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Confiner sans mesures sociales compensatoires provoque des révoltes au Chili

Dans un certain nombre d'Etats, les gouvernement effrayés par l'extension sur leur territoire de l'épidémie due au Coronavirus ont fait appel à ce que l'on nomme le confinement (lockdown).

La mesure est certainement indispensable à court terme, pour éviter notamment les contacts interpersonnels propagateurs du virus. Mais elle se traduit inévitablement dans les semaines suivantes par un ralentissement sinon un blocage des activités de production et de consommation. Les premières à en souffrir sont ce que l'on nomme pudiquement les milieux défavorisés. Si les gouvernements ne mettent pas en place des mesures compensatoires en leur faveur, il peut en résulter des protestations sociales et politiques pouvant remettre en cause les équilibres politiques.

La plupart des gouvernements, inquiets pour leur survie, l'ont compris et ont ont décidé de mesures permettant notamment de préserver les activités économiques de base et l'aide aux plus démunis. Ceci n'a pas été le cas au Chili. Le gouvernement néo-libéral de Sebastián Piñera n'avait rien fait de tel. Aussi les protestations populaires tout au long du pays se multiplient-elles actuellement. Dans le quartier de El Bosque au sud de la capitale Santiago, les habitants ont édifié des barricades dans les rues interdisant l'accès aux forces de police.

Depuis quelques mois déjà, Sebastián Piñera avait suscité les protestations populaires du fait de sa politique au service des intérêts des grandes entreprises internationales qui gouvernent le pays avec un soutien discret mais efficace de Washington. Ces protestations étaient restées sans effet. Aujourd'hui cependant, du fait de la pandémie, du chômage généralisé et de la disparition des principales ressources alimentaires importées en découlant, la révolte se généralise.

Les habitants de El Bosque viennent de décider de quitter le quartier malgré le confinement pour se procurer ailleurs dans le pays et notamment dans les quartiers plus favorisés le minimum de ressources indispensables. Ils se disent prêts à affronter les tirs de la police et de l'armée visant à les en empêcher. Certains disposent d'armes à feu qu'ils semblent prêts à utiliser.

On imagine le retentissement qu'auraient dans tout le Chili, comme plus généralement dans toute l'Amérique Latine, des conflits violents, pouvant entraîner morts d'hommes, se produisant du fait de l'épidémie entre la population et les forces de sécurité .


 


 

29/05/2020

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