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Trump est tombée tête première dans le piège de la CIA

Nous étions nombreux à avoir pronostiqué que Trump avait un moment déboussolé l''Etat profond américain par sa volonté de se rapprocher de la Russie. L'establishment politico-militaire devait d'une façon ou d'une autre empêcher Trump d'agir en ce sens.
MAJ au 08/04 de notre éditorial du 07/04

Cela n'a pas manqué avec l'attentat au sarin qui s'est produit dans la Syrie aux mains de l'opposition. Aujourd'hui, de nombreux arguments laisse penser que cet attentat a été monté par la CIA pour obliger Trump à choisir son camp. La CIA n'en aurait pas été à son premier coup pour provoquer un « regime change ».

Le coup a été parfaitement réussi. Aujourd'hui, Trump se présente comme un chef de guerre résolu à combattre sans merci les « ennemis de l'Amérique », parmi lesquels il ne mentionne plus le terrorisme djihadiste. Le principal ennemi visé est la Russie. Un avertissement est aussi lancé à la Chine.

Ceci dit la Russie ne devrait pas rester passive. On apprend que la frégate russe Admiral Grigorovitch RFS-A94 est entrée en méditerranée orientale et fait route vers la base russo-syrienne de Tartous. Ce faisant elle se dirige vers les destroyers américains qui ont bombardé la Syrie.

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Le jeudi 6 avril 2017 au soir, Donald Trump a décidé un tir de 60 missiles de croisière contre une base aérienne syrienne. De nombreux appareils on été détruits et plusieurs militaires syriens blessés ou tués.

Cependant, comme nous l'avions déjà indiqué dans notre article de ce même 6 avril « Attentat au gaz sarin en Syrie » http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2519&r_id=&t=Attentat%20au%20gaz%20sarin%20en%20Syrie tout continue à laisser penser que le bombardement ayant provoqué cette émission massive et meurtrière de gaz sarin n'avait été aucunement décidé par Bashar al Assad. De nombreux signes, évidents, sauf pour ceux qui ne veulent pas voir, laissent soupçonner ce que l'on nomme aujourd'hui une opération false flag ou sous faux drapeau destinée affaiblir Bashar, rendre plus difficile voire compromettre ses relations avec la Russie et finalement obliger Vladimir Poutine soit à une escalade militaire avec les Etats-Unis, soit à adopter une attitude conciliante qui ne pourra que le déconsidérer, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Dans tous les cas, le parti de la guerre américain et les considérables profits qu'il génère auront joué un coup gagnant.

Il va de soi aussi que Daesh sort renforcé de cette opération, en Syrie même et dans les pays qui, ouvertement ou non, le soutiennent ou l'utilisent: l'Arabie Saoudite, la Turquie, Israël. On ne voit plus bien dorénavant qui pourra l'empêcher de reprendre en Syrie le terrain perdu sous les coups précédents de Damas et de Moscou. Bashar aura le plus grand mal à continuer ses bombardements avec l'appui russes. L'Iran comprendra plus clairement qu'auparavant la réalité des menaces proférées contre elle par Washington puisqu'elle aussi pourra être bombardée du jour au lendemain, sans même avoir eu le temps d'activer ses missiles anti-missile

Les Européens qui d'une façon irresponsable applaudissent l'attaque américaine contre Damas, seront les premiers victimes du renforcement de Daesh qui en résultera inévitablement. Le terrorisme islamiste s'en trouvera nécessairement encouragé, plus particulièrement contre des cibles gouvernementales ou sensibles. Là encore sous faux drapeau, afin de permettre tous les procès et contre-procès.

Faire tomber Trump

Il est en fait vraisemblable que l'attentat au sarin ait été monté par tous ceux qui, aux Etats-Unis eux mêmes, veulent la chute de Trump. Celui-ci était piégé, soit ne pas réagir, suscitant contre lui des es critiques générales , soit réagir à sa manière, de façon impulsive et sans consulter aucun de ses alliés. C'est ce qu'il a décidé de faire. Mais ce faisant il n'a pas amélioré l'image de lui qu'il donnait. Trump a en effet entièrement justifié l'une des principales craintes de ses adversaires durant la campagne 2016: “Peut-on laisser à un homme aussi impulsif la responsabilité de détenir la décision suprême de l'utilisation de l'arme nucléaire ?”.

Or loin de s'attirer les félicitations du clan des bellicistes, ces derniers commencent à multiplier les attaques à l'égard de sa démarche. On ne voit pas en effet les suites qui seront données aux bombardements de Damas décidés par Trump. Soit s'en tenir là, ce qui sera jugé comme une preuve indigne de faiblesse. Soit élargir l'intervention, avec la certitude cette fois-ci d'entraîner une riposte de Vladimir Poutine, non plus seulement verbale mais militaire. Dans ce dernier cas, que fera Trump? Reculer devant la réaction russe? Monter encore dans l'échelle des mesures et contre-mesures militaires, avec la perspective d'une guerre mondiale en vue?

Nous ne pouvons que féliciter ceux qui ont monté l'attentat au sarin, très vraisemblablement la CIA. Ils ont gagné sur tous les tableaux. On peut même se demander pourquoi ils n'avaient pas agi plus tôt.


Note

Nous lisons ce soir 07/04 des articles bien documentés qui confirment notre texte

Voir par exemple
http://www.wsws.org/en/articles/2017/04/07/pers-a07.html

ou http://theduran.com/the-escalating-war-on-syria-and-need-for-international-law/

ou http://www.counterpunch.org/2017/04/07/the-impending-clash-between-the-u-s-and-russia/

On en trouve de nombreux autres si l'on veut chercher. Par ailleurs, étrange coïncidence, on notera que Donald Trump a démis de ses fonctions à la Maison Blanche Steve Bannon, quelques heures avant d'avoir ordonné la frappe.  Bannon était profondément anti-establishment, anti Etat profond, plutôt pro-russe et résolument anti-salafiste.



07/04/2017

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