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DisinfoLab, nouvelle arme au service de la désinformation politique.

EU DisinfoLab est une Organisation non gouvernementale (ONG) belge fondée par trois individus se disant spécialistes des mécanismes de viralisation et de désinformation sur les réseaux sociaux, Nicolas Vanderbiest, Alexandre Alaphilippe et Gary Machado. 

L'ONG souhaitait se pencher sur le volume considérable de tweets partagés au sujet de l'affaire Bénalla, et tester l'hypothèse, émise dès le début, de l'ingérence de comptes "russophiles", dont certains auraient pu être des robots, destinés à déconsidérer Emmanuel Macron. 

Clairement, il s'agissait de démontrer que les très nombreux messages (tweets) générés par l'affaire Bénalla visaient à mettre en difficulté ce même Emmanuel Macron, dont nul pourtant ne nie aujourd'hui la responsabilité dans cette affaire majeure . Le plus simple était d'attribuer l'origine de ces messages aux services russes, cherchant à discréditer Emmanuel Macron. Un grand nombre de ces messages aurait été généré par des robots russes opérant sur Internet.

On peut présager que la même méthode servira à compromettre tous les opposants à l'actuel Président de la République. Elle vient d'être utilisée contre Jean-Luc Mélenchon et Marine le Pen, accusés eux aussi d'être manipulés par les Russes.

DisinfoLab n'est pas avare de documents publiés par elle, justifiant le caractère hautement scientifique de ses méthodes et destinés à prouver le caractère incontestable de ses accusations. Le problème est que ces documents sont en pratique inutilisables pour justifier la démarche de DesinfoLab. Nul ne peut sérieusement les discuter.

Quant au choix des Russes présentés par DisInfoLab comme agents de la mise en place de ces comptes « russophiles », il est bien dans l'air du temps. Aux Etats-Unis par exemple, les majorités politiques conservatrices ne cessent d'affirmer, sans jamais pouvoir apporter la moindre preuve, que des agents russes infiltrés sur Internet ont été utilisés pour favoriser l'élection de Donald Trump aux dépends de Hillary Clinton, en accusant cette dernière d'avoir précédemment transmis aux Russes des documents confidentiels provenant de ses fichiers.

Il est inutile de commenter davantage ici cet événement. Nos lecteurs connaissant bien la complexité du web et l'impossibilité d'identifier clairement ceux qui s'y expriment, savent bien que l'Internet a déjà servi, et servira encore, à multiplier les accusations sans preuves. Il est seulement étonnant aujourd'hui que Emmanuel Macron, qui a promis de lutter contre les « fakes news » ou fausses informations notamment sur Internet, soit le premier à utiliser ces méthodes pour se défendre des accusations très graves que portent aujourd'hui, à propos de l'affaire Bénalla, un grand nombre d'hommes politiques et de médias, initialement très favorables au « Macronisme ».


Voir, entre autres nombreuses analyses

*https://www.les-crises.fr/nicolas-vanderbiest-et-le-eu-disinfolab-a-l-origine-d-une-intox-l-affaire-benalla-produit-de-la-russosphere/

* https://mobile.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/agression-d-un-manifestant-par-un-collaborateur-de-l-elysee/affaire-benalla-cinq-questions-sur-l-etude-de-l-ong-disinfolab-accusee-de-fichage-politique_2890139.html

* https://www.nouvelobs.com/les-internets/20180809.OBS0727/etude-sur-les-tweets-dans-l-affaire-benalla-disinfolab-se-defend-de-tout-fichage-politique.html .Cet article, comme on le verra en le lisant, ne constitue en rien comme le titre semble l'indiquer, une défense de DisinfoLab

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11/08/2018

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