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Fethi Benslama

Le Professeur Fethi Benslama n'est pas suffisamment connu du grand public. Ses travaux apportent pourtant des lumières indispensables à la compréhension des phénomènes de terrorisme s'appuyant sur l'islam. Nous sommes heureux ici de contribuer à leur diffusion.
De double culture, tunisienne et française, Fethi Benslama représente le meilleur de ce que la coopération entre ces cultures peut apporter aujourd'hui à la science. Ses titres sont impressionnants.

Professeur de psychopathologie à l'Université Paris Diderot

  • Directeur de l'UFR d'Études Psychanalytiques

  • Directeur de l'Institut des Humanités, Université Paris Diderot

  • Directeur de la spécialité « Psychanalyse et Médecine » du Master Recherche de psychologie

  • Psychanalyste

  • Membre de l'Académie Tunisienne des Sciences, des Lettres et des Arts.

En citant Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Fethi_Benslama

Fethi Benslama s'intéresse au fait religieux et à ses manifestations radicales dans une orientation psychanalytique et consacre ses recherches aux liens entre psychanalyse, migration, médecine ou encore religion. Il s'intéresse particulièrement à l'Islam et à sa relation avec l'islamisme7, et publie notamment La psychanalyse à l'épreuve de l'islam (2002) et Déclaration d'insoumission à l'usage des musulmans et de ceux qui ne le sont pas (2005).Il publie notamment, en 1988 La nuit brisée, ouvrage consacré à une approche de la question du langage du point de vue psychanalytique chez le fondateur de l'islam. Lors de la fatwa qui touche Salman Rushdie (1989), il prend sa défense et publie en 1994 un essai intitulé Une Fiction troublante, qui étudie l'ouvrage de Rushdie, « Les Versets sataniques ». En 2002, il publie La psychanalyse à l'épreuve de l'islam, traduit en plusieurs langues.

Son dernier ouvrage « Un furieux désir de sacrifice. Le surmusulman », reprend en les actualisant les principaux thèmes de ses recherches. Nous ne le résumerons pas ici, mais renverrons à deux entretiens qu'il a eu en avril 2016 avec des journalistes du Monde puis auparavant dans le cadre du Blog Médiapart. En 2015 le Monde avait précédemment publié un interview de lui. On trouvera les références correspondantes ci-dessous, par ordre inversement chronologique. Nos lecteurs sont vivement incités à les lire attentivement.

Disons simplementque ses recherches développent un thème généralement mal traité par ceux qui étudient les racines du terrorisme islamiste. Les individus, musulmans d'origine ou récemment convertis, hommes ou femmes, trouvent dans le djihad et plus particulièrement dans les opportunités d'attentats suicides qu'il offre, une façon de résoudre des conflits internes que pour des raisons diverses, ils avaient été incapables de se représenter à eux-mêmes. Chacun nait avec de tels problèmes conflictuels, mais généralement à l'adolescence, avec l'entrée dans les études, la vie professionnelle et la vie sexuelle, une nouvelle personnalité généralement apaisée s'impose à eux.

Quand ils en sont incapables, et sans nécessairement s'en rendre compte, ils se saisissent des opportunités auto-destructrices et destructrices dont les sociétés ont toujours été porteuses. Le combattant-suicide trouve dans la mort qu'il impose non seulement aux autres mais à lui-même, la possibilité d'évacuer radicalement des tensions qu'il était incapable de maitriser. Ce faisant, il se donne de lui-même, un court instant, l'image grandiose dont il rêvait inconsciemment jusque là sans pouvoir l'atteindre.

Observons que ces processus se rencontrent fréquemment chez tous ceux, jeunes ou moins jeunes, qui s'adonnent de façon destructrice à la drogue, l'alcool et autres conduites suicidaires. Mais dans la suite des conflits actuels au Moyen Orient, ayant entrainé l'apparition d'organisations politiquement organisées, tels que Daesh, se revendiquant de l'islam et du djihad, ils prennent une portée d'ampleur international. Le nombre des recrues ne risque donc pas de diminuer, d'autant plus que ces organisations savent parfaitement utiliser les ressources des réseaux numériques pour se répandre.

On peut ajouter que lorsque des Etats s'inspirent de ces perspectives pour mener des combats permanents contre ce que l'on peut appeler la culture athée européenne, ils mobilisent toutes leurs ressources économiques et militaires pour encourager les comportements suicides. C'est le cas notamment de l'Arabie saoudite, dans une large mesure de la Turquie et même des Etats-Unis. Ces derniers ont joué avec le feu pour mobiliser au service de leurs intérêts géostratégiques ce qu'il y avait de plus destructeur dans un islam de combat.

L'exemple de Fethi Benslama montre cependant que la science laïque, grâce à des chercheurs comme lui, est encore capable de leur opposer les ressources de l'intelligence.

Références à lire

Le Monde 2016
http://abonnes.lemonde.fr/religions/article/2016/05/10/assimiler-la-radicalisation-islamiste-a-un-phenomene-sectaire-pose-probleme_4917030_1653130.html?xtmc=benslama&xtcr=1

Mediapart.
https://blogs.mediapart.fr/monica-m/blog/221115/entretien-avec-fethi-benslama-islam-islamisme-musulmans

Le Monde 2015
http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2015/11/12/pour-les-desesperes-l-islamisme-radical-est-un-produit-excitant_4808430_3224.html

Voir aussi, sur l'auteur

Editions Lignes http://www.editions-lignes.com/_Benslama-Fethi_.html

 http://www.ep.univ-paris-diderot.//crpms/membres-du-crpms/directeurs-de-recherche/fethi-benslama/

11/05/2016

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