Europe Solidaire http://www.europesolidaire.eu/ Europe Solidaire Europe Solidaire http://www.europesolidaire.eu/logo.gifEurope Solidairehttp://www.europesolidaire.eu/ Wed, 21 Feb 2018 08:26:37 GMT Future intégration économique entre la Russie et le Japon? http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2913 2913 <img src="http://www.europesolidaire.eu/repimg/20180218165906_ponttunnei.jpg" align="left" alt="photo" title="" border="0" /><br /><p>Le Japon est bien int&eacute;gr&eacute; dans l&#39;&eacute;conomie lib&eacute;rale am&eacute;ricaine et europ&eacute;enne. La Russie cherche sa voie dans une alliance avec la Chine, en perspective d&#39;une future Eurasie. M&ecirc;me si son &eacute;conomie s&#39;ouvre de plus en plus &agrave; des relations technologiques et financi&egrave;res avec le monde dit &laquo;&nbsp;occidental&nbsp;&raquo;, &agrave; l&#39;exclusion des Etats-Unis, elle reste tr&egrave;s ferm&eacute;e et difficile &agrave; p&eacute;n&eacute;trer par des int&eacute;r&ecirc;ts &eacute;trangers. Ne mentionnons pas le fait que le Japon demeure politiquement une sorte de satellite de Washington. Les choses pourront changer si les Japonais y trouvaient de l&#39;int&eacute;r&ecirc;t. D&#39;ailleurs la r&eacute;cente rencontre Shinzo Abe-Vladimir Poutine au forum &eacute;conomique de Vladivostok a &eacute;t&eacute; d&#39;un bon pr&eacute;sage &agrave; cet &eacute;gard.</p> <p>Il ne faut pas sous-estimer les points sur lesquels les deux &eacute;conomies pourraient d&egrave;s maintenant coop&eacute;rer, si les circonstances politiques le permettaient. La Russie repr&eacute;sente un vaste march&eacute; de consommation, que les industries russes peineront &agrave; satisfaire, faute de financements et de produits adapt&eacute;s. Son vaste continent, notamment au del&agrave; du cercle polaire, est assez grand pour accueillir des investisseurs japonais. Ceux-ci diminueraient la d&eacute;pendance actuelle &agrave; l&#39;&eacute;gard de la Chine. En contrepartie, la Russie pourrait fournir des mati&egrave;res premi&egrave;res et de l&#39;&eacute;nergie dont le Japon manque cruellement. Ses industries militaires qui sont extr&ecirc;mement comp&eacute;titives et modernes, pourraient int&eacute;resser Tokyo au cas o&ugrave; celui-ci d&eacute;ciderait de se constituer une d&eacute;fense ind&eacute;pendante des forces am&eacute;ricaines et de leurs mat&eacute;riels.</p> <p>Si l&#39;on ne peut envisager, malgr&eacute; leurs aspects compl&eacute;mentaires, une future int&eacute;gration des deux &eacute;conomies, de tr&egrave;s importants rapprochements pourraient se faire rapidement. Mais il faudrait pour cela un grand programme g&eacute;opolitique qui permettrait aux populations et aux d&eacute;cideurs des deux pays de visualiser concr&egrave;tement les avantages qu&#39;en tireraient les deux partenaires.</p> <p><strong>Un futur pont-tunnel</strong></p> <p>C&#39;est le r&ocirc;le que pourrait jouer le projet de pont-tunnel &agrave; l&#39;&eacute;tude entre les deux pays. Nous avons d&eacute;j&agrave; mentionn&eacute; ce projet et marqu&eacute; son int&eacute;r&ecirc;t dans un article de janvier 2018 <em>Un projet de pont entre la Russie et le Japon</em> <a href="https://blogs.mediapart.fr/jean-paul-baquiast/blog/140118/un-projet-de-pont-entre-la-russie-et-le-japon">https://blogs.mediapart.fr/jean-paul-baquiast/blog/140118/un-projet-de-pont-entre-la-russie-et-le-japon</a>. Dans le pr&eacute;sent article, il n&#39;est pas inutile d&#39;y revenir.</p> <p>Ce projet, dans l&#39;esprit de l&#39;OBOR chinois, impliquerait de massifs investissements d&#39;infrastructures. Or c&#39;est un domaine dans lequel les Chemins de fer russes (<a href="http://eng.rzd.ru/">http://eng.rzd.ru/</a>) excellent, ceci d&egrave;s le temps du Transsib&eacute;rien. Quant aux financements, ils pourraient provenir, non seulement de la Russie et du Japon, mais de la Chine et de la Cor&eacute;e du Sud, qui souhaitent des relations &eacute;conomiques plus faciles que par mer avec le Japon.</p> <p>Le projet une fois d&eacute;cid&eacute; pourrait provoquer une vague d&#39;investissements dans les iles Sakhalin et Hokkaido, sans mentionner la r&eacute;gion de Vladivostok. Le chemin de fer faciliterait l&#39;acc&egrave;s du Japon aux mati&egrave;res premi&egrave;res et produits primaires russes, dont il manque et qu&#39;il est oblig&eacute; d&#39;importer de plus loin. Comme indiqu&eacute; ci-dessus, les consommateurs russes seront preneurs des produits sophistiqu&eacute;s de l&#39;&eacute;conomie japonaise. Il s&#39;agirait d&#39;&eacute;changes gagnant-gagnant , ce qui n&#39;est pas le cas dans les relations du Japon avec les Etats-Unis et l&#39;Europe, qui voient un lui un concurrent n&#39;offrant pas de contreparties.</p> <p>Reste &agrave; savoir si l&#39;ogre am&eacute;ricain laissera son porte-avion japonais en mer du Japon et dans le Pacifique lui &eacute;chapper. Peut-&ecirc;tre qu&#39;affaibli &nbsp;il ne pourra&nbsp;pas faire autrement.</p> Sat, 17 Feb 2018 23:00:00 GMT La crise des politiques de protection de l'environnement http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2910 2910 <br /><p>La principale raison de cette &eacute;volution catastrophique sera selon nous la domination du monde par d&#39;infimes minorit&eacute;s d&#39;ultra-puissants . Leurs priorit&eacute;s sont l&#39;accroissement des b&eacute;n&eacute;fices imm&eacute;diats et l&#39;&eacute;limination &agrave; grand prix des concurrents. Concernant la protection de l&#39;environnement, ou bien ces &laquo;&nbsp;&eacute;lites&nbsp;&raquo; se rassurent en se persuadant que la plan&egrave;te, ou bien se prot&eacute;gera bien toute seule, ou bien que de nouvelles sciences et techniques interviendront pour r&eacute;soudre les probl&egrave;mes actuels. Elles se refusent cependant &agrave; consentir l&#39;effort de les financer et de s&#39;appuyer sur elles pour d&eacute;finir des politiques mondiales de survie.</p> <p>Les mouvements &eacute;cologiques qui s&#39;&eacute;taient pr&eacute;sent&eacute;s comme les meilleurs d&eacute;fenseurs de l&#39;environnement s&#39;enfoncent dans l&#39;impuissance, celle-ci se traduisant notamment par leur volont&eacute; de rejeter sur les autres les sacrifices n&eacute;cessaires. Ils sont par exemple discr&eacute;dit&eacute;s aujourd&#39;hui par leur position NIMBY (Not in My BackYard). Apr&egrave;s s&rsquo;&ecirc;tre battus pour des usines de retraitement des d&eacute;chets, par exemple, ils se battent pour que ces usines ne soient pas install&eacute;es dans leur voisinage.</p> <p>Au del&agrave; de cet aspect anecdotiques, les mouvements &eacute;cologiques sont incapables de fournir des r&eacute;ponses convaincantes aux grandes questions que le r&eacute;cent retrait am&eacute;ricain de la COP 21 a mis en &eacute;vidence. Citons: le r&eacute;chauffement climatique est-il le bon combat ? Les &eacute;nergies renouvelables sont-elles les bonnes solutions, compte tenu des d&eacute;g&acirc;ts nouveaux qu&#39;elles pr&eacute;parent pour la plan&egrave;te. On notera &eacute;galement la remise en question de l&rsquo;avenir du tout-&eacute;lectrique en mati&egrave;re de v&eacute;hicules : les besoins &eacute;normes en &eacute;lectricit&eacute; et en terres rares li&eacute;s &agrave; cette strat&eacute;gie questionnant l&rsquo;effet de protection de l&rsquo;environnement recherch&eacute;.</p> <p>La crise des liquidit&eacute;s relative &agrave; l&rsquo;arr&ecirc;t de l&#39;impression de billets par les banques centrales (QE) , le refus de nouveaux imp&ocirc;ts et les difficult&eacute;s d&rsquo;investissement en r&eacute;sultant ralentiront sinon paralyseront la transition &eacute;nerg&eacute;tique et environnementale. La r&eacute;industrialisation et la relocalisation de l&rsquo;activit&eacute; productive en Occident ne seront pas compatibles avec la d&eacute;pollution de l&#39;environnement.</p> <p>De m&ecirc;me, la transformation partielle de l&rsquo;Europe en grenier de la Chine et le d&eacute;ploiement concomitant d&rsquo;une agriculture intensive n&rsquo;auront rien de bon pour les perspectives d&#39;agriculture biologique. Au plan des &eacute;nergies fossiles, la baisse probable des cours du gaz et du p&eacute;trole mettra fin au caract&egrave;re comp&eacute;titif des autres &eacute;nergies.</p> <p>Certains comptent sur le nucl&eacute;aire pour fournir de l&#39;&eacute;nergie non destructrice pour l&#39;environnement (sauf accident toujours possible), une fois r&eacute;gl&eacute;e par un enfouissement profond la question des d&eacute;chets. Mais le nucl&eacute;aire de fission demande de l&#39;uranium, dont les r&eacute;serves exploitables se font rares. Quant au nucl&eacute;aire de fusion, beaucoup plus satisfaisant semble-t-il, il n&#39;aura de port&eacute;e pratique &agrave; l&#39;&eacute;chelle n&eacute;cessaire que dans un demi-si&egrave;cle au moins. Encore faudra-t-il que les investissements n&eacute;cessaires soient financ&eacute;s, en sacrifiant en grande partie les consommations de luxe.</p> <p>Pour ce qui nous concerne, nous ne voyons pas de tendances s&eacute;rieuses permettant de penser que les obstacles &eacute;voqu&eacute;s ici, parmi des dizaines d&#39;autres non mentionn&eacute;s, seront en temps utile lev&eacute;s par les humains. Mais peut-&ecirc;tre sommes nous trop pessimistes.</p> Thu, 15 Feb 2018 23:00:00 GMT Perspectives pour une Corée réunifiée http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2906 2906 <img src="http://www.europesolidaire.eu/repimg/20180213210001_coree.jpg" align="left" alt="photo" title="" border="0" /><br /><p>Ceci bien &eacute;videmment s&#39;est fait sans demander l&#39;accord des Etats-Unis qui expriment actuellement leur fort m&eacute;contentement. Nul ne sait si les deux pays r&eacute;ussiront &agrave; s&#39;entendre, ni sur quelles bases ceci se ferait. Mais beaucoup d&#39;hypoth&egrave;ses tr&egrave;s positives circulent en ce moment.<br /> <br /> L&#39;histoire et la logique font qu&#39;une r&eacute;unification des deux Cor&eacute;es, m&ecirc;me si c&#39;est sous la formule d&#39;un Etat f&eacute;d&eacute;ral, se produira in&eacute;vitablement dans les prochaines ann&eacute;es. Manifestement la Chine et la Russie, tr&egrave;s influentes de part et d&#39;autre, y poussent. Mais sur quelles bases celle-ci pourrait-elle se faire?