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Lutte contre la production des gaz à effet de serre.

La France, malgré des efforts louables et une relative prise de conscience du problème, ne tient pas ses engagements.

Dans un article datant d'avril 2016, référence ci-dessous, Le Monde observait que le Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD), par un rapport publié le 14 avril, à propos de « la division par quatre des émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2050 ». notait que la France prenait un retard sensible dans ses engagements. Cet objectif, connu sous le nom de « facteur 4 », a été annoncé par la France en 2003, confirmé lors du Grenelle de l'environnement de 2007 et inscrit expressément dans la loi de transition énergétique promulguée en août 2015.

Le rapport montre que les émissions françaises de gaz à effet de serre  reculent, mais à un rythme encore insuffisant , notamment au regard des résultats de l'Union européenne en ce domaine. Ces émissions ont diminué de 16 % entre 1990 et 2014 sur le territoire national, alors que durant la même période elles ont reculé de 24 % en moyenne pour l'ensemble de l'UE. Pour atteindre le facteur 4, la France devrait réaliser une baisse de 40 % en 2030 par rapport à 1990.

Tous les domaines sont concernés. Dans le secteur des transports, premier émetteur de gaz à effet de serre, soit près de 30 % du total national, les rejets n'ont cessé d'augmenter depuis 1990, en raison de la croissance du trafic de voitures particulières et de véhicules utilitaires. Dans le secteur du bâtiment, responsable de 26% du total, les rénovations de logement essentielles dans ce domaine sont elles-aussi très en retard, tant dans le domaine du parc privé que de celui des HLM.

L'agriculture, qui produit 20% des émissions, se révèle pratiquement impossible à décarboner, du fait notamment des résistances aux nouvelles pratiques en agro-écologie ou de lutte contre le gaspillage alimentaire. L'industrie seule (18 % des émissions) voit ses émissions ne pas augmenter, mais ceci est du essentiellement à la baisse de la production tenant à une stagnation de la croissance et à une augmentation des importations.

Le rapport indiquait que « L'atteinte du facteur 4 repose à ce stade sur des hypothèses nécessitant une amélioration des signaux prix [taxe ou marché carbone], des progrès technologiques, des obligations réglementaires et des comportements différents ».

Or la France n'a rien vraiment entrepris en ce sens, en dehors de quelques progrès technologiques. Il en est de même dans les rares pays européens s'impliquant sérieusement, en principe, dans la lutte contre le réchauffement.

Le rapport devrait légitimement inquiéter. Si les résultats de la France sont si médiocres, alors qu'elle veut se situer dans les premiers pays en matière de lute, que dire du reste du monde. Les quelques dix milliards d'humains que devrait compter la planète dans 70 ans  ne voudront pas, ou en tous cas ne pourront pas faire mieux. Bien au contraire. Ils se déplaceront davantage.  ils ne pourront pas construire les milliards de logements thermo-neutres nécessaires. Ils ne pourront pas limiter leur impact sur l'environnement végétal qu'ils ne cesseront au contraire de détruire au profit de la désertification. Ils seront incapables de modifier comme il le faudrait leurs techniques industrielles.

A supposer enfin que certains gouvernements, conscients du risque, s'efforcent d'intervenir réglementairement, bien peu de leurs citoyens ne voudront se conformer à des règles plus impératives. Celles-ci dans l'immédiat ne leur apporteraient que de lourdes contraintes en vue d'un résultat lointain difficile à concrétiser. Quant aux nouvelles techniques industrielles visant à mettre en place une récupération et une réutilisation du CO2, elles seront si coûteuses à financer à l'échelle suffisante qu'elles resteront de simples démonstrateurs de laboratoire.

Faut-il en conclure que, dans ce domaine comme dans d'autres, la marche actuelle de l'humanité vers des catastrophes massives se produisant avant la fin de siècle ne pourrait pas être arrêtée ? Chacun se fera une opinion.

Référence

https://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2017/04/20/reduction-des-gaz-a-effet-de-serre-la-france-doit-forcer-l-allure_5114452_3244.html?

16/10/2018

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