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Les fausses promesses et les démissions.

Les électeurs de François Hollande sont déçus, mais ils le seraient encore plus s'ils prenaient conscience de la vérité.

Nous ne pouvons pas penser qu'un homme aussi averti que François Hollande ait pu croire un instant au sérieux de ses imprécations contre son « ennemi, la finance », c'est-à-dire la spéculation financière internationale; lors de la campagne présidentielle. Il ne pouvait pas non plus prétendre sincèrement pouvoir mener à bien le projet consistant à taxer à 75% les hauts revenus tout en s'enfermant dans une politique dictée par le patronat. Mais une majorité d'électeurs,  moins avertis, l'avaient cru. Il a donc été élu sur une véritable duperie, peut-être acceptable de la part d'un politicien dans un petit pays à l'électorat illettré, mais indigne d'un candidat politique dans un grand pays comme la France.


Par la suite, quand il a endossé les exigences de Wall Street et du FMI, lesquelles s'exprimaient à travers la Commission de Bruxelles et la Banque centrale européenne, nous ne pouvons pas penser qu'il ignorait tourner le dos aux nécessité d'un véritable investissement productif. Nous ne pouvons penser qu'il ignorait faire le  jeu de la spéculation financière. Aussi inculte qu'il soit en stratégie économique, il ne pouvait pas ignorer 1) que l'avenir de la France repose sur une mobilisation des épargnes nationales et l'appel à des avances de la BCE pour financer toutes les technologies et recherches scientifiques qui ont longtemps fait (et font encore) la fortune des Etats-Unis, comme elles feront celle de la Chine et de l'Inde.

Il ne pouvait donc pas ignorer qu'en comprimant les dépenses uniquement pour rembourser une dette artificiellement dramatisée, il renonçait aux politiques publiques visant à mettre en place, comme ce fut le cas en France au début des Trente Glorieuses, de grands équipements industriels et des services publics compétitifs - lesquels sont les vrais ennemis de la finance.  Il ne pouvait pas ignorer qu'en procédant ainsi, sur les injonctions d'un représentant de la banque Rothschild nommé son conseiller économique, il sacrifiait l'avenir de la France, non seulement en Europe mais dans le monde

Plus grave, ce faisant, il ne pouvait pas ignorer qu'il renonçait à faire de la France, encore 2e puissance européenne, la tête de tous les autres pays européens qui (y compris sans doute une partie de l'Allemagne) étaient prêts à s'insurger, non dans un premier temps contre les institutions européennes ou l'euro, mais contre la façon dont la finance internationale, conjuguant ses efforts à ceux de la diplomatie américaine, veut empêcher que l'Europe ne s'émancipe.

Ce soir 22 août, les électeurs de gauche, comme certainement une partie de ceux de droite, sont cruellement déçus de voir la démission complète de François Hollande devant le néo-libéralisme, que symbolise la nomination de l'ancien conseiller au poste stratégique de ministre de l'économie. Mais ces électeurs seraient encore plus déçus s'ils prenaient la mesure de tout ce que Hollande aurait pu faire, dont nous venons de donner un bref aperçu, et qu'il ne fera jamais. Que la France hélas ne fera jamais.


1) Comme nous l'avons rappelé dans notre brève d'hier 25 août (voir " Montebourg n'a qu'à moitié raison " http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1465&r_id

Pour le comité de rédaction

26/08/2014

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