Europe Solidaire http://www.europesolidaire.eu/ Europe Solidaire Europe Solidaire http://www.europesolidaire.eu/logo.gifEurope Solidairehttp://www.europesolidaire.eu/ Fri, 23 Jun 2017 16:25:10 GMT Administration du site Europe solidaire et Charte http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1440 1440 <br /><font size="2" face="Arial">Appelons association de fait une convention de droit priv&eacute;e dont les statuts ont &eacute;t&eacute; convenus par ses membres. Ceux-ci s'engagent &agrave; les respecter et &agrave; les faire respecter par leurs correspondants<br /> <br /> <strong>Statuts de Europe solidaire</strong>: en cours de discussion <br /> <br /> <strong>Europe solidaire. Intitul&eacute; complet</strong><br /> Pour illustrer l'ambition qui est la n&ocirc;tre, il faut lire Europe solidaire, puissante, ind&eacute;pendante et souveraine (voir Charte ci-dessous)<br /> <br /> <strong>Comit&eacute; de r&eacute;daction</strong><br /> <span class="textTroncatured" style="visibility: visible;"><a>comite-redaction@listes.europesolidaire.eu</a></span></font> <table class="C_data_table"> <tbody> <tr> <td class="c_col_3a"><font size="2" face="Arial"><br /> </font></td> <td class="c_col_4"><font size="2" face="Arial"></font></td> <td class="c_col_5"> </td> </tr> </tbody> </table> <font size="2" face="Arial"><strong>Charte propos&eacute;e par les fondateurs</strong><a href="http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1387"><br /> http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1387</a> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial"><br /> </font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> Fri, 01 Aug 2014 23:00:00 GMT Présentation des versions française et russe du Vineyard of the saker http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1418 1418 <br /><p class="entry-title"><font size="2" face="Arial"><strong>[LETTRE OUVERTE] Amis russes et russophones, bonjour !</strong></font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Nous vous saluons, nous, gens qui vivons &agrave; l&rsquo;ouest. Et nous sommes ravis, vraiment ravis, de pouvoir enfin vous dire : &laquo; NON, TOUS CEUX DE CHEZ NOUS NE SONT PAS CONTRE VOUS. &raquo;</font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Et c&rsquo;est tr&egrave;s important &agrave; nos yeux que vous le sachiez, que vous en soyez persuad&eacute;s, que vous compreniez bien qu&rsquo;ici, par exemple en France, mais pas seulement, nous sommes nombreux, et de plus en plus, &agrave; &ecirc;tre en d&eacute;saccord complet avec ce que nos &laquo; dirigeants &raquo; disent et font &laquo; en notre nom &raquo;. Ce qui peut bien s&ucirc;r vous para&icirc;tre normal, mais, songez y bien, est pour beaucoup ici un petit exploit, si l&rsquo;on consid&egrave;re la propagande massive de nos m&eacute;dias de l&rsquo;ouest &ndash; de tous, absolument tous les m&eacute;dias mainstream &ndash; depuis plusieurs d&eacute;cennies. Si l&rsquo;on consid&egrave;re que votre pr&eacute;sident et les autres dirigeants de la Russie ne nous sont pr&eacute;sent&eacute;s que comme des monstres antid&eacute;mocrates et calculateurs, des agresseurs, uniquement mus par de mauvaises intentions &agrave; notre &eacute;gard. Et cela syst&eacute;matiquement, et encore et encore.</font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">OUI, LA CAUSE DU DONBASS ET DE L&rsquo;UKRAINE NOUS SOUCIE. Et plus que cela : nous tremblons chaque jour pour la Novorossia ; la col&egrave;re nous &eacute;treint en contemplant les exactions qui s&rsquo;y commettent, les mensonges de nos &laquo; politiques &raquo; qui les absolvent si m&ecirc;me ils ne les encouragent pas. Un autre petit exploit, &eacute;tant donn&eacute; que la Novorossia n&rsquo;existe pas, pas pour nos m&eacute;dias, pas pour nos dirigeants, mais seulement l&rsquo;est de l&rsquo;Ukraine, o&ugrave; s&eacute;vissent, nous explique-t-on, des s&eacute;paratistes acharn&eacute;s et mal intentionn&eacute;s &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de l&rsquo;Europe. Et &eacute;tant donn&eacute; aussi qu&rsquo;il ne se passe presque rien l&agrave;-bas (je dis presque parce qu&rsquo;&agrave; en croire nos journaux, nos radios, nos cha&icirc;nes de t&eacute;l&eacute;vision, ce serait simplement Poutine, en nouvel Hitler, qui intriguerait avec fourberie pour infliger &agrave; la pauvre Ukraine et au monde une agression injustifi&eacute;e et une domination russe tyrannique).<br /> <br /> Une guerre ? En Ukraine ? Nos m&eacute;dias officiels n&rsquo;en parlent pas. Black out total. Juste une menace d&rsquo;agression militaire de la Russie. Et quelques mesures (rien que de tr&egrave;s normal) uniquement destin&eacute;es &agrave; r&eacute;tablir l&rsquo;ordre menac&eacute; par de virulents s&eacute;paratistes dans certaines provinces. Voil&agrave; comment les choses nous sont pr&eacute;sent&eacute;es.</font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Beaucoup ici n&rsquo;ont aucune id&eacute;e de ce qui se passe l&agrave;-bas. Mais le bouche-&agrave;-oreille progresse. Et des sites comme celui du Saker contribuent, de plus en plus, &agrave; d&eacute;ciller ceux qui cherchent, ceux qui prennent la peine d&rsquo;aller voir derri&egrave;re l&rsquo;information officielle, de contourner la propagande et le lavage de cerveau qui nous sont impos&eacute;s.</font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">C&rsquo;est d&rsquo;abord pour cela que le site-miroir en langue fran&ccedil;aise a &eacute;t&eacute; voulu, que nous avons choisi d&rsquo;y contribuer b&eacute;n&eacute;volement : pour offrir une information qui manque ; un son de cloche diff&eacute;rent ; pour d&eacute;mentir les mensonges dont on abreuve nos compatriotes.</font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Et c&rsquo;est aussi pour cela que nous nous r&eacute;jouissons de la naissance de ce site russophone. Et de la possibilit&eacute; qui nous est (enfin !) offerte de vous assurer, malgr&eacute; les efforts d&eacute;ploy&eacute;s par ceux qui nous gouvernent (et par leurs ma&icirc;tres, encore plus &agrave; l&rsquo;ouest), malgr&eacute; tous ceux qui s&rsquo;&eacute;vertuent &agrave; tenter d&rsquo;instaurer et de consolider entre nous et vous une inimiti&eacute; qui n&rsquo;a pas de raison d&rsquo;&ecirc;tre, que non seulement nous ne sommes pas contre la Russie ou contre les Russes, mais que nous avons au contraire bien compris que votre v&eacute;ritable ennemi est aussi notre ennemi. A cet ennemi, nous refusons de nous associer. Et nous n&rsquo;acceptons pas cette situation de mensonge et d&rsquo;antagonisme qu&rsquo;il cherche &agrave; imposer.</font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Nos institutions et bien d&rsquo;autres choses encore, malheureusement, sont sous son contr&ocirc;le. Mais nos esprits ne le sont pas. Et, plus que tout, nos c&oelig;urs non plus !