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Nouvelles armes russes

La revue américaine National Interest vient de publier deux articles intéressant les développements en cours de deux armes d'un intérêt stratégique essentiel. Ces informations sont évidemment connues depuis un certain temps par les spécialistes de défense, mais elles sont généralement ignorées du grand public.

C'est un tort car elles pourraient avoir un intérêt essentiel dans la perspective, que l'on ne peut éliminer aujourd'hui, d'engagement militaires entre grandes puissances. Il s'agit des torpilles sous-marines utilisant la super-cavitation, et des projets en cours intéressant une sixième génération d'avions de combat.

Nous y ferons ci-dessous une rapide présentation, renvoyant pour plus de détails aux articles du National Interest et aux sources sur lesquelles ils s'appuient.

1) Torpilles sous marines russes capables d'atteindre les vitesses supérieures de 6 fois à celles des torpilles actuelles, soit 200 nœuds environ.

Voir https://nationalinterest.org/blog/buzz/russian-submarines-are-equipped-deadly-supercavitating-torpedoes-and-navy-cant-match-it

Leur intérêt est évident. Avec les torpilles actuelles, lancées d'un sous-marin, le navire ciblé aura le temps de les détecter avant d'être atteint, et surtout de frapper immédiatement en retour le sous-marin lanceur avant qu'il n'aitpu  s'éloigner. Elles sont nommées «  torpilles supercavitantes » ou supercavitating torpedo. Comme beaucoup d'armes utilisés par les armées russes actuellement, elles ont été conçues du temps de l'URSS, en pleine guerre froide, pour essayer de contrer les matériels innovants que ne cessaient de produire et mettre en service les Etats-Unis. Cette torpille était connue sous le nom de VA-111 Shkval https://en.wikipedia.org/wiki/VA-111_Shkval

Le Shkval n'a été connu par les Américains que vers 1995. Pour une raison que nous ne pouvons expliquer, les militaires américains ne s'y étaient pas intéressés et n'ont pas à ce jour développé des armes équivalentes. Les torpilles actuelles sont propulsées par des hélices ou des jets d'eau à haute pression. Shkval utilise un moteur fusée. Mais le point important est qu'il est capable de pénétrer l'eau sans créer de résistance . La solution utilisé est d'éliminer l'eau devant son étrave.

Pour cela, l'engin utilise une partie de ses gaz très rapides et très chauds de propulsion pour transformer l'eau qu'il pénètre en une étroite bulle de vapeur d'eau. Se déplaçant dans cette bulle, il rencontre beaucoup moins de résistance qu'en pleine eau. Ce procédé est connu sous le nom de supercavitation https://en.wikipedia.org/wiki/Supercavitation

Les torpilles modernes sont capables, à partir des techniques de pilotage actuelles utilisant l'Intelligence artificielle, de changer de trajectoire pour s'adapter aux déplacements de la cible. Mais si la torpille supercavitante veut faire de même, elle sort de sa bulle et rencontre immédiatement la résistance de l'eau, ce qui peut entraîner sa destruction. Si la torpille était dotée d'une tête nucléaire, on peut imaginer les conséquences d'un tel changement de trajectoire.

Une solution utilisée consiste à utiliser la torpille à haute vitesse pour lui donner le temps de se rapprocher de sa cible sans être détectée. Ceci fait, sa vitesse est réduite et la torpille de déplace et change de trajectoire à basse vitesse.

L'US Navy, du fait incompréhensible indiqué ci-dessus, ne s'y était pas à ce jour intéressée. Il semble qu'elle en étudie aujourd'hui une version pour son compte. Par comtre la marine russe, sous-marine et de surface, en utile un nombre respectable. Les versions actuelles sont conçues pour emporter une charge conventionnelle. L'Iran, sans doute avec l'aide russe, a mis au point depuis déjà quelques années une version de la torpille nommée Hoot https://en.wikipedia.org/wiki/Hoot_(torpedo)

On peut prévoir que dans les prochaines années la guerre sous-marine prendra avec ces techniques beaucoup plus d'importance.

