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Sommet Merkel Macron du 19/04. Macron devra baisser le ton.

Ce sommet, outre son intérêt propre, doit préparer les prochains déplacements à Washington d'Emmanuel Macron et d'Angela Merkel. Le moins que l'on puisse dire est que les deux gouvernements ne sont pas exactement sur la même longueur d'onde.

Certes, Merkel a voulu soutenir la frappe illégitime contre la Syrie, meme si elle avait refusé d'y participer. Par ailleurs elle a convenu qu'avec le gouvernement britannique et en principe la France, elle refusera de sortir de l'accord nucléaire avec l'Iran, ceci même si Donald Trump décide de s'en retirer. Concernant l'avenir du rôle des deux pays dans l'Otan, elle a convenu qu'une politique étrangère commune (face aux Etats-Unis) s'imposait. De même elle a apporté son soutien, purement verbal pour le moment, au projet d'une politique de défense franco-allemande, supposant une accélération des projets d'armement de l'Allemagne.

Mais elle n'a pas fait écho, comme il était prévisible, aux propositions de la France concernant la mise en place d'une politique économique et monétaire commune.

Quelques heures après la rencontre, Annegret Kramp-Karrenbauer, actuellement secrétaire générale de la CDU, a publié un message selon lequel ces projets de Macron n' « étaient pas une bonne idée ». Comme les autres membres de la Grande Coalition partagent ce point de vue, il est prévisible que l'Allemagne continuera à jouer son propre jeu. Sa prospérité actuelle n'aurait rien à gagner d'un rapprochement avec la France et d'une transformation de la zone Euro dans le sens envisagé par Emmanuel Macron. Angela Merkel a d'ailleurs indiqué qu'il ne serait pas envisageable de s'opposer directement aux décisions du Fonds Monétaire International.

On peut déduire de ce sommet peu productif que la France devra faire face seule aux conséquences sociales des politiques de « réformes » accélérées mise en oeuvre par le gouvernement. Bien que l'Allemagne actuelle ne soit pas exemplaire en matière sociale, elle a montré récemment qu'elle ne voulait pas s'opposer directement aux grèves notamment dans le secteur de l'acier. Les revendications des syndicats ont pour la plupart été satisfaites.

Quant aux vastes projets de réforme de l'Union Européenne dont Emmanuel Macron s'était fait le porteur – sans d'ailleurs consulter personne en France - , ils sont manifestement morts avant d'être nés.

* Sur ce sujet, on pourra lire un article très prudent du Monde
http://abonnes.lemonde.fr/europe/article/2018/04/19/a-berlin-angela-merkel-prepare-emmanuel-macron-aux-compromis_5287905_3214.html

 

20/04/2018

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