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Le séisme des années 2008-2010 et ses suites

Hubert Levoyer est un financier spécialiste des marchés. Nous avons précédemment publié un de ses articles: Des stratégies sans visions http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1325 JPB pour Europe solidaire
En fait il ne s'agit que d'une crise ''2008.2'', une vraie poursuite de la crise de 2008 non résolue en 8 ans, dont les motifs n'ont fait que s'amplifier, en France, en Europe, sur toute la planète, et tout particulièrement dans les mondes financiers et technologiques (les dérivés ont à nouveau atteint 700 000 Md$). La nouvelle crise pourrait évoluer dans quelques trimestres en ''La seconde grande dépression'' si elle n'est pas rapidement contrée. Pour résumer :

Nous sommes en fait dans un monde déboussolé par une accélération non maitrisée de l'histoire technologique, politique, financière, des excès du capitalisme, du matérialisme, de la volonté souvent de s'éloigner des traditions et des repères, avec l'apparition de groupes désordonnés, des hydres aveugles jusqu'à détruire l'Histoire même de l'humanité. L'Europe et la France sont aussi de bons laboratoires de ces excès. A cette accélération s'ajoute actuellement l'absence cruelle de grands hommes dans les pays qui ont créé le grand développement depuis le XVIII° siècle et l'ère industrielle, dans les faits l'Europe puis les Etats Unis à partir de la fin du XIX° siècle. C'est à la fois un symptôme et une cause de cette crise.

A l'absence de visions et d'efficacité des politiques, s'ajoute maintenant celle des dirigeants des grandes institutions dont les Banques Centrales, et les nouveaux dérapages du monde financier au profit de petits groupes restreints, ainsi que l'absence de scrupules ou de limites chez les acteurs des nouvelles technologies, comme en biotechnologies ou dans le monde connecté, à la NSA. L'image qui vient à l'esprit est celle de dirigeants qui face à un monde en ébullition s'accrocheraient toujours à des ''logiciels dépassés'', loin de répondre à l'accélération du monde depuis l'apparition de la quatrième révolution, celle du numérique qui a une répercussion civilisationnelle beaucoup plus importante et plus rapide que les précédentes. Un véritable choc, un séisme.

L'Histoire a connu à de nombreuses reprises de telles périodes qui en fait se sont terminées par la disparition de la civilisation en cause et un nouveau départ, souvent dans une autre contrée et parfois après un long laps de temps. La question dans ces années 2010, est d'une autre nature. En conséquence du développement des transports, des communications, du numérique et du plus large accès au savoir, le monde s'est globalisé. La crise couvre cette fois l'ensemble de la planète et l'ensemble des domaines, de la finance aux technologies, aux données démographiques, aux limites des matières premières, énergétiques, alimentaires, aux conséquences liés aux élevages, aux rendements nécessaires des céréales, aux volumes quotidiens des nouveaux produits non dégradables, aux limites de l'eau, jusqu'aux répercussions potentielles sur le climat. Cette dimension est toute nouvelle dans l'histoire de notre planète.

Sa solution ne peut-être que par une action humaine, par un ou plusieurs grands hommes accompagnés par des équipes efficaces. Si plusieurs apparaissent en même temps, la reprise sera géographiquement multiple et plus douce, s'il ne s'agit que d'un seul la reprise sera plus longue, plus difficile et plus risquée sur le plan démocratique. Quand, comment et où émergera cette solution ?

Telles sont les vraies questions dans la montée de ce chaos.

Hubert Levoyer

26/01/2016

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