Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser

Trump, encore lui. Il ne nous déçoit pas.

Trump s'exprime comme nous le ferions nous-même. Ce faisant, il donne de l'Amérique une toute autre image que celle conférée par Obama et ses prédécesseurs, c'est-à-dire celle d'une super-puissance prête à mettre le monde en feu pour éliminer la Russie et son armement nucléaire. Faudra-t-il que nous aussi nous portions sur l'Amérique un autre regard que le précédent?
Dans les quotidiens européens Times et Bild, Trump a employé quelques formules énergiques  pour exprimer ce que pourraient être les bases de sa future politique internationale.

Sur la Russie, il se propose de rechercher de « bons accords », comprenant une réduction des arsenaux nucléaires respectifs. En échange d'une acceptation de Moscou, il conviendrait de lever les « sanctions » contre ce pays, qui « font du mal à la Russie ». Ces « sanctions » étaient l'arme absolue déployée par l'ancienne Administration et ses alliées européens pour obliger Moscou à rétrocéder la Crimée. Elles n'eurent d'ailleurs aucun effet, Vladimir Poutine ayant décidé de relancer les investissements dans les secteurs sanctionnés.

Concernant l'Otan, il la considère comme obsolète, « parce qu'elle a été conçue il y a des années et des années» et «parce qu'elle ne s'est pas occupée du terrorisme ». De toutes façons, il a rappelé aux Etats-membres de l'Otan qu'ils devaient payer leur part de défense et ne plus se reposer pour cela sur les Etats-Unis. Les Etats-Unis supportent environ 70% des dépenses militaires de l'organisation. Peu, sinon aucun Etat de l'Alliance atlantique atteignent le niveau de 2% de leur produit intérieur brut pour les dépenses militaires, objectif que s'est fixé l'Otan en 2014. On voit mal comment ils pourraient subitement de réorganiser rapidement en ce sens leurs budgets militaires.

Sur ce sujet de l'Otan, Trump devra rapidement mettre des propos en application. Un important convoi de véhicules blindés américains est entré jeudi 12 janvier en Pologne. Il s'agit d'un des plus grands déploiements des forces américaines en Europe depuis la Guerre froide. La présence par rotation de l'unité blindée en Pologne, mais aussi dans les pays baltes, la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie, doit renforcer la sécurité de la région, selon Washington. Si Trump fait ce qu'il dit, ces blindés devraient rapidement reprendre le chemin des bases américaines en Europe, avant de se rembarquer pour les Etats-Unis.

Concernant la chancelière allemande Angela Merkel, Trump l'a accusé « d'avoir fait une erreur catastrophique en acceptant d'accueillir des centaines de milliers de migrants illégaux ». Là encore il a dit tout haut ce que la plupart de gouvernements européens pensent tout bas. Il a par ailleurs accusé l'Allemagne de dominer l'Union européenne. «Vous regardez l'Union européenne (...) c'est en gros un instrument pour l'Allemagne. C'est la raison pour laquelle je pense que le Royaume-Uni a eu bien raison d'en sortir». Le Brexit sera un succès, a-t-il assuré, annonçant vouloir conclure un accord commercial avec le Royaume-Uni. Il estime également que d'autres pays vont quitter l'Union européenne.

Faut-il rappeler que pour l'administration sortante, comme pour toute la politique américaine depuis la fin de la seconde guerre mondiale, l'Union Européenne avait pour objectif d'empêcher les Etats européens de se rapprocher de Moscou. Pour la même raison, tout récemment, Washington avait fait des pressions considérables sur la Grèce pour qu'elle n'en sorte pas.

Il est clair que par ces propos sur l'Union et le Brexit, Trump va relancer tous ceux qui en Europe demandent à sortir de l'Union pour voler de leurs propres ailes. Ceux qui ont suivi le débat pour la primaire de la gauche le 15 janvier ont pu constater que, pour cette gauche, l'Union européenne et l'Otan étaient intouchables. François Fillon et Marine Le Pen, qui sont bien moins catégoriques sur ce sujet, devraient rapidement applaudir Donald Trump.

Dans l'immédiat, comme le montre ce matin la presse, la panique est générale chez les atlantistes européens qui ne conçoivent pas d'autre vie possible que sous l'aile américaine. Mais que cherche donc Trump, se demandent les plus avisés des commentateurs? De là à suggérer de nouveau qu'il est une puppet de Poutine...

16/01/2017

A LIRE AUSSI
Les articles du même type
Europe Solidaire