</font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Le collectif des &eacute;diteurs de <a title="vineyardsaker.fr" href="http://vineyardsaker.fr" target="_blank">vineyardsaker.fr</a> et <a title="vineyardsaker.ru" href="http://vineyardsaker.ru" target="_blank">vineyardsaker.ru</a></font></p> Sun, 06 Jul 2014 23:00:00 GMT Monbiot http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1373 1373 <br /><div><font size="2" face="Arial">Cet article de l&rsquo;environnementaliste Georges Monbiot, intitul&eacute; &ldquo;The impossibility of growth&rdquo; ne pose pas seulement la question, &eacute;minemment syst&eacute;mique, de l&rsquo;impossibilit&eacute; de la croissance, Mais une autre, &eacute;minemment syst&eacute;mique elle-aussi, de savoir pourquoi, nous humains, qui ne pouvons pas ne pas savoir cela au moins intuitivement, ne pouvons et surtout ne voulons rien changer. Il semble qu&rsquo;une sorte de fatalisme destructeur, cosmologique, analogue sous d&rsquo;autres formes &agrave; celui qui avait provoqu&eacute; la ruine de V&eacute;nus et de Mars en tant que&nbsp;plan&egrave;tes habitables, s&rsquo;exerce implacablement sur la Terre, et sur nous tous. Ne pensez vous pas qu&rsquo;il faudrait y r&eacute;fl&eacute;chir?<br /> </font></div> <font size="2" face="Arial"> </font> <div><font size="2" face="Arial"><a href="http://www.monbiot.com/2014/05/27/the-impossibility-of-growth/" title="http://www.monbiot.com/2014/05/27/the-impossibility-of-growth/">http://www.monbiot.com/2014/05/27/the-impossibility-of-growth/</a></font></div> Wed, 04 Jun 2014 23:00:00 GMT Evaluer les risques de la biologie synthétique http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1362 1362 <br /><p style="margin-bottom: 0cm"><br /> <font size="2" face="Arial">Celles-ci ne proviennent pas seulement d'esprit conservateurs refusant le changement, mais des scientifiques eux-m&ecirc;mes. Ils sont bien conscients des risques. Ceux-ci sont faciles &agrave; imaginer: apparition d'organismes vivants &eacute;voluant d'une fa&ccedil;on incontr&ocirc;lable, susceptibles de mettre en danger non seulement les &eacute;cosyst&egrave;mes mais les humains eux-m&ecirc;mes.</font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p style="margin-bottom: 0cm"><font size="2" face="Arial">Aussi des biologistes associ&eacute;s &agrave; des sp&eacute;cialistes des &eacute;cosyst&egrave;mes viennent de prendre, si l'on peut dire, le taureau par les cornes. Un certain nombre d'entre eux, aux Etats-Unis, le pays le plus impliqu&eacute; dans la recherche en biologie synth&eacute;tique, ont d&eacute;cid&eacute; de s'associer dans le cadre d'un <a href="http://www.synbioproject.org/" target="_blank">Synthetic Biology Project </a>connsacr&eacute; &agrave; l'identification des perspectives, des d&eacute;rives et des solutions possibles. Ce projet, soutenu par un pr&ecirc;t de la National Sciences Foudation, et h&eacute;berg&eacute; par le MIT, vient de publier un premier rapport en libre diffusion sur Internet, <em><a href="http://www.synbioproject.org/library/publications/archive/6685/" target="_blank">Creating a Research Agenda for the Ecological Implications of Synthetic Biology</a></em></font> </p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Dans ce rapport, les groupes d'experts consult&eacute;s recommandent aux Etats de de promouvoir diff&eacute;rentes recherches susceptibles d'&eacute;clairer le probl&egrave;me: caract&eacute;ristiques des ph&eacute;notypes &agrave; pr&eacute;server, stabilit&eacute; des g&eacute;nomes, transfert lat&eacute;ral de g&egrave;nes, contr&ocirc;le de l'&eacute;volution des organismes, mod&eacute;lisation et standardisation des m&eacute;thodes et des donn&eacute;es.</font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Mais cela ne suffira pas, pensons-nous, &agrave; dissiper les craintes. Les recherches visant &agrave; d&eacute;velopper des g&eacute;nomes et esp&egrave;ces synth&eacute;tiques devront &ecirc;tre tr&egrave;s largement rendues publiques et discut&eacute;es. D'autres craintes seront plus difficiles &agrave; dissiper, notamment celles concernant des domaines de recherche int&eacute;ressant les militaires ou de grandes firmes voulant s'assurer un monopole sur les produits futurs. En Europe, la r&eacute;f&eacute;rence &agrave; Monsanto suffit &agrave; provoquer une r&eacute;action de refus.</font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Aussi, nous pensons que d'importants cr&eacute;dits budg&eacute;taires devraient &ecirc;tre d&eacute;gag&eacute;s pour financer les recherches et les exp&eacute;rimentations, dans le cadre de laboratoire publics travaillant avec le plus de transparence possible. Ce domaine ne peut rester sous le seul contr&ocirc;le des int&eacute;r&ecirc;ts commerciaux ou de d&eacute;fense. </font></p> <font size="2" face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Dans cet esprit, les scientifiques europ&eacute;ens auraient int&eacute;r&ecirc;t &agrave; promouvoir des recherches communes non seulement avec leurs coll&egrave;gues am&eacute;ricains, mais avec des chercheurs russes et chinois. L&agrave;, comme en Europe, les risques de d&eacute;rive sont aussi grands qu'aux Etats-Unis. Des &eacute;changes d'exp&eacute;riences seraient particuli&egrave;rement utiles. Les opinions publiques, en tous cas, devraient se persuader que ce ne sera pas en menant des actions de retardement, proches du sabotage, que les risques seront &eacute;vit&eacute;s. <br /> </font></p> <p><em><font size="2" face="Arial">Rappel:&nbsp;</font></em></p> <p><em><font size="2" face="Arial">Nous pr&eacute;sentons &agrave; cet emplacement des projets de recherche scientifique ou d'investissements susceptibles d'int&eacute;resser, en coop&eacute;ration, certains Etats europ&eacute;ens ainsi que certains Etats composant le BRICS </font></em></p> Fri, 30 May 2014 23:00:00 GMT Des fonds publics pour financer la recherche de nouveaux antibiotiques http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1359 1359 <br /><font face="Arial"><br /> </font> <p><font size="2" face="Arial">Il s'agit d&eacute;sormais d'une urgence mondiale. L'Organisation Mondiale de la Sant&eacute; pr&eacute;vient, dans un <a href="http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2014/amr-report/fr/">rapport qui vient d'&ecirc;tre publi&eacute;</a> (http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2014/amr-report/fr/), que les antibiotiques actuels ne parviennent plus &agrave; combattre des infections consid&eacute;r&eacute;es jusqu'ici comme mineures. Des souches plurir&eacute;sistantes voire totalement r&eacute;sistantes circulent de plus en plus dans le monde, et pas seulement dans les pays pauvres.</font></p> <font face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial"> Les causes en tiennent d'abord au fait que les bact&eacute;ries, comme tous les &ecirc;tres vivants, s'adaptent naturellement &agrave; des milieux dangereux pour elles. Il faut donc renouveler constamment les moyens de lutte utilis&eacute;s. Par ailleurs la r&eacute;sistance est d'autant plus vite acquise que les &eacute;leveurs et les m&eacute;decins prescrivent des doses excessives d'antibiotiques, souvent &agrave; titre pr&eacute;ventif, ce qui est inutile. Les appels &agrave; la prudence restent sans effet.