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Pourquoi Matteo Renzi semble-t-il réussir en Italie, alors que François Hollande échoue en France?

Au terme de sa première année de pouvoir, Matteo Renzi a réussi à faire accepter en Italie un corps de mesures que certains qualifieront en France de régressions sociales, d'autres de réformes audacieuses, mais que nul ne paraît contester en Italie.

Ainsi une loi a éliminé la plupart de ce que l'on appelle les rigidités du marché du travail. Parallèlement, la réduction des dépenses publiques et les simplifications administratives ont dégagé en fin d'année un excédent budgétaire (hors charges de la dette) de 50 milliards d'euros. D'autres « réformes » ont été entreprises, réforme de l'école, lutte accrue contre une corruption très répandue, ou contre les vacances abusives de la part de certains fonctionnaires. Il est trop tôt pour prévoir si tout ceci sera appliqué. En tous cas, le corps politique en a accepté le principe. Ceci d'autant plus qu'au plan fiscal, le gouvernement Renzi a fait un geste: petit allégement des impôts des foyers dits modestes et des taxes frappant la production.

En ce qui concerne les institutions, Matteo Renzi a convaincu le Sénat d'accepter une forte réduction du nombre de ses membres et de ses pouvoirs. 1l a pu enfin faire accepter aux notables une réforme territoriale de grande ampleur, supprimant 100 provinces faisant double emploi avec la vingtaine de régions existant par ailleurs.

L' « acrobate » Renzi a provoqué évidemment ce faisant de nombreuses manifestations syndicales et séances parlementaires tumultueuses, mais finalement tout s'est apaisé. En aucun cas, il n'a renoncé aux mesures proposées. La gauche et l'extrême gauche se sont laissées convaincre, le populiste Beppo Grillo semble avoir disparu des radars.

Le mystère français

Dans le même temps, François Hollande, qui s'était fait élire sur un programme comportant de telles réformes, sans mentionner d'autres plus ambitieuses, comme lutter contre la finance, n'a pas réussi à faire aboutir la moindre des mesures proposées, hors la ridicule Loi Macron et sa décision-phare concernant le travail du dimanche. Chaque fois, des manifestations venant tant de la droite que de la gauche, provenant des divers intérêts ciblés par ces réformes, ont éclaté et entraîné un prompt recul du gouvernement. Aujourd'hui plus personne ne croit à la moindre des promesses faites par le président . Il faut reconnaître que les promesses de « réformes » provenant de l'ancienne majorité ou du Front National à l'extrême droite ne sont pas davantage jugées crédibles par ceux qui dans l'opinion se donnent la peine d'y réfléchir.

Les observateurs tant de l'Italie que de la France en sont donc conduits à conclure que l'Italie, pendant des années jugées irresponsable et ingouvernable, semble aujourd'hui pouvoir tirer son épingle du jeu au sein de l'Union européenne. C'est au contraire la France qui est en train de mériter la palme de l'ingouvernabilité. Le cadre de cet article ne permet pas de formuler des hypothèsesde type anthopologique ou géopolitique expliquant cette différence entre les deux pays.

Mais il serait urgent d'y réfléchir. Notamment de la part de ceux des citoyens français qui ne se résignent pas à l'effacement définitif de leur pays


16/03/2015

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