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Lutte contre le terrorisme. L'urgence d'une coopération accrue entre la France et l'Algérie

Il est évident qu'il est trop tôt au matin du 25 juillet pour anticiper les résultats de l'enquête sur le crash dans le Sahel du Vol AH5017 affrété par Air Algérie. Les usagers des transports aériens sont cependant en droit de faire des hypothèses pour leur compte, en vue des décisions qu'ils seront amenés à prendre dans les jours qui viennent avant d'embarquer.


Sur ce plan, force est de constater que les divers spécialistes entendus dans les médias à cette heure privilégient la thèse d'un attentat provoqué par une bombe embarquée à bord. Ceci du fait notamment de la fragmentation de l 'épave observée au sol, mais aussi du fait que tous les jours depuis trente ans des avions de ligne traversent cette zone météorologique certainement traitresse sans pour autant être détruits par la foudre ou les turbulences se produisant au sommet des nuages d'orage.

Mais notre propos ici n'est pas là. Il vise seulement à insister sur les lenteurs et les difficultés que rencontrent les services adéquats de la France et de l'Algérie afin de se coordonner dans la lutte contre les djihadistes. Certes, des choses se font sur ce plan dont le grand public n'entend pas nécessairement parler. Il reste évident cependant que la coordination devrait être plus étendue, et viser bien plus encore qu'actuellement à prévenir les attentats, où qu'ils puissent se produire, en France, en Algérie, dans les pays de la ceinture sahélienne ou ailleurs. Les intérêts politiques et économiques des deux pays ne sont pas toujours identiques, mais il est urgent aujourd'hui de dépasser les différences d'approche ou de moyens afin d'organiser une lutte beaucoup plus énergique contre des agressions qui fragiliseront aussi bien l'Algérie que la France, sans mentionner la cohabitation entre les deux communautés, tant en Afrique qu'en Europe.

Ce n'est pas faire le jeu des forces islamistes engagées aujourd'hui dans la lutte contre la France et l'Algérie que pronostiquer les ressources croissantes dont ces forces disposeront. Il faut être réaliste. L'accès aux stocks d'armes en circulation, la main-mise sur les flux d'argent résultant de trafics illégaux, le retour dans nos zones de nombreux combattants aguerris et décidés à en découdre, menacent à des titres divers la survie des Etats du Maghreb, Algérie d'abord mais aussi Maroc et Tunisie. Les Etats de l'Union européenne ont décidé de regarder ailleurs et ne rien faire. La France, qui est la plus menacée au nord de la Méditerranée, veut relever le défi. Elle doit le faire dans le cadre d'une coopération accrue, notamment avec l'Algérie – et être payée de retour. Il n'est plus temps de se complaire en commémorations et procéder à des visites de courtoisie. Il faut agir sur le terrain.

25/07/2014

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