</font></p> <font face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">En ce qui les concerne, les grands groupes pharmaceutiques, ob&eacute;issant aux lois du march&eacute;, ne sont plus incit&eacute;s &agrave; financer la recherche de nouveaux antibiotiques, compte tenu du faible rapport de telles recherches au regard de leur co&ucirc;t. Compte tenu aussi du grand nombre de g&eacute;n&eacute;riques en circulation, ce qui ne leur assure pas de rentes sur leurs investissements pr&eacute;c&eacute;dents. </font></p> <font face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">La situation est devenue si inqui&eacute;tante que des appels aux bonnes volont&eacute;s pour financer la recherche commencent &agrave; apparaitre. On citera ainsi une <a href="http://www.newscientist.com/article/dn25589-astronomer-royal-why-we-need-a-new-longitude-prize.html#.U4dKqyhGTa8.">initiative patronn&eacute;e </a>(http://www.newscientist.com/article/dn25589-astronomer-royal-why-we-need-a-new-longitude-prize.html#.U4iiEShGTa9) par l'astrophysicien Martin Rees en Grande Bretagne, visant &agrave; d&eacute;dier un fonds de &pound;10 millions afin d'encourager des innovations scintifiques dans des domaines d'int&eacute;r&ecirc;t public. Il s'agit de renouveler le prix qui avait &eacute;t&eacute; promis au 18e si&egrave;cle &agrave; l'inventeur d'un chronom&egrave;tre de marine fiable, indispensable au calcul de la longitude.</font></p> <font face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Mais cela ne suffira pas. Face &agrave; une urgence de cette nature, il faudra que les Etats financent directement, &agrave; partir de<strong> fonds publics</strong>, des laboratoires en charge de trouver de nouveaux moyens de lutte contre les bact&eacute;ries totalement r&eacute;sistantes. Et ceci quels qu'en soient les co&ucirc;ts. </font></p> <font face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Ce th&egrave;me devra faire l'objet de fortes pressions des opinions publiques sur les gouvernements. Ceux-ci &agrave; leur tour devront se rapprocher pour mettre en oeuvre en commun les mesures les plus ad&eacute;quates. Il pourrait s'agir l&agrave; d'une des premi&egrave;res mesures faisant l'objet d'actions conjugu&eacute;es entre l'Europe et les pays du BRICS, particuli&egrave;rement int&eacute;ress&eacute;s compte-tenu de l'importance de leur population, &agrave; pr&eacute;venir les futures pand&eacute;mies.</font></p> <font face="Arial"> </font><hr /> <font face="Arial"> </font> <p><font size="2" face="Arial">Les affections les plus r&eacute;sistantes aux antibiotiques et m&eacute;dicaments associ&eacute;s sont aujourd'hui la tuberculose (MDR-TB, multidrug resistant tuberculosis), les affections &agrave; staphylocoques dor&eacute;s (MRSA methicilin-resistant <em>Staphylococcus aureus</em>), certaines ent&eacute;rococcies (CRE, carbapenem-resistant <em>Enterobacteriaceae</em>) et gonococcies. </font></p> Wed, 28 May 2014 23:00:00 GMT Le dernier livre de Jean-Paul Baquiast Le paradoxe du Sapiens. Etres technologiques et catastrophes annoncées http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=462 462 <br /><br /> <strong><font color="#003366">Ci-dessous</font></strong><br /> 1. pr&eacute;sentation par l'&eacute;diteur<br /> 2. Pr&eacute;face par Jean-Jacques Kupiec<br /> 3. Commentaire de l'auteur<br /> <br /> <font color="#000080"><strong>1. Pr&eacute;sentation par l'&eacute;diteur</strong></font><br /> <br /> Le Paradoxe du Sapiens propose une r&eacute;ponse surprenante &agrave; une question qui nous concerne tous&nbsp;: pourquoi les humains, capables de r&eacute;alisations extraordinaires dans tous les domaines, se montrent-ils incapables de pr&eacute;venir les catastrophes - catastrophes qui sont pourtant pr&eacute;vues et annonc&eacute;es&nbsp;? La faute en est-elle au d&eacute;veloppement devenu incontr&ocirc;lable des technologies&nbsp;? Est-ce au contraire que l&rsquo;homme est rest&eacute; en profondeur ce qu&rsquo;&eacute;taient sans doute ses lointains anc&ecirc;tres&nbsp;: des chasseurs-cueilleurs pr&eacute;dateurs et belliqueux&nbsp;? <br /> <br /> Le Paradoxe du Sapiens r&eacute;pond autrement &agrave; cette question. Le livre&nbsp; raconte, avec des arguments scientifiques &agrave; la port&eacute;e de tous, une histoire extraordinaire&nbsp;: comment des g&eacute;n&eacute;rations d&rsquo;&ecirc;tres nouveaux, des primates &eacute;troitement associ&eacute;s &agrave; des outils, ont depuis quelque deux millions d&rsquo;ann&eacute;es pris possession de la Terre en la transformant radicalement. L'histoire s'acc&eacute;l&egrave;re aujourd'hui avec l'&eacute;volution rapide des technologies - notamment celles de l'artificialisation des outils et du vivant - et la place grandissante qu'elles occupent.<br /> <br /> Ce ph&eacute;nom&egrave;ne est g&eacute;n&eacute;ralement mal compris. On per&ccedil;oit bien l&rsquo;&eacute;volution technologique mais tr&egrave;s mal celle des humains qui sont 'en symbiose' avec les techniques ; techniques qui nous transforment profond&eacute;ment, tout autant, si ce n'est plus, que nous les transformons. De plus, avec l&rsquo;illusion que l&rsquo;intelligence humaine est potentiellement toute puissante, on ne voit pas que la co&eacute;volution du vivant et de la technique&nbsp; rel&egrave;ve de la logique darwinienne stricte, r&eacute;sum&eacute;e par le principe du hasard et de la s&eacute;lection. <br /> <br /> L&rsquo;auteur ne pr&eacute;tend pas pr&eacute;dire l&rsquo;avenir. Un effondrement des civilisations telles que nous les connaissons peut tr&egrave;s bien survenir &agrave; &eacute;ch&eacute;ance de quelques d&eacute;cennies, mais, &agrave; l&rsquo;inverse, avec le d&eacute;veloppement des r&eacute;seaux de la communication intelligente, ce qu&rsquo;il nomme une hyper-science pourrait peut-&ecirc;tre appara&icirc;tre. Elle renforcerait, au profit d&rsquo;humains de plus en plus &laquo;&nbsp;augment&eacute;s&nbsp;&raquo;, les capacit&eacute;s d&rsquo;action collective rationnelles encore trop dispers&eacute;es. Ce sera peut-&ecirc;tre l&agrave; un des nouveaux paradoxes de l&rsquo;Homo sapiens de demain, associ&eacute; aux outils du futur, s&rsquo;il survit aux crises actuelles. <br /> &nbsp;<br /> Le biologiste Jean-Jacques Kupiec, qui a pr&eacute;fac&eacute; cet ouvrage, s&rsquo;est fait conna&icirc;tre du monde scientifique par une th&eacute;orie profond&eacute;ment originale r&eacute;introduisant le darwinisme &agrave; tous les niveaux de l&rsquo;&eacute;volution organique. <br /> <br /> <strong><font color="#000080">2. Pr&eacute;face par Jean-Jacques Kupiec</font></strong><br /> <br /> Jean-Jacques Kupiec est chercheur en biologie et en &eacute;pist&eacute;mologie au centre Cavaill&egrave;s de l&rsquo;Ecole Normale Sup&eacute;rieure de Paris. Il &eacute;tudie la biologie mol&eacute;culaire, la biologie th&eacute;orique et la philosophie de la biologie. Les deux principaux ouvrages qui lui ont conf&eacute;r&eacute; une renomm&eacute;e internationale sont &laquo;&nbsp;L&rsquo;origine des individus&nbsp;&raquo;, Fayard 2008 et, avec Pierre Sonigo, &laquo;&nbsp;Ni Dieu ni g&egrave;ne. Pour une autre th&eacute;orie de l&rsquo;h&eacute;r&eacute;dit&eacute;&nbsp;&raquo; Seuil, 2000. Il est l&rsquo;inventeur de la th&eacute;orie de l&rsquo;ontophylogen&egrave;se. <br /> <br /> Au cours de mes recherches, j&rsquo;ai &eacute;t&eacute; amen&eacute; &agrave; identifier un obstacle &eacute;pist&eacute;mologique particulier qui entrave le d&eacute;veloppement des sciences du vivant, que j&rsquo;ai appel&eacute; &laquo;&nbsp;Le point aveugle de la biologie&nbsp;&raquo;. Il est fascinant de constater que Jean-Paul Baquiast a lui-m&ecirc;me identifi&eacute; un obstacle de nature similaire, qu&rsquo;il nomme &laquo;&nbsp;Le paradoxe du sapiens&nbsp;&raquo;, gr&acirc;ce &agrave; son analyse originale de l&rsquo;&eacute;volution des soci&eacute;t&eacute;s et du