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Une opportunité historique pour la France. Si Hollande était De Gaulle

La grande Histoire s'est accélérée ces derniers jours de juillet 2015. Les Français voulant ouvrir les yeux en ont plus appris sur l'Union européenne, l'Allemagne, la tutelle américaine et la dépendance française que 15 années prétendument dédiée à la « construction européenne ».

 Qu'a-t-elle montré, cette Histoire ?

- Que le grec Tsipras était un faux rebelle. Il se préparait, sans doute dès le début, par intérêt personnel, à tromper un peuple appelé aux urnes puis à céder devant la Troïka.

- Que le même Tsipras a trompé la Russie en prétendant négocier auprès de celle-ci et du Brics des appuis en cas de sortie de l'euro.

- Que certains intérêts allemands, à la tète de ce qu'il convient désormais d'appeler le bloc germanique formé par les pays du nord européen, estimaient venu le moment de prendre de facto et même de jure, la direction de l'Union européenne. Ils s'appuient pour cela sur les atouts conférés par une industrie fortement exportatrice. Mais ils oublient ce faisant que ces atouts reposent en partie sur l'exploitation d'une main d'oeuvre importée ne disposant d'aucune protection sociale ou dans le travail.

- Que la France était incapable de valoriser, pour faire jeu égal avec l'Allemagne, ses nombreux atouts de souveraineté (défense, spatial, outre-mer, etc). Au contraire, elle ne faisait rien pour réinvestir dans les secteurs porteurs. Elle semblait se résigner à un futur Francexit sans gloire.

- Que les Etats-Unis, via la NSA et la CIA, très actifs en Europe et particulièrement en Allemagne, via l'Otan, via aussi le FMI et le futur TTIP (Traité transatlantique) démontraient plus que jamais l'instrumentalisation qu'ils font de l'Europe au service de leurs ambitions financières, économiques et géostratégiques.

Un nouveau 18 juin 1940

Cependant, c'est lorsqu'il est au plus bas qu'un peuple peut rebondir, comme la France l'a montré après le 18 juin 1940. Si elle disposait aujourd'hui d'un De Gaulle, que devrait-elle faire ?

- Loin de prétendre réveiller une guerre franco-allemande, proposer à l'Allemagne de s'associer avec elle mais sur un pied d'égalité. Dans ce nouveau couple franco-allemand, l'Allemagne continuerait à apporter ses atouts industriels (précisons; industriels civils..Volskwagen n'est pas Dassault), mais la France apporterait tous les siens, dont l'Allemagne n'est pas prête d'acquérir l'équivalent. Elle ne se bornerait pas à les apporter mais elle les valoriserait par les divers moyens que malgré une pseudo-crise elle peut mobiliser. Nous avons cité ces atouts. Rappelons les: une puissance militaire incomparable en Europe, une industrie militaire et spatiale également incomparables, une économie agro-alimentaire très compétitive, l'accès via l'outremer français à tous les océans du monde, de bonnes relations avec les pays du Maghreb et de l'Afrique dite francophone.. . Ajoutons un esprit public à la fois frondeur et créatif dont le Bloc germanique semble dépourvu.

- Sur la base de la complicité franco-allemande ainsi recréée, en collaboration elle aussi avec un bloc que l'on pourrait qualifier de latin ou méditerranéen, la France devrait militer pour une refonte en profondeur des institutions de l'Union européenne et de l'eurozone. Il s'agirait de rendre celles-ci, et en priorité l'eurozone,  véritablement démocratiques, capables d'assurer des rééquilibres entre les riches et les pauvres, dotées en commun d'une fiscalité, d'un droit social et du travail, de réglementations protectrices de l'environnement. Sans attendre, cette nouvelle Europe devrait être dotée d'un Parlement démocratiquement élu, actif et ouvert aux dialogues politiques avec les peuples. Il devrait en être de même concernant l'eurozone. En termes de démocratie également, il ne faudrait pas considérer les traités européens comme intangibles, si des majorités suffisantes le demandent. Concernant l'euro enfin, celui-ci ne conservera d'utilité que s'il est géré d'une façon flexible, comme le dollar l'est par la Réserve Fédérale. L'Allemagne ne peut continuer à imposer une approche anti-inflationniste stricte qui correspond sans doute à certains de ses intérêts, mais non plus aux besoins  d'adaptation de la zone euro dans son ensemble dans un monde en changement permanent.

- Mettre en place les mesures effectives de limitation d'une immigration provenant du Moyen Orient et de l'Afrique qui, si rien n'est fait, pour diverses raisons dont à terme le réchauffement climatique, submergera rapidement l'Europe, y compris les pays les plus éloignés (Scandinavie). Elle comportera une dimension islamiste qui  la rendra vite insupportable.

- Convier la Russie et les Brics à construire en coopération un ensemble souple euro-Brics dont les perspectives seraient considérables, notamment en vue des changements climatiques et environnementaux qui se préparent. Il ne faut pas se faire d'illusion, malgré leurs atouts, les Brics seuls ne pourront jamais émerger comme vraie puissance mondiale, pour diverses raisons trop longues à évoquer ici. Avec l'Europe, vraie puissance mondiale de fait, si du moins l'Europe prenait le chemin esquissé ici, ils  pourraient le faire.

- Enfin, pour lever l'hypothèque que fait peser sur l'Europe l'Empire américain, qui évidemment s'opposera par tous les moyens à ce qui précède, décider dès maintenant et une fois pour toutes que cette nouvelle Europe ne se laissera jamais enfermer dans le piège du Traité Transatlantique, conçu par Washington pour démanteler les Etats, les provinces, les entreprises et les ensembles légaux européens.


Texte en discussion. Ici version du19/07, 23h


18/07/2015

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