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Déclarations d'amour sur fond de coups tordus

Nous n'avons rien à objecter aux propos de Nicolas Sarkozy devant la Knesset puis à Bethléem. Il y avait par contre un décalage inquiétant entre ses déclarations d'amour, la main sur le coeur à son habitude, et les sombres tractations qui dans le même temps rapprochent une nouvelle fois les militaires américains et les militaires israéliens dans la préparation de ce qu'il faut bien appeler des coups tordus dont les conséquences pourraient être redoutables.

Nous n'avons rien de particulier à objecter aux discours de Nicolas Sarkozy devant la Knesset et à Bethléem devant Mahmoud Abbas. Il était bon de dire ce qu'il a dit et que ce soit un chef d'Etat français bientôt en charge de la présidence de l'Union Européenne qui le dise. L'Europe est trop absente de la région, trop démissionnaire face aux Etats-Unis, pour que l'on objecte aux propos d'un chef d'Etat européen  selon lesquels « il faut mettre un terme à la colonisation y compris à Jérusalem, que la Ville sainte doit être la capitale de deux Etats, qu'il faut inciter au départ des colons par des compensations, qu'il ne peut y avoir de paix sans résolution de l'épineux problème des réfugiés palestiniens dans le respect de l'identité et de la vocation d'Israël, que la frontière doit être négociée sur la base de la ligne de 1967 ».

On peut penser cependant que Nicolas Sarkozy aurait pu, face aux Israéliens,  aller plus loin en réaffirmant, comme l'avait fait précédemment François Mitterrand, la nécessité absolue de deux Etats, juif et palestinien.  Mais nous ferons une autre observation. Il y avait un décalage inquiétant entre les déclarations d'amour de Nicolas Sarkozy, la main sur le cœur à son habitude, et les sombres tractations qui dans le même temps rapprochent une nouvelle fois les militaires américains et les militaires israéliens dans la préparation de ce qu'il faut bien appeler des coups tordus dont les conséquences pourraient être redoutables.

Si l'on en croit l'analyste politique américain George Friedman, sur le site Stratfor, un exercice aérien massif effectué par les Israéliens, simulant éventuellement une attaque contre l'Iran, a été conduit début juin. Ceci ne pouvait être qu'avec l'accord du Pentagone, les deux forces aériennes agissant toujours la main dans la main. Un raid israélien contre l'Iran,  soutenu par l'Amérique, pourrait être l'avant coureur d'une sorte de « petite troisième guerre mondiale ».  On objectera que si l'Iran prépare véritablement une arme nucléaire destinée à l'anéantissement d'Israël, ce raid serait justifié. Mais selon certains observateurs, il viserait surtout, dans l'esprit de G.W. Bush, de Cheyney et de leurs amis, à rendre impossible l'élection de Barak Obama. Si par malheur Obama était élu, le raid  l'obligerait à se radicaliser, à rejoindre les plus faucons des faucons, dès son arrivée à la Maison Blanche. Joyeux cadeau d'avènement. Même si l'exercice aérien s'était limité à renforcer la  guerre psychologique contre l'Iran, il aurait quand même eu l'avantage de faire apparaître la jeunesse et l'inexpérience du candidat démocrate face à son rival républicain.

Ceci dit, de telles manœuvres et coups tordus peuvent tout aussi bien se produire aux Etats-Unis, voire en Europe. On a entendu récemment un collaborateur de McCain affirmer qu'un nouveau 11 septembre serait une très bonne chose pour son chef et, plus généralement, pour les Etats-Unis. L'idée est dans de nombreuses têtes républicaines. Beaucoup déplorent que les services de sécurité nationale aient été trop efficaces ces dernières années, en empêchant tout attentat et en laissant les citoyens américains se démobiliser dans la guerre sans fin contre la terreur qu'avait voulu imposer Bush. De là à penser qu'un tel attentat sera prochainement programmé pour assurer les chances dudit McCain et, incidemment, pour faire rentrer les Européens dans les rangs de l'atlantisme, il n'y a qu'un pas.

Tout ceci montre l'extraordinaire naïveté de la diplomatie européenne, comme la candeur de Nicolas Sarkozy. Croire que la question israélo-palestinienne et la question iranienne peuvent être abordées en faisant abstraction des manipulations et instrumentalisations américaines ne peut que conduite à de graves erreurs, sinon à des fautes graves.
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25/06/2008
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