devenir humain, alors que mon travail ne concerne que le fonctionnement du vivant. <br /> <br /> Nous reviendrons sur la probl&eacute;matique de Baquiast mais rappelons tout d&rsquo;abord en quoi consiste &laquo;&nbsp;Le point aveugle de la biologie&nbsp;&raquo;. On sait que la physique doit son essor &agrave; la fin du Moyen-&Acirc;ge, non seulement au d&eacute;veloppement des techniques qui ont permis le d&eacute;veloppement de l&rsquo;exp&eacute;rimentation, mais aussi &agrave; une v&eacute;ritable r&eacute;volution philosophique qui a consist&eacute; en l&rsquo;abandon de la conception du monde h&eacute;rit&eacute;e d&rsquo;Aristote, ce qu&rsquo;on appelle habituellement l&rsquo;ontologie hyl&eacute;morphique. Pour Aristote, la mati&egrave;re est incapable de s&rsquo;ordonner spontan&eacute;ment d&rsquo;o&ugrave; la n&eacute;cessit&eacute; des formes ou essences sous jacentes au monde pour d&eacute;terminer et expliquer tout ce qui existe. Chaque chose se trouve ainsi appartenir &agrave; une esp&egrave;ce qualitativement distincte des autres et poss&eacute;dant sa nature propre. La physique a abandonn&eacute; cet essentialisme pour d&eacute;crire les ph&eacute;nom&egrave;nes quantitativement. Pour elle il n&rsquo;existe pas d&rsquo;&eacute;tat de nature. Selon le principe d&rsquo;inertie un objet perp&eacute;tue son &eacute;tat de mouvement ou de repos, mais l&rsquo;un n&rsquo;est pas plus naturel que l&rsquo;autre. En biologie, au contraire, l&rsquo;esp&egrave;ce est toujours consid&eacute;r&eacute;e comme une entit&eacute; r&eacute;elle et la g&eacute;n&eacute;tique lui a donn&eacute; un substrat mat&eacute;riel, le fameux programme g&eacute;n&eacute;tique contenu dans l&rsquo;ADN, cens&eacute; d&eacute;tenir les plans de l&rsquo;organisme. L&rsquo;esp&egrave;ce correspond &agrave; cette structure r&eacute;elle d&eacute;termin&eacute;e par les g&egrave;nes1. <br /> <br /> Est-ce &agrave; dire qu&rsquo;il existe une diff&eacute;rence de nature entre la physique et la biologie&nbsp;? Pour la premi&egrave;re l&rsquo;ontologie d&rsquo;Aristote serait inepte alors qu&rsquo;elle serait pertinente pour la seconde. C&rsquo;est ce que laisseraient supposer les d&eacute;veloppements spectaculaires de la g&eacute;n&eacute;tique et de la biologie mol&eacute;culaire au XX&egrave;me si&egrave;cle, cette &eacute;pop&eacute;e fameuse qui a culmin&eacute; avec le s&eacute;quen&ccedil;age du g&eacute;nome humain. Puisque l&rsquo;ADN contient le programme qui gouverne l&rsquo;organisme, son d&eacute;chiffrage aurait d&ucirc; nous en livrer l&rsquo;explication ultime. Voila une logique implacable qui a permis de justifier les moyens humains et financiers &eacute;normes qui ont &eacute;t&eacute; mis au service de ce programme de recherche. Aujourd&rsquo;hui, dix ans apr&egrave;s, nous sommes en mesure d&rsquo;en tirer un bilan et force est alors de constater que loin d&rsquo;avoir rempli tous les espoirs qui y avait &eacute;t&eacute; mis, notamment en ce qui concerne l&rsquo;av&egrave;nement de th&eacute;rapies pour les maladies dites g&eacute;n&eacute;tiques, ce programme semble au contraire s&rsquo;essouffler. La biologie mol&eacute;culaire marque aujourd&rsquo;hui le pas pour laisser la place &agrave; la biologie des syst&egrave;mes. Cette derni&egrave;re, au lieu de se concentrer sur l&rsquo;ADN, cherche &agrave; comprendre l&rsquo;organisme comme un syst&egrave;me formant un tout compos&eacute; de parties en relation, en int&eacute;grant les autres niveaux d&rsquo;explication tels la cellule et l&rsquo;organe. <br /> <br /> Cependant, malgr&eacute; ce changement de perspective, le r&eacute;alisme de l&rsquo;esp&egrave;ce (l&rsquo;essentialisme) reste intact. Ce n&rsquo;est pas le lieu ici d&rsquo;en reprendre l&rsquo;analyse d&eacute;taill&eacute;e, mais j&rsquo;ai &eacute;t&eacute; amen&eacute; &agrave; montrer que si la notion d&rsquo;esp&egrave;ce (forme, nature, essence) est si pr&eacute;gnante en biologie, et cela bien que Darwin l&rsquo;ait d&eacute;construite et relativis&eacute;e &agrave; loisir dans &laquo;&nbsp;L&rsquo;origine des esp&egrave;ces&nbsp;&raquo;, ce n&rsquo;est pas du fait de sa pertinence intrins&egrave;que mais &agrave; cause de notre anthropocentrisme foncier, qui, comme on le sait, constitue l&rsquo;obstacle principal au d&eacute;veloppement scientifique. Il se joue autour de cette question quelque chose de tr&egrave;s important qui diff&eacute;rencie la biologie de la physique et qui explique sa difficult&eacute; &agrave; sortir de l&rsquo;essentialisme. Nous pouvons comprendre intuitivement qu&rsquo;il est difficile dans cette discipline de faire abstraction de la notion d&rsquo;esp&egrave;ce. Pourtant, il n&rsquo;en existe pas de d&eacute;finition &eacute;tablie et totalement consensuelle, bien que travaill&eacute;e depuis des si&egrave;cles par de nombreux auteurs. L&rsquo;esp&egrave;ce reste le concept fondamental des sciences du vivant. L&rsquo;esp&egrave;ce biologique appara&icirc;t d&rsquo;une nature et d&rsquo;une r&eacute;alit&eacute; dont l&rsquo;&eacute;vidence semble indiscutable. <br /> <br /> En fait nous avons avec ce concept un probl&egrave;me tr&egrave;s particulier qui n&rsquo;a rien &agrave; voir avec la rationalit&eacute; scientifique&nbsp;: nous sommes aveugl&eacute;s par notre narcissisme. Remettre en cause l&rsquo;esp&egrave;ce serait aussi remettre en cause l&rsquo;esp&egrave;ce humaine donc l&rsquo;id&eacute;e de sa nature sp&eacute;cifique. Le penser porte &eacute;videmment atteinte &agrave; l&rsquo;image que nous nous faisons de nous-m&ecirc;mes et &agrave; la position que nous nous attribuons parmi les entit&eacute;s qui peuplent le monde. De fait, l&rsquo;essentialisme rassure. Il implique qu&rsquo;il y a du sens &eacute;crit en nous, qu&rsquo;il y a une nature &agrave; laquelle nous sommes conformes et que nous avons une place attitr&eacute;e dans l&rsquo;Univers, en son centre, bien s&ucirc;r&nbsp;! <br /> <br /> Au contraire, nier l&rsquo;esp&egrave;ce biologique risque de conduire &agrave; nier cette nature humaine et &agrave; d&eacute;truire le fondement de notre identit&eacute;. Nous serions alors plac&eacute;s en situation d&rsquo;&eacute;tranget&eacute; radicale, ramen&eacute;e au m&ecirc;me niveau que les autres &ecirc;tres y compris les &ecirc;tres inanim&eacute;s. L&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;un ordre naturel serait alors totalement d&eacute;truite et de l&agrave; vient le blocage qui rend l&rsquo;abandon de l&rsquo;essentialisme si difficile en biologie. Mais si notre objectif est de construire une th&eacute;orie rationnelle, nous sommes oblig&eacute;s d&rsquo;analyser cette question avec plus de distance et de rigueur, en &eacute;vitant d&rsquo;&ecirc;tre domin&eacute;s par des affects subjectifs ou psychologiques. J&rsquo;ai montr&eacute; ailleurs qu&rsquo;il est possible de construire une th&eacute;orie biologique qui ne repose pas sur l&rsquo;essentialisme mais ce n&rsquo;est mon propos d&rsquo;y revenir ici. Par contre, il faut souligner &agrave; quel point ce &laquo;&nbsp;point aveugle de la biologie&nbsp;&raquo; est le sym&eacute;trique du &laquo;&nbsp;paradoxe du sapiens&nbsp;&raquo; de Jean-Paul Baquiast. <br /> <br /> Revenons-en donc maintenant &agrave; son livre. Il part d&rsquo;un constat simple&nbsp;que je r&eacute;sume: &laquo;&nbsp;La pens&eacute;e occidentale moderne consid&egrave;re que l&rsquo;homme appartient &agrave; une esp&egrave;ce intelligente&nbsp;: homo sapiens &hellip; &hellip; Par intelligence, on peut d&eacute;signer la capacit&eacute; de se repr&eacute;senter soi-m&ecirc;me au sein de son environnement, tant pour le pr&eacute;sent que pour le futur. Si la repr&eacute;sentation du futur sugg&egrave;re la proximit&eacute; de menaces, l&rsquo;intelligence devrait consister non seulement &agrave; d&eacute;finir des rem&egrave;des &agrave; ces menaces mais &agrave; mettre en &oelig;uvre ceux des rem&egrave;des &agrave; ces menaces qui seraient efficaces compte tenu des moyens disponibles. Le paradoxe du sapiens est que, malgr&eacute; son intelligence ind&eacute;niable, l&rsquo;humain d&rsquo;aujourd&rsquo;hui se montre incapable de mettre pratiquement en &oelig;uvre les rem&egrave;des aux menaces qui p&egrave;sent sur son environnement, dont pourtant il dispose.