Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser

Europe: l'heure des grandes décisions

Les Européens, qu'il s'agisse des gouvernements ou des populations, semblent en train de se convaincre de la nécessité de réduire drastiquement les dépenses non productives. On parle de 20% sinon 40% en 5 ans. Mais personne ne parle d'augmenter en proportion les dépenses productives. Ne pas le faire plongerait l'Europe non seulement dans une récession durable mais dans le sous-développement.

Il devient courant dorénavant d'entendre lors des tribunes économiques les experts de toutes origine discuter des moyens de réduire la dette des Etats et des régimes sociaux, de comprimer les dépenses publiques, de trouver de nouvelles ressources fiscales, le tout pour éviter la possible « faillite » de ces mêmes Etats. Ceci n'est pas dénué de fondement. Nul ne peut prétendre qu'une collectivité, quelle qu'elle soit, puisse à long terme dépenser plus qu'elle ne gagne. Mais il est évident que si rien n'est fait en contrepartie pour augmenter les offres de produits et services écologiquement durables répondant aux besoins de production et de consommation des Européens, les couches sociales pour qui ces dernières ne sont pas un luxe mais une nécessité vitale ne pourront que se révolter.

Ce ne sera plus l'importation à crédit de biens et services produits hors d'Europe qui pourra répondre à ces besoins, puisque les revenus permettant de se les procurer auront disparu du fait de la désindustrialisation et des délocalisations. Il ne reste donc qu'une solution pour éviter de mourir progressivement, sinon de faim du moins de langueur: investir en Europe pour se donner les technologies et les produits répondant aux demandes incompressibles. Point n'est besoin d'attendre le prochain G20 pour en décider. Investir dans les secteurs émergents demande des hommes et des ressources techno-scientifiques que l'Europe n'a peut-être plus. Mais les retards en ce domaine peuvent se rattraper. Il faut par contre de l'argent. Nous avons estimé les sommes nécessaires à 1.000 milliards sur 5 ans. Il faut les trouver quelque part.

Dans un article précédent (http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=446&r_id=) nous avions indiqué que les Etats européens pouvaient, sans aucunement accroitre leur dette extérieure, s'engager dans une politique de créations d'obligations garanties à 10 ans s'adressant aux citoyens européens disposant d'un minimum d'épargne. Si un dispositif communautaire adéquat était mis en place permettant de n'attribuer les prêts correspondants qu'à des investisseurs domestiques s'engageant à investir  sur le territoire européen, et si les choix  technologiques judicieux étaient faits, les 1.000 milliards ainsi prêtés devraient se retrouver dans un délai de 5 à 10 ans sous forme de biens et services commercialisables. Le prêt serait donc amorti. Autrement dit, il ne faudrait en aucun cas  l'ajouter au montant des dettes publiques que l'on cherche par ailleurs à réduire. Dans le même esprit, on pourrait très bien envisager que les budgets publics d'investissement et de recherche bénéficient du même régime de financement contre restitution à terme des crédits alloués.

Faudrait-il compléter un tel dispositif par des politiques monétaires visant à laisser glisser la valeur de l'euro en dollar (et en yuan). Certains experts y pensent de plus en plus. Un taux de 1,20 euros pour un dollar, voire la parité euro-dollar n'entraînerait selon nous aucune conséquence fâcheuse, sinon pour les importateurs. Mais comme le complément de la politique d'encouragement aux investissements domestiques évoquée plus haut supposerait de toutes façons un découragement des importations, cette dévaluation de l'euro n'aurait que des avantages. Accessoirement, elle stimulerait les exportations. Ce serait une erreur cependant de limiter à cela la politique de relance que les Européens semblent dorénavant décidés à entreprendre. La zone euro s'engagerait ainsi dans une dévaluation compétitive avec le dollar, le yuan et le yen, qui ne peut donner de bases durables aux choix des investissements à long terme s'imposant dorénavant aux Européens.

Est-il nécessaire de préciser que les mesures envisagées ici supposeraient un minimum d'accord entre les Etats européens et l'Union européenne, visant de facto sinon de jure à mettre en place le gouvernement européen commun que même les Américains nous demandent maintenant de faire fonctionner.
30/05/2010
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire