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Le triste visage de l'Afrique du Sud

L'Afrique du Sud a longtemps été considérée comme un pays socialement progressiste, ayant permis l'accession de la population noire à un minimum de droits et de revenus. Politiquement, elle avait été sollicitée par la Russie et la Chine pour devenir un membre du BRICS (S. pour South Africa).

C'est au charismatique Nelson Mandela qu'elle avait du cette flatteuse réputation. Celui-ci était devenu en 1994 le premier président noir. Il ne s'est représente pas à la fin de son mandat en 1999, pour des raisons qui ne sont pas encore totalement éclairées. Officiellement il avait préférer des activités caritatives notamment la lutte contre le sida.

Son successeur Thabo Mbeki a présidé le pays de 1999 à 2008. Il a encouragé à côté de la bourgeoisie blanche la montée d'une bourgeoisie noire. Mais celle-ci, au sein notamment de l'ANC, Congrès National Africain devenu un parti dominant; n'a pas remis en cause l'ordre économique et social. Les privatisations se sont multipliées, au bénéfice notamment d'entreprises douteuses, corrompues et corruptrices. Sous le mandat de Thabo Mbeki, l'Afrique du Sud est devenue un des pays les plus inégalitaires du monde. Il a refuser de faire exploiter au bénéfice de la population et des services publics les richesses considérables du pays.

A la suite des difficultés économiques et sociales apparues lors du second mandat de Thabo Mbeki, résultant en grande partie de la mauvaise gestion de l'économie par la bourgeoisie noire, il a remis sa démission en 2009 au Parlement.

Après les élections générales du 22 avril 2009, remportées par l'ANC, Jacob Zuma est devenu le nouveau président de la République. Il a formé un gouvernement plus ouvert aux partis politiques minoritaires, dont le parti communiste et le Front de la liberté (droite afrikaner). Malgré divers scandales tels que le massacre de Marikana en 2012, où la police a tiré sur des salariés grévistes en faisant des dizaines de morts, Jacob Zuma a été réélu en 2014 pour un second mandat. Mais visé à son tour par des affaires de corruption il a été obligé de démissionner au cours d'une procédure ayant attiré l'attention du monde entier. Il est aujourd'hui remplacé par Cyril Ramaphosa.

Cyril Ramaphosa

L'élection de ce dernier (voir image) symbolise l'incapacité de la bourgeoisie noire – la bourgeoisie blanche n'aurait sans doute pas fait mieux – à mettre en place une société relativement égalitaire. Ses prétentions à l'anti-impérialisme ont dissimulé le fait que grâce à elle, les organisations syndicales, notamment, sont devenues les meilleurs soutiens de la vénalité et de l'exploitation des travailleurs.

Aussi bien, le meilleur titre de Ramaphosa à présider le pays a été, selon lui et ses soutiens, son immense fortune gagnée par des pratiques illégales sur lesquelles la lumière ne sera jamais faite. Dans une State of the Nation address, il vient d'affirmer qu'il continuerait la « longue marche vers la liberté et l'égalité, au profit de tous ». Il a aussi promis la fin de la corruption, symbolisée par la famille Gupta, multi-millardaires.

Mais qui peut croire à la sincérité de telles promesses, au regard de la vie déjà longue de Ramaphosa au service d'institutions clientélistes et népotiques, vivant de la générosité d'entreprises exploitant en toute tranquillité les richesses du pays. Il faudrait aussi rappeler que Ramaphosa a joué un rôle essentiel dans le massacre de Marikana.

Comme il fallait s'y attendre, son élection a été vivement applaudie par tous les Etats dominés par les intérêts financiers internationaux, notamment aux Etats-Unis et en Grande Bretagne. Il sera intéressant de voir la position que prendront à cet égard ses partenaires (ou futurs ex-partenaires) du BRICS, notamment la Russie et la Chine.

Note

Rappelons que l'Afrique du sud fait face à un afflux de migrants, Zimbabwéens, Nigérians, Pakistanais, qui suscitent de plus en plus de colère chez les autochtones.

 

19/02/2018

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