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Dernier vol de navette. Le Centre spatial Kennedy en deuil

Le programme de navettes spatiales américain se termine avec la dernière mission le 8 juillet, celle de Atlantis. A partir de cette date, l'avion spatial réputé le plus complexe ayant jamais volé ira finir dans les musées. Trois décades de succès et aussi d'échecs se termineront sur une impression de gâchis.


La solution « navette » essentiellement affectée aux liaisons avec la Station spatiale internationale (IST) aura finalement condamné la Nasa aux orbites basses, ne présentant plus aujourd'hui de grand intérêt stratégique. Pour des raisons complexes, les gouvernements américains successifs n'ont pas su, dès la décennie 1990, transformer ces succès en perspectives pour l'exploration planétaire. Barack Obama a mis un coup final à cette ambition en décidant il y a quelques mois l'abandon ou le report à une date illimitée du programme Constellation destiné à mettre en oeuvre sans attendre les moyens de vols humains vers la Lune puis sur Mars ou sur l'un de ses satellites.

Les entreprises privées du secteur des vols orbitaux ont beaucoup poussé à ce recul de la Nasa, en espérant récupérer le domaine des liaisons avec l'IST ou celui de l'illusoire (selon nous) tourisme spatial en orbite basse. Mais cela ne permettra pas aux Etats-Unis de relever le défi que prépare activement la Chine, suivie par l'Inde. Nous en avons traité dans de précédentes chroniques. Inutile d'y revenir.

En attendant la « Space Coast » va perdre d'un coup 27.000 emplois qualifiés mais aussi une activité touristique importante. La tristesse et l'amertume règnent dans tout le secteur high-tech de la région, ainsi bien entendu que chez les résidents, ceux de Titusville notamment. Deux générations sinon plus ont oeuvré dans le secteur spatial. Elles se trouvent aujourd'hui confrontées à une défaite jugée imméritée et inexplicable. Pourquoi cet abandon?

La Nasa reste certes une grande puissance technologique et économique. Les programmes spatiaux militaires n'ont pas souffert de restrictions de crédits. Néanmoins l'abandon du programme Constellation vers la Lune ne peut s' expliquer que comme un symptôme parmi d'autres de la crise, sinon de l'effondrement du Système de pouvoir américain.

Alors que les guerres au Moyen Orient ont coûté, selon les estimations, de 3 à 6 trillions de dollars, alors que le budget du Pentagone continue à flirter avec le trillion de dollars annuel, nul ne comprend pourquoi la Nasa ne puisse bénéficier de quelques milliards supplémentaires. Sans doute est-ce là un effet induit des conflits entre Républicains et Démocrates au sujet du budget et de la dette.

Mais il faut voir aussi dans cette véritable trahison d'Obama à l'égard de la science et de la technologie américaines le poids des intérêts financiers à court terme, n'ayant aucune envie d'investir dans des activités aux bénéfices lointains et incertains. Obama se montre une nouvelle fois en cette occurrence comme un bon serviteur de Wall Street.

Nous avons plusieurs fois déploré à ce sujet que l'Europe, aussi à courte vue dans le domaine spatial que l'Amérique de Barack Obama, ne profite pas du recul de cette dernière pour combler le vide. Quand les Chinois, qui préparent activement leur propre station spatiale, composée de modules dits Tiangong, occuperont très largement l'espace, ne disposer que des Soyouz russes pour accéder à l'IST fera triste figure.

NB.: Dans un courrier récent, la Nasa se défend d'être en perte de vitesse. Elle recense les différents éléments de ce qu'elle présente comme un ambitieux programme. http://www.space-travel.com/reports/NASA_Beyond_The_Space_Shuttle_999.html

05/07/2011
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