</p> <p>Excluons dans cette question l&#39;examen du fait que les Etats-Unis ont transform&eacute; la Cor&eacute;e du Sud en plateforme avanc&eacute;e des forces militaires consid&eacute;rables qu&#39;ils d&eacute;ploient en mer du Japon et dans le Pacifique sud. Si en effet S&eacute;oul ne voulait plus de leur pr&eacute;sence, ils seraient bien oblig&eacute;s d&#39;en tenir compte, sauf &agrave; agiter des menaces militaires contre le pays ainsi colonis&eacute; qui voudrait s&#39;en lib&eacute;rer.</p> <p>Ceci &eacute;tant, en dehors des diff&eacute;rences d&eacute;mographiques, les deux pays ont un profil tr&egrave;s diff&eacute;rent. La Cor&eacute;e du Sud est connue dans le monde entier par la comp&eacute;titivit&eacute; des entreprises qu&#39;elle y h&eacute;berge, notamment dans le secteur des technologies num&eacute;riques. Elle a li&eacute; tant aux Etats-Unis qu&#39;en Europe des relations avec les entreprises correspondantes de ces pays qui la rendent en pratique ins&eacute;parable sur de nombreux plans des &eacute;conomies am&eacute;ricaines et europ&eacute;ennes. Ces relations ne devraient pas &ecirc;tre remises en cause pour des motifs purement politiques.</p> <p>La Cor&eacute;e du Nord, comme nul n&#39;en ignore aujourd&#39;hui, a r&eacute;ussi &agrave; se donner des comp&eacute;tences de premier rang dans le domaine des missiles et de l&#39;arme nucl&eacute;aire qui la mettront vite au niveau d&#39;autres pays du club des grandes puissances militaires. La Cor&eacute;e du Sud, priv&eacute;e pratiquement de tout moyen de d&eacute;fense en propre du fait des Etats-Unis, devrait &ecirc;tre heureuse de partager les ressources militaires du Nord.</p> <p>Au plan politique, la Cor&eacute;e du Sud peut pr&eacute;tendre &ecirc;tre une d&eacute;mocratie. Elle a de bonnes relations avec tous les pays de ce type, notamment en Europe. La Cor&eacute;e du Nord, sans &ecirc;tre &agrave; proprement parler une dictature, est incontestablement un r&eacute;gime autoritaire. A cet &eacute;gard elle est proche de la Russie et de la Chine. Mais il y a tout lieu de penser que la pratique d&eacute;mocratique du Sud contaminerait rapidement le Nord. Ceci d&#39;autant plus que si les deux Cor&eacute;es d&eacute;cidaient de s&#39;unir afin de reformer une Cor&eacute;e unique, les populations, d&#39;abord tr&egrave;s h&eacute;sitantes, particuli&egrave;rement au sud, verraient ceci d&#39;un bon oeil car le sentiment national &laquo;&nbsp;cor&eacute;en&nbsp;&raquo; para&icirc;t encore vif, ou tout pr&ecirc;t &agrave; renaitre.</p> <p><strong>Compl&eacute;mentarit&eacute;</strong></p> <p>Dans ce cas, la compl&eacute;mentarit&eacute; des deux &eacute;conomies et de leurs investissement respectifs s&#39;adapterait &agrave; merveille. La nouvelle Cor&eacute;e deviendrait une v&eacute;ritable grande puissance mondiale, dans tous les domaines.<br /> <br /> Si cette nouvelle Cor&eacute;e entretenait de bonnes relations avec la Chine et la Russie, elle pourrait y conqu&eacute;rir de nouveaux march&eacute;s, notamment au plan &eacute;conomique. D&#39;ores et d&eacute;j&agrave; la Chine a propos&eacute; d&#39;&eacute;tendre aux deux Cor&eacute;es une branche de l&#39;OBOR ou Nouvelle Route de la Soie qui les mettrait en relation plus facilement que par la mer avec les pays travers&eacute;s par cette nouvelle voie, comme avec l&#39;Europe. Le co&ucirc;t pourrait en &ecirc;tre partag&eacute;.</p> <p>Le r&ocirc;le n&eacute;cessairement tr&egrave;s important que jouera l&#39;actuelle Cor&eacute;e du Sud dans la future Cor&eacute;e unifi&eacute;e devrait rassurer tous les pays asiatiques, notamment ceux de l&#39;Organisation de Coop&eacute;ration de Shanghai. Il n&#39;est pas exclu que le Japon, actuellement tr&egrave;s hostile, notamment sous l&#39;influence de son alli&eacute; am&eacute;ricain, se rapproche pragmatiquement de ce nouvel ensemble.</p> <p>Ce sont ces perspectives, que nous ne d&eacute;velopperons pas davantage ici, qui d&eacute;plaisent fortement &agrave; Donald Trump, lequel avait promis plusieurs fois de r&eacute;duire Pyongyang en cendres, sort auquel d&#39;ailleurs ne pourrait pas &eacute;chapper S&eacute;oul, du fait de sa proximit&eacute;. Ce sont les m&ecirc;mes raisons qui ont justifi&eacute; le visage furieux du vice pr&eacute;sident am&eacute;ricain Mike Pence lors de la s&eacute;ance inaugurale des Jeux puis son d&eacute;part pr&eacute;cipit&eacute;. Personne apparemment parmi les organisateurs sud-cor&eacute;ens n&#39;a cherch&eacute; &agrave; le retenir. Chacun sait d&eacute;sormais que du fait de sa perte d&#39;influence en Asie, l&#39;Am&eacute;rique n&#39;aura aucun moyen d&#39;emp&ecirc;cher une future r&eacute;unification.</p> Mon, 12 Feb 2018 23:00:00 GMT Benjamin Netanyahu devant un choix capital http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2905 2905 <br /><p>Personne &agrave; Moscou ne veut par ailleurs se trouver engag&eacute; dans le conflit remontant &agrave; la cr&eacute;ation de l&#39;Etat juif opposant la Syrie et Isra&euml;l. L&#39;importante pr&eacute;sence de juifs russes et leur poids dans les politiques d&eacute;cid&eacute;es &agrave; Moscou fait d&#39;ailleurs que cette neutralit&eacute; int&eacute;resse toutes les parties en pr&eacute;sence.</p> <p>Mais Vladimir Poutine a &eacute;galement rappel&eacute; r&eacute;cemment qu&#39;il consid&eacute;rerait toute action de Tel-Aviv visant &agrave; obtenir le d&eacute;part de Bashar al Assad comme directement contraire aux int&eacute;r&ecirc;ts de la Russie, notamment compte tenu du fait que celui-ci avait su se faire d&eacute;sormais reconna&icirc;tre comme un alli&eacute; indispensable de Moscou. Il a laiss&eacute; entendre qu&#39;il garantirait dor&eacute;navant la survie de Assad et de son gouvernement.</p> <p>En cela, la Russie s&#39;oppose n&eacute;cessairement aux interventions des Etats-Unis, directement ou par le biais d&#39;Isra&euml;l, visant &agrave; obtenir le d&eacute;part de Bashar al Assad et son remplacement par un gouvernement plus proche des int&eacute;r&ecirc;ts am&eacute;ricains. Moscou n&#39;avait pas r&eacute;agi aux nombreux bombardements des positions syriennes consid&eacute;r&eacute;s comme de routine par l&#39;aviation isra&eacute;lienne. Mais &agrave; l&#39;inverse, Moscou ne pouvait pas consid&eacute;rer comme &laquo;&nbsp;de routine&nbsp;&raquo; la r&eacute;cente attaque d&#39;avions de l&#39;IDF contre des positions strat&eacute;giques de l&#39;arm&eacute;e syrienne. Il est donc vraisemblable qu&#39;il a donn&eacute; son accord &agrave; l&#39;emploi par les Syriens des nouvelles armes anti-a&eacute;riennes russes livr&eacute;es &agrave; la Syrie. D&#39;o&ugrave; la destruction imm&eacute;diate d&#39;un F.16 isra&eacute;lien et des d&eacute;g&acirc;ts inflig&eacute;s &agrave; plusieurs F.15.</p> <p>Ceci a manifestement &eacute;t&eacute; consid&eacute;r&eacute; &agrave; Tel-Aviv comme un coup de tonnerre, imposant une r&eacute;plique beaucoup plus massive contre Damas. Mais que faire, vu que cette r&eacute;plique entrainerait tr&egrave;s vraisemblablement une r&eacute;ponse militaire russe? Isra&euml;l et la Russie disposent tous deux de l&#39;arme nucl&eacute;aire, mais faudrait-il accepter d&#39;en arriver l&agrave;? Certainement pas. Ni N&eacute;tanyahu ni Poutine ne sont aussi irresponsables que Trump dans ce domaine.</p> <p>Le tr&egrave;s influent lobby juif am&eacute;ricain, l&#39;AIPAC, incite en permanence Tel-Aviv &agrave; se confronter &agrave; la Russie, avec l&#39;appui am&eacute;ricain. Mais Netanyahu ne peut pas ignorer que les Juifs am&eacute;ricains, tr&egrave;s pr&eacute;sents dans les industries de l&#39;armement, verraient une guerre ou un renforcement des risques de guerre comme favorables &agrave; leurs int&eacute;r&ecirc;ts, quels qu&#39;en soient les risques pour Isra&euml;l.<br /> <br /> Il se trouve donc plac&eacute; en face d&#39;un choix dont les cons&eacute;quences seront&nbsp;consid&eacute;rables pour tout le Moyen-Orient: soit s&#39;engager massivement dans une guerre contre Bashar al Assad, soit accepter l&#39;intervention m&eacute;diatrice de Moscou. Il ne peut pas non plus ignorer qu&#39;une attaque de l&#39;Iran, adversaire d&#39;ailleurs bien plus redoutable que la Syrie, ne serait pas accept&eacute;e par la Russie</p> <p>On notera que sur France Inter le 12/2, Dominique de Villepin a regrett&eacute; que la France, trop sensible aux pressions am&eacute;ricaines, ait renonc&eacute; &nbsp; &agrave; tenter de r&eacute;tablir, en accord avec Vladimir Poutine un peu de paix dans cette partie du monde qu&#39;elle connait bien et o&ugrave; elle est &eacute;galement reconnue.</p> <p>.</p> Sun, 11 Feb 2018 23:00:00 GMT Rapprochement entre les Etats-Unis et la Chine en Afghanistan http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2903 2903 <img src="http://www.europesolidaire.eu/repimg/20180211154555_afghanistan.jpg" align="left" alt="photo" title="" border="0" /><br /><p>D&eacute;but janvier, les forces am&eacute;ricaines avait men&eacute; dans l&#39;est de l&#39;Afghanistan une frappe a&eacute;rienne sur une milice progouvernementale afghane infiltr&eacute;e par les islamistes affili&eacute;s aux Talibans, ph&eacute;nom&egrave;ne d&#39;ailleurs courant. Treize combattants avaient &eacute;t&eacute; tu&eacute;s &agrave; cette occasion. (voir <a href="https://www.tdg.ch/monde/frappe-americaine-tirs-13-morts/story/26561790">https://www.tdg.ch/monde/frappe-americaine-tirs-13-morts/story/26561790</a>)</p> <p>Dans la suite de cette op&eacute;ration, l&#39;aviation am&eacute;ricaine vient de lancer une s&eacute;rie de frappes contre l&#39;ETIM ( East Turkestan Islamic Movement) au nord est de l&#39;Afghanistan, dans la province du Badakhshan pr&egrave;s de la fronti&egrave;re avec la Chine et le Tajikistan. <a href="https://www.defense.gov/News/Article/Article/1435247/us-forces-strike-taliban-east-turkestan-islamic-movement-training-sites/">https://www.defense.gov/News/Article/Article/1435247/us-forces-strike-taliban-east-turkestan-islamic-movement-training-sites/</a></p> <p>Le pr&eacute;texte en &eacute;tait que l&#39;ETIM y entretenait des camps d&#39;entrainement au profit des Talibans, et leur fournissait des militants. Mais il se trouve que l&#39;ETIM est tr&egrave;s proche des s&eacute;paratistes musulmans chinois ouighours (uighurs) que P&eacute;kin combat depuis des ann&eacute;es, sans grands succ&egrave;s d&#39;ailleurs. Le bruit a couru que les Etats-Unis avaient agi &agrave; partir d&#39;informations fournies pas la Chine</p> <p>Interrog&eacute; &agrave; ce sujet, le repr&eacute;sentant du ministre des Affaires &eacute;trang&egrave;res chinois a d&eacute;clar&eacute; que la Chine &eacute;tait ouverte &agrave; toute coop&eacute;ration pragmatique avec les pays combattant le terrorisme et contribuant au maintien de la paix sur un pied d&#39;&eacute;galit&eacute;.