prometteuses, il ne lui resterait que des proph&egrave;tes hallucin&eacute;s sur le mod&egrave;le d'un certain BHL lors de la campagne dite de Libye pour lui proposer des options radicales parfaitement impossibles &agrave; mettre en oeuvre. <br /> </font></p> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial"><strong>NB1: </strong>Pr&eacute;cisons que, dans un court article comme celui-ci, si nous sommes conduits &agrave; &eacute;crire, par exemple , &laquo;&nbsp;l'Am&eacute;rique pense ceci&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;La France fait cela&nbsp;&raquo;, c'est parce que nous sommes oblig&eacute;s de nous en tenir aux propos et d&eacute;cisions effectifs des repr&eacute;sentants officiels de ces Etats. Nous ne pouvons tenir compte de r&eacute;sultats de sondages ou de manifestations de rues, fussent-ils tr&egrave;s significatifs.</font></p> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial"><strong>NB2:</strong> Cet article a d&eacute;velopp&eacute; certaines des id&eacute;es pr&eacute;sent&eacute;es par un correspondant, que nous remercions, en observation d'un article publi&eacute; sur le Saker.fr http://www.vineyardsaker.fr/2014/07/21/guerre-en-ukraine-les-grands-medias-francais-mentent-deliberement/#comments<br /> </font></p> <p style="margin-bottom: 0cm"><br /> </p> <p style="margin-bottom: 0cm"> </p> Fri, 25 Jul 2014 23:00:00 GMT Le bloc BRICS se constituera-t-il en acteur global dans l'évolution future du monde? http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1431 1431 <br /><font size="2" face="Arial" color="#000000"><span style="font-style: normal"><br /> Ce changement verrait l'ensemble des pays soumis &agrave; la domination directe des Etats-Unis (globalement ceux de la zone dollar) remplac&eacute;s comme moteur </span></font><font size="2" face="Arial" color="#000000"><span style="font-style: normal">de l'&eacute;volution par ceux qui se rassembleraient dans une zone BRICS o&ugrave; le pouvoir serait bien mieux r&eacute;parti, y compris dans le cadre d'une monnaie commune encore &agrave; d&eacute;finir et d'institutions financi&egrave;res en cours de mise en place? Si cette perspective se r&eacute;alisait, les pays de la zone euro et plus largement les pays europ&eacute;ens, auraient le choix entre deux solutions, se rassembler comme des moutons apeur&eacute;s sous l'&eacute;gide de Washington, ou s'&eacute;riger &agrave; leur tour en force politique puissante et ind&eacute;pendante. capable de discuter sur un pied d'&eacute;galit&eacute; avec les deux blocs, celui des Etats-Unis et de leurs suiveurs, d'une part, celui de la zone BRICS d'autre part. </span></font> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial" color="#000000"><span style="font-style: normal">Mais s'agirait-il seulement, en ce dernier cas, d'une r&eacute;partition diff&eacute;rente des pouvoirs financiers, industriels ou scientifiques actuels, marquant une d&eacute;gradation de la position de domination am&eacute;ricaine, sans changements profonds de la nature des affrontements? S'agirait-il au contraire d'un changement radical (nous pourrions parler d'une r&eacute;volution paradigmatique) dans la fa&ccedil;on dont les humains vont affronter les crises multiples qui s'annoncent? </span></font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial" color="#000000"><span style="font-style: normal">Si le mod&egrave;le de domination du monde mis en place depuis des d&eacute;cennies par les &eacute;lites politiques, &eacute;conomiques et m&eacute;diatiques am&eacute;ricaines n'&eacute;tait pas modifi&eacute;, mais repris et amplifi&eacute; par d'autres minorit&eacute;s dirigeantes &eacute;manant des BRICS et de l'Europe, la course au d&eacute;sastre ne fera qu'acc&eacute;l&eacute;rer une concurrence de plus en plus brutale et aveugle entre grands acteurs. On verrait s'amplifier la destruction des &eacute;cosyst&egrave;mes et des soci&eacute;t&eacute;s populaires du fait d'une exploitation renforc&eacute;e de leurs ressources. Les conflits de subsistance en r&eacute;sultant seraient d&eacute;multipli&eacute;s, ceci probablement jusqu'&agrave; ce qu'une nouvelle guerre mondiale soit d&eacute;clench&eacute;e par ceux qui se penseront les plus forts et les mieux &agrave; m&ecirc;me d'en sortir victorieusement. </span></font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"><strong><font color="#000000"><span style="font-style: normal">Les BRICS seront oblig&eacute;s d'&ecirc;tre raisonnables</span></font></strong></font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial" color="#000000"><span style="font-style: normal">Si au contraire, au sein des BRICS, des modes de gestion du monde plus avis&eacute;es, plus scientifiques, plus participatives se mettaient en place, l'avenir de la plan&egrave;te pourrait &ecirc;tre transform&eacute;, compte tenu de l'&eacute;tendue territoriale comme des ressources d&eacute;mographiques et g&eacute;ographiques de ces pays. Mais pourquoi penser que les BRICS pourraient &ecirc;tre suffisamment raisonnables pour modifier en profondeur un mod&egrave;le de d&eacute;veloppement encore trop souvent copi&eacute; sur celui de l'Am&eacute;rique ? Parce qu'ils ne pourront pas faire autrement. Il est d'ores et d&eacute;j&agrave; &eacute;vident que la Chine, par exemple, ne pourra pas longtemps continuer &agrave; pousser la croissance d'industries de consommations ou de modes de production agricole calqu&eacute;es sur le mode occidental. Il en est de m&ecirc;me a fortiori de l'Inde. Quand &agrave; la Russie, elle h&eacute;site en ce moment entre deux mod&egrave;les, celui offert par le capitalisme am&eacute;ricain ou celui inspir&eacute; d'une tradition soci&eacute;tale et religieuse beaucoup plus respectueuse des grands &eacute;quilibres naturels. </span></font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"><strong><font color="#000000"><span style="font-style: normal">Le r&ocirc;le des Europ&eacute;ens</span></font></strong></font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial" color="#000000"><span style="font-style: normal">En fait, les choix que feront les Europ&eacute;ens joueront un r&ocirc;le essentiel pour faire basculer l'&eacute;volution du monde dans telle ou telle direction. On trouve de plus en plus en Europe de forces politiques qui, sans aller jusqu'&agrave; pr&ocirc;ner une d&eacute;croissance dans tous les domaines, s'efforcent de limiter les consommations d'&eacute;nergie, d&eacute;velopper les renouvelables, encourager le retour de grands &eacute;quipements publics, maintenir le concept d'Etats protecteur au plan r&eacute;glementaire, social et sanitaire. C'est &eacute;galement en Europe que l'&eacute;mancipation des femmes et que la formation de base des populations ont &ndash; sans avoir atteints tous les buts fix&eacute;s - le plus progress&eacute; au regard du reste du monde. </span></font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial" color="#000000"><span style="font-style: normal">Chaque pays europ&eacute;en s'est donn&eacute; des r&ocirc;les &agrave; jouer dans une telle partition. La France, contrairement &agrave; ce qu'affirment ceux qui depuis des ann&eacute;es ont renonc&eacute; &agrave; l'h&eacute;ritage de De Gaulle et du Conseil National de la R&eacute;sistance, est encore consid&eacute;r&eacute;e en Europe comme un mod&egrave;le pour ses grandes r&eacute;ussites industrielles et technologiques, mais aussi pour ses potentiels intellectuels et artistiques. L'Allemagne est r&eacute;put&eacute;e pour ses capacit&eacute;s industrielles et son organisation collective. Les pays m&eacute;diterran&eacute;ens sont connus dans le monde entier par d'autres qualit&eacute;s sp&eacute;cifiques. Ne d&eacute;taillons pas ces points ici. </span></font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial" color="#000000"><span style="font-style: normal">Mais ce qui doit &ecirc;tre not&eacute;, c'est que les succ&egrave;s et r&eacute;f&eacute;rences positives europ&eacute;ennes n'int&eacute;ressent pas les Am&eacute;ricains, sauf &eacute;ventuellement dans le domaine touristique. D'abord, l'Am&eacute;rique reste, plus que jamais, une super-puissance, notamment dans tous les domaines technoscientiques. Elle peut encore se croire tout permis. Pour ce qui concerne ses relations avec les Europ&eacute;ens, son ambition, aujourd'hui particuli&egrave;rement &eacute;vidente avec les n&eacute;gociations pour un libre-&eacute;change transatlantique, a toujours &eacute;t&eacute; de rendre l'Europe conforme au mode de vie am&eacute;ricain, y compris dans ce que celui-ci a de plus n&eacute;gatif. Sur le plan g&eacute;ostrat&eacute;gique et militaire, l'Europe par ailleurs est jug&eacute;e tout juste bonne &agrave; servir de ligne avanc&eacute;e dans le vieil id&eacute;al am&eacute;ricain consistant r&eacute;duire, voire d&eacute;truire la Russie. </span></font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial" color="#000000"><span style="font-style: normal">Ce n'est &eacute;videmment pas de cette fa&ccedil;on que les autres pays du BRICS, &agrave; commencer par la Russie, mais aussi de plus en plus le Br&eacute;sil, l'Inde et la Chine, consid&egrave;rent les Europ&eacute;ens. A des titres divers, ces pays, malgr&eacute; leur puissance et leur volont&eacute; d'ind&eacute;pendance montantes, sont int&eacute;ress&eacute;s par des coop&eacute;rations sur un plan d'&eacute;galit&eacute; avec les Etats et les soci&eacute;t&eacute;s europ&eacute;ennes. Ceux qui en Europe d&eacute;fendent le concept d'euroBRICS ont multipli&eacute; les exemples dans lesquels, non pas par des conflits et luttes d'influence, mais par des coop&eacute;rations, les europ&eacute;ens et les BRICS pourraient s'attaquer &agrave; des probl&egrave;mes communs. Y compris, r&eacute;p&eacute;tons-le, dans la perspective de la grande crise climatique et environnementale qui s'annonce. </span></font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial" color="#000000"><span style="font-style: normal">On est loin aujourd'hui de cet id&eacute;al, tout au moins en ce qui concerne les relations institutionnelles. Mais, y compris avec la Chine que l'on pr&eacute;sente enferm&eacute;e dans un complexe de sup&eacute;riorit&eacute; h&eacute;rit&eacute; de l'Empire du milieu, des possibilit&eacute;s tr&egrave;s nombreuses existent dans les domaines industrielles, technologiques, scientifiques et en mati&egrave;re d'organisation des soci&eacute;t&eacute;s, b&eacute;n&eacute;ficiaires &agrave; l'ensemble des parties en pr&eacute;sence. Une prise de conscience de ces possibilit&eacute;s pourrait se faire assez vite jour au sein des populations.</span></font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"><strong><font color="#000000"><span style="font-style: normal">L'Europe doit comprendre o&ugrave; se trouve son avenir</span></font></strong></font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial" color="#000000"><span style="font-style: normal">Mais il faudrait, en ce qui concerne l'Europe notamment, que celle-ci comprenne o&ugrave; se trouve dor&eacute;navant son avenir &ndash; il n'est certainement plus dans la sid&eacute;ration &agrave; l'&eacute;gard de l'Am&eacute;rique qui l'a paralys&eacute;e depuis 1945. Bien &eacute;videmment, les lobbies atlantistes, omnipr&eacute;sents dans les capitales europ&eacute;ennes et &agrave; Bruxelles, pr&eacute;tendront toujours le contraire. Mais plus se multiplieront les exemples de coop&eacute;rations r&eacute;ussies avec les pays du BRICS, permises par des efforts r&eacute;ciproques d'ouverture, plus se g&eacute;n&eacute;ralisera un monde r&eacute;&eacute;quilibr&eacute;, d&eacute;tach&eacute; des outrances d'un n&eacute;olib&eacute;ralisme anglo-saxon impos&eacute; par 5% de dominants prenant en otage le monde entier, y compris la soci&eacute;t&eacute; am&eacute;ricaine elle-m&ecirc;me. </span></font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial" color="#000000"><span style="font-style: normal">Sur ces sujets, on pourra lire l'article remarquable de Philippe Grasset &laquo;&nbsp;Le bloc BRICS et notre destin&nbsp;&raquo; <a href="http://www.dedefensa.org/article-le_bloc_brics_et_notre_destin_22_07_2014.html">http://www.dedefensa.org/article-le_bloc_brics_et_notre_destin_22_07_2014.html</a></span></font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"><br /> </font><br /> </p> Tue, 22 Jul 2014 23:00:00 GMT Prévoir, avant que cela n'arrive http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1411 1411 <br /><p align="left"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font color="#000099"><strong><br /> </strong></font><font color="#000000">Christophe Jacquemin - 4/07/2014</font></font></p> <p align="left"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><strong>Une &eacute;quipe internationale collaborant sur l'&eacute;laboration d'une m&eacute;thode de surveillance des r&eacute;seaux sociaux, a r&eacute;ussi &agrave; identifier les informations pertinentes et partag&eacute;es, qui y sont publi&eacute;es, ceci jusqu'&agrave; deux mois avant qu'elles ne deviennent virales. D'apr&egrave;s les auteurs, l'utilisation des donn&eacute;es de 50.000 comptes twitter suffit pour obtenir de tels niveaux d'anticipation...<br /> </strong></font></font></font></p> <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Est-il possible de d&eacute;terminer un groupe de personnes (appel&eacute;es &quot;capteurs ou sentinelles&quot;) dont la position dans les r&eacute;seaux sociaux permet de surveiller l'information se propageant de mani&egrave;re virale sur le r&eacute;seau global ? </font></font><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Pour r&eacute;pondre &agrave; cette question, les scientifique de l'<font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Universit&eacute; Carlos III de Madrid (UC3M), l'Universit&eacute; Autonome de Madrid ainsi que du NICTA australien et des universit&eacute;s am&eacute;ricaines de Yale et de San Diego (Californie) </font>ont travaill&eacute; sur des donn&eacute;es du r&eacute;seau social Twitter et ont mis &agrave; profit une caract&eacute;ristique des r&eacute;seaux sociaux, connue sous le nom de &quot;paradoxe de l'amiti&eacute;&quot;. <br /> Selon ce paradoxe, il est probable que vos &quot;amis&quot; sur les r&eacute;seaux sociaux aient eux m&ecirc;me plus d'amis que vous.<br /> <br /> Ainsi, dans le cas de twitter, apr&egrave;s avoir analys&eacute; un &eacute;chantillon de donn&eacute;es datant de 2009 et provenant de 40 millions d'usagers et de 1,5 milliards de followers, les chercheurs ont pu confirmer que chaque usager avait en moyenne 25 followers, alors que ces derniers en totalisaient environ 422, soit pr&egrave;s de 20 fois plus. Ce paradoxe de l'amiti&eacute; conf&egrave;re un r&ocirc;le cl&eacute; aux followers d'un individu au moment de propager ou de recevoir une information.</font></font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Publi&eacute; dans Plos One(<em>1)</em>, l'&eacute;tude indique que les chercheurs ont choisi un ensemble d'usagers Twitter au hasard, et s&eacute;lectionn&eacute; &eacute;galement au hasard un suiveur (follower) de chacun de ces usagers pour constituer un groupe &quot;capteur&quot;. Ils ont pu v&eacute;rifier que ces amis-capteurs jouaient un r&ocirc;le beaucoup plus important que ce qui aurait pu &ecirc;tre imagin&eacute;, car ce groupe-capteur leur a permis de d&eacute;tecter les utilisations virales de nouveaux hashtags plus de 7 jours plus t&ocirc;t que la d&eacute;tection permise par le premier ensemble d'usager choisi al&eacute;atoirement. Alors que les chercheurs s'attendaient &agrave; voir appara&icirc;tre les futures hashtags viraux avec quelques heures d'avance gr&acirc;ce &agrave; leur m&eacute;thode de surveillance, ce sont des jours, voire m&ecirc;me parfois des mois d'avance qu'ils ont r&eacute;ussi &agrave; obtenir. Par exemple, leur m&eacute;thode a pr&eacute;dit l'explosion virale du hashtag #obamacare sur Twitter presque deux mois avant que ce dernier ne se convertisse en une tendance, et trois mois avant qu'il n'atteigne son record d'occurrence dans les recherches Google.</font></p> <p align="center"><img width="526" height="426" src="http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2014/147/viralite_hastag.jpg" alt="" /><br /> <font size="2"><em><font face="Arial, Helvetica, sans-serif">Signes de viralit&eacute; dans l'usage des hastags <br /> </font></em></font> </p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">D'apr&egrave;s ses cr&eacute;ateurs, l'utilisation des donn&eacute;es de 50.000 comptes twitter suffit pour obtenir de tels niveaux d'anticipation et conna&icirc;tre avant tout le monde les informations qui vont devenir virales sur Internet. On peut utiliser cette m&eacute;thode en temps r&eacute;el, sur diff&eacute;rents th&egrave;mes, dans diff&eacute;rentes langues ou r&eacute;gions g&eacute;ographiques, ce qui permet de couvrir des contextes tr&egrave;s diff&eacute;rents : d&eacute;couvrir de nouvelles opinions dans un d&eacute;bat politique, pr&eacute;dire les mouvements sociaux, l'acceptation d'un nouveau produit par les consommateurs, ou analyser comment se r&eacute;pandent les messages</font><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">.</font></p> <p><strong><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#000080">Un bel outil de pouvoir... Pr&eacute;voir avant que cela n'arrive. </font></strong></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Dans un autre domaine - rapport&eacute; par Ren&eacute; Tr&eacute;gou&euml;t dans un de ses &eacute;ditoriaux<em>(2)</em>, et qui rejoint cependant les propos pr&eacute;c&eacute;dents et montre la puissance dans l'exploitation des donn&eacute;es - signalons les travaux de Matthew S. Gerber, du Predictive Technology Lab de l'Universit&eacute; de Virginie.<br /> Avec son &eacute;quipe, il a d&eacute;velopp&eacute; un programme informatique, utilis&eacute; aujourd'hui par la ville de Chicago, visant &agrave; pr&eacute;dire les diff&eacute;rents types de crimes et d&eacute;lits et &agrave; les emp&ecirc;cher dans l'oeuf. <br /> Ayant </font><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">obtenu le droit de collecter toutes les donn&eacute;es relatives aux crimes et d&eacute;lits commis entre le 1er janvier et le 31 mars 2013, les chercheurs les ont compl&eacute;t&eacute;es d'une base de donn&eacute;es concernant plus d&rsquo;1,5 million de &quot;tweets&quot; accompagn&eacute;s de la position GPS de l&rsquo;utilisateur au moment de la publication. L'analyse</font><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"> pouss&eacute;e de l&rsquo;ensemble de ces donn&eacute;es, recourant notamment &agrave; &quot;l'estimation par noyau (KDE)&quot;<em>(3) </em>&agrave; permis d'identifier et de visualiser rapidement les zones &agrave; risques o&ugrave; il existait une tr&egrave;s forte probabilit&eacute; qu&rsquo;aient lieu rapidement certaines crimes&hellip; </font><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">En d&eacute;codant les formes d&rsquo;expression utilis&eacute;es dans les tweets, pour y rep&eacute;rer des indices indirects faisant allusion &agrave; diff&eacute;rents types de criminalit&eacute;, les chercheurs sont arriv&eacute;s au r&eacute;sultat suivant : sur les 25 types de crimes &eacute;tudi&eacute;s par les chercheurs, les tweets se sont r&eacute;v&eacute;l&eacute;s utiles pour 19 d&rsquo;entre eux. Matthew S. Gerber souligne que son mod&egrave;le de pr&eacute;diction pourrait s&rsquo;av&eacute;rer tr&egrave;s utile aux responsables politiques, qu&rsquo;ils soient locaux ou nationaux, pour pr&eacute;parer et mettre en &oelig;uvre leur politique en mati&egrave;re de lutte contre la criminalit&eacute; et la d&eacute;linquance.</font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#000066"><strong>Et encore d'autres syst&egrave;mes informatiques de pr&eacute;vision de la criminalit&eacute;</strong></font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Notons qu'il existe aujourd'hui bien d'autres syst&egrave;mes informatiques de pr&eacute;vision de la criminalit&eacute; : citons le logiciel &quot;<a href="http://paleo.sscnet.ucla.edu/ucmasc.htm">MaSC</a>&quot; (utlis&eacute; notamment &agrave; Los Angeles, Memphis et New-York) ; <a href="https://www.dhs.gov/xlibrary/assets/privacy/privacy_pia_st_fast.pdf">FAST (Future Attribute Screening Technology)</a> qui vise la pr&eacute;diction de &quot;l'intention de nuire, ou encore <a href="http://www.predpol.com/">PredPol</a> (pr&eacute;diction policing), utilisant un algorithme soigneusement tenu secret, d&eacute;velopp&eacute; &agrave; l&rsquo;issue de six ans de recher</font><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">che en coop&eacute;ration entre les universit&eacute;s de Californie, d&rsquo;Irvin et le d&eacute;partement de police local. Il a &eacute;t&eacute; notammant adopt&eacute; par les grandes villes am&eacute;ricaines comme Memphis, New York et Los Angeles. Dans cette derni&egrave;re, Predpol a permis de r&eacute;duire d&rsquo;un tiers en un an les agressions et de 21% les crimes violents et, depuis l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re, plusieurs villes britanniques ont d&eacute;cid&eacute; d&rsquo;exp&eacute;rimenter ce syst&egrave;me.</font></p> <p align="center"><img width="370" height="280" src="http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2014/147/media-ss3.jpg" alt="" /><br /> <font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><em>Predpol : carte montrant o&ugrave; et quand </em></font><em><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">les futurs crimes par arme &agrave; feu <br /> sont les plus susceptibles de se produire</font></em></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><strong>Du c&ocirc;t&eacute; de l'Europe, on peut citer le logiciel &quot;Key Crime&quot;</strong>, mis au point apr&egrave;s 7 ans de recherche par un officier de police milanais, qui a permis par exemple de pr&eacute;voir l&rsquo;<a href="http://milano.corriere.it/notizie/cronaca/14_marzo_17/rapinatore-seriale-farmacie-arrestato-grazie-key-crime-74a1c988-add7-11e3-a415-108350ae7b5e.shtml">attaque d&rsquo;une pharmacie dans le centre de Milan</a> et de cueillir les protagoniste en flagrant d&eacute;lit ! Mieux que les logiciels am&eacute;ricains, Key Crime ne se contente pas ici d&rsquo;analyser uniquement les donn&eacute;es historiques concernant les d&eacute;lits, il se focalise surtout sur les auteurs des actes d&eacute;lictueux et recherche alors leur mode op&eacute;ratoire sp&eacute;cifique leur &quot;signature criminelle&quot; en quelque sorte. Ainsi, le taux d&rsquo;&eacute;lucidation des attaques &agrave; main arm&eacute;e est pass&eacute; de 27 % &agrave; 45 % &agrave; Milan et cet outil est d&rsquo;autant plus efficace qu&rsquo;il permet &eacute;galement de relier les affaires non &eacute;lucid&eacute;es entre elles et de les imputer &agrave; un m&ecirc;me auteur. <br /> Cet outil de pr&eacute;vention et de lutte contre la criminalit&eacute; reste pour l'instant circonscrit &agrave; la m&eacute;tropole de Milan. Selon certains responsables de police milanaise, les raisons de cet attentisme ne sont pas technologiques mais plut&ocirc;t culturelles et politiques : la g&eacute;n&eacute;ralisation d&rsquo;un tel outil &agrave; l&rsquo;ensemble du pays pour l&rsquo;ensemble des crimes et d&eacute;lits provoquerait un r&eacute;el bouleversement du travail policier mais &eacute;galement, en amont, des missions de la justice et des politiques gouvernementales en mati&egrave;re de s&eacute;curit&eacute;&hellip; <br /> </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Si l'utilisation des r&eacute;seaux sociaux qu'implique ces logiciel suscite pour l'instant certaines r&eacute;serves et interrogations, notamment parmi les associations de d&eacute;fense des libert&eacute;s individuelles et de la vie priv&eacute;e (ce type d&rsquo;outil peut conduire &agrave; de nouvelles formes de racisme ou &agrave; la mise en place insidieuse d&rsquo;un contr&ocirc;le social des individus...), il ne fait pour nous aucun doute que ces syst&egrave;mes de pr&eacute;dictions sont appel&eacute;s &agrave; s'imposer... </font></p> <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">On imagine facilement la puissance prochaine de l'ensemble de ces outils, combin&eacute;s &agrave; l'ensemble des ressources de l'intelligence artificielle. On relira alors avec encore plus d'attention l'article d'Alain Cardon &quot;<a href="http://www.automatesintelligents.com/echanges/2014/juin/controle_total.html">Envahissement technologique et science sans conscience : pour des Comit&eacute;s citoyens de vigilance</a>, publi&eacute; dans notre site.<br /> </font></p> <p align="left"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><em>(1) &quot;<a href="http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0092413">Using Friends as Sensors to Detect Global-Scale Contagious Outbreaks</a>&quot;, par Manuel Garcia-Herranz, Esteban Moro, Manuel Cebrian, Nicholas A. Christakis et James H. Fowler<br /> </em></font><em><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">(2) <a href="http://www.rtflash.fr/reseaux-sociaux-vont-ils-vaincre-crime/article">Les r&eacute;seaux sociaux vont-ils vaincre le crime ?<br /> </a>(3) </font></em><em><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Technique int&eacute;grant et hi&eacute;rarchisant diff&eacute;rents param&egrave;tres de temps et d'espace. Voir l'article de Matthew S. Gerber &quot;<a href="http://ptl.sys.virginia.edu/ptl/sites/default/files/manuscript_gerber.pdf">Predicting Crime Using Twitter and Kernel Density Estimation</a>&quot; </font></em></p> Fri, 04 Jul 2014 23:00:00 GMT Sous le regard des barbares http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1392 1392 <br /><em><font size="2" face="Arial">Adresse de l'article original <a href="http://www.dedefensa.org/article-chronique_du_19_courant_sous_le_regard_des_barbares_19_06_2014.html">http://www.dedefensa.org/article-chronique_du_19_courant_sous_le_regard_des_barbares_19_06_2014.html</a></font><font size="2" face="Arial"> </font><font size="2" face="Arial"> </font></em> <h2><font size="2" face="Arial"><br /> </font></h2> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">19 juin 2014 ... J&rsquo;avoue que les sc&egrave;nes diverses dont nous ont accabl&eacute; les vid&eacute;os tourn&eacute;s par les islamistes, ou pseudo-islamistes, du groupe ISIS ou pseudo-ISIS (ou EIIL) lanc&eacute; &agrave; l&rsquo;assaut de l&rsquo;antique Bagdad pass&eacute; &agrave; la tron&ccedil;onneuse du tr&egrave;s <em>clean</em> Petraeus, sc&egrave;nes en Irak ou bien en Syrie, ces sc&egrave;nes d&rsquo;ex&eacute;cutions sommaires de pauvres h&egrave;res ligot&eacute;s, aveugl&eacute;s par un bandeau, &agrave; genoux et psalmodiant une phrase ou l&rsquo;autre de contrition forc&eacute;e, tout cela fait passer le frisson de la barbarie. C&rsquo;est la barbarie m&ecirc;me qui s&rsquo;exprime, primaire, sauvage, furieuse quoiqu&rsquo;habit&eacute;e &eacute;trangement et terriblement d&rsquo;une d&eacute;termination sans faille. C&rsquo;est l&rsquo;&eacute;vidence m&ecirc;me et on ne peut se le dissimuler une seconde&nbsp;; c&rsquo;est-&agrave;-dire qu&rsquo;aucun parti-pris, aucun engagement ne devraient le dissimuler, et, de m&ecirc;me, aucun parti-pris ni aucun engagement ne devraient b&eacute;n&eacute;ficier de la condamnation et du d&eacute;go&ucirc;t qui viennent &agrave; l&rsquo;esprit et soul&egrave;vent le c&oelig;ur. