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Le gaz russe vers l'Europe

Nous avons relaté l'arrêt, à l'initiative de Vladimir Poutine, des négociations acec l'Union européenne visant à la mise en place d'un gazoduc nommé South Stream vers le sud de l'Union européenne. Cette décision a résulté d'obstacles juridiques élevés par celle-ci, principalement sous la pression américaine visant à découragé toute coopération entre la Russie et l'Europe.

L'Europe a cependant un grand besoin de gaz russe, en supplément de celui utilisant une voie vers l'Allemagne dite North Stream, mise en place avec un fort soutien de Berlin. Le gaz arrivant par méthaniers d'Algérie ou du golfe Persique est largement insuffisant.

La Russie a remplacé le projet South Stream, comme nous l'avions indiqué précédemment, par un projet dit Turkish Stream dont le point terminal (le hub) sera en Turquie. A partir de ce point, les pays européens le souhaitant pourront importer du gaz russe. Mais le Turkish Stream, dans sa configuration complète, n'entrera pas en service avant quelques années. Cependant, le monde du pétrole et les considérations géostratégiques et économiques qu'il implique, est complexe, et le paysage offert change rapidement

C'est ainsi que la compagnie d'ingénierie russe Stroytransgazl, bien que soumise aux sanctions imposées par les Etats-Unis, n'a pas pour autant renoncé à ses projets de mise en place de gazoducs ou pipelines vers l'Europe. Elle vient d'annoncer qu'elle construira un gazoduc à travers la Macédoine, candidate à l'Union européenne. Celui-ci diminuera d'environ 50% la dépendance de la Macédoine à l'égard de gaz russe transitant à travers l'Ukraine, dont l'avenir est très incertain. Il aura vocation également à devenir un élément important d'un vaste réseau interbalkanique lié au projet russo-turc TurkisStream précité. (Voir carte).

Stroytransgaz installera 60 km de tubes pouvant entrer en service en juin 2016. Dans le même temps, Gazprom et ses interlocuteurs turcs s'efforcent d'accélérer les décisions concernant le Turkish Stream proprement dit, son point d'arrivée en Turquie et les voies permettant d'atteindre la Grèce. Inutile de préciser que l'actuel gouvernement grec, à la recherche de revenus nouveaux, s'intéresse beaucoup à cette perspective.

Le Turkish Stream aura la même capacité que le défunt South Stream, soit 63 milliards de mètres3 (bcm) annuellement. 16 bcm resteront en Turquie pour les besoins propres du pays, le reste pourra être exporté. La Serbie comme la Bulgarie commencent à s'inquiéter du refus du South Stream auquel elles ont participé sous les injonctions américano-européennes.

La Macédoine pour sa part ne sera pas pour la Russie une partenaire de toute tranquillité, du fait du facteur d'instabilité tenant à la question de l'Albanie, très certainement attisée par les Etats-Unis (CIA) comme l'ont montré les récents évènements de Skopie. Mais le besoin de pétrole et de gaz conduira certainement les pays des Balkans à s'entendre pour collaborer, sinon avec Vladimir Poutine, du moins avec Gazprom. 

25/03/2015

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