<br /> <br /> Le 6 f&eacute;vrier, lors d&#39;une visite &agrave; Washington, peu comment&eacute;e malgr&eacute; son importance, le secr&eacute;taire d&#39;Etat chinois Yanf Jiechi a rencontr&eacute; Donald Trump. L&#39;un et l&#39;autre se sont f&eacute;licit&eacute;s des bonnes perspectives de coop&eacute;ration entre les deux pays, dans de nombreux domaines notamment la lutte contre le terrorisme. <a href="http://www.xinhuanet.com/english/2018-02/10/c_136964623.htm">http://www.xinhuanet.com/english/2018-02/10/c_136964623.htm</a></p> <p>Dans le m&ecirc;me temps, le charg&eacute; d&#39;affaires russe pour l&#39;Afghanistan Zamir Kabulov avait assur&eacute; que Moscou consid&eacute;rait la lutte contre l&#39;Etat islamique en Afghanistan comme une priorit&eacute;, compte tenu des dangers que celui-ci repr&eacute;sentait pour les Etats asiatiques de l&#39;ex-URSS et la Russie elle-m&ecirc;me. <a href="http://tass.com/politics/989170">http://tass.com/politics/989170</a> . Les combattants islamiques &eacute;taient d&eacute;sormais selon lui 10.000 et leur nombre augmentait r&eacute;guli&egrave;rement. Pr&eacute;c&eacute;demment, Kabulov avait accus&eacute; les Etats-Unis d&#39;y transf&eacute;rer des combattants islamique d&#39;Iraq et de Syrie, et de continuer &agrave; les approvisionner en armes, ceci avait-il laiss&eacute; entendre pour renforcer la menace islamique aux fronti&egrave;res de la Russie.</p> <p>La lutte contre le terrorisme afghan repr&eacute;sentera-t-elle un terrain de rapprochement durable entre les Etats-Unis, la Chine et la Russie? On peut en douter. A supposer que l&#39;Afghanistan soit d&eacute;finitivement purg&eacute;e de tout terrorisme par une action commune entre ces trois grandes puissances, vu les potentialit&eacute;s strat&eacute;giques et &eacute;conomiques du pays, aucune de celle-ci ne renoncera &agrave; la perspective d&#39;y exercer un protectorat de fait. Malgr&eacute; son &eacute;loignement g&eacute;ographique, Washington pourra s&#39;appuyer dans ce but sur son arm&eacute;e et les multiples bases militaires am&eacute;ricaines de la r&eacute;gion.</p> <p>Sur l&#39;ensemble du sujet, voir M.K. Bhadrakumar http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/author/bhadrakumaranrediffmailcom/</p> Sat, 10 Feb 2018 23:00:00 GMT Chute des Bourses http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2899 2899 <br /><p>On lit dans Le Monde du 7 f&eacute;vrier 2018</p> <p><em>Apr&egrave;s des mois d&rsquo;euphorie, place au doute. Les march&eacute;s europ&eacute;ens ont ouvert en nette baisse mardi 6&nbsp;f&eacute;vrier. Peu avant, les places financi&egrave;res asiatiques, Tokyo en t&ecirc;te, avaient plong&eacute; (l&rsquo;indice Nikkei a chut&eacute; de 4,73&nbsp;%), embo&icirc;tant le pas &agrave; Wall Street. Lundi 5&nbsp;f&eacute;vrier, le Dow Jones a en effet perdu 4,6&nbsp;%, &agrave; 24&nbsp;345 points, tandis que le Nasdaq, l&rsquo;indice riche en technologies, perdait 3,8&nbsp;%. Cette s&eacute;ance, la pire depuis ao&ucirc;t&nbsp;2011, fait suite &agrave; celle de vendredi, o&ugrave; l&rsquo;indice am&eacute;ricain avait d&eacute;j&agrave; perdu 2,54&nbsp;%.</em></p> <p>Il s&#39;agit de l&#39;acc&eacute;l&eacute;ration d&#39;un mouvement amorc&eacute; depuis quelques jours, et que tout le monde financier craignait: une chute du Stock Market ou March&eacute; actions <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Stock_market">https://en.wikipedia.org/wiki/Stock_market</a></p> <p>Rappelons que ce march&eacute; est celui o&ugrave; se vendent et s&#39;ach&egrave;tent les actions. Une action est une part du capital social d&#39;une entreprise que ses propri&eacute;taires ont d&eacute;cid&eacute; de mettre en vente pour augmenter ce capital. Elle s&#39;ach&egrave;te ou se vend en Bourse en fonction de la confiance qu&#39;inspire cette entreprise. En fonction de l&#39;optimisme ou du pessimisme des acheteurs, relativement &agrave; la sant&eacute; de cette entreprise, le prix de l&#39;action augmente ou diminue. De plus, comme dans tout march&eacute;, si les acheteurs, dits aussi sp&eacute;culateurs, perdent confiance, non dans l&#39;entreprise, mais dans la bonne sant&eacute; du march&eacute;, ils vendent leurs actions. On dit alors que la Bourse baisse. Les d&eacute;tenteurs d&#39;actions n&#39;ayant pas anticip&eacute; cette baisse enregistrent alors des pertes.</p> <p>L&#39;obligation est une part de la dette d&#39;une entreprise que celle-ci s&#39;engage &agrave; rembourser. Cette obligation est une forme d&rsquo;emprunt assortie d&rsquo;un taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t et d&rsquo;une date d&rsquo;&eacute;ch&eacute;ance, &agrave; laquelle l&rsquo;Etat ou l&rsquo;entreprise doit rembourser sa dette. Le march&eacute; obligataire n&#39;est pas li&eacute; aux anticipations des sp&eacute;culateurs concernant l&#39;&eacute;tat du march&eacute;, mais &agrave; la confiance qu&#39;inspire l&#39;Etat ou l&#39;entreprise ayant &eacute;mis des obligations. Il est donc bien moins sensible aux mouvements de sp&eacute;culation.</p> <p>Le&nbsp;march&eacute;&nbsp;des&nbsp;obligations, &eacute;galement appel&eacute; &laquo;march&eacute; obligataire&nbsp;&raquo;, est le&nbsp;march&eacute;&nbsp;qui permet aux Etats et aux entreprises de se financer. En effet, lorsqu&#39;un Etat ou une entreprise a besoin de financement, il peut &eacute;mettre des titres sp&eacute;ciaux appel&eacute;s &laquo;&nbsp;obligations&nbsp;&raquo;. . Cette obligation est une forme d&rsquo;emprunt assortie d&rsquo;un taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t et d&rsquo;une date d&rsquo;&eacute;ch&eacute;ance, &agrave; laquelle l&rsquo;&eacute;tat ou l&rsquo;entreprise doit rembourser sa dette. L&#39;Etat peut utiliser ces ressources, soit &agrave; des investissements productifs, soit &agrave; des d&eacute;penses d&#39;armement et autres activit&eacute;s non productives.</p> <p>Paradoxalement, la crise du March&eacute; Action n&#39;est pas li&eacute;e au bon &eacute;tat g&eacute;n&eacute;ral de l&#39;&eacute;conomie. Ainsi aujourd&#39;hui la crise actuelle est survenue aux Etats-Unis alors que la conjoncture est actuellement bonne: l&#39;activit&eacute; reprend et avec elle les embauches. Les salaires augmentent. Mais d&egrave;s que l&#39;activit&eacute; reprend, elle le fait dans un environnement inflationniste. Celui-ci, fut-il tr&egrave;s l&eacute;ger, peut laisser craindre une perte de valeur des &eacute;pargnes investies en actions. Leurs d&eacute;tenteurs les vendent pour r&eacute;cup&eacute;rer leur &eacute;pargne en vue d&#39;investir dans les secteurs redevenus profitables.</p> <p><strong>Sur&eacute;valuations et bulles en s&eacute;rie</strong></p> <p>La baisse actuelle des March&eacute;s Actions, soit environ 4%, est tr&egrave;s faible. Des baisses analogues s&#39;&eacute;taient produites dans les cinquante derni&egrave;res ann&eacute;es. Mais elle r&eacute;v&egrave;le une r&eacute;alit&eacute; que nul ne voulait voir. Le march&eacute; actuel &eacute;tait tr&egrave;s largement sur&eacute;valu&eacute;. Le prix des actions, du fait des man&oelig;uvres sp&eacute;culatives &agrave; la hausse, s&#39;&eacute;tait consid&eacute;rablement accru aux regard des biens et services produits par l&#39;&eacute;conomie r&eacute;elle. Autrement dit, les investisseurs, au lieu de participer &agrave; la cr&eacute;ation de biens et services, sp&eacute;culaient &agrave; la hausse du march&eacute;, esp&eacute;rant revendre leurs actions plus cher qu&#39;ils ne les avaient achet&eacute;es. Les gains qu&#39;ils en tiraient s&#39;investissaient notamment en &eacute;pargnes dans les paradis fiscaux, &eacute;chappant ainsi aux imp&ocirc;ts. Mais in&eacute;vitablement, &agrave; la moindre occasion, ils s&#39;effrayaient et revendaient leurs actions, dont le prix baissait, ce qui provoquait de nouvelles ventes.</p> <p>Une crise de bien plus grande ampleur avait eu lieu lors de l&#39;&eacute;clatement de la bulle dit des Dotcom, ou bulle des entreprises de l&#39;Internet. Celle-ci &eacute;tait une bulle sp&eacute;culative qui a affect&eacute; sur les march&eacute;s d&#39;actions &agrave; la fin des ann&eacute;es 1990&nbsp;les &laquo; valeurs technologiques &raquo;, c&#39;est-&agrave;-dire celles des secteurs li&eacute;s &agrave; l&#39;informatique et aux t&eacute;l&eacute;communications, Le prix de leurs actions s&#39;&eacute;tait consid&eacute;rablement &eacute;lev&eacute;es, du fait des espoirs qu&#39;elles avaient suscit&eacute; dans les &eacute;conomies. Comme leurs r&eacute;sultats, bien que satisfaisants, n&#39;avaient pas &eacute;t&eacute; &agrave; la hauteur des sp&eacute;culations, la bulle s&#39;&eacute;tait effondr&eacute;e. Un ph&eacute;nom&egrave;ne de m&ecirc;me nature s&#39;&eacute;tait produit en 2007 lors de l&#39;&eacute;clatement de la crise dite des Subprimes. Il s&#39;agissait d&#39;une&nbsp;crise qui toucha le secteur des pr&ecirc;ts hypoth&eacute;caires &agrave; risques <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_des_subprimes">https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_des_subprimes</a></p> <p><strong>Appel aux Banques Centrales</strong></p> <p>La crise en ayant d&eacute;coul&eacute; s&#39;&eacute;tant &eacute;tendue &agrave; toute l&#39;&eacute;conomie am&eacute;ricaine, comme &agrave; pratiquement l&#39;ensemble des places de march&eacute; du monde, le gouvernement am&eacute;ricain de l&#39;&eacute;poque s&#39;&eacute;tait d&eacute;cid&eacute; &agrave; r&eacute;agir. Mais il le fit en procurant des liquidit&eacute;s aux investisseurs potentiels, leur permettant de racheter les actions en baisse. Il fit pour cela appel &agrave; la Banque F&eacute;d&eacute;rale de R&eacute;serve am&eacute;ricaine, en lui imposant de fabriquer des dollars en grande quantit&eacute; et d&#39;en inonder les march&eacute;s. Ceci ne co&ucirc;tait rien au gouvernement am&eacute;ricain puisqu&#39;il suffisait pour cela de faire tourner les machines d&#39;impression. Comme par ailleurs le dollar &eacute;tait alors, comme il l&#39;est en partie encore, consid&eacute;r&eacute; comme une monnaie de change s&ucirc;re, les acqu&eacute;reurs des nouveaux dollars n&#39;ont pas manqu&eacute;. Beaucoup ont a nouveau achet&eacute; des actions en Bourse, provoquant la reprise de celles-ci.