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Pourtant il y a &agrave; voir &agrave; cet &eacute;gard... Nous d&eacute;busquons le monstre-Syst&egrave;me, assez ais&eacute;ment, par ce simple d&eacute;tail de s&eacute;mantique&nbsp;: dans la description de la chose affreuse, le qualificatif de &ldquo;m&eacute;di&eacute;val&rdquo; vient souvent sous la plume de tel ou tel commentateur devenu par contraste immens&eacute;ment vertueux, le plus souvent anglo-saxon et immens&eacute;ment civilis&eacute;, nous signifiant qu&rsquo;il s&rsquo;agit de pratiques d&rsquo;un pass&eacute; sombre et obscur. Aussit&ocirc;t un voile se d&eacute;chire car ce qualificatif-l&agrave;, n&rsquo;est-ce pas, c&rsquo;est d&eacute;j&agrave; prendre parti en nous disant qu&rsquo;une telle barbarie est &ldquo;m&eacute;di&eacute;vale&rdquo;, qu&rsquo;elle nous vient d&rsquo;une autre &eacute;poque, qu'aujourd&rsquo;hui notre modernit&eacute; dissolue dans notre postmodernit&eacute;, repouss&eacute; ce spectre &agrave; jamais. Passons outre mais voyons voir, tout de m&ecirc;me... </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Ainsi proc&egrave;de-t-on, par amalgame de l&rsquo;image, du clich&eacute;, du lieu absolument commun. Ce qui ne cesse de me stup&eacute;fier, c&rsquo;est &agrave; quel point les r&eacute;giments de la postmodernit&eacute;, les d&eacute;fenseurs du Syst&egrave;me, sont quittes de toute r&eacute;elle humanit&eacute; dans la fa&ccedil;on dont ils profitent de chaque ignominie atroce de <strong>leur temps</strong> (on verra comment quelques lignes plus loin), pour faire la promotion de <strong>leur temps</strong>. Ces gens, pauvres h&egrave;res de l&rsquo;esprit, sont totalement, c&rsquo;est-&agrave;-dire <strong>en eux-m&ecirc;mes, </strong><strong><span style="font-weight: normal">d&rsquo;une fa&ccedil;on totalitaire</span></strong>, les serviteurs-esclaves du Syst&egrave;me. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">J'ai &eacute;t&eacute; conduit &agrave; ce jugement apr&egrave;s avoir vu telle ou telle vid&eacute;o de tel ou tel islamiste vidant son chargeur de Kalachnikov dans le dos de ses prisonniers ligot&eacute;s, b&acirc;illonn&eacute;s, aveugl&eacute;s et mis &agrave; genou&nbsp;: non seulement cet acte n&rsquo;a aucune signification directe d&rsquo;un point de vue g&eacute;n&eacute;ral et symbolique, &ndash; c&rsquo;est-&agrave;-dire qu&rsquo;il ne condamne pas r&eacute;trospectivement le temps &ldquo;m&eacute;di&eacute;val&rdquo; &ndash; mais <strong>au contraire</strong> sa signification indirecte nous conduit &agrave; condamner <strong>leur temps</strong>, c&rsquo;est-&agrave;-dire notre temps pr&eacute;sent. La cause est simple, et vite entendue. On sait bien que cette barbarie soi-disant &ldquo;m&eacute;di&eacute;vale&rdquo; a &eacute;t&eacute; r&eacute;veill&eacute;e, ranim&eacute;e, relanc&eacute;e, r&eacute;&eacute;quip&eacute;e, remise &agrave; neuf pour les besoins de la cause, je veux dire de <strong>leur cause</strong> dont on voudrait nous faire croire que c&rsquo;est notre cause, &ndash; et plus encore, que c&rsquo;est une cause, quelque chose qui m&eacute;rite le nom de &ldquo;cause&rdquo; ... </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">On sait bien par quels chemins tortueux et vicieux ont &eacute;t&eacute; rallum&eacute;s les incendies artificiels des extr&eacute;mismes religieux. (On se reportera &agrave; l&rsquo;inoxydable Brzezinski, <em>circa</em> 1979, pr&eacute;parant le soul&egrave;vement afghan &agrave; grands coups de man&oelig;uvres de la CIA &ndash; voir le <a href="http://www.dedefensa.org/article-les_origines_du_d_sordre_pr_sent_par_brzezinski_en_janvier_1998_31_07_2005.html">31 juillet 2005</a>.) Je conclus &agrave; ce point avant d&rsquo;en venir &agrave; l&rsquo;essentiel&nbsp;: cette barbarie primaire sur vid&eacute;o, pass&eacute; le frisson qu&rsquo;on a dit, n&rsquo;am&egrave;ne en moi aucune consid&eacute;ration g&eacute;n&eacute;rale directe, notamment concernant la soi-disant sauvagerie &ldquo;m&eacute;di&eacute;vale&rdquo; de retour parmi nous. Cette barbarie primaire, qui est un montage-Syst&egrave;me de notre modernit&eacute;-postmodernit&eacute;, voulu par le Syst&egrave;me, ne nous ram&egrave;ne pas au temps &ldquo;m&eacute;di&eacute;val&rdquo;&nbsp;; elle nous conduit <strong>au contraire</strong> directement dans notre temps de la modernit&eacute;-postmodernit&eacute;. L&rsquo;ex&eacute;cuteur &agrave; la Kalachnikov, militant d&rsquo;un ISIS/EIIL couvert de dollars fra&icirc;chement imprim&eacute;s par la <em>Fed</em>, doit tout &agrave; <strong>leur temps</strong>&nbsp;; il est notre rejeton, notre h&eacute;ritage, notre monstre accouch&eacute; de nous. Il nous d&eacute;signe, il nous d&eacute;nonce, immanquablement. Ainsi passons-nous, comme subrepticement, de leur barbarie primaire &agrave; notre barbarie int&eacute;rieure. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Effectivement, l&rsquo;image ne ment pas, comme la plume qui en fait le commentaire&nbsp;; elle est la marque indubitable de l&rsquo;acte monstrueux, et ainsi la barbarie primaire des bourreaux allum&eacute;s de ISIS/EIIL est absolument et indirectement enfant&eacute;e par notre &ldquo;barbarie int&eacute;rieure&rdquo;... L&rsquo;expression utilis&eacute;e vient du titre de l&rsquo;essai de Jean-Fran&ccedil;ois Mattei, <em>La barbarie int&eacute;rieure</em>, qui porte comme pr&eacute;cieux sous-titre&nbsp;: <em>Essai sur l&rsquo;immonde</em> <em>moderne</em>&nbsp; (1), &ndash; et cela nous permet de passer &agrave; l&rsquo;essentiel. Mattei d&eacute;finit ici et l&agrave;, dans son essai, ce qu&rsquo;il entend par &ldquo;barbarie int&eacute;rieure&nbsp;: </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">&laquo; <em>L&rsquo;histoire de l&rsquo;Europe, et plus tard du monde, montrera d&egrave;s lors l&rsquo;&eacute;trange cadeau d&rsquo;une barbarie qui, vaincue par la civilisation qu&rsquo;elle avait terrass&eacute;e, s&rsquo;est retrouv&eacute;e transpos&eacute;e au c&oelig;ur de la civilisation elle-m&ecirc;me...</em> [...] <em>Tout s&rsquo;est pass&eacute; comme si la barbarie, sous l&rsquo;influence du monde int&eacute;rieur du christianisme, s&rsquo;&eacute;tait progressivement d&eacute;faite de sa violence ext&eacute;rieure pour se convertir en une cruaut&eacute;, ou une insensibilit&eacute;, int&eacute;rieure. Apr&egrave;s l&rsquo;av&egrave;nement du christianisme, le barbare, ce ne sera plus l&rsquo;Autre, &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur du &ldquo;limes&rdquo; imp&eacute;rial, mais le civilis&eacute; Meme, &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de la conscience...</em>&raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Comme compl&eacute;ment de cette citation pour d&eacute;finir la barbarie int&eacute;rieure, qui est &eacute;videmment celle de l&rsquo;indiff&eacute;rence du monde, la barbarie pos&eacute;e comme par d&eacute;faut au-dedans de soi et qu&rsquo;on cherche &agrave; &eacute;carter, comme on chasse une mouche aga&ccedil;ante, face &agrave; ces terribles cruaut&eacute;s du monde, qui deviennent la transmutation et l&rsquo;expression op&eacute;rationnelle de notre propre cruaut&eacute; int&eacute;rieure, sans que nous nous en avisions, par indiff&eacute;rence, &ndash; on ajoutera cette observation de Robert Redeker (2)&nbsp;: &laquo;<em>La domination de l&rsquo;indiff&eacute;rence est l&rsquo;une des grandes singularit&eacute;s de notre modernit&eacute; tardive. Tout dans notre soci&eacute;t&eacute; concourt &agrave; fabriquer &agrave; &eacute;chelle industrielle cet &ecirc;tre sans souci que j&rsquo;appelle l&rsquo;indiff&eacute;rent. L&rsquo;histoire &ndash; comme d&rsquo;ailleurs les paysages, &oelig;uvre de dizaines de g&eacute;n&eacute;rations de paysans &ndash; n&rsquo;est plus pour lui qu&rsquo;un spectacle. Il n&rsquo;est plus li&eacute; &agrave; l&rsquo;histoire nationale et aux paysages par aucun lien charnel...</em>&raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><strong><font size="2" face="Arial" color="#000080">La barbarie int&eacute;rieure et l'Ukraine</font></strong></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Cette barbarie int&eacute;rieure de l&rsquo;&ecirc;tre indiff&eacute;rent, le &ldquo;dernier homme&rdquo; qu&rsquo;annon&ccedil;ait Nietzsche, n&rsquo;a pas de meilleur champ d&rsquo;exp&eacute;rimentation aujourd&rsquo;hui que l&rsquo;Ukraine... (La pi&egrave;tre basse-cour de l&rsquo;&ldquo;histoire-tout-court&rdquo; de notre temps m&eacute;tahistorique o&ugrave; se sont r&eacute;fugi&eacute;s la plupart d'entre nous, n&rsquo;est pas une simple image. Elle existe, en pleine agitation, ais&eacute;ment identifiable, sur une carte, selon des r&eacute;f&eacute;rences bien d&eacute;termin&eacute;es, en latitude et longitude. Elle est bien un &ldquo;champ d&rsquo;exp&eacute;rimentation&rdquo; actif, o&ugrave; le Syst&egrave;me s&rsquo;essaie &agrave; cr&eacute;er des nouveaux modes d&rsquo;humanit&eacute;, o&ugrave; leur bassesse peut s&rsquo;&eacute;taler dans son &ldquo;bourbier&rdquo; selon le terme employ&eacute; par Platon autant que par Plotin, pour rester dans cette veine sublime... Mattei encore&nbsp;: &laquo;<em>L&rsquo;image traditionnelle du &ldquo;bourbier&rdquo;</em> [...] <em>est r&eacute;currente chez Platon, du Ph&eacute;don &agrave; La R&eacute;publique, avant de devenir dans le n&eacute;oplatonisme, en premier lieu chez Plotin. Mais Platon lui associe, dans un des textes fondateurs de sa philosophie, au septi&egrave;me livre de La R&eacute;publique, le terme de &ldquo;barbare&rdquo;, indiquant par l&agrave; que le fond de l&rsquo;&acirc;me humaine, aussi opaque qu&rsquo;un bourbier, est impropre &agrave; la lumi&egrave;re. La barbarie, &ndash; &ldquo;la mati&egrave;re, le bloc, la fange, la g&eacute;henne&rdquo;, murmure la Bouche d&rsquo;Ombre chez Hugo, &ndash; se trouve ainsi d&egrave;s l&rsquo;origine li&eacute;e au destin de l&rsquo;&acirc;me dans la philosophie...</em>&raquo;) </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Ce &ldquo;champ d&rsquo;exp&eacute;rimentation actif&rdquo; de la barbarie, initi&eacute; et op&eacute;rationnalis&eacute; par le Syst&egrave;me, se trouve bien en Ukraine aujourd&rsquo;hui, parall&egrave;lement &agrave; l&rsquo;Irak, mais d&rsquo;une fa&ccedil;on particuli&egrave;re et si sp&eacute;cifique que la chose m&eacute;rite un d&eacute;veloppement sp&eacute;cifique et particulier. Le concept de &ldquo;barbarie int&eacute;rieure&rdquo; y trouvera tous ses composants et toute son universalit&eacute;, sa globalisation d&rsquo;&eacute;poque, de l&rsquo;&eacute;poque de la globalisation. On conna&icirc;t, &ndash; je parle de ceux qui <strong>veulent conna&icirc;tre</strong>, question d&rsquo;en faire l&rsquo;effort, &ndash; la situation en Ukraine... L&rsquo;arm&eacute;e ukrainienne et ses multiples appendices tordus, vicieux, mafieux et mercenaires, continue &agrave; pilonner les villes et les villages du Donbass, au nom d&rsquo;un pouvoir qui est un rassemblement d&rsquo;&ecirc;tres dissolus et d&eacute;structur&eacute;s, dont l&rsquo;&acirc;me est &ldquo;aussi opaque qu&rsquo;un bourbier&rdquo;, sans honneur ni parole, faisant assaut de mensonges inconscients et de vitup&eacute;rations haineuses, tremblants de n&rsquo;&ecirc;tre pas assez du parti de la fange et de l&rsquo;ombre pour satisfaire leurs ma&icirc;tres dont ils ignorent qu&rsquo;il n&rsquo;y en a qu&rsquo;un, &ndash; et qu&rsquo;il se nomme le Syst&egrave;me, la B&ecirc;te tentaculaire. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">La v&eacute;rit&eacute; de la situation en Ukraine est suffisamment manifest&eacute;e, attest&eacute;e, ouverte &agrave; notre intelligence et &agrave; notre intuition par les moyens clandestins du syst&egrave;me de la communication lorsqu&rsquo;ils sont utilis&eacute;s par une r&eacute;sistance antiSyst&egrave;me. Nous avons tous les t&eacute;moignages qu&rsquo;il faut, gr&acirc;ce aux outils triomphants de la communication moderne-post-moderne, ses vid&eacute;os, ses photos, ses t&eacute;moignages, ses interviews, etc. Par cons&eacute;quent, nous disposons de l&rsquo;&eacute;vidence d&rsquo;une campagne dite &ldquo;de terreur&rdquo;, o&ugrave; la force qui en a la charge pilonne sans trop de risque les b&acirc;timents civils, les institutions publiques, les h&ocirc;pitaux, les appartements anonymes, ceci sans discrimination, presque avec une sorte de souci d&rsquo;&eacute;galit&eacute;. Je ne dis pas que c&rsquo;est un carnage monstrueux, que c&rsquo;est un g&eacute;nocide sans &eacute;gal, parce qu&rsquo;en v&eacute;rit&eacute; je n&rsquo;en sais rien&nbsp;; mais l&rsquo;on peut ais&eacute;ment savoir, par un simple effort civique facile de recherche de la connaissance, qu&rsquo;il s&rsquo;agit de ce que je d&eacute;cris, d&rsquo;une campagne de terreur contre des populations civiles. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">On comprendra, je l&rsquo;esp&egrave;re avec ferveur, que ce n&rsquo;est, de ma part, prendre parti en aucune fa&ccedil;on. Je suis en-dehors de ce d&eacute;bat et je dirais m&ecirc;me au-dessus, parce que j&rsquo;estime que ce d&eacute;bat n&rsquo;est pas le vrai, que la seule chose qui importe pour garder une certaine hauteur est d&rsquo;identifier et soutenir ce qui est antiSyst&egrave;me dans telle ou telle occurrence, dans autant de crises, d&rsquo;incidents, d&rsquo;affrontements, pour soutenir le temps qui importe un ph&eacute;nom&egrave;ne, dans ce qui devient pour un instant ou pour un moment sa lutte &agrave; mort contre le Syst&egrave;me. Il n&rsquo;y a donc <strong>rien de politique</strong> (encore moins d&rsquo;id&eacute;ologique) dans ce cas comme dans mon propos, d&rsquo;aucun parti, d&rsquo;aucune chapelle, rien du tout. Ce qui m&rsquo;importe, dans l&rsquo;occurrence d&eacute;crite, c&rsquo;est bien de d&eacute;busquer le barbare fondamental, le barbare de notre barbarie int&eacute;rieure... Et il se trouve justement, dans ce cas, que ce n&rsquo;est pas le bidasse ukrainien, le tordu de <em>Pravy Sektor</em> ni le psychopathe d&rsquo;<em>Akademi</em> (ex-<em>Blackstone</em>) ou l&rsquo;agent un peu exalt&eacute; d&rsquo;un service polonais quelconque, tous ceux qu&rsquo;on retrouve dans la campagne &ldquo;anti-terroriste&rdquo; de terreur. Le barbare int&eacute;rieur, c&rsquo;est nous, ici, dans nos pays. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">L&rsquo;Ukraine est champ d&rsquo;exp&eacute;rimentation &agrave; plus d&rsquo;un titre, et il l&rsquo;est pr&eacute;cis&eacute;ment et particuli&egrave;rement dans le champ du d&eacute;ni de la v&eacute;rit&eacute; d&rsquo;une situation, par automatisme, par fermeture, par enfermement dans &ldquo;la mati&egrave;re, le bloc, la fange, la g&eacute;henne&rdquo;, &ndash; ce champ bienheureux de l&rsquo;indiff&eacute;rence o&ugrave; <strong>l&rsquo;on ne voit rien</strong>. Il s&rsquo;agit donc bien de notre barbarie int&eacute;rieure. Jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;Ukraine-2014, il n&rsquo;existait aucune occurrence o&ugrave; les communaut&eacute;s dites-civilis&eacute;es, chez nous, dans cet Occident du monde ab&icirc;m&eacute; dans son <em>hybris</em>, aient si manifestement, si extraordinairement et consciencieusement, mais aussi en toute inconscience je crois, si compl&egrave;tement ignor&eacute; ce qui se passe sous leur regard vide. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">On sait comment fonctionne notre syst&egrave;me de la communication. Des &eacute;v&eacute;nements font l&rsquo;objet de toute son attention, pour telle ou telle raison qu&rsquo;importe, d&rsquo;autres sont compl&egrave;tement ignor&eacute;s. L&rsquo;Ukraine (ce qu&rsquo;on d&eacute;signe comme la &ldquo;crise ukrainienne&rdquo;, &agrave; partir de son premier paroxysme de f&eacute;vrier 2014) fait partie de la premi&egrave;re cat&eacute;gorie. L&rsquo;&eacute;v&eacute;nement a donc &eacute;t&eacute; suivi, comment&eacute;, charg&eacute; d&rsquo;intenses significations antagonistes, diss&eacute;qu&eacute;, disput&eacute;, etc. On conna&icirc;t la musique, avec les affrontements de communication qui vont avec, les pol&eacute;miques, les <em>narrative</em>, les montages, etc., d&rsquo;une fa&ccedil;on d&eacute;sormais connue entre les tenants du Syst&egrave;me (la presse-Syst&egrave;me et le reste) et la r&eacute;sistance antiSyst&egrave;me, tout cela &agrave; la lumi&egrave;re encore &eacute;clatante des pr&eacute;c&eacute;dents libyens et syriens. Mais avec l&rsquo;Ukraine, il s&rsquo;est pass&eacute; quelque chose de singulier. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">A partir d&rsquo;un certain moment, disons vers quelque part d&eacute;but-avril ou courant-avril, lorsque la crise s&rsquo;est concentr&eacute;e sur la campagne &ldquo;anti-terroriste&rdquo; lanc&eacute;e par Kiev contrer le Sud-Est du pays, tout a sembl&eacute; se contracter, se replier, se refermer et se fermer&nbsp;; les lumi&egrave;res se sont &eacute;teintes, du c&ocirc;t&eacute; du Syst&egrave;me, la salle s&rsquo;est vid&eacute;e, les portes se sont ferm&eacute;es, les cadenas ont claqu&eacute;. A part quelques &eacute;clats ici ou l&agrave; qu&rsquo;il &eacute;tait difficile d&rsquo;ignorer, quelque &eacute;v&eacute;nement politique ou &ldquo;militaire&rdquo; plus imposant que les autres, tout s&rsquo;est pass&eacute; dans le paysage de la communication comme s&rsquo;il n&rsquo;y avait plus rien &agrave; voir, comme si l&rsquo;animation furieuse de la crise et des affrontements s&rsquo;&eacute;tait dissip&eacute;e en un lendemain silencieux de fin de saison, puis transform&eacute;e en une immobilit&eacute; sans accident ni relief particulier. Soudain, en Ukraine, il n&rsquo;y eut plus rien, ou tout comme. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Je crois bien que c&rsquo;est la premi&egrave;re fois qu&rsquo;un tel ph&eacute;nom&egrave;ne se produit, la premi&egrave;re fois que le Syst&egrave;me, sans doute lass&eacute; d&rsquo;avoir &agrave; argumenter pour imposer sa <em>narrative</em>, peut-&ecirc;tre craignant finalement de n&rsquo;y pas parvenir, rompt brusquement en disant en toute simplicit&eacute;&nbsp;: &ldquo;voil&agrave;, c&rsquo;est fini&rdquo;. Je ne parle pas ici d&rsquo;efficacit&eacute;, d&rsquo;une op&eacute;ration d&rsquo;&eacute;touffement de la communication r&eacute;ussie, etc., car l&rsquo;on sait bien que ce n&rsquo;est pas le cas, que, dans tous les r&eacute;seaux antiSyst&egrave;me, sous la plume des commentateurs du domaine, chez les r&eacute;sistants, leurs relais divers, au contraire la description et la d&eacute;nonciation de la v&eacute;rit&eacute; de la situation se sont poursuivies et se poursuivent toujours. Je parle du Syst&egrave;me et de ses gros moyens en g&eacute;n&eacute;ral, et, par cons&eacute;quent, de tous ceux qui le suivent et qui obtemp&egrave;rent, en sachant un peu ce qu'il en est ou en l&rsquo;ignorant souvent, qu&rsquo;importe. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Tous ceux-l&agrave; se sont brusquement ferm&eacute;s &agrave; la v&eacute;rit&eacute; du monde qu&rsquo;ils discutaient et contestaient l&rsquo;instant d&rsquo;avant, ils l&rsquo;ont &eacute;cart&eacute;e, ils lui ont tourn&eacute; le dos avec une telle effronterie et une telle impudence, et une telle inconscience d&rsquo;ailleurs, que l&rsquo;on en reste coi. Certes, et encore une fois, ils n&rsquo;ont pas r&eacute;ussi &agrave; an&eacute;antir cette v&eacute;rit&eacute; du monde, mais ce n&rsquo;est nullement ce qu&rsquo;il m&rsquo;importe de montrer et je crois m&ecirc;me que ce n&rsquo;&eacute;tait pas leur but ... Ce qui m&rsquo;importe ici, c&rsquo;est bien la soudaine et &eacute;clatante d&eacute;monstration de la barbarie int&eacute;rieure qui les habite, qui est bien le caract&egrave;re de notre temps, car cette ignorance soudaine, ce basculement dans l&rsquo;indiff&eacute;rence, et cela quel que soit votre parti et le parti-pris, &ndash; voil&agrave; bien la parfaite illustration de ce que l&rsquo;on nomme &ldquo;barbarie int&eacute;rieure&rdquo;. Elle n&rsquo;a pas les mains tach&eacute;es de sang, cette barbarie, elle n&rsquo;a pas le regard furieux du bourreau ni la Kalachnikov au canon fumant, mais &agrave; tout prendre on comprend que je dise qu&rsquo;elle est beaucoup plus effrayante, qu&rsquo;elle est d&rsquo;une terrible horreur d&rsquo;un degr&eacute; au-del&agrave; et en-dessous. Cette barbarie int&eacute;rieure est celle du regard vide et tourn&eacute; vers soi, et encore plus vide de ce fait, celle des &acirc;mes d&eacute;sagr&eacute;g&eacute;es dans l&rsquo;entropie du nihilisme. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">... Par cons&eacute;quent, ils ignorent, ces barbares int&eacute;rieurs &agrave; eux-m&ecirc;mes, que les &eacute;v&eacute;nements se sont poursuivis et se poursuivent. D&rsquo;ailleurs, est-il bien n&eacute;cessaire de les en instruire&nbsp;? Poser la question, n&rsquo;est-ce pas, on croirait que c&rsquo;est d&eacute;j&agrave; y r&eacute;pondre. (Mon Dieu, combien est lourde cette sorte de quasi-certitude, combien nous attriste cette d&eacute;sagr&eacute;gation, cet &eacute;parpillement d&rsquo;eux-m&ecirc;mes de nos contemporains, de nos compagnons &eacute;gar&eacute;s et leurr&eacute;s.) ... Mais qu&rsquo;y puis-je enfin, &ndash; toute cette aventure, toute cette qu&ecirc;te &eacute;puisante et sublime, toutes ces v&eacute;rit&eacute;s que nous devons affronter, toute ces angoisses que nous devons supporter et dont je connais la cause, tout cela est hors des standards de leur &ldquo;histoire-tout-court&rdquo;, de leur petite histoire ripolin&eacute;e et blanchie par les ma&icirc;tres-mandarins de nos &eacute;tablissements-Syst&egrave;me qui r&eacute;&eacute;crivent la v&eacute;rit&eacute; du monde. Tout cela est de l&rsquo;ordre de la m&eacute;tahistoire, et il faut leur annoncer avec la pr&eacute;caution n&eacute;cessaire qu&rsquo;on prend pour les &acirc;mes fragiles et fangeuses, et d&eacute;j&agrave; dissoutes, qu&rsquo;ils ont d&eacute;j&agrave; perdu et qu&rsquo;ils doivent songer &agrave; changer de parti, comme ils font en g&eacute;n&eacute;ral dans cette sorte de situation... (Car au fond ils ne sont pas mauvais, comme on le sait bien depuis Plotin, mais simplement trop faible pour &eacute;chapper &agrave; l&rsquo;attraction du Syst&egrave;me, aux tentacules de la Mati&egrave;re d&eacute;cha&icirc;n&eacute;e.) </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">On leur dira &eacute;galement, et avec autant de pr&eacute;caution, que si l&rsquo;on s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve un peu l&rsquo;air devient assez &eacute;clatant de lumi&egrave;re pour constater que les &eacute;v&eacute;nements sont si rapides, si emport&eacute;s et si fous, dans le tourbillon de l&rsquo;histoire transform&eacute;e en m&eacute;tahistoire, qu&rsquo;&agrave; cet instant vous pouvez croire que <strong>tout est possible</strong>, jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;effondrement du monde-Syst&egrave;me, jusqu&rsquo;&agrave; la Chute... Nous y sommes. Il faudra bien qu&rsquo;ils nous y rejoignent. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Philippe Grasset </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <h4><font size="2" face="Arial">Notes</font></h4> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">1). <em>La barbarie int&eacute;rieure &ndash;Essai sur l&rsquo;immonde</em> <em>moderne</em>, de Jean-Fran&ccedil;ois Matt&eacute;i, Quadrige/PUF, Paris, 3&egrave;me &eacute;dition 2006. (Premi&egrave;re &eacute;dition publi&eacute;e en 1999. La troisi&egrave;me &eacute;dition comporte notamment une &ldquo;pr&eacute;face &agrave; la 3&egrave;me &eacute;dition&rdquo; in&eacute;dite.) </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">2) D&eacute;j&agrave; cit&eacute;es dans Dedefensa (le <a href="http://www.dedefensa.org/article-le_d_sordre_des_forces_de_l_ordre_postmodernes_14_06_2014.html">14 juin 2014</a>), ces d&eacute;clarations de Robert Redeker sont extraites d&rsquo;<em>El&eacute;ments</em>, avril-juin 2014. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"><br /> </font><br /> <br /> </p> Wed, 18 Jun 2014 23:00:00 GMT Le fascisme réel http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1377 1377 <br /><font size="2" face="Arial"><br /> Le n&eacute;olib&eacute;ralisme est le <strong>fascisme r&eacute;el</strong>. Il repr&eacute;sente aujourd&rsquo;hui le principal danger qui menace notre R&eacute;publique, c&rsquo;est-&agrave;-dire l&rsquo;extr&eacute;misme le plus subtil et le plus incompris, donc le plus m&eacute;sestim&eacute; dans sa capacit&eacute; destructive. Ce nouveau fascisme se manifeste &agrave; travers une offensive g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e contre les int&eacute;r&ecirc;ts de la France et de nombreux autres pays, notamment europ&eacute;ens. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;un vaste complot, mais d&rsquo;un mode autoritaire de gouvernance qui se globalise dangereusement depuis la &laquo; R&eacute;volution Reagan &raquo; des ann&eacute;es 80 et la d&eacute;r&eacute;gulation financi&egrave;re correspondante. Ainsi, l&rsquo;influence et la richesse de ce que l&rsquo;ancien diplomate et universitaire Peter Dale Scott a appel&eacute; le &laquo; supramonde &raquo; se sont d&eacute;mesur&eacute;ment amplifi&eacute;es. (1) </font><font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Cette offensive n&eacute;olib&eacute;rale &ndash; multiforme et incessante &ndash; sert avant tout les int&eacute;r&ecirc;ts de la politique &eacute;trang&egrave;re des &Eacute;tats-Unis et de leurs multinationales. Mais elle est &eacute;galement profitable &agrave; une nouvelle aristocratie apatride (2) : une hyperclasse informelle qui &laquo; n&rsquo;a pas de visage &raquo;, (3) qui dirige les March&eacute;s et qui domine les cercles m&eacute;diatiques, &eacute;conomiques et politiques fran&ccedil;ais. (4) Cette hyperclasse ne constitue pas une structure hi&eacute;rarchis&eacute;e agissant de mani&egrave;re coordonn&eacute;e, mais une classe sociale hautement privil&eacute;gi&eacute;e qui utilise son influence excessive pour s&rsquo;enrichir au d&eacute;triment de l&rsquo;&eacute;conomie r&eacute;elle. Manifestement, la plupart des Fran&ccedil;ais de cette hyperclasse sont anim&eacute;s par un &eacute;tat d&rsquo;esprit pathologiquement cupide (5) et d&eacute;loyal envers notre pays. (6) En effet, &agrave; l&rsquo;image de nos principaux dirigeants politiques, leurs all&eacute;geances profondes sont essentiellement atlantistes, (7) sionistes (8) et hydrocarbomonarchistes. (9) Au regard de la d&eacute;sindustrialisation acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e de la France, (10) du consensus politique derri&egrave;re la privatisation de son &eacute;conomie (11) et de l&rsquo;exode fiscal d&rsquo;un nombre croissant d&rsquo;entreprises du CAC 40, (12) cette mentalit&eacute; est commune &agrave; la plupart de nos &eacute;lites qui &ndash; comme l&rsquo;a d&eacute;nonc&eacute; la d&eacute;put&eacute;e de l&rsquo;Aisne et ancienne directrice de l&rsquo;ENA Marie-Fran&ccedil;oise Bechtel &ndash;, partagent une &laquo; d&eacute;testation (&hellip;) envers la nation [fran&ccedil;aise] &raquo;. (13) </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Impos&eacute; par des &eacute;lites hostiles &agrave; leur patrie, le n&eacute;olib&eacute;ralisme prend la forme concr&egrave;te d&rsquo;une v&eacute;ritable guerre &eacute;conomique, financi&egrave;re, id&eacute;ologique, psychologique et s&eacute;curitaire &ndash; une attaque si d&eacute;stabilisante que dor&eacute;navant, la menace de troubles sociaux &agrave; caract&egrave;re insurrectionnel n&rsquo;est pas exclue par l&rsquo;&Eacute;tat fran&ccedil;ais. (14) Appuy&eacute;e par les grandes &eacute;coles et les m&eacute;dias de masse, cette offensive n&eacute;olib&eacute;rale est &agrave; la fois brutale et invisible, car elle est soutenue quotidiennement par le conformisme de la presse &eacute;crite et audiovisuelle. (15) C&rsquo;est pourquoi elle est difficilement perceptible, en tant que menace r&eacute;elle et imm&eacute;diate, par la majorit&eacute; de nos concitoyens. (16) H&eacute;las, elle amoindrit lentement &ndash; mais efficacement &ndash; les structures de l&rsquo;&Eacute;tat providence <strong>h&eacute;rit&eacute;es</strong> du Conseil National de la R&eacute;sistance (CNR). (17) Non conventionnelle et intensive, cette guerre asym&eacute;trique a comme finalit&eacute; d&rsquo;enrichir les riches et d&rsquo;appauvrir les pauvres au m&eacute;pris de la souverainet&eacute; &eacute;tatique, p&eacute;rennisant ainsi une nouvelle guerre des classes men&eacute;e verticalement &ndash; du fort au faible &ndash; &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle globale. Les travaux de Thomas Piketty, qui deviennent un paradigme majeur en mati&egrave;re d&rsquo;analyse &eacute;conomique, tendent &agrave; le d&eacute;montrer de fa&ccedil;on indiscutable. (18) Cette guerre des classes d&rsquo;un nouveau genre &ndash; encourag&eacute;e par la globalisation financi&egrave;re et la r&eacute;volution informatique dans les &eacute;changes boursiers &ndash;, a d&rsquo;ailleurs &eacute;t&eacute; admise par l&rsquo;un de ses principaux bellig&eacute;rants, le multimilliardaire &eacute;tats-unien Warren Buffet. (19) Bien que cet &laquo; aveu &raquo; soit ironique, il illustre n&eacute;anmoins une r&eacute;alit&eacute; concr&egrave;te. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Plus tragiquement, le n&eacute;olib&eacute;ralisme <strong>pr&eacute;dateur</strong> engendre des guerres durablement brutales et destructrices, qui favorisent avant tout des int&eacute;r&ecirc;ts priv&eacute;s (et pas seulement &eacute;nerg&eacute;tiques). (20) Ces interventions militaires sont justifi&eacute;es par un usage abusif et trompeur des notions humanistes que sont les droits universels ou la d&eacute;mocratie, comme en Irak ou en Libye. Depuis le 11-Septembre, elles sont &eacute;galement l&eacute;gitim&eacute;es par la guerre globale &laquo; contre &raquo; le terrorisme, comme en Afghanistan ou &agrave; Gaza. En r&eacute;alit&eacute;, les forces n&eacute;olib&eacute;rales s&rsquo;appuient fr&eacute;quemment sur des jihadistes (Bosnie (21), Kosovo (22), Libye (23), Syrie (24)&hellip;) ou sur des extr&eacute;mistes de l&rsquo;ultradroite (Am&eacute;rique latine (25), Ukraine (26)&hellip;) pour &laquo; normaliser &raquo; des nations r&eacute;calcitrantes, tout en invoquant les vertus de la d&eacute;mocratie &agrave; la moindre occasion m&eacute;diatique. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Plus important encore, le n&eacute;olib&eacute;ralisme se fonde sur la conviction que les crises, les guerres et les d&eacute;sastres sont le moyen le plus efficace pour imposer aux peuples des mesures &eacute;conomiques qui seraient inacceptables en temps normal &ndash; comme l&rsquo;a d&eacute;montr&eacute; l&rsquo;&eacute;conomiste Naomi Klein. (27) Essentiellement, le n&eacute;olib&eacute;ralisme engendre une ploutocratisation du monde, puisqu&rsquo;il contraint le pouvoir politique &agrave; privatiser les gains et &agrave; nationaliser les pertes &ndash; bien que ses apologistes d&eacute;fendent la notion cosmogonique d&rsquo;une &laquo; Main invisible &raquo; qui r&eacute;gulerait les March&eacute;s. En r&eacute;alit&eacute;, le n&eacute;olib&eacute;ralisme ne rel&egrave;ve pas du lib&eacute;ralisme &eacute;conomique, mais d&rsquo;un socialisme des nantis. En effet, une surabondance de trillions &ndash; attribu&eacute;s autoritairement aux contribuables <em>lambda</em> &ndash; a &eacute;t&eacute; transf&eacute;r&eacute;e au secteur bancaire global par les gouvernants n&eacute;olib&eacute;raux durant la crise des <em>subprimes</em>, dans le but d&rsquo;&eacute;viter l&rsquo;effondrement d&rsquo;un syst&egrave;me financier intrins&egrave;quement criminog&egrave;ne (comme l&rsquo;a expliqu&eacute; le commissaire Jean-Fran&ccedil;ois Gayraud dans son dernier ouvrage). (28). Il en r&eacute;sulte une crise mondiale de l&rsquo;endettement, qui l&eacute;gitime une nouvelle migration massive de fonds publics vers le secteur priv&eacute; &agrave; travers ce qui est commun&eacute;ment appel&eacute; l&rsquo;&laquo; aust&eacute;rit&eacute; &raquo;. (29) La guerre &laquo; contre &raquo; le terrorisme a &eacute;galement engendr&eacute; un transfert colossal de ressources publiques vers des entreprises priv&eacute;es, le co&ucirc;t de ces interventions arm&eacute;es meurtri&egrave;res &ndash; mais strat&eacute;giquement d&eacute;sastreuses &ndash; ayant contribu&eacute; &agrave; la d&eacute;stabilisation &eacute;conomique et financi&egrave;re globale. (30) Le n&eacute;olib&eacute;ralisme se nourrit donc de ces catastrophes humaines, et le caract&egrave;re crisique du Syst&egrave;me-monde globalis&eacute; promet d&rsquo;heureux lendemains &agrave; l&rsquo;hyperclasse tirant profit de ces d&eacute;sastres&hellip; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <h3><font size="2" face="Arial" color="#000080">La strat&eacute;gie de la tension m&eacute;diatique et la guerre n&eacute;olib&eacute;rale </font></h3> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Le n&eacute;olib&eacute;ralisme est donc le fascisme r&eacute;el. Celui qui est d&eacute;sign&eacute; comme tel par les m&eacute;dias fran&ccedil;ais est instrumentalis&eacute; par l&rsquo;hyperclasse &agrave; des fins de neutralisation d&eacute;mocratique. En effet, la m&eacute;diatisation massive du Front National engendre un basculement du d&eacute;bat public vers les th&egrave;mes autoritaristes de la droite extr&ecirc;me. En retour, ce ph&eacute;nom&egrave;ne permet &agrave; l&rsquo;hyperclasse d&rsquo;imposer via des ministres de l&rsquo;Int&eacute;rieur fantoches (31) des politiques s&eacute;curitaires consolidant l&rsquo;ordre &eacute;tabli au nom de la lutte contre l&rsquo;ins&eacute;curit&eacute;, l&rsquo;immigration, le terrorisme, la haine raciale (etc.). (32) Si le fascisme d&eacute;sign&eacute; avait &eacute;t&eacute; r&eacute;ellement dangereux pour le syst&egrave;me n&eacute;olib&eacute;ral, le FN aurait &eacute;t&eacute; nettement moins m&eacute;diatis&eacute;. Au contraire, ce parti &ndash; qui avait &eacute;t&eacute; propuls&eacute; sur le devant de la sc&egrave;ne politique gr&acirc;ce &agrave; Fran&ccedil;ois Mitterrand dans les ann&eacute;es 80 (33) &ndash;, b&eacute;n&eacute;ficie d&rsquo;un acc&egrave;s de plus en plus privil&eacute;gi&eacute; aux m&eacute;dias. (34) Il en r&eacute;sulte une telle d&eacute;gradation du d&eacute;bat public que le citoyen est sensibilis&eacute; de force &agrave; une vision d&eacute;cliniste de son avenir. Par cons&eacute;quent, il a peur au lieu de tenter de comprendre qui est son ennemi r&eacute;el, et ainsi de le combattre. Peur de l&rsquo;autre, peur du lendemain, peur de l&rsquo;&eacute;tranger, peur du ch&ocirc;mage, peur de l&rsquo;appauvrissement, peur de la Crise&hellip; &laquo; Paradoxalement &raquo;, l&rsquo;hyperclasse qui domine les March&eacute;s n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; aussi fortun&eacute;e dans l&rsquo;Histoire du monde. (35) Ainsi, autant dire que le fascisme n&eacute;olib&eacute;ral est efficace, subtil et abondamment financ&eacute;, en plus d&rsquo;&ecirc;tre massivement m&eacute;diatis&eacute; et strat&eacute;giquement enseign&eacute; (HEC, IEP, ENA, etc.). Il en est donc incroyablement dangereux et, &agrave; d&eacute;faut d&rsquo;&ecirc;tre per&ccedil;u comme un ennemi concret, il a &eacute;t&eacute; impos&eacute; &laquo; par voie parlementaire &raquo; &agrave; la t&ecirc;te de l&rsquo;Union europ&eacute;enne &ndash; malgr&eacute; les refus r&eacute;f&eacute;rendaires des peuples fran&ccedil;ais, irlandais et n&eacute;erlandais. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Puisque le n&eacute;olib&eacute;ralisme se l&eacute;gitime &agrave; travers l&rsquo;arme de m&eacute;diatisation massive, cette guerre est <strong>psychologique</strong> avant m&ecirc;me d&rsquo;&ecirc;tre &eacute;conomique. Elle fait rage dans nos esprits car les m&eacute;dias nous imposent une strat&eacute;gie de la tension permanente, qui d&eacute;l&eacute;gitime le pouvoir politique et d&eacute;truit les notions protectrices et structurantes de souverainet&eacute; et de patriotisme en les assimilant abusivement &agrave; l&rsquo;&laquo; extr&ecirc;me droite &raquo; et au &laquo; nationalisme &raquo;. Parall&egrave;lement, la souverainet&eacute; &ndash; essentiellement &eacute;conomique, commerciale et industrielle &ndash;, est proscrite par les trait&eacute;s europ&eacute;ens. (36) Pourtant, nos &laquo; partenaires &raquo; &agrave; Washington et &agrave; Wall Street &ndash; capitales mondiales du n&eacute;olib&eacute;ralisme &ndash; n&rsquo;ont aucun scrupule &agrave; contourner les r&egrave;gles internationales lorsque leurs int&eacute;r&ecirc;ts le justifient. (37) Ainsi, dans cette guerre globale pourtant d&eacute;nonc&eacute;e par Fran&ccedil;ois Mitterrand peu avant sa mort, (38) le gouvernement fran&ccedil;ais semble totalement acquis au n&eacute;olib&eacute;ralisme et &agrave; l&rsquo;atlantisme correspondant. Par cons&eacute;quent, &ndash; bien qu&rsquo;elle ait ensuite &eacute;voqu&eacute; des &laquo; cons&eacute;quences n&eacute;gatives &raquo; dans les n&eacute;gociations du TAFTA &ndash;, notre direction politique s&rsquo;est d&rsquo;abord mur&eacute;e dans un silence assourdissant apr&egrave;s que le <em>Wall Street Journal</em> ait r&eacute;v&eacute;l&eacute; l&rsquo;intention de Washington de condamner la BNP Paribas &agrave; une amende record de 10 milliards de dollars. (39) Comme l&rsquo;a rappel&eacute; le journal <em>Le Monde</em>, </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">&laquo; [e]n droit international, les pays ne sont en g&eacute;n&eacute;ral pas autoris&eacute;s &agrave; exercer des comp&eacute;tences extraterritoriales comme les &Eacute;tats-Unis le font en sanctionnant les banques &eacute;trang&egrave;res. Mais un principe juridique supplante tous les autres : celui de la protection de la <strong>souverainet&eacute; &eacute;tatique</strong>. Un principe r&eacute;sum&eacute; avec emphase par le [ministre de la Justice] des &Eacute;tats-Unis, Eric Holder (&hellip;) : &ldquo;Aucun individu, aucune entit&eacute; qui fait du mal &agrave; notre &eacute;conomie n&rsquo;est au-dessus de la loi&rdquo; &raquo;. (40) </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">&laquo; <em>One Nation Under God</em> &raquo; : cette &laquo; souverainet&eacute; &eacute;tatique &raquo; est en r&eacute;alit&eacute; de droit divin, d&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;exceptionnalisme &eacute;tats-unien qui justifie cet h&eacute;g&eacute;monisme global &ndash; y compris s&rsquo;il implique les ing&eacute;rences &eacute;conomiques permanentes et massives de Washington (alors que les &Eacute;tats-Unis sont renomm&eacute;s pour leur attachement au lib&eacute;ralisme de march&eacute;&hellip;). Ainsi, le constat est cruel, mais il est sans appel : le n&eacute;olib&eacute;ralisme exige que la souverainet&eacute; soit l&eacute;galement proscrite aux vassaux &eacute;trangers, notamment europ&eacute;ens ; mais l&rsquo;extraterritorialit&eacute; du &laquo; droit naturel &raquo; du Souverain est impos&eacute;e ill&eacute;galement &agrave; travers de discr&egrave;tes ententes technocratiques, voire des menaces publiques (41) ou officieuses. (42) Au sein de l&rsquo;Union europ&eacute;enne, ce nouvel ordre extra-juridique se met en place subrepticement, sans que les peuples concern&eacute;s ne soient consult&eacute;s &ndash; comme l&rsquo;a expliqu&eacute; le sociologue Jean-Claude Paye. (43) </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Dans ce contexte, comment nos responsables politiques peuvent-ils ignorer cette guerre n&eacute;olib&eacute;rale men&eacute;e contre la France et l&rsquo;Europe, en particulier &agrave; l&rsquo;aune de l&rsquo;affaire Snowden et de la volont&eacute; de Washington d&rsquo;&laquo; <strong>enculer</strong> l&rsquo;UE &raquo; &agrave; travers la crise ukrainienne ? (44) Pourtant, malgr&eacute; cette hostilit&eacute; manifeste de nos &laquo; alli&eacute;s &raquo;, le cadre institutionnel de l&rsquo;Union europ&eacute;enne reste majoritairement atlantiste, donc acquis au n&eacute;olib&eacute;ralisme et &agrave; son bras arm&eacute; qu&rsquo;est l&rsquo;OTAN. La guerre est silencieuse et feutr&eacute;e depuis le b&acirc;timent Berlaymont, sachant que la plupart des hauts responsables y si&eacute;geant font preuve d&rsquo;une loyaut&eacute; absolue envers les &Eacute;tats-Unis et leurs int&eacute;r&ecirc;ts (accords SWIFT, TAFTA, etc.). (45) Cette guerre n&rsquo;en est pas moins intensive, brutale et d&eacute;mocracide &ndash; ce que per&ccedil;oivent majoritairement les &eacute;lecteurs fran&ccedil;ais, sans parfois m&ecirc;me en avoir conscience. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <h3><font size="2" face="Arial" color="#000080">L&rsquo;abstention majoritaire : la d&eacute;l&eacute;gitimation populaire du n&eacute;olib&eacute;ralisme</font></h3> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Ainsi, lors du dernier scrutin europ&eacute;en, cette strat&eacute;gie de la tension m&eacute;diatique eu comme effet le plus <strong>visible</strong> de placer le Front National en t&ecirc;te de ces &eacute;lections &ndash; une d&eacute;gradation encore plus profonde du d&eacute;bat public &eacute;tant donc in&eacute;vitable. En effet, depuis le 21-Avril, les dirigeants des deux principales formations politiques droitisent sans complexe leur discours et leur action sur les questions s&eacute;curitaires &ndash; conform&eacute;ment aux programmes &eacute;lectoraux du FN. En revanche, lorsqu&rsquo;il est question d&rsquo;&eacute;conomie, ils disqualifient toute id&eacute;e de &laquo; souverainet&eacute; &raquo; ou de &laquo; patriotisme &raquo; en les assimilant au &laquo; populisme &raquo; ou au &laquo; nationalisme &raquo; &ndash; malgr&eacute; les efforts r&eacute;cents du <em>young leader</em> Arnaud Montebourg pour se r&eacute;approprier ces concepts, mais sans qu&rsquo;il ne puisse appliquer les politiques de nationalisation correspondantes (puisqu&rsquo;elles seraient contraires aux r&egrave;gles impos&eacute;es par la Commission europ&eacute;enne). (46) Ainsi, dans les m&eacute;dias fran&ccedil;ais, la victoire &eacute;lectorale du FN engendre un d&eacute;ferlement de mises en garde moralisatrices envers les abstentionnistes, alors que la France est profond&eacute;ment d&eacute;stabilis&eacute;e par une offensive n&eacute;olib&eacute;rale impos&eacute;e depuis Washington, Wall Street et Bruxelles. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Dans ce contexte difficile, l&rsquo;abstention d&rsquo;une majorit&eacute; d&rsquo;&eacute;lecteurs fran&ccedil;ais insensibles au pi&egrave;ge frontiste est l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement le plus <strong>d&eacute;terminant</strong> de ces &eacute;lections europ&eacute;ennes &ndash; pr&egrave;s de 56 % des inscrits ne s&rsquo;&eacute;tant pas d&eacute;plac&eacute;s dans l&rsquo;isoloir. De mani&egrave;re informelle, ils constituent donc le plus grand parti de France, auquel j&rsquo;ai r&eacute;cemment adh&eacute;r&eacute; pour une raison simple : participer &agrave; la d&eacute;l&eacute;gitimation d&rsquo;un syst&egrave;me oligarchique r&eacute;publicide et fondamentalement hostile &agrave; l&rsquo;id&eacute;al d&eacute;mocratique moderne (donc &agrave; l&rsquo;h&eacute;ritage des <strong>r&eacute;sistants du CNR</strong> &eacute;voqu&eacute; pr&eacute;c&eacute;demment). Le vote blanc n&rsquo;&eacute;tant pas comptabilis&eacute; &agrave; l&rsquo;issue des scrutins fran&ccedil;ais, j&rsquo;estime ne pas avoir eu d&rsquo;autre choix pour d&eacute;montrer mon profond m&eacute;contentement. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Irresponsabilit&eacute; civique ? Laissez-faire &laquo; coupable &raquo; en faveur du Front National ? Bien au contraire ! Lors des derni&egrave;res &eacute;lections, le FN a r&eacute;alis&eacute; un score majoritaire avant tout car les m&eacute;dias de masse ont continuellement promu ce parti en lui accordant une diffusion injustifi&eacute;e et d&eacute;stabilisante. Essentiellement, la diabolisation massive du FN par des cercles politico-m&eacute;diatiques &agrave; la cr&eacute;dibilit&eacute; d&eacute;clinante a engendr&eacute; sa victimisation &eacute;lectoralement profitable. Anticip&eacute; par les instituts de sondages, ce ph&eacute;nom&egrave;ne &eacute;tait pr&eacute;visible au vu de la guerre n&eacute;olib&eacute;rale ici d&eacute;crite, qui affaiblit notre pays et d&eacute;truit notre tissu socio&eacute;conomique. N&eacute;anmoins, si l&rsquo;on tient compte de l&rsquo;abstention massive, ce succ&egrave;s &eacute;lectoral du FN repr&eacute;sente avant tout une victoire symbolique, qui n&rsquo;est pas repr&eacute;sentative de l&rsquo;opinion <strong>majoritaire</strong> des Fran&ccedil;ais. Ainsi, elle ne doit pas masquer l&rsquo;essentiel : en France, pr&egrave;s de 56 % des citoyens ont choisi de boycotter les &eacute;lections europ&eacute;ennes plut&ocirc;t que de cautionner par leur vote un syst&egrave;me oligotechnocratique qu&rsquo;ils consid&egrave;rent comme ill&eacute;gitime. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Parall&egrave;lement, une succession ininterrompue de scandales a discr&eacute;dit&eacute; durablement le pouvoir politique fran&ccedil;ais. L&rsquo;impuissance communicationnelle de Fran&ccedil;ois Hollande au lendemain des &eacute;lections europ&eacute;ennes, ainsi que la d&eacute;ch&eacute;ance fulgurante de Jean-Fran&ccedil;ois Cop&eacute; et de son &laquo; organisation &raquo;, en sont des illustrations &eacute;videntes et cruelles. Affaiblie et aveugl&eacute;e par ses tropismes n&eacute;olib&eacute;raux et atlantistes, la &laquo; classe politique &raquo; fran&ccedil;aise en est donc r&eacute;duite &agrave; dilapider les ressources et le patrimoine de son peuple au profit des March&eacute;s, de leurs structures cl&eacute;s (OMC, NYSE Euronext, MES, CIRDI, BCE, etc.) et des pays &oelig;uvrant le plus agressivement pour imposer le n&eacute;olib&eacute;ralisme &agrave; travers le monde. Je fais ici r&eacute;f&eacute;rence aux &Eacute;tats-Unis, &agrave; Isra&euml;l, ainsi qu&rsquo;aux hydrocarbomonarchies du golfe Persique. En France, ces forces profondes sont dangereusement et anormalement influentes. Or, peu d&rsquo;observateurs semblent remarquer qu&rsquo;elles sont massivement d&eacute;fendues par un syst&egrave;me m&eacute;diatique pourtant plus que jamais actif dans la d&eacute;stabilisation du pouvoir politique fran&ccedil;ais. (47) En effet, toute critique des &Eacute;tats-Unis dans les m&eacute;dias engendre des accusations quasi-syst&eacute;matiques (mais faiblement argument&eacute;es) d&rsquo;&laquo; antiam&eacute;ricanisme primaire &raquo;. (48) La moindre critique d&rsquo;Isra&euml;l, d&rsquo;ailleurs avant m&ecirc;me que quiconque n&rsquo;ose s&rsquo;aventurer sur ce terrain p&eacute;rilleux, est neutralis&eacute;e par l&rsquo;accusation r&eacute;voltante d&rsquo;&laquo; antis&eacute;mitisme &raquo;. (49) Enfin, la critique des hydrocarbomonarchies du Golfe est tol&eacute;r&eacute;e, dans un contexte de diabolisation permanente de ce que la plupart des m&eacute;dias d&eacute;crivent caricaturalement comme &eacute;tant l&rsquo;Islam &ndash; un processus auquel contribue activement le FN depuis des d&eacute;cennies. N&eacute;anmoins, ces critiques semblent plut&ocirc;t rares et bien souvent indulgentes, au vu du caract&egrave;re dictatorial de ces r&eacute;gimes et de la dangerosit&eacute; de leurs politiques de soutien des r&eacute;seaux jihadistes &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger &ndash; dont la secte Boko Haram (50) ou la n&eacute;buleuse al-Qa&iuml;da. (51) </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Ainsi, bien qu&rsquo;&eacute;tant profond&eacute;ment hostile envers les obsessions x&eacute;nophobes &ndash; et parfois ouvertement racistes (52) &ndash; du Front National, ma d&eacute;finition du fascisme diff&egrave;re de celle que l&rsquo;ensemble des m&eacute;dias fran&ccedil;ais nous d&eacute;signe. En effet, ce parti est devenu &laquo; malgr&eacute; lui &raquo; l&rsquo;un des principaux instruments d&rsquo;une neutralisation oligarchique de la d&eacute;mocratie, qui permet de renforcer le caract&egrave;re s&eacute;curitaire et policier de l&rsquo;&Eacute;tat, tout en marginalisant les notions de &laquo; souverainet&eacute; &raquo; et de &laquo; patriotisme &raquo;. Il en r&eacute;sulte l&rsquo;omnipuissance d&rsquo;un n&eacute;olib&eacute;ralisme pourtant majoritairement refus&eacute; par les peuples europ&eacute;ens. En effet, au moment o&ugrave; j&rsquo;&eacute;cris ces lignes, le &laquo; social-d&eacute;mocrate &raquo; luxembourgeois Jean-Claude Juncker &ndash; qui a dirig&eacute; pendant 18 ans le paradis fiscal o&ugrave; si&egrave;gent Clearstream et Euroclear &ndash; est le candidat favori &agrave; la pr&eacute;sidence de la Commission europ&eacute;enne. L&rsquo;Europe n&eacute;olib&eacute;rale ayant &eacute;t&eacute; rejet&eacute;e par voie r&eacute;f&eacute;rendaire, il serait temps que nos responsables politiques prennent conscience que ce d&eacute;ni permanent de d&eacute;mocratie ne peut avoir d&rsquo;issue heureuse, stable et prosp&egrave;re. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">N&eacute;anmoins, il semble que le peuple fran&ccedil;ais &ndash; &agrave; travers une abstention massive plus qu&rsquo;un recours au vote &laquo; protestataire &raquo; &ndash;, s&rsquo;est positionn&eacute; &agrave; l&rsquo;avant-garde de cette n&eacute;cessaire remise en cause des fondements n&eacute;olib&eacute;raux, d&eacute;loyaux et atlantistes de l&rsquo;Union europ&eacute;enne. En ayant boycott&eacute; aussi largement ce scrutin europ&eacute;en, les &eacute;lecteurs fran&ccedil;ais ont une nouvelle fois contribu&eacute; &agrave; d&eacute;l&eacute;gitimer un syst&egrave;me n&eacute;olib&eacute;ral plus antid&eacute;mocratique que jamais. D&rsquo;une certaine mani&egrave;re, sachant que le vote blanc n&rsquo;est pas comptabilis&eacute;, j&rsquo;ai la conviction d&rsquo;avoir particip&eacute; par mon abstention &agrave; une forme de r&eacute;volte pacifiste contre le nouveau fascisme &ndash; c&rsquo;est-&agrave;-dire l&rsquo;imposition autoritaire d&rsquo;un fondamentalisme n&eacute;olib&eacute;ral contraire aux int&eacute;r&ecirc;ts et &agrave; la volont&eacute; du peuple europ&eacute;en. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Ainsi, malgr&eacute; un contexte d&eacute;l&eacute;t&egrave;re, nous avons des raisons de nous r&eacute;jouir, car les citoyens fran&ccedil;ais ont &ndash; <em>massivement et majoritairement</em> &ndash; choisi de refuser &agrave; travers leur abstention la l&eacute;gitimation &eacute;lectorale du fascisme r&eacute;el. &laquo; Le changement, c&rsquo;est maintenant &raquo; ! </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Maxime Chaix </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">(Je remercie le pianiste <a href="http://www.youtube.com/watch?v=tsM11Tz0tqc&amp;list=RDtsM11Tz0tqc#t=11">Ahmad Jamal</a> pour sa musique, qui m&rsquo;a &eacute;t&eacute; d&rsquo;une aide pr&eacute;cieuse dans l&rsquo;&eacute;criture de cet article. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <h4><font size="2" face="Arial">Notes</font></h4> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">1. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Peter_Dale_Scott#Le_supramonde">Le supramonde</a>; voir Jean-Fran&ccedil;ois Gayraud, &laquo; L&rsquo;alarmante impuissance contre le blanchiment &raquo;, Agefi.com, 18 f&eacute;vrier 2014 : &laquo; Des lois de d&eacute;r&eacute;gulation ont mis en place une nouvelle architecture du monde autour des triptyques &ldquo;d&eacute;r&eacute;glementation, d&eacute;cloisonnement, d&eacute;sinterm&eacute;diation&rdquo; ou encore &ldquo;privatisations, rigueur budg&eacute;taire, libre-&eacute;change&rdquo;. (&hellip;) Et il faut casser le mythe d&rsquo;une dynamique naturelle et in&eacute;luctable de la mondialisation qui se serait impos&eacute;e aux politiciens. La mondialisation a &eacute;t&eacute; initi&eacute;e par les classes sup&eacute;rieures des pays riches du Nord et du Sud ; et ce sont elles qui en ont le plus profit&eacute;. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">La cons&eacute;quence de ce mouvement historique est connue : la mondialisation a lib&eacute;r&eacute; les capitaux de leurs contraintes territoriales, enrichissant des classes sup&eacute;rieures formant une nouvelle upperclass mondialis&eacute;e, des &ldquo;&eacute;lites mondialis&eacute;es&rdquo; (Jean-Pierre Chev&egrave;nement), une superclasse (David Ruthkopf), un &ldquo;supramonde&rdquo; (Peter Dale Scott). &raquo; (<a href="http://www.agefi.com/une/detail/archive/2014/february/artikel/%3C%3Clargent-propre-ou-sale-circule-librement-partout-et-a-tres-grande-vitesse%3E%3E.html">lien</a>). </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">2. Paul Jorion, pr&eacute;face du livre de Jean-Fran&ccedil;ois Gayraud, <em>Le nouveau capitalisme criminel</em> (&Eacute;ditions Odile Jacob, Paris, 2014) : &laquo; La d&eacute;mocratie existe-t-elle encore et s&rsquo;il semble que oui, cette apparence n&rsquo;est-elle pas trompeuse : n&rsquo;est-elle pas seulement le fruit d&rsquo;un d&eacute;cor habilement peint en trompe-l&rsquo;&oelig;il ? R&eacute;pond tr&egrave;s cr&ucirc;ment &agrave; cette question, un article fameux d&rsquo;une &eacute;quipe de l&rsquo;Institut polytechnique de Zurich compos&eacute;e de Stefania Vitali, James B. Glattfelder, et Stefano Battiston, article publi&eacute; en 2011, consacr&eacute; au r&eacute;seau de contr&ocirc;le des firmes mondiales, sur lequel mon blog fut le premier &agrave; attirer l&rsquo;attention dans le monde francophone (&hellip;). Il est mis en &eacute;vidence dans cet article qu&rsquo;un petit groupe de 147 firmes contr&ocirc;le 40 % de la finance et de l&rsquo;&eacute;conomie mondiales ; le nombre monte &agrave; 737 si l&rsquo;on veut atteindre les 80 %. &raquo; (Consultable <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=61944">ici</a>). &Agrave; ce sujet, voir &eacute;galement &laquo; Le <em>corporate power</em>, ou le totalitarisme entropique &raquo;, <a href="http://www.dedefensa.org/article-le_corporate_power_ou_le_totalitarisme_entropique_24_10_2011.html">24 octobre 2011</a>.) </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">3. &laquo; Hollande et l&rsquo;adversaire qui &ldquo;n&rsquo;a pas de visage&rdquo; &raquo;, Nouvelobs.com, <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/election-presidentielle-2012/20120123.OBS9529/hollande-et-l-adversaire-qui-n-a-pas-de-visage.html">23 janvier 2012</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">4. Le club &laquo; Le Si&egrave;cle &raquo; est une illustration flagrante des r&eacute;seaux d&rsquo;influence de l&rsquo;hyperclasse ici d&eacute;crite, et de l&rsquo;institutionnalisation discr&egrave;te de lieux d&rsquo;&eacute;changes hautement s&eacute;lectifs au sein desquels se forment des consensus &eacute;litistes. Voir par exemple Nolwenn le Blevennec, &laquo; La bande &agrave; Pierre Carles allume les journalistes du club Le Si&egrave;cle &raquo;, Rue89.nouvelobs.com, <a href="http://rue89.nouvelobs.com/2010/11/16/la-bande-a-pierre-carles-allume-les-journalistes-du-club-le-siecle-175994">16 novembre 2010</a> : &laquo; Selon Michel Fiszbin, Le Si&egrave;cle est un &ldquo;club occulte o&ugrave; les puissants se cooptent&rdquo;. Le producteur regrette que les journalistes entrent dans des relations &ldquo;amicales&rdquo; avec des patrons du CAC40 ou des hommes politiques. Selon lui, cela ne peut qu&rsquo;influencer leur jugement et biaiser leur travail. &raquo;. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">5. Jorion, <em>ibid.</em> : &laquo; La pr&eacute;tention s&eacute;culaire de la finance &agrave; l&rsquo;extraterritorialit&eacute; de son domaine par rapport &agrave; la morale semble avoir triomph&eacute;. La &ldquo;rationalit&eacute;&rdquo; suppos&eacute;e de l&rsquo;<em>homo oeconomicus</em> transcende les cat&eacute;gories &eacute;thiques. Souvenons-nous tout de m&ecirc;me qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit nullement de rationalit&eacute; au sens o&ugrave; on l&rsquo;entend g&eacute;n&eacute;ralement mais, comme l&rsquo;&eacute;crit tr&egrave;s bien Gayraud, d&rsquo;un simple &ldquo;comportement carnassier&rdquo;. &raquo;. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">6. Entretien crois&eacute; avec la d&eacute;put&eacute;e de l&rsquo;Aisne et ancienne directrice de l&rsquo;ENA Marie-Fran&ccedil;oise Bechtel et l&rsquo;&eacute;ditorialiste Nicolas Baverez, <em>L&rsquo;Expansion</em>, <a href="http://www.mrc-france.org/Les-elites-ont-elles-trahi-le-peuple_a559.html">d&eacute;cembre 2013/janvier 2014</a>. Selon Madame Bechtel, &laquo; [l]a sp&eacute;cificit&eacute; fran&ccedil;aise tient surtout &agrave; la d&eacute;testation des &eacute;lites envers la nation. C&rsquo;est un trait f&eacute;d&eacute;rateur tr&egrave;s troublant alors que, au Royaume-Uni et au &Eacute;tats-Unis, la cr&egrave;me du pays a le patriotisme chevill&eacute; au corps. Il faut se rappeler la tirade de Jean-Marie Messier, au d&eacute;but des ann&eacute;es 2000, quand il qualifie les Etats-Unis de &ldquo;vraie patrie des hommes d&rsquo;affaires&rdquo; avant de s&rsquo;y installer. Il reconnaissait une autre nation que la sienne pour en faire un mod&egrave;le universel. Toutes les &eacute;lites ne l&rsquo;expriment pas ainsi, mais beaucoup n&rsquo;en pensent pas moins. Dans les ann&eacute;es 90, elles se sont coul&eacute;es dans le mod&egrave;le anglo-saxon dominant, certaines de pouvoir tirer leur &eacute;pingle du jeu de la mondialisation. <strong>Elles ne croient pas en la France</strong>. &raquo; (Accentuation ajout&eacute;e). </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">7. Benjamin Dormann, &laquo; Washington sur Seine ? Ces ministres de Fran&ccedil;ois Hollande qui ont &eacute;t&eacute; form&eacute;s par les Am&eacute;ricains &raquo;, Atlantico.fr, <a href="http://www.atlantico.fr/decryptage/gouvernement-hollande-formation-plus-atlantiste-qu-on-pourrait-croire-benjamin-dormann-366638.html">22 mai 2012</a> ; Jean Paul Baquiast, &laquo; La France et l&rsquo;atlantisme &raquo;, Europesolidaire.eu, <a href="http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=912">25 mai 2012</a> : &laquo; Les divers contacts pris ou en pr&eacute;paration entre les responsables fran&ccedil;ais et leurs homologues europ&eacute;ens montrent que la France, sous Fran&ccedil;ois Hollande, ne remettra que marginalement en cause l&rsquo;atlantisme, d&eacute;fini comme une all&eacute;geance de fait et de droit &agrave; l&rsquo;Empire am&eacute;ricain. &raquo; ; tribune libre de Jean-Philippe Immarigeon, &laquo; Rendez-moi Montaigne et Guy Mollet ! &raquo;, <a href="http://theatrum-belli.org/libres-propos-rendez-moi-montaigne-et-guy-mollet-par-jean-philippe-immarigeon/">Theatrum-belli.org</a> : &laquo; On commence &agrave; conna&icirc;tre [la French American Foundation,] cette officine cr&eacute;&eacute;e en 1976, et je conseille la lecture de <a href="http://french-american.org/">son site</a> tant ses objectifs y sont clairement expos&eacute;s : faire de l&rsquo;entrisme dans les institutions fran&ccedil;aises, et convaincre nos pr&eacute;tendues &eacute;lites de l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de servir les int&eacute;r&ecirc;ts am&eacute;ricains. (&hellip;) Mais le summum se lit dans la liste des laur&eacute;ats 2013 publi&eacute;e le 25 juin dernier. Y appara&icirc;t le capitaine de fr&eacute;gate Philippe Naudet, commandant du Sous-marin Nucl&eacute;aire d&rsquo;Attaque <em>Am&eacute;thyste</em> (S-605). Ce qui veut dire que la Royale d&eacute;p&ecirc;che aupr&egrave;s des Am&eacute;ricains un futur pacha de Sous-marin Nucl&eacute;aire Lanceur d&rsquo;Engins &ndash; puisque le cursus se fait g&eacute;n&eacute;ralement ainsi dans cette arme (&hellip;). Mais le plus dr&ocirc;le &ndash; &agrave; ce stade il ne reste rien d&rsquo;autre &agrave; faire que de rire &ndash; c&rsquo;est que dans le contingent am&eacute;ricain des <em>Young Leaders</em> de la promotion 2013, notre futur d&eacute;tenteur de secrets nucl&eacute;aires c&ocirc;toiera Madame Anne Neuberger, conseill&egrave;re sp&eacute;ciale du patron de la NSA. &raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">8. Pour mieux saisir les liens de l&rsquo;hyperclasse ici d&eacute;crite avec le sionisme et le monde politique fran&ccedil;ais, le lecteur pourra notamment consulter le site du journaliste ind&eacute;pendant Hicham Hamza : <a href="http://www.dedefensa.org/www.panamza.com">www.panamza.com</a>. Ce sujet est particuli&egrave;rement &eacute;pineux en France, pays dont l&rsquo;actuel Premier Ministre avait publiquement <a href="http://www.youtube.com/watch?v=fTFd7f0Hmsw">affirm&eacute;</a> &ndash; avant de prendre des fonctions gouvernementales &ndash; &ecirc;tre &laquo; &eacute;ternellement &raquo; li&eacute; &agrave; l&rsquo;&Eacute;tat d&rsquo;Isra&euml;l. Du fait de la difficult&eacute; de traiter de l&rsquo;influence isra&eacute;lienne en France, ce site est donc particuli&egrave;rement utile, informatif et subversif. &Agrave; noter que Panamza.com a &eacute;t&eacute; cit&eacute; par d&rsquo;&eacute;minentes personnalit&eacute;s, telles que <a href="https://www.facebook.com/PascalBoniface.IRIS/posts/10151925552034472">Pascal Boniface</a>, <a href="https://twitter.com/Marwan_FX/statuses/468499669052850176">Marwan Muhammad</a> ou <a href="http://www.panamza.com/29122013-police-fourest-desinformatrice">Denis Robert</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">9. Selon des sources bien inform&eacute;es, le Qatar a jou&eacute; un r&ocirc;le central dans les coulisses de la guerre en Libye, ayant apparemment exerc&eacute; une influence majeure sur le pouvoir fran&ccedil;ais afin de d&eacute;clencher une intervention arm&eacute;e. &Agrave; ce sujet, voir notamment &laquo; Gaz et p&eacute;trole : Guerres secr&egrave;tes &raquo;, un documentaire de <em>Sp&eacute;cial Investigation</em> (Canal +) r&eacute;alis&eacute; par Patrick-Charles Messance (consultable &agrave; ce <a href="http://www.dailymotion.com/video/xvr94b_gaz-et-petrole-guerres-secretes_news">lien</a>) ; Christophe Ayad, &laquo; La France, meilleure alli&eacute;e de l&rsquo;Arabie saoudite, au Liban comme en Syrie &raquo;, Lemonde.fr, <a href="http://www.lemonde.fr/international/article/2013/12/28/la-france-meilleure-alliee-de-l-arabie-saoudite-au-liban-comme-en-syrie_4340996_3210.html">28 d&eacute;cembre 2013</a> ; Eric Leser, &laquo; Comment le Qatar a achet&eacute; la France (et s&rsquo;est pay&eacute; sa classe politique) &raquo;, Slate.fr, <a href="http://www.slate.fr/story/39077/qatar-France">6 juin 2011</a> (etc.). </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">10. Pour comprendre les fondements de la d&eacute;sindustrialisation de France, je recommande vivement cette analyse de Sylvain Fontan, &laquo; R&eacute;flexion sur la d&eacute;sindustrialisation de la France &raquo;, Leconomiste.eu, <a href="http://www.leconomiste.eu/decryptage-economie/153-reflexion-sur-la-desindustrialisation-de-la-france.html">3 d&eacute;cembre 2013</a> : &laquo; La disparition d&rsquo;une strat&eacute;gie industrielle en France date des ann&eacute;es 70. En effet, au-del&agrave; des raisons purement &eacute;conomiques, il y a &eacute;galement des &eacute;l&eacute;ments historiques et g&eacute;o&eacute;conomiques qui expliquent la d&eacute;sindustrialisation fran&ccedil;aise : </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">&bull; Le milieu des ann&eacute;es 1970 marque la fin des politiques visant &agrave; installer un syst&egrave;me pouvant stimuler l&rsquo;industrie. &Agrave; cette &eacute;poque, le commissariat g&eacute;n&eacute;ral du plan arr&ecirc;te son soutien &agrave; l&rsquo;industrie &eacute;lectronique, et donc &eacute;galement les autres secteurs d&rsquo;activit&eacute; gravitant autour. La disparition de cette vision strat&eacute;gique provient, d&rsquo;une part, de l&rsquo;amoindrissement de la pens&eacute;e gaulliste qui cherchait notamment &agrave; mener une politique industrielle et &agrave; la p&eacute;renniser et, d&rsquo;autre part, de la perte d&rsquo;app&eacute;tence de la part de firmes multinationales par ce type [d&rsquo;]approche. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">&bull; Parall&egrave;lement, ce ph&eacute;nom&egrave;ne est li&eacute; &agrave; la situation g&eacute;o&eacute;conomique des &Eacute;tats-Unis. En effet, &agrave; cette &eacute;poque, les &Eacute;tats-Unis sortent de la guerre du Vietnam et voient r&eacute;appara&icirc;tre l&rsquo;Europe et l&rsquo;Asie sur l&rsquo;&eacute;chiquier &eacute;conomique mondial. Apr&egrave;s une phase de reconstruction, ces deux zones apparaissent comme des acteurs &eacute;conomiques importants. Or, les &Eacute;tats-Unis &eacute;taient en pleine guerre froide contre l&rsquo;Union Sovi&eacute;tique. D&egrave;s lors, la mont&eacute;e en puissance de deux nouveaux comp&eacute;titeurs n&rsquo;&eacute;tait pas forc&eacute;ment dans l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t direct des &Eacute;tats-Unis. Ainsi, ce pays a pouss&eacute; &agrave; l&rsquo;introduction dans la culture de ces pays (et donc de la France) la perte d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t pour les questions li&eacute;es aux int&eacute;r&ecirc;ts nationaux de long terme. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Au final, la France est entr&eacute;e dans une phase de guerre &eacute;conomique sans se doter des outils d&rsquo;intelligence &eacute;conomique ad&eacute;quats pour y faire face. &raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">11. Le gouvernement Jospin (1997-2002) est celui qui a men&eacute; le plus de privatisations. Voir par exemple &laquo; Le gouvernement Jospin est celui qui a le plus privatis&eacute; &raquo;, blog Les D&eacute;codeurs, Lemonde.fr, <a href="http://decodeurs.blog.lemonde.fr/2009/11/16/jospin-a-t-il-plus-privatise-que-la-droite/">16 novembre 2011</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">12. Val&eacute;rie Segond, &laquo; Ces entreprises sans drapeau &raquo;, Lemonde.fr, , <a href="http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/04/28/ces-entreprises-sans-drapeau_4408106_3234.html">28 avril 2014</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">13. Entretien crois&eacute; avec la d&eacute;put&eacute;e de l&rsquo;Aisne et ancienne directrice de l&rsquo;ENA Marie-Fran&ccedil;oise Bechtel et l&rsquo;&eacute;ditorialiste Nicolas Baverez, L&rsquo;Expansion, <a href="http://www.mrc-france.org/Les-elites-ont-elles-trahi-le-peuple_a559.html">d&eacute;cembre 2013/janvier 2014</a>. Selon Madame Bechtel, &laquo; [l]a sp&eacute;cificit&eacute; fran&ccedil;aise tient surtout &agrave; la d&eacute;testation des &eacute;lites envers la nation. C&rsquo;est un trait f&eacute;d&eacute;rateur tr&egrave;s troublant alors que, au Royaume-Uni et au &Eacute;tats-Unis, la cr&egrave;me du pays a le patriotisme chevill&eacute; au corps.(&hellip;) Dans les ann&eacute;es 90, elles se sont coul&eacute;es dans le mod&egrave;le anglo-saxon dominant, certaines de pouvoir tirer leur &eacute;pingle du jeu de la mondialisation. Elles ne croient pas en la France. &raquo;. Voir &eacute;galement l&rsquo;interview de Marie-Fran&ccedil;oise Bechtel par Fran&ccedil;ois Roth&eacute;, Marianne.net, <a href="http://www.marianne.net/Les-elites-francaises-ont-honte-de-la-France_a235106.html">janvier 2014</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">14. Jean-Marc Leclerc, &laquo; Fronde sociale et fiscale : les pr&eacute;fets sonnent l&rsquo;alarme &raquo;, Lefigaro.fr, <a href="http://www.lefigaro.fr/politique/2013/11/13/01002-20131113ARTFIG00612-fronde-sociale-et-fiscale-les-prefets-sonnent-l-alarme.php?pagination=4">13 novembre 2013</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">15. &Agrave; ce sujet, voir le documentaire de Gilles Balbastre et de Yannick Kergoat, intitul&eacute; <em>Les Nouveaux Chiens de garde</em> et sorti en 2012. Il peut &ecirc;tre visionn&eacute; en int&eacute;gralit&eacute; ici : http://www.youtube.com/watch?v=0FW4Ealqx2http://www.youtube.com/watch?v=0FW4Ealqx2Q. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">16. Pierre Bourdieu, &laquo; L&rsquo;essence du n&eacute;olib&eacute;ralisme &raquo;, <em>Le Monde Diplomatique</em>, <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/1998/03/BOURDIEU/3609">mars 1998</a> : &laquo; Le passage au &ldquo;lib&eacute;ralisme&rdquo; s&rsquo;accomplit de mani&egrave;re insensible, donc imperceptible, comme la d&eacute;rive des continents, cachant ainsi aux regards ses effets, les plus terribles &agrave; long terme. Effets qui se trouvent aussi dissimul&eacute;s, paradoxalement, par les r&eacute;sistances qu&rsquo;il suscite, d&egrave;s maintenant, de la part de ceux qui d&eacute;fendent l&rsquo;ordre ancien en puisant dans les ressources qu&rsquo;il recelait, dans les solidarit&eacute;s anciennes, dans les r&eacute;serves de capital social qui prot&egrave;gent toute une partie de l&rsquo;ordre social pr&eacute;sent de la chute dans l&rsquo;anomie. &raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">17. Serge Wolikoff, &laquo; L&rsquo;esprit de la R&eacute;sistance toujours d&rsquo;actualit&eacute; &raquo;, <em>Le Monde Diplomatique</em>, <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2004/03/WOLIKOFF/11076">mars 2004</a> (accentuation ajout&eacute;e) : &laquo; Tout comme les syst&egrave;mes de retraites et les d&eacute;penses de sant&eacute;, l&rsquo;organisation du travail ne pourrait donner lieu, nous dit-on, qu&rsquo;&agrave; une seule &ldquo;r&eacute;forme&rdquo; possible. Ce discours est actuellement dominant dans l&rsquo;Europe occidentale du d&eacute;but du XXIe si&egrave;cle, apr&egrave;s plus de cinquante ans de paix et de croissance. Pourtant, dans la France d&eacute;vast&eacute;e de l&rsquo;apr&egrave;s-guerre, on a fait d&rsquo;autres choix en appliquant le programme du Conseil national de la R&eacute;sistance (CNR) <strong>&eacute;labor&eacute; dans la clandestinit&eacute; et adopt&eacute; le 15 mars 1944</strong>. Le progr&egrave;s vers plus de justice sociale ne vaudrait donc qu&rsquo;en temps de p&eacute;nurie, tandis que l&rsquo;abondance de la production justifierait l&rsquo;extension de l&rsquo;in&eacute;galit&eacute; &agrave; tous les domaines de la soci&eacute;t&eacute; ! &raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">18. James Bradford DeLong, &laquo; Thomas Piketty s&rsquo;attire les foudres de la droite am&eacute;ricaine &raquo; Leschos.fr, <a href="http://lecercle.lesechos.fr/economistes-project-syndicate/j-bradford-delong/221196895/thomas-piketty-attire-foudres-droite-ameri">2 mai 2014</a> : &laquo; Le livre de Thomas Piketty &ldquo;Le capital au XXIe si&egrave;cle&rdquo; s&rsquo;est r&eacute;pandu rapidement &agrave; travers les &Eacute;tats-Unis. Au lieu de produire une critique fond&eacute;e du livre, beaucoup de critiques conservateurs ont lanc&eacute; des attaques pu&eacute;riles ad nominem contre son auteur. &raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">19. Vincent de Gaulejac, &laquo; Warren Buffett a-t-il raison quand il affirme que la lutte des classes existe et que ce sont les riches qui sont en train de la gagner ? &raquo;, Atlantico.fr, <a href="http://www.atlantico.fr/decryptage/warren-buffett-t-raison-quand-affirme-que-lutte-classes-existe-et-que-sont-riches-qui-sont-en-train-gagner-vincent-gaulejac-592382.html">31 d&eacute;cembre 2012</a> : &laquo; Le milliardaire am&eacute;ricain Warren Buffett a d&eacute;clar&eacute; il y a quelques ann&eacute;es, non sans humour, qu&rsquo;il existait &ldquo;bel et bien une guerre des classes mais c&rsquo;est ma classe, la classe des riches qui fait la guerre et c&rsquo;est nous qui gagnons&rdquo;. &raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">20. Voir Peter Dale Scott, <em>La Machine de guerre am&eacute;ricaine</em> (&Eacute;ditions Demi-Lune, Plogastel-Saint-Germain, 2012), pp.259-75. <a href="http://www.editionsdemilune.com/media/presse/NouveauDesordreMondial/PeterDaleScott-Diplomatie-Magazine-N51-WEB.pdf">Voir sp&eacute;cifiquement</a> p.262 : &laquo; Ce genre de commentaires agressifs n&rsquo;est pas sp&eacute;cifique &agrave; [Zbigniew] Brzezinski. Son appel &agrave; une domination unilat&eacute;rale fait &eacute;cho &agrave; la publication en 1992 du DPG (<em>Defense Planning Guidance</em>) pr&eacute;par&eacute; pour le secr&eacute;taire &agrave; la D&eacute;fense Dick Cheney par les n&eacute;oconservateurs Paul Wolfowitz et Lewis &ldquo;Scooter&rdquo; Libby: &ldquo;Nous devons maintenir les m&eacute;canismes permettant de dissuader tout concurrent potentiel ne serait-ce que d&rsquo;aspirer &agrave; un r&ocirc;le r&eacute;gional ou global plus important.&rdquo; Ceci est repris aussi bien par l&rsquo;&eacute;tude du Projet pour le Nouveau Si&egrave;cle Am&eacute;ricain (PNAC) en 2000, <em>Reconstruire les D&eacute;fenses de l&rsquo;Am&eacute;rique (Rebuilding America&rsquo;s Defenses</em>), que dans la Strat&eacute;gie de S&eacute;curit&eacute; Nationale du tandem Bush-Cheney de septembre 2002 (&hellip;). Enfin, il est r&eacute;sum&eacute; dans le document strat&eacute;gique m&eacute;galomane du Comit&eacute; d&rsquo;&Eacute;tats-majors interarm&eacute;es des &Eacute;tats-Unis (JCS) intitul&eacute; <em>Joint Vision 2020</em> : &ldquo;La domination totale et globale signifie la capacit&eacute; pour les forces des &Eacute;tats-Unis, op&eacute;rant seules ou avec des alli&eacute;s, de vaincre n&rsquo;importe quel adversaire, et de contr&ocirc;ler <em>n&rsquo;importe quelle situation</em> entrant dans la gamme des op&eacute;rations militaires.&rdquo; Une rh&eacute;torique (&hellip;) vitale, pour ces entreprises qui se sont habitu&eacute;es &agrave; engranger les b&eacute;n&eacute;fices de la guerre froide, et qui ont d&ucirc; faire face aux importantes r&eacute;ductions dans les budgets de la D&eacute;fense et du renseignement suite &agrave; la chute de l&rsquo;Union sovi&eacute;tique. Ces entreprises sont rejointes par d&rsquo;autres groupes (&hellip;) qui ont &eacute;galement int&eacute;r&ecirc;t &agrave; pr&eacute;server l&rsquo;id&eacute;ologie de la domination &agrave; Washington. Parmi eux se trouvent les nouveaux pourvoyeurs de services militaires privatis&eacute;s &ndash; ou ce que l&rsquo;on peut appeler la violence entrepreneuriale &ndash; cr&eacute;&eacute;s en r&eacute;ponse &agrave; ces coupes dans les budgets de la D&eacute;fense. &raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">21. J&uuml;rgen Els&auml;sser, <em>Comment le Djihad est arriv&eacute; en Europe</em>, pr&eacute;fac&eacute; par Jean-Pierre Chev&egrave;nement (&Eacute;ditions Xenia, 2006, Vevey). Livre comment&eacute; par Annet Sauty de Chalon, &laquo; Comment le Djihad est arriv&eacute; en Europe / Vers l&rsquo;Orient compliqu&eacute; &raquo;, Lefigaro.fr, <a href="http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2006/11/03/01006-20061103ARTMAG90302-comment_le_djihad_est_arrive_en_europevers_l_orient_complique.php">3 novembre 2006</a> (accentuation ajout&eacute;e) : &laquo; Une enqu&ecirc;te (&hellip;) sign&eacute;e J&uuml;rgen Els&auml;sser. Depuis dix ans, ce journaliste allemand &eacute;pie l&rsquo;activisme islamiste en Bosnie. Dans les ann&eacute;es 90, de concert avec l&rsquo;Iran (!) et au m&eacute;pris de l&rsquo;embargo, Washington y a fabriqu&eacute; un &ldquo;dortoir pour terroristes&rdquo;. Jusqu&rsquo;&agrave; Ground Zero et au m&eacute;tro londonien, Els&auml;sser suit pas &agrave; pas ces &ldquo;brigades internationales de la terreur&rdquo;, <strong>dont Ben Laden n&rsquo;appara&icirc;t pas du tout comme le chef d&rsquo;orchestre</strong>. Les &Eacute;tats-Unis, estime l&rsquo;auteur, &eacute;taient si bien inform&eacute;s qu&rsquo;ils pouvaient tr&egrave;s bien emp&ecirc;cher la trag&eacute;die de Manhattan. Sans ol&eacute;oducs, pas de djihad, r&eacute;sume Els&auml;sser. Quitte &agrave; &eacute;tourdir le n&eacute;ophyte, la profusion et la pr&eacute;cision des faits donnent une cadence et un cr&eacute;dit &agrave; cette th&egrave;se pr&eacute;fac&eacute;e par Jean-Pierre Chev&egrave;nement. &raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">22. Peter Dale Scott, &laquo; La Bosnie, le Kosovo et &agrave; pr&eacute;sent la Libye : les co&ucirc;ts humains de la collusion perp&eacute;tuelle entre Washington et les terroristes &raquo;, Mondialisation.ca, <a href="http://www.mondialisation.ca/la-bosnie-le-kosovo-et-pr-sent-la-libye-les-co-ts-humains-de-la-collusion-perp-tuelle-entre-washington-et-les-terroristes/27114">17 octobre 2011</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">23. <em>Ibidem</em>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">24. &Agrave; l&rsquo;image de l&rsquo;Arabie saoudite, cette hydrocarbomonarchie ultralib&eacute;rale qu&rsquo;est devenue le Qatar a soutenu massivement les jihadistes en Syrie (&laquo; Syrie : le Qatar aurait d&eacute;pens&eacute; 3 milliards de dollars pour armer les rebelles &raquo;, Latribune.fr, <a href="http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20130517trib000765147/syrie-le-qatar-aurait-depense-3-milliards-de-dollars-pour-armer-les-rebelles.html">17 mai 2013</a>. Cependant, bien qu&rsquo;il est de notori&eacute;t&eacute; publique que la CIA et d&rsquo;autres services alli&eacute;s (dont le GID saoudien) arment des rebelles d&eacute;crits comme &laquo; mod&eacute;r&eacute;s &raquo;, il n&rsquo;existe pas de sources <strong>officielles</strong> ayant r&eacute;v&eacute;l&eacute; un soutien direct des services sp&eacute;ciaux occidentaux en faveur des groupes arm&eacute;s jihadistes en Syrie. N&eacute;anmoins, comme l&rsquo;a r&eacute;cemment d&eacute;clar&eacute; sur Arte le d&eacute;put&eacute; et ancien juge anti-terroriste Alain Marsaud, il est possible que les services sp&eacute;ciaux fran&ccedil;ais soient impliqu&eacute;s dans le soutien de r&eacute;seaux jihadistes combattant le gouvernement el-Assad : &laquo; &Ccedil;a veut dire qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, nous avons choisi notre camp : le camp anti-Assad. (&hellip;) Et (&hellip;) il est vraisemblable que nous ne sommes pas tr&egrave;s tr&egrave;s loin de rencontrer des gens d&rsquo;al-Nosra &ndash; j&rsquo;esp&egrave;re au moins qu&rsquo;on les a infiltr&eacute;s ! J&rsquo;en suis m&ecirc;me s&ucirc;r d&rsquo;ailleurs, au demeurant. Donc &ccedil;a veut dire que finalement nous sommes des alli&eacute;s [des jihadistes] sur le terrain, nous poursuivons le m&ecirc;me but. &raquo; (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=UuGij0TvQsY#t=43"> http://www.youtube.com/watch?v=UuGij0TvQsY#t=43</a>). Alain Marsaud a m&ecirc;me affirm&eacute; sur RTL sa &laquo; conviction &raquo; que les services sp&eacute;ciaux fran&ccedil;ais avaient soutenu des r&eacute;seaux jihadistes en Syrie, et que celle-ci &eacute;tait &laquo; partag&eacute;e par beaucoup de gens [,] raison pour laquelle [il avait] demand&eacute; (&hellip;) la constitution d&rsquo;une mission d&rsquo;information, d&rsquo;une commission d&rsquo;enqu&ecirc;te parlementaire afin de v&eacute;rifier les conditions dans lesquelles tout &ccedil;a se passe (&hellip;) &raquo;. Fr&eacute;d&eacute;ric Rivi&egrave;re, &laquo; Alain Marsaud, d&eacute;put&eacute;, pr&eacute;sident du groupe de travail sur la Syrie &raquo;, Rtl.fr, <a href="http://www.rfi.fr/emission/20140424-alain-marsaud-depute-pdt-groupe-travail-syrie/">24 avril 2014,</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">25. Naomi Klein, <em>La strat&eacute;gie du choc : la mont&eacute;e d&rsquo;un capitalisme du d&eacute;sastre</em> (&Eacute;ditions Lem&eacute;ac / Actes Sud), pp.97-159. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">26. &laquo; Ukraine : les nationalistes de Svoboda inqui&egrave;tent les juifs et les Russes &raquo;, Lemonde.fr, <a href="http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/11/01/ukraine-les-nationalistes-de-svoboda-inquietent-les-juifs-et-les-russes_1784619_3214.html">11 novembre 2012</a> ; Julien Licourt, &laquo; Le r&ocirc;le de l&rsquo;extr&ecirc;me droite dans la r&eacute;volte ukrainienne &raquo;, Lefigaro.fr, <a href="http://www.lefigaro.fr/international/2014/01/28/01003-20140128ARTFIG00369-le-role-de-l-extreme-droite-dans-la-revolte-ukrainienne.php">28 janvier 2014,</a> (etc.). </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">27. Klein, <em>La strat&eacute;gie du choc</em>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">28. Gayraud, <em>Le nouveau capitalisme criminel</em>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">29. &laquo; Le pi&egrave;ge de l&rsquo;aust&eacute;rit&eacute; &raquo;, document d&rsquo;information, Oxfam.org, <a href="http://www.oxfam.org/sites/www.oxfam.org/files/bp174-cautionary-tale-austerity-inequality-europe-120913-fr.pdf">septembre 2013</a> : &laquo; Les programmes d&rsquo;aust&eacute;rit&eacute; ont d&eacute;cim&eacute; les m&eacute;canismes qui r&eacute;duisent les in&eacute;galit&eacute;s et permettent une croissance &eacute;quitable. Avec l&rsquo;augmentation des in&eacute;galit&eacute;s et de la pauvret&eacute;, l&rsquo;Europe doit faire face &agrave; une d&eacute;cennie perdue. Si les mesures d&rsquo;aust&eacute;rit&eacute; se poursuivent en Europe, 15 &agrave; 25 millions de personnes suppl&eacute;mentaires pourraient se retrouver en situation de pauvret&eacute; d&rsquo;ici 2025. &raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">30. Joseph Stiglitz et Linda Bilmes, &laquo; Bien trop co&ucirc;teuse guerre d&rsquo;Irak &raquo;, Courrierinternational.com, <a href="http://www.courrierinternational.com/article/2010/09/09/bien-trop-couteuse-guerre-d-irak">9 septembre 2010</a> (traduction d&rsquo;un &eacute;ditorial paru dans le <em>Washington Post</em>) : &laquo; Quand les &Eacute;tats-Unis ont ouvert les hostilit&eacute;s contre Saddam Hussein, le prix du p&eacute;trole n&rsquo;atteignait pas 25 dollars le baril. Mais avec la guerre les cours ont commenc&eacute; &agrave; s&rsquo;envoler, et en 2008 le baril valait 140 dollars. Nous pensons que la guerre et son impact sur le Moyen-Orient ont jou&eacute; un r&ocirc;le majeur. Non seulement la production irakienne a &eacute;t&eacute; stopp&eacute;e, mais l&rsquo;instabilit&eacute; provoqu&eacute;e par la guerre a fait chuter les investissements dans la r&eacute;gion. (&hellip;) Il est incontestable que la guerre en Irak a consid&eacute;rablement gonfl&eacute; la dette am&eacute;ricaine. C&rsquo;est la premi&egrave;re fois dans l&rsquo;histoire du pays que le gouvernement a r&eacute;duit les imp&ocirc;ts alors qu&rsquo;il partait en guerre. R&eacute;sultat : un conflit enti&egrave;rement financ&eacute; par l&rsquo;emprunt. La dette am&eacute;ricaine est pass&eacute;e de 6 400 milliards de dollars en mars 2003 &agrave; 10 000 milliards en 2008 (avant la crise financi&egrave;re) : au moins un quart de cet accroissement est directement imputable &agrave; la guerre. La crise financi&egrave;re mondiale est elle aussi due, en partie, &agrave; la guerre. Avec la hausse des cours p&eacute;troliers, les &Eacute;tats-Unis ont d&ucirc; d&eacute;penser davantage pour s&rsquo;approvisionner &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger et c&rsquo;est autant d&rsquo;argent qui n&rsquo;a pas pu &ecirc;tre investi dans le pays. De surcro&icirc;t, les d&eacute;penses de guerre &eacute;taient moins aptes &agrave; stimuler l&rsquo;&eacute;conomie que d&rsquo;autres types de d&eacute;penses. Le rel&acirc;chement de la politique mon&eacute;taire et de la r&eacute;glementation financi&egrave;re a permis &agrave; l&rsquo;&eacute;conomie de fonctionner jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&eacute;clatement de la bulle immobili&egrave;re qui a provoqu&eacute; son effondrement. La guerre en Irak n&rsquo;a pas seulement contribu&eacute; &agrave; la gravit&eacute; de la crise financi&egrave;re, elle nous a aussi emp&ecirc;ch&eacute;s d&rsquo;y r&eacute;pondre efficacement. &raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">31. Afin d&rsquo;illustrer l&rsquo;&laquo; ind&eacute;pendance &raquo; de nos r&eacute;cents ministres de l&rsquo;Int&eacute;rieur, remarquons en particulier <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/12/03/nicolas-sarkozy-paul-desmarais_n_4380157.html?just_reloaded=1">les liens</a> <strong>intimes</strong> de Nicolas Sarkozy avec le multimilliardaire canadien Paul Desmarais, figure du Groupe Carlyle : &laquo; Arriv&eacute; avec la veuve de M. Desmarais, Jacqueline, Nicolas Sarkozy a pour sa part livr&eacute; un t&eacute;moignage tr&egrave;s personnel. &ldquo;Paul, je t&rsquo;aimais, je t&rsquo;admirais&rdquo;, a lanc&eacute; l&rsquo;ex-pr&eacute;sident qui avait trouv&eacute; refuge chez Paul Desmarais lors de sa travers&eacute;e du d&eacute;sert apr&egrave;s l&rsquo;&eacute;lection pr&eacute;sidentielle de 1995. &raquo;. Cette relation &eacute;troite entre l&rsquo;ancien Pr&eacute;sident fran&ccedil;ais et Paul Desmarais a-t-elle <a href="http://www.zonebourse.com/barons-bourse/Paul-Desmarais-21/actualites/Paul-Desmarais-PowerCorp-GBL-rejoint-par-un-Sarkozy-chez-Carlyle--13107684/">facilit&eacute; l&rsquo;embauche</a> de Pierre-Olivier Sarkozy &agrave; la direction du Groupe Carlyle ? Concernant Manuel Valls, malgr&eacute; ses all&eacute;geances <a href="http://www.panamza.com/140514-valls-celebre-israel">sionistes</a> ou <a href="http://www.liberation.fr/politiques/2014/04/10/manuel-valls-un-tony-blair-francais_994735">atlantistes</a>, il est habituellement d&eacute;crit comme un homme d&rsquo;&Eacute;tat attach&eacute; &agrave; la France et &agrave; ses valeurs r&eacute;publicaines. Cependant, son attitude fuyante &ndash; voire indiff&eacute;rente &ndash; dans les dossiers NSA, Alstom et BNP Paribas semblent r&eacute;v&eacute;latrices de ses all&eacute;geances r&eacute;elles. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">32. Alors qu&rsquo;il &eacute;tait ministre de l&rsquo;Int&eacute;rieur, Manuel Valls s&rsquo;est fr&eacute;quemment mis en sc&egrave;ne dans sa d&eacute;nonciation du racisme et de l&rsquo;antis&eacute;mitisme. Or, il semble plut&ocirc;t <a href="http://www.panamza.com/12022014-valls-lieberman">ouvert au dialogue</a> avec une certaine extr&ecirc;me droite. Durant le &laquo; scandale Dieudonn&eacute; &raquo;, Manuel Valls a notamment assimil&eacute; la critique d&rsquo;Isra&euml;l &agrave; de l&rsquo;&laquo; antis&eacute;mitisme &raquo;, puis il &eacute;voqu&eacute; ouvertement des projets de <a href="http://www.numerama.com/magazine/28023-censurer-dieudonne-sur-internet-valls-veut-discuter-avec-les-operateurs.html">censure</a> d&rsquo;Internet au nom de la lutte contre le racisme (mais surtout) l&rsquo;antis&eacute;mitisme. Ainsi, entre la d&eacute;cision sans pr&eacute;c&eacute;dent du Conseil d&rsquo;&Eacute;tat &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de Dieudonn&eacute; &ndash; qualifi&eacute;e de &laquo; profonde r&eacute;gression &raquo; par Jack Lang &ndash;, et les projets gouvernementaux de censure d&rsquo;Internet, le pouvoir politique a utilis&eacute; la lutte l&eacute;gitime contre la haine raciale afin de mettre en &oelig;uvre des mesures s&eacute;curitaires et liberticides. Voir Thomas Wieder, &laquo; Jack Lang sur l&rsquo;affaire Dieudonn&eacute; : &ldquo;La d&eacute;cision du Conseil d&rsquo;&Eacute;tat est une profonde r&eacute;gression&rdquo; &raquo;, Lemonde.fr, <a href="http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/01/13/jack-lang-la-decision-du-conseil-d-etat-est-une-profonde-regression_4346841_823448.html">13 janvier 2014</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">33.Pour la suite des notes, faire </font><a href="http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1379&amp;r_id">http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1379&amp;r_id</a>=</p> <p><font size="2" face="Arial" /></p> Tue, 10 Jun 2014 23:00:00 GMT Suite de l'article Le fascisme réel. Notes http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1379 1379 <br /><font size="2" face="Arial">33. Roland Dumas dans <a class="gen" href="http://www.youtube.com/watch?v=csVbQV5Os4M">l&rsquo;&eacute;mission</a> <em>Face aux Fran&ccedil;ais</em> (France 2) : &laquo; Il faut qu&rsquo;on trouve un moyen de les diviser [&agrave; droite]. Et le moyen de les diviser &ccedil;a a &eacute;t&eacute; la loi &eacute;lectorale, c&rsquo;est-&agrave;-dire la proportionnelle [, qui a permis au Front National d&rsquo;acc&eacute;der &agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e Nationale] &raquo; ; Sa&iuml;d Mahrane, &laquo; Le Pen raconte Mitterrand &raquo;, Lepoint.fr, 28 avril 2011 : &laquo; En 1981, faute d&rsquo;avoir ses 500 signatures, le pr&eacute;sident du Front national ne peut &ecirc;tre candidat &agrave; la pr&eacute;sidentielle. Par la suite, Le Pen &eacute;crit au chef de l&rsquo;&Eacute;tat, Mitterrand, afin de r&eacute;clamer un &ldquo;traitement &eacute;quitable&rdquo;. Une aubaine pour le socialiste, qui y voit un moyen de contrer le RPR de Jacques Chirac. Mitterrand prend acte de la requ&ecirc;te de Le Pen et le lui fait savoir par courrier. Quelques mois plus tard, la France d&eacute;couvre sur le plateau de TF1, puis d&rsquo;Antenne 2, deux cha&icirc;nes de grande &eacute;coute, la m&egrave;che blonde et les poings rageurs du leader d&rsquo;extr&ecirc;me droite, pourfendeur &ndash; d&eacute;j&agrave; &ndash; de l&rsquo;immigration. Merci qui ? &ldquo;L&rsquo;omerta avait &eacute;t&eacute; rompue gr&acirc;ce &agrave; Mitterrand&rdquo;, <a class="gen" href="http://www.lepoint.fr/politique/le-pen-raconte-mitterrand-28-04-2011-1326986_20.php">reconna&icirc;t</a> le tribun frontiste. &raquo; ; Marine Tertrais, &laquo; Quel a &eacute;t&eacute; le r&ocirc;le du PS dans la mont&eacute;e du Front national? &raquo;, entretien avec Philippe Braud, Jolpress.com, <a class="gen" href="http://www.jolpress.com/ps-fn-front-national-immigration-euro-philippe-braud-article-823137.html">26 novembre 2013</a> : &laquo; En 1985, &agrave; la veille des &eacute;lections l&eacute;gislatives, Fran&ccedil;ois Mitterrand, sachant qu&rsquo;il pouvait perdre sa majorit&eacute;, a tent&eacute; une man&oelig;uvre de derni&egrave;re chance : il a fait modifier la loi &eacute;lectorale. Pour la premi&egrave;re fois sous la Ve r&eacute;publique, les l&eacute;gislatives se sont d&eacute;roul&eacute;es int&eacute;gralement au scrutin proportionnel &agrave; un seul tour. C&rsquo;est ainsi que le Front national a pu obtenir 32 si&egrave;ges. Avec le scrutin majoritaire uninominal &agrave; deux tours, le FN n&rsquo;avait aucune chance. (&hellip;) C&rsquo;&eacute;tait un calcul assez machiav&eacute;lique qui n&rsquo;a pas march&eacute;. &raquo; (etc.). </font> <p><font size="2" face="Arial"> 34. Alexandre D&eacute;z&eacute;, &laquo; La banalisation m&eacute;diatique du FN &raquo;, Liberation.fr, 11 f&eacute;vrier 2013 (accentuation ajout&eacute;e) : &laquo; <strong>De fait, [la] banalisation [du FN] doit &ecirc;tre avant tout consid&eacute;r&eacute;e, pour l&rsquo;heure, comme le produit d&rsquo;une construction sondagi&egrave;re et m&eacute;diatique</strong>. Marine Le Pen &eacute;tait &agrave; peine &eacute;lue &agrave; la pr&eacute;sidence du FN que les responsables d&rsquo;instituts, relay&eacute;s par la plupart des commentateurs politiques, c&eacute;l&eacute;braient d&eacute;j&agrave; le succ&egrave;s de sa strat&eacute;gie de d&eacute;diabolisation. D&egrave;s le mois de mars 2011, Ga&euml;l Sliman (de l&rsquo;institut BVA) pouvait ainsi affirmer : &ldquo;<em>Le pari de Marine Le Pen de d&eacute;diaboliser le FN est atteint</em>&rdquo; (<em>le Figaro</em>, 28 mars 2011). En janvier 2012, Edouard Lecerf (TNS Sofres) indiquait : &ldquo;<em>Le terme Front national est en train de se normaliser</em>&rdquo; ; &ldquo;<em>L&rsquo;effet Marine Le Pen se confirme</em>&rdquo; (<em>le Monde</em>, <a class="gen" href="http://www.liberation.fr/politiques/2013/02/11/la-banalisation-mediatique-du-fn_881080">12 janvier 2012</a>). Aujourd&rsquo;hui, cette belle proph&eacute;tie semble donc se r&eacute;aliser. On ne saurait cependant oublier que la r&eacute;alit&eacute; sondagi&egrave;re et m&eacute;diatique du FN n&rsquo;est pas, loin s&rsquo;en faut, la r&eacute;alit&eacute; du FN. &raquo;; Arnaud Mercier, &laquo; Tous aux abris ! Pourquoi le traitement m&eacute;diatique d&rsquo;un FN en t&ecirc;te des Europ&eacute;ennes sera bien pire &agrave; supporter que les r&eacute;sultats eux-m&ecirc;mes &raquo;, Atlantico.fr, <a class="gen" href="http://www.atlantico.fr/decryptage/tous-aux-abris-pourquoi-traitement-mediatique-fn-en-tete-europeennes-sera-bien-pire-supporter-que-resultats-eux-memes-arnaud-1575798.html">22 mai 2014</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 35. &laquo; In&eacute;galit&eacute;s : 1% de la population mondiale d&eacute;tient pr&egrave;s de la moiti&eacute; des richesses &raquo;, Laparisien.fr, <a class="gen" href="http://www.leparisien.fr/economie/inegalites-1-de-la-population-mondiale-detient-pres-de-la-moitie-des-richesses-20-01-2014-3512325.php">20 janvier 2014</a> : &laquo; &ldquo;Il est sid&eacute;rant qu&rsquo;au XXI&egrave;me si&egrave;cle, la moiti&eacute; de la population mondiale, soit 3,5 milliards de personnes, ne poss&egrave;de pas plus qu&rsquo;une minuscule &eacute;lite&rdquo;, se lamente Winnie Byanyima, la directrice g&eacute;n&eacute;rale d&rsquo;Oxfam international. &Agrave; quelques jours du forum de Davos, qui rassemble du 22 au 25 janvier prochains dans la station suisse, les principaux d&eacute;cideurs &eacute;conomiques, l&rsquo;ONG qui lutte contre les in&eacute;galit&eacute;s et la pauvret&eacute;, sort un rapport &eacute;difiant. Selon ses chiffres, la richesse combin&eacute;e des 85 personnes les plus riches du monde, qui s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve &agrave; environ 85 trillons d&rsquo;euros, est &eacute;gale &agrave; celle de la moiti&eacute; la moins riche de l&rsquo;humanit&eacute;. Depuis le d&eacute;but de la crise en 2008, ces in&eacute;galit&eacute;s se sont m&ecirc;me sensiblement accrues. &ldquo;M&ecirc;me si la crise a momentan&eacute;ment entam&eacute; la part des richesses mondiales d&eacute;tenues par les plus riches, ces derniers se sont depuis largement rattrap&eacute;s&rdquo;, explique ce rapport. Les 1% des personnes les plus riches en Chine, au Portugal et aux &Eacute;tats-Unis ont plus que doubl&eacute; leur part de revenus national depuis 1980. L&rsquo;Europe ne fait pas exception. La fortune combin&eacute;e des 10 personnes les plus riches d&rsquo;Europe (217 milliards d&rsquo;euros) d&eacute;passe le co&ucirc;t total des mesures de relance mises en &oelig;uvre dans l&rsquo;Union europ&eacute;enne entre 2008 et 2010 (200 milliards d&rsquo;euros). (&hellip;) Les causes de ce creusement sont nombreuses : la d&eacute;r&eacute;glementation financi&egrave;re, les r&egrave;gles et les syst&egrave;mes facilitant l&rsquo;&eacute;vasion fiscale, mais aussi les mesures d&rsquo;aust&eacute;rit&eacute;. &raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 36. Hostiles &agrave; l&rsquo;Union europ&eacute;enne, &agrave; la monnaie unique et &agrave; l&rsquo;OTAN, l&rsquo;ancien haut-fonctionnaire <a class="gen" href="http://www.upr.fr/actualite-facebook/hollande-declare-la-guerre-a-largent-roi">Fran&ccedil;ois Asselineau</a> et son parti politique (l&rsquo;UPR) connaissent un certain essor &ndash; notamment gr&acirc;ce &agrave; leur activisme sur les r&eacute;seaux sociaux. Bien que je ne partage pas syst&eacute;matiquement leurs conclusions, leurs analyses sont souvent percutantes, anticonformistes et int&eacute;ressantes; &agrave; ce sujet, voir <a class="gen" href="http://fr.wikisource.org/wiki/Trait%C3%A9_sur_le_fonctionnement_de_l%E2%80%99Union_europ%C3%A9enne#Article_63">l&rsquo;article 63</a> du Trait&eacute; sur le Fonctionnement de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne (TFUE), qui proscrit l&rsquo;interdiction des d&eacute;localisations en Europe : &laquo; 1. Dans le cadre des dispositions du pr&eacute;sent chapitre, toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les &Eacute;tats membres et entre les &Eacute;tats membres et les pays tiers sont interdites. (&hellip;) &raquo; ; Francis Journot, &laquo; Rendez-nous notre industrie ! &raquo;, Marianne.fr, <a class="gen" href="http://www.marianne.net/Rendez-nous-notre-industrie-_a213564.html">14 d&eacute;cembre 2011</a>, (etc.). </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 37. Peter Dale Scott, <em>La Machine de guerre am&eacute;ricaine</em> (<a class="gen" href="http://www.editionsdemilune.com/la-machine-de-guerre-americaine-p-45.html">&Eacute;ditions Demi-Lune</a>, Plogastel-Saint-Germain, 2012). </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 38. Hugo Natowicz, &laquo; La guerre inconnue &raquo;, Fr.ria.ru, <a class="gen" href="http://fr.ria.ru/tribune/20111007/191379375.html">7 octobre 2011</a> (accentuation ajout&eacute;e) : &laquo; Peu avant sa mort, l&rsquo;ancien pr&eacute;sident fran&ccedil;ais Fran&ccedil;ois Mitterrand s&rsquo;est livr&eacute; &agrave; une confession au caract&egrave;re inhabituel, troublant. Au milieu des entretiens publi&eacute;s dans le livre de Georges-Marc Benhamou &ldquo;Le dernier Mitterrand&rdquo;, l&rsquo;ex-chef de l&rsquo;Etat glissait : &ldquo;<strong>La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l&rsquo;Am&eacute;rique</strong>. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre &eacute;conomique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont tr&egrave;s durs les Am&eacute;ricains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C&rsquo;est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre &agrave; mort&rdquo;. &raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 39. Daniel Schneidermann, &laquo; Les &Eacute;tats-Unis contre la BNP : silence politique en France &raquo;, Arretsurimages.net, <a class="gen" href="http://www.arretsurimages.net/breves/2014-05-30/USA-contre-BNP-silence-radio-en-France-id17504">30 mai 2014</a>. Jean-Michel Gradt, &laquo; Fabius lie le dossier BNP Paribas au trait&eacute; UE/USA &raquo;, Lesechos.fr, <a class="gen" href="http://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/0203548051114-fabius-rappelle-que-pour-paris-le-dossier-bnp-paribas-est-lie-au-traite-ueusa-1010238.php">06 juin 2014</a>. Pr&eacute;cision importante : la Commission europ&eacute;enne a &eacute;t&eacute; mandat&eacute;e pour n&eacute;gocier le TAFTA avec les &Eacute;tats-Unis. Par cons&eacute;quent, le gouvernement fran&ccedil;ais ne peut suspendre ces n&eacute;gociations, &laquo; parce que <strong>seule la Commission europ&eacute;enne n&eacute;gocie ce trait&eacute;</strong>. La France pourra donner son avis lors du vote du Conseil europ&eacute;en et, en refusant de signer, compromettre la mise en place du TAFTA. <strong>Mais je doute de cette issue, puisque Hollande a dit &agrave; plusieurs reprises que ce trait&eacute; &eacute;tait une bonne chose</strong>&hellip; &raquo; (&laquo; Affaire BNP Paribas: &ldquo;Menacer les Etats-Unis de repr&eacute;sailles est ridicule&rdquo;, entretien avec Michel Crinetz, 20minutes.fr, [accentuation ajout&eacute;e], <a class="gen" href="http://www.20minutes.fr/economie/1395573-affaire-bnp-paribas-menacer-les-etats-unis-de-represailles-est-ridicule">6 juin 2014</a>.) </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 40. Diane Jean, Jonathan Parient&eacute; et Maxime Vaudano, &laquo; BNP : tout comprendre &agrave; la menace am&eacute;ricaine d&rsquo;une amende record &raquo;, Lemonde.fr, <a class="gen" href="http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/05/30/bnp-pour-tout-comprendre-a-l-amende-record-brandie-par-les-etats-unis_4429206_4355770.html">30 mai 2014</a>, accentuation ajout&eacute;e. Voir &eacute;galement R&eacute;gis Bismuth, &laquo; BNP Paribas : derri&egrave;re les 10 milliards, l&rsquo;extraterritorialit&eacute; am&eacute;ricaine &raquo;, Liberation.fr, <a class="gen" href="http://www.liberation.fr/economie/2014/06/05/bnp-paribas-derriere-l-arbre-des-10-milliards-la-foret-de-l-extraterritorialite-americaine_1034086">5 juin 2014</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 41. &laquo; Iran &ndash; Obama menace les entreprises [fran&ccedil;aises] qui violeraient les sanctions &raquo;, Zonebourse.com, <a class="gen" href="http://www.zonebourse.com/actualite-bourse/Iran-Obama-menace-les-entreprises-qui-violeraient-les-sanctions--17932334/">11 f&eacute;vrier 2014</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 42. &laquo; Amende record pour BNP Paribas : les Etats-Unis veulent &eacute;liminer la concurrence en Iran ? &raquo;, entretien avec Michel Makinsky, Opinion-internationale.com, <a class="gen" href="http://www.opinion-internationale.com/2014/05/22/amende-record-pour-bnp-paribas-les-etats-unis-veulent-eliminer-la-concurrence-en-iran_25788.html">22 mai 2014</a> : &laquo; Je suis un peu surpris de la relative timidit&eacute; des pouvoirs publics fran&ccedil;ais &agrave; cet &eacute;gard. Si l&rsquo;on envisage qu&rsquo;il y ait un accord entre les 5 + 1 (&hellip;) et l&rsquo;Iran, ce qui n&rsquo;est pas du tout acquis, et que cet accord se traduise par une lev&eacute;e officielle des sanctions, un probl&egrave;me essentiel demeurera entier : les pressions officieuses exerc&eacute;es par le [T]r&eacute;sor am&eacute;ricain sur ces banques ne seront pas abandonn&eacute;es parce qu&rsquo;elles ne sont pas officielles justement. Il y donc l&agrave; un v&eacute;ritable souci : en pratique, on peut donc craindre que la lev&eacute;e des sanctions officielles ne soit, de ce fait, d&rsquo;un effet assez limit&eacute;, en particulier pour les soci&eacute;t&eacute;s fran&ccedil;aises qui souhaitent op&eacute;rer en Iran. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> Donc, au-del&agrave; de l&rsquo;affaire BNP Paribas, on aimerait qu&rsquo;il y ait une attitude de fermet&eacute; des autorit&eacute;s fran&ccedil;aises puisque les pressions officieuses rendront, en grande partie, inop&eacute;rante cette lev&eacute;e de sanctions. Les entreprises fran&ccedil;aises resteront p&eacute;nalis&eacute;es. Les entreprises am&eacute;ricaines auront, en revanche, un boulevard. Ce qui bien &eacute;videmment est en r&eacute;alit&eacute; l&rsquo;objet de ces sanctions : &eacute;liminer de l&rsquo;acc&egrave;s au march&eacute; iranien la concurrence &eacute;trang&egrave;re, notamment fran&ccedil;aise. &raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 43. Page regroupant les principaux articles de Jean-Claude Paye : <a class="gen" href="http://www.voltairenet.org/auteur5218.html?lang=fr">http://www.voltairenet.org/article182063.html</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 44. Contrairement &agrave; ce qu&rsquo;ont affirm&eacute; la majorit&eacute; des m&eacute;dias francophones, la sous-secr&eacute;taire d&rsquo;&Eacute;tat aux affaires europ&eacute;ennes et eurasiatiques Victoria Nuland n&rsquo;a pas dit &agrave; son ambassadeur en Ukraine &laquo; Que l&rsquo;UE aille se faire foutre ! &raquo;. En r&eacute;alit&eacute;, elle a affirm&eacute; que la nomination d&rsquo;un &eacute;missaire de l&rsquo;ONU loyal envers les &Eacute;tats-Unis permettrait d&rsquo;&laquo; <strong>enculer</strong> l&rsquo;UE &raquo; dans la crise ukrainienne &ndash; ce qui nous am&egrave;ne &agrave; une interpr&eacute;tation fort diff&eacute;rente des propos qui lui ont &eacute;t&eacute; attribu&eacute;s. Consultez l&rsquo;int&eacute;gralit&eacute; de la conversation intercept&eacute;e : <a class="gen" href="http://www.voltairenet.org/article182063.html">http://www.voltairenet.org/article182063.html</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 45. &laquo; Espionnage am&eacute;ricain : la Commission europ&eacute;enne classe le dossier Swift &raquo;, Rtbf.be, <a class="gen" href="http://www.rtbf.be/info/monde/detail_espionnage-americain-la-commission-europeenne-classe-le-dossier-swift?id=8144932">27 novembre 2013</a>. Voir <a class="gen" href="http://www.leap2020.eu/GEAB-n-83-est-disponible--Crise-systemique-globale-Escalade-dans-la-reaction-de-survie-des-Etats-Unis-declencher-une_a15799.html">GEAB n&deg;83</a>, note n&deg;2. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 46. Benjamin Dormann, &laquo; Washington sur Seine ? Ces ministres de Fran&ccedil;ois Hollande qui ont &eacute;t&eacute; form&eacute;s par les Am&eacute;ricains &raquo;, Atlantico.fr, <a class="gen" href="http://www.atlantico.fr/decryptage/gouvernement-hollande-formation-plus-atlantiste-qu-on-pourrait-croire-benjamin-dormann-366638.html">22 mai 2012</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 47. Dan Israel, &laquo; P&eacute;an contre le &ldquo;journalisme d&rsquo;investigation&rdquo;, Arretsurimages.net, <a class="gen" href="http://www.arretsurimages.net/breves/2010-09-21/Pean-contre-le-journalisme-d-investigation-id9162">21 septembre 2010</a> (accentuation ajout&eacute;e) : &laquo; Comme nous le rappelions (&hellip;), P&eacute;an et Plenel se sont livr&eacute;s une guerre f&eacute;roce lorsque l&rsquo;enqu&ecirc;teur a publi&eacute;, avec Philippe Cohen, <em>La Face cach&eacute;e du Monde</em> en 2003, qui attaquait de front la direction Plenel-Colombani. Certains des chapitres du livre sont &eacute;tranges, comme celui intitul&eacute; &ldquo;<em>Ils n&rsquo;aiment pas la France</em>&rdquo;, reprochant notamment au journal ses enqu&ecirc;tes sur la torture en Alg&eacute;rie, <strong>ou celui qui insinue qu&rsquo;Edwy Plenel serait une taupe de la CIA.</strong> &raquo; </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 48. L&rsquo;atlantisme est &agrave; ce point omnipr&eacute;sent dans les m&eacute;dias fran&ccedil;ais qu&rsquo;il serait particuli&egrave;rement difficile d&rsquo;en recenser les sympt&ocirc;mes de fa&ccedil;on synth&eacute;tique. N&eacute;anmoins, voici un article int&eacute;ressant sur les r&eacute;seaux d&rsquo;influence atlantistes dans les m&eacute;dias fran&ccedil;ais : Denis Boneau, &laquo; La face cach&eacute;e de la Fondation Saint-Simon &raquo;, Voltairenet.org, <a class="gen" href="http://www.voltairenet.org/article12431.html">10 f&eacute;vrier 2004</a>. Concernant les r&eacute;seaux d&rsquo;influence n&eacute;oconservateurs, le lecteur pourra s&rsquo;int&eacute;resser notamment au <a class="gen" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Cercle_de_l%27Oratoire">Cercle de l&rsquo;Oratoire</a>, dont la revue <a class="gen" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Meilleur_des_mondes_%28revue%29">la revue</a> <em>Le Meilleur des Mondes</em> est un prolongement ; Eric Aeschimann, &laquo; Les meilleurs amis de l&rsquo;Am&eacute;rique &raquo;, Liberation.fr, <a class="gen" href="http://www.liberation.fr/grand-angle/2006/05/09/les-meilleurs-amis-de-l-amerique_38664">9 mai 2006</a> : &laquo; Depuis les manifestations contre l&rsquo;intervention des &Eacute;tats-Unis en Irak, des intellectuels fran&ccedil;ais, r&eacute;volt&eacute;s par l&rsquo;antiam&eacute;ricanisme [sic], ont fond&eacute; le Cercle de l&rsquo;Oratoire. Inspir&eacute;s par les n&eacute;oconservateurs et pourfendeurs de l&rsquo;islamisme radical, ils se r&eacute;unissent &agrave; Paris dans un temple protestant. &raquo;. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 49. Le grand r&eacute;sistant St&eacute;phane Hessel a &eacute;t&eacute; litt&eacute;ralement insult&eacute; par de nombreux r&eacute;seaux d&rsquo;influence sionistes, dont <a class="gen" href="http://www.crif.org/fr/leditorialdupresident/d%C3%A9c%C3%A8s-de-st%C3%A9phane-hessel/35470">le CRIF</a>. Le lecteur jugera librement de l&rsquo;acceptabilit&eacute; et de l&rsquo;honn&ecirc;tet&eacute; des arguments du pr&eacute;sident du CRIF, Richard Prasquier. Dans un tel climat, il est particuli&egrave;rement difficile de critiquer Isra&euml;l dans les m&eacute;dias fran&ccedil;ais, comme peut notamment en t&eacute;moigner Pascal Boniface : &laquo; &Agrave; l&rsquo;origine de la pol&eacute;mique, la publication r&eacute;cente d&rsquo;un livre de Pascal Boniface (&hellip;), qui fait suite &agrave; une &ldquo;note&rdquo; d&rsquo;avril 2001. Plus connu comme directeur de l&rsquo;Institut de relations internationales et strat&eacute;giques (Iris), Boniface &eacute;tait alors d&eacute;l&eacute;gu&eacute; national du PS pour les questions strat&eacute;giques. Un an avant la pr&eacute;sidentielle, il s&rsquo;interroge, dans sa note interne destin&eacute;e &agrave; Fran&ccedil;ois Hollande et Henri Nallet, charg&eacute; des affaires internationales au PS, sur &ldquo;l&rsquo;efficacit&eacute; &eacute;lectorale&rdquo; des positions du parti, jug&eacute;es trop favorables &agrave; Isra&euml;l alors que l&rsquo;&eacute;lectorat d&rsquo;origine arabe p&egrave;se de plus en plus lourd. &ldquo;Peut-on diaboliser Haider et traiter normalement Sharon ?&rdquo; demande-t-il dans ce texte, en mettant sur le m&ecirc;me plan le leader de l&rsquo;extr&ecirc;me droite autrichienne, connu pour ses positions ambigu&euml;s sur le nazisme, et un dirigeant isra&eacute;lien. L&rsquo;ambassadeur de l&rsquo;&Eacute;tat h&eacute;breu, Elie Barnavi, s&rsquo;en m&ecirc;le, Boniface s&rsquo;emporte, et la communaut&eacute; juive s&rsquo;&eacute;meut. Depuis, le directeur de l&rsquo;Iris est au centre d'une pol&eacute;mique permanente... qu&rsquo;il n&rsquo;h&eacute;site pas &agrave; alimenter. Ainsi, dans le journal suisse le Temps, il propose en 2002 &shy; sur le ton de la d&eacute;rision &shy; d&rsquo;inscrire Isra&euml;l dans la liste des pays de &ldquo;l&rsquo;axe du Mal&rdquo; ! En janvier 2003, Laurent Fabius et Serge Weinberg, pr&eacute;sident du directoire de Pinault-Printemps-Redoute, d&eacute;missionnent du conseil d&rsquo;administration de l&rsquo;Iris. En mai, la revue juive l&rsquo;Arche titre &ldquo;Est-il permis d&rsquo;&ecirc;tre antis&eacute;mite ?&rdquo;, et consacre quatre pages au livre de Boniface... La querelle d&eacute;borde les milieux juifs ou socialistes : en juin, le professeur Grosser d&eacute;missionne de l&rsquo;Express &agrave; la suite de la publication par l&rsquo;hebdo des r&eacute;actions hostiles provoqu&eacute;es par un de ses articles favorable &agrave; Boniface. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> D&eacute;jeuner &ldquo;amical&rdquo;. Au lendemain du congr&egrave;s de Dijon, r&eacute;uni mi-mai, le PS se d&eacute;cide donc &agrave; trancher. &ldquo;J&rsquo;ai estim&eacute;, avec Fran&ccedil;ois Hollande, que les conditions n&rsquo;&eacute;taient pas r&eacute;unies pour que son travail continue sereinement&rdquo;, commente Pierre Moscovici, nouveau secr&eacute;taire aux relations internationales. Boniface, &ldquo;militant utile et actif&rdquo;, est vir&eacute; de son poste de d&eacute;l&eacute;gu&eacute; national au terme d&rsquo;un d&eacute;jeuner &ldquo;amical&rdquo;, le 18 juin. &ldquo;Je ne peux pas laisser dire que la position du PS est pro-isra&eacute;lienne&rdquo;, se d&eacute;fend Moscovici. &raquo; (Jean-Dominique Merchet, &laquo; Isra&euml;l fait claquer la porte du PS &raquo;, <a class="gen" href="http://www.liberation.fr/politiques/2003/07/18/israel-fait-claquer-la-porte-du-ps_440058">18 juillet 2003</a>). </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 50. &laquo; Boko Haram, la secte djihadiste pr&eacute;f&eacute;r&eacute;e des monarchies du Golfe &raquo;, entretien avec Alain Chouet par R&eacute;gis Soubrouillard, Marianne.net, <a class="gen" href="http://www.marianne.net/Boko-Haram-la-secte-djihadiste-preferee-des-monarchies-du-Golfe_a238916.html">20 mai 2014</a>. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 51. Cf. note n&deg;9. Voir &eacute;galement Bob Graham, &laquo; Il faut rouvrir l&rsquo;enqu&ecirc;te du 11-Septembre ! &raquo;, Huffingtonpost.fr, <a class="gen" href="http://www.huffingtonpost.fr/bob-graham/enquete-attentats-11-septembre_b_1872744.html.">11 septembre 2012</a> : &laquo; Le temps qui s&rsquo;est &eacute;coul&eacute; depuis le 11 septembre 2001 n&rsquo;a pas diminu&eacute; la <strong>m&eacute;fiance</strong> que beaucoup d&rsquo;entre nous ressentent &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de la version officielle (&hellip;) des attentats, et surtout, la question de qui les a financ&eacute;s et soutenus. (&hellip;) </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> D&egrave;s le d&eacute;but de la [commission Graham-Kerrey], l&rsquo;enqu&ecirc;te parlementaire sur le 11-Septembre [copr&eacute;sid&eacute;e par le s&eacute;nateur Graham], il a paru peu plausible que les pirates de l&rsquo;air (&hellip;) aient pu r&eacute;aliser <strong>seuls</strong> ce complot abominable. Les investigations ont montr&eacute; la justesse de ces soup&ccedil;ons, et un chapitre de 28 pages dans le rapport [de cette commission] est consacr&eacute; aux sources de soutien &eacute;tranger pour certains de ces terroristes quand ils &eacute;taient aux &Eacute;tats-Unis. Mais ce chapitre reste censur&eacute;, son acc&egrave;s <strong>refus&eacute;</strong> aux Am&eacute;ricains. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> H&eacute;las, ces 28 pages ne repr&eacute;sentent qu&rsquo;une <strong>fraction des preuves de la complicit&eacute; saoudienne que notre gouvernement continue de cacher au public</strong>, sous forme d&rsquo;un programme de classification tronqu&eacute;e, qui semble surtout faire partie d&rsquo;un effort syst&eacute;matique pour <strong>prot&eacute;ger l&rsquo;Arabie saoudite de la responsabilit&eacute; de ses actions.</strong>&nbsp;&raquo;. