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Abandon du BMDE

Barack Obama a confirmé le 18 septembre la décision de son administration d'abandonner le système de missiles dit BMDE, au prétexte assez minable que finalement (on s'en doutait), l'Iran n'est pas près de disposer des missiles balistiques supposés menacer tant l'Europe que les Etats-Unis.

Les croiseurs dotés du système plus léger Aegis pourraient suffire à protéger ces vastes régions. La décision provoque la fureur de ce qui reste de néo-conservateurs à Washington, ainsi parait-il qu'une vive déception en Tchéquie et en Pologne, lesquelles se sentiraient abandonnées face non pas à l'Iran mais à la Russie. En Russie, une satisfaction mitigée a été affichée, cachant semble-t-il la volonté d'attendre des gestes plus significatifs avant de proclamer que tout va bien désormais entre les deux ex-rivales de la guerre froide.

Pour notre part, nous ne voyons pas dans la décision américaine l'annonce d'une grande politique, quelle qu'elle soit. Manifestement, elle a été dictée par la crise budgétaire, empêchant les déploiements militaires tous azimuts de la période précédente. Mais comme toujours dorénavant, Obama y est allé avec la franchise d'un âne qui recule. Il a manqué l'occasion qui s'offrait de proposer une grande politique de coopération diplomatique associant les Etats-Unis, la Russie et l'Europe. Il en était il est vrai bien empêché parce que la volonté qu'il réaffirme par ailleurs de poursuivre se guerre en Afghanistan, (Obama's war) de plus en plus contestée aux Etats-Unis même, en fait un partenaire dont les autres pays ont tout intérêt à se maintenir éloignés.  

L'Europe de son côté, à l'occasion de ce non-évènement des BMDE,  révèle une nouvelle fois l'inanité de sa pensée stratégique. Les jérémiades insupportables des Tchèques et des Polonais face à une prétendue menace russe et un abandon américain mériteraient au moins un sévère rappel à l'ordre venant de Javier Solana et du couple franco-allemand. Mais, au-delà de cela, l'Europe est en train de manquer l'opportunité qui s'offre de définir entre Européens et en vue de futures négociations avec Dmitri Medvedev une démarche diplomatique et militaire commune. On continue à laisser les Américains et les Russes manoeuvrer comme ils l'entendent sur des questions impliquant directement la souveraineté de l'Union.  Voilà qui est pitoyable.

Rassurons-nous cependant. Le monde entier ne pourra que  saluer le retour aux affaires bruxelloises du grandiose Jose Luis Barroso. Pourvu qu'il ne se noie pas dans les flots de lait qui se déversent actuellement.
18/09/2009
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