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Faut-il s'attendre à une démission de Trump? 

Le bruit d'une possible démission de Donald Trump dans les prochains jours s'est répandu dans tous les médias à la suite d'un article publié dans le Huffington Post par le très influent Chris Matthew, rédacteur politique à la chaîne américaine MSNBC 1)

Selon lui, le président américain pourrait passer un accord avec le procureur spécial Robert Mueller, chargé de l'enquête sur l'ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle de 2016, pour éviter une inculpation. Dans cette affaire menée depuis mai 2017, Donald Trump et sa fille Ivanka pourraient être inculpés et se faire condamner à une peine de prison pour trahison au profit de la Russie. Dans le cadre de cet accord, les enfants de Donald Trump pourraient être également concernés.

On imagine mal en France que de tels accords puissent être passés avec un procureur en charge d'une enquête pour trahison, même si c'était un président de la République qui était concerné. Le scandale serait immense. Non seulement le président mais le procureur devraient immédiatement démissionner. Mais aux Etats-Unis règne apparemment une tolérance plus grande.

En l'espèce, la difficulté qu'avait eu jusqu'ici Robert Mueller à se procurer des preuves convaincantes d'un intervention de Moscou pouvait laisser penser que l'enquête allait se conclure rapidement par l'équivalent d'un non-lieu.

Cependant les manifestations hostiles à Trump provenant du complexe politico-militaire américain s'étaient multipliées, à la suite de sa décision visant à retirer l'armée américaine de Syrie. La démission du général Mattis de ses fonctions de Secrétaire (ministre) à la défense avait semble-t-il provoqué une véritable panique. L'Amérique était-elle à la veille d'une guerre civile ? 2)

Plusieurs fois l'hypothèse d'un assassinat de Trump avait été évoquée. Celui-ci permettrait de résoudre d'une façon simple bien que sans doute trop voyante la crise politique déclenchée par un retrait de Syrie, et probablement aussi d'Afghanistan.

Comme un tel retrait demanderait au moins 4 mois avant de devenir effectif, il restait un peu de temps à l'établissement pour agir d'une façon un peu plus constitutionnelle. La relance d'une possible inculpation de Trump pour intelligence avec la Russie, suivie de sa démission, résoudrait d'une façon élégante le problème.

Il n'est pas exclu que Trump lui-même ne se saisisse de cette perspective pour se donner un prétexte à démissionner de son proche chef, dans des conditions plus honorables. Ceux qui connaissent le personnage estiment qu'il peut changer de position à n'importe quel moment, s'il y trouve un avantage – ceci même dans des affaires d'Etat.

Ceci veut dire que l'armée américaine resterait en Syrie. Ceux qui aux Etats-Unis se réjouissaient de voir revenir des militaires très exposés, ou de voir allégés les milliards de dollars que coûte l'intervention au Trésor, en seront, si l'on peut dire, pour leurs frais. Quant à la Russie, qui voyait ce retrait avec faveur, elle se ferait une raison. Le Kremlin en a vu d'autres.

Affaire donc à suivre dans les prochains jours.

  1. https://www.huffingtonpost.com/entry/chris-matthews-trump-breaking-point_us_5c186079e4b0432554c37eaf?guccounter=1

  2. https://www.wsws.org/en/articles/2018/12/22/pers-d22.html

22/12/2018
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