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> 52. Abondamment document&eacute;e, la r&eacute;f&eacute;rence suivante suffira &agrave; appuyer cette d&eacute;monstration &ndash; Monsieur le Pen ayant &eacute;t&eacute; condamn&eacute; &agrave; de nombreuses reprises pour des propos jug&eacute;s racistes : <a class="gen" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marie_Le_Pen#Condamnations_de_ses_propos">http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marie_Le_Pen#Condamnations_de_ses_propos</a>. </font></p> Tue, 10 Jun 2014 23:00:00 GMT Vous avez dit «&#160;Philosophe&#160;»&#160;? Beaucoup de philosophes et bien peu de philosophie... http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1371 1371 <br /><br /> <font size="2" face="Arial">C&rsquo;est tr&egrave;s tendance&nbsp;: aujourd&rsquo;hui, de plus en plus d&rsquo;auteurs se pr&eacute;valent volontiers du caract&egrave;re th&eacute;orique de leurs productions pour se dire &laquo;&nbsp;philosophes&nbsp;&raquo; ou &ecirc;tre tenus pour tels par les m&eacute;dias qui se chargent de la mise en sc&egrave;ne de leurs prestations&nbsp;: interviews &agrave; la radio, critiques de presse, participation &agrave; des d&eacute;bats t&eacute;l&eacute;vis&eacute;s, etc. Les temps changent&nbsp;: il y a seulement dix ou quinze ans, ces intellectuels y auraient regard&eacute; &agrave; deux fois avant de se d&eacute;clarer philosophes au risque de passer pour des cuistres. En somme, d&eacute;sormais il suffit de penser pour &ecirc;tre philosophe&nbsp;; f&acirc;cheuse approximation qui oublie que la philosophie (dans sa tradition occidentale du moins) n&rsquo;est qu&rsquo;une mani&egrave;re de penser et qu&rsquo;il existe aussi, et c&rsquo;est heureux, un usage non philosophique de la pens&eacute;e. <br /> <br /> <strong><font color="#000080">L&rsquo;instrumentalisation m&eacute;diatique </font></strong><br /> <br /> La premi&egrave;re instrumentalisation de nos intellectuels modernes est m&eacute;diatique&nbsp;: l&rsquo;appellation de &laquo;&nbsp;philosophe&nbsp;&raquo; dont sont gratifi&eacute;s les susdits vise alors &agrave; focaliser l&rsquo;attention moins sur la port&eacute;e th&eacute;orique de leurs propos que sur l&rsquo;immense m&eacute;rite de ceux qui ont eu l&rsquo;id&eacute;e de les faire parler. L&rsquo;important n&rsquo;est pas tant ce qu&rsquo;ils disent que ce qu&rsquo;ils repr&eacute;sentent, gr&acirc;ce au montage qui fera de leur pr&eacute;sentation une sorte d&rsquo;&eacute;v&eacute;nement promotionnel&nbsp;: plus que des &eacute;minences, ce sont des ma&icirc;tres qui &agrave; ce titre se doivent absolument d&rsquo;&ecirc;tre offerts &agrave; l&rsquo;&eacute;bahissement des foules, &agrave; d&eacute;faut d&rsquo;&ecirc;tre lus et compris. Il est essentiel d&rsquo;&ecirc;tre en pr&eacute;sence d&rsquo;un philosophe, car ce label est le signe m&ecirc;me de l&rsquo;excellence. Actuellement, sa cote est &eacute;norme. On reste donc bien dans le registre sp&eacute;culatif. C&rsquo;est une forme de distinction, pas au sens de Bourdieu comme processus de s&eacute;lection sociale des &eacute;lites, mais plut&ocirc;t par r&eacute;f&eacute;rence &agrave; Debord et &agrave; sa &laquo;&nbsp;soci&eacute;t&eacute; du spectacle&nbsp;&raquo;&nbsp;: utilis&eacute;es par les m&eacute;dias, qui les exhibent comme des produits, ils repr&eacute;sentent une valeur marchande tant symbolique (prestige accru, audience &eacute;largie) que mat&eacute;rielle (tirage plus fort, augmentation des ventes, etc.). Sous ce rapport, le philosophe, c&rsquo;est du tr&egrave;s haut de gamme. Dans l&rsquo;ordre de la pens&eacute;e, un &laquo;&nbsp;must&nbsp;&raquo;, au m&ecirc;me titre que, dans d&rsquo;autres secteurs, un sac Vuitton, une Lamborghini ou un parfum Chanel...<br /> <br /> <font color="#000080"><strong>L&rsquo;instrumentalisation th&eacute;orico-pratique<br /> </strong></font><br /> L&rsquo;autre instrumentalisation est th&eacute;orico-pratique&nbsp;: le philosophe est convoqu&eacute; &agrave; titre de sp&eacute;cialiste. Chacun est invit&eacute; &agrave; s&rsquo;exprimer sur son domaine de comp&eacute;tence&nbsp;: la mort, la libert&eacute;, la soci&eacute;t&eacute; de demain, la douleur, le d&eacute;sir, la jeunesse, la la&iuml;cit&eacute;, le bonheur, bref n&rsquo;importe quoi mais pas n&rsquo;importe comment&nbsp;! Pour &ecirc;tre l&eacute;gitime, le discours du philosophe doit &ecirc;tre un discours expert. Pourquoi&nbsp;? Parce que l&rsquo;expert n&rsquo;est cr&eacute;dible que pour autant qu&rsquo;il s&rsquo;en tient aux faits. Il est axiologiquement neutre. Il &eacute;tablit des constats. Il ne prescrit rien. Certes, ce type d&rsquo;approche n&rsquo;est pas inutile&nbsp;: il peut introduire un principe d&rsquo;intelligibilit&eacute; dans l&rsquo;analyse et la compr&eacute;hension des ph&eacute;nom&egrave;nes. Mais sa rationalit&eacute; est purement technique, c&rsquo;est &agrave; dire op&eacute;ratoire. Et si jamais le philosophe outrepasse sa mission d&rsquo;expertise en avan&ccedil;ant, par exemple, des propositions &agrave; caract&egrave;re normatif ou simplement critique, on peut toujours le r&eacute;cuser et recourir &agrave; une contre-expertise. Et c&rsquo;est ainsi que les discours finissent tous par se disqualifier en s&rsquo;annulant les uns les autres. Bref, un produit chasse l&rsquo;autre et le spectacle continue. L&agrave; r&eacute;side le renouvellement permanent de la r&eacute;p&eacute;tition. Du beau travail&nbsp;! Les vis&eacute;es de cette manipulation sont donc bien &agrave; la fois th&eacute;oriques et pratiques, puisque le discours est d&rsquo;abord coup&eacute; de ses finalit&eacute;s, puis par voie de cons&eacute;quence d&eacute;samorc&eacute; dans ses effets. On peut certes &eacute;couter un philosophe... pourvu que chacun ensuite se fasse son opinion, c&rsquo;est-&agrave;-dire n&rsquo;en pense rien. La subversion est ainsi elle-m&ecirc;me subvertie.<br /> <font color="#000080"><strong><br /> Un&nbsp;&laquo; logos&nbsp;&raquo; d&eacute;coupl&eacute; de sa &laquo;&nbsp;praxis&nbsp;&raquo;</strong></font><br /> <br /> Or ce d&eacute;tournement m&eacute;diatique du discours philosophique n&rsquo;est lui-m&ecirc;me rendu possible que parce que s&rsquo;exprime actuellement et de mani&egrave;re de plus en plus pressante, sinon une demande sociale clairement formul&eacute;e, du moins une attente. Tous les lieux communs sur l&rsquo;absence de rep&egrave;res, la perte des valeurs renvoient &agrave; cette attente&nbsp;: une qu&ecirc;te de sens dans un monde v&eacute;cu comme profond&eacute;ment inique, violent et absurde.&nbsp;Pour utiliser une phras&eacute;ologie &agrave; la fois p&eacute;dante et d&eacute;licieusement &laquo;&nbsp;vintage&nbsp;&raquo;, nous dirons que, pour tromper cette attente, il suffit de produire un&nbsp;&laquo; logos&nbsp;&raquo; d&eacute;coupl&eacute; de sa &laquo;&nbsp;praxis&nbsp;&raquo;. <br /> <font color="#000080"><br /> <strong>Comment a-t-on pu en arriver l&agrave;&nbsp;? </strong><br /> <br /> </font>Sur le plan m&eacute;diatique, on l&rsquo;a vu, c&rsquo;est facile&nbsp;: tout le monde parle, ce qui produit un effet de brouillage, au milieu duquel la parole subversive n&rsquo;est qu&rsquo;un bavardage parmi d&rsquo;autres. La philosophie n&rsquo;est plus alors qu&rsquo;une boutique de luxe r&eacute;serv&eacute;e &agrave; une &eacute;lite, pendant que la masse des clients se contente de faire du l&egrave;che-vitrine. Car il importe aussi que cette client&egrave;le comprenne que ces beaux objets th&eacute;oriques d&eacute;passent son entendement et ne sont pas faits pour elles. Ainsi, la preuve est renvers&eacute;e&nbsp;: ce n&rsquo;est pas le monde qui perd son sens, c&rsquo;est cette humanit&eacute;-l&agrave; qui est insignifiante.<br /> <br /> Mais il existe des pratiques d&rsquo;exclusion qui rel&egrave;vent d&rsquo;enjeux sociaux beaucoup plus profonds et qui consistent, pour la classe dominante, &agrave; couper les &laquo;&nbsp;domin&eacute;s &raquo; (pour faire court) de ses &laquo;&nbsp;intellectuels organiques&nbsp;&raquo;, pour parler comme Gramsci. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, ces intellectuels, ces penseurs, ces philosophes surtout, n&rsquo;interviennent publiquement qu&rsquo;&agrave; titre purement individuel, quand bien m&ecirc;me tiendraient-ils un discours engag&eacute; &agrave; l&rsquo;adresse non plus d&rsquo;un public mais de citoyens. Ils ne constituent plus un groupe de pression plus ou moins structur&eacute; pouvant d&eacute;velopper un contre-discours face &agrave; l&rsquo;id&eacute;ologie dominante (1). Ils ne repr&eacute;sentent qu&rsquo;eux-m&ecirc;mes ou leur communaut&eacute; restreinte (labo, &eacute;quipe de recherche). Bref, ils apportent une parole sans pour autant &ecirc;tre des porte-parole. Et nous, nous les &eacute;coutons du fond de notre intimit&eacute;&nbsp;: la radio d&rsquo;une cuisine, la t&eacute;l&eacute; d&rsquo;une chambre ou d&rsquo;un salon, l&rsquo;ordinateur d&rsquo;un bureau, le smartphone dans la rue.<br /> <strong><font color="#000080"><br /> Le carnaval des animaux (tristes)</font></strong><br /> <br /> L&rsquo;h&eacute;g&eacute;monie de classe est telle qu&rsquo;au sein du syst&egrave;me social actuel elle assure aussi la Direction intellectuelle et morale (toujours selon la terminologie gramscienne). On l&rsquo;a bien vu &agrave; travers la publication des &laquo;&nbsp;Nouveaux chiens de garde&nbsp;&raquo; et la diffusion du film qui en a &eacute;t&eacute; tir&eacute; par l&rsquo;&eacute;quipe du &laquo;&nbsp;Monde diplomatique&nbsp;&raquo;. On pouvait penser que le discours de ces conseillers du prince (pr&eacute;tendus experts qui ne sont en fait que des faussaires et de vulgaires sycophantes) allait radicalement les disqualifier, tant le r&eacute;quisitoire est accablant. D&eacute;pouill&eacute;s de tous leurs oripeaux id&eacute;ologiques, on les croyait d&eacute;sormais condamn&eacute;s &agrave; se taire et &agrave; raser les murs, t&ecirc;te basse. Mais pas du tout. Ils n&rsquo;ont rien perdu de leur superbe ni de leur arrogance, et la meute continue de pi&eacute;tiner rageusement le champ d&eacute;vast&eacute; de tous les renouveaux possibles, toujours pr&ecirc;te &agrave; mordre. Voil&agrave; des chiens d&eacute;cid&eacute;ment bien dress&eacute;s. Il faut dire que leurs propri&eacute;taires les soignent. Eux, ils en ont les moyens&nbsp;! Et c&rsquo;est ce qui rend le lien organique si solide&nbsp;: plus que jamais les ma&icirc;tres penseurs sont les penseurs de la classe dominante.<br /> <br /> Du temps de Nizan, ces chiens de garde n&rsquo;&eacute;taient pas issus tout &agrave; fait des m&ecirc;mes chenils&nbsp;: quelques clercs qui, depuis V. Cousin dans le temple de la Sorbonne, se faisaient les gardiens de la tradition id&eacute;aliste (y compris dans sa variante scientiste) face &agrave; la mont&eacute;e des courants philosophiques mat&eacute;rialistes, ath&eacute;es et socialement subversifs. En somme les enjeux n&rsquo;&eacute;taient pas moindres, mais les affrontements se limitaient &agrave; la sph&egrave;re des milieux universitaires et de l&rsquo;intelligentzia. Aujourd&rsquo;hui l&rsquo;acc&eacute;l&eacute;ration des modes de gouvernance et le d&eacute;veloppement simultan&eacute; des &laquo;&nbsp;r&eacute;seaux sociaux&nbsp;&raquo; (2) font que la gestion courante des affaires et les questions de fond sur l&rsquo;&eacute;volution globale de la soci&eacute;t&eacute; face &agrave; la crise sont constamment &agrave; l&rsquo;ordre du jour et ouvrent un d&eacute;bat o&ugrave; la plupart des groupes de pression sont d&eacute;sormais parties prenantes. D&rsquo;o&ugrave; la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;un contr&ocirc;le social renforc&eacute; pour accr&eacute;diter l&rsquo;id&eacute;e que l&rsquo;honn&ecirc;tet&eacute; intellectuelle la plus &eacute;l&eacute;mentaire oblige &agrave; admettre que la crise et ses effets sont des ph&eacute;nom&egrave;nes aussi &laquo;&nbsp;naturels&nbsp;&raquo; que les d&eacute;r&egrave;glements climatiques auxquels les hommes sont soumis. <br /> <br /> <font color="#000080"><strong>Des allures d&rsquo;universitaires distingu&eacute;s</strong></font><br /> <br /> L&rsquo;astuce consiste donc &agrave; laisser croire que l&rsquo;on quitte le terrain du parti pris id&eacute;ologique et manipulateur &agrave; partir du moment o&ugrave; l&rsquo;analyse de la crise rel&egrave;ve du simple constat&nbsp;: c&rsquo;est une donn&eacute;e de fait, incontournable. Refuser de l&rsquo;admettre, c&rsquo;est nier l&rsquo;&eacute;vidence.&nbsp;Pour accr&eacute;diter ce discours, les chiens de garde se donnent des allures d&rsquo;universitaires distingu&eacute;s (qu&rsquo;ils sont au demeurant, mais leur vrai fonds de commerce est ailleurs, dans les banques de pr&eacute;f&eacute;rence) dont les titres (notamment leur rattachement &agrave; de prestigieuses institutions scientifiques, telles que le CNRS), ajoutent une caution suppl&eacute;mentaire au bien-fond&eacute; de leurs th&egrave;ses (3). Mais en r&eacute;alit&eacute;, ce sont de vrais tireurs d&rsquo;&eacute;lite, des &laquo;&nbsp;snipers&nbsp;&raquo; solidement appuy&eacute;s par la grosse artillerie des m&eacute;dias&nbsp;(presse, t&eacute;l&eacute;vision, colloques divers, etc.) qui fait son boulot quotidien de matraquage et d&rsquo;abrutissement (pour la plupart, car, je vous le demande, que deviendrions-nous sans &laquo;&nbsp;France culture&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;France musique&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;France Inter&nbsp;&raquo; m&ecirc;me et &laquo;&nbsp;Arte&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;Public S&eacute;nat LCP&nbsp;&raquo; et quelques autres&nbsp;?).<br /> <font color="#000080"><strong><br /> Tout cela pour le compte de qui&nbsp;?</strong></font><br /> <br /> A qui cela profite-t-il&nbsp;? Des d&eacute;cideurs, comme on dit&nbsp;: les politiques, le patronat, les banquiers, les march&eacute; financiers, bref ceux qui ont le pouvoir. C&rsquo;est le moment de la praxis, mais cette fois sans le logos. Car ces gens, eux aussi, avancent masqu&eacute;s&nbsp;: ils se donnent pour des hommes de simple bon sens. Leur ma&icirc;tre mot&nbsp;? Le pragmatisme (variante ab&acirc;tardie de l&rsquo;utilitarisme de S. Mill)&nbsp;: leurs id&eacute;ologues ont l&rsquo;usage exclusif du discours dominant. Eux ont l&rsquo;usage exclusif de la pratique dominante. Mais sachons le&nbsp;: ils ne savent rien&nbsp;; ou plut&ocirc;t si&nbsp;: ils savent faire et, encore mieux, faire faire. Mais ils n&rsquo;ont aucune id&eacute;e, par pr&eacute;vention. Et c&rsquo;est tant mieux puisque toute id&eacute;e est d&eacute;j&agrave; pr&eacute;con&ccedil;ue. <br /> <br /> <font color="#000080"><strong>Vous pouvez me faire confiance&nbsp;: je n&rsquo;ai aucune id&eacute;e&nbsp;!</strong></font><br /> <br /> Autant le savoir&nbsp;: juger, c&rsquo;est d&eacute;j&agrave; pr&eacute;juger. L&rsquo;id&eacute;e est du c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;intention qui est toujours cach&eacute;e, donc malveillante. Avoir des id&eacute;es est une forme de dissimulation&nbsp;: toute pens&eacute;e est arri&egrave;re-pens&eacute;e. L&rsquo;id&eacute;e est la n&eacute;gation m&ecirc;me de l&rsquo;honn&ecirc;tet&eacute; intellectuelle. Sans id&eacute;e, plus d&rsquo;id&eacute;ologie&nbsp;! C&rsquo;est l&rsquo;esprit d&rsquo;ouverture, sans sectarisme. Ainsi, le pragmatisme nous montre que la crise est une r&eacute;alit&eacute; puisque nous l&rsquo;&eacute;prouvons au quotidien. Donc, c&rsquo;est une donn&eacute;e irr&eacute;cusable. Foin des pol&eacute;miques. C&rsquo;est le simple bon sens. Finalement, le politique, comme le chef d&rsquo;entreprise, nous disent&nbsp;: vous pouvez me faire confiance&nbsp;: je n&rsquo;ai aucune id&eacute;e&nbsp;!<br /> <br /> Mais quel cr&eacute;dit accorder &agrave; cette pr&eacute;tendue innocence qui commence par nous prendre pour des niais&nbsp;? En fait, par-del&agrave; cette pure mystification, ce type de discours en dit long sur l&rsquo;anti intellectualisme et l&rsquo;irrationalisme ambiants. Aujourd&rsquo;hui, nos &laquo;&nbsp;Lumi&egrave;res&nbsp;&raquo; s&rsquo;&eacute;clairent &agrave; la bougie. (Plus d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;... donc plus de soviets&nbsp;!). Ainsi, on voit bien que cette estime dans laquelle ces hommes disent tenir ces intellectuels n&rsquo;est qu&rsquo;une farce. Simple affaire de standing. Quand on a le pouvoir et l&rsquo;argent, &agrave; quoi bon les id&eacute;es&nbsp;? Actuellement, le lib&eacute;ralisme est une donn&eacute;e imm&eacute;diate de la conscience petite bourgeoise. Mais le capitalisme financier, lui, voit beaucoup plus loin.<br /> <br /> <font color="#000080"><strong>Bousculer sans d&eacute;ranger<br /> </strong></font><br /> R&eacute;sumons-nous&nbsp;: d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute; &ndash; ou plus exactement l&agrave;-haut &ndash; un ar&eacute;opage d&rsquo;hommes &eacute;minents, &eacute;crivains, chercheurs, artistes, savants, professeurs, philosophes &agrave; l&rsquo;occasion, qui quotidiennement inventent, d&eacute;couvrent, cr&eacute;ent, innovent, produisent, transmettent, bref enrichissent le champ du savoir et plus globalement notre patrimoine culturel. Mais, on l&rsquo;a laiss&eacute; entendre, cette r&eacute;publique ne constitue pas dans les conditions actuelles de son fonctionnement une communaut&eacute; d&rsquo;esprit. Certes, chaque domaine ou sp&eacute;cialit&eacute; a ses pratiques collectives, ses rituels, ses codes, ses formes de reconnaissance, mais ces regroupements se font essentiellement sur une base professionnelle. Les conditions sociales de la production et de la reproduction intellectuelle et artistique ne sont jamais interrog&eacute;es, sinon, justement, &agrave; titre d&rsquo;objets scientifiques (sociologie de la connaissance, de l&rsquo;innovation, &eacute;pist&eacute;mologie, approche cognitive des processus mentaux, etc.). Et la vulgarisation qui peut en &ecirc;tre faite, m&ecirc;me quand elle reste honn&ecirc;te, est souvent tr&egrave;s psychologisante avec un brin de complaisance et une tendance &agrave; la &laquo;&nbsp;pipolisation&nbsp;&raquo;, qui mettent l&rsquo;accent sur l&rsquo;anecdote, le v&eacute;cu, l&rsquo;&eacute;motionnel, voire le spectaculaire. On d&eacute;passe rarement la sph&egrave;re de l&rsquo;intime, tant celle du locuteur que celle de l&rsquo;auditeur ou du spectateur. On peut bousculer&nbsp;; on ne d&eacute;range jamais. On est dans les nu&eacute;es.<br /> <br /> <font color="#000080"><strong>&Ocirc; r&eacute;gions, &ocirc; f&eacute;aux&nbsp;!</strong></font><br /> <br /> Ouvrons notre parachute non dor&eacute; pour en descendre, juste pour voir. La voil&agrave; donc cette terre o&ugrave; s&eacute;vit une tout autre engeance&nbsp;: ceux qui dirigent, qui gouvernent, les faiseurs en quelque sorte, plus vulgairement regroup&eacute;s sous le vocable &laquo;&nbsp;la classe politique&nbsp;&raquo; pour bien faire comprendre qu&rsquo;ils sont coup&eacute;s du monde, du vrai monde, le n&ocirc;tre. <br /> <br /> Au sommet de cet Olympe, le chef de l&rsquo;Etat et sa clique encore appel&eacute;e gouvernement. Mais quoi&nbsp;? Mais comment&nbsp;? Les Etats, &ccedil;a existe encore&nbsp;? Et oui, h&eacute;las, trois fois&nbsp;! Vieillerie institutionnelle, vestige d&rsquo;un mode de gouvernance d&rsquo;un autre &acirc;ge. Il est grand temps d&rsquo;en finir avec cette manie de l&eacute;gif&eacute;rer, de d&eacute;cr&eacute;ter, de r&eacute;glementer, d&rsquo;administrer &agrave; tout propos, bref de tout vouloir contr&ocirc;ler&nbsp;; de faire pr&eacute;valoir en toute circonstance un soi-disant &laquo;&nbsp;int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral&nbsp;&raquo; sur l&rsquo;initiative individuelle, le go&ucirc;t de la r&eacute;ussite et, plus g&eacute;n&eacute;ralement, le droit pour chacun de mener sa vie comme il l&rsquo;entend&nbsp;; de d&eacute;fendre on ne sait quel &laquo;&nbsp;bien public&nbsp;&raquo; contre l&rsquo;esprit d&rsquo;entreprise et la recherche d&rsquo;un profit que l&eacute;gitiment les risques consentis face &agrave; une conjoncture souvent incertaine&nbsp;; et d&rsquo;entretenir enfin chez un citoyen fonctionnaire totalement d&eacute;responsabilis&eacute; l&rsquo;esprit de routine et de laisser-aller dans la totale impunit&eacute; que lui assure son statut de surprot&eacute;g&eacute;. En somme, rien de plus contre-productif que l&rsquo;&eacute;tat.<br /> <br /> <font color="#000080"><strong>La solution&nbsp;? Substituer l&rsquo;Europe des r&eacute;gions aux &Eacute;tats-nations&hellip;</strong></font><br /> <br /> Mais quelques signes de changement encourageants se font jour. Depuis quelques temps d&eacute;j&agrave;, les chefs d&rsquo;&Eacute;tat ne sont plus que des sous-chefs. Leurs ordres, ils les re&ccedil;oivent d&eacute;sormais du FMI, de la Banque Mondiale, de la BCE. Les vrais centres de d&eacute;cision s&rsquo;appellent Wall Street, la City, sans parler des &laquo;&nbsp;march&eacute;s financiers&nbsp;&raquo; dont le centre est partout et la circonf&eacute;rence nulle part...<br /> <br /> Mais ce n&rsquo;est pas suffisant. Pourquoi faut-il en finir avec les Etats&nbsp;? Parce qu&rsquo;ils repr&eacute;sentent les derniers contre-pouvoirs pouvant contester sinon la l&eacute;gitimit&eacute; du moins l&rsquo;opportunit&eacute; de certaines directives de la Commission Europ&eacute;enne, qui seule est en capacit&eacute; de repr&eacute;senter et de d&eacute;fendre les int&eacute;r&ecirc;ts sup&eacute;rieurs de la Communaut&eacute; europ&eacute;enne face aux &eacute;go&iuml;smes nationaux. La solution&nbsp;? Substituer l&rsquo;Europe des r&eacute;gions aux &Eacute;tats-nations (entit&eacute;s politiques de r&eacute;f&eacute;rence). La r&eacute;gion comme entit&eacute; g&eacute;o &eacute;conomique est la solution la plus harmonieuse&nbsp;: la r&eacute;gion, c&rsquo;est le local remondialis&eacute; et le mondial relocalis&eacute;. C&rsquo;est l&rsquo;un et le multiple &agrave; la fois. Bref, la totalit&eacute; par excellence. Un peu comme la monade chez Leibniz. Evidemment, ces r&eacute;gions n&rsquo;auront plus la possibilit&eacute; de contester les d&eacute;cisions de la Commission. Celle-ci aura enfin les mains totalement libres&nbsp;; totalement lib&eacute;rales m&ecirc;me. En revanche, les r&eacute;gions pourront se d&eacute;velopper &agrave; loisir par la saine &eacute;mulation que ne manquera pas de susciter leur mise en concurrence... jusqu&rsquo;au petit matin o&ugrave;, telle la ch&egrave;vre de Monsieur Seguin, elles se feront bouffer toute crues par le grand m&eacute;chant loup (le PTCI ou TAFTA (4)),&nbsp; ce qui ne saurait tarder. <br /> <br /> <font color="#000080"><strong>... moyennant un semblant de l&eacute;gitimit&eacute;</strong></font><br /> <br /> Il ne reste plus qu&rsquo;&agrave; donner un semblant de l&eacute;gitimit&eacute; &agrave; toutes ces formes de domination &eacute;largie. Et c&rsquo;est l&agrave; qu&rsquo;interviennent nos id&eacute;ologues de service, chantres de l&rsquo;&eacute;pop&eacute;e lib&eacute;rale, technocrates patent&eacute;s depuis (pour ce qui de l&rsquo;Europe) le Pr&eacute;sident de la Commission jusqu&rsquo;aux derniers des &eacute;piciers qui vendent leur salade dans toutes ces officines qui ont pignon sur rue, les Z&eacute;coles de Commerce (&laquo; Business Cool&nbsp;&raquo;).<br /> <br /> Et tout en bas, que reste-t-il&nbsp;? Le peuple souverain, c&rsquo;est-&agrave;-dire des millions de citoyens, moyens, normaux, quelconques, ni surdou&eacute;s, ni millionnaires, ni glamour, un peu fatigu&eacute;s peut-&ecirc;tre et un brin d&eacute;sabus&eacute;s&nbsp;; bref ceux que l&rsquo;on appelle &laquo;&nbsp;les gens&nbsp;&raquo;, vous et moi en somme.<br /> <br /> Notre sortie &laquo;&nbsp;par le haut&nbsp;&raquo; &agrave; nous consistera, en attendant mieux, &agrave; nous mettre en &eacute;tat de veille astrale. Comment &ccedil;a&nbsp;? Enfantin, vous dis-je&nbsp;: on l&egrave;ve le nez vers le pur ciel des intelligibles et l&rsquo;on regarde passer ces &eacute;toiles filantes que sont justement ces dits &laquo;&nbsp;philosophes&nbsp;&raquo; dont la clart&eacute; fugace est d&rsquo;autant plus &eacute;blouissante que sont profondes les t&eacute;n&egrave;bres qui nous entourent&nbsp;: celles de l&rsquo;obscurantisme le plus &eacute;pais. Ainsi&nbsp;pourra-t-on se consoler en pensant que &laquo;&nbsp;nos nuits&nbsp;&raquo; sont &laquo;&nbsp;plus belles&nbsp;&raquo; que les jours des d&eacute;cideurs et experts de tout poil. Nous pouvons aussi dormir tranquilles. Demain est une autre nuit.<br /> <br /> Daniel FURJOT<br /> juin 2014<br /> <br /> &nbsp;(1 On le voit bien avec le groupe des &laquo;&nbsp;&Eacute;conomistes atterr&eacute;s&nbsp;&raquo;. Ils sont vaguement organis&eacute;s, ils ont leur site, mais en dehors d&rsquo;un cercle restreint on les entend peu dans leur contestation argument&eacute;e du mod&egrave;le &eacute;conomique lib&eacute;ral car la prise de parole est une forme de coup de force dont ils n&rsquo;ont socialement pas les moyens.<br /> <br /> (2) D&lsquo;ailleurs le terme de &laquo;&nbsp;r&eacute;seaux sociaux&nbsp;&raquo; est abusif. En effet, le faisceau d&rsquo;informations qui se propage &agrave; tr&egrave;s grande vitesse et &agrave; une tr&egrave;s vaste &eacute;chelle d&rsquo;&eacute;metteurs &agrave; r&eacute;cepteurs individuels pr&eacute;sente un avantage &eacute;vident&nbsp;: celui de court-circuiter les canaux de diffusion de l&rsquo;information officielle &eacute;mise par les centres de pouvoir et contr&ocirc;l&eacute;e par lui tout au long de la cha&icirc;ne hi&eacute;rarchique de cette diffusion. En ce sens, ces nouveaux r&eacute;seaux sans centre ni p&eacute;riph&eacute;rie fonctionnent d&eacute;j&agrave; comme des contre-pouvoirs&nbsp;. On a pu r&eacute;cemment en mesurer les </font><font size="2" face="Arial">effets &agrave; Tunis, comme au Caire, &agrave; Istanbul ou &agrave; Kiev. Mais on en mesure aussi les limites&nbsp;: ce sont des ph&eacute;nom&egrave;nes essentiellement urbains. Les rassemblements auxquels ils donnent lieu ne sont que des regroupements d&rsquo;individus qui se sont d&eacute;plac&eacute;s individuellement. Ils peuvent sans doute transitoirement constituer des groupes et &ecirc;tre anim&eacute;s d&rsquo;aspirations communes. Mais ce ne sont pas des masses ayant la m&ecirc;me histoire et anim&eacute;es par une m&ecirc;me volont&eacute; et organiquement li&eacute;es. Bref, porteuses d&rsquo;un projet collectif global. En ce sens, mieux vaudrait parler de &laquo;&nbsp;r&eacute;seaux s&eacute;riels&nbsp;&raquo; au sens sartrien de la s&eacute;rialit&eacute;, c&rsquo;est-&agrave;-dire comme degr&eacute; z&eacute;ro de la socialit&eacute; en tant que totalit&eacute; plus constitu&eacute;e que constituante (pour utiliser une terminologie non sartrienne. Cf. &laquo;&nbsp;Critique de la raison dialectique&nbsp;&raquo;.<br /> </font> Wed, 04 Jun 2014 23:00:00 GMT Commemoration du 6 juin http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1367 1367 <br /><br /> <font size="2" face="Arial">Le 70 anniversaire du D&eacute;barquement alli&eacute; en Normandie va faire l&rsquo;objet d&rsquo;un exceptionnel cirque m&eacute;diatique et comm&eacute;moratif, avec la venue sur les c&ocirc;tes du Calvados de pas moins de 19 chefs d&rsquo;Etat ou de gouvernement, dont MM Obama et Poutine, plus Mme Merkel, sous le haut patronage de Sa Majest&eacute; la Reine d&rsquo;Angleterre. <br /> <br /> Cette grandiloquente c&eacute;r&eacute;monie, cens&eacute;e glorifier la victoire du Bien sur le Mal, des bons anglo-am&eacute;ricains contre les m&eacute;chants allemands, a quelque chose de malsain, car elle entretient le germe de la division et de l&rsquo;impuissance europ&eacute;enne, une Europe toujours oblig&eacute;e de faire appel &agrave; ses grands alli&eacute;s ext&eacute;rieurs pour s&rsquo;en sortir et pour exister ; ce sempiternel retour vers le pass&eacute; est de fait parfaitement contraire &agrave; l&rsquo;id&eacute;al de <br /> construction d&rsquo;une Europe nouvelle, autonome et politiquement majeure. <br /> <br /> 70 ans apr&egrave;s la fin de la Guerre, la pr&eacute;sence d&rsquo;une centaine de bases am&eacute;ricaines ou assimil&eacute;es (bases de l&rsquo;OTAN) sur son sol, et la nomination r&eacute;cente de l'exceptionnelle Lady Ashton comme son &quot;Ministre des&nbsp; affaires &eacute;trang&egrave;res &raquo;, en dit long sur le degr&eacute; d&rsquo;infantilisation&nbsp; de ce que l&rsquo;on persiste &agrave; appeler l&rsquo;Union europ&eacute;enne. Quand donc des hommes d&rsquo;Etat dignes de ce nom se l&egrave;veront-ils en Europe de l&rsquo;Ouest, pour redonner sens et contenu &agrave; cette belle id&eacute;e de l&rsquo;Europe, et espoir et enthousiasme aux peuples qui l&rsquo;habitent? <br /> <br /> Joseph Leddet <br /> </font>&nbsp;<br /> <font size="2" face="Arial">Pour nuancer le propos, je publie ici une r&eacute;action provenant d'un de nos lecteurs.