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Trump envisage-t-il une guerre avec la Russie?

Jusqu'à présent, Donald Trump avait recommandé d'assouplir les relations de guerre froide prédominantes encore entre les Etats-Unis et la Russie. Il a même évoqué des perspectives d'alliances en vue « d'éradiquer l'Etat islamique ».
On peut se demander ce qui reste de ces bonnes résolutions. Il vient de nommer le Lieutenant General McMaster comme son nouveau Conseiller en sécurité nationale (National Security Advisor). Celui-ci a été le responsable principal d'une étude de l'US Army intitulé “Russia New Generation Warfare” https://www.nga.mil/MediaRoom/News/Pages/Russia's-'New-Generation-Warfare'.aspx

Elle propose de nouvelles modalités de guerre avec la Russie, dite guerre hybride en ce sens qu'elle conjuguerait le recours aux armes conventionnelles et numériques. Elle évalue en ce sens les capacités militaires russes et recommande de nouvelles armes et méthodes pour les combattre. Depuis, McMaster a demandé à l'Amérique de se préparer à une guerre conventionnelle de haute intensité, utilisant à la fois des missiles de longue portée et des avions “discrets” mais aussi le combat au sol.

Un think tank constitué de stratèges militaires, le Center for Strategic and Budgetary Assessments (CSBA), avec lequel McMaster s'est tenu étroitement associé, vient de produire par ailleurs un rapport de 140 pages “Preserving the Balance: A US Eurasia Defense Strategy” http://csbaonline.org/research/publications/preserving-the-balance-a-u.s.-eurasia-defense-strategy qui étudie cette perspective en détail.

On peut voir dans la nomination de McMaster une concession de Donald Trump au parti de la guerre et à l'Intelligence Community qui lui reprochent de désarmer les Etats-Unis face à la Russie. Mais une telle concession ne serait pas anodine. Donald Trump serait progressivement obligé de décider  de mesures que la Russie ressentirait nécessairement comme une menace de guerre.

Vladimir Poutine d'ailleurs ne s'y trompe pas. Il abandonne progressivement son attitude d'ouverture à l'égard d'une Amérique présidée par  Donald Trump. Dans son esprit, semble-t-il, la Russie ne peut plus assumer la position de “paralysie stratégique” qu'elle avait accepté d'adopter pour soutenir Trump depuis son élection, et l'aider à définir une nouvelle “politique russe”. Voir sur ce sujet http://foreignpolicy.com/2017/02/13/the-kremlin-is-starting-to-worry-about-trump/

Beaucoup de gesticulation de part et d'autre, dira-t-on. Mais à force de gesticuler, le pire peut arriver.



21/02/2017

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