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Arianna Huffington

Dans un livre au titre provocateur, la chroniqueuse vedette américaine Arianna Huffington a dénoncé l'aveuglement des riches et des puissants, la démission de l'Etat et les inégalités grandissantes qui selon elle mènent les Etats-Unis à la tiers-mondialisation. Après le résultat des élections mi-mandats américaines, la pertinence de ce diagnostic est saisissante. Il concerne, nous le dirons, tout autant que l'Amérique, l'Europe et plus particulièrement la France comme la Grande Bretagne.

Le résultat des élections mi-mandat du 2 novembre ont donné raison à Arianna  Huffington. Celles-ci ont constitué un désaveu éclatant pour Barack Obama. Elles montrent que derrière les Républicains et les Tea parties qui ont remporté beaucoup de sièges au détriment des Démocrates, se trouvent ces mêmes riches et puissants menant selon Arianna Huffington l'Amérique à la tiers-mondialisation. Non seulement ils refusent les réformes qui diminueraient les inégalités, mais ils manifestent l'intention de renforcer leur pouvoir destructeur des ressources du pays, apparemment inconscients de l'affaiblissement accru de l'Amérique qui devrait en résulter. Or on constate que c'est, à quelques différences près, le même mouvement de renforcement du pouvoir des riches et des puissants aux dépens des classes moyennes et pauvres qui se manifeste en France et dans une partie de l'Europe, là encore avec le risque de détruire ce qui restait de compétitivité européenne face à la Chine et aux autres nouvelles puissances mondiales.

Le parallélisme est frappant. En reprenant les termes d'un interview de  Arianna Huffington publié par Le Monde le 30 octobre 2010, on constate que les critiques adressées par elle aux forces politiques qui gouvernent l'Amérique pourraient être sans difficultés adressés à celles qui gouvernent la France de Nicolas Sarkozy, la Grande Bretagne de David Cameron et quelques autres. Ceci n'est pas anodin. Ne sommes nous pas en face d'un phénomène de grande ampleur qui marquerait l'incapacité des systèmes anthropotechniques qui dominent encore l'Occident à se représenter clairement le monde au sein duquel ils doivent survivre?

Comme nous l'avons fait lors de précédents interviews, nous reprenons en les résumant les termes de la personne interrogée, en y ajoutant si nécessaire nos commentaires.

Third World America : How Our Politicians Are Abandoning the Middle Class and Betraying the American Dream, par Arianna Huffington, Crown, juin 2010.

AH pour Arianna Huntington.:
Notre pays se délabre : industrie, écoles, infrastructures. La pauvreté gagne partout du terrain (+ 25 % entre 2000 et 2008 dans les banlieues des grandes villes). L'ascenseur social n'est pas en panne, il redescend !
Près de 100 millions d'Américains vivent dans des familles aux revenus inférieurs à ceux de leurs parents au même âge. Les enfants de parents fortunés qui ne font pas d'études ont plus de chance d'être riches que les enfants de parents pauvres qui, eux, ont entrepris des études. La classe moyenne, sur laquelle a reposé l'essor économique de ce pays, est une espèce en voie de disparition.
La classe moyenne est dévastée. Et sa disparition est bien plus menaçante pour la stabilité à long terme de ce pays que la crise financière, qui a vu 3 000 milliards de dollars d'argent du contribuable versés à Wall Street. Depuis la fin de 2007, nous avons perdu plus de 8,4 millions d'emplois. Un Américain sur 5 est sans emploi ou sous-employé.
Un crédit immobilier sur 8 mène à la saisie. Un Américain sur 8 vit de bons alimentaires. Chaque mois, plus de 120 000 familles se déclarent en faillite. La crise économique a balayé plus de 5 000 milliards de fonds de retraite et d'économies ! Je ne comprends pas que Washington n'ait pas conscience de l'urgence absolue d'agir.

JPB. pour Europe-solidaire: On peut penser que la situation en France ou en Grande Bretagne, a fortiori en Allemagne n'est pas si grave. Des classes moyennes demeurent en place. Mais elles aussi s'appauvrissent très vite et ne voient pas d'espoir d'amélioration. Par ailleurs, plus encore qu'aux Etats-Unis sans doute, se développent des banlieues urbaines refuges de l'immigration récente sans aucune perspective d'emploi ni de sortie de l'enfermement.  Ces lieux font peur et conduisent pour des raisons d'ailleurs compréhensibles les classes plus favorisées à se replier sur ce qui leur reste d'avantages, notamment en termes d'éducation.  

