Le Mistral (eh oui)
En l'absence d'hommes ou femmes dignes ces jours-ci de prendre dans cette rubrique le relais de Martine Aubry, pourquoi ne pas inviter un fleuron de la technologie navale nationale?
A un moment ou le navire-école Jeanne d'Arc de la Marine Nationale Française entreprend sa dernière croisière avant d'être démoli pour raisons d'économie, le grand public apprend ce que les marins savaient depuis déjà quelques années: les bâtiments de projection et de commandement (BPC) de la classe Mistral, porte-hélicoptères d'assaut amphibies conçus et fabriqués en France, sont sans véritables équivalents dans le monde.
Certes l'US Navy dispose d'une flotte largement supérieure de porte-avions de diverses catégories, mais des marines réputées comme la Royal Navy ou la marine russe ne peuvent actuellement déployer de tels bâtiments. Si bien d'ailleurs qu'en dehors de l'intérêt manifesté par la Russie et sans doute d'autres pays, le gouvernement britannique a fait connaître qu'il réfléchissait à remplacer l'acquisition d'un des deux porte-avions actuellement programmés par celle d'un ou de plusieurs BPC Mistral. My God, are not we dreaming?
L'Europe de la défense n'en est pas encore là. Cependant nous estimons que les médias sont injustement silencieux à l'égard de ce fleuron de la construction navale militaire de haute technologie. Il est vrai que ce sont plutôt des démissions françaises injustifiables, face à la concurrence asiatique, dans le domaine des navires de commerce, y compris ceux à forte valeur ajoutée, tels que les méthaniers, qui suscitent l'indignation dans les milieux industriels et syndicaux. Les Mistral et autres Tonnerre ne remplaceront pas ces abandons. Néanmoins il serait bon de rappeler leur existence à un moment où les Français s'interrogent sur leur identité: au moins savent-ils fabriquer de beaux et bons navires.
Nous comptions nous lancer dans la rédaction d'une étude détaillé portant sur cet oiseau miraculeux. Heureusement, Wikipedia y a pourvu. Nous ne pouvons dans ces conditions que vous renvoyer au long article consultable à l'adresse ci-dessous
Les grincheux verront peut-être dans ce texte un peu de propagande de la Direction des Constructions Navales 1). Mais nous préfèrons encore celle-là au bourrage de crâne diffusé à longeurs de web par les avionneurs américains (rappelons l'affaire du ravitailleur évoquée dans un autre article) et leurs amis atlantistes européens.
1) Pour être précis, la Direction des Construction Navales (DCN) n'existe plus en tant que telle au sein de la Direction Générale de l'Armement. La partie industrielle de l'ex-DCN s'est transformée en société commerciale, tout en conservant l'Etat comme actionnaire et le capital de cette nouvelle société a été ouvert à Thalès pour constituer la société DCNS, qui est désormais le 1er acteur industriel du secteur de la construction navale militaire en Europe avec 2,8 milliards d'euros de CA, devant la société italienne Fincantiéri et l'allemand Thyssen-Krupp TKMS
La partie étatique de l'ex-DCN , en charge de la conception technique des navires nécessaires à la Marine Nationale et de la conduite des programmes prévus dans la loi de programmation militaire, relève désormais au sein de la DGA d'une grande Direction interarmées qui pilote l'ensemble des systèmes de forces nécessaires aux armées de terre, de l'air, de la marine et de la gendarmerie. Jacques Favin Lévèque
11/12/2009