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Drones israëliens pour la Russie

L'entreprise d'armement publique Israeli Aerospace Industries (IAI) vient de signer un contrat de 400 millions de dollars avec la Russie pour la fourniture d'un certain nombre d'exemplaires de 3 catégories de drones militaires.

Il s'agit du petit Bird-Eye 400 (photo),  du I-View Mk 150 et du drone à plus long rayon d'action, le Searcher II. Il semble que des accords aient été passés permettant à l'industrie aéronautique russe, totalement inadéquate actuellement dans ce domaine, d'en assurer ultérieurement la fabrication. Israël s'est également engagé à former des pilotes russes à l'utilisation de ces appareils. Précédemment, en octobre 2010, un accord avec le groupe russe Oboronprom OPK avait autorisé la fabrication du drone Heron I capable de missions stratégiques avancées.

Cette démarche, qui soit dit incidemment semble inquiéter Washington, est intéressante à deux  titres. Elle marque le fait qu'Israël semble faire confiance à la volonté russe de ne pas armer l'Iran. Elle serait la suite logique du refus de livraison à Téhéran de missiles S-300PMU qui auraient posé de sérieux problèmes dans la perspective d'une attaque aérienne israélienne visant les installations nucléaires iraniennes. L'accord actuel devrait en bonne logique diplomatique conforter l'engagement de la Russie à ne pas soutenir les volontés militaristes de l'Iran.

Par ailleurs le contrat avec IAI marque la volonté russe de renforcer le potentiel de ses industries de défense en coopération avec ce que l'on pourra globalement nommer l'Occident. C'est notamment l'acquisition de l'ensemble des systèmes électroniques et informatiques impliqués qui intéresse ces dernières. Le récent accord avec la France concernant le Mistral allait, à une toute autre échelle, dans ce sens.

Les Européens, comme d'ailleurs les Israéliens, devraient en conclure qu'il importe de conforter cette volonté russe de définir avec eux des perspectives stratégiques à long terme. Ils ne devraient pas en ce cas s'embarrasser des réticences voire des manœuvres ouvertes des Etats-Unis, notamment par le biais de l'Otan, visant à parasiter de tels rapprochements. Nous pensons en particulier au projet toujours actuel (au moins sur le papier) et  récemment réactivé par Obama, de bouclier anti-missile dit prétendument européen (BMDE).  

Mais pour que l'alliance stratégique euro-russe conserve sont intérêt pour les deux parties, il faudrait que les Européens ne relâchent pas leurs propres efforts de R/D dans les domaines avancés de l'industrie aéro-spatiale, qu'elle soit de défense ou à destination civile. C'est bien ce  qu'a compris et que continue à faire Israël. Pour cela, il faudrait du côté Europe une vraie volonté politique et quelques allocations de crédits. On la cherche. Quand on considère tout ce que peut faire dans ces domaines un petit pays – aidé il est vrai de différents côtés – pour se doter de technologies hors-pair, on ne peut que regretter l'atonie européenne.

Observons que pour le moment, Israël n'a pas encore accepté de fournir à la Russie son drone géant Heron TP, ou Eitan, de 4,5 tonnes, susceptible d'emporter des missiles air-sol au cours de vols de longue durée.
18/01/2011
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