&nbsp; JPB<br /> <br /> <em><font color="#993300">Le 6 Juin, c'est le 6 Juin et c'est un &eacute;v&egrave;nement capital...apr&egrave;s l'effondrement total de la France et la honte du p&eacute;tainisme. Que le protecteur nous le fasse payer &agrave; travers des structures d'influence diverses dont l'OTAN, la monnaie, la City, le TTIP, la diplomatie &quot;ashtonienne&quot; etc, c'est une chose et c'est le sens de notre combat. Il faut tout de m&ecirc;me respecter les 4413 morts du d&eacute;barquement, les 220 000 morts alli&eacute;s de la bataille de Normandie, m&ecirc;me si on n'oublie pas le million de morts de Stalingrad. M&ecirc;me si je n'oublie pas le Roosevelt de l'AMGOT (Merci de Gaulle) , le 6 Juin doit &ecirc;tre comm&eacute;mor&eacute;,comme il est: la victoire de la libert&eacute; contre la barbarie nazie, pr&eacute;lude &agrave; la Lib&eacute;ration. Et c'est bien que la Russie (20 millions de morts) y soit associ&eacute;e. </font></em></font> <div><font size="2" face="Arial">&nbsp;</font></div> Mon, 02 Jun 2014 23:00:00 GMT Limericks http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1356 1356 <br /><div style="TEXT-ALIGN: center"> <div><font size="2" face="Arial"><br /> </font> <div style="DISPLAY: inline"><font size="2" face="Calibri"><font face="Arial"> </font> <div style="TEXT-ALIGN: center"><font face="Arial"><strong>&laquo; Quand vous aurez enfin r&eacute;duit le d&eacute;ficit</strong></font></div> <font face="Arial"><strong> </strong></font> <div style="TEXT-ALIGN: center"><strong>Nous vous accorderons un vrai satisfecit &raquo;,</strong></div> <font face="Arial"><strong> </strong></font> <div style="TEXT-ALIGN: center"><font face="Arial"><strong>Dit la Commission &agrave; la France,</strong></font></div> <font face="Arial"><strong> </strong></font> <div style="TEXT-ALIGN: center"><font face="Arial"><strong>Dont l&rsquo;avenir est en souffrance,</strong></font></div> <font face="Arial"><strong> </strong></font> <div style="TEXT-ALIGN: center"><font face="Arial"><strong>N&rsquo;obtenant gu&egrave;re plus qu&rsquo;un modeste accessit.</strong></font></div> <font face="Arial"><strong> </strong></font> <div><br /> </div> </font></div> <font size="2" face="Arial"><strong><br /> &Agrave; son si&egrave;ge Cop&eacute; jusqu&rsquo;au bout s&rsquo;agrippa,</strong></font></div> <font size="2" face="Arial"> <div><font size="2"><strong>Mais tel celui d&rsquo;Octave, Antoine et Agrippa,</strong></font></div> <font size="2"> <div><font size="2"><strong>Le triumvirat consulaire</strong></font></div> <font size="2"> <div><font size="2"><strong>Le d&eacute;clara patibulaire</strong></font></div> <font size="2"> <div><font size="2"><strong>Et pour lui la machine &agrave; la fin se grippa.</strong></font></div> <font size="2"> </font></font></font></font></font></div> <font size="2" face="Arial"><font size="2"><br /> <font size="2"><strong><br /> </strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>&nbsp; Ainsi c&rsquo;en est fini du malheureux Cop&eacute;.</strong></font> <div> <div align="center" style="TEXT-ALIGN: center"><strong><font size="2">&nbsp;&nbsp; Sur le cas Bygmalion son plan a achopp&eacute;.</font></strong></div> <div align="center" style="TEXT-ALIGN: center"><strong><font size="2">L&rsquo;ami devenu adversaire</font></strong></div> <div align="center" style="TEXT-ALIGN: center"><strong><font size="2">Fait de lui un bouc &eacute;missaire,</font></strong></div> <div align="center" style="TEXT-ALIGN: center"><strong><font size="2">&nbsp; Se gaussant sans piti&eacute; de ce pauvre &eacute;clop&eacute;.</font></strong></div> </div> </font></font> Tue, 27 May 2014 23:00:00 GMT Pourquoi voter Gauche de la gauche aux élections européennes? http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1342 1342 <br /><p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial"><br /> Au sein de cette voix, on peut penser que les partis et mouvements composant la Gauche de la gauche dans les diff&eacute;rents pays europ&eacute;ens, pourront faire entendre un message de rupture. Si la Gauche de la gauche reste fid&egrave;le &agrave; ses propos actuels, il s'agira pour l'essentiel d'une rupture &agrave; l'&eacute;gard du discours assourdissant&nbsp; des 5% d'int&eacute;r&ecirc;ts dominant les 95 autres, les oligarchies bancaires, sociales, politiques et m&eacute;diatiques constituant le Syst&egrave;me. Les adversaires du mot nous demandent: &laquo;&nbsp;Que mettez vous sous ce terme?&nbsp;&raquo;. Pas besoin de pr&eacute;ciser, les Indign&eacute;s des diff&eacute;rents pays europ&eacute;ens, les victimes d'une exploitation autant id&eacute;ologique qu'&eacute;conomique savent tr&egrave;s bien ce qu'est le Syst&egrave;me.<br /> <br /> Il ne faut pas se faire d'illusions. M&ecirc;me si un nombre important de d&eacute;put&eacute;s europ&eacute;ens se revendiquent de la Gauche de la Gauche, ils ne pourront pas &agrave; eux seuls faire basculer la majorit&eacute;, ni r&eacute;ussir &agrave; contr&ocirc;ler la Commission, fut-elle pr&eacute;sid&eacute;e par le sympathique Martin <span style="font-weight: normal">Schulz</span>. Ils pourront cependant, mieux que les Verts, d&eacute;fendre des objectifs indispensables mais encore mal compris des &eacute;lecteurs, surtout dans les pays dits riches: annulation des dettes des Etats au dessus de 110% du PIB, abrogation des plans d'aust&eacute;rit&eacute; et lancement d'un Plan europ&eacute;en (certains disent Plan Marshall, mais nous n'aimons pas trop ce terme) pour relancer les investissements et les emplois dans les secteurs productifs.<br /> <br /> En France, sur ces trois points, et surtout le troisi&egrave;me, le Parti communiste fran&ccedil;ais (PCF) est tout autant, sinon plus cr&eacute;dible que le Front de Gauche. Mais il ne faut pas le dire. Beaucoup d'&eacute;lecteurs voient derri&egrave;re le PCF s'esquisser l'ombre de Staline et d'une Russie toujours mena&ccedil;ante. Ce ne sera pas le cas sans doute au Parlement europ&eacute;en. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2"><br /> </font> </p> <font size="2"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><br /> </p> Sun, 18 May 2014 23:00:00 GMT Des Russes qui ne se soumettront jamais http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1322 1322 <br /><br /> Les &laquo;&nbsp;Occidentaux&nbsp;&raquo;, rang&eacute;s comme des moutons derri&egrave;re les plus ultras des n&eacute;oconservateurs am&eacute;ricains, sur lesquels s'appuie un Obama de plus irresponsable, devraient se m&eacute;fier de ce qui se produit en Ukraine de l'Est. L&agrave; les populations russophones et russes sont en train de re-d&eacute;couvrir un sentiment national pan-russe qui s'&eacute;tait &eacute;teint &agrave; la suite de l'effondrement de l'URSS. Une sorte d'Union sacr&eacute;e se met en place contre ce qu'ils nomment les fantoches de Kiev et leurs soutiens n&eacute;o-fascistes aliment&eacute;s en dollars par l'Am&eacute;rique. Il n'est pas besoin de l'appui des tanks de Poutine pour que ces Russes d'Ukraine fassent barrage, arm&eacute;s de battes de base-ball, aux tanks de Kiev. Lorsque la presse europ&eacute;enne accepte de voir les choses en face en leur donnant la parole, nous ne pouvons qu'&ecirc;tre frapp&eacute;s par le fait que dor&eacute;navant, ils sont d&eacute;cid&eacute;s &agrave; ne jamais se rendre. Ils feront tout pour rejoindre leurs fr&egrave;res russes de l'autre c&ocirc;t&eacute; de la fronti&egrave;re. <p style="margin-bottom: 0cm">Une sorte de romantisme irr&eacute;ductible se d&eacute;veloppe parmi eux, semblable &agrave; ce que la France r&eacute;volutionnaire de l'An II avait connu, semblable aussi &agrave; celui sur lequel les irr&eacute;dentistes irlandais s'&eacute;taient appuy&eacute;s pour chasser les Anglais. Il faut lire l'article, signal&eacute; par Philippe Grasset, d'un certain Daniel Patrick Welch dans le journal d'investigation ind&eacute;pendant ConsortiumNews.com &laquo;&nbsp;A People&rsquo;s War in East Ukraine&nbsp;&raquo; <a href="http://consortiumnews.com/2014/05/03/a-peoples-war-in-east-ukraine/">http://consortiumnews.com/2014/05/03/a-peoples-war-in-east-ukraine/</a><a href="http://consortiumnews.com/2014/05/03/a-peoples-war-in-east-ukraine/"> </a>pour le comprendre.</p> <p style="margin-bottom: 0cm">Ces guerres populaire-l&agrave; n'ont pas besoin d'un parapluie nucl&eacute;aire pour se d&eacute;ployer. Elles finissent toujours par l'emporter. Et les Etats qui par l&acirc;chet&eacute; les avaient combattues n'ont plus que la honte en partage. Ce sera la honte des Fran&ccedil;ais, s'ils ne se ressaisissent pas devant l'insanit&eacute; o&ugrave; leur gouvernement veut les emporter. Beaucoup de citoyens fran&ccedil;ais s'en rendent compte. Les enqu&ecirc;tes d'opinion montrent que jamais en France le nombre des pro-Russes n'a &eacute;t&eacute; aussi grand. Finie la peur de se faire traiter de crypto-communistes attard&eacute;s. Mais il ne suffirait pas de le penser. Il faudrait le montrer par des manifestations publiques susceptibles de faire r&eacute;fl&eacute;chir le gouvernement, ceci d&egrave;s avant les &eacute;lections europ&eacute;ennes. Peut-on r&ecirc;ver? </p> <p style="margin-bottom: 0cm"><br /> </p> Sun, 04 May 2014 23:00:00 GMT Europe. Capacités militaires http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1320 1320 <br /><font size="2" face="Arial">Le r&eacute;armement auquel se livrent dor&eacute;navant les autres grandes puissances, Russie, Chine, Inde, Japon...oblige cependant &agrave; poser la question. L'Europe restera-t-elle dans les prochaines d&eacute;cennies d&eacute;pourvue de capacit&eacute;s militaires en proportion de celles du reste du monde. </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Plus r&eacute;cemment, les &eacute;v&egrave;nements d'Ukraine obligent &agrave; jette un nouveau regard sur le probl&egrave;me. Sans craindre n&eacute;cessairement un retour &agrave; la guerre froide marqu&eacute;e par la menace constante des arm&eacute;es de l'URSS, les pays europ&eacute;ens devraient veiller &agrave; renforcer les moyens militaires dont ils disposent. Ceci ne voudrait pas n&eacute;cessairement dire se pr&eacute;parer &agrave; un affrontement arm&eacute; avec la Russie. M&ecirc;me dans le cadre souhaitable d'une convergence strat&eacute;gique entre l'Europe, la Russie et les autres pays du BRICS, l'on convergerait d'autant mieux que l'on disposerait de ressources comparables. Toute coop&eacute;ration technologique avec les BRICS, qui serait n&eacute;cessaire &agrave; l'Europe, notamment dans la perspective dite duale (civile et militaire), serait &agrave; ce prix. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Les pays europ&eacute;ens, dont la plupart sont membres de l'Otan, avaient longtemps compt&eacute; sur l'Am&eacute;rique pour assurer leur s&eacute;curit&eacute;. C'&eacute;tait une erreur, car ils y avaient perdu leur autonomie diplomatique. Ils y avaient perdu aussi l'occasion de d&eacute;velopper des technologies en propre, qui aujourd'hui contribuerait &agrave; leur souverainet&eacute;. On voit aujourd'hui l'embarras des gouvernements europ&eacute;ens qui s'&eacute;taient fait impos&eacute; l'acquisition de Lockheed Martin F35 dont les prestations techniques sont de plus en plus contest&eacute;es, alors que le prix &agrave; l'unit&eacute; ne cesse de cro&icirc;tre. Par ailleurs aujourd'hui, dans le cadre d'un recentrage sur le Pacifique, l'Am&eacute;rique a retir&eacute; une grande partie des forces qu'elle avait d&eacute;ploy&eacute;es en Europe. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Nous ne nous en plaindrions pas, si l'Europe avait dans le m&ecirc;me temps fait l'effort de se doter de capacit&eacute;s industrielles et militaires en propre. Ce ne fut pas le cas, comme le montrent sans ambigu&iuml;t&eacute;s les estimations de l'Institut de recherches strat&eacute;giques fran&ccedil;ais. Les seuls pays disposant de quelques forces, terrestres, a&eacute;riennes ou navales, sont la France et la Grande Bretagne. Les autres, suppos&eacute;s mettre des moyens &agrave; la disposition de l'Otan &ndash; pour ne pas parler d'une d&eacute;fense europ&eacute;enne qui n'a jamais &eacute;t&eacute; prise au s&eacute;rieux par eux, ne pourraient aligner que quelques bataillons. Autrement dit, ils seraient incapables d'assurer plus que quelques heures la d&eacute;fense de leur territoire, face &agrave; un adversaire quelque peu d&eacute;termin&eacute;. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Dans le m&ecirc;me temps, toutes les recherches et la production int&eacute;ressant les nouvelles armes, drones, satellites, technologies de la cyber-guerre, v&eacute;g&egrave;tent. Il en r&eacute;sulte l'incapacit&eacute; de se mesurer aux pays non europ&eacute;ens, non seulement au plan militaire, mais en ce qui concerne les applications civiles de ces technologies. Non ne mentionnons pas ici l'arme nucl&eacute;aire fran&ccedil;aise, qui demeure indispensable &agrave; titre de pr&eacute;vention, mais dont l'usage signerait la destruction d'une partie du monde.</font></p> <font size="2" face="Arial"> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial" color="#000080"><strong>Les voeux des populations</strong></font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Les hommes politiques europ&eacute;ens font valoir que ce d&eacute;sengagement g&eacute;n&eacute;ralis&eacute; est conforme aux voeux des populations et des corps &eacute;lectoraux. Comme les menaces de guerre ont cess&eacute; depuis la chute du mur de Berlin, lesdites populations pr&eacute;f&egrave;reraient les consommations aux investissements &agrave; long terme exig&eacute;s par le maintien de forces de d&eacute;fense comp&eacute;titives. Mais les travailleurs licenci&eacute;s par les industriel de la d&eacute;fense en mal de contrats ont-ils les m&ecirc;mes pr&eacute;f&eacute;rences. De plus, dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres, les voeux profonds des populations sont fa&ccedil;onn&eacute;s par les narratifs dont on les nourrit. Il para&icirc;t ind&eacute;niable que dans le domaine militaire et militaro-industriel, ce furent les Etats-Unis qui en premier lieu avaient int&eacute;r&ecirc;t &agrave; tuer dans l'oeuf toute concurrence europ&eacute;enne. Ainsi pr&eacute;servaient-ils la &laquo;&nbsp;full spectrum dominance&nbsp;&raquo; de leurs propres capacit&eacute;s et des contrats correspondants. La m&ecirc;me chose d'ailleurs s'observe dans le domaine du spatial et des sciences dites &eacute;mergentes. Les corps &eacute;lectoraux sont dits ne pas s'y int&eacute;resser, parce que tous les narratifs concernant ces perspectives sont en dernier ressort confisqu&eacute;s par les m&eacute;dias am&eacute;ricains du film et de la t&eacute;l&eacute;vision. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Obama est venu en Europe r&eacute;cemment pour convaincre l'Europe de Otan de renforcer sa contribution aux efforts pr&eacute;tendus de d&eacute;fense commune. Mais il cherchait en fait, sous la pression d'un lobby militaro-industriel qui, lui, ne d&eacute;sarme pas, &agrave; les convaincre d'acqu&eacute;rir davantage d'armements am&eacute;ricains. Si les Europ&eacute;ens avaient r&eacute;pondu que pour am&eacute;liorer leur d&eacute;fense, ils se dotaient de Rafales ou de BPCs Mistral fran&ccedil;ais, Obama n'aurait certainement pas pris cela pour une bonne nouvelle. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Que devraient faire les Europ&eacute;ens s'ils se persuadaient de la n&eacute;cessit&eacute; de renforcer leur d&eacute;fense. La crise et les &eacute;conomies qu'elle impose ne devraient pas &ecirc;tre &eacute;voqu&eacute;es pour justifier un retrait de plus en plus accentu&eacute;. Mais il faudrait en ce sens que de v&eacute;ritables coop&eacute;rations entre pays moteurs s'&eacute;tablissent. Dans le cadre actuelle des institutions europ&eacute;ennes, rien de tel ne peut &ecirc;tre esp&eacute;r&eacute;. Il resterait donc &agrave; des pays comme la France, l'Italie ou l'Espagne d'entra&icirc;ner l'Allemagne et les pays nordiques dans un effort commun. Il serait tentant d'&eacute;voquer la menace d'une Russie en r&eacute;armement rapide. Mais ce serait &agrave; notre sens tr&egrave;s dangereux, car dressant l'une contre l'autre les deux moiti&eacute;s d'une Eurasie commune. Ceci bien &eacute;videmment serait incompatible avec le maintien d'une pr&eacute;sence quelque peu effective au sein de l'Otan.&nbsp; <br /> </font></p> <font size="2" face="Arial"> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Mieux vaudrait, nous y revenons, &eacute;voquer les n&eacute;cessit&eacute;s d'une r&eacute;sistance commune aux grandes crises en pr&eacute;paration. D'une part, les d&eacute;penses budg&eacute;taires consacr&eacute;es &agrave; la d&eacute;fense et aux industries duales militaires et civiles ne devraient pas &ecirc;tre gel&eacute;es, sous pr&eacute;texte d'&eacute;conomies. Elles devraient au contraire &ecirc;tre augment&eacute;es, conjointement avec celles int&eacute;ressant le d&eacute;veloppement de diff&eacute;rents secteurs strat&eacute;giques comme le spatial, la lutte contre le changement climatique et autres menaces. Les cr&eacute;dits ne manqueraient pas, si la Banque centrale europ&eacute;enne &eacute;tait autoris&eacute;e &agrave; fournir des liquidit&eacute;s au secteur productif. Par ailleurs, les retomb&eacute;es humaines, en termes d'emploi, imm&eacute;diatement, et pour l'acquisition de comp&eacute;tences hautement technologiques, &agrave; terme, seraient tr&egrave;s vite sensibles aux yeux des populations. Les risques d'une inflation forte seraient inexistants.</font></p> <font size="2" face="Arial"> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Vain espoir, dira-t-on, quand l'on constate l'insuffisance des d&eacute;cideurs europ&eacute;ens en terme de comp&eacute;tences strat&eacute;giques et d'esprit d'entreprise. Si les besoins futurs de la d&eacute;fense europ&eacute;enne &eacute;taient g&eacute;r&eacute;s comme aujourd'hui en France l'affaire Alstom, il faudrait se r&eacute;signer d&egrave;s maintenant aux futures invasions. Apr&egrave;s tout, les esclaves peuvent toujours esp&eacute;rer trouver un emploi en cirant les chaussures des vainqueurs. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><br /> </p> <p style="margin-bottom: 0cm"><br /> </p> <p style="margin-bottom: 0cm"><br /> </p> </font></font></font> Fri, 02 May 2014 23:00:00 GMT Invasion culturelle anglo-saxonne en Europe&#160;: le cas de la chanson française Fréderic Beaugeard 22/04/2014 http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1309 1309 <img src="http://www.europesolidaire.eu/repimg/20140423153012_chantsmarins.jpg" align="left" alt="photo" title="" border="0" /><br /><font color="#FF0000"><em>NDLR: <font size="2" face="Arial"><br /> Citons parmi les travaux r&eacute;cents de Fr&eacute;d&eacute;ric Beaugeard:<br /> <br /> * 2012 Essai: Le Monde Anglo-saxon du XXI&deg; si&egrave;cle: retour au f&eacute;odalisme (French) http://www.europe2020.org/spip.php?article728&amp;lang=fr<br /> <br /> * 10/31/2012 Manifeste progressiste pour la d&eacute;fense de la langue fran&ccedil;aise http://defenselanguefrancaise.org/18.html<br /> <br /> *Nous avons d&eacute;j&agrave; publi&eacute; de lui, le 27/02/2012, Plaidoyer pour les Balkans http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1049<br /> <br /> Merci &agrave; lui de nous avoir propos&eacute; ce nouvel article, dont les connaissances artistiques sont aussi vastes que les comp&eacute;tences g&eacute;opolitiques. </font></em></font><font size="2" face="Arial"><br /> <br /> _____________________________________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> Il m&rsquo;arrive de me demander pourquoi, quoique sans y penser outre mesure, nous subissons, parfois quotidiennement, d&rsquo;&eacute;tranges situations sans nous interroger vraiment sur leurs origines. Mais bien sur, il y a toujours malgr&eacute; tout la survenue d&rsquo;&eacute;v&eacute;nements suffisamment perturbateurs pour nous rappeler l&rsquo;absurdit&eacute; de cette pitoyable disposition, et r&eacute;veiller en nous une r&eacute;flexion sur cet &eacute;tat d&rsquo;esprit apathique, en fait, des plus singulier. <br /> <br /> <strong>L&rsquo;incompr&eacute;hension <br /> </strong><br /> Alors, lorsqu&rsquo;un artiste fran&ccedil;ais de mes amis, auteur-compositeur, m&rsquo;envoya quelques une de ses derni&egrave;res cr&eacute;ations musicales pour appr&eacute;ciation g&eacute;n&eacute;rale, et voyant qu&rsquo;aucunes d&rsquo;elles ne l&rsquo;&eacute;taient en fran&ccedil;ais, mais l&rsquo;&eacute;taient toutes en anglais, pass&eacute; une certaine consternation, de nouveau mes confortables certitudes ont vacill&eacute;es. Il faut dire que je vis aux &Eacute;tats-Unis, et subis un d&eacute;nigrement constant et pernicieux de tout ce que repr&eacute;sente l&rsquo;Europe et en particulier la France, ennemi arch&eacute;typal par excellence (la R&eacute;volution Fran&ccedil;aise y &eacute;tant vue entre autres comme fondatrice du communisme, voire du nazisme).<br /> <br /> Je sais bien que, de par le monde, &agrave; tort ou &agrave; raisons, l&rsquo;Am&eacute;rique est id&eacute;alis&eacute;e, mais j&rsquo;esp&eacute;rais mieux d&rsquo;une France r&eacute;sistante, dans son combat essentiellement fran&ccedil;ais (et qu&eacute;b&eacute;cois) pour l&rsquo;exception et la diversit&eacute; culturelle, face aux produits culturels utilis&eacute;s comme arme de destruction massive. J&rsquo;avais d&eacute;j&agrave; remarqu&eacute;, curieusement, qu&rsquo;alors que les USA, en crise actuellement, soient globalement en perte de vitesse, l&rsquo;omnipr&eacute;sence sans pr&eacute;c&eacute;dent dans les m&eacute;dias fran&ccedil;ais de l&rsquo;usage de mots anglais. Le choc &eacute;tait frontal, laissant un d&eacute;rangeant sentiment de malaise.<br /> <br /> <strong>La prise de conscience </strong><br /> <br /> Certes, je mettais sur la balance, tachant de me r&eacute;conforter, l&rsquo;argument habituel des 300 millions de consommateurs am&eacute;ricains (sans compter ceux du Commonwealth anglophone), de biens culturels qui une fois vendus sur le vaste march&eacute; int&eacute;rieur US, sont revendus &agrave; prix cass&eacute;s &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger, inondant ainsi les petits pays. La victoire anglo-saxonne de la Deuxi&egrave;me-Guerre mondiale (en fait surtout sovi&eacute;tique contre les nazis), la Guerre Froide, l&rsquo;OTAN, le libre &eacute;change forc&eacute; (d&eacute;j&agrave; pour nous lib&eacute;rer, CF: Loi Lend-Lease, 1941), la soci&eacute;t&eacute; de consommation et du spectacle, les technologies num&eacute;riques, la lecture obligatoire de l&rsquo;impressionnante publication scientifique anglo-saxonne (indispensable l&agrave;-bas pour acc&eacute;der aux bourses d&rsquo;&eacute;tudes, et aux budgets de recherche), et la colonisation &eacute;conomique et politique d&rsquo;une Europe d&eacute;vast&eacute;e et vaincue, au mod&egrave;le de soci&eacute;t&eacute; ruin&eacute;. Ce qui nous &agrave; fait oublier que la Modernit&eacute; n&rsquo;est pas le seul fait des &Eacute;tats-Unis (CF: sans oublier aussi le Japon d&egrave;s le XIX&egrave;me). A son arrogance triomphante imm&eacute;rit&eacute;e, l&rsquo;Europe n&rsquo;opposait qu&rsquo;une adh&eacute;sion inconditionnelle &agrave; leur capitalisme lib&eacute;ral imp&eacute;rialiste, esp&eacute;rant fuir son pass&eacute;, sa honte, sa mis&egrave;re. Elle deviendra atlantiste, de plus en plus lib&eacute;rale, et forc&eacute;ment anglophile. <br /> <br /> <strong>Malgr&eacute; tout&nbsp;! </strong><br /> <br /> L&rsquo;Europe pourtant, depuis toujours, aussi, inclus dans son patrimoine de valeurs, le changement rapide et perp&eacute;tuel de sa soci&eacute;t&eacute; (moins sous la chr&eacute;tient&eacute;, de la fin de l&rsquo;Empire Romain au milieu du Moyen-&acirc;ge). Bien avant les USA, le Br&eacute;sil et l&rsquo;Argentine, comme les Balkans, de m&ecirc;me, d&eacute;j&agrave; incluaient leur diversit&eacute; raciale dans leur musique. Les zazous parisiens amateurs de jazz, et les artistes d&rsquo;Avant Garde europ&eacute;ens ont r&eacute;sist&eacute;s &agrave; leur mani&egrave;re au fascisme. Quant &agrave; la pr&eacute;tendument sup&eacute;riorit&eacute; cr&eacute;ative am&eacute;ricaine d&ucirc; &agrave; sa diversit&eacute;, le &lsquo;Melting Pot de l&rsquo;Euro Vision&rsquo;, souvent de mauvais go&ucirc;t peut &ecirc;tre, baroque certainement, sans compter l&rsquo;apport de l&rsquo;immigration non-europ&eacute;enne, n&rsquo;a rien &agrave; envier &agrave; la diversit&eacute; am&eacute;ricaine. <br /> <br /> De m&ecirc;me la France des r&eacute;gions existe bel et bien. Rappelez-vous l&rsquo;engouement sur les deux rives de l&rsquo;Atlantique de la musique sud am&eacute;ricaine dans les ann&eacute;es 50, du jazz tzigane de Django Reinhardt, du Fado portugais, du Flamenco espagnol, du Rai alg&eacute;rien, de celle latino de la Mano Negra, de la musique antillaise, et le succ&egrave;s de la chanson belge et qu&eacute;b&eacute;coise en France. Que dire de la musique &lsquo;robotique&rsquo; allemande des ann&eacute;es 60 (dans Commando spatial pr&eacute;curseur de Star Trek), bien avant celles des ann&eacute;es fin 70 - d&eacute;but 80&nbsp;? Du punk et de la Pop anglaise (son oppos&eacute; qui ne d&eacute;colle jamais), du Ska, de la com&egrave;te Plastic Bertrand, de l&rsquo;&Eacute;lectro avant la note de Pierre Henry pour le ballet Messe pour le temps Pr&eacute;sent&nbsp;? L&rsquo;Angleterre &eacute;tait encore europ&eacute;enne &agrave; l&rsquo;&eacute;poque. De la pr&eacute;sence de r&eacute;alisateurs artistiques europ&eacute;ens aux USA durant la p&eacute;riode Disco, p&eacute;riode musicale tant am&eacute;ricaine qu&rsquo;europ&eacute;enne&nbsp;? De l&rsquo;&Eacute;lectro ou de la musique Industrielle coupl&eacute;es en Europe &agrave; des performances et des installations, souvent lumineuses. De l&rsquo;essor sans pr&eacute;c&eacute;dent dans toute l&rsquo;Europe de la musique Techno longtemps rest&eacute;e confidentielle &agrave; quelques clubs House de Chicago&nbsp;? L&rsquo;&Eacute;lectro de Moby s&rsquo;en est beaucoup influenc&eacute;e. De la Transe anglaise et allemande&nbsp;? De l&rsquo;op&eacute;ra moderne scandinave&nbsp;? De la fameuse Club French Touch&nbsp;? La House vocale &lsquo;&lsquo;Garage&rsquo;&rsquo; actuelle am&eacute;ricaine&nbsp;&eacute;tant de la tr&egrave;s bas de gamme &lsquo;&lsquo;Dance italienne&rsquo;&rsquo; (Lady Gaga est italienne). <br /> <br /> Les&nbsp;USA sont devenues bien &quot;has been&quot;, ringards. Il y a m&ecirc;me l&agrave;-bas le retour du hard-rock FM&nbsp;! Et ceci sans parler de la musique non occidentale, pr&eacute;sente en Europe, comme la Pop cor&eacute;enne et indon&eacute;sienne, l&rsquo;Afro-beat depuis les ann&eacute;es 70 de l&rsquo;ouest africain, du reggae, de la musique d&rsquo;influence zoulou, de celle du Moyen-Orient, indienne, des Andes, celle des aborig&egrave;nes australiens, du Punk japonais, du Slam comorien, et de l&rsquo;Heavy M&eacute;tal br&eacute;silien. Etc. Etc. Pourquoi alors, l&rsquo;Am&eacute;rique a ravit derni&egrave;rement &agrave; l&rsquo;Europe le contr&ocirc;le narratif de son propre parcours culturel historique&nbsp;? <br /> <br /> <strong>Le mensonge <br /> </strong><br /> Il y avait bien aussi l&rsquo;argument d&rsquo;une adh&eacute;sion esth&eacute;tique et culturelle. Oui, heureusement la France &eacute;tait, et est toujours ouverte aux influences ext&eacute;rieures, bonnes ou mauvaises. Elle n&rsquo;emp&ecirc;che pas la venue de cultures ext&eacute;rieures. Elle subventionne seulement sa propre culture pour lui donner les armes n&eacute;cessaires pour jouer &agrave; jeu &eacute;gal. Mais l&agrave; n&rsquo;&eacute;tait pas la question. D&rsquo;adopter d&rsquo;autres styles, ne fait pas perdre sa voix &agrave; un pays. La parfois d&eacute;sopilante p&eacute;riode Y&eacute;y&eacute; par son plagiat &eacute;hont&eacute; des styles am&eacute;ricains a &eacute;t&eacute; fructueuse de cr&eacute;ation tr&egrave;s fran&ccedil;aise. Comme l&rsquo;a &eacute;t&eacute; le pas si mauvais Rock Sovi&eacute;tique. Les Rolling Stones ont plagi&eacute; all&eacute;grement le Garage des ann&eacute;es 60 am&eacute;ricain, lui-m&ecirc;me influenc&eacute; par le Blues, au d&eacute;but de la p&eacute;riode des drogues psych&eacute;d&eacute;liques pour tous. Ceci, alors que les autres groupes am&eacute;ricains, dont le Garage est issus, faisaient juste une p&acirc;le copie des, tr&egrave;s sages &agrave; cette &eacute;poque, Beatles. L&rsquo;influence Beatnik, puis Hippie a ainsi aid&eacute; au renouveau improbable des musiques r&eacute;gionales dans les ann&eacute;es 70 en Europe de l&rsquo;ouest (bretonne et occitane en France).