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Carlos Ghosn ou l'offensive japonaise contre la France

Il est étonnant de voir que le gouvernement français n'ait pas encore protesté contre le traitement indigne fait à l'ex.PDG de Renault-Nissan par la justice japonaise.

Certes la séparation des pouvoirs entre l'exécutif et le judiciaire ne permettrait pas au gouvernement japonais d'intervenir dans cette affaire, et moins encore au gouvernement français. Néanmoins, au plan des échanges diplomatiques, la France pourrait manifester auprès de Tokyo au minimum un certain étonnement.

Le personnage de Carlos Ghosn n'attire pas une grande sympathie. De même la fortune personnelle qu'il avait accumulée pour des raisons sans doute pas très respectueuses du droit des affaires ne permet pas de s'inquiéter de son avenir en cas d'amendes décidées par la justice japonaise. Néanmoins, faut-il le traiter comme un criminel de droit commun ? C'est quand même lui, véritable bourreau de travail et surnommé « costs killer », qui a redressé Renault et bien plus encore Nissan, jusque là en mauvaise posture. Des suicides il est vrai en avaient résulté. Mais Renault n'a pas eu ce triste privilège.

C'est dans une prison de Tokyo (Japon) qu'il est est détenu. Or dans un interview au Journal du Dimanche 1)  Anthony Ghosn, le benjamin de Carlos Ghosn, a donné des précisions sur les conditions de détention de son père.Dans sa cellule, celui-ci est interrogé à n'importe quelle heure par le procureur. On lui demande pour être libéré sous caution en attente d'un jugement d'écrire une « confession » en japonais, alors que Carlos Ghosn ne parle pas cette langue et ne pourrait vérifier si les propos qui lui seront prétés par l'interprète correspondent bien aux siens.

De plus il n'est nourri que de trois bols de riz par jour, ce qui a fait qu'il aurait perdu 10 kg. Il est toujours vêtu d'un costume de prisonnier de droit commun et ne peut sortir de sa cellule pour des « promenades » dans la cour de la prison que menotté. Il ne peut recevoir de visites ni même s'entretenir librement avec les avocats qu'il a choisi.

Carlos Ghosn, par le biais de ses avocats, souhaite que soit mis en application l'article 34 de la Constitution japonaise. Celui-ci précise que, « sur demande, [une personne retenue] peut exiger que la raison précise de sa détention soit rendue publique au tribunal ». La justice, qui ne peut refuser cette demande, a fixé l'entrevue au 8 janvier. Carlos Ghosn va ainsi comparaître en personne avec son avocat. Précisons cependant que ses avocats, ne peuvent pas assister aux interrogatoires et n'ont pas accès aux pièces du dossier, ne s'expriment pour ainsi dire pas.

Rappelons par ailleurs le tribunal de Tokyo a décidé le 31 décembre de prolonger de nouveau de 10 jours la garde à vue du PDG de Renault dans le cadre d'un troisième mandat d'arrêt, sur des soupçons d'abus de confiance. Ce processus s'arrétera-t-il un jour ? Carlos Ghosn doit-il déjà se considérer comme condamné à la détention perpétuelle.

Un touriste japonais arrête en France au motif de fraude à la réglementation douanière française, même pour des sommes considérables, serait-il traité de cette façon ? On ne peut pas ne pas penser que le Japon dans cette affaire se livre à une offensive délibérée contre la France. La même procédure serait-elle utilisée à l'encontre d'un homme d'affaire américain? 

PS. Faut-il rappeler que le Japon est le grand allié des Etats-Unis contre la Russie et la Chine. La France a-t-elle donc choisi définitivement  son camp?

1) Interview du fils de Carlos Ghosn par le JDD

07/01/2019
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