&nbsp;&raquo; <br /> <br /> Comment expliquer ce paradoxe&nbsp;? La th&egrave;se de Baquiast est que les humains appartiennent &agrave; des entit&eacute;s d&rsquo;ordre sup&eacute;rieur, les superorganismes, qui d&eacute;veloppent des logiques propres et des fonctionnements autonomes, qui ne sont pas celles des organismes individuels, et que c&rsquo;est uniquement par l&rsquo;analyse et la compr&eacute;hension du fonctionnement de ces superorganismes que nous aurons une chance de pouvoir contr&ocirc;ler notre propre d&eacute;veloppement. Pour lui, il faut souligner &nbsp;la puissance des m&eacute;canismes de d&eacute;cision inconscients collectifs g&eacute;n&eacute;r&eacute;s par l&rsquo;appartenance &agrave; des superorganismes associant des hommes et des technologies mat&eacute;rielles dot&eacute;es d&rsquo;un fort pouvoir constructif . <br /> <br /> Ce qui est &agrave; nouveau en cause dans son analyse, c&rsquo;est notre aveuglement qui nous emp&ecirc;che de voir au-del&agrave; du bout de notre nez, au-del&agrave; de notre propre horizon d&rsquo;organisme individuel. Comme on peut le constater, il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une sp&eacute;culation gratuite pour alimenter une discussion d&rsquo;apr&egrave;s d&icirc;ner. L&rsquo;enjeu est d&rsquo;importance, pour ne pas dire fondamental, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit ni plus ni moins de la question de notre survie en tant qu&rsquo;esp&egrave;ce menac&eacute;e par le d&eacute;veloppement incontr&ocirc;l&eacute; des soci&eacute;t&eacute;s et des techniques. Le point central et tr&egrave;s original du travail de Baquiast consiste &agrave; &eacute;laborer le concept de complexe anthropotechnique et de l&rsquo;utiliser de mani&egrave;re &agrave; en faire l&rsquo;outil d&rsquo;analyse essentiel pour rendre compte du d&eacute;veloppement de l&rsquo;humain, depuis sa pr&eacute;histoire jusqu&rsquo;&agrave; aujourd&rsquo;hui. Baquiast ne pr&eacute;tend pas faire &oelig;uvre scientifique au sens classique du terme mais simplement pr&eacute;senter une hypoth&egrave;se de travail sugg&eacute;r&eacute;e par la synth&egrave;se d&rsquo;un nombre impressionnant de lectures dans des domaines allant de la biologie &agrave; la sociologie en passant par l&rsquo;anthropologie, l&rsquo;informatique, la robotique et les sciences en g&eacute;n&eacute;ral. Si sa modestie est toute &agrave; son honneur, il doit aussi &ecirc;tre rassur&eacute;. La science a besoin d&rsquo;hypoth&egrave;ses audacieuses et son hypoth&egrave;se est suffisamment argument&eacute;e de mani&egrave;re logique et coh&eacute;rente pour &ecirc;tre prise au s&eacute;rieux. <br /> <br /> Pour Baquiast les &ecirc;tres humains sont donc pris dans des &laquo;&nbsp;macroprocessus d&eacute;passant les individus tout en les impliquant&nbsp;&raquo; parce que, d&egrave;s qu&rsquo;un premier primate a commenc&eacute; &agrave; utiliser une pierre pour casser des fruits ou frapper un adversaire, il s&rsquo;est op&eacute;r&eacute; une v&eacute;ritable symbiose entre lui et l&rsquo;outil, qui a certes permis le d&eacute;veloppement de l&rsquo;humain, mais &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur d&rsquo;un complexe d&rsquo;ordre sup&eacute;rieur, poss&eacute;dant sa logique et son fonctionnement propres&nbsp;: &laquo; On peut supposer que, d&egrave;s que des primates soumis &agrave; de nouvelles pressions de s&eacute;lection avaient constat&eacute; l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t pour la survie de l&rsquo;utilisation syst&eacute;matique d&rsquo;un outil de pierre, par exemple un percuteur afin de briser une noix, un syst&egrave;me d&rsquo;enrichissement crois&eacute; &agrave; deux p&ocirc;les s&rsquo;est mis en place, associant les utilisateurs de l&rsquo;outil et les formes successivement prises par ce dernier. Au sein de ce syst&egrave;me, les deux cat&eacute;gories de partenaires, le vivant et le mat&eacute;riel (technique), se sont trouv&eacute;s engag&eacute;s dans la construction d&rsquo;un ou plusieurs ensembles &eacute;volutionnaires complexes associant des corps, des cerveaux et des esprits de plus en plus fa&ccedil;onn&eacute;s par les usages de l&rsquo;outil, d&rsquo;une part, des outils se d&eacute;veloppant selon des dynamiques sp&eacute;cifiques de nature m&eacute;canique guidant d&rsquo;une certaine fa&ccedil;on la main des utilisateurs, d&rsquo;autre part&nbsp;&raquo;. Baquiast emploie pour d&eacute;signer ce syst&egrave;me &agrave; deux p&ocirc;les le terme de superorganisme ou syst&egrave;me anthropotechnique. L&rsquo;originalit&eacute; de cette hypoth&egrave;se consiste &agrave; accorder &agrave; l&rsquo;outil un statut d&rsquo;&eacute;galit&eacute;, en quelque sorte, avec l&rsquo;humain. L&rsquo;un n&rsquo;est pas le produit exclusif de l&rsquo;autre car les deux sont pris dans une relation symbiotique, se fa&ccedil;onnant l&rsquo;un l&rsquo;autre. Les techniques poss&egrave;dent des logiques de d&eacute;veloppement et d&rsquo;&eacute;volution propres, au m&ecirc;me titre que les organismes. <br /> <font color="#000080"><br /> <strong>3. Commentaire de l'auteur</strong></font><br /> <br /> Notre essai, Le Paradoxe du Sapiens, paru en mars 2010 chez Jean-Paul Bayol, offre une hypoth&egrave;se de travail visant &agrave; &eacute;tudier l&rsquo;&eacute;volution actuelle de nos soci&eacute;t&eacute;s avec des outils plus efficaces que ceux propos&eacute;s chacune dans son domaine par les diff&eacute;rentes sciences traitant de cette question : &eacute;conomie, science politique, anthropologie, biologie et bien d &lsquo;autres. Pour nous, les agents moteurs dans cette &eacute;volution sont des entit&eacute;s jamais encore identifi&eacute;es en tant que telles, que nous avons nomm&eacute;es les syst&egrave;mes anthropotechniques. Il s&rsquo;agit de superorganismes associant de fa&ccedil;on intime les processus &eacute;volutionnaires biologiques, dont l&rsquo;homo sapiens sous sa forme actuelle est un des produits, et les processus &eacute;volutionnaires technologiques n&eacute;s il y a plus d&rsquo;un million d&rsquo;ann&eacute;es par l&rsquo;utilisation syst&eacute;matique de certaines forces naturelles par les hominid&eacute;s. <br /> <br /> La difficult&eacute; de cette approche tient &agrave; ce que les syst&egrave;mes anthropotechniques sont aussi nombreux et foisonnants aujourd&rsquo;hui que le sont les fili&egrave;res technologiques modernes. Chacun