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Ariane 5 et Ares

L'Europe et même les Etats-Unis sont en train de gaspiller leurs atouts pour le retour sur la Lune et la course à l'espace

Le lanceur européen Ariane 5 a accompli avec succès le 29 octobre sa sixième mission de l'année 2009, en plaçant sur orbite de transfert géostationnaire les satellites NSS-12 et Thor-6 pour le compte des opérateurs SES World Skies et Telenor Satellite Broadcasting. La masse totale à injecter sur orbite était de près de neuf tonnes.

NSS-12 fut le 32ème lancement de satellites pour le compte de l'opérateur SES World Skies par Arianespace sur un total de 41 satellites constituant la flotte de ce groupe. Quant  à Thor-6, il sera chargé de la diffusion de la télévision en direct à partir de la position 1° Ouest afin de remplacer Thor-3. Il permettra de couvrir les pays scandinaves ainsi que les pays d'Europe Centrale et de l'Est d'où provient une demande croissante dans le domaine d'activité du satellite. Il a été  construit par Thales Alenia Space.

 Le prochain vol d'Ariane, le vol 193, est prévu pour le 10 décembre. Il emportera  le satellite Hélios-2B du ministère français de la défense, ce qui impliquera des mesures de sécurité très importantes autour du site. La version d'Ariane 5 ne sera pas l'ECA mais la GS car il s'agira d'un lancement simple sur orbite polaire et non d'un lancement double sur orbite de transfert géostationnaire comme le fait généralement Arianespace. C'est d'ailleurs la dernière Ariane 5 GS produite

Ares


La veille du vol 192 d'Ariane 5 eut lieu le premier tir d'essai de l'hypothétique remplaçant de la navette américaine, le lanceur Ares 1-X  (photo) . Le lancement fut effectué avec plusieurs retards. Il a duré  2min30 et s'est achevé à la fin de la combustion du premier étage et à la séparation de celui-ci avec le reste du lanceur, comme prévu.

La Nasa s'est évidemment félicitée de la réussite de ce test, qui n'a pas révélé de faiblesses particulières, contrairement à ce que l'on avait craint. Mais l'avenir du lanceur dans la reprise des missions lunaires reste incertain. Nous avions signalé précédemment qu'une commission d'experts présidée par Norman  Augustine, ancien président du groupe Lockheed Martin, avait préconisé la refonte du programme d'exploration Constellation afin de trouver des solutions moins onéreuses que celles retenues par l'administration Bush, à savoir un lanceur léger Ares 1 destiné à l'équipage ainsi qu'un lanceur lourd Ares 5 pour le lancement de l'orbiteur et de l'alunisseur. L'audit a proposé cinq scénarios apportant des solutions différentes, dont le recours à des compagnies privées telles que Space X ou United Launch Alliance pour le module habité.

Barack Obama n'a pas encore pris de décision à cet égard, mais on doute de son enthousiasme pour la conquête de l'Espace. Il est clair qu'en l'absence d'une volonté équivalente chez les Européens, le ralentissement du programme spatial américain laisserait la voie libre à la Chine, la Russie et l'Inde pour qui au contraire il s'agit d'un domaine éminemment stratégique. Le recul des Etats-Unis et l'absence de l'Europe marqueraient alors aux yeux de tous le déclin de ce que l'on appelle encore l'Occident et le changement de centre de gravité dans la puissance du monde.

Le lancement réussi d'Ares 1-X marquera-t-il un coup d'épée dans l'eau. A quel recalibrage du programme Constellation aboutira-t-il? Au-delà des enseignements techniques de ce premier test dans l'espace, c'est le devenir même de la Nasa et son mode opératoire qui sont en jeu.

C'est là qu'il faut s'interroger. L'Esa disposant d'un lanceur lourd, Ariane 5,  qui pourrait selon les experts être « upgradé » sans trop de dépenses pour emporter une mission lunaire, il serait lamentable qu'une coopération entre elle et d'autres nations ayant une volonté spatiale, Etats-Unis ou Russie, par exemple, ne permette pas d'envoyer des explorateurs européens sur la Lune en même temps, sinon avant  les Chinois, bien décidés pour leur part à réussir au plus tôt et seuls. Mais en Europe, on en est encore à se poser des questions sur le rôle de l'homme dans l'espace.
 
30/10/2009
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