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Ne pas confondre programme de gauche pour la France et programme de gauche pour l'Europe

La chancelière Angela Merkel vient de rappeler devant le Forum Economique de Davos, le 25 janvier, ce qui constitue pour elle et la majorité libérale chrétienne-démocrate allemande la base de la politique nécessaire au redressement économique de l'Europe.
Il faut selon elle continuer la réduction des dépenses publiques dans la perspective de la généralisation de la règle d'or (deficits publics limités à 3% des PIB) , rendre toujours plus flexibles les rémunérations et les droits sociaux des travailleurs, ne pas «doubler, voire tripler», les moyens actuellement mis en œuvre par le Fonds européen de stabilité financière (FESF) ou le futur Mécanisme européen de stabilité (MES), ne pas faire appel à la BCE non plus qu'au FMI pour racheter les dettes des Etats.

Dans ces conditions, des mesures spécifiques pour relancer la croissance en Europe ne s'imposeraient pas. La reprise de l'investissement pourrait en découler spontanément. L'Allemagne, manifestement, compte sur sa position très forte de leader économique de la zone euro pour imposer aux autres pays cet agenda ultra-libéral.

Face à cela, au moment où en France les propositions du candidat Hollande rencontrent le soutien appuyé d'un nombre croissant d'organisations politiques et d'experts, certaines voix, notamment au parti de Gauche (J.L. Mélenchon, M.L. Buffet), s'étonnent de voir  la timidité sur ces questions du Parti socialiste et de son programme. Concernant les institutions européennes, notamment,  pourquoi François Hollande ne mentionne-t-il pas la réforme du statut de la BCE, afin de lui permettre, comme la FED américaine, de mettre des euros à la disposition non seulement des Etats en difficulté de financement, mais au service des besoins considérables d'investissement des acteurs économiques?  Pourquoi, plus précisément, ne pas  lancer l'hypothèse d'un Banque publique fédérale ou d'un Fonds stratégique d'investissement européen doté d'au moins 500 milliards de capital? Pourquoi ne pas rappeler l'urgente nécessité d'un gouvernement économique de la zone euro permettant notamment la progressive convergence des législations sociales et fiscales?  Pourquoi ne pas évoquer de grands programmes industriels susceptibles d'être menés au niveau européen, afin d'atteindre des seuils d'efficacité inaccessibles dans un seul pays.

Nous ne sommes pas qualifiés pour répondre à la place des socialistes. Disons cependant que selon nous, François Hollande élu président ne renoncera pas à négocier de telles mesures pour le compte de la France – d'autant plus qu'en France et en Europe, elles pourront susciter l'adhésion de toutes les forces politiques et syndicales voulant une Europe capable d'échapper par ses voies propres à  la finance mondiale. Indéniablement les partis sociaux démocrates et socialistes européens s'inscrivent déjà plus ou moins dans ces perspectives. Ils les feront leurs si une majorité d'électeurs européens les reprennent à leur compte.

Mais on ne doit pas confondre pour le moment les élections en France et des basculement éventuels de majorité en Europe. François Hollande aurait suscité les moqueries de la droite s'il avait paru oublier que les mesures énumérées ci-dessus ne dépendent pas que de la France. Elles devront être négociés avec nos voisins en déployant conviction et continuité – ce dont Nicolas Sarkozy s'est montré incapable. Nul doute que si les experts du futur gouvernement français de gauche alimentent en arguments nos futurs négociateurs à Bruxelles ou dans les instances politico-syndicales européennes, un programme de gauche pour l'Europe toute entière pourrait rapidement être adopté. Ceci d'autant plus que l'accumulation des problèmes voire des révoltes résultant de l'accentuation de l'agenda libéral ne laissera guère d'autres choix. Y compris à Mme Merkel.
26/01/2012
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