2) Projet d'avions de combat de 6e génération

Voir https://nationalinterest.org/blog/buzz/beyond-f-22-or-f-35-what-will-sixth-generation-jet-fighter-look-26451

Parler de générations au sujet d'avions de combat qui évoluent en permanence n'a pas beaucoup de sens. Cependant vu que l'US Air force utilise ce terme pour désigner son Joint Strike Fighter F-35, qui d'ailleurs après $1,5 milliards de dépenses, n'est pas encore opérationnel, on peut employer le terme de 6e génération pour désigner des appareils dotés de caractéristiques nettement plus avancées.

Les Etats-Unis pour obtenir une 6e génération, se bornent pour le moment à tenter d'améliorer le F-35 en le baptisant d'un nouveau nom. Par contre, la France, l'Allemagne et le Royaume-uni espèrent obtenir prochainement un prototype d'avion de cette catégorie à partir du Rafale et du Tempest actuellement en service. D'autres pays, notamment le Japon, la Chine et l'Inde espèrent s'en doter. La Russie pour son compte envisage de donner une 6e génération à l'intercepteur Mig-41 actuellement en service.

Cet appareil, comme les autres évoqués ici, sera caractérisé par une furtivité renforcé, lui donnant la capacité de pénétrer les batteries de missiles anti-missiles comme le S 400 russe. Il sera doté de nouveaux matériaux dit radar-absorbant et de formes améliorant sa furtivité. Mais cela ne suffira pas. Il disposera de capacités de guerre électronique, autrement dit d'une avionique perfectionnée lui permettant de faire face efficacement aux attaques venant de la terre ou d'autres appareils.

Les pilotes seront dotés de casques leur donnant directement accès à toutes les données importantes sans les obliger à consulter le tableau de bord. Ils disposeront de voilures plus efficaces que les actuelles et de moteurs capables de fonctionner plus longtemps afin de pouvoir attaquer des objectifs éloignés sans avoir à s'en rapprocher dangereusement. Enfin, bien évidemment, ils emporteront des missiles intelligents de dernière génération. Ces missiles seront plus nombreux que ceux embarqués jusqu'à présent.

Par contre, compte-tenu de la difficulté de réaliser de tels appareils, les ingénieurs n'essaieront pas de mettre eu point pour le moment des avions sans pilotes.

3. Systèmes de missiles

Les systèmes S-300, en cours d'installation en Syrie, pourront protéger certains sites stratégiques de Damas, notamment des dépôts de munitions ou des intersections entre voies de communication, sans mentionner la capitale elle-même. Mais ils ont des faiblesses. La Russie pour sa part s'est dotée de systèmes M-400, plus efficaces. Ils permettent d'envoyer simultanément un plus grand nombre de missiles plus lourds, dont la portée est plus grande.

Cependant la Russie envisage la production de systèmes M-500, dont les performances exactes ne sont pas divulgués. Selon l'expert militaire militaire russe Alexeï Leonkov, que vient de citer Sputnik, la production en série des S-500 est prévue pour s'étager entre les années 2020-2025.

Conçu par le consortium Almaz-Anteï qui en assure la réalisation https://en.wikipedia.org/wiki/Almaz-Antey le système de missiles S-500 a une portée de 600 kilomètres et est capable de détecter et frapper simultanément jusqu'à 10 cibles supersoniques. Selon Militarywatchmagazine https://militarywatchmagazine.com/, les capteurs des S-500 sont uniques au monde. Ces systèmes pourront fournir des données sur les objectifs visés aux systèmes de missiles en service, dont le S-300V4 en Syrie. Les S-500 seront capables de détruire les avions de détection Boeing E-3 Sentry et les avions ravitailleurs Boeing KC-135. Il paraît assuré qu'à la suite du développement de ces systèmes russes, les potentiels adversaires de la Russie devront réviser leurs stratégies de guerre aérienne.

 


 

 

14/10/2018

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