Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser
Les mots clés

Conversation téléphonique Poutine-Trump du 21 novembre 2017

Les milieux diplomatiques ont attaché la plus grande importance à cette conversation, compte-tenu des difficultés des deux leaders à se rencontrer. Le compte-rendu référencé ci-dessous provient du Kremlin. Comme la Maison Blanche n'en a pas encore proposé de version différente, on peut penser qu'il correspond fidèlement à la conversation

Le texte ne précise pas à l'initiative de qui cette conversation a été décidée. En tous cas, il est presque évident que les propos de Trump reflètent sa pensée à la date de l'entretien, et non celle de la Maison Blanche et du quatuor de généraux qui le plus souvent téléguide ses interventions. On peut penser que Poutine et Trump en ont décidé d'un commun accord lors de leur brève rencontre au sommet de l'APEC, après qu'ils aient constaté qu'un véritable sommet entre eux était indéfiniment reporté par les appareils de la Maison Blanche, et peut-être aussi du Kremlin.

Concernant la Syrie

Ces derniers temps les Russes avaient pratiquement réussi à évincer les Américains des négociations, constatant les blocages permanents mis par Washington à des discussions constructives avec Bashar al Assad et la coalition dite chiite associant l'Irak et l'Iran, ainsi que la Turquie. Cependant Poutine prend soin de réintégrer Trump dans le circuit, comme si lui-aussi avait été partenaire de la Russie dans ce grand succès diplomatique et militaire. C'est prudent, s'il ne désespère pas de la bonne volonté personnelle de Trump dans cette affaire, comme dans la question en découlant de la lutte contre le terrorisme fomenté par l'Etat islamique.

Poutine en associant Trump à ce succès, espère sans doute  le dissuader de poursuivre comme le voudrait le lobby militaro-industriel un Plan C reposant sur la mise en place d'un Etat kurde indépendant au nord de la Syrie, nécessairement hostile à Assad. Comme nous l'avions rappelé par ailleurs, la plupart des Kurdes, réalistes, ont renoncé d'eux-mêmes à ce Plan C.

Sur la Corée du Nord

L'échange semble avoir été bref. On peut penser que Trump, au lieu de relancer sa menace de destruction de la Corée du Nord, a convenu avec Poutine que des « négociations ouvertes » avec Pyong Yang permettraient de mettre momentanément un terme aux menaces militaires de ce dernier, à condition que Trump respecte la souveraineté du pays. Sur ce point, Trump devrait être d'autant plus soucieux de suivre ce conseil que même ses généraux s'élèvent ouvertement contre une déclaration de guerre débouchant quasi nécessairement sur l'emploi de l'arme atomique.

Sur l'Ukraine

Poutine s'est redit déterminé à appliquer intégralement les accords de Minsk du 12 février 2015. Il ne semble pas que Trump soit très intéressé par ce dossier, qu'il ne considère pas comme concernant la sécurité américaine. Aura-t-il cependant la capacité de s'opposer au complexe diplomatico-militaire américain qui s'efforce de relancer les moyens y compris en armements lourds, dont dispose le gouvernement ukrainien actuel dans sa lutte contre la République dite auto-proclamée du Donetsk.

Concernant l'Afghanistan

Le compte-rendu laisse penser que ni Trump ni Poutine ne se soient étendus sur ce sujet. L'un et l'autre sont sans doute convaincus que le premier souci devrait être de tarir le narco-trafic provenant de ce pays.

Sur l'Iran

Trump et Poutine se sont bornés à constater leur opposition radicale concernant la politique à tenir à l'égard de ce pays. Rien n'a été envisagé permettant de trouver des perspectives communes. Inutile de dire que si Trump persistait, poussé notammant par Israël, à vouloir attaquer militairement Téhéran, une guerre russo-américaine en découlerait quasi automatiquement. 

Sommaire du Compte-rendu

http://en.kremlin.ru/events/president/news/56143

 

22/11/2017

A LIRE AUSSI
Les articles du même type
Europe Solidaire