
Pour l'ancien député européen Jean-Louis Bourlanges, excellent connaisseur de l'Europe, les opinions publiques au sein, sinon de l'Union européenne toute entière, du moins des membres de l'euro-groupe, sont désormais mûres pour accepter qu'à côté d'un strict contrôle des dépenses budgétaires, organisé par l'actuel MES, soit mis en place un autre traité, complémentaire du MES, qui permettrait d'assurer la croissance par la relance des investissements, indispensable à la survie de l'Europe.
C'est précisément une telle relance que voudrait assurer François Hollande dès son élection: mobiliser au service des investissements des entreprises et des collectivités publiques des avances que fournirait la Banque Centrale Européenne, relancer par les mêmes moyens la Banque européenne d'investissements, financer des filières stratégiques par l'intermédiaire de fonds d'investissements mobilisant l'épargne européenne. Cette politique devrait être coordonnée par l'amorce du gouvernement politique de la zone euro qui est en cours d'installation en application du MES. Mais pour François Hollande ceci devrait être obtenu de nos partenaires dans le cadre d'une renégociation du MES.
Pour Jean-Louis Bourlanges au contraire, cette demande de renégociation serait mal comprise. Il serait bien plus diplomatique, sans toucher au MES, de négocier un traité complémentaire dédié à la croissance européenne, visant des objectifs que ne prend pas en compte le MES.
Jean-Louis Bourlanges va d'ailleurs plus loin que le programme du PS dans la voie d'une meilleure fédéralisation des politiques économiques et sociales de croissance au sein de la zone euro. Il préconise en effet que les parlements des Etats membres de la zone euro désignent, en vertu du futur traité sur la croissance, des représentants formant une amorce de parlement commun en charge d'approuver les différentes mesures d'harmonisation réglementaire et législative nécessaires à la croissance européenne. Parallèlement, un ministre européen en charge de ce domaine serait désigné, doté des moyens administratifs communs lui permettant d'opérer. Cet organe serait indépendant des gouvernements des Etats mais responsable devant le parlement proposé. Ainsi un début de processus démocratique commun pourrait-il s'amorcer en Europe. Pour notre part, nous avons toujours recommandé de tels objectifs.
Selon Jean-Louis Bourlanges, l'actuelle chancelière allemande Angela Merkel non plus que le Parlement allemand, ne pourraient pas s'opposer à une telle réforme, dans la mesure où désormais les principaux gouvernements européens, qu'ils soient de droite ou de gauche, se rendent compte de la nécessité qu'a côté du contrôle strict de l'augmentation des dépenses budgétaires, soit institués les moyens d'assurer le développement des investissements dans tous les domaines stratégiques: recherche, enseignement supérieur, politiques énergétiques, croissance verte, filières technologiques d'avenir, etc.
Nous ne connaissons pas l'état des contacts entre François Hollande et Jean-Louis Bourlanges. Nous ne savons pas notamment si de telles perspectives sont discutées entre eux. Disons seulement que des rapprochements dans le sens résumé ici paraitraient fort opportuns.
Pour en savoir plus sur Jean-Louis Bourlanges
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Louis_Bourlanges