d&rsquo;eux peut en principe &ecirc;tre &eacute;tudi&eacute; dans sa singularit&eacute;. Mais l&rsquo;observation de leurs comportements collectifs et des cons&eacute;quences de ces comportements sur l&rsquo;&eacute;volution de la plan&egrave;te ne peut se faire que de fa&ccedil;on statistique. Dans ce cas alors, la rigueur scientifique impose de rappeler que c&rsquo;est l&rsquo;oeil (ou l&rsquo;esprit) de l&rsquo;observateur qui d&eacute;coupe dans le continuum des faits observables ceux qui lui paraissent significatifs. Les motivations de cet observateur sont donc &agrave; prendre en compte, si cela se peut, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de juger de la g&eacute;n&eacute;ralisation possible des descriptions ainsi propos&eacute;es. Mais cette pr&eacute;caution s&rsquo;impose &agrave; toute science. Aucune aujourd&rsquo;hui ne pourrait pr&eacute;tendre &agrave; une objectivit&eacute; ne tenant pas compte de la situation de l&rsquo;observateur et des moyens dont il dispose pour observer. <br /> <font color="#000080"><em><br /> Rappel des bases th&eacute;oriques envisag&eacute;es</em></font><br /> <br /> Nous montrons dans notre essai que les capacit&eacute;s cognitives des syst&egrave;mes anthropotechniques sont par d&eacute;finition limit&eacute;es. M&ecirc;me lorsqu&rsquo;ils disposent des instruments d&rsquo;observation les plus fins et des moyens de traitement de l&rsquo;information les plus d&eacute;velopp&eacute;s, ils en peuvent se repr&eacute;senter le monde ext&eacute;rieur que dans la limite de capacit&eacute; de ces divers outils. Or le monde est infiniment vaste, complexe et rapidement &eacute;volutif. Les appareils cognitifs des syst&egrave;mes anthropotechniques n&rsquo;en fournissent donc que des repr&eacute;sentations partielles et toujours en retard sur le flux des &eacute;v&egrave;nements. De plus ces repr&eacute;sentations ne peuvent pas provoquer imm&eacute;diatement les changements de comportement qui seraient n&eacute;cessaires pour tenir compte des modifications du monde qu&rsquo;elles ont pu faire appara&icirc;tre. Les appareils moteurs ont n&eacute;cessairement un temps de retard, plus ou moins long, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de tenir compte de la modification des repr&eacute;sentations se produisant au niveau des appareils cognitifs. Les d&eacute;cisions finales que prennent les syst&egrave;mes anthropotechniques pour s&rsquo;adapter au monde sont donc toujours fragiles. Certaines sont cependant plus pertinentes que d&rsquo;autres. Dans la comp&eacute;tition darwinienne incessante qui oppose les syst&egrave;mes anthropotechniques, ceux qui prennent les d&eacute;cisions les plus pertinentes, fond&eacute;e sur des repr&eacute;sentations du monde ext&eacute;rieur plus exactes que celles des autres, mises en &oelig;uvre par des appareils moteurs plus r&eacute;actifs, obtiennent des avantages comp&eacute;titifs gr&acirc;ce auxquels ils l&rsquo;emportent sur leurs rivaux. <br /> <br /> Il ne s&rsquo;agit l&agrave; que d&rsquo;&eacute;vidence, dira-t-on. Il serait illusoire de penser qu&rsquo;un syst&egrave;me, fut-il dot&eacute; des instruments sensoriels et moteurs les plus efficaces possible, fut-il dot&eacute; d&rsquo;un cerveau capable de prendre des d&eacute;cisions les plus rationnelles possible, puisse se repr&eacute;senter la situation du monde dans sa globalit&eacute; et traiter des probl&egrave;mes du monde comme s&rsquo;il &eacute;tait ce monde lui-m&ecirc;me. M&ecirc;me si nous limitions par principe ce monde &agrave; la plan&egrave;te Terre seule, l&rsquo;impossibilit&eacute; demeurerait. Pour qu&rsquo;un syst&egrave;me anthropotechnique cognitif puisse obtenir une repr&eacute;sentation pertinente de la plan&egrave;te et des pr&eacute;visions pertinentes relatives &agrave; son avenir, il faudrait que ce syst&egrave;me puisse s&rsquo;&eacute;tendre aux dimensions de la plan&egrave;te elle-m&ecirc;me, en prenant en compte l&rsquo;infinit&eacute; des facteurs agissant sur elle. Comme aucun syst&egrave;me anthropotechnique n&rsquo;a pour le moment cette dimension, il ne peut produire que des repr&eacute;sentations limit&eacute;es et incertaines. Les pr&eacute;visions qu&rsquo;il en retire et les d&eacute;cisions qu&rsquo;il prend sont donc par d&eacute;finition entach&eacute;es d&rsquo;erreurs. <br /> <br /> Par ailleurs, un syst&egrave;me anthropotechnique ne peut prendre en compte que ses seuls int&eacute;r&ecirc;ts, d&eacute;finis par les informations que ses capteurs lui donnent du monde relativement &agrave; ses &eacute;tats internes et aux relations entre ces &eacute;tats et ce qu&rsquo;il per&ccedil;oit du monde. Autrement dit, il est fondamentalement &laquo; &eacute;go&iuml;ste &raquo; ou &laquo; auto-centr&eacute; &raquo;. Certes, il ne faut pas exclure que, par ce que l&rsquo;on nomme en biologie l&rsquo;altruisme, il puisse tr&egrave;s momentan&eacute;ment adopter le point de vue et servir les int&eacute;r&ecirc;ts d&rsquo;un autre syst&egrave;me, mais ceci ne peut qu&rsquo;&ecirc;tre marginal au regard du flux permanent d&rsquo;informations qu&rsquo;il re&ccedil;oit relativement &agrave; lui-m&ecirc;me. Quand la repr&eacute;sentation des int&eacute;r&ecirc;ts n&eacute;cessairement lointains et diffus de la plan&egrave;te p&eacute;n&egrave;tre son appareil cognitif, elle ne p&egrave;se que faiblement au regard de la repr&eacute;sentation de ses int&eacute;r&ecirc;ts propres. Un altruisme &eacute;tendu &agrave; la plan&egrave;te toute enti&egrave;re et permanent n&rsquo;est pas envisageable, sauf de fa&ccedil;on th&eacute;orique. <br /> <br /> Or comment se d&eacute;finissent les comportements, g&eacute;n&eacute;ralement &eacute;go&iuml;stes et plus rarement altruistes, des syst&egrave;mes anthropotechniques ? Ceux-ci &eacute;tant le produit de la symbiose d&rsquo;agents biologiques et d&rsquo;agents technologiques, deux s&eacute;ries de d&eacute;terminismes se font jour au niveau de ceux-ci et se conjuguent de fa&ccedil;on impr&eacute;visible : les d&eacute;terminismes biologiques et anthropologiques pesant sur les humains et ceux r&eacute;sultant des contraintes de d&eacute;veloppement des machines et des techniques au sein du monde mat&eacute;riel dont elles tirent leurs composants. L&rsquo;essentiel des d&eacute;terminismes biologiques a &eacute;t&eacute; mis en place au long de dizaines de millions d&rsquo;ann&eacute;es d&rsquo;&eacute;volution et reste encore aujourd&rsquo;hui tr&egrave;s peu adaptable. Les d&eacute;terminismes technologiques &eacute;voluent au contraire tr&egrave;s vite, tout en se heurtant aux contraintes d&rsquo;un monde mat&eacute;riel fini auquel les technologies doivent in&eacute;vitablement s&rsquo;adapter. Les d&eacute;terminismes crois&eacute;s qui en r&eacute;sultent et dont d&eacute;coule &agrave; tout moment l&rsquo;action singuli&egrave;re d&rsquo;un syst&egrave;me anthropotechnique individuel sont si complexes que leur effet est tr&egrave;s rarement pr&eacute;visible, m&ecirc;me en termes statistiques. A plus forte raison est-ce le cas quant des milliers de syst&egrave;mes anthropotechniques diff&eacute;rents interagissent dans la comp&eacute;tition darwinienne permanente qui les oppose. <br /> <font color="#000080"><em><br /> Ego&iuml;sme et impr&eacute;visibilit&eacute;</em></font><br /> <br /> Mais pourquoi rappeler ces &eacute;vidences ? Elles ne font que traduire en leur donnant une base scientifique nouvelle ce que n'acceptent d'admettre que quelques rares philosophes des sciences et scientifiques : les politiques humaines sont essentiellement &eacute;go&iuml;stes, d&rsquo;une part, impr&eacute;visibles d&rsquo;autre part. Il s&rsquo;ensuit qu&rsquo;elles ne peuvent en g&eacute;n&eacute;ral faire l&rsquo;objet d&rsquo;un pilotage par ce que l&rsquo;on nomme la conscience volontaire rationnelle, comme peuvent l&rsquo;&ecirc;tre (en g&eacute;n&eacute;ral) des syst&egrave;mes anthropotechnique de tr&egrave;s petite dimension : par exemple le journaliste associ&eacute; &agrave; son clavier d&rsquo;ordinateur. Certes les syst&egrave;mes anthropotechniques disposent, au regard des soci&eacute;t&eacute;s animales n&rsquo;int&eacute;grant que tr&egrave;s peu de techniques et n&rsquo;ayant pas d&eacute;velopp&eacute; beaucoup de facult&eacute;s cognitives, de capacit&eacute;s d&rsquo;anticipation suffisantes pour ne pas subir tout &egrave; fait passivement les &eacute;v&egrave;nements du monde, mais leurs capacit&eacute;s d&rsquo;action dite rationnelle (explicitement raisonn&eacute;e) et volontariste (je d&eacute;cide de faire telle chose et par cons&eacute;quent je la fais) restent tr&egrave;s limit&eacute;es. <br /> <br /> Or malheureusement, cette impuissance fondamentale est ignor&eacute;e par les opinions publiques, notamment en Occident. L&rsquo;illusion selon laquelle l&rsquo;esp&egrave;ce humaine dispose d&rsquo;une capacit&eacute;, l&rsquo;esprit, qui lui permet d&rsquo;aborder tous les probl&egrave;mes, d&rsquo;envisager toutes les solutions et finalement de mettre en &oelig;uvre toutes celles qu&rsquo;il juge pour des raisons pratiques ou morales les meilleures, reste extr&ecirc;mement r&eacute;pandue, malgr&eacute; les d&eacute;mentis que lui inflige quotidiennement l&rsquo;exp&eacute;rience. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un h&eacute;ritage de la mythologie spiritualiste selon lequel l&rsquo;homme, &agrave; l&rsquo;image d&rsquo;une entit&eacute; divine situ&eacute;e en dehors du monde, g&eacute;n&eacute;ralement nomm&eacute;e Dieu, est libre de faire des choix bons ou mauvais. Pour qu&rsquo;il fasse de bons choix, il suffit de le convaincre que des int&eacute;r&ecirc;ts sup&eacute;rieurs, moraux ou de simple survie, lui imposent d&rsquo;&eacute;viter les choix contraires, qualifi&eacute;s de mauvais choix. La puissance de son esprit le mettra &agrave; m&ecirc;me de d&eacute;finir les bons choix et de se laisser guider par eux. La mise en &oelig;uvre de ces choix s&rsquo;ensuivra d&rsquo;elle-m&ecirc;me. Quant aux technologies, n&rsquo;&eacute;tant que des productions de l&rsquo;homme, elles seront par d&eacute;finition ob&eacute;issantes et n&rsquo;imposeront que tr&egrave;s rarement des comportements qui ne seraient pas conformes aux objectifs d&eacute;finis par la raison des hommes. Cette illusion, concr&egrave;tement, conduit &agrave; penser que le monde est pr&eacute;visible et gouvernable par l&rsquo;homme arm&eacute; de son esprit. Si des erreurs se produisent, c&rsquo;est parce que certains humains se sont laiss&eacute;s envahir par des motivations que la morale altruiste r&eacute;prouve, par exemple le besoin de dominer et de d&eacute;truire. Il faut donc par diverses actions de formation pr&eacute;ventive, civique ou religieuse, redresser les esprits momentan&eacute;ment &eacute;gar&eacute;s. Sinon, une r&eacute;pression &eacute;clair&eacute;e pourrait s&rsquo;en prendre aux auteurs de dysfonctionnements et corriger leurs mauvaises conduites. <br /> <br /> Les syst&egrave;mes anthropotechniques sont tous imbib&eacute;s, au niveau des cerveaux des humains qui les composent et des id&eacute;es ou connaissances qu&rsquo;ils produisent, de cette illusion humaniste, relative &agrave; la puissance de l&rsquo;esprit humain. D&rsquo;une part, ils se l&rsquo;appliquent &agrave; eux-m&ecirc;mes. D&rsquo;autre part ils l&rsquo;appliquent &agrave; leurs actions collectives. Dans les deux cas, ils sont incapables de voir leurs limites. Ils ne peuvent pas admettre qu&rsquo;ils sont ingouvernables ou faiblement gouvernables, d&rsquo;abord en ce qui concerne leurs propres int&eacute;r&ecirc;ts, ensuite et &agrave; plus forte raison en ce qui concernerait la gouvernabilit&eacute; d&rsquo;ensemble de la plan&egrave;te. M&ecirc;me lorsque des indices s&eacute;rieux r&eacute;sultant d&rsquo;observations scientifiques r&eacute;p&eacute;t&eacute;es leur montrent que leurs comportements et d&eacute;cisions de fait divergent de ce qu&rsquo;ils avaient pr&eacute;vu, ils ne sont pas capables d&rsquo;en tenir compte. Ces indices ne sont pas recevables par eux car ils vont trop &agrave; l&rsquo;encontre de leurs int&eacute;r&ecirc;ts imm&eacute;diats. C&rsquo;est ainsi pensons nous que se manifeste le paradoxe du sapiens d&eacute;crit dans notre livre : le sapiens se croit, non sans raisons, un peu plus sapiens que les autres animaux. Mais, imbriqu&eacute; dans des syst&egrave;mes anthropotechniques complexes, il reste impuissant &agrave; prendre les grandes d&eacute;cisions collectives qui sauveraient la plan&egrave;te des agressions qu&rsquo;il lui inflige. La catastrophe est donc, plus que probablement, au bout du chemin. <br /> <br /> Mais alors, dira-t-on, que faire ? Si l&rsquo;hypoth&egrave;se de l&rsquo;anthropotechnique r&eacute;sum&eacute;e ci-dessus pr&eacute;sente quelque s&eacute;rieux scientifique, ne faudrait-il pas en d&eacute;duire qu&rsquo;aucune action rationnelle n&rsquo;est possible, au moins &agrave; grande &eacute;chelle ? L&rsquo;observateur enferm&eacute; dans sa petite sph&egrave;re anthropotechnique ne verra que les &eacute;v&egrave;nements accessibles aux instruments d&rsquo;observation dont dispose cette sph&egrave;re. Si les faits observ&eacute;s induisent chez lui des r&eacute;actions et r&eacute;gulations correctrices, celles-ci ne commanderont que les instruments d&rsquo;action ou effecteurs n&eacute;cessairement limit&eacute;s dont cette sph&egrave;re anthropotechnique est &eacute;quip&eacute;e. L&rsquo;&eacute;volution globale de la plan&egrave;te, que chaque syst&egrave;me anthropotechnique contribuera &agrave; perturber et qu&rsquo;aucun syst&egrave;me ne sera capable d&rsquo;observer avec l&rsquo;ampleur n&eacute;cessaire, se poursuivra donc sur sa pente actuelle. Or nous l&rsquo;avons rappel&eacute;, cette &eacute;volution, autant que l&rsquo;on puisse juger, m&ecirc;me en se limitant aux instruments d&rsquo;observation aujourd&rsquo;hui disponibles, semble catastrophique.