</p> <p>En moyenne, la sp&eacute;culation sur les actions produit des revenus de 6%, quand tout se passe bien. Les Bons du Tr&eacute;sor et autres obligations &agrave; taux fixe ne rapportent pas plus de 2%. Il est donc compr&eacute;hensible que les sp&eacute;culateurs pr&eacute;f&egrave;rent la premi&egrave;re &agrave; la seconde. Mais ce faisant, ils ne peuvent s&#39;emp&ecirc;cher d&#39;en acheter plus que raisonnablement, provoquant une bulle des March&eacute;s Actions. Celle-ci finit par s&#39;effondrer. Les sp&eacute;culateurs, qui font &eacute;videmment partie de la minorit&eacute; des dominants &eacute;conomiques, font alors appel aux gouvernements. Ceux-ci en reviennent alors &agrave; la solution d&eacute;j&agrave; &eacute;prouv&eacute;e, faire appel aux banques centrales pour cr&eacute;er des liquidit&eacute;s (QE), non pour investir dans l&#39;&eacute;conomie r&eacute;elle mais pour relancer la sp&eacute;culation qui ne profite finalement qu&#39;aux riches.</p> <p>On a tout lieu de penser que si la baisse actuel des March&eacute;s Actions se poursuit, les banques centrales, FED, Banque Centrale Europ&eacute;enne et autres seront oblig&eacute;es par les gouvernements, sous la pression des minorit&eacute;s financi&egrave;rement dominantes, d&#39;en revenir &agrave; la vieille recette du QE. Ceci redonnera une fausse impression de reprise, qui permettra aux sp&eacute;culateurs de continuer &agrave; exploiter le travail de ceux qui produisent des biens r&eacute;els.</p> <p>Il est &eacute;vident que, dans des pays o&ugrave; les gouvernements seraient au service des producteurs et des consommateurs de biens et services, &agrave; supposer qu&#39;ils cr&eacute;ent de la monnaie pour renforcer l&#39;&eacute;conomie, ils utiliseraient celle-ci pour financer des investissements productifs. C&#39;est ce qu&#39;a d&eacute;cid&eacute; de faire, semble-t-il, le gouvernement chinois. Il investit actuellement &agrave; perte dans de grands programmes productifs tels que la Nouvelle Route de la Soie (OBOR). Quand ceux-ci produiront des b&eacute;n&eacute;fices r&eacute;els, il pourra en utiliser une partie pour rembourser la dette en Yuan momentan&eacute;ment consentie.</p> <p>Actuellement au contraire, les gouvernements occidentaux, qui sont au service de la minorit&eacute; des dominants, continueront &agrave; assurer les profits des sp&eacute;culateurs, en faisant appel &agrave; de la cr&eacute;ation de monnaie, gr&acirc;ce au QE demand&eacute; aux banques centrales, chaque fois que les nouvelles bulles ainsi cr&eacute;&eacute;es &eacute;clateront. Le cycle alors pourra recommencer. On a tout lieu de penser que c&#39;est ce qu&#39;ils feront, si &nbsp;la chute des Bourses actuelle se poursuit.</p> Wed, 07 Feb 2018 23:00:00 GMT Succès du Falcon Heavy http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2898 2898 <br /><p>Il n&#39;a rencontr&eacute; aucun des incidents pr&eacute;visibles pour une premi&egrave;re de ce genre. De plus, exploit aussi remarquable, les deux propulseurs annexes qui lui ont servi au d&eacute;part, sont revenus se poser verticalement et sans dommage aux emplacements d&#39;o&ugrave; ils pourront &ecirc;tre r&eacute;cup&eacute;r&eacute;s.</p> <p>Falcon Heavy <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Falcon_Heavy">https://fr.wikipedia.org/wiki/Falcon_Heavy</a><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Falcon_Heavy"> </a> est un lanceur lourd d&eacute;velopp&eacute; par la soci&eacute;t&eacute; SpaceX dont le PDG est Elon Musk. Il a la capacit&eacute; de placer une charge utile de 63,8 tonnes en orbite basse ou de 26,7 tonnes en orbite de transfert g&eacute;ostationnaire. Son co&ucirc;t estim&eacute; est de 80 millions de dollars. Mais ce co&ucirc;t ne tient pas compte des investissements pr&eacute;alables r&eacute;alis&eacute;s par Space X. Il ne tient &eacute;videmment pas non plus compte des ann&eacute;es d&#39;investissements r&eacute;alis&eacute;s par la Nasa et l&#39;Esa, dans le domaine des lanceurs, qui ont &eacute;t&eacute; r&eacute;cup&eacute;r&eacute;es par les ing&eacute;nieurs d&#39;Elon Musk, souvent d&eacute;bauch&eacute;s de la Nasa.</p> <p>Rappelons que le co&ucirc;t global de la Station Spatiale a &eacute;t&eacute; estim&eacute; &agrave; 150 milliards de dollars, ceux du t&eacute;lescope James Webb <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/James-Webb_(télescope_spatial">https://fr.wikipedia.org/wiki/James-Webb_(t%C3%A9lescope_spatial</a>) appel&eacute; &agrave; succ&eacute;der en 2019 au t&eacute;lescope Hubble, devraient &ecirc;tre de 10 milliards de dollars.</p> <p>Falcon Heavy d&eacute;passe largement les capacit&eacute;s des lanceurs actuels, notamment d&#39;Ariane V de Arianespace. Dans l&#39;imm&eacute;diat, on ne voit pas encore &agrave; quels lancements il pourrait &ecirc;tre utilis&eacute;, tout au moins pour des usages dits commerciaux. Mais on peut compter sur le d&eacute;veloppement rapide des technologies et des applications spatiales pour que des usages rentables lui soient trouv&eacute;s.</p> <p>Elon Musk, le PDG de Space X, n&eacute; le 28 Juin 1971 &agrave; Pr&eacute;toria puis naturalis&eacute; am&eacute;ricain, dispose aujourd&#39;hui d&#39;une fortune personnelle estim&eacute;e &agrave; 21 milliards de dollars. La part des subventions publiques dans le financement des entreprises d&#39;Elon Musk repr&eacute;sente cependant plus de la moiti&eacute; de sa fortune personnelle. Il n&#39;a pas acquis cette fortune en exploitant comme d&#39;autres multimilliardaires am&eacute;ricains des abus de position dominante dans la soci&eacute;t&eacute; de l&#39;information. Il a lanc&eacute; depuis une dizaine d&#39;ann&eacute;es un nombre important d&#39;entreprises &agrave; risques visant &agrave; satisfaire ce que l&#39;on peut qualifier l&#39;int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral, y compris dans des domaines o&ugrave; les Etats se sont r&eacute;v&eacute;l&eacute;s d&eacute;faillants. On en trouve la liste sur <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Elon_Musk">https://fr.wikipedia.org/wiki/Elon_Musk</a></p> <p>Nous ne savons pas quels imp&ocirc;ts sur les soci&eacute;t&eacute;s payent ces entreprises. Ils sont certainement sup&eacute;rieurs aux sommes risibles vers&eacute;s par la soci&eacute;t&eacute; Amazon.</p> <p>Elon Musk a fait miroiter la possibilit&eacute; d&#39;une mission humaine sur Mars dans une vingtaine d&#39;ann&eacute;es. Beaucoup de sp&eacute;cialistes restent sceptiques, non sur le plan technique, mais quant aux capacit&eacute;s de r&eacute;sistance des astronautes dans un s&eacute;jour d&eacute;passant quelques heures. Cependant, sans attendre, de nouvelles g&eacute;n&eacute;rations de lanceurs lourds seront utilis&eacute;s pour mettre en place des stations lunaires puis martiennes automatiques. Falcon Heavy ne manquera donc pas d&#39;utilisations spectaculaires.</p> <p><strong>Commentaires rapides</strong></p> <p>Au plan g&eacute;opolitique nous nous bornerons dans l&#39;imm&eacute;diat &agrave; quatre commentaires:</p> <p>- Il est compr&eacute;hensible d&#39;admirer l&#39;exploit technique repr&eacute;sent&eacute; par le Falcon Heavy. Mais on le fait parce que les Agences spatiales ont vu depuis 20 ans leurs resssouces pratiquement bloqu&eacute;es. Faut-il rappeler le succ&egrave;s incomparablement plus grand, au plan scientifique, balistique mais aussi humain, qu&#39;ont repr&eacute;sent&eacute; les missions lunaires am&eacute;ricaines et avant elles, le vol du russe Gagarine. La Lune et Mars, comme ses satellites, seraient &agrave; ce jour, &agrave; ce rythme, des banlieues terrestres.</p> <p>- Le budget annuel militaire des Etats-Unis est d&#39;environ 700 milliards de dollars. Donald Trump vient d&#39;annoncer qu&#39;il comptait l&#39;augmenter de 60 milliards. Sup&eacute;rieur &agrave; tous les budgets militaires r&eacute;unis des autres puissances, il ne sert pour le moment qu&#39;&agrave; multiplier des guerres locales dont les victimes se comptent par dizaines de milliers de morts, sans mentionner les centaines de milliers de bless&eacute;s et les d&eacute;placements massifs de r&eacute;fugi&eacute;es. Les Etats-Unis se grandiraient davantage en utilisant une partie de ces sommes pour la recherche spatiale. Il faut savoir aussi qu&#39;en 10 ans la mise au point du F 35 dit aussi JSF et qui est encore incapable de combattre aurait co&ucirc;t&eacute;&nbsp; au Pentagone 1.000 milliards de dollars. Rappelons que la Nasa s&#39;asphyxie aujourd&#39;hui dans un budget de 20 milliards de dollars. Elle risque d&#39;&ecirc;tre oblig&eacute;e de ne pas financer sa part dans le renouvellement de l&#39;ISS.</p> <p>- Les ambitions spatiales de la Chine et de la Russie viennent d&#39;&ecirc;tre r&eacute;affirm&eacute;es. Nous ne pouvons dire quels budgets elles entendront y consacrer. Cependant le succ&egrave;s de Falcon Heavy devra leur donner des &eacute;l&eacute;ments de pr&eacute;vision.</p> <p>- L&#39;humanit&eacute; s&#39;est toujours caract&eacute;ris&eacute;e par l&#39;apparition inattendue d&#39;individus hors normes, g&eacute;n&eacute;ralement consid&eacute;r&eacute;s comme des visionnaires g&eacute;niaux. Il n&#39;est jamais possible de pr&eacute;voir ces apparitions ni m&ecirc;me d&#39;en expliquer a posteriori la raison. Elon Musk est sans aucun doute un de ces individus. En verra-t-on un jour l&#39;&eacute;quivalent en Europe? Ce ne sera certainement pas le cas si les Etats europ&eacute;ens se bornent, comme la France aujourd&#39;hui, &agrave; r&eacute;duire le fardeau de leur dette sans aucune ambition leur permettant de se d&eacute;passer.</p> <p><strong>Note le 07/02 &agrave; 16h</strong></p> <p>Christophe Jacquemin ajoute ceci&nbsp;:</p> <p>Le corps central de la fus&eacute;e n&#39;a pas pu atterrir comme pr&eacute;vu sur une barge dans l&#39;oc&eacute;an, mais a manqu&eacute;&nbsp;sa cible d&#39;une centaine de m&egrave;tres &agrave; cause d&#39;un moteur qui ne s&#39;est pas allum&eacute;.&nbsp;<br /> <br /> Sinon, c&ocirc;t&eacute; vols commerciaux, SpaceX affirme qu&#39;il peut mettre en orbite des charges deux fois plus lourdes que le plus gros lanceur actuel (la Delta IV Heavy) et ce au tiers du prix. Mais pour l&#39;instant son carnet de commandes est quasi vide. Des vols habit&eacute;s ? Le 5 f&eacute;vrier, Elon Musk a indiqu&eacute; que les vols habit&eacute;s seraient r&eacute;alis&eacute;s par la BFR (pour Big fucking rocket), l&#39;autre lanceur tr&egrave;s puissant actuellement en construction par SpaceX. La Falcon Heavy pourrait alors servir au transport d&#39;&eacute;quipement, notamment dans le cadre du programme lunaire r&eacute;cemment lanc&eacute; par le pr&eacute;sident am&eacute;ricain Donald Trump.</p> <p>Ce&nbsp;vol de d&eacute;monstration avait aussi pour objectif de simuler une mission d&#39;insertion d&#39;une charge utile directement sur l&#39;orbite&nbsp;g&eacute;ostationnaire, une exigence forte pour r&eacute;pondre aux besoins des militaires am&eacute;ricains et du&nbsp;National Reconnaissance Office&nbsp;(NRO), une des nombreuses agences de renseignements des &Eacute;tats-Unis.</p> <p>Par ailleurs, selon certaines sources, outre quelques lancements commerciaux, Space X, avec son Falcon Heavy vise le march&eacute; int&eacute;rieur am&eacute;ricain des lancements &agrave; caract&egrave;re militaire....</p> <p>&nbsp;</p> Tue, 06 Feb 2018 23:00:00 GMT Les société développées sont-elles condamnées à disparaître? http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2891 2891 <br /><p>Par soci&eacute;t&eacute;s d&eacute;velopp&eacute;es, nous entendrons: les soci&eacute;t&eacute;s ayant &agrave; peu pr&egrave;s maitris&eacute; ce que l&#39;on nomme le progr&egrave;s scientifique et technique. Les Etats-Unis en font partie ainsi qu&#39;une grande partie des pays europ&eacute;ens. Des parts grandissantes de la Russie et de la Chine s&#39;y ajoutent dor&eacute;navant.</p> <p>Par dispara&icirc;tre, nous entendrons: subir des dislocations de plus en plus rapides, avec la multiplication des guerres et des conflits arm&eacute;s, la destruction des structures &eacute;tatiques et administratives, ainsi que du cadre l&eacute;gal qu&#39;elles imposent, la g&eacute;n&eacute;ralisation des luttes mortif&egrave;res pour les ressources entre groupes sociaux appauvris.<br /> <br /> Par condamn&eacute;es, enfin, nous d&eacute;signerons l&#39;action de m&eacute;canismes destructifs s&#39;imposant inexorablement, quels que soient les efforts de certains pour en prendre conscience et les combattre.</p> <p>Bien que les conditions de cette disparition seront tr&egrave;s diff&eacute;rentes de celles ayant provoqu&eacute; ou provoquant la disparition des esp&egrave;ces animales, les r&eacute;sultats en seraient tr&egrave;s voisins.</p> <p>Or aujourd&#39;hui la question suscite de plus en plus l&#39;int&eacute;r&ecirc;t des chercheurs en sciences politiques et sociales. Ils constatent, comme d&#39;ailleurs les plus avertis d&#39;entre nous, que les sciences et techniques se d&eacute;veloppent &agrave; un rythme acc&eacute;l&eacute;r&eacute;, que le nombre de ceux qui en b&eacute;n&eacute;ficient ne cesse de s&#39;accroitre, mais qu&#39;en m&ecirc;me temps les in&eacute;galit&eacute;s entre le 5% des dominants et les 95% des domin&eacute;s ne cessent d&#39;augmenter. Ils constatent aussi que non seulement les guerres et conflits ne diminuent pas, mais que la perspective d&#39;une guerre nucl&eacute;aire mondiale qui provoquerait la disparition de toute l&#39;humanit&eacute; est de plus en plus &eacute;voqu&eacute;e s&eacute;rieusement.</p> <p>Ils constatent aussi que si un nombre tr&egrave;s minoritaire de citoyens plus ou moins conscients du ph&eacute;nom&egrave;ne voudraient voir les d&eacute;cideurs de toutes sortes se d&eacute;cider &agrave; inverser la course &agrave; la catastrophe, la grande majorit&eacute; de ceux ayant le pouvoir de le faire font tout au contraire pour acc&eacute;l&eacute;rer cette course. Les dominants se donnent comme argument qu&#39;ils &eacute;chapperont, si catastrophe il y a, aux effets destructeurs de celle-ci, et que de toute fa&ccedil;on ces effets se produiront dans un lointain futur.<br /> <br /> Mais leur vraie motivation, qu&#39;ils ne peuvent &eacute;videmment pas avouer, est qu&#39;ils ne veulent pas renoncer &agrave; des processus dont ils tirent des avantages personnels imm&eacute;diats. Il n&#39;y a d&#39;ailleurs pas que les riches pour raisonner de la sorte. Quel utilisateur d&#39;automobile y renoncerait pour les transports en commun ou concernant les jeunes, pour la bicyclette, tout en constatant la rapide d&eacute;gradation de la vie urbaine r&eacute;sultant de l&#39;abus de l&#39;automobile individuelle.</p> <p><strong>M&eacute;canismes inconscients d&#39;auto-destruction</strong></p> <p>Or, pour certains de ces chercheurs, il existerait dans les soci&eacute;t&eacute;s humaines un grand nombre d&#39;individus, qu&#39;ils soient ou non d&eacute;cideurs, incapables de maitriser leurs instincts imm&eacute;diats, m&ecirc;me s&#39;ils prennent conscience de leur dangerosit&eacute;. Bien pire, ils seraient incapables d&#39;avoir une forme de pens&eacute;e &agrave; long terme leur permettant de se projeter dans le futur. Toujours, chez eux, la pression de l&#39;imm&eacute;diat oblit&eacute;rerait leurs possibilit&eacute;s d&#39;abstraction et leurs capacit&eacute;s pr&eacute;visionnelles .</p> <p>Nous ne d&eacute;velopperons pas ici les aspects de ces nouvelles recherches. Un article du NewScientist dat&eacute; du 20/01/2018, p.29, intitul&eacute; The Writing on the Wall, en donne un aper&ccedil;u 1) . Disons seulement ici que ceux qui ont toujours voulu se battre pour des changements sociaux se sont depuis longtemps insurg&eacute;s contre des recherches entendant d&eacute;montrer scientifiquement que ces changements sont impossibles.</p> <p>Cependant aujourd&#39;hui il faut se demander pourquoi les &eacute;tudes elles-m&ecirc;mes scientifiques d&eacute;non&ccedil;ant l&#39;accroissement monstrueux des in&eacute;galit&eacute;s entre les &laquo;&nbsp;have&nbsp;&raquo; et les &laquo;&nbsp;have not&nbsp;&raquo; sont re&ccedil;ues avec une telle indiff&eacute;rence, y compris par les victimes de ces in&eacute;galit&eacute;s. Il en est de m&ecirc;me des pr&eacute;visions des chercheurs d&eacute;non&ccedil;ant les effets des modifications climatiques et de la disparition des esp&egrave;ces, sans qu&#39;aucun gouvernement n&#39;ait encore pris le moindre d&eacute;but de mesure destin&eacute;e &agrave; en limiter les effets.</p> <p>Quant &agrave; la course g&eacute;n&eacute;rale au r&eacute;armement, dont les Etats-Unis ont toujours tenu la t&ecirc;te, pourquoi les soci&eacute;t&eacute; d&eacute;velopp&eacute;es restent-elles toujours incapables de la contr&ocirc;ler, m&ecirc;me si des pr&eacute;visions de plus en plus insistantes d&eacute;noncent la guerre nucl&eacute;aire mondiale qui, si rien n&#39;est fait, en r&eacute;sultera in&eacute;vitablement d&egrave;s les prochaines ann&eacute;es ?</p> <ol> <li> <p><a href="https://www.newscientist.com/article/mg23731610-300-end-of-days-is-western-civilisation-on-the-brink-of-collapse/">https://www.newscientist.com/article/mg23731610-300-end-of-days-is-western-civilisation-on-the-brink-of-collapse/</a></p> <p><strong>Note au 05/02</strong><br /> Voir notre article qui confirme sinistrement les inqui&eacute;tudes de cet &eacute;ditorial<br /> <a href="http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2896&amp;r_id=&amp;t=Nuclear%20Posture%20Review:%20le%20monstrueux%20chantage%20am%E9ricain">http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2896&amp;r_id=&amp;t=Nuclear%20Posture%20Review:%20le%20monstrueux%20chantage%20am%E9ricain</a></p> </li> </ol> Tue, 30 Jan 2018 23:00:00 GMT The Economist et la guerre mondiale. http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2888 2888 <img src="http://www.europesolidaire.eu/repimg/20180130203328_economis2.jpg" align="left" alt="photo" title="" border="0" /><br /><p>En &eacute;ditorial, The Economist d&eacute;clare que m&ecirc;me si les guerres de ces 25 derni&egrave;res ann&eacute;es ont caus&eacute; des millions de morts, une guerre entre Grandes Puissances n&#39;&eacute;tait pas imaginable. Aujourd&#39;hui du fait de changements &agrave; long terme dans les &eacute;quilibres g&eacute;opolitiques et parce que la domination militaire des Etats-Unis et de ses alli&eacute;s est mise en d&eacute;faut par la prolif&eacute;ration des nouvelles technologies, une troisi&egrave;me guerre mondiale est devenue plausible. Le monde, &eacute;crit-il, n&#39;y est pas pr&eacute;par&eacute;.</p> <p>D&#39;ores et d&eacute;j&agrave;, il pr&eacute;voit l&#39;explosion de conflits r&eacute;gionaux ou urbains meurtriers, notamment dans les&nbsp;quartiers mis&eacute;rables et surpeupl&eacute;s des grandes villes. Le changement climatique, la croissance d&eacute;mographique, les conflits ethniques ou religieux, en seront les moteurs. Les carnages r&eacute;cents &agrave; Mossoul et Alep en sont la pr&eacute;figuration.</p> <p>Mais bien plus mena&ccedil;ant est le fait la Russie et la Chine soient d&eacute;sormais consid&eacute;r&eacute;es par Washington comme des adversaires strat&eacute;giques. Ceci de proche en proche pourrait d&eacute;boucher sur un holocauste nucl&eacute;aire.</p> <p>Or The Economist, organe repr&eacute;sentatif&nbsp;du capitalisme anglo-am&eacute;ricain dont le succ&egrave;s est li&eacute; &agrave; la domination am&eacute;ricaine, loin d&#39;utiliser ces mises en garde pour un nouvel appel &agrave; une mobilisation contre la guerre et aux n&eacute;gociations diplomatiques, &eacute;voque ces perspectives pour demander que le &ldquo;hard power&rdquo; c&#39;est-&agrave;-dire l&#39;arm&eacute;e am&eacute;ricaine, soit utilis&eacute;e partout dans le monde.<br /> <br /> Cela seul permettra, selon lui, de sauvegarder la paix. Il pr&eacute;vient que si les classes dominantes russes et chinoises sont autoris&eacute;es par l&#39;Am&eacute;rique &agrave; assurer leur domination&nbsp;dans leur propre pays, elles refuseront rapidement la domination am&eacute;ricaine dans leurs sph&egrave;res d&#39;influence &eacute;largie, l&#39;Asie orientale pour la Chine, l&#39;Europe continentale et l&#39;Asie centrale pour la Russie.</p> <p>A la suite de cet &eacute;ditorial, l&#39;essentiel de The Next War est consacr&eacute; &agrave; l&#39;&eacute;num&eacute;ration des domaines o&ugrave; les Etats-Unis doivent r&eacute;affirmer leur pouvoir apr&egrave;s &laquo;&nbsp;vingt ans de d&eacute;rives strat&eacute;giques&nbsp;&raquo; L&#39;ouvrage mentionne notamment de nouvelles armes nucl&eacute;aires, ainsi que des armes conventionnelles rajeunies utilisant notamment l&#39;Intelligence Artificielle et la robotique. Ni la Chine ni la Russie ne doivent &ecirc;tre laiss&eacute;es libres de se doter de moyens comparables. Il ne mentionne pas le fait que les d&eacute;penses militaires am&eacute;ricaines &eacute;quivalent d&eacute;j&agrave; &agrave; celles r&eacute;unies des autres Etats<br /> <br /> De plus, pour The Economist, les entreprises am&eacute;ricaines de l&#39;informatique et de l&#39;Internet doivent &ecirc;tre int&eacute;gr&eacute;es dans l&#39;effort de r&eacute;armement am&eacute;ricain. En particulier les GAFA doivent dor&eacute;navant, par une censure pr&eacute;alable, ne pas permettre aux oppositions &agrave; l&#39;Am&eacute;rique de s&#39;exprimer librement, et moins encore de mener des cyber-guerres, comme la Russie, d&#39;apr&egrave;s Washington, l&#39;a fait jusqu&#39;ici sans opposition.