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Nationaliser les banques européennes

Au moment où Nicolas Sarkozy reçoit les banquiers français (25 août) nous ne pouvons que répéter ce que nous avons plusieurs fois écrit : la première phase du redressement des économies européennes consisterait dans la nationalisation des banques.

En France, on distinguait de par les textes fixant le statut des banques, d'une part  les banques de dépôt, recevant et plaçant les trésoreries des particuliers et entreprises, d'autre part les banques d'affaires, intervenant dans  les opérations de bourses et les fonds spéculatifs. Les deux fonctions sont aujourd'hui de fait confondues 1).

Ceci entraîne des aberrations que résume bien l'interjection d'un banquier convié à Bercy pour « discuter » : « A chacun son métier. Le métier des banques est de gagner de l'argent. Celui de l'Etat  n'est pas de réglementer ». Or précisément, le métier des banques n'est pas de gagner de l'argent, il est de prêter de l'argent aux entreprises, à partir des épargnes en trésorerie. Les entreprises (publiques ou privées) sont seules capables de gagner sainement de l'argent.  Quant au métier de l'Etat, il  est précisément de réglementer, et, en cas d'échec de la réglementation, de se substituer aux banques en les nationalisant.

On dira que cela n'est pas possible aujourd'hui, au sein de l'Union européenne ni même au  sein de la zone euro. Certes. Mais le gouvernement français devrait engager  toutes ses forces pour faire amorcer une nationalisation des banques à l'échelle européenne, par exemple sous la forme de la création d'un grand établissement public de dépôt et de crédit sous statut européen. Ceci devrait évidemment s'accompagner d'un renforcement du rôle de la BCE et de la mise en place d'une véritable coordination économique et politique de la zone euro par les Etats concernés.

Il s'agirait de la seule façon permettant aux Européens de prêcher d'exemple lors des futures réunions du G20, y compris dès la prochaine session prévue à Pittsburgh dans un mois. Mais pour bien faire, les Européens devraient aller plus loin et proposer ce que les pays les moins riches attendent certainement d'eux: la création d'une véritable organisation mondiale de la finance, sur le modèle de l'OMC.

Pour les gauches européennes, ceci devrait être considéré comme un premier pas vers la promotion de politiques industrielles et de recherche seules capables de lutter en profondeur contre une crise qui, bien évidemment, ne fera que s'aggraver. 

Il est clair que Nicolas Sarkozy ne tiendra pas un tel discours à ses amis banquiers. Mais c'est à nous de le tenir, dans toutes les circonstances opportunes.

1)    Citons Wikipedia :  Parti des États-Unis, relayé par la finance londonienne, un vaste mouvement de déréglementation du secteur bancaire voit le jour. Les distinctions impératives entre banques de dépôts et banque d'affaires sont supprimées. La banque et l'assurance peuvent se mêler. Les banques peuvent devenir agent de change. Le concept de banque universelle tend à s'imposer en même temps que des concentrations ont lieu. Les pratiques financières changent également. Les changes flottants offrent la possibilité pour les banques de couvrir les risques de changes. La spéculation se généralise portant notamment sur les taux d'intérêt, les devises, et toutes les formes d'actifs. On assiste à des mouvements en tout sens : désintermédiation financière d'un côté, hyper-technicité de l'autre. Les hedge funds font leur apparition dans les années 1990. D'abord réservés aux grandes fortunes en mal de sur bénéfices, ils s'ouvrent aux banques dans les années 1980. UBS par exemple possèdera son hedge fund et un département interne avec lequel il est en compétition ! Les honoraires prennent une place croissante dans le produit net bancaire, se substituant largement aux bénéfices du crédit. Les bonus se généralisent en même temps que l'activité de salle de marché.

24/08/2009
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