<br /> <br /> Heureusement, la soci&eacute;t&eacute; ouverte am&eacute;ricaine lors du Baby Boum n&rsquo;a pas donn&eacute; une g&eacute;n&eacute;ration de jeunes Gardes Rouges, mais il faut remarquer que loin de l&rsquo;id&eacute;alisme b&eacute;at europ&eacute;en, la musique am&eacute;ricaine a &eacute;t&eacute;, et l&rsquo;est toujours avec la musique de gang actuelle noire et latino, et malheureusement aussi n&eacute;o-nazie, souvent une r&eacute;action rebelle vis-&agrave;-vis d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; violente, in&eacute;galitaire, et profond&eacute;ment conservative, dont la seule alternative est un consum&eacute;risme effr&eacute;n&eacute;. Les musiques Grunge et Gothique &eacute;tant elles particuli&egrave;rement d&eacute;pressives et autodestructives. Le Rap, &agrave; l&rsquo;origine aux revendications politiques et sociales, ayant majoritairement sombr&eacute; depuis dans le commercial. <br /> <br /> De m&ecirc;me, par rapport &agrave; l&rsquo;argument des &Eacute;tats-Unis comme pr&eacute;curseurs, lanceurs de modes. On le voit surtout par le biais du prisme de la supr&eacute;matie des moyens am&eacute;ricaine et l&rsquo;ignorance musicales de beaucoup d&rsquo;adolescents, alors que cette nouveaut&eacute; est parfois venue chez eux d&rsquo;ailleurs. Comme pour l&rsquo;apport arabisant derni&egrave;rement qui &eacute;tait d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sent en Europe bien avant. Et franchement, d&rsquo;&ecirc;tre les premiers &agrave; inonder le monde, par exemple, de lits et de lignes de v&ecirc;tements grandes tailles est-il une marque de g&eacute;nie commercial avant-gardiste, quand l&rsquo;on connait l&rsquo;&eacute;pid&eacute;mie d&rsquo;ob&eacute;sit&eacute; qui frappe ce pays actuellement&nbsp;? Non, ce n&rsquo;&eacute;tait pas cela. Cette rationalisation ne suffit plus. Ce n&rsquo;est juste que le succ&egrave;s facile d&rsquo;une propagande d&eacute;sinhib&eacute;e face &agrave; un d&eacute;faitisme europ&eacute;en g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;. <br /> <br /> <strong>Faux-semblant</strong><br /> <br /> Je r&eacute;pondis &agrave; mon ami en d&eacute;tresse, suite &agrave; ma r&eacute;ponse concernant son usage exclusif de l&rsquo;anglais, que je ne pensais pas que son authenticit&eacute; ait &eacute;t&eacute; mise en d&eacute;faut, bien au contraire en fait. On &eacute;coute de la musique anglo-saxonne &agrave; longueur de journ&eacute;e, et depuis la mort de Serge Gainsbourg&nbsp;on ne peut pas dire que la chanson &agrave; texte fran&ccedil;aise soit impressionnante. Je comprenais le go&ucirc;t g&eacute;n&eacute;ral pour la techno, essentiellement sans paroles. Forc&eacute;ment aussi, une certaine lassitude s&rsquo;&eacute;tait fait jour &agrave; essayer de comprendre ces paroles en anglais (surtout avec l&rsquo;accent texan nasillard et g&eacute;missant de la Folk US, le Bluegrass ayant plus de tenue). Mais comment expliquer le succ&egrave;s en France actuellement de la mode des chanteurs sans voix, dont le murmure timide de fausset, souvent incoh&eacute;rent, tient lieu de chant&nbsp;? <br /> <br /> Je notais tout de m&ecirc;me l&rsquo;absence d&rsquo;une musique&nbsp;folklorique identitaire, tr&egrave;s&nbsp;populaire comme la musique irlandaise, ou m&ecirc;me qu&eacute;b&eacute;coise, cajun, grecque, et am&eacute;rindienne, irr&eacute;ductibles aux effets de mode et sauvegardant son int&eacute;grit&eacute; culturelle. Les seuls faisant apparemment encore entendre leur voix, haut et fort, &eacute;taient ceux de la Techno Hard-Core et &Eacute;lectro allemande aux accents autoritaires et aux rythmes plut&ocirc;t martiaux. Exception faite, de ceux qui comme Stromae et Max Boublil, choisissant l&rsquo;ironie ou l&rsquo;humour, se doivent forc&eacute;ment d&rsquo;&ecirc;tre intelligibles. <br /> <br /> Bizarre tout de m&ecirc;me&nbsp;? Ce n&rsquo;est pas vraiment ce que l&rsquo;on peut appeler du chant (quoique int&eacute;ressant pour son &eacute;nergie). Comme pour le rock alternatif dans les ann&eacute;es 80, les paroles n&rsquo;&eacute;tant pas le plus important. Il &eacute;tait n&eacute;cessairement braillard, pour tout autant &lsquo;&lsquo;faire plus amerloque&rsquo;&rsquo;, que pour &eacute;viter un inopportun r&eacute;el travail au niveau des textes. Que ce soit par le cri ou le marmonnement, l&rsquo;attitude prend le pas sur la diction. L&rsquo;usage de la langue fran&ccedil;aise y est souvent vu comme fonci&egrave;rement inadapt&eacute;, son expression parfois ressentie comme honteuse, et toute fa&ccedil;on passablement niaiseuse. Le courant tr&egrave;s revendicatif, mais cryptique, d&rsquo;une partie du Rap m&eacute;langeant le verlan, l&rsquo;anglais et l&rsquo;arabe, en est une autre manifestation. S&eacute;bastien Tellier est plus compr&eacute;hensible lorsqu&rsquo;il chante en anglais qu&rsquo;en fran&ccedil;ais, sa musique couvrant alors judicieusement ses paroles. <br /> <br /> <strong>Rappels historiques </strong><br /> <br /> D&rsquo;ailleurs, il m&rsquo;est revenu &agrave; l&rsquo;esprit, concernant cette peur de chanter, la faible production d'op&eacute;ra en fran&ccedil;ais. Ce probl&egrave;me est-il si nouveau&nbsp;? Il a &eacute;t&eacute; longtemps supplant&eacute; dans la production fran&ccedil;aise elle-m&ecirc;me (et europ&eacute;enne), par l'italien, une langue se pr&ecirc;tant apparemment plus au chant. Les dialectes et patois r&eacute;gionaux pour la chanson populaire, et le latin au niveau religieux (chants de messe et gr&eacute;goriens), brouillant une identit&eacute; linguistique nationale qui ne prendra son essor qu&rsquo;avec la r&eacute;volution fran&ccedil;aise (chants r&eacute;volutionnaires, &Eacute;ducation Nationale). <br /> <br /> Contrairement, aux langues comme l&rsquo;italien et l&rsquo;anglais, en fran&ccedil;ais, il n'y a pas de sons accentu&eacute;s dans la phrase. La modulation du&nbsp;fran&ccedil;ais est plate. Lorsque l&rsquo;on veut mettre l'accent sur un mot ou un son, c'est avec l&rsquo;intonation, des pauses, le rythme, ou la couleur des sons et des mots-images comme en po&eacute;sie. On peut le faire aussi indirectement par le sens et les articulations (rationalit&eacute;, conceptualisation), le tout se devant fluide avec les liaisons. Pour un &eacute;tranger, le fran&ccedil;ais a la r&eacute;sonnance, cryptique mais famili&egrave;re, d&rsquo;un langage-monde intellectuel faisant appel tout autant &agrave; l&rsquo;esprit qu&rsquo;aux passions. Le succ&egrave;s populaire de l&rsquo;op&eacute;rette, coupl&eacute; aux dialogues plus ou moins repris de pi&egrave;ce de th&eacute;&acirc;tre, a &eacute;t&eacute; plus important que l&rsquo;op&eacute;ra. Malheureusement, le chant y devenant alors parfois une fantaisie loufoque, abstraite. Cela tient au fait que le fran&ccedil;ais chant&eacute; dans l&rsquo;op&eacute;ra &lsquo;&agrave; l&rsquo;italienne&rsquo; est peu compr&eacute;hensible. Car de toute fa&ccedil;on, si l&rsquo;air est entrainant, on s&rsquo;en remet au livret pour comprendre l&rsquo;histoire (ou &agrave; l&rsquo;arri&egrave;re de la pochette du d&eacute;funt disque vinyle pour le rock alternatif, et internet ou la rue pour le rap des banlieues).<br /> <br /> Le probl&egrave;me serait alors que la chanson fran&ccedil;aise a un mode plus parl&eacute; que chant&eacute;, venant d&rsquo;une langue plus articul&eacute;e, que l'anglaise-germanique, aux mots courts, juxtapos&eacute;e (au sens souvent al&eacute;atoire, mais tr&egrave;s cr&eacute;atif), et chant&eacute;e en stressant le son de certaines syllabes, (sauf, anglais de style chant&eacute;-parl&eacute;: Bob Dylan, Johnny Cash/ &agrave; mettre en parall&egrave;le avec Dutronc, Bobby Lapointe, Antoine). De chant&eacute;&eacute;&eacute;&eacute;&eacute;&eacute;&eacute;-&eacute;&eacute;&eacute;&eacute;-&eacute;&eacute;&eacute;(r) au d&eacute;but, au milieu, ou &agrave; la fin d&rsquo;une phrase ou d&rsquo;un mot, comme cela, forc&eacute;ment en fran&ccedil;ais &ccedil;a fait le plus souvent d&eacute;bile. Il faut mieux avoir l&rsquo;accent, ou &agrave; d&eacute;faut, un style &eacute;tranger. Les comptines pour enfants,&nbsp;chant&eacute;es-parl&eacute;es, tr&egrave;s structur&eacute;es pour &ecirc;tre chant&eacute;es, que nous avons, sont typiques de la chanson fran&ccedil;aise. C&rsquo;&eacute;tait donc tout &agrave; l&rsquo;honneur de mon ami chanteur-compositeur de ne pas se sentir forc&eacute; de chanter comme l&rsquo;indigeste C&eacute;line Dion du Qu&eacute;bec, qui chante tout simplement anglais en fran&ccedil;ais (Elle s&rsquo;essaye au Mandarin actuellement, d&eacute;notant par ailleurs la d&eacute;rive actuelle d&rsquo;un usage superficiel de la langue de Shakespeare purement utilitaire, interchangeable, jetable). <br /> <br /> L&rsquo;abominable et incompr&eacute;hensible com&eacute;die musicale Les Mis&eacute;rables en est un autre exemple (d&eacute;j&agrave; Starmania en 1978 &eacute;tait franco-qu&eacute;b&eacute;coise). La mode actuelle du R&amp;B am&eacute;ricain en fran&ccedil;ais, qui adopte des tournures linguistiques et stylistiques de langues et musiques anglo-saxonnes, participe de la m&ecirc;me acculturation. L&rsquo;appropriation de styles musicaux particuliers n&rsquo;explique pas la d&eacute;formation de la langue. Nougaro ou Maurane pourtant chantant sur du jazz n&rsquo;ont pas tent&eacute; de plaire &agrave; l&rsquo;oreille anglo-saxonne. Certes, au niveau identitaire, l&rsquo;immigration est forc&eacute;ment probl&eacute;matique. Par une relative perte des racines d&rsquo;origine, un certain refus d&rsquo;adopter compl&egrave;tement celles fran&ccedil;aises se fait jour, l&rsquo;on est alors tent&eacute; d&rsquo;en rechercher ailleurs (ce qu&rsquo;exploitent les &eacute;vang&eacute;listes protestants, le Qatar et l&rsquo;Arabie saoudite, ou les fonds offerts par l&rsquo;ambassade des &Eacute;tats-Unis pour d&eacute;velopper le communautarisme aupr&egrave;s des banlieues cosmopolites fran&ccedil;aises soit disant opprim&eacute;es). <br /> <br /> Mais pourquoi l&rsquo;anglais&nbsp;? Les apports de langues d&rsquo;origine ajout&eacute;s au substrat en fran&ccedil;ais peuvent &ecirc;tre int&eacute;ressants, sans en changer la nature (CF: le Rai alg&eacute;rien, Ya&euml;l Na&iuml;m en h&eacute;breux et anglais, Fran&ccedil;ois and the Atlas Mountains fran&ccedil;ais-anglais). Les chansons fran&ccedil;aises, typiquement &agrave; texte-parl&eacute;es, sont pratiquement vues maintenant comme de la &lsquo;&lsquo;chanson traditionnelle fran&ccedil;aise&rsquo;&rsquo; selon une vision multi-culturaliste, comme si elle n&rsquo;avait jamais &eacute;t&eacute; moderne, mais juste folklorique ! La disparition du magazine Serge, le seul d&eacute;volu &agrave; la chanson fran&ccedil;aise ancienne et nouvelle, est embl&eacute;matique de ce processus. La fragmentation du march&eacute; europ&eacute;en selon chaque pays favorise une promotion massive, sans concurrence, des produits culturels anglo-saxons. C&rsquo;est ainsi que mon ami, par son impression de chanter faux dans cet environnement anglicis&eacute;, avait, en fin de compte, perdu sa voix.<br /> <br /> <strong>&laquo;&nbsp;Souviens-toi.&nbsp;&raquo; </strong><br /> <br /> J&rsquo;&eacute;tayais cette th&egrave;se de la chanson-parl&eacute;e fran&ccedil;aise par le rappel &agrave; sa m&eacute;moire d&rsquo;une continuit&eacute; historique de ce style particulier, en partant des comptines de notre enfance, d&rsquo;une mani&egrave;re in&eacute;gale, de l&rsquo;op&eacute;rette du milieu du XIX&egrave;me aux ann&eacute;es 60, puis des comiques troupiers des caf&eacute;s-concerts de la fin du XIX&egrave;me si&egrave;cle jusqu'&agrave; un peu apr&egrave;s la Premi&egrave;re-guerre, des chansonniers de cabarets ou music-halls de l&rsquo;Entre-deux guerre, puis des chanteurs &agrave; texte des ann&eacute;es 50, continuant cette tradition dans une certaine mesure comme auteurs-interpr&egrave;tes-compositeurs pendant les ann&eacute;es 60, puis de mani&egrave;re plus marqu&eacute;e &lsquo;&lsquo;de vari&eacute;t&eacute;s&rsquo;&rsquo; durant les ann&eacute;es 70 jusqu&rsquo;au milieu des ann&eacute;es 90. Avec panache l&rsquo;on &lsquo;poussait la chansonnette&rsquo; entre deux monologues comiques, l&rsquo;on chantait l&rsquo;amour, l&rsquo;insouciance, ou simplement avec Trenet sa joie de vivre.<br /> <br /> Puis plus tard, les auteurs se focalisaient avec une certaine r&eacute;volte sur la qualit&eacute;, parfois litt&eacute;raire, de leur r&eacute;pertoire, la souffrance, la nostalgie. Comment imaginer l&rsquo;Existentialisme sans les chansons de Juliette Gr&eacute;co&nbsp;? Toujours la langue &eacute;tait compr&eacute;hensible, qu&rsquo;importait le style de musique, pour v&eacute;hiculer un message qu&rsquo;il soit l&eacute;ger ou plus profond. De m&ecirc;me, la force du cin&eacute;ma fran&ccedil;ais, c&rsquo;est surtout aussi ses dialogues aux r&eacute;pliques devenues cultes. Dans la chanson fran&ccedil;aise, la musique est en accompagnement, m&ecirc;me parfois quelque peu r&eacute;p&eacute;titive avec Brassens, ou symbiotique via le sens, la forme et le rythme comme pour, entre autres, Piaf et Aznavour. Le verbe peut participer d&rsquo;une attitude influen&ccedil;ant son expression, parfois &ecirc;tre d&eacute;clamatoire, ou lyrique avec Brel et Ferr&eacute;, mais toujours plus proche de la parole que du chant. La musique ne prend pas le pas sur les mots. Les com&eacute;dies musicales comme Le million r&eacute;alis&eacute; en 1931 par Ren&eacute;&nbsp;Clair,&nbsp;Les Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy et Agn&egrave;s Varda , ou Anna de Serge Gainsbourg en 1967, participent de ce style. De m&ecirc;me avec Jane Birkin, qui &eacute;tait pourtant d&rsquo;origine anglaise. <br /> <br /> <strong>L&rsquo;&acirc;me</strong><br /> <br /> L&rsquo;esprit fran&ccedil;ais, et la francophonie avait alors une voix pour s&rsquo;exprimer et communier, voire s&rsquo;engager politiquement, r&eacute;sister, &ecirc;tre philosophique, surr&eacute;aliste (le rock dada&iuml;ste de Baschung est parl&eacute;), ou po&eacute;tique. Ce style rayonnait au del&agrave; des fronti&egrave;res et repr&eacute;sentait sa spiritualit&eacute; dans ce qu&rsquo;elle a de plus typique culturellement, qu&rsquo;elle ait &eacute;t&eacute; sa diversit&eacute;, et la musique du moment. Ce succ&egrave;s s&rsquo;est fait en fran&ccedil;ais. L&rsquo;argument donc, de parts de march&eacute; gagn&eacute;es &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger en utilisant l&rsquo;anglais est assez faible. M&ecirc;me si l'anglais est une langue tr&egrave;s simplifi&eacute;e qui permet, du moins au d&eacute;but, de la baragouiner facilement, l&rsquo;Europe n&rsquo;a pas d&rsquo;excuse &agrave; abandonner sa Lingua Franca historique, l&rsquo;usage tous azimuts de ses langues nationales et r&eacute;gionales (cr&eacute;ole compris), et un &eacute;quilibre face aux influences ext&eacute;rieures par l&rsquo;apprentissage d&rsquo;une multiplicit&eacute; de langues internationales, importantes ou non.<br /> <br /> Sommes-nous &agrave; la derni&egrave;re phase de cette invasion culturelle, lorsque je vois la fr&eacute;n&eacute;sie de l&rsquo;usage de l&rsquo;anglais en m&eacute;tropole (suivant le retour des expatri&eacute;s fran&ccedil;ais des pays anglo-saxons en crise &eacute;conomique suite a leurs malversations financi&egrave;res), mais aussi de plus en plus dans les pays francophones (CF: marchandisation am&eacute;ricaine de l&rsquo;&eacute;ducation), que pour pouvoir un jour rechanter, nous devrions carr&eacute;ment passer &agrave; l'anglais, et ainsi perdre notre langue ? Car, apr&egrave;s l'impasse de l'imitation linguistique actuelle, non plus seulement stylistique, les auteurs-compositeurs francophones passeront de plus en plus directement &agrave; l'original anglo-saxon, et chanterons en anglais (CF: &eacute;lectro de Daft Punk, liste non-exhaustive de groupes Pop fran&ccedil;ais exclusivement anglophones: Phoenix, Aaron, The Do, Stuck in the Sound, Hushpuppies, Syd Matters, Cocoon, Hey My My, In the Club, Rover, Revolver, Mina Tindle, Izia, Lilly Wood and the Pricks, etc. ). Le suisse-allemand DJ Antoine, tr&egrave;s actif sur la sc&egrave;ne fran&ccedil;aise, dont les chansons sont en anglais, et qui plait beaucoup &agrave; un public anglo-saxon tr&egrave;s emprunt de sa supr&eacute;matie culturelle, est pr&ecirc;t en tout cas. Avec le titre Ma ch&eacute;rie, utilisant quelques mots en fran&ccedil;ais sous le mode du clich&eacute;, son public &eacute;tasunien le m&eacute;prend d&eacute;j&agrave; pour un artiste fran&ccedil;ais&nbsp;! Reste maintenant aux fran&ccedil;ais &agrave; eux-m&ecirc;mes se parodier pour avoir le tant escompt&eacute; succ&egrave;s d&rsquo;Outre-Atlantique.<br /> <br /> <strong>Vive la diff&eacute;rence&nbsp;!</strong><br /> <br /> Enfin, malgr&eacute; tout, ce n&rsquo;est pas un hasard si la chanson pr&eacute;pond&eacute;rante actuellement dans l&rsquo;hexagone est la musique Rap, qui est essentiellement chant&eacute;e-parl&eacute;e (lisibilit&eacute; et qualit&eacute; des textes de MC Solaar, et m&ecirc;me de NTM &agrave; ses d&eacute;buts), et &eacute;trang&egrave;re musicalement. Il y a un bon Rap francophone en Afrique, comme avec le chanteur belgo-congolais Baloji, car avant le Hip-hop afro-am&eacute;ricain (et juifs ex: Beastie Boys), beaucoup de griots traditionnels parlaient aussi plus qu'ils ne chantaient.&nbsp;Sans l&rsquo;apport de concepts provenant entre autres de particularismes francophones quant &agrave; la mani&egrave;re d&rsquo;appr&eacute;hender le monde par la pens&eacute;e (CF:&nbsp;Qu&eacute;bec Gilles Vigneault), les peuples parviendront-ils&nbsp;&agrave; prendre en main leur destin face &agrave; des forces d&rsquo;oppressions issues parfois de l&rsquo;ext&eacute;rieur, comme pr&eacute;cis&eacute;ment l&rsquo;imp&eacute;rialisme du n&eacute;olib&eacute;ralisme anglo-saxon, nivelant mondialement progressivement en fait les cultures en les isolant et en marginalisant le Politique (CF: diff&eacute;rences colonialisme fran&ccedil;ais et anglais d&eacute;j&agrave;) ? <br /> <br /> Le multiculturalisme int&eacute;rieur hypocritement affich&eacute; n&rsquo;est pas le cosmopolitisme. Sans le pouvoir issu de sa propre langue de d&eacute;velopper sa propre cr&eacute;ativit&eacute;, l&rsquo;on est effectivement condamn&eacute; &agrave; copier les styles artistiques &eacute;trangers (certaines mati&egrave;res universitaires scientifiques, num&eacute;riques, ou &eacute;conomiques sont d&eacute;j&agrave; enseign&eacute;es exclusivement en anglais dans les Pays Scandinaves). Car une langue que l&rsquo;on n&rsquo;utilise que partiellement se meurt, et avec elle l&rsquo;&acirc;me de ses locuteurs.<br /> <br /> C'&eacute;tait peut &ecirc;tre une piste, le parler-chant&eacute;,&nbsp;ais-je finalement r&eacute;pondu &agrave; mon ami, s&rsquo;il&nbsp;voulait de nouveau employer sa langue natale, le fran&ccedil;ais.</font> Tue, 22 Apr 2014 23:00:00 GMT Non, Bernard Guetta, ne nous traitez plus d'«&#160;Occidentaux&#160;» http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1300 1300 <br /><p style="margin-bottom: 0cm"><br /> </p> <font size="2" face="Arial">Il s'agit des propos syst&eacute;matiquement pro-am&eacute;ricains et anti-russes dont, pratiquement un jour sur deux, il sature sa chronique. Les &eacute;v&egrave;nements d'Ukraine ont donn&eacute; une nouvelle force &agrave; ce qui &eacute;tait sans doute chez lui un trait cong&eacute;nital, la phobie &agrave; l'&eacute;gard de tout ce qui est russe. Il refuse syst&eacute;matiquement de voir ce qui fait la complexit&eacute; de la crise ukrainienne: proximit&eacute; de ce pays avec la Russie &ndash; histoire et int&eacute;r&ecirc;ts partag&eacute;s &ndash; agitation forcen&eacute;e d'une partie des Etats nouveaux-europ&eacute;ens voisins pour se faire reconna&icirc;tre comme des d&eacute;fenseurs de la d&eacute;mocratie face &agrave; une Russie qui au contraire, s'&eacute;tait jusqu'&agrave; pr&eacute;sent caract&eacute;ris&eacute;e par sa mod&eacute;ration, int&eacute;r&ecirc;t &agrave; terme d'une alliance euro-russe, voire euro-BRICS que cette crise pourrait d&eacute;courager. </font><font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Dans le m&ecirc;me temps, Bernard Guetta manie jusqu'&agrave; l'irr&eacute;alisme l'argument selon lequel Obama et avec lui l'Am&eacute;rique sont les meilleurs garants de la paix dans le monde, de la s&eacute;curit&eacute; en Europe et finalement de la coh&eacute;sion d'une Union europ&eacute;enne rang&eacute;e par lui en permanence dans le camp de ce qu'il appelle &agrave; sati&eacute;t&eacute; l'Occident. Bernard Guetta n'est &eacute;videmment pas le seul &agrave; nous qualifier, nous ses auditeurs, d'Occidentaux. Le terme est ancien. Il a &eacute;t&eacute; forg&eacute; depuis des d&eacute;cennies par tous les int&eacute;r&ecirc;ts politiques et &eacute;conomiques soumis &agrave; l'Am&eacute;rique dans ce qu'elle a plus de d&eacute;testable, super-pouvoir de l'armement et du dollar, allumant des guerres meurtri&egrave;res dans toutes les parties du monde o&ugrave; elle veut faire triompher ses int&eacute;r&ecirc;ts. Il sera &eacute;videmment employ&eacute; pour nous faire admettre la future Union Douani&egrave;re transatlantique qui signera la fin de ce qui restait de sp&eacute;cificit&eacute;s europ&eacute;ennes.</font></p> <font size="2" face="Arial"> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Se dire occidental, pr&eacute;tendre faire partie de l'Occident, comme nos m&eacute;dias tentent sans rel&acirc;che de nous en convaincre, avait sans doute un sens quand l'URSS paraissait menacer l'Europe. Ce n'est plus le cas. Si c'&eacute;tait encore le cas, de toutes fa&ccedil;ons, il appartiendrait aux Europ&eacute;ens de se d&eacute;fendre seuls. Ils en ont ou pourraient en avoir les moyens. La soumission &agrave; l'Am&eacute;rique que signifie le terme d'occidentaux emp&ecirc;che l'Europe de devenir la puissance ind&eacute;pendante et souveraine qu'elle pourrait &ecirc;tre. Elle transforme chaque gouvernement europ&eacute;en, chaque citoyen europ&eacute;en, en &laquo;&nbsp;toutou&nbsp;&raquo; de Washington, selon l'expression trop vite oubli&eacute;e. <br /> </font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Francis Huster, par ailleurs com&eacute;dien appr&eacute;ci&eacute;, en a donn&eacute; une &eacute;tonnante d&eacute;monstration sur la 2e chaine au 20h du 14 avril. Il est entr&eacute; dans une sorte de transe, en accusant Obama d'oublier tous ses devoirs &agrave; l'&eacute;gard de l'Europe. Obama selon lui se montre trop faible vis &agrave; vis de Moscou, au lieu de se comporter en chef de la super-puissance mondiale qu'il est indiscutablement. Ce ne seraient pas des Francis Huster, ou, &agrave; un tout autre niveau de qualit&eacute;, un Bernard Guetta, qui r&eacute;cuseraient d'&ecirc;tre embrigad&eacute;s dans les rangs des Occidentaux, pr&eacute;sent&eacute;s comme des paladins du monde moderne.</font></p> <font size="2" face="Arial"> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">C'est en tous cas le n&ocirc;tre. Ayez la d&eacute;cence, monsieur Guetta, de ne plus nous traiter d'Occidentaux. </font></p> </font></font> Sun, 13 Apr 2014 23:00:00 GMT Faut-il comparer Vladimir Poutine à Hitler&#160;? http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1290 1290 <br /><br /> En France le 1er avril, la 2e chaine de la t&eacute;l&eacute;vision publique, a consacr&eacute; une excellente &eacute;mission &agrave; Adolf Hitler. Celle-ci a montr&eacute;, s'il en &eacute;tait besoin, la mauvaise fois d'une accusation comparant Poutine &agrave; Hitler. Rien ne rapproche les deux hommes, non plus que la Russie d'aujourd'hui &agrave; l'Allemagne d'hier. <br /> <br /> Bien que les situations ne soient pas vraiment comparables, c'est l'Ukraine actuelle qu'il faudrait comparer &agrave; l'Allemagne pr&eacute;-nazie, et ce sera vraisemblablement le futur pr&eacute;sident ukrainien qu'il faudra comparer &agrave; Hitler. Tout laisse augurer que, sous la pression de plus en plus forte des milieux n&eacute;o-nazis en Ukraine et dans les pays voisins, avec aussi l'aide massive de l'Am&eacute;rique et de certains pays de l'Union europ&eacute;enne, ce pr&eacute;sident sera tent&eacute; de mener des actions pouvant d&eacute;clencher une guerre de grande ampleur avec la Russie. <p style="margin-bottom: 0cm">Beaucoup d'informations laissent entendre que le futur gouvernement ukrainien aurait l'intention, d&egrave;s qu'il sera au pouvoir, de renforcer militairement l'arm&eacute;e ukrainienne et de la lancer contre les forces russes pr&eacute;sentes &agrave; la fronti&egrave;re. Cela n'aurait rien d'original puisque c'est &agrave; peu pr&egrave;s ce qu'avait tent&eacute;, avec l'appui am&eacute;ricain, l'ancien pr&eacute;sident de la G&eacute;orgie. </p> <p style="margin-bottom: 0cm">Bien &eacute;videmment les Ukrainiens ne tiendraient pas longtemps face &agrave; l'in&eacute;vitable riposte de la Russie. Mais les inspirateurs de cette politique suicidaire compteraient sur l'engagement en retour des forces de l'Otan, avec l'appui am&eacute;ricain, pour que se d&eacute;clenche un v&eacute;ritable conflit d'ampleur international. C'&eacute;tait la carte qu'avait jou&eacute;e, et finalement perdue, malgr&eacute; Munich, Hitler en attaquant la Tch&eacute;coslovaquie. </p> <p style="margin-bottom: 0cm">Il se trouve qu'aujourd'hui, Poutine n'est plus seul face &agrave; l'Otan et l'Am&eacute;rique. Le bloc d&eacute;sormais tr&egrave;s puissant des pays du BRICS interviendrait certainement pour calmer les ardeurs &laquo;&nbsp;occidentales&nbsp;&raquo;. Ils l'ont montr&eacute; en s'abstenant &agrave; l'ONU dans la question de la pr&eacute;tendue annexion de la Crim&eacute;e par la Russie. Ils le feraient aussi certainement face &agrave; des risques de guerre qui, loin de rester limit&eacute;s &agrave; l'eurasie, ne manqueraient pas de les impliquer t&ocirc;t ou tard. Il n'est pas exclu qu'&agrave; son tour, Angela Merkel les rejoigne.</p> <p style="margin-bottom: 0cm">Malheureusement, dans la perspective d'une telle situation pr&eacute;-conflictuelle voire conflictuelle, il est clair que la France a d&eacute;j&agrave; choisi son camp. Faut-il ici pr&eacute;ciser lequel? </p> <p style="margin-bottom: 0cm"><strong>Note.</strong> <br /> On lira ci-dessous, sur ces sujets, un article tr&egrave;s pertinent de l'observateur am&eacute;ricain Stephen Cohen paru r&eacute;cemment dans Newsweek: &laquo;&nbsp;The American Who Dared Make Putin&rsquo;s Case&nbsp;&raquo; <a href="http://www.newsweek.com/american-who-dared-make-putins-case-231388">http://www.newsweek.com/american-who-dared-make-putins-case-231388</a><br /> La traduction en fran&ccedil;ais en a &eacute;t&eacute; faite par Les-Crises.fr &laquo;&nbsp;L'am&eacute;ricain qui a os&eacute; plaid&eacute; la cause de Poutine&nbsp;&raquo;<br /> http://www.les-crises.fr/americain-ose-plaider-poutine/ </p> <p style="margin-bottom: 0cm"><br /> </p> Tue, 01 Apr 2014 23:00:00 GMT