</p> <p><strong>Observation</strong></p> <p>On notera que, dans tous les domaines o&ugrave; The Economist s&#39;alarme d&#39;un pr&eacute;tendu recul des Etats-Unis, le complexe militaro-industriel am&eacute;ricain a d&eacute;j&agrave; impos&eacute; au pays et au monde les diff&eacute;rentes d&eacute;cisions que le journal estime n&eacute;cessaires pour sauvegarder la domination am&eacute;ricaine. Le dispositif nucl&eacute;aire est en plein renforcement, les vecteurs comme les bombardiers strat&eacute;giques et les sous-marins en sont d&eacute;ploy&eacute;s dans le monde entier, y compris aux fronti&egrave;res de la Russie et de la Chine. Quant aux nouvelles technologies de l&#39;informatique et de l&#39;Internet, y compris l&#39;Intelligence Artificlle avanc&eacute;e, tous les experts savent que les investissements am&eacute;ricains visant &agrave; leur utilisation militaire d&eacute;passent largement ce que peuvent faire de leur c&ocirc;t&eacute; la Russie et la Chine.</p> <p>Ce qui manque encore aux Etats Unis et &agrave; leurs alli&eacute;s, en premier lieu les Britanniques, est d&#39;avoir convaincu leurs populations qu&#39;elles doivent se pr&eacute;parer &agrave; une guerre mondiale in&eacute;vitable. Or pour l&#39;&eacute;viter, affirme The Economist, dans l&#39;imm&eacute;diat, elles doivent accepter de prendre en charge les co&ucirc;ts n&eacute;cessaires &agrave; la domination militaire am&eacute;ricaine. Ceci en admettant de fortes baisses de leurs niveaux de vie.</p> <p>Ce dernier num&eacute;ro de The Economist, manifestement, souhaite contribuer &agrave; une remobilisation des esprits. &laquo;&nbsp;Augmentons dramatiquement les moyens n&eacute;cessaire au r&eacute;tablissement de la domination am&eacute;ricaine et la guerre nucl&eacute;aire pourra peut-&ecirc;tre &ecirc;tre &eacute;vit&eacute;e&nbsp;&raquo;.</p> <p>1) <a href="https://www.economist.com/na/printedition/2018-01-27">https://www.economist.com/na/printedition/2018-01-27</a><br /> &nbsp;</p> Mon, 29 Jan 2018 23:00:00 GMT Les oligarques russes et Vladimir Poutine http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2886 2886 <br /><p>Nous r&eacute;sumons un de ses derniers &eacute;crits &laquo;&nbsp;The rich also cry&nbsp;&raquo;, dat&eacute; du 26 janvier 2018 publi&eacute; sur le site am&eacute;ricain &laquo;&nbsp;alternatif&nbsp;&raquo; UNZ.com <a href="http://www.unz.com/ishamir/the-rich-also-cry/">http://www.unz.com/ishamir/the-rich-also-cry/</a></p> <p>Selon l&#39;auteur, la politique nationale et surtout internationale russe est tr&egrave;s largement influenc&eacute;e par les oligarques de ce pays. Ceux-ci d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sents sans doute sous l&#39;URSS, se sont enrichis et multipli&eacute;s &agrave; la chute du communisme, sous Gorbatchev et surtout Eltsine. Du fait de leur accaparement des richesses du pays, ils constituent un poids consid&eacute;rable dont Vladimir Poutine a toujours du tenir compte.<br /> <br /> Cependant, Shamir distingue deux cat&eacute;gories d&#39;oligarques, ceux qui dataient de Eltsine qui d&eacute;tiennent leurs fortunes (dit&nbsp;Vieil&nbsp;argent&nbsp;<em>money</em>) dans les banques am&eacute;ricaines et ceux qui soutiennent Poutine et qu&#39;il prot&egrave;ge, dont les fortunes sont qualifi&eacute;es de Nouvell argent.&nbsp;Ils s&#39;enrichissent &agrave; partir des ressources tir&eacute;es des politiques russes nouvelles, d&eacute;penses militaires, investissements dans le Grand Nord notamment. Ils placent cependant, eux-aussi, leurs richesses en Am&eacute;rique.</p> <p>Les &laquo;&nbsp;sanctions&nbsp;&raquo; am&eacute;ricaines ont d&eacute;j&agrave; frapp&eacute; ces placements et continueront &agrave; le faire. Ce serait ainsi mille milliards de dollars qui pourraient ainsi &ecirc;tre saisis et abonder les ressources du Tr&eacute;sor am&eacute;ricain. Mais les oligarques amis de Poutine pourraient &ecirc;tre prot&eacute;g&eacute;s par celui-ci. Il a d&eacute;j&agrave; annonc&eacute; qu&#39;en r&eacute;torsion, le gouvernement saisirait les parts &eacute;trang&egrave;res dans les actifs russes. Celles-ci n&#39;atteignent pas des montants consid&eacute;rables, mais sont importants pour les int&eacute;r&ecirc;ts occidentaux. Il laisserait par contre saisir sans r&eacute;agir les actifs des oligarques qui lui sont hostiles. S&#39;ils veulent prot&eacute;ger leurs avoirs, leur a-t-il dit, rapatriez les.</p> <p>Les oligarques datant de Eltsine ont conserv&eacute; leur pouvoirs &eacute;conomiques et politiques. Ils poussent donc Poutine et avec lui la Russie &agrave; rentrer dans le rang, c&#39;est-&agrave; dire cesser de s&#39;opposer au capitalisme mondialis&eacute; et plus imm&eacute;diatement &agrave; Washington (le consensus de Washington). Ils ont fait n&eacute;anmoins quelques concessions au gouvernement en prenant en charge certaines des dettes russes. Poutine de son c&ocirc;t&eacute; continue &agrave; les m&eacute;nager, en refusant toutes les d&eacute;cisions pouvant rappeler la politique sovi&eacute;tique ant&eacute;rieure.</p> <p>Cependant le renforcement de l&#39;hyst&eacute;rie anti-russe ayant saisi le gouvernement am&eacute;ricain commence &agrave; inqui&eacute;ter les oligarques d&eacute;tenteurs du Vieil argent. Ils craignent que Poutine lui-m&ecirc;me renonce &agrave; la politique prudente, sinon complice, qu&#39;il a toujours adopt&eacute;e &agrave; l&#39;&eacute;gard de Washington, si les fortunes de ces oligarques &eacute;taient finalement saisies par le gouvernement am&eacute;ricain &agrave; titre de sanction. La politique russe, et plus particuli&egrave;rement celle de Poutine, &agrave; l&#39;&eacute;gard de l&#39;Occident pourrait alors se durcir consid&eacute;rablement.<br /> <br /> Mais certains semblent consid&eacute;rer &agrave; Moscou qu&#39;il est d&eacute;j&agrave; trop tard pour Poutine et ses vell&eacute;it&eacute;s &eacute;ventuelles de durcissement. Le candidat communiste aux prochaines &eacute;lections Pavel Grudinin pourrait recueillir un tel soutien des &eacute;l&eacute;ments nationalistes qu&#39;il deviendrait m&ecirc;me s&#39;il n&#39;&eacute;tait pas &eacute;lu, un opposant &agrave; Poutine dont celui-ci devrait n&eacute;cessairement tenir compte.</p> <p>Observons en ce qui nous concerne que les oligarques ne sont pas les seules forces politiques dont Poutine doive tenir compte. On citera les militaires ou plus exactement le complexe militaro-industriel russe, compl&eacute;t&eacute; par les services de renseignement, qui ne peut que profiter des menaces militaires am&eacute;ricaines croissantes et qui refusera la moindre concession. On citera aussi les int&eacute;r&ecirc;ts &eacute;conomiques non oligarchiques qui veulent voir d&eacute;velopper le grand Nord et coop&eacute;rer avec la Chine, notamment&nbsp;dans le cadre du programme OBOR. Celui-ci exclut par d&eacute;finition les int&eacute;r&ecirc;ts am&eacute;ricains. Enfin la puissante Eglise orthodoxe russe, sans &ecirc;tre syst&eacute;matiquement ennemie des Etats-Unis, refuse toute soumission &agrave; leur &eacute;gard. Poutine montre en permanence qu&#39;il veut la m&eacute;nager.</p> <p>&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> Sun, 28 Jan 2018 23:00:00 GMT Les Houthis effraient de plus en plus l'Arabie saoudite. http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2887 2887 <br /><p>Loin d&#39;&ecirc;tre de simples &laquo;&nbsp;rebelles&nbsp;&raquo; comme on ne cesse de les d&eacute;signer en Europe, les Houthis repr&eacute;sentent la composante chiite d&#39;une organisation bien plus large, incluant notamment le Corps des gardiens de la r&eacute;volution islamique (IRGC) ou Pasdaran en Iran, le Service de s&eacute;curit&eacute; pr&eacute;ventive (PSS) de Palestine, les trois branches du renseignement du Hezbollah libanais, et enfin, avec le service de renseignement du Hamas, bas&eacute; &agrave; Gaza mais dont les agents sont r&eacute;partis dans tout le Moyen-Orient. Cette organisation b&eacute;n&eacute;ficie d&#39;un appui politique et &eacute;ventuellement militaire de Bashar al Assad en Syrie et chaque fois que n&eacute;cessaire des Russes.</p> <p>Au contraire l&#39;alliance arabe constitu&eacute;e non sans mal d&#39;ailleurs par le Royaume Saoudien avec l&#39;appui militaire et financier des Etats-Unis, repr&eacute;sente directement les int&eacute;r&ecirc;ts de ceux-ci et des Royaumes p&eacute;troliers sunnites ayant choisi le camp am&eacute;ricain. Elle visait &agrave; &eacute;liminer les Houthis et plus g&eacute;n&eacute;ralement l&#39;Iran, du Y&eacute;men d&#39;abord, de la p&eacute;ninsule arabe ensuite. Or comme on le constate depuis des mois, cette alliance pi&eacute;tine sur le plan militaire. Elle se borne &agrave; faire des milliers de morts dans la population y&eacute;m&eacute;nite civile, sans mentionner des destructions du patrimoine agricole conduisant &agrave; de vastes famines.</p> <p>Malgr&eacute; ses rodomontades et les armes et dollars fournis par Washington le futur h&eacute;ritier de la couronne le prince Mohammed ben Salmame al Saoud ne r&eacute;ussit pas &agrave; mettre en place une force militaire cr&eacute;dible. Il s&#39;ensuit que les partis qui s&#39;opposaient pour le pouvoir au Y&eacute;men sont en train de s&#39;allier pour &eacute;liminer les interventions saoudiennes.</p> <p>Comme l&#39;indique Sputnik (cf lien ci-dessous) :</p> <p><em>&laquo;&nbsp;Apr&egrave;s une phase de conflit qui a culmin&eacute; avec l&rsquo;assassinat en d&eacute;cembre 2017 de l&rsquo;ex-Pr&eacute;sident Ali Abdullah Saleh, les Houthis et les partisans du parti du Congr&egrave;s g&eacute;n&eacute;ral du peuple, fond&eacute; par l&rsquo;ex-leader, ont d&eacute;cid&eacute; de mettre de c&ocirc;t&eacute; leurs diff&eacute;rents et ouvrir une nouvelle page de leurs relations afin de combattre l&rsquo;intervention &eacute;trang&egrave;re&nbsp;&raquo;.</em></p> <p>Dans le cadre de ce rapprochement, les Houthis ont d&eacute;cid&eacute; de lib&eacute;rer des centaines de prisonniers politiques et militaires du Sud qu&#39;ils avaient r&eacute;cemment arr&ecirc;t&eacute;s &agrave; la suite de leurs succ&egrave;s militaires r&eacute;cents.