A.H. Parallèlement, des coupes budgétaires massives ont affecté nombre de services publics. C'est au moment où les familles sont les plus vulnérables, menacées par la misère, qu'on leur supprime les services et les aides dont elles n'ont jamais eu autant besoin ! Au moins 45 Etats ont opéré des coupes dans des services vitaux pour les plus faibles : enfants, personnes âgées, handicapés, malades, sans-abri. Sans parler des étudiants, systématiquement affectés.
La Californie vient de supprimer CalWORKs, un programme d'assistance financière aux familles dans le besoin : 1,4 million de personnes affectées, dont deux tiers sont des enfants. Le Maine a sévèrement diminué ses bourses scolaires et les dotations aux foyers pour sans-abri.
L'Alabama a aboli les services qui permettaient à 1 100 seniors de rester chez eux plutôt que d'aller en maison de soins. Le Michigan, le Nevada, la Californie et l'Utah ont supprimé le remboursement des soins dentaires et ophtalmologiques pour les bénéficiaires de Medicaid, l'assurance-maladie des plus pauvres. Je pourrais continuer l'énumération.

JPB. : Ce n'est pas encore le cas en France ni en Grande Bretagne, où demeure un minimum de service national de santé. Mais le mouvement de réduction des aides sociales et des couvertures gratuites est bien engagé, ceci au détriment de l'état sanitaire global. C'est ainsi que la volonté exprimée par la majorité en France de supprimer ou réduire l'assistance médicale d'Etat (AMEàaux travailleurs clandestins ne diminuera pas l'entrée des clandestins mais augmentera considérablement le nombre des démunis porteurs de maladies graves et potentiellement contagieuses. Dans le même temps, comme aux Etats-Unis, ce que ne fait plus l'hôpital public est récupéré par l'offre de soins privée, s'adressant aux favorisés, ceux qui, pour le moment encore, peuvent payer.


AH. : Et, pendant que la misère s'installe dans le pays, on continue de dépenser des milliards (des trilliards de dollars en fait) dans des guerres inutiles. C'est encore là le signe d'une mentalité de pays du tiers-monde. Comment ne pas penser à la Corée du Nord, obsédée par son entrée dans le club nucléaire alors que le peuple meurt de faim ? Notre engagement en Afghanistan n'a plus aucun sens.
Nous avons perdu la bataille des cœurs et des esprits en tuant accidentellement de nombreux civils, on y soutient un régime corrompu, on y engloutit des fortunes qui seraient bien plus utiles dans nos écoles, nos services sociaux, nos infrastructures.
Selon l'historien Arnold Toynbee, les civilisations ne meurent pas d'assassinat mais de suicide. Il est plus que temps de faire preuve de bon sens et d'inverser nos priorités si nous ne voulons pas mourir de notre propre main.

JPB.: On ne peut faire aux Etats européens le reproche de se ruiner en dépenses militaires. Tout au plus faut-il regretter qu'ils se soient eux-aussi engagés à la suite des Etats-Unis dans la guerre perdue d'Afghanistan. Leurs dépenses militaires constituent par contre des gaspillages dans la mesure où elles ne sont pas mutualisées dans une conception commune de la défense européenne.
Les  gaspillages européens sont moins importants que ceux de l'Amérique, car l'Europe est moins riche. Mais ils existent cependant, sous une forme plus subtile. Il s'agit essentiellement d'une consommation de luxe inutilement dépensière  faisant appel en grande partie à des produits importés.  Il s'agit aussi d'une autre forme de gaspillage, beaucoup plus grave, celle des esprits laissés en friche par la dégradation des systèmes publics d'éducation. Les Etats-Unis en souffrent aussi, mais sans doute à un bien moindre degré, quand il s'agit tout au moins de l'enseignement supérieur et de la recherche. Rappelons enfin que le chômage, qui frappe aussi sévèrement l'Europe que les Etats-Unis, constitue une forme de déperdition des ressources humaines productives qui condamne toute possibilité de redressement, face au reste du monde.  


A.H. Dans les priorités, j'insiste  sur l'importance d'investir massivement dans de grands travaux d'infrastructures. C'est l'urgence absolue ! Nos infrastructures, qui furent autrefois la force de ce pays, sont dans un état lamentable. Le système de canalisations date de la guerre de sécession ! Le réseau électrique est largement insuffisant, d'autant que la demande d'électricité a augmenté de 25 % depuis 1990.
Un tiers du réseau routier peut être considéré comme insuffisant, voire médiocre. Le système ferroviaire n'a cessé de régresser depuis 80 ans et paraît grotesque en comparaison des trains ultrarapides qui traversent la France, le Japon, la Chine. Un quart des ponts est, selon le département des transports, "structurellement déficient", ou "fonctionnellement obsolète". Nos réservoirs – plus de 85 000 – présentent un réel danger.
Non seulement il nous faut réparer ces installations archaïques, mais il faut investir dans des infrastructures qui nous maintiennent dans la course pour les enjeux du futur. Ce serait une formidable occasion de créer des dizaines de milliers d'emplois, de relancer des industries, de stimuler notre économie.
Or Obama, après avoir lancé un plan de relance destiné à de tels travaux, pour le montant non négligeable de 787 milliards, a tergiversé et ne consacre plus désormais que 72 milliards aux travaux d'infrastructure.

