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Guerre contre le terrorisme? Oui mais quelle guerre?

Dans un article du 19/07, nous écrivions que la « généreuse politique d'accueil aux migrants » de Angela Merkel favorisait nécessairement en Allemagne l'entrée de fanatiques islamistes, souvent jeunes, conditionnés pour conduire des attentats terroristes 1). Depuis celui de Munich visé par cet article, deux autres attentats se sont produits en Allemagne, frappant, selon la grande presse, la population de stupeur.

Dans un article du 19/071), nous écrivions que la « généreuse politique d'accueil aux migrants » de Angela Merkel favorisait nécessairement en Allemagne l'entrée de fanatiques islamistes, souvent jeunes, conditionnés pour conduire des attentats terroristes . Depuis celui de Munich visé par cet article, deux autres attentats se sont produits en Allemagne, frappant, selon la grande presse, la population de stupeur.

Mais l'on savait que la France, déjà atteinte par des attentats beaucoup plus meurtriers, restait une cible pour les organisations djihadistes, la plus active se présentant aujourd'hui sous le nom de Daesh. L'attentat de ce matin dans l'église de Saint Etienne du Rouvray a pleinement justifié ces prévisions. Un prêtre de 86 ans, le père Jacques Hamel, a été sauvagement égorgé au couteau, une autre personne grièvement blessée, lors de la messe de 9h30. L'attentat a été immédiatement revendiqué par Daesh.

Nous sommes résolument athés ici, et l'assassinat d'un prètre ne nous parait pas plus grave que celle de tout autre cible de Daesh. Néanmoins l'assassinat et ses circonstances ont particulièrement révoltants en l'espèce. Les tueurs voulaient-ils s'en prendre particulièrement et publiquement à l'Eglise catholique? Le calcul vise-t-il à dresser contre l'islam la communauté catholique mondiale qui demeure une force considérable, en vue de provoquer des guerres civiles généralisées. Quoiqu'il en soit, devant ce meurtre, nous nous sentons nous-mêmes viscéralement catholiques

Aucun des deux assassins, selon les informations données par la police, n'était des réfugiés. Le tueur « présumé » selon une formule bien indulgente imposée par la loi, habitait depuis plusieurs années dans la commune. Agé de seulement 19 ans, il avait déjà tenté à deux reprises de se rendre en Syrie : une première fois en mars 2015, puis une seconde fois trois mois plus tard, en mai 2015, alors qu'il était mis en examen et placé sous contrôle judiciaire dans le cadre de sa première tentative de départ avortée.

Son contrôle judiciaire violé avait donc été révoqué, et il a été incarcéré le 22 mai 2015. Après dix mois de prison, il a de nouveau été placé sous contrôle judiciaire, avec assignation à résidence sous surveillance électronique, le 18 mars 2016, et interdiction de quitter le département. L'attaque contre l'église s'est déroulée durant les heures où sa sortie était autorisée, entre 8 h 30 et 12 h 30 du lundi au vendredi.

Tout ceci signifie que des tueurs potentiels autochtones, musulmans ou non, se font recruter, soit dans le cadre d'une mosquée fondamentaliste salafiste, comme l'était précédemment avant fermeture (?) celle de la ville de Saint Etienne du Rouvray, soit par relation, soit par les réseaux sociaux. Certains sont issus de familles se disant chrétiennes. Il ne serait pas impossible à la police de les détecter avant leur passage à l'acte, en multipliant les actions de renseignement.

Mais celles-ci, à conduire principalement au sein d'une population musulmane de plus de 8 millions de personnes, supposeraient des dizaines de milliers de fonctionnaires. Leur action serait de plus en plus rejetée par cette population. Les individus une fois condamnés et remis en liberté pourraient être plus facilement suivis, mais là encore les effectifs actuels en seraient incapables. Quant au bracelet électronique, l'on savait depuis longtemps qu'il n'empêchait pas les passages à l'acte les plus dangereux.

Un Guantanamo à la française ?

L'opposition réclame non sans raison des actions bien plus radicales. On a parlé d'un Guantanamo à la française où seraient incarcérés pour des durées indéterminées les individus déjà coupables d'association avec des terroristes, ou dans l'immédiat ceux revenant de Syrie et d'Irak, tueurs expérimentés prêts à l'action. Ceci éviterait en partie par ailleurs la contamination dans les prisons de détenus initialement non tentés par le terrorisme. Le coût de tels centres de détention serait évidemment important, mais l'argument ne suffit pas pour s'y refuser. Nous pensons que l'idée devrait être étudiée voire mise en oeuvre, mais dans une configuration toute différente.

Les défenseurs de l'état de droit font valoir que ces centres obligeraient à remettre en cause toutes les traditions judiciaires tant française qu'européennes. Par ailleurs ils affirment que le Guantanamo américain ne semble pas avoir beaucoup servi dans le combat contre le terrorisme sur le sol américain. Sans doute, mais que ce serait-il passé si des milliers de militants d'Al Qaida avaient été laissés libres de circuler. En fait, les méthodes les plus efficaces seraient celles apparemment utilisées par les Russes dans la lutte contre le terrorisme tchétchène. Inutile de les décrire ici, mais là encore combien de dégâts collatéraux et de perversions possibles pourraient en résulter, dans un pays comme la France qui n'avait plus connu de telles méthodes depuis l'Occupation.

Nul en France ne propose aujourd'hui de solutions qui paraissent efficaces pour lutter contre les opérations menées par Daesh. Leur but est évidemment de dresser contre les musulmans français tous les autres segments de la population, afin de généraliser de véritables situations de guerre civile. Tous les responsables raisonnables s'en rendent compte, y compris dans les communautés musulmanes. Mais que faire? Faut-il faire, au moins momentanément, un aveu d'impuissance qui encouragerait Daesh à augmenter ses attaques?

En fait, l'histoire a montré que face à des situations hostiles il n'y avait pas d'impuissance qui ne puisse être surmontée. Ce sera à tous les responsables français, comme d'ailleurs à tous citoyens ne voulant pas rester inactifs, de proposer et expérimenter dans les mois qui viennent des solutions nouvelles possibles. Celles-ci alors, mobilisant tout un peuple, pourraient surprendre par leur efficacité.

Ajoutons que les méthodes de contrôle strict, appliquées en Israël, non sans failles, ne semblent pas utilisables dans un grand Etat comme la France

1) Voir
Bavière. La généreuse politique d'accueil aux réfugiés.

 



26/07/2016

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