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L'Inde s'engage de facto dans une course aux armements avec la Chine

L'Inde a toujours affirmé que ses investissements militaires n'avaient aucune vocation offensive. Ils seraient seulement défensifs. Autrement dit, ils seraient au service d'une politique de dissuasion. Mais qui parle de dissuasion laisse entendre que des conflits seraient probables et qu'il faut s'y préparer. Si l'adversaire potentiel augmente ses forces, il faut faire de même. On se trouve donc ipso facto engagé dans une course aux armements.

Pour l'Inde, la menace potentielle la plus probable était représentée jusqu'à présent par le Pakistan, dont la politique étrangère erratique n'offre aucune garantie. Mais désormais, la Chine fait partie des grands Etats aux yeux desquels elle veut affirmer une capacité de riposte. L'arsenal militaire chinois est très supérieur à celui que peut aligner l'Inde, alors que les deux puisances asiatiques disposent de populations et de territoires à peu près comparables. Conserver une faiblesse militaire n'est donc pas acceptable aux yeux des dirigeants ni des populations.

L'Inde, sans que cela soit clairement précisé, dispose depuis quelques années d'une capacité nucléaire. Il y a quelques mois, elle s'était dotée d'un sous-marin nucléaire loué à la Russie, qui sera certainement le premier d'une série. Elle avait enfin développé des missiles de portée moyenne, capable d'emmener des têtes nucléaires, la série des Agnis. Mais ceux-ci n'avaient pas de performances suffisantes pour être présentés comme China-centric, selon l'aimable expression utilisée par les militaires.

Ce n'est plus le cas depuis le 19 avril. L'Inde a démontré, par le lancement réussi d'un ICBM (Missile intercontinental) d'une portée potentielle de 5.000 km, qu'elle rejoignait désormais le club des nations disposant de tels armements, membres du Conseil de Sécurité: Grande Bretagne, Etats-Unis, France, Russie et Chine. Ce missile, baptisé Agni V, peut emporter une ou plusieurs tête nucléaire d'une tonne au total, n'importe où en Chine ou dans un rayon de 5.000 km. Ses autres caractéristiques sont: Hauteur, 17m; Poids 50 t; 3 étages; Carburant solide; Hauteur maximum de trajectoire 800 km.

Les Chinois n'ont pas manqué de remarquer que cet exploit technique ne comble pas les différences de forces entre les deux arsenaux. Ils ont mis en garde l'Inde contre le risque de présumer de ses forces. Si l'on considère cependant que les équilibres de la terreur sont les meilleurs garants d'une coexistence pacifique entre puissances en compétition, on peut penser que le succès indien est une bonne nouvelle pour la paix globale. Il ne serait pas sain que la Chine n'ait en Asie aucun concurrent capable de limiter d'éventuelles vues expansionnistes. Les Etats-Unis mais aussi les puissances européennes devraient donc se féliciter de l'arrivée de l'Inde dans le club des puissances balistiques. Dans les prochains mois, s'il se concrétisait, le concept d'EuroBRICS, que nous évoquons dorénavant de plus en plus souvent, ne devrait pas trop en souffrir.

19/04/2012
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