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Dépeçage et mort annoncée des Matelas Simmons

Le New York Times consacre un long article à cette histoire, qui devrait alerter aussi les Européens. Tout le monde, même en France, connaît les matelas Simmons, produits depuis 133 ans par la firme américaine du Wisconsin The Simmons Bedding Company. Celle-ci est en train d'être mise en faillite alors que sur le plan des productions et des ventes elle se portait, malgré la crise, parfaitement bien.

Son tort avait été d'attirer la cupidité de fonds d'investissements (private equity funds) qui l'ont racheté avec de l'argent emprunté, pressurée pour en tirer le maximum de profit, vendus 7 fois en 20 ans avant de rejeter les débris à la décharge (parmi lesquels outre les établissements, plus de 1000 salariés qui vont se trouver au chômage).

La vente annoncée, la dernière de la série, signifiera une perte de 575 millions de dollars pour les actionnaires anciens. Par contre le dernier fonds d'investissement propriétaire de la firme, Thomas H. Lee Partners de Boston, qui a déjà touché des millions de dollars de dividendes « spéciaux », encaissera à la liquidation judiciaire 77 millions supplémentaires. Auparavant ses représentants s'étaient fait verser des salaires et bonus considérables, d'abord en achetant la compagnie, ensuite en la « gérant ».  Dans l'ensemble, les différents propriétaires (private equity owners) et leurs banquiers ont réalisé quelques 750 millions de profits sur le dos de Simmons, pendant toutes les années ayant suivi leur introduction au capital.
A chaque rachat, les acheteurs empruntaient des sommes de plus en plus élevées pour permettre aux vendeurs avec qui ils étaient de mèche de réaliser des gains substantiels. Mais à chaque fois ils endettaient davantage les Matelas Simmons. La firme doit aujourd'hui la somme considérable d'un milliard 300 millions de dollars.

Cette aventure n'est qu'un exemple parmi d'autres des illusions de ce que l'on avait appelé l'âge doré des fonds d'investissements, reposant sur un crédit facile, des gestions industrielles déplorables et des complicités de toutes origines encourageant ce qu'il faut bien appeler un brigandage institutionnalisé. L'Amérique industrielle en est actuellement victime et commence à s'en indigner.

Mais en Europe, les mêmes évènements se déroulent dans l'indifférence. Plus grave, ce ne sont pas des fonds d'investissements européens qui piratent les économies européennes, mais des fonds chinois ou arabes. Ceux-ci, malgré leurs affirmations, ne visent absolument pas à maintenir l'emploi et les compétences en Europe. Après avoir désossé les firmes européennes, ils reprendront les éléments utilisables pour les réinvestir dans leurs zones d'influence.

Personne malgré les discours timides de certains hommes politiques locaux et syndicalistes ne le dit encore clairement. Sous couvert de concurrence mondialisée, investisseurs, banques et institutions, à commencer par la Commission Européenne, continuent à encourager les désossages industriels.

Usque tandem Catilina abutere patientia nostra?

Les notes :
08/10/2009
Vos réactions
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Nombre de réaction(s) : 1
Pourquoi ne pas évoquer le scandale "Carrefour"
12/10/2009 17:36:49 | Par : Révolté
Plus près de chez nous, les fonds d'investissement Colony Capital et Bernard Arnault (LVMH) qui ne détiennent que 13% du capital de Carrefour, sont en train de mettre en péril l'avenir à l'international du groupe,notamment en Amérique Latine, sous prétexte d'un recentrage sur l'Europe, où le marché est déjà saturé. Ceci car la vente des filiales étrangères leur apporterait un bonus immédiat. Evidemment l'omniprésent Sarkozy ne va pas contrarier ses amis.
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