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Rapport de la Commission Croissance et développement

La Commission sur la croissance et le développement a publié le 22 mai 2008 son rapport final, The Growth Report: Strategies for Sustained Growth and Inclusive Development (Rapport sur la croissance : stratégies pour une croissance durable et un développement solidaire), qui examine la façon dont les pays en développement peuvent obtenir une croissance durable et équitable. Les conclusions de ce rapport pourraient selon nous être reprises pratiquement telles qu'elles par les Européens

Selon la Commission, une croissance rapide et durable n'est pas le fruit d'un miracle, mais est une réalité à la portée des pays en développement munis de la bonne combinaison d'ingrédients. Ces pays ont besoin de dirigeants qui favorisent la croissance et qui savent tirer partie des opportunités découlant de la mondialisation de l'économie. Ils ont également besoin de connaître quels niveaux de mesures incitatives et d'investissements publics sont nécessaires pour que les investissements privés affluent et pour assurer la diversification à long terme de l'économie et son intégration dans l'économie mondiale.
 
« Nous avons choisi de concentrer nos efforts sur la croissance parce que nous estimons qu'il s'agit d'une condition nécessaire pour atteindre un vaste éventail d'objectifs qu'ont à cœur les personnes et les sociétés. Il va sans dire que l'un de ces objectifs est la réduction de la pauvreté, mais il y en a d'autres encore. La santé, l'emploi productif, la possibilité d'être créatif... toutes ces choses qui sont vraiment importantes pour les citoyens du monde sont grandement tributaires de la disponibilité des ressources et des revenus qui leur permettent de ne pas passer la majorité de leur temps à lutter désespérément pour maintenir leur famille en vie.»

Cette commission ne peut être suspectée d'altermondialisme : présidée par le Prix Nobel américain Michael Spence, un libéral orthodoxe, elle compte vingt et une sommités, dont un autre Prix Nobel américain, Robert Solow, d'anciens chefs de l'Etat ou premiers ministres, des ministres des finances, des représentants de l'ONU et de la Commission européenne, des gouverneurs de banques centrales, ainsi que le patron de la première banque privée du monde, Citigroup.

Créée en avril 2006 et épaulée par la Banque mondiale, la commission s'est penchée sur un phénomène qui ne s'était jamais produit avant le milieu du XXe siècle : depuis 1950, treize pays ont connu un fort taux de croissance de 7 % par an, pendant au moins vingt-cinq ans d'affilée.
Il s'agit du Botswana, du Brésil, de la Chine, de Hongkong, de l'Indonésie, du Japon, de la Corée du Sud, de la Malaisie, de Malte, d'Oman, de Singapour, de Taïwan et de la Thaïlande.

La commission  conforte les proposition que nous faisons nous-mêmes dans le livre « L'Europe et le vide de puissance » en faveur de l'adoption par les pays de l'Union européenne de mesures interventionnistes rejetant les impératifs d'un libéralisme de plus en plus insupportable. Son rapport pourrait s'adresser aussi bien aux pays de l'Union européenne et à la Commission de Bruxelles qu'aux pays étudiés par la Commission.
Le rapport est en effet sans ambiguïté. "La principale de nos conclusions est que la croissance indispensable pour faire reculer la pauvreté et assurer un développement durable réclame un Etat fort", a commenté Kemal Dervis, administrateur du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et ancien ministre des finances de Turquie.

Le rapport ne conteste pas la nécessité de la mondialisation ni de l'ouverture économique et commerciale, seules capables de créer des richesses à long terme. Ni le repli sur le marché national, ni le protectionnisme étroit ne sont efficaces à long terme. Mais il estime que "plus l'économie croît, plus une administration publique active et pragmatique a un rôle crucial à jouer". Ce qui signifie "une planification à long terme", des fonctionnaires mieux payés pour obtenir "une administration compétente, crédible et motivée", des investissements publics dans les infrastructures, l'éducation et la santé, car "loin d'évincer l'investissement privé, ces dépenses l'attirent".

Au plan social, la commission est convaincue que l'insécurité économique fragilise le soutien des populations aux réformes nécessaires à la réussite de la mondialisation. Elle demande donc que les destructions d'emplois ne soient pas empêchées, mais qu'elles soient accompagnées par des programmes sociaux aidant les personnes à s'adapter à la nouvelle donne. Dans le même esprit, elle conseille aux gouvernements de contenir les écarts de revenus que la croissance provoque toujours dans un premier temps et qui pourraient déclencher des troubles.

L'environnement n'était pas initialement inscrit au programme de la commission. Mais il s'est progressivement imposé. Le président Michael Spence appelle désormais les pays industrialisés à "stopper leurs subventions à l'énergie et aux biocarburants". Prallèlement, le rapport invite les pays en développement à se soucier de leurs émissions de gaz à effet de serre et de la pollution de leurs eaux, sans attendre d'être plus riches, faute de quoi cette insouciance leur "coûtera extrêmement cher".

23/05/2008
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