<br /> <font color="#000080"><em><br /> Des syst&egrave;mes cognitifs se connectant spontan&eacute;ment<br /> </em></font><br /> Nous avons cependant fait l&rsquo;hypoth&egrave;se (optimiste!) que les principaux syst&egrave;mes anthropotechniques modernes sont des syst&egrave;mes cognitifs, g&eacute;n&eacute;rant au niveau de leurs cerveaux des connaissances certes limit&eacute;es, mais r&eacute;sultant d&rsquo;un processus d&rsquo;&eacute;laboration de type scientifique. Ceci pourrait permettre l&rsquo;&eacute;mergence progressive de nouvelles connaissances de type scientifique. Nous pensons en effet que le premier comportement scientifique &agrave; la port&eacute;e d&rsquo;un observateur, fut-il enferm&eacute; dans les limites de connaissance que lui impose le syst&egrave;me anthropotechnique particulier auquel il appartient, consiste &agrave; interpr&eacute;ter les donn&eacute;es qu&rsquo;il re&ccedil;oit de ses sens &agrave; la lumi&egrave;re d&rsquo;hypoth&egrave;ses produites par son cerveau. Ne sont conserv&eacute;es que les hypoth&egrave;ses v&eacute;rifi&eacute;es par les exp&eacute;riences &agrave; la port&eacute;e des moyens d&rsquo;action ou effecteurs dont dispose ce syst&egrave;me anthropotechnique. Si ce processus est suffisamment collectif, impliquant de nombreux observateurs-v&eacute;rificateurs op&eacute;rant en r&eacute;seau, des contenus cognitifs que nous pourrons qualifier de scientifiques appara&icirc;tront et g&eacute;n&eacute;reront de nouvelles interpr&eacute;tations, plus &laquo; scientifiques &raquo; que les pr&eacute;c&eacute;dentes, dans les cerveaux des observateurs ult&eacute;rieurs. Cette &eacute;volution se produira &eacute;videmment d&rsquo;abord dans le syst&egrave;me anthropotechnique auquel appartiennent ces observateurs. Mais si plusieurs syst&egrave;mes anthropotechniques coop&egrave;rent de fait et &eacute;changent leurs informations gr&acirc;ce &agrave; des r&eacute;seaux communs, un r&eacute;seau d&rsquo;acteurs raisonnant selon les m&ecirc;mes logiques et agissant de fa&ccedil;on plus ou moins coordonn&eacute;e pourra se mettre en place spontan&eacute;ment. <br /> <br /> Nous indiquons dans notre essai qu&rsquo;avec le d&eacute;veloppement de l&rsquo;instrumentation scientifique en r&eacute;seau impliquant un nombre croissant de cerveaux d&rsquo;observateurs humains, un syst&egrave;me anthropotechnique d&rsquo;un nouveau genre pourrait se superposer aux syst&egrave;mes plus sp&eacute;cialis&eacute;s. Il disposera de cognitions plus &eacute;tendues et de moyens d&rsquo;action plus efficaces. Ses mises en garde et recommandations visant &agrave; &eacute;viter les risques identifi&eacute;s pourraient peut-&ecirc;tre mobiliser un nombre plus &eacute;lev&eacute; de syst&egrave;mes anthropotechniques jusqu&rsquo;alors &eacute;go&iuml;stes. Dans le cas de la course suppos&eacute;e de la plan&egrave;te &agrave; la crise syst&eacute;mique, un tel syst&egrave;me anthropotechnique scientifique (nous dirions plut&ocirc;t dans ce cas hyper-scientifique car faisant appel &agrave; des sciences diff&eacute;rentes) se mettra&ndash;t-il en place suffisamment vite pour que le pire soit &eacute;vit&eacute; ? Il est impossible aujourd&rsquo;hui de faire cette hypoth&egrave;se optimiste. Tout au plus peut-on penser que le drame final se produirait beaucoup plus t&ocirc;t si les observateurs enferm&eacute;s dans leurs propres syst&egrave;mes anthropotechniques pr&eacute;scientifiques comptaient sur les vertus d&rsquo;un pr&eacute;tendu esprit humain divinis&eacute; pour prendre les choses en mains. <br /> <br /> &nbsp; Thu, 04 Mar 2010 23:00:00 GMT Rappel pour le livre de Jean-Paul Baquiast http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=54 54 <img src="http://www.europesolidaire.eu/repimg/20080521093828_livrepetit.jpg" align="left" alt="photo" title="" border="0" /><br />L'Europe et le vide de puissance<br /> Essai sur le gouvernement de l'Europe au si&egrave;cle des Super-&Eacute;tats<br /> &Eacute;ditions Jean Paul Bayol &ndash; <br /> - disponible fin mai 2008 dans toutes les bonnes librairies, en ville ou en ligne. <br /> <br /> <strong>Pr&eacute;sentation <br /> </strong><br /> L&rsquo;Europe, d&eacute;j&agrave; en manque de souverainet&eacute; juridique et politique, ne peut aujourd&rsquo;hui acqu&eacute;rir la souverainet&eacute; &eacute;conomique et technologique dont elle aurait besoin pour r&eacute;sister aux super-&Eacute;tats qui dominent le monde. Ceux-ci pratiquent sans complexe l&rsquo;interventionnisme et la guerre &eacute;conomique, en attendant de s&rsquo;affronter dans de v&eacute;ritables conflits. <br /> <br /> &Agrave; ces risques g&eacute;opolitiques s&rsquo;ajoutent les crises climatiques, environnementales et d&eacute;mographiques dont on ne mesure pas encore toute l&rsquo;ampleur.<br /> <br /> Ce livre envisage quelques voies permettant aux Europ&eacute;ens de combler en partie leur vide de puissance. Elles supposent beaucoup de sacrifices dans le domaine mat&eacute;riel et des investissements consid&eacute;rables dans les sciences, les technologies et les industries nouvelles. Elles pourront r&eacute;veiller, notamment &agrave; l&rsquo;Est, les vieilles peurs du collectivisme et du dirigisme bureaucratique. Nous voudrions que le lecteur ne s&rsquo;arr&ecirc;te pas &agrave; ces craintes. Il faut bien mesurer que la civilisation europ&eacute;enne ne survivra, dans un monde de trois milliards d&rsquo;hommes aux revenus ne d&eacute;passant pas deux dollars par jour, que si elle propose &agrave; ses ressortissants d&rsquo;autres perspectives que celle d&rsquo;une consommation irresponsable.<br /> <br /> <strong>Plan </strong><br /> <br /> Avant-propos : sortir du pi&egrave;ge de l&rsquo;atlantisme <br /> Introduction : souverainet&eacute; et puissance<br /> <br /> Chapitre 1. Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;une grande puissance ? p.11<br /> Section 1. Fiche signal&eacute;tique de la puissance <br /> Section 2. Les puissances mondiales <br /> Section 3. Les puissances de la mis&egrave;re et celles du crime organis&eacute;<br /> <br /> Chapitre 2. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;Europe n&rsquo;est pas une grande puissance p. 31<br /> Section 1. Le sentiment d&rsquo;appartenance<br /> Section 2. Les forces &eacute;conomiques<br /> Section 3. L&rsquo;armature &eacute;tatique et administrative<br /> <br /> Chapitre 3. Evolution du monde et grandes puissances p. 44<br /> Section 1. Les risques syst&eacute;miques<br /> Section 2. Les risques socio-politiques<br /> Section 3. Fin de l&rsquo;h&eacute;g&eacute;monie am&eacute;ricaine et entr&eacute;e en sc&egrave;ne des puissances asiatiques <br /> <br /> Chapitre 4. Les grandes puissances vont devoir trouver des terrains d&rsquo;entente p. 67<br /> Section 1. : La lutte contre le changement climatique et pour la protection des &eacute;co-syst&egrave;mes<br /> Section 2. La pr&eacute;vention des conflits<br /> Section 3. Les grandes aventures techno-scientifiques <br /> <br /> Chapitre 5. Le retour de l&rsquo;Europe dans le concert des grandes puissances p. 94<br /> Section 1. Les enseignements de l&rsquo;histoire<br /> Section 2. Capitalisme financier contre patriotisme &eacute;conomique<br /> Section 3. Pour un n&eacute;o-colbertisme europ&eacute;en<br /> <br /> Chapitre 6. Des valeurs structurantes pour une grande puissance originale p. 125<br /> Section 1. L&rsquo;Europe est un syst&egrave;me multi-agents structur&eacute; par un jeu de valeurs sp&eacute;cifiques<br /> Section 2. Des valeurs &laquo; immunisantes &raquo; : droits de l&rsquo;homme, &eacute;galit&eacute; entre les sexes, la&iuml;cit&eacute;<br /> Section 3. Des valeurs &laquo; dynamisantes &raquo; : la r&eacute;publique, la social-d&eacute;mocratie, la philosophie critique <br /> <br /> Chapitre 7. Pistes institutionnelles p. 150<br /> Section 1. La voie f&eacute;d&eacute;rale<br /> Section 2. Les coop&eacute;rations renforc&eacute;es<br /> Section 3. Le r&ocirc;le de la France<br /> <br /> Conclusion : un mod&egrave;le pour le monde ? <br /> Annexes (voir note ci-dessous) Tue, 13 May 2008 23:00:00 GMT