
Aujourd'hui pourtant, nous n'aurions pas grand chose à retirer de cet article. Les nouvelles venant de la Syrie, très largement reprises par des médias américains libéraux, confirment bien un diagnostic général, que nous pourrions reformuler de la façon suivante: l'Amérique est en train d'aider à la mise en place d'un « califat » islamiste dans tout le Moyen-Orient. Elle croit défendre ses intérêts pétroliers et géostratégiques dans la zone, tout en affaiblissant le rôle de l'Europe. Mais elle se retrouvera bientôt face à un nouvel empire menant la guerre sainte et s'étendant de la Turquie à l'Afrique du Nord et au Sahel. Il sera bien temps alors d'appeler à la lutte contre le terrorisme.
Cette guerre sainte, elle sera dirigée évidemment en premier lieu contre Israël et l'Amérique, mais l'Europe n'y échappera pas, non plus d'ailleurs par contagion que la Russie.
On s'étonne dans ces conditions de continuer à voir une partie de la gauche française (par exemple le site Médiapart ou le journal Le Monde) continuer à reprendre benoitement les analyses d'universitaires américains représentant des émigrés syriens pour qui l'Iran, Bachar el Assad et la Russie sont des ennemis à abattre sur la voie de l'émirat évoqué plus haut. Certes, l'Iran, la Syrie alaouite et la Russie elle-même ne sont pas des modèles de démocratie. Mais ni les régimes arabes sunnites ni finalement l'Empire américain ne devraient être considérés comme des exemples à suivre pour les Européens.
Nous conseillons pour garder les idées relativement claires sur cette question la lecture toujours instructive du site Dedefensa. Voir notamment un article récent http://www.dedefensa.org/article-peuvent-ils_faire_plus_bas_ils_essaient_08_08_2012.html