JPB.: On peut se demander pourquoi les forces politiques qui dominent les Etats-Unis ne se saisissent pas de ces besoins pour gagner de l'argent. C'est sans doute parce que les infrastructures civiles ne permettent pas les profits rapides offerts par la spéculation financière. Pour investir à ce niveau, il faut un Etat solide, se finançant par des impôts frappant les titulaires de revenus stables. Or les riches, en Amérique, rejettent plus que jamais la perspective d'un tel Etat.
Pour ce qui concerne l'Europe, il ne faut pas se faire d'illusion. Les infrastructures dont s'était doté le Continent après la 2e guerre mondiale et les trente Glorieuses se dégradent très vite ou ne se renouvellent pas. La encore, on constate un écrémage des investissements au profit des besoins des classes favorisées. Le constat est le même en matière de logements. L' Europe n'a pas connu le désastre des crédits immobiliers américains à risque. Cependant, on y construit davantage pour les résidences de loisirs que pour les logements sociaux. Par ailleurs, aucun financement public significatif , hormis en Suisse, n'est prévu pour relancer les grands travaux qui s'imposent, dans le ferroviaire, le maritime, l'assainissement  et la protection contre la montée du niveau des mers. Enfin, contrairement aux Etats-Unis, l'Europe n'a pas dans l'ensemble le considérable potentiel d'innovation représenté par les labos et les firmes high-tech.

AH.: Le pire de la situation américaine actuelle s'observe malheureusement au niveau de l'éducation. C'est le secteur le plus dévasté ! Je ne parle pas du triste état des bâtiments publics. Je parle de ce qui se passe en classe.
Rien n'accélère davantage notre glissade vers un statut de tiers-monde que notre échec à éduquer convenablement nos enfants. C'est pourtant par l'école que passait le rêve américain ! Et pour la classe moyenne, la route vers le succès ! Mais des études montrent que parmi 30 pays développés, les Etats-Unis se situent au 25e rang pour les maths, au 21e pour les sciences. Des résultats lamentables.
30 % des lycéens quittent l'école sans diplôme. Or on ne cesse de licencier des professeurs, de réduire le nombre d'heures de cours, voire de jours d'école. Des bourses sont supprimées alors que les frais pédagogiques augmentent.
Pendant ce temps-là, des prisons ont essaimé un peu partout à une vitesse que même McDonald's pourrait envier. Trop d'écoles américaines préparent plus à la prison qu'à l'université. Quel échec !

JPB.: Concernant au moins la France, le diagnostic est le même. Enseignants et parents protestent contre les suppressions d'effectifs et le manque d'investissements pédagogiques. Le gouvernement assimile cela à une bataille pour défendre des privilèges. Le résultat se fait directement sentir dans les quartiers dits défavorisés. Plus rien ne peut désormais protéger les enfants du retour de traditions culturelles importées et rétrogrades qui les rendent incapables de s'assimiler à la vie du reste de la société.

A.H.: Pour des dizaines de millions d'Américains, le rêve est brisé. Qui en est responsable? Beaucoup pointent un doigt vengeur vers Washington. Et accusent notre système politique de paralysie à cause d'une classe politique clivée en deux camps irréductibles, incapables du moindre consensus.
Je crois, moi, que les deux partis sont tombés exactement de la même façon dans la poche des maîtres de l'industrie, des banques et des affaires qui remplissent leurs coffres de campagne. Le principe démocratique fondateur, "un homme, une voix", a été remplacé par l'arithmétique de la politique des groupes d'intérêts. Les lobbies et leur déluge de dollars ont envahi Washington. Une vraie prise de pouvoir. Et le gouvernement fixe ses priorités au milieu de ce bazar de trafic d'influence.
Savez-vous qu'en 2009, plus de 13 700 lobbyistes enregistrés ont dépensé un record de 3,5 milliards de dollars, le double qu'en 2002 ? 26 lobbyistes par membre du Congrès ! Etonnez-vous après cela que les plans ambitieux pour réformer Wall Street, le secteur de l'énergie ou la sécurité sociale aient dérapé ! Que les réformes aient été tuées dans l'œuf ! La classe moyenne n'a pas la chance de disposer, elle, de bataillons de lobbyistes capables d'inonder de cash Congrès et Maison Blanche. Il n'existe pas de lobby du rêve américain...
Il existe de ce fait une collusion entre Washington et Wall Street. Les grands patrons de Wall Street ont compris ce qu'il fallait faire. Au lieu d'assiéger ou de combattre ceux qui faisaient la loi, ils les ont rejoints, investissant eux-mêmes les postes de pouvoir à Washington et intégrant les cabinets de décideurs et législateurs. Y compris l'équipe économique d'Obama !
C'est ainsi que la pensée Wall Street est devenue la pensée dominante, comme une composante génétique de nos dirigeants. Dans son équipe, Obama  a pris des gens comme Larry Summers ou Tim Geithner, qui voyaient le monde avec les yeux de Wall Street et pensaient que le reste du pays suivrait si l'on sauvait Wall Street. Les banques ont ainsi remplacé le peuple au centre de l'univers économique. Au point que, lorsqu'elles ont été menacées de s'effondrer, le peuple des contribuables a été prié de leur porter secours de toute urgence. A coups de milliards. Et surtout : sans conditions !