</p> <p>Le geste de bonne volont&eacute; paraitra anecdotique, mais il ne l&#39;est pas. Il montre comme Ryad l&#39;a bien compris que la coalition Houthis, Iran et Hezbollah, renforc&eacute;e pas ses succ&egrave;s, pourrait &ecirc;tre en mesure prochainement de mettre en danger le pouvoir saoudien. Ce faisant elle menacerait l&#39;actuelle pr&eacute;&eacute;minence des Royaumes p&eacute;troliers, et m&ecirc;me les int&eacute;r&ecirc;ts am&eacute;ricains. L&#39;influence russe s&#39;en trouverait parall&egrave;lement renforc&eacute;e. Donald Trump sera&nbsp;n&eacute;cessairement oblig&eacute; d&#39;en tenir compte.</p> <p><strong>R&eacute;f&eacute;rence</strong></p> <p><a href="https://fr.sputniknews.com/international/201801081034664876-yemen-houthis-partisans-saleh-alliance/">https://fr.sputniknews.com/international/201801081034664876-yemen-houthis-partisans-saleh-alliance/</a></p> Sun, 28 Jan 2018 23:00:00 GMT Situation en Syrie. Mise à jour de notre précédent article http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2885 2885 <img src="http://www.europesolidaire.eu/repimg/20180127155949_afrine.jpg" align="left" alt="photo" title="" border="0" /><br /><p>- L&#39;offensive turque dans la r&eacute;gion syro-kurde d&#39;Afrine s&#39;est heurt&eacute;e &agrave; une r&eacute;sistance des peshmergas kurdes plus forte que pr&eacute;vue. Ceci tient au fait que l&#39;arm&eacute;e turque n&#39;utilise que des blind&eacute;s (achet&eacute;s en Allemagne, remarquons-le &agrave; l&#39;occasion) et manque de troupes &agrave; terre, sauf &agrave; faire appel &agrave; des combattants proches des djihadistes. Or celles-ci sont indispensables pour s&#39;implanter durablement au Moyen Orient.</p> <p>Erdogan ne veut manifestement pas courir le risque de voir une infanterie qu&#39;il aurait engag&eacute;e subir de nombreux morts dont le rapatriement &agrave; Ankara n&#39;augmenterait pas sa popularit&eacute;.&nbsp;On peut donc penser qu&#39;il se limitera au contr&ocirc;le d&#39;Afrine et n&#39;essaiera pas d&#39;&eacute;tendre son offensive &agrave; toute la r&eacute;gion kurde de Syrie. Cela devrait lui suffire pour &eacute;liminer le risque d&#39;une r&eacute;gion kurde autonome qui pourrait inspirer ses propres kurdes, dans la mesure o&ugrave; ils esp&eacute;reraient eux-aussi conqu&eacute;rir leur ind&eacute;pendance.</p> <p>Ceci &eacute;tant, au soir du 27/01, on apprend que Erdogan a demand&eacute; aux Am&eacute;ricains de retirer leurs hommes de Manbij, pour pouvoir en &quot;&eacute;liminer&quot; les Kurdes. On saura tr&egrave;s vite s&#39;il veut passer des menaces aux actes. Mais le fera-t-il, et les Am&eacute;ricains le feront-ils?<br /> <br /> - Les difficult&eacute;s turques ne peuvent que conforter Bashar al Assad dans sa volont&eacute; de refuser toute partition de la Syrie, fut-elle conseill&eacute;e dans un but d&#39;apaisement par ses alli&eacute;s russes.</p> <p>- Ces difficult&eacute;s turques vont-elles redonner aux Am&eacute;ricains la volont&eacute; de continuer &agrave; s&#39;imposer, diplomatiquement et militairement, comme arbitres au Moyen-Orient. Aux Etats-Unis, certaines voix &laquo;&nbsp;mod&eacute;r&eacute;es&nbsp;&raquo; le conseillent &agrave; Donald Trump 2). &nbsp;On lit par exemple dans cet article (<em>By using its leverage to make a deal between Turkey, Syria and the Kurds, the U.S. can maximize its interests in the region</em> ) que les Etats-Unis pourraient aujourd&#39;hui, pour r&eacute;cup&eacute;rer leur influence, servir d&#39;arbitre entre la Turquie, la Syrie et les Kurdes. Mais selon nous il s&#39;agit d&#39;une illusion. L&#39;objectif de l&#39;Etat profond am&eacute;ricain reste toujours de faire tomber Assad, afin de mettre &agrave; Damas quelque fantoche d&eacute;vou&eacute; qui obligerait la Russie &agrave; &eacute;vacuer ses bases &agrave; Tartous et Hmeimin, dont la pr&eacute;sence est jug&eacute;e de plus en plus insupportable par le Pentagone. Moscou reste l&#39;adversaire incontournable.<br /> <br /> - Tayep Erdogan ne veut &eacute;videmment pas rompre tout lien avec Washington, toujours formellement d&#39;ailleurs leur alli&eacute; au sein de l&#39;Otan. Il a r&eacute;cemment eu une conversation t&eacute;l&eacute;phonique avec Donald Trump. Mais &agrave; en croire certaines sources, rien de concluant ne serait sorti de cette conversation. Le ton &eacute;tait plus que froid 3).</p> <p>- Tr&egrave;s vraisemblablement les kurdes syriens n&eacute;gocieront, comme le sugg&eacute;rait notre article, un accord entre Ankara et Assad, mais arbitr&eacute; par la Russie qui leur imposera de cesser de r&ecirc;ver &agrave; un Kurdistan syrien autonome. L&#39;arbitrage russe s&eacute;curiserait Ankara et une amorce de paix pourrait peut-&ecirc;tre revenir. En quoi l&#39;Iran, en ce qui la concerne, pourrait-elle&nbsp;s&#39;en inqui&eacute;ter ? Au contraire, elle devrait voir cela d&#39;un oeil tr&egrave;s favorable.</p> <p>- Le Pentagone ne renoncera pas &agrave; une pr&eacute;sence militaire en Syrie, mais celle-ci devrait &ecirc;tre de plus en plus impuissante.<br /> <br /> - Quant au Congr&egrave;s pour un Dialogue National organis&eacute; par Vladimir Poutine &agrave; Sotchi, qui devrait se tenir les 29/30/01&nbsp;pour tenter de mettre d&#39;accord entre elles les diverses parties, l&#39;on vient d&#39;apprendre que l&#39;envoy&eacute; sp&eacute;cial de l&#39;ONU&nbsp; S. de Mistura y assistera. Les Am&eacute;ricains n&#39;y participeront sans doute pas.&nbsp; Mais pourquoi l&#39;Union europ&eacute;enne n&#39;y enverrait-elle pas au moins un observateur?</p> <p><strong>R&eacute;f&eacute;rences</strong></p> <p>1) h<a href="http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2880&amp;r_id=&amp;t=Les%20Kurdes%20s%27aper%E7oivent%20que%20l%27%AB%A0alli&#38971;%20am%E9ricain%20les%20abandonne/">ttp://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2880&amp;r_id=&amp;t=Les%20Kurdes%20s%27aper%E7oivent%20que%20l%27%AB%A0alli%E9%A0%BB%20am%E9ricain%20les%20abandonne</a></p> <table> <tbody> <tr> <td> <p>2) h<a href="http://www.joshualandis.com/blog/a-sustainable-united-states-policy-for-north-syria-the-kurds-turkey-and-the-syrian-government-by-landis-and-barber" target="_blank">ttp://www.joshualandis.com/blog/a-sustainable-united-states-policy-for-north-syria-the-kurds-turkey-and-the-syrian-government-by-landis-and-barber</a>/</p> </td> </tr> </tbody> </table> <p>3)&nbsp;<a href="http://www.moonofalabama.org/2018/01/who-lost-turkey-the-us-kurdish-project-in-syria-endangers-nato-.html#more">http://www.moonofalabama.org/2018/01/who-lost-turkey-the-us-kurdish-project-in-syria-endangers-nato-.html#more</a></p> <p>&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> Fri, 26 Jan 2018 23:00:00 GMT La bulle immobilière en Chine http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2883 2883 <img src="http://www.europesolidaire.eu/repimg/20180126172952_gefira.jpg" align="left" alt="photo" title="" border="0" /><br /><p>Pour le reste du monde, on parle d&eacute;sormais d&#39;hiver d&eacute;mographique. Le Japon, la Cor&eacute;e du Sud, la Chine, l&#39;Europe, les Etats-Unis et la Russie sont&nbsp;engag&eacute;s dans un processus de d&eacute;natalit&eacute; et de vieillissement que rien ne pourra inverser. Cette d&eacute;croissance ne devrait pas leur poser de probl&egrave;mes particuliers, &agrave; condition que l&#39;am&eacute;lioration des technologies puisse compenser la diminution de la population productive et l&#39;augmentation des personnes de plus de 60-65 ans &agrave; charge. Celles-ci sont en voie de repr&eacute;senter 50% des effectifs globaux.<br /> <br /> Encore faudrait-il que l&#39;augmentation de la production due au progr&egrave;s technique et &agrave; une meilleure organisation du travail ne b&eacute;n&eacute;ficie pas uniquement &agrave; des secteurs qui dans l&#39;ensemble ne sont pas productifs mais d&eacute;pensiers. L&#39;exemple de la Chine est significatif &agrave; cet &eacute;gard.</p> <p>Le taux de croissance de l&#39;urbanisation y a &eacute;t&eacute; depuis 40 ans le plus rapide du monde. Il continue de l&#39;&ecirc;tre. Il y a 40 ans, les r&eacute;sidents urbains repr&eacute;sentaient environ 20% de la population. Aujourd&#39;hui, ils en constituent la moiti&eacute; et vers 2030 ils repr&eacute;senteront environ 70% des effectifs globaux.</p> <p>Ceci s&#39;est traduit par une forte croissance du secteur de la construction. Celui-ci consomme d&eacute;sormais environ 20% du PNB. Entre 2011 et 2013, la consommation de b&eacute;ton a &eacute;t&eacute; plus grande en Chine que celle des Etats-Unis pendant tout le 20e si&egrave;cle. La construction des infrastructures d&eacute;cid&eacute;es par le gouvernement pour assurer la desserte des villes nouvelles et qui a priori ne rapporte rien en terme de production de richesse destin&eacute;es aux besoins essentiels a tent&eacute; de suivre les m&ecirc;mes rythmes.</p> <p>Le probl&egrave;me est que ce d&eacute;veloppement de l&#39;urbanisation n&#39;a pas principalement r&eacute;sult&eacute; d&#39;une demande de la population en qu&ecirc;te de meilleurs logements. Il a r&eacute;sult&eacute; de la pression des constructeurs immobiliers sur les administrations r&eacute;gionales et locales afin de se voir affecter une part de plus en plus &eacute;lev&eacute;e des r&eacute;sultats de la croissance, sans prise en consid&eacute;ration de la demande solvable des habitants.</p> <p><strong>Des quartiers vides</strong></p> <p>Il s&#39;en suit ce que chacun peut d&eacute;sormais constater, l&#39;apparition de quartiers entiers vides ou sous-peupl&eacute;s comme &agrave; Zhengzhou (voir image). Dans des villes comme Ordos-Kangbashi, 90% des nouveaux logements restent vides. Cependant, ceci ne ralentit pas la construction, car elle est soutenue par la perspective de prix d&#39;achat ou de location toujours plus &eacute;lev&eacute;s. Ceci est du au fait que pour les m&eacute;nages en voie d&#39;enrichissement, fussent-ils d&eacute;j&agrave; bien log&eacute;s, l&#39;achat d&#39;un appartement suppl&eacute;mentaire est consid&eacute;r&eacute; comme un placement, m&ecirc;me s&#39;il ne trouve pas imm&eacute;diatement preneur. Ainsi 32% des familles d&eacute;j&agrave; log&eacute;es sont propri&eacute;taires d&#39;un appartement vide, en attente d&#39;acqu&eacute;reur ou de locataire.