Or un article de Alexandre Latsa, journaliste français travaillant à Moscou et publiant notamment des chroniques sur le site RIA-Novotsi, présente une appréciation bien plus optimiste de l'évolution démographique de la Russie telle que prévue pour les prochaines années ou décennies. Sans nier les faiblesses de la population russe, il estime que la baisse de la natalité et des effectifs devrait régresser, diminuant les risques en résultant pour la survie de la société russe dans son ensemble. Bornons-nous ici à renvoyer à cet article, signalé par ailleurs sur le site DeDefensa. Nous en profitons pour recommander à nos lecteurs la fréquentation de ces chroniques, dont le ton tranche utilement avec celui des médias « occidentaux » inspirés par le soft-power américain (que Philippe Grasset nomme plus justement l'agression douce). http://www.alexandrelatsa.ru/2012/08/le-point-demographique-de-juin-2012-en.html
La question de la population ne peut pas laisser les Européens indifférents, puisqu'à peu de choses près, sauf en ce qui concerne la situation sanitaire, ils souffrent des mêmes maux que la Russie. Les décroissantistes objectent qu'une baisse de la natalité en Europe, comme en Russie, serait une bonne chose, puisqu'ainsi diminueraient les pressions sur l'environnement global. C'est oublier que dans tous les autres pays la natalité continue à croitre, y compris de façon vertigineuse dans certaines régions de l'Afrique et de l'Asie. L'Europe, Russie comprise, ne saurait accepter le non renouvellement de ses populations autochtones. La nature ayant horreur du vide, elle serait très vite soumise à des immigrations galopantes dans lesquelles elle perdrait toute identité propre.
Malheureusement, une décroissance démographique ne peut être arrêtée en quelques années, quelque soit le volontarisme politique manifesté par les institutions. Quant à l'immigration contrôlée, elle apparaît quelque peu une illusion. La question se pose directement aux Russes comme le montrent les débats sous-jacents à l'actuel sommet de l''APEC (Asia-Pacific Summit, 7 et 8 septembre). Le président Poutine vient de créer un ministère du développement pour l'extrême orient et la sibérie orientale. Mais il se bornera dans un premier temps à tenter de contrôler les investissements étrangers et les licences d'exploitations dans le pétrole et le gaz. Il ne pourra évidemment pas résoudre le gap démographique.