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L'Otan va-t-elle décider de se confronter avec la Russie au sujet de la Syrie ?

La réunion des 19 et 11 février à Bruxelles des ministres de la défense de l'Otan laisse prévoir ce que Ankara et Washington cherchent depuis longtemps, la décision de mise en place de moyens terrestres en Syrie destinés à bloquer l'avance dans la région d'Alep des troupes syriennes loyalistes soutenues par la Russie.
Derrière un objectif reconnu, empêcher le maintien à Damas de Bashar al Assad, allié désormais indéfectible de la Russie, ne peut-on suspecter un projet infiniment plus dangereux?

Lors de sa visite surprise en Turquie, le 8 février, Angela Merkel avait annoncé que l'Allemagne et la Turquie allaient proposer à l'Otan un « agenda » visant à obtenir de l'Organisation un engagement concernant « tous les aspects » de la question des réfugiés. Ceci devrait se traduire par un appui de l'Otan au contrôle en mer des bateaux de passeurs assuré par l'agence Frontex et la marine turque, l'une et l'autre incapables désormais d'affronter l'ampleur du problème. Mais pour elle, il était clair que l'Otan ne devrait pas se limiter à cela.

L'intervention de l'Otan se traduirait nécessairement par un engagement terrestre dans le conflit syrien. Il est clair que ceci est soutenu par Washington. Mais qu'en est-il de la Grande Bretagne et de la France, sans mentionner le fait qu'un tel engagement susciterait en Allemagne un haro tel que Merkel n'y résisterait pas.

Le second jour de la réunion de l'Otan devrait permettre de lever cette difficulté en obtenant l'appui de la coalition arabe, essentiellement saoudienne, invitée à la réunion, et devant en principe aider à la lutte contre Daesh par des interventions au sol. Il est évident que, pour le prince Mohammed bin Salman et Ashton Carter, ministres de la défense respectifs, une intervention au sol de l'Arabie saoudite contribuerait à mettre en difficulté l'offensive aérienne russe.

Mais comment, compte-tenu de l'incapacité notoire des saoudiens à conduire une opération militaire sérieuse? Manifestement par la présence de troupes envoyées par l'Otan, à commencer par des effectifs turcs. Il est clair que ceci mettrait Moscou en difficulté. Toute réaction militaire russe, fut-elle considérée comme défensive, entrainerait nécessairement un engagement en assistance de l'ensemble des membres de l'Otan. L'Organisation, déjà en voie de porter ses bases à la frontière même de la Russie 1), se révélerait donc à cette occasion et plus que jamais comme une machine de guerre anti-russe. Or Poutine avait précédemment affirmé qu'il ne laisserait pas la Turquie s'en prendre une nouvelle fois à ses forces.

C'est sans doute ce que Washington attend, bien à l'abri derrière l'océan atlantique. Mais il est clair que dans ce cas, des engagements nucléaires seraient à craindre des deux côtés. Est-ce ce que cherchent Angela Merkel et les membres européens de l'Otan, aussi soumis qu'ils le soient aux pressions américaines. Une première réponse devrait être obtenue au soir du 11/02, deuxième jour de la réunion de l'Otan. Nous y reviendrons.

1) Voir Le Monde du 10/02.  OTAN  : Washington envoie des moyens à l'Est

http://www.lemonde.fr/international/article/2016/02/10/otan-washington-envoie-des-moyens-a-l-est_4862659_3210.html#C43uHlRFL8kDWMv1.99






10/02/2016

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