Le système d'échange des quotas d'émissions, qui est une sorte de permis de polluer, prévoit depuis le 1er janvier 2012 que toutes les compagnies aériennes paient une taxe pour pouvoir voler au dessus du territoire de l'Union. Un dispositif de bon sens, contesté principalement par les transporteurs chinois et américains, mais confirmé en droit par toutes les procédures juridiques lancées en Europe contre lui : le système européen est conforme au droit international.
Les Européens comptent encore faire fléchir Pékin, par l'appel au bon sens et à la négociation. La Commission européenne dit douter de la volonté de Pékin de se lancer dans la bataille. C'est que s'explique Isaac Valero Ladron, porte-parole de Connie Hedegaard, commissaire en charge du Climat : « il s'agit d'un possible blocage. Je voudrais souligner le mot 'possible' parce qu'à la lumière des déclarations de la plus grande compagnie aérienne chinoise, Air China, ... a annoncé qu'elle ne va pas annuler la commande».
Mais si Pékin ne fléchit pas, les Européens mettront-ils en veilleuse leurs projets de taxation écologique? Autrement dit, baisseront-ils culotte devant le monde entier? Ce serait d'un fort mauvais présage, concernant la capacité de l'Europe à se faire entendre de la Chine (et des Etats-Unis) dans des domaines où elle pense défendre des intérêts vitaux, non seulement pour elle mais pour l'ensemble de la planète.
Comment pourtant les Européens feraient-ils autrement que céder honteusement alors qu'ils ont abandonné tous les attributs de la puissance économique et politique: ni industries compétitives, ni volonté d'appliquer des législations fiscales et sociales communes, ni volonté de freiner des consommations dans les secteurs qui les mettent sous dépendance des importateurs de produits chinois (parmi lesquels d'ailleurs figurent en France une partie des entreprises du CAC40). Ni enfin, ne l'oublions pas, capacité de faire appel à des arguments militaires en cas de durcissement des conflits, comme le font à tous moments les Etats-Unis et désormais la Chine.
Lorsque François Hollande, qui peu en doutent aujourd'hui, sera au pouvoir en France, que fera-t-il et que dira-t-il dans des conflits de cette nature avec la Chine, qui ne manqueront pas de se reproduire. Que dira-t-il aux Français? Que dira-t-il aux autres gouvernements européens? Sera-t-il le héraut de la résistance, de la reconquête de la puissance, ou l'avocat d'une soumission humble cachée derrière des argumentaires emberlificotés? Inutile d'attendre. D'ores et déjà nous aimerions entendre sa réaction, et celle du PS, à propos de la taxe carbone.
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