JPB.: Certains se félicitent du fait que le lobbying des riches et des puissants à l'encontre de  l'appareil  politique n'atteigne pas le même niveau en Europe. Mais d'une part il s'exerce avec une force considérable à l'égard des institutions de l'Union européenne à Bruxelles, d'autre part, dans les Etats,  il prend d'autres formes finalement plus pernicieuses car moins visibles. Il s'agit des relations de cercles, des échanges de service et des bons conseils discrètement prodigués aux chefs d'Etat et aux ministres. Quant aux parlements, dépourvus pratiquement de pouvoir dans beaucoup de pays, ils se bornent à mettre en oeuvre les consignes venues des gouvernements, sans offrir le moindre contre-pouvoir. Il faut ajouter que les lobbyistes européens sont eux-mêmes souvent les relais des pouvoirs américains dont Arianna Huffington dénonce le comportement pervers aux Etats-Unis. L'atlantisme est à cet égard une plaie spécifique à l'Europe, dont l'Amérique par définition ne souffre pas. Il tue dans l'œuf tout effort d'investissements européens susceptible de nous rendre indépendants de l'influence américaine.

 A.H.:
Je crains que tout cela ne finisse très mal, notamment en termes de démocratie politique. Celle ci ne peut vivre sans un minimum d'égalité et de sécurité. A défaut, c'est le règne de la peur.  Peur du déclin. Peur que les emplois soient perdus pour toujours. Peur de ne plus toucher de retraite. Peur de ne plus pouvoir se soigner ou d'avoir à choisir entre payer ses médicaments ou manger. Peur de voir sa maison saisie. Peur de voir l'Amérique divisée en deux classes : les riches et tous les autres, ceux qui ont et ceux qui n'ont pas. Peur enfin que le pire ne soit pas passé.
La peur cède légitimement à la colère, laquelle se retourne contre le président, le parti au pouvoir, l'establishment. Il faut toujours des boucs émissaires ! Dans les années 1880, en pleine crise économique, on s'en est pris aux immigrants chinois du chemin de fer, accusés de pervertir le moral de la jeunesse, dégrader les villes, voler le travail des "vrais" Américains. Dans les années 1930, c'est aux Américains d'ascendance mexicaine qu'on s'en est pris et ce sont eux que l'on a déportés.
Il n'est pas étonnant qu'une paranoïa apparaisse aujourd'hui, manifesté par le succès des Tea parties qui pourtant, issus des Blancs, des riches et des plus socialement et intellectuellement conservateurs, n'on rien à proposer. Les plus anxieux, excités par des démagogues,  soient prêts à croire les rumeurs les plus extravagantes et malsaines : Obama musulman, Obama communiste, Obama nazi... C'est terriblement dangereux. Mais cela témoigne surtout d'une angoisse et d'une insécurité économique majeure dont il serait plus que temps de prendre la mesure.
02/11/2010
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La conspiration des riches et des puissants
02/11/2010 17:34:40 | Par : François
Il faut bien voir que cette conspiration des riches et des puissants que dénonce AH et vous s'organise au niveau macro (États, Europe, Occident) et au niveau micro (quartier, commune). A ce dernier niveau, elle joue un rôle particulièrement ravageur. Je pense, simple exemple, à la fermeture du magasin hard discount où se ravitaillaient des centaines de gens à faible revenu, pour laisser place à un luxueux C. Market aux prix multipliés par 2 ou 3.

Pourquoi dame Arianna ne mentionne pas la "foreclosure gate" tolérée sinon encouragé par le pouvoir US
03/11/2010 18:56:22 | Par : Mac Donnell
On connait en France la crise des crédits hypothécaires (sub primes) mais on connait moins ce qui en est la suite actuelle, l'escroquerie dite des Foreclosures, qui menacerait l'économie US d'une nlle crise. Trop long à expliquer ici. Voyez http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/la-crise-des-saisies-immobilieres-83880
A. Huffington devrait en parler dans sa critique du système américain. Elle n'en dit rien. J'ajoute qu'en Europe, aussi débridée que soit la spéculation immobilière, elle n'est pas allée jusque là.
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