</p> <p>Il en est r&eacute;sult&eacute; la formation d&#39;une bulle sp&eacute;culative. Si elle explosait, les prix de l&#39;immobilier s&#39;effondreraient et les propri&eacute;taires seraient ruin&eacute;s. Pour &eacute;viter ceci, le gouvernement tente d&#39;accroitre les restrictions &agrave; de nouveaux achats, en agissant notamment sur les taux de cr&eacute;dits immobiliers. Mais beaucoup d&#39;&eacute;conomistes pr&eacute;voient que cela se bornera &agrave; retarder l&#39;explosion de la bulle.</p> <p>La cause r&eacute;elle du ph&eacute;nom&egrave;ne n&#39;est pas la croissance de la population, mais au contraire sa d&eacute;croissance. Vers 2050 pr&egrave;s de 700 millions de Chinois &acirc;g&eacute;s seront &agrave; la charge de ceux qui travailleront encore. Si la population productive actuelle investissait davantage dans les industries et services de demain plut&ocirc;t que dans l&#39;immobilier, ces centaines de millions d&#39;inactifs &acirc;g&eacute;s pourraient plus facilement dans 30 ans &ecirc;tre pris en charge.</p> <p>Apparemment, sous la pression des groupes de pression de l&#39;immobilier et de celle des collectivit&eacute;s locales &agrave; la recherche de soutiens &eacute;lectoraux, le gouvernement et avec lui le Parti Communiste Chinois ne l&#39;ont pas encore compris.</p> <p>Il ne semble pas qu&#39;un tel d&eacute;tournement de la richesse produite affecte encore gravement la soci&eacute;t&eacute; russe.</p> <p>&nbsp;</p> <p><strong>R&eacute;f&eacute;rences </strong><br /> Gefira-News</p> Thu, 25 Jan 2018 23:00:00 GMT Macron et Liu He à Davos http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2882 2882 <br /><p>Emmanuel Macron a affirm&eacute;, anticipant notamment pour s&#39;y opposer (&eacute;ventuellement) le tr&egrave;s probable <em>America First</em> de Donald Trump: <em>&laquo;Il faut retrouver une grammaire des biens communs et une r&eacute;gulation mondiale en mati&egrave;re d&#39;&eacute;cologie, de sant&eacute;, d&#39;&eacute;ducation et de formation. Sinon, dans cinq ou dix ans, les nationalismes l&#39;emporteront partout&raquo;. </em><br /> <br /> Liu He de son c&ocirc;t&eacute; avait d&eacute;clar&eacute; presque la m&ecirc;me chose, formul&eacute;e &agrave; la mode chinoise: &laquo;&nbsp;La Chine doit, concernant sa production, abandonner la question de &laquo;&nbsp;<em>est-ce en quantit&eacute; suffisante</em>&nbsp;&raquo; par celle de &laquo;&nbsp;<em>est-ce suffisamment bon</em> &nbsp;&raquo;.</p> <p>Lors du pr&eacute;c&eacute;dent Forum de Davos, le pr&eacute;sident chinois Xi Jinping avait annonc&eacute; que la Chine entendait devenir le champion mondial de la globalisation heureuse. Emmanuel Macron a paru annoncer que la France, sous son autorit&eacute;, entendait elle aussi devenir un tel champion. Tout ceci est bel et bien. Mais il est douteux que les &laquo;&nbsp;&eacute;lites mondiales&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;ma&icirc;tres de l&#39;univers&nbsp;&raquo; r&eacute;unis &agrave; Davos entendent donner en ce qui les concerne le moindre d&eacute;but d&#39;application &agrave; ces exhortations.<br /> <br /> Ceci parce que le frisson de terreur qu&#39;esp&eacute;rait faire naitre le repr&eacute;sentant de la France ne pouvait, sauf peut-&ecirc;tre, l&#39;espace d&#39;un instant, les impressionner beaucoup. Les 400 riches d&eacute;tenteurs de 80% des richesses produites dans le monde savent bien que les malheureux d&eacute;tenteurs des 20% de &laquo;&nbsp;richesses&nbsp;&raquo; restantes seront trop divis&eacute;s et seront m&ecirc;me intellectuellement incapables de leur disputer cette pr&eacute;&eacute;minence.</p> <p>Ceux qui d&#39;ailleurs chercheraient dans le discours d&#39;Emmanuel Macron la moindre piste&nbsp; pour que les bonnes r&eacute;solutions qu&#39;il a demand&eacute;es &agrave; Davos puissent recevoir un d&eacute;but d&#39;ex&eacute;cution, le chercheraient en vain.</p> <p><strong>R&eacute;f&eacute;rences</strong><br /> <br /> 1) voir <a href="http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2018/01/24/20002-20180124ARTFIG00347--davos-macron-propose-un-contrat-mondial-face-aux-nationalismes.php">http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2018/01/24/20002-20180124ARTFIG00347--davos-macron-propose-un-contrat-mondial-face-aux-nationalismes.php</a>)<br /> <br /> 2) voir <a href="http://www.xinhuanet.com/english/2018-01/24/c_136921882.htm">http://www.xinhuanet.com/english/2018-01/24/c_136921882.htm</a></p> <p>&nbsp;</p> Wed, 24 Jan 2018 23:00:00 GMT Les Kurdes s'aperçoivent que l'« allié » américain les abandonne http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2880 2880 <br /><p>Aujourd&#39;hui, &agrave; nos yeux tout au moins, une explication para&icirc;t pouvoir s&#39;imposer. Tout serait du &agrave; une nouvelle volont&eacute; d&#39;intervention militaire am&eacute;ricaine pour renverser le gouvernement de Damas. qui est en train d&#39;&eacute;chouer</p> <p>Apparemment abandonn&eacute;e, cette volont&eacute; am&eacute;ricaine avait &eacute;t&eacute; &agrave; nouveau exprim&eacute;e par les d&eacute;clarations incendiaires de Rex Tillerson, Secr&eacute;taire d&#39;Etat nomm&eacute; par Donald Trump. Tillerson y affirmaient que les Am&eacute;ricains ne quitteraient jamais la Syrie, qu&#39;ils allaient au contraire y renforcer leur pr&eacute;sence militaire, avec la cr&eacute;ation d&#39;une force de dite de protection de la fronti&egrave;re de 30.000 hommes dont au moins 2.000 am&eacute;ricains.</p> <p>Il avait &eacute;galement repris la vieille affirmation selon laquelle &laquo;&nbsp;Assad must go&nbsp;&raquo;. Pourquoi persister &agrave; vouloir renverser Assad? Parce qu&#39;il est un alli&eacute; ind&eacute;fectible&nbsp;des Russes et qu&#39;il a permis leur installation dans deux bases militaires syriennes. C&#39;est en fait le d&eacute;part des Russes que Washington recherche.</p> <p>Pour cela, Tillerson avait en dernier lieu imagin&eacute; de cr&eacute;er un bastion am&eacute;ricain au nord de la Syrie par l&#39;interm&eacute;diaire des Kurdes de Syrie. Ceux-ci, toujours en qu&ecirc;te d&#39;ind&eacute;pendance, avaient cru qu&#39;ils pourrait pour cela b&eacute;n&eacute;ficier de l&#39;appui am&eacute;ricain. A partie de cela, ils auraient pu gravement fragiliser Damas.</p> <p>Mais depuis quelques jours, Tillerson enregistre une s&eacute;rie de d&eacute;convenues en chaine, provenant de r&eacute;actions que les services am&eacute;ricains n&#39;avaient pas pr&eacute;vues.</p> <p><strong>D&eacute;convenues am&eacute;ricaines</strong></p> <p>La premi&egrave;re a &eacute;t&eacute; l&#39;intervention militaire de la Turquie en Syrie. Recep Erdogan , avec des moyens militaires puissants, est entr&eacute; sur le territoire kurde dont Tillerson souhaitait faire son bastion avanc&eacute;.&nbsp; Les peshmergas kurdes,&nbsp;&nbsp;malgr&eacute; une forte r&eacute;sistance, perdent de plus en plus de terrain. Or les Am&eacute;ricains semblent ne pas encore vouloir s&#39;opposer militairement aux Turcs, encore formellement leurs alli&eacute;s au sein de l&#39;Otan.</p> <p>La seconde d&eacute;convenue, non pr&eacute;vue par Tillerson, tient au fait que Moscou vient de d&eacute;clarer ouvertement son appui aux Turcs. Cela signifie que les Russes pourraient, en cas de n&eacute;cessit&eacute;, s&#39;opposer militairement &agrave; la pr&eacute;sence am&eacute;ricaine au nord de la Syrie. Le risque de guerre russo-am&eacute;ricaine serait si grand que Washington ne para&icirc;t pas encore pr&egrave;s &agrave; le courir. Paris et Berlin, en dehors de Londres, toujours aux ordres, manifestent de plus en plus de r&eacute;ticences &agrave; soutenir les ambitions miliaires am&eacute;ricaines en Syrie.&nbsp;</p> <p>Une troisi&egrave;me d&eacute;convenue d&eacute;coule de ce que le gouvernement de Damas, un instant fragilis&eacute;, a repris tout le terrain conquis, l&agrave; encore avec le soutien des Russes. Lui aussi, Bashar al Assad s&#39;oppose &eacute;nergiquement &agrave; la cr&eacute;ation d&#39;un territoire kurde ind&eacute;pendant en Syrie, sous tutelle am&eacute;ricaine, premier pas vers la partition de la Syrie en plusieurs provinces s&#39;opposant les unes aux autres.<br /> <br /> L&#39;Iran, en voie de devenir une grande puissance r&eacute;gionale, elle aussi alli&eacute;e de la Syrie et des Russes, ne laissera manifestement pas de son c&ocirc;t&eacute; se cr&eacute;er un bastion kurdo-am&eacute;ricain en Syrie. L&agrave; encore, Tillerson et Donald Trump, malgr&eacute; leurs proclamations mena&ccedil;antes &agrave; l&#39;&eacute;gard de T&eacute;h&eacute;ran, ne semblent pas pr&ecirc;ts &agrave; ouvrir un nouveau front en Iran.&nbsp;</p> <p>La derni&egrave;re (&agrave; ce jour) d&eacute;convenue am&eacute;ricaine est que les Kurdes syriens eux-m&ecirc;mes semblent d&eacute;couvrir leurs fragilit&eacute;s. Ils seraient pr&egrave;s &agrave; refuser l&#39;alliance militaire am&eacute;ricaine. Des &eacute;missaires, discr&egrave;tement envoy&eacute;s par eux aupr&egrave;s des Russes, en discuteraient aujourd&#39;hui avec ceux-ci.</p> <p>Une future d&eacute;convenue peut &ecirc;tre pr&eacute;vue. Les alli&eacute;s arabes sunnites, dont en premier lieu l&#39;Arabie saoudite, se m&eacute;fieront de plus en plus des efforts am&eacute;ricains pour les embrigader &agrave; leur service dans une guerre avec les puissances chiites. Jusqu&#39;ici, notamment au Y&eacute;men, les Am&eacute;ricains ne les ont gu&egrave;re aid&eacute;s, sauf avec des livraisons d&#39;armes, &agrave; &eacute;liminer les Houthis, alli&eacute;s de la Syrie et de l&#39;Iran. Quant &agrave; Isra&euml;l, jusqu&#39;&agrave; quand restera-t-il fid&egrave;le &agrave; une politique am&eacute;ricaine qui les m&eacute;nera &agrave; la catastrophe?&nbsp;</p> <p>Nous pourrions ajouter que ce qui reste en Syrie de repr&eacute;sentants de l&#39;Etat islamique ont repris quelques offensives contre les Syriens et les Russes. De plus,&nbsp;il reste une grosse poche de l&#39;EI dans le sud est de la Syrie en principe sous contr&ocirc;le des kurdes-am&eacute;ricains. Pour un Donald Trump qui avait affirm&eacute; au d&eacute;but de ses fonctions pr&eacute;sidentielles que la lutte contre le terrorisme serait sa premi&egrave;re priorit&eacute;, le r&eacute;sultat n&#39;est gu&egrave;re concluant. A moins qu&#39;il ne veuille conserver des terroristes pour justifier son maintien.</p> <p>Au vu de tout cela, Rex Tillerson devra-t-il, selon l&#39;expression fran&ccedil;aise, manger son chapeau, c&#39;est &agrave; dire de nouveau annoncer le retrait militaire am&eacute;ricain de Syrie? Le proche avenir le dira.</p> <p>&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> Tue, 23 Jan 2018 23:00:00 GMT