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Angela Merkel : oui à Poutine en Syrie, non à Poutine dans le gaz liquéfié

La présence très remarquée de la Chancelière allemande au côté de Vladimir Poutine lors du sommet d'Istanbul le 27 octobre destiné à organisé un processus de paix en Syrie ne doit pas faire illusion. Angela Merkel comme d'ailleurs sa coalition compte essentiellement sur une hostilité en tous temps et en tous lieux à la Russie pour rassembler des électeurs de plus en plus fluctuants.

En fait, elle demeure, bien plus même que son gouvernement, sous le contrôle américain, contrôle politique mais aussi économique et financier. C'est ainsi que, dans le problème très important de approvisionnement l'Allemagne en gaz liquéfié, elle aurait très récemment donné son accord au co-financement américano-allemand d'un terminal méthanier qui pourrait accueillir le gaz liquéfié américain. On lira à ce sujet l'article du Wall Street Journal en date du 22 octobre. Voir https://www.wsj.com/articles/in-win-for-trump-merkel-changes-course-on-u-s-gas-imports-1540209647

A la date du 28 octobre la position allemande n'a pas changé. L'investissement total serait de 500 millions d'euros dont la moitié à la charge du budget fédéral allemand. La décision est d'autant plus remarquée que l'Allemagne est pour le moment avant tout partenaire et premier client européen de la Russie pour les approvisionnements en gaz, notamment via les gazoducs terrestre et sous-marin Nord Stream (déjà opérationnel) et Nord Stream 2 en cours de mise en place.

La décision de Merkel en faveur de l'accueil de navires méthaniers américains est considérée comme une concession essentielle à Donald Trump. Celui-ci depuis plusieurs mois s'attaque à la position dominante de la Russie sur le plus grand marché gazier d'Europe qu'est l'Allemagne. Cette dernière est d'autant plus à la recherche de gaz qu'elle a officiellement déclaré renoncer au charbon et au pétrole.

Depuis plusieurs années, les Etats-Unis veulent faire échouer le projet Nord Stream 2 Ils ont ainsi menacé de sanctionner les entreprises qui y participent, parmi lesquels le français Engie, déjà partenaire sous le nom de GDF Suez du premier gazoduc Nord Stream.

Le gouvernement allemand n'a pas osé attaquer de front cette intervention américaine dans le domaine strict de ses compétences. Tout au plus le ministre allemand de l'Economie et de l'Energie avait expliqué lors d'une interview en mai dernier que le gaz naturel liquéfié américain était plus cher que celui provenant du gazoduc Nord Stream 2.

Ceci n'est pas étonnant si l'on considère que l'actuel terminal américain de Sabine Pass se trouve dans le golfe du Mexique. Le gaz exige pour être exporté vers l'Europe des navires méthaniers d'ailleurs producteurs de beaucoup plus de pollution marine que le gazoduc russe qui doivent parcourir une longue route océanique. D'autres pays européens disposant d'un accès par la mer ont déjà cédé aux amicales pressions américaines pour acheter du gaz. C'est le cas de l'Espagne, du Portugal et de l'Italie. Bientôt devraient les rejoindre la Pologne, l'Estonie, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et Malte...L'Allemagne complétera donc la liste .

Le gaz américain reviendra environ 25% plus cher que le gaz russe. De plus, le projet de terminal gazier allemand ne devrait aboutir que dans une dizaine d'années. Mais peu importe. Il n'y a que la foi qui sauve.


 

29/10/2018
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