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Actualité de l'Unasur

On connaît mal cette organisation, que certains confondent avec une mutuelle d'assurances. Il s'agit de l'Union des Etats sud-Américains : Colombie, Pérou, Chili, Brésil, Argentine, Bolivie, Equateur, Venezuela, Surinam, Uruguay, Paraguay. Il est utile de consulter régulièrement son site web. Ces Etats sont des alliés sincères de l'Union européenne, qui n'aurait aucun intérêt à les négliger.

Sous l'influence des présidents Chavez (Venezuela) et Morales (Bolivie), l'Union cherche à définir une ligne  ferme sinon  dure  vis-à-vis des ingérences américaines dans la zone. Les membres plus modérés, Brésil et Argentine, sans suivre systématiquement  les plus radicaux, sont néanmoins soucieux d'assurer l'autonomie diplomatique de l'Unasur, en prenant un  peu modèle sur l'Union européenne. Ils refusent eux-aussi notamment toute dépendance  à l'égard des Etats-Unis. En contrepartie, l'Unasur voit d'un œil favorable les relations avec la Russie, avec l'Union européenne en tant que telle ou avec certains Etats européens, dont la France.

Bases militaires américaines


Un des points qui crée débat précisément à cet égard est l'accord Etats-Unis-Colombie autorisant les Etats-Unis à utiliser sept bases militaires en Colombie.  Un sommet extraordinaire de l'Unasur s'est tenu le 28 août, à Bariloche (Patagonie), pour tenter d'apaiser les tensions suscitées par cet accord. Après des débats houleux, notamment avec le Président Alvaro Uribe,de Colombie (encore membre de l'accord malgré des réticences de plus en plus fortes),  les chefs d'Etat ont convenu que "la présence de forces militaires étrangères ne doit pas menacer la souveraineté et l'intégrité d'un pays sud-américain, ni la paix et la sécurité de la région".

Une autre réunion est prévue, en septembre, pour tenter de définir des mécanismes de contrôle de la présence militaire américaine en Colombie. En revanche, le sommet de l'Unasur n'a pas condamné la Colombie, contrairement à ce que souhaitaient le Venezuela et la Bolivie. Ces deux pays avaient dénoncé une menace pour la stabilité régionale. Cet accord "masque une stratégie globale de domination des Etats-Unis", a affirmé  Hugo Chavez. Il avait annoncé, à la veille du sommet, que son pays allait "préparer la rupture des relations (diplomatiques) avec la Colombie", avec qui le Venezuela possède une frontière commune. Son allié bolivien, Evo Morales, a proposé un rejet absolu de toute base étrangère en Amérique latine.

D'autres pays ont exprimé leur inquiétude, dont le Brésil, lui aussi frontalier de la Colombie. Le président Luiz Inacio Lula da Silva a réclamé "des garanties", afin que l'équipement et le personnel militaire américains ne puissent pas être utilisés à d'autres fins que celles déclarées par Bogota : la lutte contre le trafic de drogue et les guérillas. La présidente argentine, Cristina Kirchner, a demandé que l'Unasur "fixe une doctrine uniforme sur l'installation de bases au profit d'un pays qui ne fait pas partie de l'Amérique du Sud".

L'Argentine et le Brésil ont proposé, sans succès, une réunion avec le président Barack Obama. A la veille du sommet, le chef de l'Etat brésilien avait expliqué à celui-ci, lors d'un entretien téléphonique, qu'il existait "une certaine sensibilité dans la région" sur cette question. C'est le moins que l'on puisse dire, quand on se souvient des décennies, sinon des siècles de quasi-colonisation américaine. Comme il fallait s'y attendre, le sous-secrétaire d'Etat américain adjoint, Christopher McMullen, en tournée en Amérique latine pour expliquer la position des Etats-Unis, avait assuré, jeudi 27 août à Buenos Aires, que l'accord avec la Colombie était "basé sur les principes de non-intervention, d'intégrité territoriale et de souveraineté". Apparemment, il n'a pas convaincu. L'ouverture proclamé il y a quelques semaines par Barack Obama lors de sa visite dans la région ne semble ne plus guère convaincre.

Renouvellement des armements


Par contrepoids à la présence américaine en Colombie, mais aussi au Mexique et autres pays d'Amérique centrale non membres de l'Unasur, certains membres de celle-ci préparent le renouvellement de leurs  équipements militaires et industriels. Ainsi,  les rapprochements diplomatiques de la Russie avec le Nicaragua ont abouti à de nombreux accords. Plus généralement,  depuis 2008, les échanges entre la Russie et l'Amérique latine ont augmenté de plus de 35%, et ont concerné en priorité les produits industriels et de haute technologie, y compris le nucléaire civil. 

Ceci confirme l'opportunité dont la France pourrait bénéficier. Le président français Nicolas Sarkozy sera en tournée en Amérique latine les 17 et 18 septembre prochains. Première étape, le Brésil, où le Président devrait signer de nombreux accords commerciaux, notamment la vente de quatre sous-marins conventionnels « Scorpène » produits par la DCNS.  Autre enjeu majeur de cette visite, le Brésil souhaite renouveler sa flotte aérienne.  La France est pour le moment, en tête de l'appel d'offre portant sur la vente de 36 avions de chasses. Ce contrat  est particulièrement important pour l'industrie aéronautique de Défense française puisque ce serait le premier succès du Rafale à l'export. Cependant les Français auront de la concurrence étant donné que les Américains « Boeing » et Suédois « Saab » sont également de la partie.

La France s'inscrit dans une continuité des relations commerciales avec  l'Amérique Latine, dans la suite de ce que font déjà depuis longtemps l'Espagne et le Portugal. Au-delà, pour elle, ce voyage officiel sera une opportunité de mieux se positionner dans le paysage politique de la région en tant qu'alliée, et par la même occasion de renforcer ses liens culturels avec les pays membres de l'Unasur. L'Union européenne toute entière devrait en profiter.
 

01/09/2009
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