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Situation en Ukraine. Imprévisibilité et risques croissants

Les dernières nouvelles des affrontements armés entre Novorussiens et forces ukrainiennes fidèles à Kiev semblent montrer que les secondes subissent échec sur échec.
Les médias occidentaux ont beaucoup parlé de bombardements novorussiens sur Marioupol, ayant fait des dizaines de morts civils. Mais la population semble partagée, reprochant tout autant à Kiev sa dernière offensive. En dehors de Marioupol, des informations de plus en plus précises circulent, parlant d'un encerclement de grande ampleur (chaudron) dont seraient menacées les forces loyalistes. Les troupes, jusqu'à certains officiers, se mutineraient ou déserteraient.

La question est aujourd'hui posée de savoir ce que va faire Kiev pour provoquer un appui militaire de l'Otan, autrement dit des Etats-Unis. Il n'est pas impossible qu'il fasse un appel urgent à l'aide américaine. Obama ne semble pas assez assuré de ses forces pour envoyer des troupes sur le terrain, fut-ce sous pavillon de l'Otan, ni pour, ce qui serait bien plus grave, riposter par des moyens nucléaires tactiques. Les conséquences en seraient dramatiques, car la Russie dispose de tels moyens, plus nombreux et plus efficaces que ceux disponibles de l'Otan.

Par ailleurs, aussi forte que soit la phobie anti-Poutine des dirigeants actuels de l'Union européenne, le président polonais Donald Tusk, assisté de la Lettonie qui assure la présidence du Conseil, on peut douter qu'ils se montrent suffisamment irresponsables pour en appeler à l'armée américaine. La majorité des autres membres, notamment l'Allemagne et (espérons-le) la France, devraient s'y opposer. Seuls à ce jour prônent une guerre à outrance contre la Russie deux irresponsables dont on vient d'entendre les proclamations enflammées, l'ineffable BHL et le bien plus redoutable milliardaire Georges Soros.

En cas de danger confirmé sur Kiev, voire de chute du régime pro-occidentale, on peut espérer que les membres européens du groupe dit de Minsk, Allemagne et France (moralement soutenus par le sympathique et nouveau premier ministre grec Tsipras), reprendraient d'urgence et au plus haut niveau, contact avec le partenaire russe. Il ne serait plus alors question d'un impossible cessez-le-feu, mais du sort futur de l'Ukraine: partition ou statut de neutralité garantie en interface entre l'Europe et la Russie. Il faudrait évidemment au préalable faire taire Tusk 1). François Hollande pourrait s'y essayer, s'il reprenait un peu d'autorité à l'égard des institutions européennes et de leur mentor l'Amérique. Mais peut-on rêver?

D'autant plus que la situation est si pourrie en Ukraine que l'un des militants «néo-nazis » qui pullulent dans ce pays pourrait tenter de faire sauter une des centrales nucléaires ukrainiennes, attentat dont la Russie serait unanimement (à l'Ouest) présentée comme responsable.

1) Qui vient, rappelons le, certes non en tant que président de l'Union, mais au nom du gouvernement polonais, de refuser d'inviter Poutine aux commémorations de la libération du camp d'Auschwitz-Birkenau par les troupes soviétiques en 1945. Les gouvernants européens auraient du être unanimes à protester. Ce qu'ils n'ont pas fait, comme prévisible.

Le Figaro lui-même, qui n'a pas un amour immodéré pour Vladimir Poutine, écrivait au soir de la cérémonie:
" On  assiste aussi en Occident à une réécriture de l'histoire, déjà ancienne, qui illustre notre rapport chaotique à la Russie.
Que le Premier Ministre polonais ait pu dire qu'Auschwitz  avait été libéré par les Ukrainiens ou que, autrement plus grave, le Premier Ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, ait pu dire que «l'Allemagne nazie avait été envahie par l'URSS», sans que les diplomaties française et allemande n'aient réagi en retour est très inquiétant. Ne tombons pas dans les travers que nous moquons chez nos adversaires...».
 
Il n'empêche. Sur la 2e chaine française, le correspondant à Moscou rappelait avec aplomb ce même soir que Poutine avait décidé de lui-même de s'exclure des chefs d'Etat européens.



27/01/2015

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