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Est-ce l'Allemagne seule qui a voulu l'euro ?

Dans un article référencé ci-dessous, l'économiste américain et prix Nobel Joseph Stiglitz accuse l'Allemagne d'avoir voulu l'euro de façon à pouvoir imposer à toute l'Euroland sa domination économique. Ceci d'une part en ayant conçu l'euro au seul profit de ses intérêts et d'autre part en s'opposant à toute réforme de la monnaie unique susceptible de mettre celle-ci au service de tous les Etats européens.

Ce n'est certainement pas faux. Mais l'Allemagne n'avait pas un poids politique suffisant pour à l'époque intervenir en sa faveur afin d'imposer l'euro. Elle ne l'a pas encore suffisamment, malgré son poids industriel incontestable, pour en détourner le fonctionnement à son profit.

On doute que Stiglitz soit aveugle au point de ne pas mentionner le fait que l'euro comme sa gestion actuelle, notamment à la Banque centrale européenne, soit directement le produit de la volonté américaine de mettre l'Europe et son économie au service de ces objectifs géostratégiques: dominer ce que l'on nomme encore l'Union occidentale.

L'Allemagne politique  à certes toujours joué cette carte, comme beaucoup de ses intérêts économiques. Mais une partie de ceux-ci, sans mentionner l'opinion allemande, serait ouverte à une transformation de l'euro afin de ne pas en faire une succursale du dollar.

Pour cela, le concept d'un monde multipolaire où trois grandes monnaies se partageraient le pouvoir, le yuan-rouble, l'euro et le dollar, se répand de plus en plus, y compris en Allemagne. Les incohérences actuelles de Donald Trump contribuent à cette ambition, mais elle est très présente aujourd'hui en Europe. Les perspectives de coopération entre l'Euroland et les pays du Brics sont suffisantes pour que les Européens ne demeurent pas aveugles à leurs intérêts. L'industrie allemande serait prête à jouer cette carte, si le poids de Washington  ne s'y opposait pas.

A cet égard, ni Emmanuel Macron ni Angela Merkel n'auront jamais le courage de s'émanciper. Ils auraient trop peur d'être accusés par Wall Street et le Pentagone de faire le jeu de Vladimir Poutine et de Xi Jinping.

Que les Européens ne s'en prennent qu'à eux-mêmes. Si les esclaves acceptent de le demeurer indéfiniment, c'est parce qu'ils le veulent bien.

Référence

https://www.project-syndicate.org/commentary/next-euro-crisis-italy-by-joseph-e--stiglitz-2018-06

16/06/2018

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